2009

Sermon du 25 décembre 2009 - Noel

FETE DE NOËL


Texte : Tt 2.11-14



11 « En effet, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été révélée.
12 Elle nous enseigne à renoncer à un mode de vie impie et aux convoitises de ce monde et à vivre dans le temps présent conformément à la sagesse, la justice et la piété.
13 En attendant notre bienheureuse espérance, la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ.
14 Il s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute faute et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié et zélé pour de belles oeuvres. »


Chère assemblée en fête !


Depuis que les anges ont entonné le premier noël dans la nuit de Bethléhem, la chrétienté ne cesse de chanter cet événement miraculeux. Dans notre texte, c’est l’apôtre Paul qui le fait. Il jubile : « La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été révélée ! » (v. 11) Dans l’enfant Jésus, « La grâce de Dieu » s’est faite visible, tangible, palpable ! Inouï !
Nous avons tous en tête la scène qui s’est déroulée dans l’étable de Bethléhem telle que Luc la décrit. « Le nouveau-né couché dans une mangeoire », et tout près, Marie, sa mère, et Joseph. (Lc 2.12)


On peut se le représenter comme cela a été fait avec la crèche, là, devant vous. Nous avons peut-être aussi un tableau précis en tête, tel la Nativité de Fra Diamante, au Louvre, que Mélissa commente dans le numéro d’« Amitiés Luthériennes » qui paraît ces jours-ci.
Aujourd’hui, nous allons demander au Saint-Esprit de nous dépeindre cette scène avec un texte d’épître. Mais voilà, l’épître traditionnelle de Noël nous déconcerte quelque peu. Elle ne nous présente pas un mais


TROIS TABLEAUX DE L’ENFANT JESUS !


1. Jésus dans la crèche,
2. Jésus dans la gloire,
3. Jésus en croix.


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Jésus dans la crèche.
Luc raconte : « Pendant qu’ils étaient là, le moment où Marie devait accoucher arriva, et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle des hôtes. » (Lc 2.6-7)
Quelle image charmante et émouvante ! Mais laissons le Saint-Esprit nous la décrire. Vous verrez : cela en vaudra la peine. Généralement toute naissance a quelque chose d’émouvant, mais en écoutant le Saint-Esprit dans notre texte, nous découvrons des détails bien plus miraculeux encore.
Dans cet enfant, ce n’est rien moins que « la grâce de Dieu » elle-même, « source de salut pour tous les hommes, » qui « a été révélée, », qui s’est « manifestée » (Segond 1978). Nous ne nous tenons pas devant n’importe quel enfant. C’est un nourrisson sans nul pareil.
Son caractère unique et particulier avait déjà été souligné par les prophètes des temps anciens. Esaïe lui avait donné des noms divins : « Dieu puissant », « Père éternel » ! (Es 9.5)
Et puis, quelle autre naissance a été annoncée et chantée par « une foule d’anges de l’armée céleste » ? (Lc 2.13-14) Quelle autre naissance a été annoncée par la parution d’une nouvelle étoile ? Et que voulaient-ils tous annoncer au monde entier ? – Que « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été révélée ! »
C’est que dans ce nourrisson, c’est Dieu lui-même qui est apparu de façon visible dans ce monde de pécheurs.
Et c’est ce qu’il est resté : un monde de pécheurs. Et chacun de nous en fait partie. Nous ne correspondons pas aux critères de perfection et de sainteté absolues de la Loi de Dieu. Ne songeons qu’à la façon dont nous nous conduisons avec nos proches. Nous laissons-nous toujours guider par l’altruisme, par la recherche du bonheur de l’autre, ou notre comportement porte-t-il souvent la marque de notre égoïsme, de notre impatience, de notre « foutez-moi-la-paix ! » ?
Ou à l’occasion de ce Noël, nous sommes-nous laissé absorber par l’organisation des fêtes familiales et des cadeaux à faire – ce qui est bien, certes – mais l’avons-nous fait en oubliant les nécessiteux, peut-être en oubliant de donner quelque chose pour l’intervention chirurgicale du Pasteur Poungui à Brazzaville ?
Ce ne sont là que quelques exemples pour nous faire comprendre combien nous sommes loin de faire, de dire et même de penser ce que celui-là espère de nous qui nous a faits et qui a droit à ce que nous observions sa sainte Loi à la perfection.
Et voilà qu’il se présente, qu’il apparaît de façon visible, dans notre monde pourri et rebelle. En fait, nous devrions maintenant tous nous terrer dans la cache la plus secrète pour fuir la colère et le verdict de damnation de notre Dieu. Son apparition sur terre devrait nous terrifier, n’est-ce pas ?
Oui, tout à fait ! Mais l’enfant dans la crèche nous envoie un message tout à fait différent. Ce que nous n’avions aucun droit d’espérer arrive : non pas la colère de Dieu, mais « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été révélée » !
« La grâce salutaire » ! « La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes » ! Avec le miracle de Noël, Dieu vient nous témoigner sa bonté, une faveur que nous n’avons pas du tout méritée, un bienfait auquel nous n’avons aucun droit ! Il veut guérir, sauver, changer en bien ce que nous avons détérioré par notre péché.
La scène de Noël ne devrait pas nous attendrir parce que nous sommes en présence de la naissance d’un nourrisson ; elle devrait nous émouvoir au plus haut point parce qu’elle nous indique que Dieu joue son va-tout pour nous arracher à notre perte et pour changer notre état sans issue en celui de bénis de l’Eternel.
« La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes a été révélée » en l’enfant Jésus ! Là nous est apparu un Dieu qui vient à notre secours, un Dieu qui est prêt à pardonner – contre toute attente, contrairement à tout ce que nous avons mérité.


« Faisons éclater notre joie
Et louons notre Bienfaiteur ;
Le Père éternel nous envoie
Son Bien-aimé pour Rédempteur.
D’une vierge chaste et féconde
Un enfant divin nous est né ;
Aujourd’hui, le Sauveur du monde,
Le Fils de Dieu nous est donné ! » (LlS 46:1)


Comment allons-nous contempler cette scène ? Car un tableau est fait pour être regardé, médité, pour en retirer une leçon !
En nous dépeignant l’enfant Jésus sous les traits de « la grâce salutaire », le Saint-Esprit nous indique l’intention de ce tableau : « La grâce salutaire » de l’enfant Jésus « nous enseigne » (v. 12). Mais n’est-ce pas les enfants qu’on instruit ? Tout à fait ! mais c’est avec les yeux de la foi d’un enfant que nous devons contempler le tableau de Jésus dans la crèche. Cet enfant n’est-il pas venu pour faire de nous des enfants de Dieu ?
Et pas seulement de nous : il est venu « pour tous les hommes ». Tous sont appelés à tirer profit de cette « grâce salutaire de Dieu » ! Toute l’humanité est invitée à être comblée par l’enfant Jésus.
Quand des enfants pauvres reçoivent des habits neufs, ils rayonnent de joie. Voilà ce qui s’est passé avec nous sur le plan spirituel. Par nature nous sommes vêtus de toutes sortes de péchés. Avec la venue de « la grâce de Dieu » en Jésus-Christ, celle-ci « nous enseigne à renoncer à un mode de vie impie et aux convoitises de ce monde et à vivre dans le temps présent conformément à la sagesse, la justice et la piété » (v. 12).
Le cadeau que Dieu nous fait avec Jésus nous amène à enlever nos vêtements de péché et à les remplacer par la justice de l’enfant Jésus, sa justice qu’il troque contre notre péché pour nous en débarrasser.
Méditons donc l’émouvante scène de l’enfant Jésus dans la crèche. Que « la grâce salutaire de Dieu » qui s’en dégage « nous instruise » et nous pousse à mener une vie de repentance et de foi, pour le remercier pour l’impressionnant cadeau qu’il nous fait.
Après avoir vu le premier tableau de notre texte d’épître – Jésus dans la crèche – voyons maintenant le deuxième tableau :


------ 2 ------


Jésus dans la gloire.
Le Saint-Esprit le décrit ainsi : « Nous attendons notre bienheureuse espérance, la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. » (v. 13)
Seul un croyant peut voir au-delà de la mangeoire, de la paille et de l’étable, au-delà de ce nourrisson vagissant et impuissant, « la gloire [invisible] de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. »
Oui, nous le savons – et c’est ce qui provoque notre joie de Noël ! – derrière l’apparence de « simple » être humain, derrière l’apparence insignifiante du nourrisson de la crèche, se cache en fait une « gloire » insoupçonnée et indescriptible (Ph 2.5-8). C’est ce que le Saint-Esprit veut nous révéler dans notre texte.
Le jour viendra où nous contemplerons Jésus non plus dans sons état d’abaissement, mais dans celui de son élévation dans la gloire. Oui, il nous apparaîtra alors dans « la gloire de notre grand Dieu ».
Au Dernier Jour, il achèvera avec « la gloire » ce qu’il a commencé dans l’humilité de la crèche. Avec « la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ » au Dernier Jour, le but sera atteint pour lequel « la grâce salutaire s’est manifestée » à Bethléhem.
Alors il viendra nous chercher – nous, c.à.d. ceux qui auront cru en sa mission de Sauveur – et il nous fera entra dans sa gloire. Il viendra alors, non plus recouvert de paille, mais couvert de la couronne de roi sur toute chose.
C’est ce tableau – Jésus couronné de gloire – que nous devrions déjà avoir à l’esprit quand nous contemplons l’enfant dans la crèche.
Comment allons-nous observer, méditer, le tableau de Jésus couronné de gloire ?
Dans cette vie, nous sommes invités à le contempler avec les yeux de la foi et de l’espérance. « Nous attendons notre bienheureuse espérance, la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. »
Déjà ici-bas nous avons été richement comblés par « la grâce salutaire de Dieu ». Dieu nous a fait don d’un Sauveur qui nous a arrachés à la damnation et mis en sécurité à l’abri de son amour protecteur.
Mais ce cadeau n’est qu’une première. Nous attendons la grande distribution de cadeaux au ciel. Et nous l’attendons volontiers, et avec joie, même si notre attende est encore parsemée d’épreuves et de souffrances.
Nous attendons cette grande distribution des cadeaux comme les enfants attendent les cadeaux sous le sapin. Nous l’attendons dans la certitude qu’elle aura lieu parce que le Saint-Esprit nous en fait la promesse dans l’Ecriture Sainte.
Alors nous verrons ce que, pour l’instant, nous ne pouvons que croire. Alors nous verrons l’enfant de Marie couronné de gloire. Nous le verrons comme il a hérité toute la gloire céleste – et nous, il nous a fait ses « cohéritiers » (Rm 8.17) !
« A son premier avènement
Il parut dans l’abaissement ;
Un jour en gloire il reviendra
Et l’incrédule tremblera.
Mais les justes posséderont
Le Royaume, et célébreront
Sans fin, tous, d’un commun accord,
Dans leurs chants, l’Agneau mis à mort. »

(LlS 44.9-10)


Mais entre le tableau lumineux de l’enfant dans la crèche et celui, infiniment plus éclatant encore, du fils de Marie couronné de gloire s’intercale un tableau bien sombre, horrible même, celui de

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Jésus en croix.
Voilà comment le Saint-Esprit l’a peint dans notre texte : « Jésus-Christ s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute faute et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié et zélé pour de belles oeuvres. » (v. 14)
« Jésus-Christ s’est donné lui-même pour nous. » Nous savons tous ce que recouvre cette affirmation. C’est dans la mort qu’« il s’est donné ». Il a subi la mort ignominieuse de la croix. Et c’était déjà chose décidée dès avant sa naissance à Bethléhem.
Dans « Amitiés Luthériennes » de ce Noël-ci, il y a un tableau de la Nativité avec, au loin, déjà Jésus en croix. C’est aussi très frappant sur l’une des cartes de vœux que j’ai reçues et affichées dans l’entrée de l’église.
C’est tout à fait le message de notre épître pour Noël. Pour aller de la lumière de Noël à l’éclat de la gloire céleste, l’enfant de la crèche a dû passer par la croix.
Comment allons-nous, en ce jour de Noël, observer, méditer, le tableau de Jésus en croix ?
Voyez-vous : si le tableau de l’enfant dans la crèche doit prendre sens, il faut le lire à la lumière – il vaudrait mieux dire sur fond des ténèbres – du tableau de Christ en croix.
C’est là qu’« il s’est donné pour nous ». Il a été cloué en croix, une couronne d’épines sur la tête, pour faire de nous « un peuple qui lui appartienne », le peuple de Dieu, le peuple des enfants de Dieu.
Vois la croix qui se profile au-dessus de la crèche ! A Bethléhem, l’opération de notre sauvetage s’est enclenchée. En croix, elle a été « achevée » (Jn 19.30)
Avec Luther, nous confessons : « Je dois, pour tous ces bienfaits, le bénir et lui rendre grâces, le servir et lui obéir. » (Petit Catéchisme, Credo, 2ème Article). C’est exactement ce que Paul nous dit ici : Jésus est né à Bethléhem, puis a passé par la croix avant d’entrer dans sa gloire, pour faire de nous « un peuple qui lui appartienne, purifié et zélé pour de belles oeuvres. »
« Purifié et zélé pour de belles oeuvres. »
En payant pour nous, l’enfant de la crèche nous a obtenu le pardon de nos péchés. Et en nous obtenant le pardon, il a rendu possible que Dieu agrée notre vie chrétienne malgré nos imperfections.
Dieu regarde les croyants à travers le prisme net de tout péché qu’est son Fils. Pour ceux qui se réfugient dans la foi auprès de l’enfant Jésus mort sur la croix « pour nous », ceux-là, Dieu les considère « purs » comme son Fils ; il n’a plus rien à leur reprocher.
C’est ce qui fait du don de l’enfant Jésus un cadeau si précieux ! C’est qu’il n’est pas venu les bras vides : personne, jamais, ne nous a ainsi comblés, et personne ne pourra jamais le faire.
C’est pour lui montrer notre énorme soulagement, notre profonde gratitude et notre immense joie que nous voulons être « zélés pour de belles œuvres ». Pour lui faire plaisir en retour.


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Dans notre texte, le Saint-Esprit nous a peint trois tableaux. Lequel nous plaît le plus ?
Le premier, avec l’enfant dans la crèche ? qui nous fait chanter :
« Devant ta crèche prosterné,
D’un amour sans partage,
Enfant divin qui nous es né,
Je viens te rendre hommage.
Je n’ai rien qui ne soit à toi ;
A ton gré dispose de moi,
Car je suis ton ouvrage. » (LlS 43.1)
Le deuxième tableau, avec Jésus en croix ? qui nous fait chanter :
« Pour nous il a tout accompli.
Son amour est infini
Qu’un hymne saint et triomphant
Sans fin s’élève au Tout-Puissant.
Alléluia ! » (LlS 48.3)
Ou le troisième tableau, Jésus dans la gloire ? ce qui nous fait chanter :
« Maintenant que, dans les cieux,
Tu règnes victorieux,
Prépare tous tes élus
A ton retour, ô Jésus. » (LlS 55.5)
Lequel des trois tableaux préfères-tu ? Le choix est difficile, même impossible. En fait, nous n’en devons préférer aucun.
Dans les trois tableaux il s’agit du même Christ dont l’œuvre de salut
Ø a commencé dans la crèche,
Ø a connu le moment décisif à la croix
Ø et trouve son épanouissement dans la gloire céleste.
C’est une seule et même œuvre salutaire que « la foule d’anges de l’armée céleste » a chantée dans la nuit de Bethléhem :
« Gloire à Dieu dans les lieux très hauts,
paix sur la terre
et bienveillance parmi les hommes ! » (Lc 2.13-14)


Amen.

Jean Thiébaut Haessig


Chants proposés :
en ouverture :
Dieu le tout-puissant Créateur LlS 44 : 1+3
+6-7
après l’Ancien Testament :
Roi des êtres et des choses LlS 54 : 1
après l’Epître :
Roi des êtres et des choses LlS 54 : 2
après l’Evangile :
Roi des êtres et des choses LlS 54 : 3
après le Symbole de Nicée :
Devant ta crèche prosterné, LlS 43 : 1-5
après la Prière Générale :
Voici l’enfant nous est né LlS 55 : 1-5
durant la distr. de la Cène :
Dieu le tout-puissant Créateur LlS 44 : 1-11

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 18:28Aucun commentaire:  

MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2009

Sermon du dimanche 13 décembre 2009 - 4ème dimanche de l'Avent

4ème Dimanche de l’Avent 

Texte :Ph 4.4-9

"

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous !

Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.

Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance.

Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut comprendre, gardera votre coeur et vos pensées en Jésus-Christ.

Enfin, frères et soeurs, portez vos pensées sur tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est digne d'être aimé, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est synonyme de qualité morale et ce qui est digne de louange.

Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi et ce que vous avez vu en moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. »

Chers frères et sœurs

qui cherchez la proximité du Seigneur !

Autour de nous, tout l’annonce, les enfants l’attendent avec impatience : la grande fête de la naissance de notre Sauveur « est proche ». Cet événement que nous commémorons avec faste chaque année est de la plus grande importance pour les pécheurs que nous sommes : la naissance de notre Sauveur nous remplit de joie et de soulagement.

Mais Noël ne veut pas être qu’une fête tournée vers le passé. L’Eglise de Jésus-Christ n’est pas une société d’histoire qui ne fait qu’organiser la commémoration d’événements du passé. Le premier Avent – la première venue – du Christ, à l’époque, à Bethléhem, annonce déjà son dernier Avent au Jour du Jugement Dernier. La naissance de l’enfant Jésus dans une étable n’est qu’une première étape pour parvenir à la fin : nous permettre de nous réjouir lors de sa dernière venue pour nous emmener au ciel.

L’attente de l’Avent de notre Seigneur, notre progression vers la commémoration de sa naissance, devrait en même temps être vécue comme une progression à la rencontre de notre Seigneur à la fin du monde. N’oublions pas :

Le Seigneur peut se pointer d’un jour à l’autre ;

« LE SEIGNEUR EST PROCHE ! »

Cela devrait nous pousser

1. à nous réjouir dans le Seigneur,

2. à tenir ferme à la parole apostolique,

3. à surmonter nos inquiétudes,

4. à être bons envers tous,

5. à prier de tout cœur,

6. à être en paix.

X X X 1 X X X

« Le Seigneur est proche ! »,

Réjouissons-nous dans le Seigneur !

Comment l’apôtre Paul peut-il nous appeler à nous réjouir ? Il se trouve en prison quand il écrit cela ! N’est-ce pas plutôt le moment de gémir : « Jusqu’à quand, Eternel ? » (Ps 89.47) Combien de temps dois-je encore souffrir ainsi ? Es-tu vraiment celui que tu prétends être ? Comment peux-tu permettre que ton enfant endure cela ?

Mais non, Paul n’appelle pas à gémir, mais à nous réjouir ! « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous ! » (v. 4)

Les Philippiens étaient loin, cette communauté à laquelle Paul était liée plus qu’à toute autre. Ses amis étaient loin, mais il savait : « l’Eternel est près de tous ceux qui font appel à lui » (Ps 145.18) C’est une des raisons de se réjouir que Paul rappelle aux Philippiens attristés de le savoir en prison à Rome.

Le Seigneur fait son entrée parmi les siens partout où sa Parole est annoncée, partout où ses sacrements sont administrés. C’est là l’Avent quotidien qu’il fait auprès des siens pour nous apaiser dans nos craintes, nous encourager dans nos difficultés, pour nous réjouir avec la certitude qu’il nous a procuré le pardon et fait adopter comme enfants par son Père céleste.

Mais Paul veut dire plus encore en rappelant que « le Seigneur est proche ». En lisant ses épîtres, on est frappé combien souvent il dirige notre attention vers le retour du Christ et vers notre félicité éternelle.

C’est un peu comme un promeneur qui, de temps en temps, arrivé à un endroit dégagé, jette un regard vers le point d’arrivée. Le fait de voir ce qui l’attend l’encourage à persévérer, même à endurer fatigues et difficultés du terrain, pour arriver au but.

Paul ne s’y prend pas autrement quand il nous rappelle que « le Seigneur est proche ». Quand les difficultés s’amoncellent, quand on voudrait tout laisser tomber, quand on ne voit pas d’issue, le rappel de Paul nous est d’une grande aide : « le Seigneur est proche ».

Le temps « est proche » où il viendra à notre rencontre pour nous arracher à tous nos tracas et nous faire entrer dans son Royaume céleste.

Savoir que nous allons rencontrer notre Seigneur, celui qui nous a aimés jusqu’à se sacrifier pour nous sauver de la damnation éternelle et nous obtenir une place sur le cœur et dans le ciel de Dieu, savoir qu’il viendra nous emmener dans la félicité éternelle, comment cela ne devrait-il pas nous réjouir d’avance ?

Et nous interpellons à notre tour, comme Paul, tous ceux qui se tournent avec repentance et foi vers le Roi de l’Avent : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! », réjouissez-vous de vous trouver en communion avec lui qui est en train de s’approcher, « Je le répète : réjouissez-vous ! […]Le Seigneur est proche ! » (v. 4-5)

X X X 2 X X X

« Le Seigneur est proche ! »,

Tenons fermes à sa parole apostolique !

C’est dans ctte Parole que nous avons le fondement de toutes nos espérances. C’est le « fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire » (Ep 2.20).

Sans l’Ecriture Sainte, cela ferait belle lurette que nous n’attendrions plus le dernier Avent de notre Seigneur. C’est elle qui alimente notre foi en lui, c’est elle qui entretient notre espérance et attente de son dernier Avent, c’est elle qui nous procure les forces pour avancer à sa rencontre, pour ne pas nous laisser décourager en cours de route.

Là encore, « l’appétit vient en mangeant » : plus nous nous plongeons dans la Parole que notre Seigneur nous adresse par les prophètes et les apôtres, et plus nous y prenons goût et voulons savoir toujours plus des bénédictions et des richesses qu’il nous apporte, déjà maintenant, ici-bas, puis finalement dans la félicité éternelle.

« Le Seigneur est proche ! » Préparons-nous à le rencontrer en consolidant notre foi en lui. Et consolidons notre foi en lui avec la seule énergie qui peut le produire : sa parole d’« Evangile, puissance de Dieu pour le salut » (Rm 1.16).

« Le Seigneur est proche ! » Aussi, tenons ferme sa parole apostolique. « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi et ce que vous avez vu en moi, mettez-le en pratique. » (v. 9)

Plaçons-nous entièrement sous sa Parole de la croix, cette Bonne Nouvelle que Paul et les autres n’ont cessé d’annoncer ! Plaçons notre foi en ce Seigneur de l’Avent, ce Dieu de parole, qui a déjà tenu parole lorsque cela lui a coûté la vie, qui va encore tenir parole pour nous faire entrer dans la vie, dans la vie éternelle.

Plus nous nous laisserons rappeler : « Le Seigneur est proche ! », et plus nous nous mettrons à l’écoute de sa parole apostolique, de ses promesses de grâce, de son Evangile du salut.

Mais alors ce message.

X X X 3 X X X

« Le Seigneur est proche ! »

nous aidera aussi à

surmonter nos inquiétudes !

Paul nous rassure : « Le Seigneur est proche ! […] Ne vous inquiétez de rien ! » (v. 5-6)

« Ne vous inquiétez de rien ! » … Plus vite dit que fait, n’est-ce pas ? Notre quotidien est parfois bien anxiogène. Un tas de choses sont de nature à nous inquiéter, même à nous angoisser.

C’est que le péché, en entrant dans le monde, a rendu la vie compliquée, parfois pénible, et parfois même pas peu. Il n’y a pas que le sol qui a été maudit et qui porte des ronces et des épines ; Satan a réussi à rendre nos relations avec les autres épineuses aussi. Et cela nous demande parfois bien des efforts sur nous-mêmes pour arracher ces épines de notre cœur par la repentance et la foi en Jésus.

Pourquoi tant de personnes ne connaissent-elles pas « la joie dans le Seigneur » ? Pourquoi nous arrive-t-il de ne pas la connaître non plus ? Serait-ce parce que, par moments, nous perdons notre Seigneur de vue et nous laissons hypnotiser par nos problèmes en oubliant que notre Seigneur nous dit : « Vous aurez à souffrir dans le monde, mais prenez courage : moi, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16.33)

Notre problème, quand l’inquiétude nous envahit, n’est-ce pas que nous manquons alors de foi en notre Roi de l’Avent ? Qu’une maladie ou, comme actuellement, une épidémie se pointe à l’horizon, que nos études se compliquent, que le marché de l’emploi se mette à vaciller et les finances à clignoter – sans parler du réchauffement climatique à la une des journaux depuis des mois – et il nous arrive de faire comme si la bonté et la toute-puissance de notre Seigneur ne s’étendaient pas à ces domaines.

Notre Seigneur ne nous sera pas seulement « proche » le Jour du Jugement Dernier – même s’il le sera alors d’une façon tout à fait particulière – non, il nous est aussi « proche » là, maintenant, aujourd’hui, demain et tous les jours de notre vie.

Notre Roi de l’Avent n’est pas un roi lointain, coupé de notre réalité quotidienne, bien au chaud dans son palais céleste. Non, « il sait de quoi nous sommes faits » (Ps 103.14) – depuis sa conception et sa naissance de la vierge Marie « il est fait » de la même matière que nous.

Il sait aussi ce que souffrir signifie. « Il n’est pas incapable de compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous. » (Hé 4.15) Et dans sa grande bonté il nous « est proche », il est « avec nous tous les jours » (Mt 28.20) pour nous accompagner avec ses promesses de grâce, nous rappeler combien nous lui sommes chers et combien il a payé pour que nous puissions nous savoir liés à lui dans son Royaume.

C’est ainsi qu’il affermit nos pas sur le chemin qui nous mène à sa rencontre à la fin des temps. Gardons le regard fixé sur ce moment merveilleux, car à partir de son Dernier Avent, nous serons définitivement délivrés de tout mal et de toute inquiétude.

X X X 4 X X X

« Le Seigneur est proche ! »,

Soyons bons envers tous !

Cette assurance que « le Seigneur » nous « est proche » à chaque instant déjà maintenant et qu’il nous accompagne vers le moment où il nous sera « proche » de façon visible dans sa gloire, cette merveilleuse certitude ne peut pas ne pas affecter notre vie de tous les jours, y compris dans nos relations avec les autres.

Voir notre divin compagnon être bon envers nous, cela nous pousse à l’être avec les autres. De nous savoir accompagnés sur le chemin du Dernier Avent nous pousse à attirer d’autres auprès de nous sur notre chemin.

Voici ce que l’apôtre Paul préconise comme attitude engageante pour en amener d’autres à nous rejoindre auprès de notre Roi de l’Avent : « Que votre douceur soit connue de tous les hommes ! »

Comme le Seigneur nous « est proche » dans sa bonté fidèle et son assistance de tout instant, soyons, nous aussi, bons envers les autres. C’est à la bonté de notre Roi de l’Avent que nous le devons de pouvoir tendre sans crainte vers le moment de son retour visible et glorieux. Au cours de notre marche à sa rencontre, témoignons, à notre tour, de la bonté envers les autres.

« Frères et soeurs, » nous interpelle Paul ici, « portez vos pensées sur tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est digne d'être aimé, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est synonyme de qualité morale et ce qui est digne de louange. » (v. 8)

Quand nous songeons à ceux auxquels nous avons affaire dans la vie, vers quoi « se portent nos pensées » ? Vers « tout ce qui est honorable » ? Pourrions-nous à tout instant dire à voix haute et sans rougir ce que nous pensons de certains ? Vers « tout ce qui est juste » ? Sommes-nous toujours justes avec les autres, ou sommes-nous parfois égoïstes, jaloux, vindicatifs ? Vers « tout ce qui est pur » ? Nos sentiments sont-ils toujours innocents ? Vers « tout ce qui est digne d’être aimée » et « mérite l’approbation » ?

Il est vrai qu’il nous arrive aussi de ne pas être aimés et d’être désapprouvés par le monde quand nous faisons ce que notre Seigneur aime et approuve. Mais ça ne doit pas nous décourager. C’est la volonté et l’approbation de notre Roi de l’Avent qui sont décisifs. Que sa proximité dans la Parole et les sacrements nous aide à faire ce qui lui est agréable et à nous repentir quand nous avons dévié.

X X X 5 X X X

« Le Seigneur est proche ! »,

Prions de tout coeur !

« En toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance. » (v. 6)

En attendant le retour en gloire de notre Roi de l’Avent, durant cette attente qui est semée d’embûches, de problèmes et de souffrances, il nous arrive d’être près de suffoquer, d’avoir besoin de libérer ce qui nous nous opprime, de nous confier pour nous soulager.

Qu’il est bon alors d’avoir un ami digne de ce nom. Ce n’est pas pour rien que Martin Luther inclue dans « le pain quotidien » (Mt 6.11 ; Lc 11.3) « les amis fidèles » (Petit Catéchisme).

Eh bien, voyez-vous, nous en avons un, d’ami fidèle, le plus fidèle de tous, fidèle jusqu’à s’être sacrifié pour nous. Il nous connaît mieux que quiconque, nos états d’âme, nos tourments, nos besoins. Il peut aussi mieux que quiconque nous venir en aide. Et, surtout, il est plein de compassion envers celui qui s’adresse à lui avec humilité et foi.

Il a montré qu’il n’était pas indifférent à nos besoins. Il l’a montré avec son Premier Avent, sa venue à Bethléhem pour nous éviter la damnation éternelle au prix de sa vie. Cela, il nous le montre aussi en nous parlant de son Dernier Avent : ne nous assure-t-il pas vouloir nous prendre alors avec lui dans la félicité éternelle ?

Nous pouvons vraiment tout lui confier, et nous voulons le faire ! Avant tout, nous voulons implorer sa grâce et son pardon, lui demander de nous faire croître dans sa connaissance et dans la foi en lui. Tout cela il nous le promet, si nous nous appuyons sur ses mérites à lui.

Alors nous y puiserons force et courage au cours de notre périple à sa rencontre. Alors une joie et une paix viendront inonder nos cœurs.

Alors les demandes que nous lui adresserons ne seront pas de lamentables … lamentations, mais des demandes empreintes de « reconnaissance », car nous avons l’assurance qu’il nous écoute et répond de la façon qui nous est la plus bénéfique.

Alors, quand nous lui adressons des demandes, même des appels au secours, nous pourrons le faire avec confiance : « le Seigneur est proche », « proche » de façon invisible, et cependant « proche » de façon efficace.

X X X 6 X X X

« Le Seigneur est proche ! »,

Soyons en paix !

car « le Dieu de la paix sera avec vous, » (v. 9) nous assure l’apôtre.

Dans l’Ancien Testament déjà le Messie était annoncé comme « Prince de la paix » (Es 9.5), comme celui qui allait réconcilier le Créateur et ses créatures pécheresses, qui allait nous soustraire à la colère de Dieu et à la damnation, et nous apporter le pardon, ce bienfait qui nous soulage au plus haut point.

Il est vrai qu’ici-bas la paix est souvent brisée, pas seulement entre Etats, aussi au sein d’un pays, même dans les familles. Et notre état pécheur n’y est pas totalement étranger.

Mais dans ce monde de tensions et de luttes nous avons reçu, nous qui demandons pardon à Dieu pour l’amour de son Fils, nous avons reçu un cadeau inestimable : son pardon, sa réconciliation, sa paix, « la paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut comprendre » (v. 7)

Cette paix avec Dieu, notre Roi de l’Avent en illumine déjà nos existences ici-bas : quelle aide et quel encouragement, que de savoir que nous pouvons compter sur la bénédiction de Dieu au lieu de devoir craindre sa colère ! Cela nous permet d’être plus sereins et nous fait avancer d’un pas plus assuré sur le chemin de la vie.

Et un jour, plus rien ne troublera cette paix sublime.

Cette « paix », « Dieu » nous l’a déclarée en son Fils. Celui-ci nous en est le garant. Cette « paix » nous pousse à demeurer « en Jésus-Christ » (v. 7), dans une relation de foi et de confiance avec lui jusqu’à son retour en gloire. Qui d’entre nous voudrait gâcher cette « paix de Dieu », la rompre, en perdre les bienfaits ?

« Le Seigneur est proche ! » Aussi

Ø réjouissons-nous dans le Seigneur,

Ø plaçons-nous avec confiance sous sa parole apostolique,

Ø surmontons nos inquiétudes,

Ø soyons bons envers tous,

Ø prions de tout cœur.

« Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut comprendre, gardera votre coeur et vos pensées en Jésus-Christ. »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

15 492

Chants proposés :

Nos cœurs te chantent AeC 255 : 1-2

Oh ! viens, Jésus, oh ! viens, Emmanuel AeC 307 : 1-4

Oh ! viens, Seigneur, ne tarde pas, AeC 309 : 1-4

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 00:24Aucun commentaire:  

LUNDI 7 DÉCEMBRE 2009

Sermon du dimanche 6 novembre - Deuxième Dimanche de l’Avent

Texte : Jc 5.7-11

Chants proposés :

Béni soit Dieu LlS 26 : 1-4

Chrétiens, peuple fidèle, LlS 28 : 1-3+5-6

Jésus, Dieu de lumière, LlS 32 : 1-5

Jésus, Sauveur adorable, LlS 165 : 1-5

"

« Soyez donc patients, frères et soeurs, jusqu'au retour du Seigneur. Voyez le cultivateur : il attend le précieux fruit de la terre en faisant preuve de patience envers lui jusqu'à ce qu'il ait reçu les premières et les dernières pluies.

Vous aussi, soyez patients, affermissez votre coeur, car le retour du Seigneur est proche.

Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères et soeurs, afin de ne pas être jugés. Voici que le juge se tient à la porte.

10 Mes frères et soeurs, prenez pour modèles de patience dans la souffrance les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

11 Nous disons heureux ceux qui persévèrent. Vous avez entendu parler de la persévérance de Job et vous avez vu la fin que le Seigneur lui a accordée, car le Seigneur est plein de tendresse et de compassion. »

Chers frères et sœurs en notre Seigneur qui revient !

Nous vivons dans l’attente. Notre vie va au-devant de l’Avent ou retour de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Nous attendons qu’il accomplisse les promesses qu’il nous a faites.

Bien entendu, notre vie n’est pas faite que de cette attente ; elle est aussi faite de repentance et de foi, de gratitude aussi pour tous les bienfaits que nous devons à Dieu.

Néanmoins, une des caractéristiques de notre vie de chrétiens, c’est l’attente du retour de notre Seigneur.

Quand nous attendons un heureux événement, nous devenons facilement impatients. Des parents chrétiens, dans des circonstances normales, ne peuvent pas faire baptiser leurs enfants assez rapidement. Et à quelques semaines de Noël, les enfants sont tendus vers ce moment où ils recevront des cadeaux.

Mais l’impatience n’est pas toujours bonne conseillère. Déjà, elle peut transformer l’attente en supplice. Mais, surtout, elle peut pousser à brûler les étapes. Ainsi, Eve attendait le Sauveur avec tant d’impatience, qu’elle croyait déjà l’avoir obtenu quand son premier fils est né. Sara aussi, n’a pas su attendre et a jeté sa servante dans les bras de son mari pour essayer de forcer le destin.

Il nous faut apprendre à réfréner notre impatience. Les croyants de l’Ancien Testament ont dû attendre des siècles avant que ne soit « venu » « le moment » fixé par Dieu pour que naisse le Messie de la vierge Marie.

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel » écrit Salomon (Ec 3.1).

« Mais, lorsque le moment » – le moment choisi par Dieu – « est vraiment venu, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi, pour racheter ceux qui étaient sous la loi afin que nous recevions le statut d'enfants adoptifs » (Ga 4.4-5).

« Voici maintenant le jour favorable ! » (2 Co 6.2) Alors réfléchissons à ce que Jésus a fait pour nous lors de son passage visible sur terre, aussi à ce qu’il continue de faire pour nous.

« Le moment est arrivé » (Mc 1.15) de réfléchir à sa place dans notre vie, à sa présence dans nos programmations.

« Vous vous êtes tournés vers Dieu […] pour servir le Dieu vivant et vrai et pour attendre du ciel son Fils qu'il a ressuscité, Jésus, celui qui nous délivre de la colère à venir. » (1 Th 1.9-10)

Aujourd’hui, Jacques nous parle d’un aspect important de notre vie de chrétiens, celui de la persévérance jusqu’à la fin. Voici ce à quoi il nous exhorte pour

NOTRE ATTENTE

DE LA VENUE DU SEIGNEUR

1. Soyez patients,

2. car le Seigneur est miséricordieux,

3. Prenez pour modèles les prophètes.

X X X 1 X X X

« Soyez donc patients,

frères et sœurs ! » (v. 7)

Ah ! la patience ! Ou plutôt : l’impatience ! … Notre attente du dernier Avent, du retour en gloire de notre Seigneur, est gangrenée d’épreuves, de difficultés, d’embêtements, de souffrances. Et nous avons parfois du mal à ne pas exploser.

Qu’une épreuve se prolonge, et nous devenons impatients. Que les choses se mettent en travers de nos projets, et nous ne sommes pas satisfaits de la manière dont Dieu conduit notre vie.

Au lieu de rechercher davantage encore son intimité dans sa Parole et par la prière, au lieu de serrer sa main paternelle plus fort encore, au lieu de trouver dans ses promesses la certitude qu’il fait « tout coopérer pour notre bien » (Rm 8.28), avec ce que tu penses, ou dis, peut-être aussi par ta façon de réagir, tu offenses le Dieu de toute bonté, tu lâches peut-être même sa main et te distances de lui.

Lorsque tu montres de l’impatience face à la manière dont Dieu te conduit, c’est comme si tu lui faisais comprendre : « Mon cher Dieu, tu t’y prends mal ; je sais mieux que toi comment s’y prendre ; voilà ce que tu devrais faire ! »

Bref : l’impatience nous pousse à vouloir le contraire de ce que Dieu veut. L’impatience, c’est la révolte contre Dieu. L’impatience, c’est vouloir sinon devancer du moins accélérer le cours des choses, vouloir atteindre un but autrement que de la manière dont Dieu l’a résolu.

Nous n’y pensons pas toujours, mais quand nous devenons impatients, quand nous sommes insatisfaits de ce que Dieu nous fait vivre, alors nous péchons contre Dieu. Bien entendu que Dieu ne me demande pas de me satisfaire de situations pénibles ou injustes. Il m’a donné une raison pour réfléchir à la façon d’améliorer les choses. Mais dans le calme et la confiance en lui.

C’est l’impatience qu’il faut combattre. « L’impatient fait des bêtises » et « celui qui s’énerve facilement proclame sa folie » écrit Salomon dans lesProverbes (Pr 14.17+29). C’est de la « la bêtise » et de la « folie », parce que l’impatience s’acharne contre Dieu, ce qui est vain. A ce jeu futile on est toujours perdant.

D’ailleurs, l’expérience montre que l’impatience ne produit rien de bon, que ce soit, par ex. dans l’éducation des enfants, au lieu de travail ou dans la vie paroissiale.

Chers frères et sœurs, nous nous sommes tous déjà laissé emporter par l’impatience. Présentons-nous alors devant Dieu en lui confessant ce péché. Surtout ne commençons pas à nous justifier ; c’est trop facile : on en trouve toujours, des justifications ! Cette convalescence met vraiment du temps à aboutir. Les enfants étaient vraiment assommants. Le pasteur n’a toujours pas surmonté un travers ; la paroisse d’ailleurs non plus. Le chef d’équipe ou de bureau est vraiment impossible.

Devant Dieu, ces excuses n’en sont pas. Il sait bien qu’on ne devient pas impatient sans raison. Tenez, Israël a dû errer dans le désert pendant 40 ans. « Le peuple murmura », lisons-nous. Il y avait de quoi ! Non ? Et pourtant il est dit : « et cela déplut à l’Eternel » (Nb 11.1).

Eh bien, pareillement, nos impatiences à nous lui déplaisent aussi.

Toutes ? – Non ! L’Ecriture Sainte connaît un cas de sainte impatience : c’est quand nous ne sommes pas satisfaits de la progression de notre piété et de notre sanctification. Là, tu peux être impatient de ne pas progresser plus rapidement. Là, tu peux gémir avec l’apôtre Paul : « Malheureux être humain que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » « En effet, je ne fais pas le bien que je veux mais je fais au contraire le mal que je ne veux pas. » (Rm 7.24+19)

Mais en dehors de cette impatience à cause de notre état pécheur, toute réaction d’impatience est contraire à la volonté de Dieu, donc un péché.

Aussi voulons-nous nous présenter bien humblement devant Dieu et reconnaître :

« Oui, Seigneur, il m’arrive de pécher contre toi par impatience. La croix que tu m’imposes durant ce temps d’attente de ton dernier Avent, je ne l’ai pas toujours portée avec patience. Il m’est même arrivé d’éviter une épreuve, ou de m’en sortir, de façon injuste, ou de l’abréger avec impatience contrairement à ta volonté. »

Chers amis, ceci, nous pouvons le confesser à notre Dieu, car

X X X 2 X X X

Le Seigneur est miséricorieux.

« Le Seigneur est plein de tendresse et de compassion. » (v. 11) Il est vrai, et il ne faudrait pas l’oublier : « Le Juge se tient à la porte. » (v. 9) Son dernier Avent pourrait intervenir à chaque instant. Comment nous trouvera-t-il ? Une chose est sûre : pas sans péché. Cela signifiera-t-il alors notre condamnation, notre perte ?

Heureusement, non ! Paradoxalement, « le Juge » de l’univers va nous traiter, nous les croyants, comme nous ne l’avons pas mérité. Il n’y a pas de doute : « Le Seigneur est plein de tendresse et de compassion. »

Ce ne sont pas là des paroles en l’air ; c’est une promesse qui nous fait revivre. Sa « compassion » envers nous, il l’a déjà montrée en envoyant son Fils devenir homme et nous sauver.

Ce temps entre ce premier Avent, à l’époque et son dernier Avent au Dernier Jour, cette période intermédiaire dans laquelle nous vivons est faite d’une chaîne ininterrompue d’interventions miséricordieuses.

Il ne nous fait pas seulement annoncer le pardon de nos péchés, y compris de notre impatience, il nous assure aussi de sa sollicitude de chaque instant, de la direction de notre vie « pour notre bien ».

Par sa vie sainte et son précieux sacrifice, Jésus a su toucher le cœur du Père et l’amener à se tourner vers nous pour nous faire grâce, pour nous témoigner sa miséricorde. Dieu est maintenant vraiment « plein de tendresse et de compassion » envers nous. Notre sort, notre bonheur, lui tient vraiment à cœur.

Mais il faut que nous lui concédions qu’il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous. En donnant à notre temps d’attente du retour de son Fils la tournure que prend notre vie, il nous rend certainement un service d’amour. Sa « tendresse » et son « amour » en sont le garant. Il veut ainsi nous faire croître dans la foi et dans la vie chrétienne.

Attendre avec foi, sous les coups de boutoir de la vie, le retour du dernier Avent de Jésus-Christ, peut à l’occasion mettre notre patience à rude épreuve.

Pour tenir bon, il est bon de se représenter d’une part « le Juge » sévère que nous mériterions de rencontrer au dernier Avent, et de se rappeler qu’à sa place ce sera un Seigneur miséricordieux que nous y rencontrerons.

Plus nous nous rappelons combien « le Seigneur est bon » (1 P 2.3) – alors que nous avons mérité sa colère – et plus cela nous aidera à nous placer avec humilité et joie, avec confiance et foi, sous sa conduite.

Plus nous aurons confiance en sa grâce imméritée, et plus nous nous laisserons patiemment conduire par lui.

Et comment notre confiance en Dieu s’affermit-elle ? – En méditant la miséricorde de Dieu telle qu’elle s’est occupée de nous en Jésus-Christ.

Mais aussi en méditant l’exemple des anciens.

X X X 3 X X X

Prenez pour modèles les prophètes

Jacques nous dit dans notre texte : « Mes frères et soeurs, prenez pour modèles de patience dans la souffrance les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. » (v. 10)

Pourquoi Jacques attire-t-il notre attention sur « les prophètes » et non pas sur Jésus-Christ ? Jésus n’est-il pas un exemple de patience bien plus parfait que les prophètes, lui qui s’est offert en sacrifice pour nous sans rechigner ? lui qui a enduré la fausseté, le mépris et l’injustice la plus crasse qui soit sans se révolter ?

C’est certain : Comme en tout, Jésus aurait aussi été un exemple parfait de patience. Mais Jacques ne voulait sans doute pas que nous rétorquions : « Oui, d’accord, mais Jésus est Jésus et nous c’est nous ! Lui est saint et nous sommes pécheurs ! Lui est le Fils de Dieu et nous des êtres humains ! La comparaison est bancale ! »

Pour éviter cette objection, Jacques nous rend attentifs à l’exemple de la « patience » que « les prophètes » ont montrée durant leur longue attente du 1er Avent du Messie.

« Les prophètes » étaient aussi imparfaits comme nous ; ils étaient aussi pécheurs comme nous ; et ils ont connu des souffrances pires que nous.

Jacques donne en particulier « Job » en exemple. « Vous avez entendu parler de la persévérance de Job » (v. 11) Pourtant la patience de Job a été mise à rude épreuve : il a perdu ses biens, même ses enfants. Combien il a dû souffrir, surtout que sa femme et ses amis, au lieu de l’aider, l’ont enfoncé !

Mais Job avait confiance en Dieu et en sa miséricorde. « Et vous avez vu la fin que le Seigneur lui a accordée » (v. 11) : la patiente confiance en Dieu a finalement vu Dieu tout « changer en bien » (Gn 50.20)

L’agriculteur, lui aussi, vit d’espoir et de confiance. Vous me direz que nous, citadins tout autant, pour ce qui est du remplissage des rayons de nos marchés et magasins. Notre attente rejoint donc bien celle de l’agriculteur. Mais laissons la parole à Jacques :

« Voyez le cultivateur : il attend le précieux fruit de la terre en faisant preuve de patience envers lui jusqu'à ce qu'il ait reçu les premières et les dernières pluies. » (v. 7)

Ce qu’il veut dire, c’est : l’agriculteur ne peut pas récolter immédiatement après avoir semé. Et avant de pouvoir récolter il doit parfois faire preuve de patience en attendant, ici la pluie, là le soleil. Et s’il peut légèrement intervenir pour arroser ou pour faire écouler l’eau qui recouvre ses champs, pour l’essentiel il attend avec patience que Dieu fasse le nécessaire.

Soyons donc, nous aussi, patients, comme les agriculteurs de tous les temps, et comme les prophètes des temps anciens. « Le Seigneur est plein de tendresse et de compassion. »

Heureusement pour nous que Dieu, pour l’amour de Jésus-Christ, n’agit pas avec nous selon ce que nous méritons, mais selon sa grande miséricorde !

Cela nous aide à porter avec patience ce que Dieu nous envoie. Pour l’amour de son Fils il nous assistera toujours dans nos épreuves et nous en délivrera au moment que lui juge opportun.

Peut-être que pour les uns ou les autres ce ne sera que lors de son dernier Avent, quand il mettra fin à l’épreuve de notre patience.

Qu’il continue de nous assurer de son pardon en Jésus-Christ, et de sa fidélité à l’alliance qu’il a conclue avec nous dans le Baptême !

Nous fêterons alors son dernier Avent dans la joie.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du Dernier Dimanche après la Trinité - 22/11/2009

Texte : Mt 25.1-13

"

« Alors le royaume des cieux ressemblera à dix jeunes filles qui ont pris leurs lampes pour aller à la rencontre du marié.

Cinq d'entre elles étaient folles et cinq étaient sages.

Celles qui étaient folles ne prirent pas d'huile avec elles en emportant leurs lampes,

tandis que les sages prirent, avec leurs lampes, de l'huile dans des vases.

Comme le marié tardait, toutes s'assoupirent et s'endormirent.

Au milieu de la nuit, on cria : '"Voici le marié, allez à sa rencontre !"

Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leurs lampes.

Les folles dirent aux sages : "Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent."

Les sages répondirent : "Non, il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez ceux qui en vendent et achetez-en pour vous."

10 Pendant qu'elles allaient en acheter, le marié arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et la porte fut fermée.

11 Plus tard, les autres jeunes filles vinrent et dirent : "Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !"

12 mais il répondit : "Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas."

13 Restez donc vigilants, puisque vous ne savez ni le jour ni l'heure où le Fils de l'homme viendra. »

Chants proposés :

C’est toi, Jésus, qu’ils ont chanté, AeC 443 : 1-4

Quand le soir descend AeC 609 : 1-4

Jeunes et vieux AeC 170 : 1-5

 

Chers frères et sœurs, « Maranatha ! »

« Maranatha ! » « Le Seigneur vient ! » (1 Co 16.22)

« Maranatha ! » Ce matin, je vous adresse ainsi une salutation en araméen tirée de la Bible. Les premiers chrétiens se saluaient ainsi quand ils se rencontraient. Ils vivaient leur vie ici-bas dans la perspective de l’éternité.

Ils ne méprisaient pas la vie sur terre, don de Dieu, ils ne négligeaient pas leurs devoirs et leurs responsabilités dans ce monde – ils savaient que c’est Dieu qui les leur avait confiées – mais ils savaient aussi qu’ils n’étaient qu’« étrangers et voyageurs sur la terre » (Hé 11.13), que leur véritable « citoyenneté était dans les cieux » (Ph 3.20) !

Sur notre forum, un débat s’est engagé sur le thème « vie terrestre et vie céleste ». Ce débat est né de l’impression d’un membre d’une de nos paroisses que l’on mépriserait la vie terrestre pour ne parler que de l’éternité.

Je ne voudrais pas que vous pensiez devoir me faire le même reproche. Si, ces trois derniers dimanches de l’année de l’Eglise, il est beaucoup question de notre destinée éternelle, c’est que, traditionnellement, la liturgie prévoie qu’on parle des choses dernières au cours de ces trois dimanches. Il y a encore 50 autres semaines dans l’année au cours desquelles on peut se consacrer davantage à notre vie ici-bas.

Le danger n’est-il pas plutôt que les joies et les peines d’ici-bas nous fassent oublier la félicité éternelle que notre Seigneur nous a préparée ?

« Restez donc vigilants, puisque vous ne savez ni le jour ni l’heure où le Fils de l’homme viendra ! » (v. 13) En terminant sa parabole avec cette exhortation, Jésus montre que sa parabole des dix vierges ou jeunes filles parle du moment important de notre entrée dans l’éternité au Jour du Jugement dernier.

Mieux : il nous dit comment nous devrions nous préparer à être bien préparés pour être reçus dans la félicité éternelle.

Il est important d’être bien préparé aux différentes situations de notre vie : ici à une interrogation écrite à l’école, là au métier que nous exerçons, et de façon générale, d’être bien préparés aux transformations et changements de notre vie au fur et à mesure que nous y avançons.

Il n’est pas surprenant que Jésus nous dise qu’il est plus important encore d’être bien préparés pour l’événement final de l’histoire du monde.

La parabole des « cinq vierges sages » et des « cinq vierges folles »souligne le contraste entre une bonne et une mauvaise préparation à la venue en gloire de notre Seigneur.

Avec cette parabole, Jésus nous interpelle :

SOYEZ PRÊTS POUR MON RETOUR !

1. Ne soyez pas insensés

en attendant mon retour !

2. Soyez sages et intelligents

pour vous y préparer !

X X X 1 X X X

Ne vous préparez pas

de façon insensée

à mon retour !

Il nous arrive de reporter à plus tard des choses que nous devons faire. C’est que nous ne pouvons pas tout faire le jour même, ni toujours terminer le jour même ce que nous avons commencé. Mais quand il s’agit de notre salut, nous ne devrions pas tergiverser. « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut ! » nous lance l’apôtre Paul (2 Co 6.2).

L’auteur de l’Epître aux Hébreux ne dit rien d’autre quand il nous met ainsi en garde : « Craignons donc, tant que la promesse d’entrer dans son repos subsiste, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. »(Hé 4.1 ; Segond 1978)

Lorsque Jésus reviendra, cette fois-ci dans sa gloire, il sera trop tard pour réfléchir à ce qu’est une bonne préparation. C’est maintenant que nous devons veiller à ne pas nous bercer d’illusions.

Une de ces illusions consisterait à penser que, parce que nous appartenons à l’église évangélique luthérienne, « le compte est bon », le salut assuré ! Sans doute Dieu nous exhorte-t-il à faire partie de l’église qui enseigne fidèlement sa Parole et qui administre les sacrements conformément à son institution. Mais notre nom sur le registre d’une paroisse ne nous sa uve pas. Seul est sauvé celui qui croit que Jésus-Christ a fait le nécessaire en expiant ses péchés.

Voyez les « cinq vierges folles » ! Extérieurement, on ne remarquait pas de différence avec les « cinq vierges sages » : elles avaient des « lampes » comme les cinq autres. Mais voilà, leurs lampes étaient vides. Extérieurement, elles avaient le même comportement, elles faisaient partie du même genre de « vierges » que les « cinq sages » : mais elles avaient oublié d’alimenter leurs lampes, elles avaient oublié d’alimenter leur foi ; leur foi au Sauveur s’était éteinte.

Une autre illusion consisterait à croire que, parce qu’on fait partie d’une famille croyante, il n’y a pas à s’en faire, la foi des parents, de l’époux ou de l’épouse nous permettrait d’être sauvés.

« Les cinq vierges folles » pensaient aussi que « les cinq vierges sages » pourraient leur passer de leur huile pour leurs lampes. « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent ! » Comme s’il suffisait que mes parents ou mon époux ou mon épouse méditent la Parole de Dieu pour que ma foi soit entretenue.

« Les sages répondirent : "Non, il n’y en aurait pas assez pour vous et pour nous !» (v. 9)

Cela me rappelle une coutume dans certaines familles de ma région d’origine : on envoyait chaque dimanche un représentant de la famille au culte. Seulement, on ne va pas au culte pour faire acte de présence en tant que délégué des autres ; chacun y va pour lui-même, chacun y va pour être édifié dans la foi au contact de l’Evangile dans la Parole et les sacrements. L’action que le Saint-Esprit a sur moi au culte ne s’étend pas à ceux qui n’y sont pas. Il faut que chacun de nous veille à remplir lui-même la « lampe »de sa foi avec « l’huile » de l’Evangile, en allant lui-même au contact de cet Evangile.

Autrement dit, si je pensais qu’être inscrit sur un registre paroissial ou me faire représenter au culte par quelqu’un d’autre me permettait de grandir dans la foi, je ressemblerais au « vierges folles ». Si je ne prends pas mes dispositions à temps durant cette vie, je serai dans de beaux draps au Jour du Jugement dernier : il sera alors trop tard pour m’occuper de ma lampe éteinte, il sera alors trop tard pour me soucier de ma foi morte.

Notre sort sera alors irrémédiablement fixé. Quand Jésus, le divin « marié »de l’Eglise, aura emmené les croyants au ciel, il dira aux incroyants : « Je vous le dis en vérité : Je ne vous connais pas » (v. 12), nous n’avons rien en commun, il n’y a pas de place pour vous dans mon Paradis, car vous vous êtes comporté comme des « insensés » au cours de votre vie : vous avez négligé d’alimenter régulièrement votre foi avec une méditation régulière de l’Evangile.

Ainsi, « la porte » du Paradis reste « fermée » (v. 10) à ceux qui ont négligé de leur vivant la seule source de vie, l’Evangile, seule « puissance »(Rm 1.16) qui aurait pu les amener ou les maintenir dans la foi en Jésus-Christ et faire d’eux des « cohéritiers du Christ » (Rm 8.17). Et ils resteront dehors, sous la colère de Dieu, dans la damnation éternelle.

Oui, avec cette parabole, Jésus nous exhorte à ne pas nous comporter en « vierges folles », en insensés, pour le rencontrer au Dernier jour. Non, dit-il :

X X X 2 X X X

Soyez sages et intelligents

pour vous y préparer !

Nous serons « sages », notre préparation à cet événement capital du retour du Christ sera une préparation sensée, si nous « avons de l’huile » pour alimenter continuellement nos lampes.

Nous serons « sages », notre préparation à cet événement capital du retour du Christ sera une préparation sensée, si nous ne cessons d’alimenter notre foi avec l’Evangile de Jésus-Christ, si cette Bonne Nouvelle de l’expiation de nos péchés avive notre foi en Jésus-Christ.

Jésus veut nous dire : Ce n’est que lui qui peut réellement nous préparer à le rencontrer. Ce n’est que si nous permettons à son Evangile de nous accrocher avec foi à sa médiation et à son sacrifice expiatoire que nous sommes pardonnés et que nous échappons à la colère de Dieu.

Lui seul, Jésus-Christ, est notre Sauveur. Si nous nous réfugions auprès de lui dans la foi au cours de cette vie nous n’avons pas à nous en faire : il nous a réconciliés avec Dieu, nous avons alors notre billet pour entrer participer à ses noces éternelles au Paradis.

Même si nous devions être « endormis », si nous ne devions pas penser à son retour au moment précis où il nous appellera hors de cette vie – ou s’il devait revenir en gloire durant notre vie – comme nos « lampes » brûlent, que nous avons foi en lui, il tiendra ses promesses, il ne décevra pas ceux qui ont fait confiance à son sacrifice.

Mais pour cela, pour que notre « lampe » ne s’éteigne pas, pour que notre foi ne s’amenuise, ne décline et ne meure pas, il faut que nous la nourrissions régulièrement et abondamment avec « l’huile » de la Parole et des sacrements.

Rappelons-nous comment Martin Luther a expliqué le 3ème article du Credo dans son « Petit Catéchisme » : « Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui ; mais c’est le Saint-Esprit qui, par l’Evangile, m’a appelé […] et maintenu dans la vraie foi […]. »

Alimentons-nous régulièrement la « lampe » de notre foi avec « l’huile » de l’Evangile de Jésus-Christ ? Permettons-nous à notre foi de faire plus que simplement grésiller, de pouvoir brûler à grandes flammes ?

Peut-être objecterons-nous que ce sont les problèmes qui étouffent notre foi, que c’est le stress de la vie trépidante de la grande ville qui « pompe l’air » dont notre foi aurait besoin…

Et si c’était tout simplement parce que nous avons oublié de l’alimenter avec l’Evangile ? Et si c’était parce que nous nous sommes laissés aller à négliger le seul carburant divin possible et nécessaire à notre foi : la méditation de l’Evangile ?

Peut-être que vous êtes désemparé par ce qui vous arrive, craintif à cause de ce qui pourrait vous arriver. Peut-être que votre esprit est envahi par les soucis et vous enlève le goût de l’Evangile… – Je vais vous dire un truc : « L’appétit vient en mangeant ! » Plus vous « goûterez combien le Seigneur est bon » (Ps 34.9 ; 1 P 2.3), et plus vous en voudrez, de cet Evangile.

Et puis n’oubliez pas, il y a les études bibliques où d’autres vous diront comment eux ont assaisonné l’Evangile à leur quotidien, comment l’Evangile a entretenu, parfois même rallumé ou ravivé la « lampe » de leur foi en Christ. Cela peut aider grandement quand on est découragé, quand on est en perte de vitesse.

Je ne vais pas insister sur les bénédictions qui reposent sur un remplissage régulier de la « lampe » de votre foi lors de votre lecture quotidienne ou familiale de la Bible, ou dans nos cultes. Ce sont, avec les études bibliques, les magasins où les « vierges sages » s’approvisionnaient régulièrement. Ce sont aussi des magasins qui seront fermés le jour du Jugement dernier : les « vierges folles » ont dû s’en mordre les doigts. Mais … trop tard !

Par contre, si nous nourrissons suffisamment et régulièrement notre foi avec l’Evangile de Jésus-Christ, nous pouvons tranquillement vaquer à nos occupations quotidiennes, accomplir nos activités habituelles.

Voyez les « dix jeunes filles » ! « Toutes s’assoupirent et s’endormirent. » (v. 5) « Toutes » ne pensaient pas à ce moment-là au retour de l’époux. Et pourtant « toutes » ne sont pas dans la même situation. « Les lampes »des unes sont alimentées et brûlent, celles des autres sont à sec et éteintes.

Les unes ont pu « s’assoupir » dans la certitude d’être prêtes, dans la certitude du salut, les autres se sont « assoupies » à tort : elles n’étaient pas prêtes, elles avaient perdu la foi par manque d’Evangile.

C’est une sérieuse mise en garde pour ceux qui négligent de se placer sous l’action sanctifiante du Saint-Esprit à travers l’Evangile.

Mais cette parabole est aussi pour nous, les croyants, d’un grand réconfort : Si nos « lampes » brûlent, si notre foi est alimentée par l’Evangile, peu importe que nous « ne sachions ni le jour ni l’heure où le Fils de l’homme viendra » (v. 13) : nous sommes unis à lui par la foi que nous lui portons.

Même s’il nous prend au dépourvu, même si nous sommes à ce moment-là en train de réfléchir à tout à fait autre chose, au travail, à l’école, durant nos loisirs ou ailleurs, même s’il nous surprend durant notre sommeil, comme nous sommes « prêts », comme nous croyons en lui, « nous entrerons avec lui dans la salle des noces » (v. 10), il nous recevra dans la félicité éternelle parce que nous avons fait confiance à ses promesses.

Restons donc « vigilants » pour ne jamais laisser s’éteindre la « lampe »de notre foi en Jésus-Christ !

Et rendons gloire à Dieu pour la merveilleuse « huile » de l’Evangile qui nous procure l’entrée dans le Royaume des cieux !

« Maranatha ! » « Le Seigneur vient ! »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 22:23Aucun commentaire:  

DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2009

Sermon du dimanche 8 novembre 2009- Antépénultième Dimanche après la Trinité

Texte : Lc 17.20-30

20 « Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit : "Le royaume de Dieu ne vient pas en se faisant remarquer.

21 On ne dira pas : 'Il est ici', ou : 'Il est là.' En effet, le royaume de Dieu est au milieu de vous."

22 Puis il dit aux disciples : "Un temps viendra où vous désirerez voir même un seul des jours du Fils de l'homme, et vous ne le verrez pas.

23 On vous dira : 'Il est ici', 'Il est là’. N'y allez pas, n'y courez pas.

24 En effet, tout comme l'éclair resplendit et brille d'une extrémité du ciel à l'autre, ainsi sera le Fils de l'homme dans son jour.

25 Mais il faut auparavant qu'il souffre beaucoup et qu'il soit rejeté par cette génération.

26 Ce qui est arrivé à l'époque de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'homme.

27 Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé est entré dans l'arche, puis le déluge est venu et les a tous fait mourir.

28 Ce sera comme à l'époque de Lot : les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, construisaient,

29 mais le jour où Lot est sorti de Sodome, une pluie de feu et de soufre est tombée du ciel et les a tous fait mourir.

30 Il en ira de même le jour où le Fils de l'homme apparaîtra." »

Chers frères et sœurs,

désireux de voir votre Seigneur,

Pourquoi si peu de gens croient-ils en la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ? Pourquoi la foi de bien des chrétiens se relâche-t-elle ? Oui, et pourquoi nous arrive-t-il à nous-mêmes de connaître des périodes où notre foi se met à vaciller ? – Les raisons sont multiples, et ce ne sont pas toujours les mêmes.

Une des raisons, c’est que les gens ne méditent pas assez la Parole de Dieu ; ils ne permettent pas suffisamment à l’Evangile d’agir sur eux, à cette « puissance de Dieu » pour nous faire parvenir au salut et nous y maintenir (Rm 1.16).

Une autre raison, c’est que nous avons du mal à ne pas réagir comme Thomas : « Si je ne vois pas » le Seigneur et ne puis pas le toucher de mes mains, « je ne croirai pas ! » (Jn 20.25) Je ne reconnais que ce que je peux vérifier.

C’est là un principe excellent, même nécessaire, pour la science ; mais il est inutilisable en matière de foi. En matière de foi nous n’avons pas affaire au terrestre, mais au céleste, au divin, ce qui se situe en dehors du domaine de la science et du vérifiable. Cela fait partie du domaine de la foi.

Or la foi n’est pas éveillée par des démonstrations, mais par le témoignage du Saint-Esprit dans l’Evangile.

Nous n’avons jamais vu notre Seigneur. Le temps où on pouvait le voir remonte à deux millénaires. Alors, qu’allons-nous répondre à ceux qui nous demandent :

POUVEZ-VOUS VOIR

VOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST ?

1. – Pour le moment, non.

2. – Mais un jour, oui, tout à fait !

X X X 1 X X X

Pour l’instant,

nous ne pouvons pas encore voir

notre Seigneur Jésus-Christ.

Il y a deux mille ans, la situation était différente. A l’époque, Jésus a vécu dans son état d’abaissement. A l’époque, « il s'est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains ». Il voulait alors vivre « comme un simple homme » (Ph 2.7), connaître les mêmes conditions de vie que nous et cependant demeurer pur et saint, contrairement à nous qui échouons en cela.

Ses contemporains pouvaient l’observer comme nos contemporains peuvent nous observer. Il n’avait pas agi en secret ; il pouvait être « reconnu comme un homme » (Ph 2.7) par tous. Cela aussi faisait partie de son abaissement : sa vie, ses souffrances et sa mort devaient être une prédication visible de tous.

Dans notre texte, il avait d’ailleurs prédit ce qui allait lui arriver : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup et qu'il soit rejeté par cette génération. » (v. 25) N’est-ce pas pour cela aussi qu’il est devenu vrai homme, et qu’il s’est fait connaître comme tel ?

Ce qui est étrange, c’est que ce n’est pas lui, mais nous, les pécheurs, qui devrions être punis pour nos péchés. Avec nos défaillances, manquements, fautes et autres transgressions de la Loi de Dieu nous avons empilé une montagne de dettes auprès de Dieu. Nous n’avons pas seulement péché par notre comportement, aussi par nos paroles, et même par nos pensées.

Les péchés que nous avons commis, et le bien que nous n’avons pas fait devraient nous attirer la colère de Dieu ; c’est nous qui devrions être rejetés et endurer les souffrances de l’enfer !

Mais non, c’est un innocent qui s’y colle ! Pourquoi ? Parce qu’il savait qu’il était le seul à pouvoir prendre notre place, le seul à ne pas faillir comme nous. Ce qu’il a ainsi accompli et obtenu, des dizaines de chants le célèbrent.

Pourtant, ça n’a pas été aussi facile à obtenir qu’il nous est facile de le chanter. Il a « fallu qu’il souffre beaucoup » ; il a dû tant souffrir qu’il nous est impossible de l’imaginer. Les âmes sensibles s’émeuvent de ses souffrances physiques en croix. Elles étaient terrible, certes, mais des milliers d’autres ont été exécutés ainsi dans l’Empire romain.

Non, de loin le plus terrible, c’est ce qu’il nous a épargné en le subissant à notre place : d’être rejeté par Dieu, du Créateur de toute choses, de la Source de toute vie, d’être coupé de la Source de tout bien et de devoir subir les souffrances de l’enfer.

Il y a des personnes qui sombrent dans la dépression quand ils ne se sentent pas – ou plus – estimés ou aimés. Peut-être qu’on peut le mieux avoir une idée des souffrances de la damnation éternelle en les assimilant à une horrible et profonde dépression de se savoir repoussé, rejeté et damné pour toujours, pour l’éternité.

Eh bien, c’est ce que Jésus a enduré pour nous. C’est ce qu’il nous fait entrevoir par son cri en croix : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » c’est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» (Mt 27.46) – La réponse, c’est : Pour que nous, qui plaçons notre foi en son expiation de nos péchés, ne le soyons plus, abandonnés !

Jésus aurait au moins dû pouvoir se consoler de voir l’humanité – en premier ses compatriotes, les Juifs – lui être reconnaissants pour son sacrifice. Mais non, eux aussi l’ont « rejeté » (v. 25).

Quelle double tragédie ! Dieu a « rejeté » le Christ parce que ce dernier a aimé l’humanité jusqu’à faire sienne notre culpabilité – et il a été « rejeté »par les hommes parce qu’il est resté fidèle à Dieu et à la mission qu’il avait acceptée !

Voilà dans quel abaissement extrême les gens de l’époque ont vu notre Seigneur ! Mais depuis sa résurrection – et surtout à partir de son ascension – il nous prive de sa présence visible.

Ah ! comme nous aimerions pouvoir jeter un coup d’œil dans son « Paradis » ! (Lc 23.43) Comme nous aimerions le voir resplendissant de majesté dans sa gloire céleste ! Et bien sachez que Jésus sait que nous avons parfois ce genre de souhaits. C’est pour cela qu’« il dit [ici] à ses disciples », à une époque où ils pouvaient encore le voir : « Un temps viendra où vous désirerez voir même un seul des jours du Fils de l'homme, et vous ne le verrez pas. » (v. 22)

Non, nous ne pouvons plus le voir actuellement. Nous ne pouvons que le saisir par la foi. « Le Royaume de Dieu est au milieu de vous ! » (Lc 17.21) Et nous pouvons le saisir par la foi dans sa Parole et dans ses sacrements.

X X X 2 X X X

Mais un jour,

bien entendu que nous le verrons !

Un jour… un jour … Oui, mais quand ? C’est ce que nous aimerions bien savoir. Il n’y a sans doute pas de meilleure application du proverbe « La curiosité est un vilain défaut » que dans ce cas. D’ailleurs, Jésus a dû y répondre à plusieurs reprises.

Un jour, il a indiqué que « personne ne connaît le jour et l’heure » (Mt 24.36) de son retour à la fin du monde. Il est vain de vouloir le calculer comme le font certaines sectes. Nous avons mieux à faire : témoigner de notre foi au Sauveur pour inviter d’autres à le rejoindre par la foi et à être prêts quand il paraîtra.

Sa venue sera subite et inattendue. « En effet, tout comme l'éclair resplendit et brille d'une extrémité du ciel à l'autre, ainsi sera le Fils de l'homme dans son jour. » (v. 24) Quand on regarde un ciel orageux, on sait qu’il y aura des éclairs, mais on n’en connaît pas le moment exact de leurs déclenchements.

Pareillement, la venue de Jésus, nous, les croyants, nous l’attendons, mais elle sera malgré tout subite et inattendue dans le détail. Chacun sera pris au dépourvu au milieu de ses occupations quotidiennes.

Jésus fait une comparaison avec le temps de Noé et de Lot.

« Ce qui est arrivé à l'époque de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'homme. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé est entré dans l'arche, puis le déluge est venu et les a tous fait mourir. » (v. 26-27)

Noé, ce « prédicateur de la justice » de Dieu (2 P 2.5), avait prévenu ses compatriotes durant 120 ans (Gn 6.3). Rien que de le voir construire une arche sur ordre de Dieu aurait dû leur faire comprendre que l’annonce du déluge n’était pas des paroles en l’air. Rien n’y fit : ils continuèrent à vivre dans l’impénitence et furent surpris par la catastrophe.

« Ce sera comme à l'époque de Lot : les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, construisaient, mais le jour où Lot est sorti de Sodome, une pluie de feu et de soufre est tombée du ciel et les a tous fait mourir. » (v. 28-29)

Les habitants cruels et immoraux à l’extrême des villes de Sodome et Gomorrhe furent aussi surpris par le jugement de Dieu au milieu de leurs activités quotidiennes.

« Il en ira de même le jour où le Fils de l'homme apparaîtra. » (v. 30)

Aussi Jésus conclut-il sa parabole des dix vierges par cette exhortation : « Restez donc vigilants, puisque vous ne savez ni le jour ni l’heure où le Fils de l’homme viendra ! » (Mt 25.13) Il ne s’agit pas de songer continuellement au retour du Christ et de ne plus faire rien d’autre, comme l’ont fait les Thessaloniciens à un moment donné, obligeant l’apôtre Paul à les rappeler à l’ordre pour qu’ils se remettent à vaquer à leurs occupations.

D’ailleurs, « les vierges sages » (Mt 25.1-12) s’étaient aussi endormies, mais elles avaient de l’huile dans leurs lampes, elles étaient prêtes pour rencontrer le marié ; elles avaient foi dans le Sauveur des pécheurs. Parce qu’elles croyaient en Jésus-Christ, « le Royaume de Dieu était au milieu d’elles ». Par la foi elles en faisaient partie (v. 21)

Il ne s’agit donc pas de ne plus penser qu’à la rencontre avec notre Seigneur et Sauveur quand il reviendra – et de négliger nos différents devoirs et responsabilités. Non, il s’agit de rester au contact de l’Evangile pour que le Saint-Esprit puisse nous maintenir dans la foi et nous y fortifier, pour que notre rencontre avec le Seigneur soit une fête et non une catastrophe.

Si Jésus ne nous donne pas de réponse précise à la question : « Quand reviendra-t-il de façon visible ? » il nous répond avec précision à la question : « Où apparaîtra-t-il à la fin des temps ? »

Il y a des sectes qui disent : « Sur la Montagne des Oliviers ! », d’autres : « En Galilée ! » Il y en a même une qui prétend que ce sera à Avignon. Cela voudrait dire que nous aurions à nous rendre près de Jérusalem, en Galilée ou à Avignon pour le rencontrer – encore faudrait-il se mettre d’accord …

Et bien non ! Jésus nous indique ici qu’il ne sert à rien de « dire : 'Il est ici', ou : 'Il est là.' » (v. 21) « On vous dira : 'Il est ici', 'Il est là’. N'y allez pas, n'y courez pas. En effet, tout comme l'éclair resplendit et brille d'une extrémité du ciel à l'autre, ainsi sera le Fils de l'homme dans son jour. » (v. 23-24)

Autrement dit, si jamais il devait revenir de notre vivant, vous le verrez à Châtenay comme au Plessis, en Touraine comme dans le Languedoc, en Eure-et-Loire comme en Alsace ; et si vous êtes en visite dans vos familles, en Lettonie comme au Cameroun, au Brésil comme au Togo, en Côte d’Ivoire comme au Congo, aux Antilles comme à Madagascar.

« Quand il viendra dans sa gloire », entouré de ses « saints anges » (Lc 9.26), « tout œil le verra », tout le monde le verra, où : qu’il soit. (Ap 1.7)

Cela arrivera ainsi à coup sûr. Bien des prophéties se sont déjà accomplies, y compris l’annonce que beaucoup de gens « désireront voir » et savoir quand il reviendra. Ce désir est si fort que certains se mettent même à calculer quand cela sera. Contentons-nous de la certitude : Cela sera.

Et il viendra « pour juger les vivants et les morts » (Symbole apostolique). Rappelez-vous sa comparaison avec « ce qui est arrivé à l’époque de Noé » : du temps de Noé, ceux qui n’ont rien voulu savoir de Dieu et de sa Parole ont péri dans le déluge ; l’infime minorité qui lui a fait confiance a été sauvée par lui.

« Cela arrivera de même au jour du Fils de l’homme. » Nous les croyants – que nous soyons alors en vie ou déjà morts – nous serons pris avec lui dans son Paradis ; les incroyants – là aussi qu’ils soient alors en vie ou déjà morts – seront envoyés dans les souffrances de la damnation éternelle.

Pour un court instant – celui de son Retour et du Jugement Dernier – tous le verront. Mais seuls ceux-la pourront le contempler éternellement dans sa gloire qui auront placé leur foi en lui et en ce qu’il a fait pour nous.

Actuellement, « nous marchons [encore] par la foi et non par la vue » (2 Co 5.7).

Mais réjouissons-nous déjà maintenant du bonheur qui sera le nôtre quand nous le verrons face à face et le côtoierons avec les saints anges et tous les rachetés dans la félicité éternelle !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig



Chants proposés :

Bientôt, pour juger l’univers LlS 319 : 1-4

Bientôt, pour juger l’univers, LlS 319 : 5-7

Lorsque la terre consumée LlS 321 : 1-5

Venez, enfants de Dieu, venez, peuple fidèle, LlS 170 : 1-6

Sermon du dimanche 1er novembre 2009 Toussaint

TOUSSAINT

Texte : Ap 7.9-17

Chants proposés :

Agneau de Dieu, nous te louons LlS 6 : 1-4

Quels accords ! Quels concerts augustes ! LlS 328 : 1-5

Jérusalem ! Cité sainte et bénie, LlS 325 : 1-4

Jérusalem, laisse passer le Roi LlS 162 : 1-3

« Après cela, je regardai et je vis une foule immense que personne ne pouvait compter. C'étaient des hommes de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l'Agneau, habillés de robes blanches, des feuilles de palmiers à la main,

10 et ils criaient d'une voix forte : "Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l'Agneau."

11 Tous les anges qui se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants se prosternèrent, le visage contre terre, devant le trône et ils adorèrent Dieu

12 en disant : "Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, la reconnaissance, l'honneur, la puissance et la force sont à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen !"

13 L'un des anciens prit la parole et me dit : "Ceux qui sont habillés d'une robe blanche, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ?"

14 Je lui répondis : " Mon seigneur, tu le sais." Il me dit alors : "Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l'ont blanchie dans le sang de l'Agneau.

15 C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente.

16 Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur brûlante.

17 En effet, l'Agneau qui est au milieu du trône prendra soin d'eux et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux." »

 

Chers frères et sœurs,

et plus particulièrement ceux d’entre vous

qui avez perdu des proches récemment !

Lorsque nous partons en voyage, nous avons d’habitude un but. Nous avons une idée des lieux ou des régions que nous allons traverser, aussi de ce que nous allons voir et regarder une fois arrivés à destination ; peut-être aussi qui nous allons rencontrer.

Nous essayons de programmer ce que nous allons faire durant notre séjour, par exemple à notre lieu de vacances. Parfois nos plans se réalisent, d’autrefois non, ne serait-ce qu’à cause de la météo. Nous ne sommes pas les maîtres absolus du déroulement de notre vie.

Qu’il est donc bon de savoir que le voyage de notre vie de croyants a été soigneusement préparé par notre Bon Berger. C’est sous sa direction que notre vie se déroule. Lorsque Jésus, notre Bon Berger nous invite à le suivre, il nous conduit par un chemin qui aboutit finalement et avec certitude à notre Paradis céleste.

Aucun de nous n’y a jamais été ; notre Bon Berger si. Et c’est même de là qu’il nous guide vers notre rencontre visible avec lui.

Quant au guide touristique vers l’au-delà, l’ouvrage descriptif de notre merveilleuse destination – et dont l’auteur est Dieu en personne – c’est l’Ecriture Sainte, les textes sacrés, entre autre cette vision de l’apôtre Jean dans le Livre de l’Apocalypse.

Nous sommes encore en voyage, en cours de route. Mais déjà certains des nôtres sont arrivés à destination. La description que l’apôtre Jean nous fait du lieu où nos frères et sœurs décédés dans la foi nous ont précédés – il est vrai, pour l’instant seulement selon l’âme – la description de cette cérémonie solennelle au Paradis, nous laisse entrevoir

CE QUE L’ETERNITE RESERVE

AUX SAINTS

LORSQU’ILS ARRIVENT

BIEN EN VIE AU CIEL.

Nous y serons

1. UNIS,

malgré nos diversités ici-bas,

2. VICTORIEUX,

malgré nos précédentes défaites,

3. A L’ABRI,

après les anxiétés de cette vie.

X X X 1 X X X

Les saint parvenus au ciel sont

UNIS,

malgré leurs diversités ici-bas,

Car divisés, nous le sommes sur terre, et pas seulement en « nations »,tribus », peuples » et « langues » (v. 9).

Les mouvements sociaux dans notre pays, et plus encore les nouvelles alarmantes en provenance de l’étranger, nous font savoir qu’il y a une grande diversité, une criante inégalité des revenus, du niveau de vie, de l’instruction, du développement économique ou du pouvoir d’achat.

Et les tombes de nos cimetières, les décès aussi dans notre entourage, ou les grands malades parmi nos proches ou connaissances montrent qu’il y a aussi une grande diversité entre nous dans les domaines de la santé, de la longévité et de l’espérance de vie.

Le pire, pour un chrétien, ce sont cependant les divisions des chrétiens en de multiples dénominations. Les infidélités et erreurs plus ou moins partielles – mais néanmoins importantes – des uns et des autres rendent ici-bas la communion entre toutes les églises – et l’union dans le culte et l’adoration – impossibles.

Toute autre est l’expérience de nos frères et sœurs défunts. Ils vivent une réalité tout à fait différente au ciel ! Là-bas ils font l’expérience de l’unité et de la communion totales entre tous « ceux qui sont morts en Christ » (1 Th 4.16). Là-bas, dit Jésus, le Bon Berger, « il y aura un seul troupeau »(Jn 10.16).

Sur le plan spirituel, cela est déjà vrai dès ici-bas : nous tous qui plaçons notre foi en Jésus-Christ pour être sauvés, nous formons « la communion des saints » (Symbole apostolique). Mais cela ne se verra qu’au ciel ; cela ne deviendra réalité visible qu’au Paradis. Là-bas, non seulement l’ensemble de ceux qui sont morts dans la foi, mais avec eux aussi « la multitude de l’armée céleste » des anges (Lc 2.13), tous ensemble nous chanterons d’une seule voix les louanges de Dieu, et plus particulièrement du Fils Sauveur.

C’est là l’union la plus profonde et la plus sublime qui soit : l’unité visible dans la communion intime avec Dieu et son Fils, l’unité visible dans le culte et l’adoration communes. Cette unité, atteinte au ciel, fait disparaître toutes les différences qui rendent souvent si difficiles et pénibles les relations entre nous sur terre.

L’analphabète et le savant, le Blanc et l’Africain, le riche et le pauvre, l’employeur et l’employé, le meurtrier repentant et la victime décédée dans la foi, des soldats croyants morts des deux côtés d’un même front, tous adoreront Dieu côte à côte au ciel dans une communion totale.

L’apôtre Jean, auquel Dieu fait la grâce de pouvoir jeter un coup d’œil au ciel, est à la fois impressionné et émerveillé par cette vision. Comment est-ce possible, une telle harmonie entre personnes auparavant si diverses, voire opposées ?

Et il reçoit la réponse : « Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l'ont blanchie dans le sang de l'Agneau. C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. » (v. 14-15a)

Bref, ce sont là

X X X 2 X X X

Les saints parvenus au ciel. Ils sont

VICTORIEUX,

malgré leurs précédentes défaites,

Et cela nous rassure : cette victoire céleste est remportée par d’anciens pécheurs et non pas par des gens parfaits. S’il fallait être parfait pour remporter cette victoire, comment pourrions-nous jamais espérer la remporter ? Et comment pourrions-nous alors être consolés et rassurés après le décès de nos proches morts dans la foi en Jésus-Christ ?

Sans doute sommes-nous, dans cette vie, là pour les autres ; nous nous efforçons d’être serviables envers ceux qui sont dans le besoin et que le Seigneur place sur notre chemin ou sur celui de notre Eglise. Mais cela ne suffit pas pour faire de nous des saints aux yeux de Dieu. « De fait, la personne qui obéit à toute la loi mais qui pèche contre un seul commandement est en faute vis-à-vis de l'ensemble » (Jc 2.10).

Dieu place la barre de ses exigences si haut que personne, absolument personne, ne peut se présenter devant Dieu de façon à être accepté par ses propres mérites. C’est notre grand échec, notre grande défaite.

A cela s’ajoute notre attitude pas souvent exemplaire dans nos diverses épreuves. « C’est à travers beaucoup de difficultés »  petites et grandes – « qu’il nous faut entrer dans le Royaume de Dieu. » (Ac 14.22) Et nous ne sortons pas toujours victorieux de nos épreuves. Parfois nous échouons lamentablement devant les problèmes auxquels Dieu nous confronte.

Ceux que l’apôtre Jean voit autour du trône de Dieu n’ont pas été meilleurs que nous. Eux aussi ont échoué face à certaines épreuves et chuté dans bien des péchés. Eux aussi se sont souillés par le péché de leur vivant. Pourtant, ils en sont sortis victorieux !

C’est que Dieu en personne leur a donné la victoire ; c’est Dieu qui les a arrachés à leur défaite, à leur échec, à leur culpabilité.

Leur existence polluée par le péché, leur justice personnelle « pareille à un habit taché de sang » (Es 64.6), Dieu les a « purifiés » par « le sang de Jésus-Christ, son Fils » (1 Jn 1.7).

C’est parce qu’ils ont placé leur foi dans le pouvoir purificateur du sang de Jésus, que les croyants « ont lavé leur robe, ils l'ont blanchie dans le sang de l'Agneau » (v. 14), dans le sang de Jésus, l’Agneau de Dieu qui s’est immolé pour nous.

Ainsi, Jésus, « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jn 1.29), a expié nos péchés, nous a procuré sa justice en échange et a ainsi réconcilié Dieu avec nous.

Or, écrit Paul, « si Dieu est pour nous » (Rm 8.31), s’il est de notre côté parce que nous nous confions dans la mort expiatoire de son Fils, alors la victoire finale ne peut que nous être assurée, Dieu fait alors « concourir toutes choses à [notre] bien [à nous] qui l’aimons » (Rm 8.28). Toutes nos épreuves, même la mort physique, deviennent alors « un gain » (Ph 1.21). « Dans tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » (Rm 8.37) et qui nous a donné la victoire par son Fils.

Voilà pourquoi ceux qui ont remporté la victoire et sont arrivés au but céleste chantent « debout devant le trône et devant l'Agneau […] d’une voix forte : "Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l'Agneau." » (v. 9-10)

« Le salut », nous le devons à l’amour de Dieu et au sacrifice de son Fils ; c’est à eux que nous devons notre entrée victorieuse au ciel le moment venu.

Ce que les saints chantent au Paradis, c’est aussi ce que nous confessons et espérons ici-bas. Et pourquoi notre chant est-il tellement joyeux ? – Parce que notre victoire ne dépend pas de nous – ce qui la mettrait hors d’atteinte, vu que nous sommes pécheurs – non, notre victoire nous est donnée par Dieu à qui « rien n’est impossible » (Lc 1.37) ; elle nous est donnée par Dieu qui a prouvé son amour efficace envers nous à Golgotha.

Les péchés et les épreuves font partie de ce temps-ci. Ils passeront. Dieu donnera la victoire à tous ceux qui se réfugient dans la foi auprès de son Fils.

Ici, nous rencontrons encore bien des problèmes et des difficultés, chacun de nous connaît le mieux les siens. Mais lorsque nous rejoindrons les saints, ceux qui nous ont précédés, là-bas, au ciel, nous serons définitivement débarrassés de tout ce qui pèse sur nous et nous fait souffrir.

X X X 3 X X X

Les saint parvenus au ciel sont

A L’ABRI,

après leurs anxiétés d’ici-bas.

L’anxiété est à l’opposé de la foi. La foi est faite de confiance en l’intervention et la protection de Jésus. Pourtant, nous faisons parfois cette étrange expérience : il arrive à notre foi de fléchir et de vaciller sous les coups et les tensions de la vie.

Notre texte résume ces expériences pénibles et angoissantes avec les termes « faim […], soif […], soleil […], chaleur » (v. 16). Au Proche-Orient, c’était là les catastrophes extrêmes. Et aujourd’hui, les pays du Sahel, par exemple, sont là pour nous montrer que ces menaces existent toujours.

Qu’est-ce qui nous fait généralement peur ? – Tout ce qui menace notre vie et apporte la mort. On essaye par tous les moyens de repousser aussi loin que possible le moment où il faudra s’engager « dans la sombre vallée de la mort » (Ps 23.4). Avec angoisse on court d’un médecin à l’autre. Combien ne sont que des malades imaginaires tenaillés par la peur de mourir.

Oh ! ne jouons pas les fanfarons hypocrites ! Quelque part, la mort nous angoisse tous, car elle est contre nature. Dieu ne l’a pas programmée dans sa création. Elle y a été introduite par Satan quand celui-ci l’a sabotée par le péché.

Mais Dieu est intervenu en notre faveur en envoyant son Fils Jésus-Christ. Et ce dernier nous a apporté la victoire sur la mort.

La vision que l’apôtre Jean a eue, dans notre texte, la vision de notre vie future au Paradis, nous rassure. Cela nous aide à surmonter la peur de notre mort.

Combien cet autre apôtre – Paul – a-t-il eu raison de confesser : « Christ est ma vie et mourir représente un gain. […] J’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur. » (Ph 1.21+23) La vision du Paradis de notre texte lui donne raison : la mort n’est plus un malheur pour les croyants que Dieu rappelle à lui.

Là-bas, au ciel, Dieu « les abritera sous sa tente » (v. 15) et écartera d’eux définitivement toutes les causes d’angoisse. Il leur dit : « Jamais plus ! » « Ceux qui sont habillés d’une robe blanche […] devant le trône de Dieu, » aucun mal, aucune angoisse « ne les frappera plus ! » (v. 13+15+16) Ce sera la félicité sans ombre que tous les morts en Christ connaissent et que nous connaîtrons plus tard aussi.

Car « l’Agneau qui est au milieu du trône prendra soin d’eux et les conduira aux sources des eaux de la vie. » (v. 17) C’est là comme une médecine ; celle-ci ne guérit pas seulement des maladies, mais de tous les maux. « L’eau de la vie » que Jésus, « l’Agneau de Dieu » (Jn 1.29), nous donne à boire, rend immortel.

« Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (v. 17) – Quand quelqu’un essuie nos larmes, cela n’enlève pas notre chagrin pour autant, et les larmes peuvent se remettre à couler.

Quand « Dieu essuiera toute larme de [nos] yeux, » il s’y prendra autrement : il supprimera toute raison de pleurer ; aussi les larmes cesseront d’elles-mêmes de couler.

Et il le fera définitivement. Il ne nous viendra plus jamais l’idée de pleurer là où notre glorieux Seigneur ressuscité nous fera partager sa félicité sublime et éternelle.

N’attendons pas de mourir pour commencer à vouloir goûter les bienfaits que nous révèle cette vision ! Dans la foi en Christ nous pouvons déjà ici-bas nous trouver affermis

Ø par la communion – pour l’instant invisible – de tous les croyants,

Ø par la victoire que Christ nous fera partager,

Ø et par la sécurité que nous connaissons dès maintenant entre les puissantes mains de Dieu.

Et ce que nous croyons ainsi, les morts en Christ sont en train de le vivre et de le célébrer avec les anges et les archanges.

C’est là notre consolation quand nous sommes dans le deuil. C’est aussi ce qui nous pousse à entonner avec eux ce chant de louange à Dieu : « Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, la reconnaissance, l'honneur, la puissance et la force sont à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen !"

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:45Aucun commentaire:  

MARDI 20 OCTOBRE 2009

Sermon du dimanche 18 octobre 2008 - Jour de l’Evangéliste Luc

Jour de l’Evangéliste Luc 

Texte : Lc 1.1-4

« Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,

d'après ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et qui sont devenus des serviteurs de la parole.

Il m'a donc paru bon à moi aussi, qui me suis soigneusement informé sur toutes ces choses dès l'origine, de te les exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile,

afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. »

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Quand nous célébrons les jours d’apôtres ou d’évangélistes, comme celui de l’évangéliste Luc, aujourd’hui, cela se fait pour la même raison et dans la même intention que lorsque nous célébrons des jours de Marie, celui de l’archange Michel et de tous les anges, ou la Fête de la Réformation.

Il ne s’agit pas de placer Marie, un apôtre ou un évangéliste, un archange ou un réformateur au centre du culte divin. De divin il n’y a que Dieu, et le culte divin ne peut s’adresser qu’à lui seul, on ne peut y célébrer que lui. Nos prières et nos chants s’adressent à lui, et nous ne venons écouter que sa Parole. C’est dans ses sacrements – et non dans ceux d’une église particulière – que nous venons puiser la joie, la paix et de nouvelles forces.

Mais Dieu a toujours à nouveau agi sur le cours des choses en se servant d’anges ou de personnes. Nous profitons de ces fêtes – en particulier des jours d’apôtres ou d’évangélistes – pour remercier Dieu pour ce qu’il nous a montré par ces hommes, pour ce qu’il nous a dit et apporté par eux, bref, pour les bénédictions qu’il a déversés sur nous par leur intermédiaire.

X X X 1 X X X

L’EVANGELISTE LUC,

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur l’instrument divin qu’a étéL’EVANGELISTE LUC. Il est le seul auteur d’« Ecrits sacrés » (2 Tm 3.15) à ne pas avoir été juif, le seul non-Juif à avoir été « poussé par le Saint-Esprit » pour « parler de la part de Dieu » (2 P 1.21), le seul non-Juif à qui Dieu ait verbalement inspiré une portion de l’Ecriture Sainte.

Dieu l’a même utilisé pour écrire deux des livres du Nouveau Testament : le troisième « Evangile » et les « Actes des Apôtres ».

Luc est une figure tout à fait particulière dans la Bible. Il est à la fois un des premiers fruits de la mission parmi les païens et un des derniers auteurs sacrés du Nouveau Testament.

Avant de nous pencher plus précisément sur notre texte – les quatre premiers versets de « l’Evangile selon Luc » – voyons d’abord qui est Luc.

Luc est grec, comme le montre son nom. C’est aussi ce que montre l’élégance de son style en grec, langue originale du Nouveau Testament. Il était médecin. Paul parle aux Colossiens de « Luc, le médecin bien-aimé » (Col 4.14)

Lors du deuxième voyage missionnaire de Paul, l’Evangile prêché par l’apôtre amena Luc à la foi en Jésus-Christ. A partir de là, une forte amitié s’établit entre les deux hommes, et ceci pour toujours.

Luc quitte son cabinet médical à Troas et accompagne Paul pour l’assister dans son ministère. Etait-il d’avis que l’apôtre avait besoin des soins constants d’un médecin, à cause de « l’écharde dans son corps » dont parle l’apôtre ? (2 Co 12.7)

Ou avait-il reconnu que son expérience médicale pourrait être d’une grande aide à l’équipe itinérante autour de Paul, à une époque où la mortalité était beaucoup plus élevée qu’aujourd’hui ?

En tout cas, à partir de là (Ac 16.10), nous trouvons Luc constamment aux côtés de Paul, même quand l’apôtre fut prisonnier à Césarée, puis pendant son voyage à Rome et durant sa captivité dans la capitale de l’Empire.

Il a été l’un des amis les plus intimes et les plus fidèles de l’apôtre Paul. Et c’est dans cette position intime avec l’apôtre que Dieu l’a chargé d’écrire deux livres de la Bible : son « Evangile » et « les Actes des Apôtres », uniques en leur genre dans le Nouveau Testament.

Comment il a pu écrire ces livres, cela Luc nous le raconte dans les premiers versets de son Evangile, le texte lu en introduction, texte que nous allons maintenant regarder de plus près.

X X X 2 X X X

COMMENT LUC EN EST-IL VENU

A ECRIRE SON EVANGILE ?

Luc n’a jamais rencontré Jésus quand ce dernier était visible sur terre. Ce qu’il écrit dans son Evangile, il ne l’a pas vécu lui-même, il n’en est pas un« témoin oculaire ». Aussi s’est-il soigneusement informé parmi « ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et qui sont devenus des serviteurs de la parole ». (v.2)

Il ne faut pas s’imaginer que Dieu ait dit à Luc : « Voilà, tu te mets à ton bureau ; je vais maintenant te dicter la biographie de mon Fils ! » Si l’inspiration verbale était une dictée mécanique, tous les auteurs sacrés de langue hébraïque auraient le même style, et de même pour ceux de langue grecque. Ce qui n’est pas du tout les cas, mais alors pas du tout.

Dieu nous a créés différents. Il a pris à son service des personnes aux tempéraments différents, aux dons différents, aux expériences différentes, aux métiers différents, des personnes aussi différentes par leur culture et leur érudition. Toutes ces diversités, sanctifiées par lui, devaient enrichir sa Parole.

Aussi avons-nous, dans la Bible, des livres, des chapitres ou des versets qui interpellent l’un plus que d’autres, selon nos tempéraments, selon les bons ou mauvais moments que nous traversons en famille, au travail, dans l’église, ou ailleurs.

Bien sûr, Dieu n’a pas abandonné ces prophètes, apôtres et évangélistes à leur tempérament, à leur volonté. Au contraire, « le Saint-Esprit » les a « poussés » et conduits de manière à ce qu’ils utilisent leurs différents talents pour mettre par écrit exactement ce qu’il voulait qu’ils écrivent.

Paul indique : « Nous en parlons, non avec les paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit saint. » (1 Co 2.13)

Luc a été « poussé » et dirigé par Dieu pour qu’il se trouve dans l’entourage de l’apôtre Paul et de ses collaborateurs, pour qu’il puisse ainsi recueillir plein d’informations sur la vie et l’œuvre de Jésus.

A cause de sa culture et de son érudition grecques Dieu a choisi Luc pour composer un « Evangile » et les « Actes des Apôtres » pour le monde et la culture grecs.

Les Grecs – et « Théophile » en était un, ne l’oublions pas ! – les Grecs demandaient des recherches historiques, pour avoir la « certitude » que « l’enseignement reçu » se fondait sur du solide. (v. 4) C’est ainsi que Dieu a pris à son service ce Grec hautement instruit qu’était Luc pour qu’il s’adresse aux non-Juifs après « s’être soigneusement informé sur toutes ces choses dès l'origine ». (v. 3)

Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu avait utilisé des érudits – par ex. Esdras – pour faire des recherches historiques à insérer dans son livre. C’est ainsi que, exactement comme le Saint-Esprit le voulait – nous trouvons dans le livre d’Esdras des édits du roi des Perses en langue araméenne, alors que l’Ancien Testament est écrit en hébreu.

A d’autres Dieu a donné d’avoir des visions. Ce fut le cas, du moins partiellement, d’Esaïe, d’Ezéchiel, de Daniel, de Paul et de Jean. Le langage des visions interpellait particulièrement les Juifs. Mais même nous, quand nous avons compris comment les lire, nous aussi nous puisons alors un grand réconfort de ces écrits visionnaires.

Matthieu, lui, a écrit son Evangile pour les Juif dont la foi se fondait sur les écrits des prophètes. Matthieu devait leur montrer comment « l’Ecriture s’accomplit » en Jésus-Christ. D’où ses nombreuses indications du genre : Cela est arrivé « afin que s’accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète » (Mt 2.15).

Jean, quant à lui, a été plus spécialement chargé de nous rapporter les discours de Jésus.

Luc écrit son Evangile pour le monde païen et souligne particulièrement dans la vie de Jésus ce qui montre qu’il est venu pour le salut du monde entier, pas seulement du monde juif. Ce qui nous amène au dernier point.

X X X 3 X X X

POURQUOI LUC A-T-IL ECRIT

SON EVANGILE ?

Qui est l’« excellent Théophile » pour lequel, « poussé par le Saint-Esprit », Luc a rédigé son Evangile ? – En fait, nous ne savons pas grand chose de plus sur son compte que ce que les deux derniers versets de notre texte nous en disent.

« Théophile » est un nom grec. Il est frappant que Luc lui rende un honneur que les chrétiens ne se rendaient pas entre eux ; il l’appelle « excellent », en fait, « très excellent », car le grec κράτιστε (kratiste) est un superlatif. On s’adressait ainsi aux puissants de ce monde, aux hauts dignitaires de l’Empire. « Théophile » semble donc être un non-Juif occupant une position importante dans l’appareil d’Etat. Pourtant, bien que non-Juif – et cela mérite d’être souligné – il a déjà « reçu les enseignements » concernant Jésus et son œuvre rédemptrice.

Lorsqu’on se penche sur le deuxième livre de Luc dans le Nouveau Testament, le livre des « Actes des Apôtres », on apprend encore un peu plus sur le compte de ce « Théophile ». La Palestine, et même toute la partie orientale de l’Empire romain, lui semblent inconnues, car Luc se voit obligé de donner des informations précises, des explications, à propos des lieux en Palestine et même de lieux importants du monde grec.

Par contre, quand Luc nomme des coins perdus d’Italie, il ne donne aucune précision. Apparemment, « Théophile » était chez lui en Italie et connaissait bien cette péninsule.

Si nous nous rappelons que Luc a passé les deux années de la première captivité de Paul à Rome auprès de l’apôtre, c’est sans doute là qu’il a fait la connaissance de « Théophile », c’est sans doute à cette occasion que« Théophile » a commencé à être instruit dans l’Evangile.

Car « Théophile » n’est pas encore parvenu à la « certitude » du salut. L’enseignement de Jésus l’intéresse, puisqu’il a commencé à se faire instruire. Mais pour clarifier les idées, pour mieux saisir l’histoire biblique dans son déroulement, il serait bon qu’il puisse lire un livre sur la vie et l’œuvre du Christ.

Voilà comment le Saint-Esprit a créé les circonstances favorables pour « pousser » Luc à rédiger son « Evangile » pour le monde païen.

Luc était lui-même un non-Juif ; il pouvait facilement se mettre à la place de« Théophile » et savoir comment il faudrait formuler son écrit pour que celui-ci se sente interpellé. C’est pour cela que le Saint-Esprit a utilisé Luc et son bagage culturel : pour qu’existe finalement cet « Evangile selon Luc » divinement « inspiré » et écrit d’une façon appropriée à des auditeurs non-Juifs.

Luc indique à « Théophile » la raison pour laquelle il a rédigé son « Evangile » : « afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. » (v. 4). En fait, c’est là la raison pour laquelle tous lesEvangiles ont été écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit : pour que nous voyions combien les faits sont historiques, ces faits sur lesquels nous fondons notre salut.

Dieu est vraiment intervenu dans l’Histoire du monde, dans notre histoire, pour lui donner la bonne orientation, la bonne direction. L’humanité courait à sa perte. Nous tous, par nature, nous courions à notre perte parce que la colère de Dieu nous vouait à la damnation éternelle à cause notre état pécheur. Mais le Fils de Dieu est devenu homme, a pris place à nos côtés, pour changer le cours des choses, pour le changer en notre faveur, pour notre salut : il a apaisé la colère que Dieu nous portait et a incliné son cœurs vers nous.

Ce n’est pas là le fruit d’un rêve. C’est la réalité. C’est une partie de l’Histoire du monde, la partie essentielle, d’ailleurs. C’est une « certitude », écrit Luc.

« L’enseignement » concernant Jésus qui nous a sauvés de la damnation éternelle et réconciliés avec Dieu pour l’éternité, cet « enseignement »repose sur des faits certains : la vie et l’œuvre de Jésus à un moment précis de l’Histoire du monde.

Luc – comme Paul l’a aussi fait dans ses épîtres –, Luc pouvait envoyer les sceptiques de son temps vers des centaines de « témoins oculaires » (v. 2).

Et même aujourd’hui, d’un point de vue objectif, historique, il faut reconnaître et admettre que de tous les événements de l’Antiquité, aucun n’est aussi richement documenté que la vie et l’œuvre de Jésus. Pourtant, ces autres faits de l’Antiquité égyptienne, mésopotamienne, perse ou grecque sont enseignés dans les classes sans qu’on les mette en doute.

L’exceptionnelle richesse de documents, dans le cas de la vie et de l’œuvre de Jésus, est une raison de jubiler avec l’apôtre Pierre : « Nous considérons comme d'autant plus certaine la parole des prophètes. Vous faites bien de lui prêter attention comme à une lampe qui brille ! » (2 P 1.19)

Et avec l’apôtre Paul : « Toute l'Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit formé et équipé pour toute oeuvre bonne. » (2 Tm 3.16-17)

Cela vaut pour toute la Bible en général, comme pour « l’Evangile selon Luc » en particulier : Dieu a verbalement inspiré les livres de la Bible « afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. »

Que la Parole de Dieu nous affermisse tous dans la « certitude » de notre salut, et que les écrits divinement inspirés de Luc jettent la « merveilleuse lumière » de notre Sauveur (1 P 2.9) sur nos existences, car « Luc »signifie : « lumière » !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Chant d’Ouverture :

Le Seigneur soit avec nous, Alléluia ! AeC 224 : 1-7

Par les enfants (avant la lecture de l’Evangile) :

Pour retenir tous les livres du N.T. AeC 766 : 1

Chant après le Credo :

Jésus est au milieu de nous AeC 526 : 1-3

Chant après le sermon et la Prière générale :

Loué sois-tu pour ta lumière AeC 275 : 1-5

Sermon du dimanche 11 octobre 2009 - 18ème dimanche après Trinité

 

Texte : Mc 12.28-34

28 « Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda : "Quel est le premier de tous les commandements ?"

29 Jésus répondit : "Voici le premier : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur,

30 et : ‘Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.’

31 Voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là."

32 Le scribe lui dit : "Bien, maître ; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu'il n'y en a point d'autre que lui,

33 et que l'aimer de tout son coeur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices."

34 Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit : "Tu n'es pas loin du royaume de Dieu." Et personne n'osa plus lui proposer des questions. »

Chers frères et sœurs,

membres du « Royaume de Dieu » !

« Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ! » (v. 34) Cette phrase a dû faire l’effet d’un coup de tonnerre sur ce « scribe », ce spécialiste des écrits des prophètes. « Tu n’es pas loin … » mais dedans ? Non, tu n’es, malgré tout, pas dans « le Royaume de Dieu » !

C’est un peu comme celui qui voulait réussir un examen et qui est resté un point en dessous de la note minimale requise. Ou le chômeur qui a passé toute une série de tests et d’entretiens mais est recalé au dernier entretien.

Ou le sportif qui a battu ses adversaires en 32ème, puis en 16ème, en 8ème, en quart et en demi-finale, pour échouer en finale.

Ou plus prosaïquement : vous avez acheté un meuble en kit ; vous avez commencé à le monter, et à la dernière étape vous remarquez qu’à un moment donné vous vous êtes trompé et qu’arrivé presque au bout, vous devez tout redémonter.

Le candidat à l’examen, le chômeur, le sportif, le bricoleur y étaient presque parvenus, mais ils n’y sont quand même pas parvenus.

Dans leurs cas, on sait ce qui leur a manqué, mais dans celui du scribe, qu’est-ce qui lui manquait pour qu’il ne soit dans « le Royaume de Dieu », lui, le théologien de l’Ancien Testament ?

Car cela pourrait faire peur. Et moi alors ? Si ce pasteur de l’Eglise de l’Ancienne Alliance n’était pas dans « le Royaume de Dieu », se pourrait-il que je n’y sois pas non plus ?

Chers amis, c’est pour clarifier cette question et, comme je l’espère, vous rassurer que nous allons nous pencher sur cette question.

1. Qu’est-ce qui rapproche du

« ROYAUME DE DIEU »

sans y faire entrer ?

2. Qu’est-ce qui fait entrer dans

« LE ROYAUME DE DIEU » ?

X X X 1 X X X

QU’EST-CE QUI RAPPROCHE

DU « ROYAUME DE DIEU »

SANS Y FAIRE ENTRER ?

Qu’est-ce qui amène Jésus à dire à ce scribe qu’il est proche du « Royaume de Dieu », mais pas dedans, alors qu’il est tombé d’accord avec Jésus, alors qu’il a approuvé ce que Jésus a dit ?

Au fait, de quoi Jésus parle-t-il précisément ? Il a répondu à une question précise du scribe. Ils n’ont abordé qu’une vérité parmi d’autres de la Parole de Dieu.

Notre entretien entre Jésus et le scribe vient après plusieurs tentatives de « quelques pharisiens et hérodiens […] de prendre Jésus au piège de ses propres paroles » (Mc 12.13). Ils lui avaient demandé : « Est-il permis ou non de payer l’impôt à l’empereur ? » A quoi Jésus avait répondu : « Rendez à l’empereur ce qui est à l’empereur, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mc 12.14-17)

Et là, comme souvent, l’émulation entre rivaux – pharisiens et sadducéens – trouve un bon terrain d’exercice. Comme le piège des pharisiens n’a pas fonctionné, « les sadducéens » prennent la relève avec une question – malhonnête de leur part, parce qu’ils ne croyaient pas à la résurrection ! – : De qui une femme qui a eu successivement sept maris sera-t-elle l’épouse au ciel ? Jésus répond qu’ils étaient « complètement dans l’erreur » et « ne connaissaient ni les Ecritures ni la puissance de Dieu. En effet, à la résurrection les hommes et les femmes ne se marieront pas, mais ils seront comme les anges dans le ciel. » (Mc 12.18-27) Ce piège non plus n’a pas fonctionné.

Et c’est là qu’intervient « un des scribes qui les avait entendus discuter »et qui avait « vu que Jésus avait bien répondu. » « Il s’approcha et demanda [à Jésus] : "Quel est le premier de tous les commandements ?» (v. 28) Il se rabat sur la Loi que Dieu a donnée par écrit aux hommes par l’intermédiaire de Moïse, les Dix Commandements.

Jésus et le scribe sont d’accord sur le résumé des deux Tables de la Loi. Voici comment Jésus résume la 1ère Table, les 3 premiers Commandements (ceux qui parlent de nos devoirs envers Dieu) : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force ! » (v. 30)

Et voici comment il résume les sept autres Commandements, ceux qui parlent de nos devoirs entre nous : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » (v. 31)

Le scribe reconnaît qu’il est entièrement d’accord avec Jésus. Alors pourquoi n’est-il que proche « du Royaume de Dieu », mais pas dedans ?

Parce que ce pauvre homme n’est d’accord que sur un point ; il ne connaît que la Loi. Lui aussi fait sans doute partie de ceux qui « ne connaissent pas la puissance de Dieu » (Mc 12.24), cette puissance du Messie qui va terrasser le péché, la mort et l’enfer, nous réconcilier avec Dieu et nous obtenir son pardon et son salut.

Ce scribe ne parle que de la Loi. Apparemment, il n’a pas découvert l’Evangile dans l’Ancien Testament, il n’a pas vu ce fil doré, ce fil conducteur, cette guirlande de prophéties messianiques qui traverse tout l’Ancien Testament.

Or ce n’est que par la foi en ce Sauveur qu’on est arraché aux flots de la damnation et hissé en sécurité dans la barque du « Royaume de Dieu ».

Tant que ce scribe se préoccupera exclusivement de la Loi de Dieu et de ses commandements, il n’arrivera pas à être en règle avec Dieu, car les Commandements exigent la perfection, une observation de la Loi « de tout cœur », pas d’un cœur mitigé, « de toute [notre] âme », complètement, entièrement, totalement, « et de toute [notre] force », sans qu’il n’y ait jamais de relâchement. Autrement dit, en raison de notre péché, c’est une cause perdue d’avance. Ce n’est pas ainsi qu’on sera reçu dans « le Royaume de Dieu ».

Quand j’entends à la télévision dire que l’essence du christianisme – il y a même un acteur qui dit qu’il est devenu protestant à cause de cela – c’est l’amour du prochain, ça m’attriste, car eux non plus « ne connaissent pas les Ecritures ni la puissance de Dieu » (Mc 12.24). Ils n’ont pas découvert« la substantifique moelle » (Rabelais) de la révélation divine. Ils en connaissent un pan, mais pas l’essentiel.

Ils ne sont « pas loin du Royaume de Dieu », mais si c’est là vraiment toute leur position, ils en sont encore exclus.

Il faut vraiment « éprouver les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu » (1 Jn 4.1). Il ne suffit pas que quelqu’un approuve la morale chrétienne développée dans la Loi de Dieu pour qu’il soit nécessairement un chrétien. Il y a des athées, des musulmans, des juifs qui développent aussi un haut niveau de moralité.

C’est que Dieu a fait en sorte que « la Loi soit écrite dans les cœurs » de tous les hommes (Rm 2.15). Certains en ont une connaissance plus aigue que d’autres ; ils sont plus sensibles à l’éthique chrétienne.

Ceux qui ne veulent pas de sa Loi et qui la transgressent allègrement, Jésus dit d’eux qu’ils sont très éloignés de son Royaume. Ceux, par contre qui connaissent sa Loi et essayent de s’y conformer, ne sont « pas loin du Royaume de Dieu », car la Loi nous prépare pour être réceptifs à l’Evangile.

Quelqu’un qui prend la Loi de Dieu au sérieux, quelqu’un qui s’efforce honnêtement d’« aimer son prochain comme lui-même », se rend bien compte qu’il ne parvient pas à y être parfait.

Et s’il s’efforce honnêtement d’« aimer […] Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa pensée, et de toute sa force, » il reconnaîtra aussi qu’il est loin d’y parvenir, loin de remplir les exigences de Dieu dans sa sainte Loi.

Reconnaître qu’on n’y arrive pas, reconnaître qu’on est pécheur et qu’on mérite donc la colère de Dieu, reconnaître qu’on n’arrive pas à se mériter l’entrée dans « le Royaume de Dieu », c’est la bonne disposition d’esprit pour prêter une oreille attentive à

X X X 2 X X X

CE QUI FAIT ENTRER DANS LE

« ROYAUME DE DIEU ».

Les scribe, ainsi que toutes les personnes présentent, entendent avec stupéfaction cette constatation du Christ : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ! » …et puis … plus rien, pas d’explication.

Jésus était-il avare de paroles ? – Oh, que non ! Les quatre Evangiles sont remplis de ses enseignements, de ses prédications et de ses entretiens. Le scribe n’avait posé que cette question-là : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Si Jésus s’est cantonné à y répondre, c’est qu’il veut les inciter à réfléchir à ses paroles qui les ont tant impressionnés : Comment se fait-il que ce scribe ne soit pas dans « le Royaume de Dieu » ?

Ceux qui pensent – et ils sont malheureusement nombreux ! – que, parce qu’ils mènent une vie honorable, Dieu doit les accepter dans son Royaume, devraient réfléchir à ce que Jésus a dit au scribe. Ça les concerne aussi : Si tu te bases sur l’honorabilité de ta vie pour conclure que tu fais partie du« Royaume de Dieu », tu te trompes. « Tu n’en es pas loin », alors, mais tu n’en fais alors toujours pas partie.

Sans doute Jésus voulait-il aussi éveiller la curiosité de ses auditeurs. Cela devait les inciter à continuer à venir l’écouter pour entendre le fin mot de l’histoire.

Et, effectivement, en venant l’écouter, ils pouvaient entendre la réponse à leur question. Jésus a beaucoup « proclamé la bonne nouvelle du Royaume de Dieu » (Mc 1.14). Il l’a fait, entre autre, à l’aide de paraboles ; toute une série d’entre elles parlent du « Royaume de Dieu » : la parabole du semeur, celle de la semence qui germe pendant que le semeur dort, celle du grain de moutarde, etc.

Et dès le premier chapitre de notre Evangile, celui de Marc, Jésus prêche « le Royaume de Dieu » en des termes qui rappellent notre texte, et là-bas, il s’explique : « Le moment est arrivé et le Royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ! » (Mc 1.15)

« Le Royaume de Dieu est proche », il est proche de chaque personne qui entre en contact avec « la Bonne Nouvelle ». « Le Royaume de Dieu » est à portée de main de quelqu’un quand « la Bonne Nouvelle » – l’Evangile – du salut en Jésus-Christ lui est annoncée.

Si tu « te repens » de ne pas « être parfait comme notre Père céleste est parfait » (Mt 5.48), si tu es attristé d’attrister Dieu par tes péchés, et si tu t’appropries à bras-le-corps avec foi les merveilleuses promesses de l’Evangile, alors tu fais partie du « Royaume de Dieu ».

Toi qui « crois à l’Evangile », toi qui crois dans ce que Jésus a fait pour expier ton péché et te réconcilier avec Dieu, toi qui t’en remets avec foi au seul et unique Sauveur, sois assuré : tu es sauvé, sois sûr et certain : Jésus t’a racheté par son sacrifice, il t’a arraché au royaume des ténèbres et placé dans son Royaume des sauvés.

« Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ! »

Le scribe connaissait la Loi. L’histoire ne nous dit pas s’il reconnaissait que la Loi le condamnait. Sans doute. Mais il ne « croyait » pas encore « à la Bonne Nouvelle », à l’Evangile, il ne plaçait pas encore sa foi dans le Sauveur que Dieu lui avait pourtant annoncé dans l’Ancien Testament déjà. Voilà pourquoi il était, certes, « pas loin du Royaume de Dieu », mais quand même pas dedans.

Mais toi, à qui la grâce a été faite d’avoir été « appelé par l’Evangile » (2 Th 2.14) ; « appelé des ténèbres à sa merveilleuse lumière » dans son Royaume (1 P 2.9), réjouis-toi de la grâce dans laquelle tu vis, demeure au contact de cet Evangile du Christ, et honore-le par une vie de repentance et de foi de tous les jours, ce qui caractérise les membres du « Royaume de Dieu » !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Rendez à Dieu l’honneur suprême LlS 14 : 1-3+7

Sur la terre, Seigneur, est-il un homme juste LlS 225 : 1-6

Je t’aime, ô Dieu, de tout mon cœur, LlS 245 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 22:07Aucun commentaire:  

LUNDI 7 SEPTEMBRE 2009

Sermon du dimanche 06 septembre 2009 - Culte de rentrée

Culte de RENTREE

CONSECRATION DES DIACRES

Noëlle Boisnault (Le Plessis-Robinson)

Lolita Natter (Parçay-Meslay)

René Nlomo (Argenteuil)

Mlle Ludwig (Châtenay-Malabry)

Texte : 1 P 4.10-11

10 « Comme de bons intendants des diverses grâces de Dieu, mettez chacun au service des autres le don que vous avez reçu.

11 Si quelqu’un parle, qu’il annonce les paroles révélées de Dieu ; si quelqu’un accomplit un service, qu’il le fasse avec la force que Dieu communique, afin qu’en tout Dieu reçoive la gloire qui lui est due à travers Jésus-Christ. C’est à lui qu’appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen ! »

Chers frères et sœurs,

comblés « des dons de la grâce »,

et établis

« intendants des diverses grâces de Dieu » !

Quand notre Seigneur voulait souligner l’importance d’une affirmation, il la commençait par : « Ἀμὴν ἀμὴν λέγω ὑμῖν » (« En vérité, en vérité, je vous le dis ! », Jn 1.51).

Pierre procède un peu pareil avec nos deux versets. Sauf qu’il ne les introduit pas avec « amen », mais il les conclue par « Amen ! »pour en souligner l’importance.

Nous, nous avons plutôt l’habitude de procéder comme Pierre, en mettant « amen » à la fin, et non au début comme Jésus. Peut-être parce que Jésus savait ce qu’il allait dire, alors que nous, nous attendons d’avoir entendu une prière ou une promesse avant de la faire nôtre par « amen », avant d’indiquer – comme Luther explique ce mot dans le « Petit Catéchisme » – : « Oui, il en est (ou sera) ainsi ! »

Eh bien, je vous propose de placer aujourd’hui « amen » au début : au début de notre nouvelle année d’activités, au début aussi du ministère de nos quatre nouveaux diacres. Je vous propose de placer « amen » au début, non pas parce que nous saurions déjà tout ce que le Seigneur va nous faire vivre et faire au cours de cette nouvelle année d’activités, pas davantage parce que nos quatre diacres et nous-mêmes saurions déjà quelles seront les opportunités de servir et leurs fruits – contrairement à Jésus, nous ne connaissons pas l’avenir dans le détail –.

Non, nous allons placer « amen » au début, parce que nous vivons par la foi, et que, confiants dans la bonté et la fidélité du Seigneur de l’Eglise, nous pouvons nous engager dans cette nouvelle étape en approuvant à l’avance l’action de Dieu dans notre paroisse, ainsi que les dispositions qu’il révèle dans notre texte à ce sujet.

L’EGLISE, UNE COMMUNAUTE

1. où chacun est attentif aux besoins multiples et variés de tous et de chacun,

2. où l’on met ses talents au service de l’Eglise,

3. où l’on sert avec la force que Dieu communique,

4. où l’on vise la gloire de Dieu.

X X X 1 X X X

L’Eglise est une communauté où

CHACUN EST ATTENTIF

AUX BESOINS MUTLIPLES ET VARIÉS

DE TOUS ET DE CHACUN.

Pierre nous demande d’être « des bons intendants » (v. 10). Que faut-il en premier lieu pour être un « bon intendant » ?

La première chose qui nous vient à l’esprit est sans doute : être un bon gestionnaire. Faux. Certes, il faut savoir gérer les biens qu’on a à sa disposition. Mais gérer selon quel critère, dans quel but, dans l’intérêt de qui ?

Pour répondre à ces questions, il faut être ce qui était le sens premier du mot « intendant » : il faut « être attentif à », attentif aux besoins réels des gens, il faut avoir une fibre pour les besoins réels et non pas gérer selon une idée préconçue.

N’est-ce pas ce qui fait parfois capoter les politiques ? Quand ils agissent selon une idéologie politique de parti qui ne colle pas ou plus aux besoins réels des individus.

Quand Pierre nous demande d’être « de bons intendants », il nous demande d’abord d’« être attentifs aux » besoins de l’Eglise et de sa mission.

Or c’est là que nous avons aussi, parfois, nos problèmes. Parfois nous ne voyons pas les besoins, parce que nous n’y avons pas regardé d’assez près. Bref, nous ne voyons rien, par négligence.

Ou nous ne les voyons pas, ces besoins de l’Eglise, parce que nous avons une idée toute arrêtée que nous voulons plaquer sur la réalité, alors que nous vivons dans un rêve.

Ou encore, nous évitons de regarder de trop près, de peur de découvrir où nous devrions mettre la main à la pâte, ce qui nous priverait partiellement de nos bonnes vieilles habitudes ou nous obligerait de changer quelque peu notre façon de vivre.

Mais nous sommes aussi une communauté dans ce sens qu’on peut parler des besoins de l’Eglise, de sa mission et de ses membres. Les études bibliques peuvent servir à cela, les assemblées paroissiales aussi, comme les repas et après-midi paroissiaux. Bref, quand nous nous retrouvons ensemble, rendons-nous mutuellement attentifs aux besoins réels de la paroisse !

Il faut savoir que celui qui est assis à côté de moi sur le banc n’a peut-être pas les mêmes besoins que moi. Autant nos talents sont « divers » et variés (v. 10), autant le sont aussi les besoins et les attentes des différents paroissiens.

Oh ! certes, nous avons tous besoin d’être fortifiés dans une vie quotidienne de repentance et de foi en notre Seigneur et Sauveur pour y persévérer jusqu’à notre entrée dans la félicité éternelle. Nous avons tous besoin d’être constamment nourris et fortifiés par l’Evangile du Christ dans la Parole et les sacrements.

Mais nos origines, nos âges, nos sensibilités, nos situations familiales, nos connaissances bibliques, nos santés, nos formations, nos exigences professionnelles, nos joies et réussites, mais aussi nos échecs et problèmes, et j’en passe … tout cela est différent de l’un à l’autre.

« Comme de bons intendants », il faut que nous soyons attentifs aux besoins divers que cela suscite chez les uns et les autres, il faut que nous réfléchissions à la meilleure façon d’adapter l’administration des moyens de grâce – la Parole et les sacrements – à nos situations si diverses.

Si nous avons compris qu’être un « bon intendant », c’est d’abord regarder de près les besoins des gens, nous comprendrons aussi que

X X X 2 X X X

L’Eglise est une communauté où

L’ON MET SES TALENTS

AU SERVICE DE L’EGLISE.

Parfois nous sommes tentés de dire : « Je ne suis pas doué ! » Faux. Bien entendu que je n’ai pas tous les dons, et ceux que j’ai ne sont pas développés pareillement.

Pierre nous dit ici – et il ne s’adresse pas seulement aux pasteurs ou aux diacres, mais à tous les chrétiens, à tous les paroissiens – :« Comme de bons intendants des diverses grâces de Dieu, mettez chacun au service des autres le don que vous avez reçu. » (v. 10)

Nous en avons donc, des « dons de la grâce », mot à mot : « des charismes », des talents, des qualités, des aptitudes que Dieu nous a procurés dans sa grâce.

Parfois, nous avons un complexe d’infériorité par rapport à d’autres, nous nous sentons inutiles, en tout cas moins utiles qu’eux.

Peut-être que cela vient tout simplement du fait que nous nous comparons à d’autres au lieu de voir l’Eglise dans sa totalité et sa multiplicité. « Les grâces de Dieu », les talents, sont diversement répartis entre nous, non pas pour que nous nous comparions et nous classions en plus ou moins importants, non pas pour que nous ayons, selon le cas, un complexe de supériorité ou d’infériorité – Dieu nous en préserve, et si cela arrive, qu’il nous pardonne pour l’amour de son Fils ! – non, Dieu a procédé à cette répartition pour que nous soyons complémentaires.

Rappelez-vous la belle illustration du corps avec ses différents organes, illustration développée par Paul dans la « 1ère Epître aux Corinthiens ». Il y écrit entre autre : « Il y a diversité de dons […] A chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. […] Il y a une multitude de parties et un seul corps. » (1 Co 12.4-28)

Pierre ne dit rien d’autre. Mais, en plus, il devient personnel, s’adressant à « chacun » de nous en particulier, à toi aussi : « Mettez chacun » – toi, moi, lui, elle, « chacun »  « mettez chacun au service des autres le don que vous avez reçu. »

Ne dis pas que tu n’en a pas « reçus » ! Inspiré par le Saint-Esprit, Pierre t’assure du contraire. Et rappelle-toi, nous avons dit à l’avance « amen » à tout ce que Dieu nous dira, entre autre dans le texte d’aujourd’hui, tellement nous lui faisons confiance.

Tout le monde ne joue pas d’un instrument de musique, mais tout le monde n’est pas non plus adroit en maçonnerie, plomberie ou autres travaux d’entretien. Tu es peut-être plus doué pour instruire des enfants, un autre davantage pour rendre visite aux éprouvés, un troisième a une connaissance biblique plus développée pour en faire profiter les études bibliques ou les éditions de l’église. L’un est mieux doté pour soutenir financièrement le travail de l’église, un autre a le don de conduire des cultes.

Je pourrais continuer à l’infini, d’autant qu’on a souvent reçu de Dieu plus d’un talent, on a souvent été béni dans plusieurs domaines. Le mieux, c’est de te pencher sur les besoins de la paroisse et de te demander dans quel domaine tu pourrais « mettre au service des autres les dons que tu as reçus ».

Nous nous réjouissons aujourd’hui particulièrement – et en rendons grâces à Dieu ! – de ce que, « pressés par l’amour du Christ » (2 Co 5.14), René, Noëlle, Marjolaine et Lolita – après Gentiane, mais aussi Dominique à Troyes – aient accepté de « servir » l’Eglise avec les dons divers qu’ils ont « reçus de Dieu ». Ce faisant, il répondent à l’exhortation de Pierre d’une façon particulière.

Notre texte ne contient pas le nom « diacre », mais il contient en grec le verbe « διακονοῦντες » (diakonountes) qu’on pourrait rendre par « diaconner ». Mais ce verbe n’existe pas en français. On l’a donc traduit par « rendre service ». Etre diacre, c’est « rendre service » dans un ministère particulier confié par l’Eglise.

Et nous les en remercions du fond du cœur, comme nous remercions tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, « rendent service » avec les dons qui sont les leurs pour que l’Eglise puisse accomplir la mission que son Seigneur lui a confiée.

Pour surmonter les hésitations à mettre la main à la pâte, il faut se rappeler que



X X X 3 X X X

L’Eglise est une communauté où

L’ON SERT AVEC LA FORCE

QUE DIEU COMMUNIQUE.

Il ne suffit pas d’avoir découvert « les dons reçus de Dieu », encore faut-il être convaincu qu’on est en mesure de les « mettre au service des autres ». Aurai-je le temps ? La vie de famille ne va-t-elle pas en pâtir ? Ma santé me permettra-t-elle de le faire longtemps ? L’évolution du marché du travail me permettra-elle de continuer à soutenir financièrement l’Eglise comme je le fais ?

Sachez : « A l’impossible nul n’est tenu ! » Pierre ne connaissait pas ce proverbe français, et pour cause : la langue française n’existait pas encore. Mais il avait entendu Jésus dire qu’il y avait des choses qu’il nous est « impossible » de faire (Mt 19.26 ; Lc 18.27)

Votre engagement dans la paroisse, que ce soit en tant que diacre ou pour rendre d’autres services, vous le faites en tant que bénévoles, donc sur le temps libre que le Seigneur vous accorde.

Vous le faites selon ce que votre santé, votre vie familiale et professionnelle, vous permettent de faire. Cela peut changer d’une année à l’autre, nous le savons, Pierre aussi, qui précise : « Si quelqu’un accomplit un service, qu’il le fasse avec la force que Dieu communique » (v. 11).

Il ne faut pas vouloir forcer la main à Dieu et vouloir faire plus que ce que « la force qu’il nous a communiquée » ne nous permet de faire. Ce serait être présomptueux.

Mais il ne faut pas non plus manquer de foi en Dieu et ne pas recourir à « la force qu’il communique ». Ce serait de l’ingratitude pour ce qu’il nous a accordé. Ce serait négliger une « force » que Dieu met à notre disposition. Ce serait aussi de l’indifférence vis-à-vis de la volonté de Dieu de nous voir agir en « bons intendants[…] des dons reçus ».

On a coutume de dire : Là où Dieu met en face d’une tâche il donne aussi les moyens de la remplir. Au lieu de dire : « Je ne peux pas ! », appuyons-nous plutôt sur « la force que Dieu communique », et tant qu’il nous la communique, employons-là à son service et au service de son Eglise.

Nous pourrons toujours arrêter ou réduire notre service quand Dieu nous donnera moins de force, moins de temps, moins de moyens financiers, bref, moins de ce qu’il nous faut pour le servir.

N’oublions pas qu’en dernier ressort,

X X X 4 X X X

L’Eglise est une communauté où

L’ON VISE LA GLOIRE DE DIEU.

Pierre le dit ainsi : « Qu’en tout, Dieu reçoive la gloire qui lui est due à travers Jésus-Christ. C’est à lui qu’appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen ! » (v. 11)

Que « la gloire et la puissance appartiennent » à Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, nul ne le remet en question… théoriquement. Il reste que nos attitudes personnelles et nos activités paroissiales doivent aussi l’attester concrètement.

L’Eglise n’a pas de place pour l’autoglorification. Les « services »que nous rendons en « bons intendants des diverses grâces de Dieu » doivent mettre les paroissiens en relation avec leur Dieu Sauveur et non nous mettre en valeur nous.

Ce n’est pas nous, « les intendants », qui devons nous mettre en valeur. Ce qui doit l’être, c’est « la gloire de Dieu » telle qu’elle se voit le mieux « à travers Jésus-Christ », à travers ce qu’il a fait de grandiose pour nous sauver.

Aussi le but ultime de tout ce que nous rendons comme « service » dans l’Eglise, c’est de favoriser l’annonce de l’Evangile et l’administration des sacrements auprès des jeunes comme des vieux, des malades comme des personnes en bonne santé, auprès des éprouvés comme de ceux qui éclatent de joie, auprès de ceux qui ont peu de connaissance comme de ceux qui en ont beaucoup, auprès des gens du dehors qui ne connaissent pas encore leur Sauveur, comme de nous qui, Dieu merci ! avons déjà été conduits à lui.

Le but, ce n’est pas d’être pasteur, conseiller presbytéral ou diacre, mais « que les paroles révélées de Dieu » soient « annoncées »fidèlement (v. 11) et selon les besoins des gens.

Le but, ce n’est pas d’être trésorier, monitrice d’école du dimanche, femme de ménage, jardinier ou réparateur attitré de la paroisse, mais d’aider à ce « que les paroles révélées de Dieu » soient « annoncées » dans les meilleures conditions possible.

En fait, avec la nouvelle année d’activités dans laquelle nous entrons aujourd’hui, aussi avec les ministères de diacres évangélistes dans lesquels vous avez été prêts à vous laisser appeler, nous et vous, les nouveaux diacres, nous ne voulons qu’attirer l’attention de tout le monde sur celui « à qui appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ».

En nous … « diaconnant » les uns les autres, en nous rendant mutuellement service dans l’Eglise, nous voulons mieux faire resplendir « la gloire de Dieu » à laquelle il nous fait participer, à laquelle nous aimerions aussi faire participer d’autres.

Que le Seigneur bénisse et fasse prospérer notre service à nous tous, et votre ministère de diacres évangélistes en particulier ! Qu’il nous donne à tous, et particulièrement à vous dans vos nouvelles fonctions son Saint‑Esprit, « l'Esprit de sagesse et de discernement, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel ! » (Es 11.2)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 16 aout 2009 - 10 ème dimanche après la Trinité

Texte : Ex 19.1-6

« Le jour même du troisième mois après leur sortie d'Egypte, les Israélites arrivèrent au désert du Sinaï.

Partis de Rephidim, ils arrivèrent au désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, vis-à-vis de la montagne.

Moïse monta vers Dieu et l'Eternel l'appela du haut de la montagne en annonçant : "Voici ce que tu diras à la famille de Jacob, ce que tu communiqueras aux Israélites :

'Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte et la façon dont je vous ai portés sur des ailes d'aigle et amenés vers moi.

Maintenant, si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez personnellement parmi tous les peuples, car toute la terre m'appartient.

Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte.' Voilà les paroles que tu diras aux Israélites." »



 

Chers frères et sœurs, qui êtes pour Dieu « un royaume de prêtres et une nation sainte » !

Commençons par bien situer l’événement rapporté dans notre texte. Le peuple d’Israël avait passé 430 années en Egypte. Au début – près de 3 siècles et demi – ils y avaient connu le bonheur et la prospérité, mais les 100 dernières années, ils avaient été réduits en esclavage par les Egyptiens.

Dieu a eu pitié d’eux et s’est servi de Moïse pour les délivrer de cette terrible servitude. Après bien des tergiversations, pharaon (le roi d’Egypte) a été brisé par les interventions répétées de Dieu et a laissé partir les Israélites.

Mais il a rapidement regretté sa décision de se priver du service de ces nombreux esclaves, il a changé d’avis et les a poursuivis. Le peuple d’Israël était acculé à un bras de la Mer Rouge. C’est là que Dieu est encore intervenu avec puissance en ouvrant un chemin pour faire passer la mer à pied sec aux Israélites, avant de refermer la mer sur les poursuivants. Ce n’était que le début d’une série de miracles par lesquels Dieu allait leur venir en aide au cours des 40 années dans le désert.

Ils n’étaient pas encore sortis d’Egypte depuis trois mois, mais dans ce cours laps de temps Dieu était déjà intervenu à diverses reprises pour les bénir et les aider : il avait commencé à leur envoyer de la manne et des cailles à manger, il avait fait jaillir de l’eau d’un rocher à Horeb, et leur avait donné la victoire sur les Amalécites qui les avaient attaqués. C’est après cette attaque et la visite du beau-père de Moïse que se situe notre récit.

« Le jour même du troisième mois après leur sortie d'Egypte, les Israélites arrivèrent au désert du Sinaï. Partis de Rephidim, ils arrivèrent au désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, vis-à-vis de la montagne. Moïse monta vers Dieu et l'Eternel l'appela du haut de la montagne. » (v. 1-3)

Comme souvent – comme toujours ? – c’est Dieu qui prend les initiatives en faveur des siens.

NOTRE DIEU

se présente ici comme

1. le Maître de l’univers,

2. le Maître de l’histoire,

3. l’Allié des croyants,

4. le Commanditaire d’une mission mondiale.



X X X 1 X X X

 

Notre Dieu se présente comme

le Maître de l’univers.

Trop souvent, l’homme est tenté de se prendre, lui, pour le maître de l’univers. Surtout en ce moment où on projette de nouveau de prendre pied sur la lune, et même, vers 2050, sur la planète Mars.

L’homme se voit conquérant sans limitation. Du moins ceux-là le pensent-ils qui ne connaissent pas bien les réalités de l’univers. Il est frappant, quand on entend les grands savants intervenir dans les médias, de voir combien ils sont humbles et essayent de ramener les journalistes et les auditeurs à plus de réalisme.

Eux se coltinent avec les difficultés et la complexité de l’univers. Ils se heurtent chaque jour à de nouveaux problèmes qu’ils n’avaient pas imaginés. L’homme est vraiment loin d’être le maître de l’univers.

Tenez, il a déjà du mal à rester maître chez lui, sur terre. Il a déjà du mal à maintenir des conditions de vie normales là où il y en avait et à développer un cadre de vie favorable là où il n’existe plus.

Si l’homme était maître chez lui, sur terre, cela ferait belle lurette qu’il aurait fait reculer, voire disparaître, les déserts en les remplaçant progressivement par des paysages verdoyants. Cela ferait belle lurette qu’il aurait fait jaillir des sources là où on manque d’eau – comme Dieu l’a fait à Horeb, peu après la sortie d’Egypte – ou de permettre à tous de produire la nourriture dont ils ont besoin – comme Dieu l’a fait en procurant des cailles et de la manne durant 40 ans aux Israélites dans le désert.

Non, ce n’est pas l’homme qui est maître du monde, c’est Dieu. Il le dit d’ailleurs clairement en s’adressant ici au peuple d’Israël : « Toute la terre m’appartient. » (v. 5)

Elle lui appartient parce qu’il en est le Créateur ; c’est lui qui l’a faite avec toutes ses merveilles, que ce soit dans l’infiniment petit ou dans l’infiniment grand, dans ce qui nous est utile comme dans ce qui fait notre agrément.

Qu’elle lui appartient, cela se voit aussi au fait qu’il en connaît tous les rouages et qu’il peut intervenir sur le cours des choses pour faire des miracles.

Et elle lui appartient toujours, même si l’homme se comporte aujourd’hui avec la création comme s’il n’avait pas de comptes à rendre à son divin propriétaire.

Mais Dieu ne nous rappelle pas que « toute la terre lui appartient » pour que nous tremblions sous sa dépendance. Il rappelle qu’il en est le propriétaire pour nous encourager à nous tourner vers lui pour pouvoir profiter de ses libéralités.

Certes, au chapitre suivant, il donnera aussi « les Dix Commandements »à son peuple (Ex 20.1-17), puis toute une série de règles et de lois pour organiser leur vie religieuse et politique. Mais il commence par se présenter comme le Dieu de la promesse et du salut, comme le Dieu qui intervient pour le bien des siens dans le cours des choses :

X X X 2 X X X

Notre Dieu se présente comme

le Maître de l’Histoire.

« Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte et la façon dont je vous ai portés sur des ailes d'aigle et amenés vers moi. » (v. 4)

Si Dieu rappelle son intervention pour libérer le peuple d’Israël de l’esclavage en Egypte, ce n’est pas pour se vanter – « Vous avez vu de quoi je suis capable ? » – mais parce les Israélites ont souvent oublié les bienfaits de Dieu quand ils connaissaient des difficultés.

Nous sommes ainsi : nous croyons que Dieu devrait constamment nous faire vivre comme dans un pays de cocagne. Serions-nous alors plus satisfaits ? Voyez ce qu’Adam et Eve ont fait quand ils ont connu le bonheur parfait dans le Jardin d’Eden : ils se sont laissés entraîner par Satan dans le doute, la désobéissance et le péché, ils se sont fait éjecter de la vie paradisiaque par leur propre insatisfaction.

Les gens riches sont-ils vraiment plus heureux que les moins riches ? Un sondage de cet été semble indiquer le contraire ! La richesse produit une véritable boulimie du toujours plus, de l’insatisfaction de ce qu’on a.

Notre Dieu sait pourquoi il infléchit parfois le cours de notre vie pour la faire passer par des moments moins agréables, pour ne pas dire plus durs. Cela a été le cas avec les Israélites. Certes, Dieu les a miraculeusement délivrés de l’esclavage en Egypte, il les a souvent sortis d’un pétrin par ses interventions miraculeuses. Les Israélites savaient exactement à quoi il faisait allusion en leur rappelant en langage imagé : « Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte et la façon dont je vous ai portés sur des ailes d'aigle et amenés vers moi. »

Mais les 40 années d’errements dans un désert qu’ils auraient pu traverser en ligne directe en moins d’un mois, étaient aussi le fait de l’intervention de Dieu dans leur histoire (Nb 14.20-35).

Il a ainsi montré qu’il n’est pas seulement le Maître de la vie des siens, mais que même ses ennemis ne peuvent se soustraire à son gouvernement. « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte ? » rappelle-t-il.

Certes, nous aimerions parfois qu’il intervienne plus rapidement et plus massivement contre ce qui nous fait souffrir, mais toute l’histoire sainte montre qu’il vaut mieux lui laisser le choix du moment et de la manière de son intervention en notre faveur.

Ainsi, Dieu avait choisis le peuple d’Israël pour être son peuple et préparer ainsi la venue du Messie Sauveur. Il leur a dit : « Si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez personnellement parmi tous les peuples. » (v. 4)

Pour les former comme peuple de son alliance, Dieu a dû ici se comporter envers eux selon la Loi, là selon l’Evangile. Ici, il est intervenu pour leur salut et leur bien-être, là il est intervenu pour les corriger et les ramener sur la bonne voie.

Chers amis, Dieu est aussi le Maître de notre histoire, de l’histoire de nos vies. Il s’est allié à nous dans notre Baptême et agit avec nous avant tout selon nos besoins spirituels. Faisons-lui confiance.

Quand nous étudions la façon dont il a dirigé l’Histoire dans l’Ancien et le Nouveau Testament – surtout avec l’intervention de son Fils pour notre salut ! –, nous en retirons la certitude et l’assurance que « tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8.28), qu’en toutes choses il a en vue notre bien, même si, à certains moments, nous avons du mal à discerner les bons côtés d’une épreuve.

N’oublions jamais :

X X X 3 X X X

Notre Dieu se présente comme

l’Allié des croyants.

La première chose qui frappe, c’est que l’initiative vient toujours de Dieu. Il s’agit de la reconnaître et de lui faire confiance.

Il a pris l’initiative d’annoncer la venue du « descendant de la femme » (Gn 3.15) qui vaincra le diable. Il a pris l’initiative de choisir et d’appeler le Chaldéen Abraham pour être l’ancêtre des croyants du monde entier, particulièrement l’ancêtre du peuple au sein duquel le Sauveur du monde allait naître. Plus tard, il a pris l’initiative de choisir Jacob, encore appelé Israël, pour être, parmi les petits-fils d’Abraham, celui qui sera l’ancêtre du peuple de l’alliance, peuple qui portera d’ailleurs son nom : peuple d’Israël. Finalement il a pris l’initiative de délivrer les Israélites de l’esclavage en Egypte, ce que les prophètes utiliseront toujours comme preuve ou répétition générale de notre délivrance du péché par notre Seigneur Jésus-Christ.

Et dans notre texte, Dieu prend l’initiative pour préciser les clauses de l’alliance qu’il a conclue avec les Israélites : « Si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez personnellement parmi tous les peuples. »

Tout ce qu’il leur demandait, c’est de faire confiance aux clauses de son alliance et de mener une vie dans cette foi en lui. C’est ainsi qu’ils resteront le peuple de « son alliance » ; c’est ainsi qu’ils allaient « lui appartenir personnellement ».

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ, une telle initiative, il l’a aussi prise pour faire des pécheurs que nous sommes pourtant ses heureux alliés qui « lui appartiennent personnellement ».

Cette initiative remonte bien entendu à sa volonté d’envoyer son Fils nous sauver.

Mais fait aussi partie de son initiative en notre faveur le sacrement du Baptême. Là, grâce à la médiation de Jésus qui a expié nos péchés, Dieu nous accepte « personnellement » dans son « alliance ». Et là, la clause de l’alliance dit simplement : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ! » (Mc 16.16). Par cette « naissance d’eau et d’Esprit » il nous fait« entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3.5). Ainsi il nous adopte comme ses enfants (Ga 3.26-27). Nous « lui appartenons ».et il prend soin de nous comme personne ne pourrait mieux le faire, car il nous a « rachetés à un grand prix » (1 Co 6.20).

Les Israélites auraient dû se rappeler qu’ils appartenaient à Celui qui prend continuellement des initiatives en leur faveur. Ils auraient dû trouver dans cette certitude suffisamment de raisons pour lui garder foi en toute occasion, y compris dans les situations parfois pénibles du désert.

Nous aussi, n’oublions jamais ce que cela signifie de merveilleux et de rassurant : d’avoir été « rachetés » par Dieu pour pouvoir « lui appartenir »! Rappelons-nouss : il prend maintenant soin de nous, car il ne laisse pas à l’abandon ce qu’il s’est procuré si chèrement par le sacrifice de son Fils unique.

Oui, consolons-nous avec la certitude que Dieu est notre sûr Allié, un allié qui a d’ailleurs de grands projets pour nous, les croyants. En effet,

X X X 4 X X X

Notre Dieu se présente comme

le Commanditaire d’une Mission mondiale

Voyez-vous, Dieu ne nous a pas acquis pour nous ranger dans un coin comme on peut ranger des bibelots sur une étagère. Non, il est un Dieu continuellement en action, et il nous appelle à participer à son action.

Son grand projet pour l’humanité peut le mieux être résumé par cette parole de l’apôtre Paul : « Dieu, notre Sauveur, veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2.4).

Pour cela il nous a envoyé son Fils en Sauveur des pécheurs que nous sommes.

Mais pour cela, il nous a aussi revêtus d’honneurs et confié des fonctions aussi éminentes qu’importantes dans le monde. En s’adressant à travers Moïse au peuple d’Israël, il désigne ces honneurs et ces fonctions exceptionnelles en ces termes : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. » (v. 6)

Bien entendu, c’était là, à l’époque, la situation particulière du peuple d’Israël parmi les nations. Mais, l’apôtre Pierre nous apprend que Dieu nous a aussi investis, nous, les croyants de la Nouvelle Alliance, des mêmes fonctions exceptionnelles, des mêmes honneurs particuliers.

Ainsi, nous apprenons – cela se trouve en 1 P 2.9 : « Vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte. »

Notre royauté nous vient du Roi des rois, Jésus-Christ. Il nous fait l’honneur de participer à son gouvernement royal, et ceci, avec les fonctions de prêtres.

Les prêtres de l’ancienne alliance étaient les intermédiaires entre Dieu et les Israélites. De même, tout le peuple d’Israël devait jeter les ponts entre Dieu et les nations païennes. Dans la Nouvelle Alliance, ce rôle de « prêtres » est dévolu aux chrétiens que nous sommes.

Pierre définit bien ce rôle de « prêtres royaux » et de « nation sainte », de nation mise à part pour Dieu et sa mission, de nation sauvée qui doit maintenant tout faire pour que les autres soient sauvés avec eux. Pierre définit ce rôle ainsi : « afin que vous proclamiez les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1 P 2.9)

La sainteté de Dieu s’exprime dans son entreprise mondiale pour sauver tous les pécheurs.

Notre sainteté à nous, notre consécration à Dieu, nous l’exprimons en participant à ses efforts de sauver les incroyants, les pécheurs perdus dans les ténèbres de l’incrédulité.

Notre consécration au Dieu saint, nous l’exprimons en parlant autour de nous du bonheur qu’il y a à être retiré des ténèbres de l’incrédulité et à connaître les joies et le réconfort d’une vie illuminée par « la merveilleuse lumière » du Christ Sauveur.

Voilà l’honneur royal que Dieu nous a fait en nous rachetant pour que nous soyons son peuple. Voilà la mission mondiale dans laquelle il nous fait l’honneur de nous enrôler après s’être allié à nous pour l’éternité.

Oui, NOTRE DIEU est vraiment

1. le Maître de l’univers,

2. le Maître de l’histoire,

3. l’Allié des croyants, et

4. le Commanditaire d’une mission mondiale.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig



Chants proposés :

Je louerai l’Eternel de tout mon coeur AeC 151 :1-4

Ø Liturgie d’entrée

Seigneur, reçois, Seigneur, pardonne AeC 407 : 1-4

Ø Prédication

Tu m’as aimé, Seigneur, avant que la lumière AeC 430 : 1-4

Ø Célébration de la Cène

Pare-nous pour cette fête AeC 581 : 1-2

Ø Liturgie finale

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 20:48Aucun commentaire:  

DIMANCHE 26 JUILLET 2009

Sermon du dimanche 26 juillet 2009 -7ème Dimanche après la Trinité

Jn 6. 29 + 32-35

+ 40 + 47-58

29 « Jésus leur répondit :

 "L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. […]

32 En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, mais c'est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel.

33 En effet, le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde."

34 Ils lui dirent alors :

"Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là !"

35 Jésus leur dit :

"C'EST MOI QUI SUIS LE PAIN DE LA VIE. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. […]

40 En effet, la volonté de mon Père, c'est que toute personne qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je la ressusciterai le dernier jour. […]

47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.

48 JE SUIS LE PAIN DE LA VIE.

49 Vos ancêtres ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts.

50 Voici comment est le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas.

51 JE SUIS LE PAIN VIVANT descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c'est mon corps, que je donnerai pour la vie du monde."

52 Là-dessus, les Juifs se mirent à discuter vivement entre eux, disant :

 "Comment peut-il nous donner son corps à manger ?"

53 Jésus leur dit :

"En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas le corps du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous-mêmes.

54 Celui qui mange mon corps et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai le dernier jour.

55 En effet, mon corps est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson.

56 Celui qui mange mon corps et qui boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.

57 Tout comme le Père qui est vivant m'a envoyé et que je vis grâce au Père, ainsi celui qui me mange vivra grâce à moi." »

Chers frères et sœurs,

qui avez « goûté

 combien l’Eternel est bon ! »

(Ps 34.9)

Le texte d’Evangile pour ce dimanche, ce sont les 15 premiers versets de ce chapitre 6 de l’Evangile selon Jean. Nous l’avons entendu tout à l’heure : il s’agit de la multiplication des pains.

C’est aussi le texte proposé pour la prédication de ce jour. Mais comme j’ai prêché sur ce texte ce même dimanche de l’an passé, je me suis permis de voir un peu plus loin dans ce chapitre 6, et j’ai opté pour les versets que je viens de lire, centrés sur l’affirmation de notre Seigneur : « Je suis le Pain de la Vie ! » (v. 35, 48), « Je suis le Pain Vivant ! » (v. 51)

Il y a une raison à cela, non, deux raisons :

La première, c’est que Jésus se trouve en face de gens qui ne cherchent auprès de lui que des bénédictions matérielles ; mais lui veut les amener à chercher en lui celui qui leur apporte le salut et la résurrection. A partir du pain qu’il leur a donné à manger, il veut les amener à croire qu’il est « le Pain Vivant descendu du ciel » (v. 51) qu’il faut recevoir avec foi pour « avoir la vie éternelle » (v. 40).

« Vous me cherchez, » dit-il à la foule le lendemain de la multiplication des pains, « parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Travaillez […] pour la nourriture qui subsiste pour la vie éternelle, celle que le Fils de l’homme vous donnera. » (Jn 6.26-27)

La seconde raison du choix de ce texte – ceux qui participent aux études bibliques doivent s’en douter – c’est que nous nous trouvons dans une année Calvin (Jean Calvin est né il y a 400 ans), et qu’il a mal compris ce texte, ce qui l’a amené à élaborer une doctrine erronée de la Cène.

Voyons donc

CE QUE JESUS DIT DANS CE TEXTE

ET CE QU’IL N’Y DIT PAS :

1. Ce qu’il dit :

« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim

et celui qui CROIT en moi n’aura jamais soif ! »

 (v. 35)

2. Ce qu’il ne dit pas :

Que « le corps » et « le sang »,

dans le style imagé de ce discours,

parleraient de la Cène

(v. 53-56).

X X X 1 X X X

Ce que Jésus dit dans ce texte : :

« celui qui vient a moi

n’aura jamais faim

et celui qui croit en moi

n’aura jamais soif !

Dès le départ, nous nous rendons compte que Jésus parle ici dans un style imagé, qu’il utilise des métaphores, des comparaisons. Personne ne songerait à dire qu’il est du pain, de la lumière, une porte, un gardien de moutons, un chemin, un cep, quand il dit ici : « Je suis le Pain de Vie » , ou ailleurs : « Je suis la Lumière du monde » (Jn 8.12 ; 9.5) ; « Je suis la Porte des brebis » (Jn 10.7+9) ; « Je suis le Bon Berger » (Jn 10.11+13) ;« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14.6) ; « Je suis le vrai Cep » (Jn 15.1+5).

Ailleurs, Jésus peut aussi parler directement en déclinant clairement son identité : Par exemple : « Je suis le Fils de Dieu » (Jn 10.36) ; « Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jn 14.10) ; « Je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père » (Jn 16.27-28) ; « Je suis Roi […] venu dans le monde » (Jn 18.37).

Et toutes ces présentations de son identité culminent dans celle-ci : « Je Suis »« Avant qu’Abraham soit né, Je Suis. » (Jn 8.58). Jésus s’adressait en araméen ou en hébreu à son auditoire. « Je Suis » est la traduction du nom hébreu « Yahweh », nom réservé à Dieu seul.

Quand il s’est présenté comme le « Je Suis »,

son auditoire l’a traité de blasphémateur :

« ils prirent des pierres pour les jeter contre lui. »

(Jn 10.59)

Eh non ! il ne blasphémait pas. Il est « le Pain de Dieu qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » (v. 33).

La nourriture dont l’humanité pécheresse a besoin pour ne pas mourir de faim spirituelle, puis éternelle, pour « avoir la vie éternelle » et « ressusciter » (v. 40), c’est lui, Jésus, le Fils de Dieu.

Dans le domaine spirituel, c’est un peu comme dans le domaine physique.

Pour vivre il faut manger de la nourriture saine, des aliments sains qui nourrissent au lieu d’aliments avariés qui empoisonnent. Notre corps se porte plus ou moins bien selon que nous mangeons de façon plus ou moins saine, plus ou moins équilibrée.

Pour notre âme, c’est pareil : il faut lui éviter du pain avarié. Or, il n’y en a qu’un qui ne l’est pas, il n’y en a qu’un qui ne distille pas à doses plus ou moins fortes du poison pour l’âme. Il n’y en a qu’un qui n’est que « pain de vie » (v. 35 ; 48), que « pain vivant » (v. 51), un pain qui n’est pas inerte mais qui « a la vie en lui-même » (Jn 5.26) et « qui donne la vie » pour l’éternité, c’est Jésus, « le Pain de Dieu descendu du ciel et qui donne la vie au monde » (v. 33).

« Voici comment est le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas. » (v. 50)

Bien entendu, un tel pain intéresse. Toute la recherche scientifique n’a actuellement que pour but ultime de repousser, voire – ah ! si on le pouvait ! – de supprimer la mort. Si un pain aussi miraculeux existait, on donnerait cher pour aller le trouver ! Pas étonnant que ses auditeurs « lui dirent : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là ! » (v. 34)

Et, surprise ! il existe. « JE SUIS LE PAIN VIVANT descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ! » (v. 51)

« Là-dessus, les Juifs se mirent à discuter vivement entre eux. » Avouez qu’on peut les comprendre. Cela fait des siècles que nous avons le Nouveau Testament et que nous connaissons les parole de notre Seigneur, mais eux, les Juifs de l’époque, ont été pris au dépourvu. « Ils dirent : "Comment peut-il nous donner son corps à manger ?" » (v. 52)

Mais Jésus ne reste pas dans le vague. S’il est « descendu du ciel » en tant que « Pain de Vie », il va bien indiquer comment on peut le recevoir, le« manger ».

Et là, nouvelle surprise : Jésus parlait en images. Maintenant il explique en quoi consiste manger le pain qu’il est : « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. La volonté de mon Père c’est que toute personne qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle […]. Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (v. 35-36+47).

Avec ses propres explications, l’image prend sens, cela devient clair : c’est par la foi – en croyant en lui et dans la vie qu’il donne – qu’on reçoit Jésus,« le Pain de Vie »« le Pain vivant » qui vivifie pour ce temps et pour l’éternité..

Avec ces paroles il insiste pour nous inviter à profiter de lui, à profiter de sa mort expiatoire, car, dit-il, « le pain que je donnerai, c'est mon corps, que je donnerai pour la vie du monde ». (v. 51

Croyez en moi ! Faites confiance à ce que j’ai fait pour vous ! Fondez votre espoir sur ce que j’ai enduré et accompli à votre place pour vous ! Venez trouver auprès de moi l’assurance que grâce à moi, et unis à moi par votre foi, vous ne manquerez de rien, de rien de ce qui est réellement nécessaire.

« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (v. 35) N’avons-nous pas faim de l’amour de Dieu, faim et soif de son pardon, soif de certitude que Dieu se tient à nos côtés dans la vie et qu’il nous recevra dans la félicité éternelle ?

Allons à Jésus avec repentance et foi ! Rassasions-nous auprès de lui, « le Pain de la Vie », de paix, de joie et de certitude, au milieu de cette vie faite d’incertitudes, de culpabilité et de peur !

« Goûtez et voyez combien l’Eternel est bon ! Heureux l’homme qui cherche refuge en lui ! » (Ps 34.9)

« En effet, » nous rassure ici notre Seigneur, « la volonté de mon Père, c'est que toute personne qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je la ressusciterai le dernier jour. » (v. 40)

Après avoir vu ce que Jésus nous dit dans ce texte, voyons maintenant

X X X 2 X X X

Ce que Jésus ne dit pas ici :

Que « le corps » et « le sang »,

dans ce style imagé,

parleraient de la Cène !

Une des règles à suivre en lisant la Bible, c’est de ne déduire des enseignements sur un sujet donné que de passages qui parlent clairement de la vérité en question. Exemples :

Pas tous les passages où apparaît le mot hébreu « messie » – celui qui a reçu l’onction – parlent du « Messie » divin : les rois étaient aussi oints, de même que les grands prêtres. Aussi peut-on rencontrer des passages où des rois sont appelés (mot à mot) « messie de l’Eternel » (1 S 26.9+11+16+23) et d’autres où des prêtres s’appellent « prêtre messie »(Lv 4.3) sans qu’il soit question du Fils de Dieu et Sauveur du monde. Il est vrai que les traducteurs, pour éviter tout malentendu, n’ont pas laissé le mot« messie » dans ces passages mais l’ont rendu par : « celui qui a reçu l’onction ».

Pareillement, tous les passages qui parlent d’« eau vive » (Jn 4.10) ne parlent pas du Baptême. Et tous les passages bibliques qui parlent de « pain », de « corps » et de « sang » ne parlent pas de la Sainte Cène.

Il faut y regarder de près et lire les passages imagés à la lumière des passages clairs.

Or, nous l’avons vu, dans notre texte, Jésus utilise un langage imagé, contrairement à ce qu’il fait quand il institue la Cène. Là-bas il parle de pain réel qu’il a « pris » sur la table, qu’il a « rompu » et distribué aux disciples (1 Co 11.23-24). Pareil pour le vin. Puis L’apôtre Paul clairement qu’ils ont « mangé du pain » et « bu de la coupe » (1 Co 11.25-26) Ce n’était pas imagé : ils ont réellement mangé du pain du boulanger et bu du vin du vigneron. – Première différence avec notre texte de Jean 6.

Quand Jésus institue la Cène, il dit clairement que « sous les espèces du pain et du vin » (Luther, Petit Catéchisme) il nous donne non pas une image de son corps et de son sang, mais bien « son corps rompu » ou « donné pour nous » (1 Co 11.24 ; Lc 22.19), son « sang versé pour nous » (Mc 14.24 ; Lc 22.20) « pour le pardon des péchés » (Mt 26.28).

Il n’a pas expié nos péchés avec une image de son corps et de son sang, il ne nous a pas obtenu le pardon, la vie et le salut par une mise en scène trompeuse, mais bien en livrant son vrai corps dans la mort et en versant son vrai sang sur la croix.

Or, dans le discours qu’il tient dans notre chapitre 6 de l’Evangile selon Jean, « manger son corps et boire son sang » (v. 53-55) sont le langage imagé pour désigner la foi qui reçoit les bienfaits du sacrifice du Christ. – Deuxième différence.

Vient la troisième, peut-être, sous certains aspects, la plus décisive.

Là où Jésus a institué la Cène et où il parle en langage non imagé, il nous met en garde contre une participation indigne à la Cène. Ainsi l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « Celui qui mange ce pain et qui boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s’examine lui-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe, car celui qui mange et boit indignement, sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. » (1 Co 11.27-29)

Bref, si l’on ne prend pas la Cène dans un état de repentance et de foi, on la prend « indignement », pour son « jugement » !

Or, dans notre texte, avec son langage imagé, Jésus dit : « Celui qui mange mon corps et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai le dernier jour. » (v. 54) Ou : « Celui qui me mange vivra grâce à moi ! » (v. 57)

Ici, il n’y a pas d’exceptions malheureuses : tous ceux qui font ce qui est décrit de façon imagée par manger son corps et boire son sang, tous sans exception reçoivent « la vie éternelle » « grâce à lui ».

Jésus lui-même donne l’explication de ce langage imagé : « En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle ! » (v. 47)

Et bien entendu, tous ceux qui mangent spirituellement « le Pain de la Vie », tous ceux qui boivent spirituellement son sang en plaçant leur espérance en son expiation des péchés, tous ceux-là ont la bonne disposition du cœur, tous ceux-là sont « dignes et bien préparés » (Luther, Petit Catéchisme), car ils sont repentants et croyants. Tous ceux-là, sans exception, sont pardonnés et sauvés.

C’est là une façon imagée de manger et de boire, c’est la foi en Jésus-Christ, et aucun de nous qui croyons en Jésus-Christ ne sera condamné pour ses péchés.. Dans la Cène, par contre, nous recevons le vrai corps et le vrai sang du Christ. Et là on peut les prendre pour son jugement si on n’est pas repentant et croyant. – Voilà la troisième différence.

On aurait pu imaginer que Calvin comprenne notre texte imagé à la lumière des claires paroles d’institution de la Cène par notre Seigneur. Il a fait le contraire : il a déformé le sens des paroles d’institution en les pliant au langage imagé de notre texte.

Il en arrive ainsi – en opposition flagrante aux paroles claires de l’apôtre Paul – à dire que les incroyants ne reçoivent pas le corps et le sang du Christ dans la Cène et que les impénitents et les incroyants n’y reçoivent pas le corps et le sang du Christ pour leur jugement.

C’est malheureux, vu tout ce que Calvin a apporté aux Eglises de langue française. C’est malheureux qu’il ait été aveugle sur ce point, alors qu’il a – heureusement, pour le salut de nombreux croyants réformés ! – clairement annoncé le salut par la foi en Jésus-Christ par pure grâce, sans aucun mérite de notre part.

Que cela nous soit un encouragement

Ø à lire la Parole de Dieu avec soin,

Ø à apporter les sacrifices nécessaires pour que nos futurs pasteurs suivent une bonne formation théologique,

Ø à croître dans la connaissance pour pouvoir discerner le bon – et en remercier Dieu ! – du faux et pouvoir « dire la vérité avec amour » (Ep 4.15) !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon de funérailles - mercredi 22 juillet 2009

Enterrement

Caroline MONTELLA née Braun

(21.01.1912 - 15.07.2009)

1 PIERRE 5 : 10-11

« Le Dieu de toute grâce,

vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle.

Après que vous aurez souffert un peu de temps,

Il vous rétablira lui-même, vous affermira,

vous fortifiera, vous rendra inébranlables.

À lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! »

Chers amis, frères et soeurs,et plus particulièrement vous, qui prenez congé de votre mère, belle-mère ou grand-mère !

J’aime bien écouter de la musique en travaillant. C’est ainsi que j’ai écouté, en rédigeant cette prédication, la fin de l'oratorio « Le Messie » de Haendel. Et cela a commencé par les choeurs qui chantaient le fameux « Alléluia ! », ce qui signifie : « Louez le Seigneur ! »

Cela cadrait-il avec le message que je devais vous délivrer aujourd'hui ? N'est-ce pas déplacé de louer le Seigneur en présence de ce cercueil ? Eh bien, au risque d'en surprendre quelques-uns – mais les croyants seront d'accord avec moi – le départ de cette vie d'un croyant est effectivement un sujet de joie et de gratitude envers Dieu.

D'ailleurs, le texte proposé à votre méditation est traversé d'espérance et de joie, et non pas empreint de tristesse et de consternation. Ce sont les deux derniers versets de la Première Epître de Pierre, juste avant les salutations. C'est une confession de foi joyeuse et sereine en la puissance et la grâce avec lesquelles Dieu nous traite pour notre bonheur sans fin.

Il vaut la peine de réentendre ce texte si réconfortant en cet instant de peine profonde :

« Le Dieu de toute grâce,

vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle.

Après que vous aurez souffert un peu de temps,

Il vous rétablira lui-même, vous affermira,

vous fortifiera, vous rendra inébranlables.

À lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! »

Il ressort de ce texte :

En Christ,

Dieu

1. nous applique sa grâce,

2. nous appelle à sa gloire éternelle,

3. nous enveloppe de sa toute-puissance.

X X X 1 X X X

1ère révélation de notre texte :

EN CHRIST, DIEU NOUS APPLIQUE SA GRÂCE.

Pas simple à croire ! Ne serons-nous pas tous pareillement étendus un jour dans un cercueil comme notre sœur ? « La mort » ne « s'est »-elle pas « étendue à tous les hommes parce que tous ont péché » ? (Rm 5.12)

Il ne sert à rien de se boucher les yeux et les oreilles et de nier l'évidence. Toi comme moi, nous tous, nous sommes loin d'être parfaits, loin de placer en toutes choses notre confiance pleinement en Dieu seul, loin de le craindre et de l'aimer par-dessus tout, loin aussi d'aimer tous nos prochains comme nous-mêmes.

Il ne sert à rien non plus de se dire : « D’accord, mais je suis meilleur que celui-ci, pas aussi mauvais que celle-là ; moi j'ai toujours honoré mes parents, je n’ai jamais porté atteinte à la vie de quelqu'un, j’ai toujours respecté le saint état du mariage, je ne me suis jamais approprié par des voies injustes les biens de qui que ce soit, ni répandu de commérages à son sujet, ou convoité ce qui appartient aux autres ! »

Ce genre d'excuses ne trompe pas Dieu. « Dieu sonde les reins et les coeurs. » (Jr 11.20) Il ne s'arrête pas à notre apparence, mais connaît les pensées que nous n'oserions pas répéter à voix haute devant n'importe qui.

Non, reconnaissons la vérité de cette affirmation biblique – et reconnaissons avec humilité et honnêteté qu'elle parle bien de chacun de nous, et pas seulement des autres : « Il n'y a sur la terre aucun homme juste qui fasse le bien et qui ne pêche jamais. » (Ec 7.20)

Nous sommes donc tous coupables devant Dieu et méritons sa colère et son châtiment dans cette vie et pour l'éternité.

Que faire alors ? Nous lamenter ? Perdre les nerfs ? Noyer notre angoisse de la mort en nous jetant dans les plaisirs de la vie ?

Vous savez, la politique de l'autruche n'est pas plus sage face à Dieu que face à une armée ennemie. D'ailleurs, nous avons tout intérêt à regarder les choses en face, à regarder Dieu en face tel qu'il se présente à nous dans l'Évangile. Contre toute attente, cela nous calmera !

C'est que nous découvrirons alors avec étonnement un « Dieu de toute grâce », un Dieu qui a fait le nécessaire pour que nous n'ayons plus à trembler devant sa colère toute-puissante et dévastatrice.

Oui, nous avons mérité la colère de Dieu et son châtiment pour le temps et pour l'éternité. Mais dans sa clémence, notre Créateur a fait en sorte qu'une solution soit trouvée à notre situation désespérée.

Cette solution s'appelle Jésus-Christ. Et c'est la seule échappatoire possible, le seul moyen de voir Dieu réconcilié avec nous.

L'inouï, l'incroyable, s'est produit ! Dans son grand amour pour nous, Jésus s'est fait punir à notre place pour détourner de nous ce châtiment mille fois mérité. Et devant notre imperfection et incapacité à satisfaire Dieu par une vie de sainteté et de perfection totales, il est intervenu pour vivre une telle vie à notre place.

« En Jésus » – comme Pierre nous le dit dans notre texte – il y a une solution pour s'en sortir, pour échapper à la terrible colère de Dieu. Cette solution consiste à ne plus compter sur sa propre dignité, mais à se réfugier en toute confiance auprès du Christ, à placer sa foi dans ce qu'il a fait pour nous.

Le Dieu qui a préféré nous traiter selon sa compassion plutôt que selon nos mérites, ce « Dieu de toute grâce nous a appelés en Christ ! »

Et il continue de « nous appeler » et d'« appeler » les personnes du monde entier à se détourner de leurs péchés et à se tourner dans la foi vers son Fils pour recevoir, grâce à lui, le pardon, et pour avoir part à sa victoire sur la mort.

Ce Dieu, t'appelle, m'appelle, nous appelle. Vas-tu l'écouter et te laisser arracher par lui à ta perte ? … ou préfères-tu continuer à le repousser pour vivre dans l'impénitence et l'incrédulité ? C'est toute la question.

Votre mère, belle-mère et grand-mère – notre soeur en Christ – avait entendu cet appel du « Dieu de toute grâce ». Et elle s'en réjouissait. Elle savait et croyait qu'« en Christ », Dieu s'est tourné vers elle pour lui appliquer sa « grâce » au lieu de la traiter avec colère !

Elle savait aussi, et c'est là la

X X X 2 X X X

2ème révélation de notre texte :

EN CHRIST, DIEU NOUS APPELLE À

SA GLOIRE ÉTERNELLE.

La belle « gloire » ! objecteront certains ! La gloire d'un corps inerte et en décomposition dans un cercueil !

Il ne viendrait à personne ici l'idée de nier le sort qui attend nos corps après le décès. Effectivement, le corps est encore, pour un temps, exclu de « la gloire » qui nous attend et qui est réelle. « e Dieu de toute grâce nous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle. »

La mort du corps n'est qu'une étape passagère. Un jour, « il ressuscitera glorieux », lui aussi (1 Co 15.43). À son retour en gloire, « Jésus-Christ transformera notre corps de misère pour le rendre conforme à son corps glorieux » (Ph 3:21).

Et ce qui se passe avec ce corps, là, devant nous – ou plus tard avec les nôtres – ne doit pas nous effrayer. Ce n'est que notre enveloppe. Nous avons été créés corps et âme. Si nous avons vécu et sommes morts dans la foi en Christ, le plus important, notre âme, passe directement dans la gloire céleste au moment de notre décès.

Rappelez-vous ce que le Christ a promis au criminel repentant crucifié à côté de lui : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis ! » (Lc 23.43) Pourtant, plus tard, le cadavre de ce larron pendait toujours à la croix ! Mais son âme avait rejoint le Seigneur au paradis.

Avant de mourir, il s'était tourné dans la foi vers le Christ. Bien lui en prit ! «En Christ » – pour l'amour de Jésus dans lequel il avait placé sa foi – « le Dieu de toute grâce » l'a reçu dans « la gloire éternelle ».

C'est ce qui nous console et nous réconforte ; c'est même ce qui nous réjouit aujourd'hui : de savoir que notre soeur décédée se trouve, selon l'âme, auprès de son Seigneur dans la félicité éternelle.

Certes, lorsqu'un être cher nous quitte pour longtemps, et plus encore lorsqu'il nous quitte pour toujours ici-bas, nous en sommes attristés. Nous ne pouvons plus lui faire plaisir, plus nous réchauffer des rayons de son affection, plus profiter de son aide et de ses conseils. Dans certains cas, cette séparation est même douloureuse et catastrophique.

Mais lorsqu'il s'agit d'une personne qui avait placé sa foi « en Christ », nous savons, qu'en mourant, elle a gagné au change. Pour un croyant « la mort représente un gain ! » s'exclame Paul (Ph 1.21). « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, et ce dès maintenant ! Oui, dit l'Esprit, ainsi ils se reposent de leurs travaux, mais leurs oeuvres les suivent. » (Ap 14.13)

Rappelons ce que Pierre écrit ici aux croyants, à ceux qui placent leur foi en Christ : « Le Dieu de toute grâce vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle. » – C'est là à la fois une promesse et une mise en garde.

Une mise en garde : celui qui ne s'accroche pas au Christ avec repentance et foi, ratera ce passage unique de cette vie dans la gloire céleste. Il n'y a que le Christ qui peut nous faire passer.

Et c'est une promesse : celui qui a placé sa foi en Christ jusqu'à la fin, n'aura rien à craindre de la mort ; elle devra le laisser passer avec son Sauveur sans pouvoir le toucher. Il ne connaîtra pas le côté terrible de la mort, la damnation éternelle corps et âme.

La raison en est simple : si tu regrettes tes péchés, t'en repens et que tu en appels à l’expiation que Jésus en a faite pour toi, Dieu ne te tient plus rigueur de tes péchés et te pardonne. Pour l'amour de Christ auquel tu fais appel, Dieu n'est plus contre toi, mais réconcilié. Tes péchés ne t'empêchent plus d'entrer dans sa communion de vie, pas non plus d'entrer dans sa gloire céleste.

Inutile d'ajouter que si tu ne te repens pas de tes péchés, et si tu ne demandes pas pardon à Dieu pour l'amour de son Fils, « la colère de Dieu demeure » sur toi (Jn 3.36), et au lieu de la gloire éternelle tu connaîtras la damnation éternelle. Dans ce cas il n'y aurait pas de quoi se réjouir le jour de ton enterrement, comme nous pouvons – Dieu en soit loué ! – le faire aujourd'hui.

Notre soeur décédée se consolait de savoir qu' « en Jésus-Christ, le Dieu de toute grâce l'avait appelée à sa gloire céleste ». Et elle demandait chaque soir au Seigneur qu’il la maintienne dans cette foi et cette consolante assurance.

Mais dans les coups durs elle savait aussi, et c'est là la

X X X 3 X X X

3ème révélation de notre texte :

EN CHRIST,

DIEU NOUS ENVELOPPE DE

SA PUISSANCE ÉTERNELLE

Il nous arrive – et peut-être l'un ou l'autre se trouve-t-il actuellement exactement dans cette situation – où nous soupirons : « C'est bien beau de savoir qu'après cette vie nous irons au ciel ! Pour l'instant, je suis encore sur terre, et j'ai du mal à m'en sortir ! Je n'y suis pas encore, dans cette félicité éternelle. Au lieu de me consoler avec l'éternité, j'aurais besoin de réconfort pour le temps que j'ai encore à passer ici-bas ! »

Qui n'a pas déjà connu ce « désir de s'en aller et d'être avec Christ » (Ph 1.23), ou de voir le Christ intervenir puissamment dans sa vie pour faire changer les choses ? Notre soeur a certainement connu de ces moments aussi.

Sachez-le, « le Dieu de toute grâce » n'est pas seulement un Dieu de l'éternité, il est aussi le Dieu du présent. Certes, grâce à Christ, nous qui plaçons notre foi en lui, nous pouvons avoir la certitude qu'il nous recevra dans la félicité éternelle.

Mais il y a plus ! Pour parler avec l'apôtre Paul, « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?» (Rm 8.31) Alors il veille sur nous ici-bas à chaque instant et « fait tout contribuer à notre bien » (Rm 8.28), même notre décès.

Il est vrai, il faut rester humble devant la grandeur de la sagesse de Dieu. Il ne faut pas vouloir lui dicter la façon d'agir pour notre bien, comme Marie a voulu le faire aux noces de Cana. Qu'il nous suffise de savoir que « rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, » (Rm 8.39), pas non plus les épreuves et les déceptions.

Méditons l'oeuvre de notre Sauveur ! Là, nous comprendrons combien nous avons besoin de lui. Mais là, nous puiserons aussi la certitude que, grâce à son intervention en notre faveur, Dieu est « réconcilié » avec nous, il est maintenant « pour nous ». Là, nous apprendrons à dire, au milieu des épreuves : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux, » puisque tu m'enveloppes de ta puissance souveraine et de ton amour sans borne.

Non, nous ne comprenons pas pourquoi Dieu trouve bon de nous faire passer par telle épreuve qu'il épargne à d'autres. Mais la croix de Golgotha est la preuve qu'il nous aime « en Christ » et qu'il nous porte à travers l'épreuve vers le but si nous ne lui retirons pas notre confiance.

Cette parole de notre texte s'est aussi appliquée à notre sœur : « Après que vous aurez souffert un peu de temps, il vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. Nous aussi, il veut nous modeler et nous préparer à le rencontrer pour partager son éternité.

Aussi, consolez-vous avec ces trois vérités de notre texte :

En Christ, Dieu

1. nous applique sa grâce,

2. nous appelle à sa gloire éternelle, et

3. nous enveloppe de sa puissance éternelle !

« À lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! »

Jean Thiébaut Haessig

 

Chants :

Il est pour le fidèle Au-delà du tombeau AeC 640:1-4

Jérusalem, cité sainte, Séjour de l’éternité AeC 635:1-4

A Dieu seul j’abandonne AeC 634:1-4

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 15:07Aucun commentaire:  

LUNDI 20 JUILLET 2009

Sermon du 19 juillet 2009 - 6ème Dimanche après la Trinité

Texte : Es 43.1-7

« Maintenant, voici ce que dit l'Eternel, celui qui t'a créé, Jacob, celui qui t'a façonné, Israël : N'aie pas peur, car je t'ai racheté. Je t'ai appelé par ton nom : tu m'appartiens !

Si tu traverses de l'eau, je serai moi-même avec toi ; si tu traverses les fleuves, ils ne te submergeront pas. Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas et la flamme ne te fera pas de mal.

En effet, je suis l'Eternel, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur. J'ai donné l'Egypte en rançon pour toi, l'Ethiopie et Saba à ta place.

Parce que tu as de la valeur à mes yeux, parce que tu as de l'importance et que je t'aime, je donne des hommes à ta place, des peuples en échange de ta vie.

N'aie pas peur, car je suis moi-même avec toi. Je ramènerai ta descendance de l'est et je te rassemblerai de l'ouest.

Je dirai au nord : "Donne !" et au sud : "Ne retiens personne ! Ramène mes fils des pays lointains et mes filles de l'extrémité de la terre,

tous ceux qui portent mon nom, que j'ai créés pour ma gloire, que j'ai façonnés, que j'ai faits." »

Chers frères et sœurs,

qui avez « de la valeur »

et « de l’importance » pour Dieu !

Vous vous rappelez de la leçon de sciences naturelles – oh ! pardon, les jeunes, aujourd’hui ça s’appelle SVT (sciences de la vie et de la terre) – sur la réaction de Pavlov ? Je n’entre pas dans les détails, sinon ça va nous prendre trop de temps, autant que j’en ai mis au bac, car c’est le sujet que j’ai dû y traiter.

Bref, la réaction dite de Pavlov, c’est le fait que certaines scènes, certaines couleurs, certains sons ou certains goûts ou saveurs déclenchent automatiquement le souvenir d’un vécu précis ou une réaction précise.

Il en va de même de certains passages bibliques. Quand je les entends ou les lis, ils me rappellent certains événements marquants de ma vie. Ainsi, en entendant ou lisant Rm 14.7-9, je vois encore le Professeur Guillaume Wolff faire son allocution en fin de cérémonie d’enterrement de mon frère en février 1971.

Et quand je lis ou entends notre texte d’aujourd’hui, je suis transporté deux ans et demi plus haut encore, en juillet 1968 : c’est sur ce texte qu’a prêché le Pasteur Kreiss à l’enterrement de deux de mes cousins décédés accidentellement dans les Alpes.

Allons-nous sortir de ce culte avec des mines … d’enterrement ? Oh, que non ! D’ailleurs, si ce texte a été proclamé face à la mort de deux croyants, c’est qu’il déborde de vie, de paix et de joie, c’est qu’il annonce un message de vie, une certitude qui soulage et réjouit.

DIEU EST

NOTRE PARTENAIRE MERVEILLEUX

DANS UNE DIVINE ALLIANCE

1. qu’il a voulue pour nous,

2. qu’il destine aussi à d’autres,

3. qu’il a établie lui-même,

4. pour laquelle il a payé le prix fort,

5. dans laquelle nous sommes en sécurité,

6. qui débouche pour nous dans la gloire éternelle.

X X X 1 X X X

Dieu est notre merveilleux partenaire dans

UNE DIVINE ALLIANCE

QU’IL A VOULUE POUR NOUS

La première chose qui me frappe en lisant ce texte, c’est ce déferlement de« je », Dieu qui ne cesse de parler à la première personne, l’insistance avec laquelle il énumère tout ce qu’il a fait et continue de faire pour nous : « J’ai » fait ceci pour vous, et « je » fais aussi cela pour vous. Si j’ai bien compté, en sept versets, Dieu s’adresse ici 14 fois à nous à la première personne du singulier.

Si ce n’est pas une preuve de l’intérêt qu’il nous porte, de la relation personnelle qu’il a établie et qu’il veut resserrer avec nous, je ne vois pas ce qu’il faut de plus.

Il n’a pas attendu que nous nous intéressions à lui : c’est lui qui s’est intéressé à nous en premier, c’est lui qui a pris l’initiative pour établir cette alliance avec nous.

Et là vient cette déclaration d’amour renversante, tant elle nous prend au dépourvu, nous qui savons que par nos péchés nous sommes voués à la colère de Dieu : « Tu as de la valeur à mes yeux, […] tu as de l'importance et […] je t'aime. » (v. 4). Nous reviendrons sur cette déclaration d’amour de Dieu plus tard.

C’est cet amour pour nous qu’il exprime encore quand il se présente ici à nous comme « l'Eternel, celui qui t'a créé, Jacob, celui qui t'a façonné, Israël. […] Je t'ai appelé par ton nom ! »

Il ne parle pas là de son œuvre de la création. Il ne nous rappelle pas ici qu’il est notre Créateur. Certes, il l’est – qui d’autre pourrait l’être ? – mais il nous rappelle ici que c’est lui qui a fait de nous son peuple, « le peuple qui lui appartienne » (Tt 2.14) comme l’écrit Paul à Tite.

Dans notre texte, Dieu s’adresse par Esaïe à son peuple élu de l’Ancienne Alliance, symboliquement appelé « Jacob » ou « Israël » comme ce patriarche, son ancêtre. C’est Dieu qui l’a « créé » et « façonné ». Nous avons tendance à nous attribuer trop facilement ce que nous devons finalement à Dieu, à son action, à son intervention, à sa bénédiction.

Et bien non, pas plus que les croyants de l’Ancienne Alliance nous n’avons le droit de regarder les autres de haut et de nous croire supérieurs. Certes, nous avons quelque chose que les incroyants n’ont pas, quelque chose qui manque cruellement aux adeptes des autres religions : nous avons le Christ et sa grâce, le Christ et son pardon, le Christ et son salut.

Mais nous l’avons, parce que Dieu s’est intéressé à nous et a tout fait pour nous l’offrir par pure grâce. C’est Dieu qui nous a « appelés » dans son alliance de grâce, c’est lui qui a fait de nous ses alliés, ses enfants, ses héritiers. L’initiative est venue de lui. Soyons-lui reconnaissants, restons humbles, et réjouissons-nous de notre aubaine !

Et n’oublions pas :

X X X 2 X X X

Dieu, notre merveilleux partenaire

DESTINE CETTE DIVINE ALLIANCE

AUSSI A D’AUTRES

Autrement dit : nous ne pouvons pas nous réjouir de façon égoïste de ce qui nous est arrivé de merveilleux quand Dieu nous a appelés dans sa divine alliance ; nous devons aussi songer à ceux qui ne s’y trouvent pas encore et que Dieu voudrait aussi y voir reçus.

D’ailleurs, par rapport au peuple de l’Ancienne Alliance, les descendants de« Jacob », nous sommes la preuve vivante que Dieu amène des pécheurs de toutes les nations dans son alliance, nous sommes la preuve de l’accomplissement de la prophétie de notre texte, la preuve de cette promesse qu’il a faite au Peuple d’Israël par Esaïe : « Je ramènerai ta descendance de l'est et je te rassemblerai de l'ouest. Je dirai au nord : "Donne !" et au sud : "Ne retiens personne ! Ramène mes fils des pays lointains et mes filles de l'extrémité de la terre." » (v. 5-6)

Rien que dans notre paroisse, nous voyons comment il a rajouté aux premiers membres de son église d’origine israélite, des Camerounais, des Togolais, des Ivoiriens, des Congolais et des Malgaches, des Lettons et des Brésiliens, des Français (eh oui, même des Français ! – Dieu n’est vraiment pas difficile !), des Français de métropole ou des Antilles, sans parler des Américains, des Canadiens et autres que nous avions déjà parmi nous. Et notre paroisse n’est qu’un tout petit exemple de l’accomplissement de cette prophétie.

Nous le savons, cet accomplissement n’est pas fini, il est en cours : une fois reçus dans l’alliance de Dieu, notre regard se tourne vers ceux qui n’y sont pas encore. Et nous faisons notre possible pour en amener d’autres à nous rejoindre pour qu’ils bénéficient comme nous des bienfaits de cette alliance, bienfaits dont nous parlerons encore.

X X X 3 X X X

Dieu, notre merveilleux partenaire

A LUI-MÊME ETABLI

CETTE DIVINE ALLIANCE

On ne peut assez y insister – tout comme on ne peut suffisamment s’en émerveiller ! – : le Dieu trois fois saint a pris l’initiative de nous recevoir, nous les pécheurs, dans son alliance, une alliance extrêmement intime et personnelle.

Nous n’y sommes pas des anonymes, nous n’y sommes pas de simples numéros, non : « Je t’ai appelé par ton nom ! » (v. 1) dit-il à chaque membre de son alliance. J’ai tenu à ce que tu sois sauvé.

Comme « tu étais, par ta condition même [de pécheur impie] un enfant destiné à la colère, tout comme les autres » (Ep 2.3), mais comme dans mon amour je voulais t’éviter la damnation, j’ai pris les dispositions pour que tu échappes au châtiment mérité par ton état pécheur.

Dans son Epître aux Ephésiens, Paul reprend les termes de notre prophétie d’Esaïe : « C’est lui qui nous a faits ; nous avons été créés », et Paul précise maintenant : « créés en Jésus-Christ » (Ep 2.10). L’apôtre montre par là qu’Esaïe parle de la création de l’Eglise des croyants, de la conversion des pécheurs au Sauveur et de leur intégration dans son Eglise.

Eglise de Jésus-Christ – et toi qui en fais partie par la foi – c’est « l’Eternel[…] qui t’a créée, […] qui t’a façonnée » en tant que communauté des croyants. Il t’a « appelée des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 P 2.9). Il nous a « créés » et continue de nous « façonner » en s’adressant continuellement à nous par ses promesses d’Allié divin, par ses promesses de salut, par ses promesses d’Evangile.

Et Paul, d’expliquer, toujours dans ce chapitre 2 de l’Epître aux Ephésiens :« Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ! » (Ep 2.8)

Pour nous un don. Un don, pas un dû : Dieu ne nous doit rien. Pour nous un don qui vient du cœur débordant d’amour de Dieu. Pour nous un don gratuit, pour Dieu ça a eu un coût.

X X X 4 X X X

Dieu, notre merveilleux partenaire,

A PAYE LE PRIX FORT

POUR POUVOIR NOUS AVOIR

DANS SON ALLIANCE DIVINE

C’est que, étonnamment, Dieu nous dit : « Tu as de la valeur à mes yeux,[…] tu as de l'importance, […] je t'aime. » (v. 4).

Nous avons du mal à croire que les pécheurs que nous sommes nous puissions avoir de « la valeur » et de « l’importance » pour le Dieu trois fois saint, le Créateur et Maître de l’univers, qu’il puisse nous « aimer ».

Etonnant, insaisissable, effectivement ! Et pourtant, il n’y a pas de doute à ce sujet. Nous connaissons « le grand prix » qu’il a déboursé pour nous « racheter » (1 Co 6.20 ; 7.23). Il n’a pas mis moins sur la balance pour notre rachat que son propre Fils.

« Dieu a tant aimé le monde » – Dieu t’a tant aimé, toi aussi ! – « qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » – toi aussi ! (Jn 3.16)

Quelque chose à quoi vous avez consacré beaucoup d’efforts et de sacrifices, vous y tenez fortement, cela a de l’importance pour vous. Eh bien, pour nous, Dieu a apporté le plus grand sacrifice qui soit, son propre Fils. C’est ce qui nous donne notre « valeur » ; elle nous vient du prix qui a été versé pour nous.

Maintenant que nous faisons partie de l’Eglise de Jésus-Christ, maintenant que nous sommes élevés dans son alliance de grâce et de vie, nous resplendissons de sa justice et de sa sainteté qu’il nous a offertes, de sa sainteté et de sa justice avec lesquelles il recouvre notre péché.

Voilà comment nous sommes devenus – miraculeusement, grâce au sacrifice expiatoire de Jésus-Christ – les partenaires « importants » de Dieu dans sa divine alliance, des partenaires qui ont « de la valeur à ses yeux », ce qui entraîne de merveilleuses retombées pour nous, comme nous allons le voir dans le point suivant :

X X X 5 X X X

Dieu, notre merveilleux partenaire, car

DANS SA DIVINE ALLIANCE

NOUS SOMMES EN SECURITE

« Si tu traverses de l'eau, je serai moi-même avec toi ; si tu traverses les fleuves, ils ne te submergeront pas. Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas et la flamme ne te fera pas de mal. » (v. 2)

Ah bon ? Comment se fait-il alors que des croyants meurent dans des accidents, comme mon frère, étudiant en théologie, mort à 21 ans à deux pas d’ici sur l’avenue de la Division Leclerc ? Avant-hier il aurait eu 60 ans !

Qu’est-ce que cela veut dire ? – N’oublions pas que le livre du prophète Esaïe est écrit dans le style poétique de l’époque. Il utilise des images pour nous faire comprendre, dans notre texte, quelles sont sa sollicitude et sa protection pour les croyants, ses alliés.. Il parle du spirituel et de l’éternel, comme Dieu donne lui-même l’explication de ces affirmations étonnantes :« En effet, je suis l'Eternel, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur. » (v. 3)

Dieu veut nous faire comprendre qu’il se tient à nos côtés, qu’il veille à ce que rien ne puisse nous arracher à son alliance de grâce et de vie. Paul dira la même chose ainsi dans l’Epître aux Romains : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui ? […] Dans tout cela, nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. […] Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Rm 8.31-39)

Avoir Dieu pour Allié, cela signifie tout simplement que « tout contribue à[notre] bien » (Rm 8.28), y compris les épreuves, y compris les souffrances.

Dieu sait que nous sommes encore parfois désemparés, abattus, déçus, découragés. Il nous dit dans ces situations : « N'aie pas peur, car je t'ai racheté. Je t'ai appelé par ton nom : tu m'appartiens ! » (v. 1)

L’Epître aux Hébreux nous rappelle même que notre Seigneur sait même « compatir à nos faiblesses », ayant « été tenté en tout point comme nous », il est vrai, en ce qui le concerne, « sans commettre de péché ». Mais comme il sais ressentir ce que nous ressentons, « approchons-nous avec assurance du trône de la grâce afin de trouver compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun » (Hé 4.15-16)

Ce moment, bien entendu, lui seul le connaît, mais faisons-lui confiance : il a montré qu’il nous aime et qu’il tient à nous.

Avec un tel Allié, nous pouvons être rassurés dans les épreuves, nous pouvons trouver auprès de lui la force de persévérer, d’autant que nous savons aussi que

X X X 6 X X X

Dieu, notre merveilleux partenaire,

VA FAIRE DEBOUCHER POUR NOUS

SA DIVINE ALLIANCE

DANS LA GLOIRE ETERNELLE

Les alliances de ce monde passent toutes. Vérifiez dans l’histoire du monde ! Les unes n’ont pas tenu longtemps en raison de trahisons ou de difficultés diverses, d’autres ont été remplacées par de plus intéressantes, certaines ont trouvé leur fin dans un conflit armé.

Cela est pareil pour des alliances personnelles. Même notre contrat de mariage ne tient pas plus longtemps que le jour de notre décès.

Eh bien, ce n’est pas pareil avec l’Alliance que Dieu a conclue avec nous dans le Baptême et qu’il consolide chaque jour par ses promesses de grâce et de fidélité. Son alliance est une « alliance éternelle » (Es 55.3 ; Hé 13.20) : notre mort n’y met pas un terme, au contraire, c’est là que cette alliance prend toute sa dimension, c’est là qu’elle se déploie et se magnifie pleinement.

C’est aussi ce que notre Allié divin nous assure ici :

« Tous ceux qui portent mon nom »« je [les] ai créés pour ma gloire ! » (v. 7)

En nous recevant dans son alliance, dans sa famille éternelle, Dieu nous a donné son nom à lui, nous sommes devenus ses enfants et les « héritiers de la vie éternelle » (Tt 3.7), les héritiers de « sa gloire », comme il s’exprime ici.

C’est même dans ce but qu’il nous a sauvés, qu’il nous a intégrés dans son alliance ! Il nous a « créés » en tant que membres de son Royaume « pour » que nous entrions dans « sa gloire » céleste !

Voilà le but ultime auquel il nous destine. Voilà pourquoi, quand un frère ou une soeur dans la foi meurt – comme Mme Montella cette semaine –, « nous ne sommes pas dans la tristesse comme les autres, qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4.13)

Nous savons : L’Alliance avec le divin Allié tient bon au-delà de la mort ; elle s’y déploie même là-bas pleinement dans « la gloire ».

X X X Conclusion X X X

Dans notre texte Dieu s’adresse à nous pour nous rappeler ce qu’il a fait pour nous et ce qu’il continue de faire pour nous en tant qu’Allié sûr et fidèle.

N’oublions pas non plus – même si Dieu n’en parle pas dans ces sept versets – de lui montrer notre foi dans les dispositions de son contrat, et notre gratitude pour avoir été pris comme partenaires dans son alliance éternelle !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du 3ème Dimanche après la Trinité

Texte : 1 Tm 1.12-17

12 « Je suis reconnaissant envers celui qui m'a fortifié, Jésus-Christ notre Seigneur, car il m'a jugé digne de confiance en m'établissant à son service,

13 moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Cependant, il m'a été fait grâce parce que j'agissais par ignorance, dans mon incrédulité.

14 Et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l'amour qui sont en Jésus-Christ.

15 Cette parole est certaine et digne d'être acceptée sans réserve: Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs. Je suis moi-même le premier d'entre eux,

16 mais il m'a été fait grâce afin que Jésus-Christ montre en moi le premier toute sa patience et que je serve ainsi d'exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle.

17 Au roi des siècles, au Dieu immortel, invisible et seul sage soient honneur et gloire aux siècles des siècles ! Amen ! »

Chers frères et sœurs,

objets de la patience, de la grâce et

– oui, soyez étonnés ! –

objets aussi de la confiance de Dieu !

Dieu ne vous a-t-il jamais pris au dépourvu dans la façon dont, un jour, il a bousculé votre existence, lui a fait prendre une nouvelle direction ?

Des surprises, il y en a des bonnes et des mauvaises. Bien entendu, nous savons que Dieu ne nous fait pas de mauvaise surprise, qu’il ne nous fait pas des coups bas, que « toutes choses contribuent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8.28).

N’empêche, sur le coup, certaines de ses surprises ont du mal à passer, et sont vécues comme des drames, du moins comme des épreuves.

Ainsi, quand l’apôtre Paul se trouve en prison pour avoir annoncé la Bonne Nouvelle de l’amour et de la grâce de Dieu, la première réaction, bien humaine, est de se demander : Dieu n’aurait-il pas dû veiller à ce que son apôtre puisse continuer à prêcher librement ?

Sans parler de sa fin – décapité près de Rome – : pour ceux qui venaient juste d’être convertis « au Dieu immortel, invisible et seul sage » (v. 17) c’était plutôt déconcertant. Mais ils savaient ce que l’apôtre avait écrit et prêché : « Christ est ma vie et mourir représente un gain » (Ph 1.21). Mais quand Paul s’est retrouvé subitement devant le « trône de Dieu et de l’Agneau » (Ap 22.1-5), entouré « de myriades de myriades et de milliers de milliers d’anges » et des rachetés (Ap 5.11-13), cela a quand même été finalement une merveilleuse et impressionnante surprise.

Chers amis, nous avons tous, dans nos vies de ces revirements ou bouleversements surprenants. Et même si le monde ne peut le voir, et encore moins l’admettre, Dieu ne nous fait, en fin de compte, que des bonnes surprises si nous savons les vivre, comme Paul, dans la confiance en Dieu.

Dans notre texte, l’apôtre concentre le caractère surprenant de Dieu sur trois points. Il souligne :

NOTRE DIEU SURPREND

1. par sa patience

2. par sa grâce

3. par sa confiance

X X X 1 X X X

Notre Dieu nous surprend par

sa patience.

A-t-il dû être patient avec ce Saul « né » dans la ville universitaire grecque de « Tarse en Cilicie » (Ac 22.3) avec le rang de citoyen romain (Ac 22.25-29), bien que « de la tribu de Benjamin, hébreu né d’Hébreux ; […]pharisien [et] persécuteur de l’Eglise » ! (Ph 3.5)

Pourtant, comme Paul l’écrit aux Galates, « Dieu l’avait mis à part dès le ventre de sa mère », dès avant sa naissance ! (Ga 1.15) Mais Dieu a attendu patiemment – cela a mis des décennies ! – que Saul de Tarse soit prêt pour qu’il puisse « l’établir à son service » (v. 12).

Pour cela, Dieu a attendu patiemment que Saul fasse des études poussées de grec dans sa ville natale (son style montre qu’il y était devenu un érudit).

Dieu a aussi attendu qu’il étudie à Jérusalem et soit « formé aux pieds du » plus important professeur de théologie juif – ou rabbi – de l’époque, « Gamaliel ». Ainsi il a acquis « la connaissance exacte de la loi héritée de ses ancêtres » (Ac 22.3). Le futur apôtre devait avoir une bonne connaissance des écrits de l’Ancien Testament.

Malheureusement, il l’avait alors mal compris et, dans la foulée, il a aussi mal compris la prédication et la foi des apôtres et des premiers chrétiens.

Là encore, Dieu a dû montrer sa grande patience quand Paul, le « pharisien », a dérapé dans le fanatisme et a pris la tête de la persécution des premiers chrétiens. « J’ai combattu à mort cet enseignement, enchaînant et mettant en prison hommes et femmes » confessera-t-il plus tard avec humilité et courage (Ac 22.4)

Oui, Dieu a été patient avec Saul de Tarse, d’une patience qui a dû coûter d’autant plus à Dieu que Saul persécutait des chrétiens, « pour les faire punir » (Ac 22.5).

Surprenant, cette patience de Dieu ? Nous, nous aurions interrompu tout cela au plus tard avant qu’il ne commence à persécuter les chrétiens ! Non ?

C’est que Dieu a toujours un plan, ne l’oublions pas, et ne l’oublions pas non plus dans ce que nous vivons. Oh ! certes, les persécutions n’étaient pas approuvées par Dieu et Paul parlera souvent de cette culpabilité. Il n’a pas dit : Puisque Dieu ne l’a pas empêché, c’est que c’était bon ! Non, c’était mauvais, très mauvais. C’était un péché terrible.

Mais cela devait servir de leçon au futur apôtre Paul, pour qu’il reste humble, et cela doit nous servir de leçon à nous aussi. Que visait Dieu en étant aussi patient avec Saul de Tarse ? Clairement, Paul nous dit que Dieu a été si patient avec lui aussi à cause de nous : « … afin que Jésus-Christ montre en moi le premier toute sa patience et que je serve ainsi d'exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. » (v. 16)

Effectivement, la patience de Dieu a été phénoménale avec Saul de Tarse. Et cela doit « nous servir d’exemple » : c’est ainsi que Dieu se comporte avec nous aussi. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre, la sérénité et la justesse de Dieu dans le gouvernement de nos vies ne correspond souvent pas à notre fébrilité et impatience.

Et heureusement qu’il sait être patient avec nous, car s’il s’était détourné de nous à notre première incartade, aucun de nous serait alors assis ici en ce moment, tous, il nous aurait rejetés depuis longtemps.

Pierre, l’apôtre dont notre paroisse porte le nom, nous écrit : « Considérez bien que la patience de notre Seigneur est votre salut ! » (2 P 3.15) Face à une telle patience, à une patience à laquelle nous devons notre salut, notre esprit, notre cœur, ne peut qu’être attiré « vers l’amour de Dieu et la patience de Christ » (2 Th 3.5)

Oui, prenons exemple sur Jésus-Christ : il a été patient sous les coups qu’il aurait pu s’éviter, qu’il aurait même pu rendre, sans problème ; il a surtout été patient – et cela était bien plus inhumain ! – dans les souffrances infernales endurées à cause de nous et pour notre salut.

Dans notre texte, l’apôtre Paul a donc d’abord souligné que Dieu nous surprend par sa patience,

X X X 2 X X X

Notre Dieu nous surprend par

sa grâce.

Et Paul en est le premier surpris, et le restera toute sa vie durant. Mais laissons-lui la parole :

« J’étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Cependant, il m'a été fait grâce […]. La grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l'amour qui sont en Jésus-Christ. […]. Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs. Je suis moi-même le premier d'entre eux, […] mais il m'a été fait grâce […]. » (v. 13-16)

Effectivement, si, dans l’histoire de Saul de Tarse, Dieu nous surprend par « sa patience », il le fait tout autant par « la grâce » dont bénéficie Saul, le « blasphémateur » et « persécuteur ».

La loi de Moïse était claire pour les blasphémateurs du sein du peuple d’Israël. Dieu avait fait aux descendants d’Abraham la faveur d’être son peuple élu, le peuple de son alliance, un peuple qui jouissait de ses bénédictions et de ses promesses temporelles et éternelles. En contrepartie, « celui qui blasphémera le nom de l’Eternel sera puni de mort » avait fait dire l’Allié divin à son peuple (Lv 24.16).

Le pharisien et spécialiste de l’Ancien Testament qu’était Paul le savait fort bien. C’est d’ailleurs l’accusation, fausse évidemment, que le sanhédrin a portée contre Jésus – et plus tard contre Etienne – pour pouvoir les condamner à mort. D’ailleurs, Saul était présent à la lapidation d’Etienne. « Saul approuvait l’exécution d’Etienne ». On peut même avoir l’impression qu’il la dirigeait. (Ac 7.58 – 8.1)

Que disent nos enfants ? « Celui qui le dit, il l’est ! » Effectivement, Saul qui disait que les chrétiens blasphémaient était un « blasphémateur », alors que celui qu’on accusait, Etienne par ex., ne l’était pas !

Plus tard, quand le Saint-Esprit, à travers l’enseignement d’Ananias à Damas, puis par les révélations qu’il fit à l’apôtre Paul, plus tard, donc, quand le Saint-Esprit plaça Paul devant la cruelle réalité de sa vie blasphématoire, ça l’a énormément ébranlé. Et Paul n’a jamais caché ce passé honteux.

Il l’a même utilisé, comme dans notre texte, pour nous faire comprendre l’immensité de la grâce de Dieu à l’égard des pécheurs, le caractère complètement surprenant et inattendu de cette grâce.

Le comportement de Dieu à l’égard de Saul de Tarse montre que la grâce de Dieu, c’est sa faveur imméritée pour l’amour de Jésus-Christ. Paul sait que c’est au sacrifice expiatoire de Jésus qu’il doit que Dieu a usé de clémence envers lui, au lieu de le châtier comme il l’avait mérité. « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs. Je suis moi-même le premier d'entre eux, […] mais il m'a été fait grâce […]. »(v. 15-16)

Et cette grâce, cette faveur imméritée – mais que Jésus nous a obtenue sur la croix – est disponible pour les pécheurs les plus grossiers. Paul en savait quelque chose. « Je suis moi-même le premier d’entre eux »avoue-t-il ici.

Mais il est soulagé de savoir, comme il l’écrit aux Romains, que « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5.20 ; Segond, Genève 1978). Cela, il le dit par expérience personnelle ; mais il le met par écrit, sous l’inspiration du Saint-Esprit, pour que nous aussi, nous ne désespérions jamais de la grâce de Dieu, quelle que soit la gravité de ce que nous avons fait.

Il dit la même chose dans notre texte : « La grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l'amour qui sont en Jésus-Christ. » (v. 14)

« Si nous reconnaissons nos péchés » (1 Jn 1.9) et avons « foi », croyons, en ce que Jésus a fait et enduré pour nous, nous sommes graciés, pardonnés, car ce par quoi Jésus a passé à la pleine satisfaction du Père, cela suffit pour expier « les péchés du monde entier » (1 Jn 2.2), les tiens aussi, également les miens, même ceux d’un « blasphémateur »et « persécuteur » comme Saul de Tarse.

Et si un péché particulier devait ne pas te laisser la conscience tranquille, si un sentiment de culpabilité précis devait peser sur ta conscience, sache que la confession et l’absolution privées sont une institution du Seigneur, justement pour retrouver la sérénité et la joie auprès de Lui. Là, il confirme sa grâce à celui qui se repent et qui croit en Lui.

Alors là, oui ! Dieu nous surprend par sa grâce sans borne, après nous avoir déjà surpris par sa patience. Mais

X X X 3 X X X

Notre Dieu nous surprend aussi par

sa confiance,

par la confiance qu’il place en nous, par les responsabilités et les tâches qu’il ose nous confier !

Saul de Tarse lui-même n’en revient pas : Dieu le choisit, lui, le « blasphémateur » et « persécuteur », pour le prendre au « service » le plus éminent dans l’Eglise de Jésus-Christ : l’apostolat !

Et cela le remplit de « reconnaissance envers Jésus-Christ » : bien entendu, avant tout pour avoir été gracié et sauvé de la perdition et élevé au rang d’enfant de Dieu et de citoyen des cieux. Mais sa « reconnaissance envers […] le Seigneur » concerne aussi tout particulièrement « la confiance » que Jésus place en lui, vu son passé encore tout récent !

« Je suis reconnaissant envers celui qui m'a fortifié, Jésus-Christ notre Seigneur, car il m'a jugé digne de confiance en m'établissant à son service. » (v. 12)

Il n’y a d’ailleurs pas que Paul à avoir été surpris par « la confiance » que le Christ lui témoignait en le faisant apôtre.

Rappelez-vous Ananias, chargé de faire la cure d’âme et l’instruction de Saul de Tarse à Damas ! Quand Jésus lui dit : Saul de Tarse va être « un instrument […] pour faire connaître mon nom aux non-Juifs, aux rois et aux Israélite », la réaction de recul a été immédiate chez Ananias : « Seigneur, j’ai appris de beaucoup tout le mal que cet homme a fait à tes saints ! » (Ac 9.10-16)

Ensuite ce fut au tour de l’Eglise de Jérusalem et des apôtres d’avoir des doutes sur la sincérité de la conversion de Saul de Tarse. « Arrivé à Jérusalem, Saul essaya de se joindre aux disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas qu’il était un disciple » (Ac 9.26). Et si c’était une manœuvre d’infiltration de la part de ce « persécuteur » ? En tout cas, ce n’est pas eux qui auraient fait confiance à Saul pour en faire un des leurs, et encore moins un des apôtres ! Le Seigneur a pris tout le monde au dépourvu !

Chers amis, ne vous est-il jamais arrivé de vous dire que Dieu avait vraiment le goût du risque en vous confiant une responsabilité particulière, en vous demandant de remplir un « service » précis ?

Nous avons tous une certaine connaissance de notre personne, et même si certains peuvent avoir découvert en nous une faiblesse que nous ne discernons pas avec la même netteté, nous en savons assez sur nous-mêmes pour être étonnés que « Jésus-Christ, notre Seigneur » nous ait « jugés dignes de confiance en nous établissant à son service » !

Il est frappant de voir que dès que la grâce est faite à quelqu’un d’être inséré dans « la maison spirituelle » de l’Eglise, il est appelé « pierre vivante » (1 P 2.5), non seulement une pierre qui a reçu la vie de la foi, mais qui rayonne et qui transmet aussi cette vie !

Lorsque nous avons été « appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière », nous avons aussitôt été revêtus de la responsabilité « de proclamer les louanges » de notre Sauveur ! (1 P. 2.9).

Certains sont mêmes appelés à des fonctions particulières dans l’Eglise, voire à un ministère particulier comme diacre, ou même au ministère pastoral. Cette « confiance » que nous fait le Seigneur nous émeut et nous réjouit, bien entendu, mais elle nous surprend aussi. Nous ne nous en trouvons pas seulement indignes, mais souvent pas non plus à la hauteur de la tâche.

Et là il est bon de savoir : c’est le Seigneur qui « m’a jugé digne de confiance en m’établissant à son service ». Oh ! il ne le fait pas de façon aveugle. Il nous dirige et nous seconde, il nous « fortifie » aussi dans nos responsabilités et il agit lui-même à travers notre témoignage.

Ainsi, pour pouvoir exercer son apostolat, Paul a « reçu l’Esprit qui vient de Dieu ». Aussi pouvait-il dire : Nous, les apôtres, « nous parlons [des bienfaits de Dieu] avec les paroles […] qu’enseigne l’Esprit saint. ». Son apostolat ne repose donc pas sur sa « sagesse humaine », mais sur la révélation et l’accompagnement du Saint-Esprit (1 Co 2.12-13)

Et pour que nous, nous puissions le servir là où il nous a placés dans la vie et dans l’Eglise, il nous a donné dans la Bible d’une part son Evangile pour nous « fortifier » dans notre foi, d’autre part ses indications ou dispositions pour nous permettre de nous repérer et de nous diriger.

Ainsi, s’il nous surprend par sa « confiance », il nous étonne aussi par les moyens qu’il met à notre disposition pour que nous puissions exercer le « service » qu’il nous a confié.

S’il nous a « confié » à tous des responsabilités, faisons-lui confiance en retour : il nous assistera aussi. Ne pas lui faire confiance pour le « service » dans lequel il nous a appelés, ce serait l’accuser de s’être trompé en nous faisant « confiance ».

Même, ne pas « être reconnaissant » à Jésus de nous avoir fait « confiance » en « nous prenant à son service », c’est méconnaître le grand honneur qu’il nous fait ainsi, méconnaître aussi que « la moisson est grande » et qu’il n’y a pas trop « d’ouvriers dans la moisson’ » (Mt 9.37-38)

Non, soyons humbles en ce qui nous concerne, confessons aussi nos manques et nos manquements, mais ayons confiance en

ce Dieu qui nous surprend

1. par sa patience,

2. par sa grâce, et

3. par sa confiance !

« Au roi des siècles, au Dieu immortel, invisible et seul sage soient honneur et gloire aux siècles des siècles ! Amen ! » (v. 17)

Jean Thiébaut Haessig



Chants proposés :

Viens, Créateur, emplis nos âmes AeC 501 :1-3

Ø Liturgie d’entrée

Je crois en Dieu, le Créateur, AeC 565 : 1-3

Non point à nous-mêmes, Seigneur AeC 539 : 1-4

Ø Prédication

Je veux répondre, ô Dieu ! AeC 415 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:33Aucun commentaire:  

LUNDI 1 JUIN 2009

Sermon du dimanche 31 mai 2009 -Pentecôte

CONFIRMATION 2ème partie 

23 « Jésus lui répondit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera ; nous viendrons vers lui et nous établirons domicile chez lui.

24 Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles, et la parole que vous entendez ne vient pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé.

25 Je vous ai dit cela pendant que je suis encore avec vous,

26 mais le Défenseur, l'Esprit saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer." »

 

 

Chers frères et sœurs et particulièrement vous, chers Quentin et Xavier !

Tout à l’heure, au cours de la liturgie de la confirmation proprement dite, je vous imposerai successivement les mains en invoquant sur vous le Saint-Esprit tel qu’il est décrit dans Esaïe 11, verset 2 : « Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. »

C’est dire – mais qui aurait pu en douter ? – combien il est judicieux de célébrer une confirmation lors de la Fête du Saint-Esprit, lors de la Fête de la Pentecôte.

Bien entendu, le rôle du Saint-Esprit ne se limite pas au jour de la confirmation et, d’ailleurs, lors de la première Pentecôte à Jérusalem, il n’y avait pas de confirmation comme nous en célébrons une aujourd’hui – encore que …

le récit de la première Pentecôte se termine ainsi : « Ceux qui acceptèrent sa parole [celle proclamée par l’apôtre Pierre] furent baptisés et, ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ 3000 personnes » (Ac 2.41).

Nous avons tous les ingrédients d’une confirmation dans cet événement fondateur de l’Eglise du Nouveau Testament : confession de foi, implication du baptême, réception dans le nombre des disciples, c.à.d. des membres de l’Eglise qui mettent en pratique leur promesse de « persévérer dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (Ac 2. 42)

Il y a dix jours, quand vous avez professé votre foi à l’aide de vos connaissances catéchétiques, vous avez parlé de l’action du Saint-Esprit dans votre Baptême, dans votre conversion et dans votre vie de tous les jours. Vous avez confessé que « c’est le Saint-Esprit qui, par l’Evangile, » – pour résumer – « vous a appelés, éclairés de ses dons, sanctifiés et maintenus dans la vraie foi » (Martin Luther, Petit Catéchisme).

C’est de cela que Jésus nous parle dans le texte proposé pour ce jour. Cela tombe bien. C’est à croire que ceux qui ont choisi ce texte comme texte pour la prédication de Pentecôte savaient que nous célébrerions ce jour une confirmation à Châtenay-Malabry. – Je plaisante, évidemment.

Voici comment nous pourrions résumer ce que Jésus nous dit ici à tous – et à vous deux en particulier, Quentin et Xavier :

LAISSEZ

« LE DEFENSEUR, L’ESPRIT SAINT, »

CONTINUER

1. à vous remplir de l’amour de Dieu !

2. à vous enseigner avec la Parole de Jésus !

3. à vous envelopper de la paix divine !

X X X 1 X X X

Laissez « le Défenseur, l’Esprit Saint, »

continuer à

vous remplir de l’amour de Dieu !

Premier plissement de sourcil : « le Défenseur » ? En quoi ai-je besoi d’un« Défenseur » (v. 2) ? Et pourquoi Jésus appelle-t-il « le Saint-Esprit » « le Défenseur » ? D’ailleurs, l’ancienne traduction Segond ne traduisait-elle pas « Consolateur » ?

Il est normal que vous vous posiez cette question. Il y a d’ailleurs des traductions – « la Bible de Jérusalem », par exemple – qui ont laissé le mot grec original : « le Paraclet », ce qui, il est vrai, ne vous avance pas plus. Mais pourquoi pas ? Nous avons d’autres titres ou mots grecs comme« Christ » ou hébreux comme « Emmanuel » ou « Jésus », qu’il faut aussi expliquer pour en comprendre la signification.

Ailleurs, comme dans le verset de confirmation que vous avez choisi tous les deux dans la 1ère Epître de Jean, ce mot est traduit par « avocat », et là, en parlant de Jésus. (1 Jn 2.1-2)

Vous avez peut-être l’impression de vous perdre dans ce fouillis fait d’avocat, de défenseur et de consolateur. Mais c’est simple, et c’est surtout réconfortant pour nous. « Paraclet » signifie : celui qui a été appelé à nos côtés pour nous soutenir. Quand nos péchés nous accusent, il est notre « Défenseur » ou « Avocat » de la défense. Quand nos péchés nous culpabilisent, il est notre « Consolateur ». Dans les deux situations, il nous« rappelle » (v. 26) la Parole d’amour de Dieu qu’est l’Evangile du Christ.

Dans ces situations, il dirige notre regard sur Celui qui a expié nos fautes et auprès duquel le pardon est disponible pour quiconque se repend et place sa foi en Lui.

Ce service – vous défendre et vous consoler face à vos péchés et à votre culpabilité – ce service, il veut vous le rendre tout au long de votre vie. Il ne veut cesser de vous « rappeler » ce que Jésus a fait pour vous, comment il a expié vos péchés et vous a obtenu le pardon et l’amour de Dieu.

Laissez « le Défenseur, l’Esprit saint, » continuer à vous rappeler l’amour de Dieu toute votre vie durant ! Laissez-le vous soulager par le rappel que Dieu vous aime. Laissez-le vous le rappeler particulièrement quand cela va mal dans votre vie, quand vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur de ce qui se dresse sur votre route, quand vous avez l’impression que Dieu s’est détourné de vous, ne s’intéresse pas à vous !

Vous « gardez sa Parole » ? Vous prenez à cœur ce qu’il vous dit dans sa Parole d’Evangile ? Conformément aux promesses faites pour l’amour de Jésus-Christ, vous le prenez au mot et lui accordez foi ?

Alors, nous dit Jésus, « le Défenseur, l’Esprit saint, que le Père envoie en mon nom, vous rappelle » entre autre cette promesse : « Mon Père t’aime ; nous sommes venus vers toi et nous avons établi domicile chez toi » ! (v. 23).

N’empêchez jamais le Saint-Esprit de vous le rappeler ! Ne mettez jamais d’obstacles entre vous et son activité de soutien et de « Consolateur » ! Et débarrassez votre vie et votre corps de tout ce qui pourrait le faire fuir, car « votre corps est le temple du Saint-Esprit » et il ne veut pas établir domicile dans un temple où on se complaît dans le péché ! (1 Co 6.18-20)

En d’autres mots,

X X X 2 X X X

Laissez « le Défenseur, l’Esprit Saint, »

continuer à

vous enseigner avec la parole de Jésus !

Avec la confirmation, vous avez – et nous tous, un jour, nous avons – franchi une étape : nous avons traversé de bout en bout l’instruction catéchétique de l’enfance. Mais ce n’est qu’une étape, ce n’est pas une fin. Vous avez posé des bases ; il s’agit maintenant de continuer à construire et à consolider.

Ou pour prendre une autre image : il s’agit de continuer à entretenir le feu de la foi, sinon il s’éteint si on oublie de rajouter continuellement du combustible.

C’est ce que vous avez déclaré il y a dix jours en citant Luther : « Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui. Mais c’est le Saint-Esprit qui, par l’Evangile, m’a [non seulement] appelé, [mais aussi] éclairé de ses dons, sanctifié et maintenu dans la vraie foi. »

Si nous nous coupons de l’Evangile, notre foi en Jésus-Christ ne peut que s’étioler, s’éteindre plus ou moins vite, car nous nous coupons alors de celui que Jésus a promis d’envoyer – et qu’il a effectivement envoyé ! – pour nous ancrer et nous faire grandir dans une relation de foi vivante avec lui.

C’est ce qu’il nous dit ici dans notre texte : « Le Défenseur, l'Esprit saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »

Et Jésus s’étend sur le sujet, au point de remplir aussi le chapitre suivant où il revient sur le rôle du Saint-Esprit : « Il rendra témoignage de moi »(Jn 15.26), l’action du Saint-Esprit consistera – et consiste maintenant – à« nous enseigner toutes choses et [à] nous rappeler tout ce que [Jésus]a dit » et fait pour nous.

Autrement dit : le Saint-Esprit veut nous fortifier dans la foi en Jésus-Christ, notre Sauveur, en agissant sur nous à travers l’Evangile, cette Bonne Nouvelle de ce que Jésus a fait pour nous et de la grâce et du pardon de Dieu qu’il nous a ainsi obtenus de haute lutte.

Comment ne pas rester à l’écoute d’une Nouvelle aussi merveilleuse, merveilleuse par son contenu, mais merveilleuse aussi par son effet, l’action sanctifiante que le Saint-Esprit a sur nous à traveers cet Evangile !

Comment ne pas vouloir en entendre toujours plus sur le compte de ce Sauveur merveilleux ! Quand vous recevez une lettre de quelqu’un que vous aimez, vous l’ouvrez avec fébrilité, vous n’avez jamais assez de ses nouvelles.

C’est pareil avec les mots d’amour que Dieu nous envoie, l’Evangile de Jésus-Christ, l’Evangile où Dieu se présente plein de grâce envers nous. Ce qui fait dire à Jésus ici. « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole. »(v. 23)

Et comment ne pas vouloir nous mettre le plus possible, le plus fréquemment et le plus régulièrement possible au contact de cet Evangile, comment ne pas tout faire pour se trouver placé sous son action sanctifiante et salutaire !

Nous nous attachons d’autant plus à rencontrer notre Sauveur bien-aimé dans l’Evangile, que le Saint-Esprit nous y affermit dans la foi en Jésus, y resserre nos liens avec notre bon Père céleste et nous conforte ainsi dans notre état d’enfants de Dieu et d’héritiers des cieux.

Voilà pourquoi nous venons au culte, aux études bibliques, aux réunions des jeunes. Non pas pour être meilleurs que d’autres – Dieu nous préserve d’un tel orgueil ! – mais par amour pour notre Sauveur et dans la joie de savoir que le Saint-Esprit y exerce cette merveilleuse action sanctifiante sur nous.

Aussi, laissez « le Défenseur, l’Esprit Saint, » continuer à vous enseigner avec la parole de Jésus après comme avant votre confirmation !

Enfin,

X X X 3 X X X

Laissez « le Défenseur, l’Esprit Saint, »

continuer à

vous envelopper de la paix divine !

Une « des paroles que Jésus a dites » et que « le Saint-Esprit » veut « nous rappeler » ici tout particulièrement, c’est celle qui clôt notre texte : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer. » (v. 27)

Quand nous recevons quelque chose dans « le monde », il nous arrive d’avoir des doutes, voire des soupçons, sur les mobiles, ou sur ce qu’on attend de nous en retour, ou sur la qualité de ce qu’on nous donne.

Cela est tout particulièrement vrai quand quelqu’un nous propose de faire la paix, ou quand les partenaires sociaux font la paix après des tensions sociales, ou quand un Etat conclue une paix avec un autre Etat.

Ces paix sont toutes éphémères, provisoires, car fondées sur la volonté des hommes qui eux ne sont ni parfaits ni éternels. Et si leurs arrière-pensées ou espoirs plus ou moins avouées ne se réalisent pas, la paix conclue vole de nouveau en éclats.

Dans « le monde », une paix doit continuellement être consolidée, adaptée à des circonstances changeantes, pour que chacun des partenaires impliqués y trouve à peu près son compte, car les paix de ce « monde »sont toutes imparfaites. Il faut nous en faire une raison.

Quel soulagement, alors, de nous entendre dire par Jésus que sa paix est différente, parce que lui qui nous la donne est différent : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer. »

Dieu merci ! nous n’avons pas besoin d’être « effrayés » de voir Jésus nous« donner sa paix ». Il « ne la donne pas comme » un vainqueur l’impose à un vaincu, elle n’est pas hypocrite, il n’y a pas de piège ou de vice caché dans sa paix, elle ne nous engage pas à des obligations où nous serions pris comme dans une souricière, faits comme des rats.

Non, Jésus la donne de bon cœur. Personne n’aurait pu l’y forcer. Pourtant il a dû payer de sa vie pour pouvoir nous la donner. Et il la donne sans contrepartie, il la donne de bonne grâce et par pure grâce.

Et quelle paix ! C’est du solide. C’est une paix durable, permanente, elle est même éternelle ! Elle n’est pas fondée sur des engagements humains, donc fragiles, mais sur le paiement parfait qu’il a fait lui-même et que Dieu a accepté comme satisfaisant, comme suffisant pour être réconcilié avec nous, les pécheurs.

C’est vraiment – comme le dit Paul – « une paix qui dépasse tout ce qu’on peut comprendre » (Ph 4.7). Tout y est miraculeux : que le Dieu trois fois saint accepte de faire la paix avec les pécheurs que nous sommes, le prix exorbitant payé pour que cette paix soit possible, et le payeur – le Fils de Dieu lui-même ! – qui se voit d’ailleurs décerné le titre de« Prince de la Paix » (Es 9.5)

La façon dont nous avons été reçus dans cette « paix » est d’ailleurs tout aussi miraculeuse : le Saint-Esprit nous a appelés et maintenus dans la foi en Jésus-Christ « par l’Evangile », il nous a élevés dans l’Alliance de grâce du Baptême et il continue de nous y enraciner par la Parole et la Cène

Laissez « le Défenseur, l’Esprit saint, » continuer à vous envelopper dans« la paix » que Jésus vous a procurée. N’oubliez pas ce que vous avez confessé : « Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ ni aller à lui. Mais c’est le Saint-Esprit »qui fait tout cela « par l’Evangile ».

Il n’y a que lui qui peut vous maintenir dans cette paix avec Dieu, ce n’est que lui qui peut vous maintenir dans cette situation bienheureuse où Dieu n’est plus votre juge implacable mais votre Allié, votre Père tout-puissant, miséricordieux et prévenant.

Il n’y a que le Saint-Esprit qui peut vous maintenir dans cet état d’enfant de Dieu et d’héritier des cieux. Mais il ne peut le faire que si vous ne vous soustrayez pas à son action à travers l’Evangile.

Si une paroisse multiplie les activités spirituelles, si elle propose, en plus des cultes et de l’instruction des enfants, par exemple des études bibliques et des réunions des jeunes, ce n’est pas par activisme, mais pour être au contact de l’action du Saint-Esprit, pour être maintenus dans « la paix » du Christ, la paix dès ici-bas malgré nos péchés, et la paix, plus tard dans la félicité éternelle, lorsqu’il n’y aura plus de péché et que du bonheur !

Alors, oui, arrangeons-nous – vous deux, Quentin et Xavier, mais aussi nous tous ici présents – arrangeons-nous pour laissez « le Défenseur, l’Esprit saint, » continuer

1. à nous remplir de l’amour de Dieu !

2. à nous enseigner avec la Parole de Jésus !

3. à nous envelopper de la paix divine !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Jeudi de l'Ascension

CONFIRMATION 1ère partie



Texte : Ac 1.3-11

« Après avoir souffert, il se présenta à eux vivant et leur en donna de nombreuses preuves : pendant 40 jours, il se montra à eux et parla de ce qui concerne le royaume de Dieu.

Alors qu'il se trouvait en leur compagnie, il leur recommanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, "ce que je vous ai annoncé," leur dit-il,

"car Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit."

Alors que les apôtres étaient réunis, ils lui demandèrent : "Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rétabliras le royaume pour Israël ?"

Il leur répondit : "Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.

Mais vous recevrez une puissance lorsque le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre."

Après avoir dit cela, il s'éleva dans les airs pendant qu'ils le regardaient et une nuée le cacha à leurs yeux.

10 Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, deux hommes habillés de blanc leur apparurent

11 et dirent : "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l'avez vu aller au ciel."

 

Chers frères et sœurs et particulièrement vous, Quentin et Xavier !

Que fêtons-nous aujourd’hui : l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ ou le premier volet de votre confirmation ? De quoi dois-je parler ?

Rappelez-vous : au début de ce mois, lorsque nous avons commémoré le « Jour des apôtres Philippe et Jacques le Mineur », j’avais expliqué aux enfants de l’Ecole du Dimanche que tous nos cultes étaient des cultes rendus à Jésus-Christ, jamais à des personnes, quelles qu’aient été leur rôle dans l’histoire de l’Eglise.

Paul écrivait déjà aux Corinthiens que son ministère se résumait à annoncer « rien d’autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Co 2.2). Nous célébrons donc aujourd’hui aussi « rien d’autre que Jésus-Christ, » et aujourd’hui plus spécialement l’ascension de notre Seigneur crucifié et ressuscité.

Mais il sera aussi question de votre confirmation, en fait de notre confirmation à nous tous, car nous tous qui sommes membres communiants, nous avons tous préalablement confessé publiquement notre foi en Jésus-Christ, soit à l’âge d’environ 14-15 ans, soit au moment d’être reçu dans la paroisse à un âge plus avancé.

Voyez-vous : annoncer le Christ, cela ne signifie pas ne parler que de lui, de façon déconnectée de notre vie, de notre vécu. Cela reviendrait à ne faire que de l’histoire. Ce n’est pas ce qui nous réunit dans nos cultes.

La grâce nous a été faite de découvrir que tout ce que Jésus-Christ a fait et enduré il l’a fait « pour nous », et tout ce qu’il continue de faire, il le fait « pour nous » (Rm 5.8 ; 1 Co 5.7 ; 2 Co 5.21 ; 1 P 2..21 ; 4.1 ; 1 Jn 3.16 ; Rm 8.34 ; etc.)

Cela est vrai aussi de l’ascension de notre Seigneur Jésus-Christ. Vous l’avez d’ailleurs souligné tout à l’heure, au cours de l’entretien que nous avons eu ensemble, au cours du témoignage de votre foi que vous avez donné il y a un instant.

Vous l’avez montré en particulier à l’aide du verset de confirmation que, curieusement, vous avez choisi tous les deux sans vous concerter (1 Jn 2.1-2). Vous avez dit combien l’œuvre du Christ mort, puis ressuscité et maintenant assis à la droite du Père est source de réconfort, de paix, de joie et de salut.

Et c’est sous cet angle que je vous invite à méditer notre texte aujourd’hui, brièvement, car votre entretien était déjà un message détaillé de l’Evangile, mais quand même quelques instants. Le thème en sera :



DES TEMOINS

DU CHRIST MONTE AU CIEL

1. ont comme lieu de ressourcement « Jérusalem »

2. mais vivent en témoins « jusqu’aux extrémités de la terre »

X X X 1 X X X

Comme témoins du Christ monté au ciel

nous venons régulièrement

nous ressourcer à « Jérusalem »

Jésus allait monter au ciel, il allait se soustraire à la vue de ses disciples. Notre capacité à voir est limitée à l’espace dans lequel nous vivons. Il nous est impossible de voir Jésus-Christ avec son corps glorifié, avec son corps qui partage maintenant pleinement les attributs de sa nature divine, comme vous l’avez indiqué tout à l’heure. Nous ne sommes pas encore capables de côtoyer « par la vue » notre Seigneur glorifié. Voilà pourquoi il s’est soustrait à notre vue et nous demande de le côtoyer « par la foi » (2 Co 5.7).

C’est la raison pour laquelle il demande aux siens « de ne pas s’éloigner de Jérusalem » (v. 4). C’est là qu’ils se rencontrent dans les cultes, c’est là qu’ils Le rencontrent dans l’Evangile annoncé, et dans l’Evangile administré dans les sacrements.

C’est la première leçon de notre texte à l’occasion de cette Fête de l’Ascension/Confirmation.

Quentin et Xavier, mais aussi vous tous ici présents, ne vous éloignez jamais de « Jérusalem », ne vous éloignez jamais de l’Eglise et de ses activités : c’est là que le Seigneur veut vous rencontrer ; c’est là qu’il vous a donné un berger pour veiller sur vos âmes, c’est là qu’il veut vous instruire, c’est là qu’il veut vous soulager, vous réconforter, vous relever, vous remplir de paix et de joie, et vous guider.

Quand Celui qui « après avoir souffert », avoir été crucifié et s’être finalement « présenté vivant » à ses disciples (v. 3), nous demande quelque chose, ce n’est pas pour nous embêter inutilement, mais pour nous rendre service, pour nous faire profiter de ses bienfaits.

Ne l’oublions jamais ! Ne désertons pas nos cultes et les autres activités qui nous font rencontrer le Seigneur pour notre bien. Ne nous « éloignons »pas progressivement de l’annonce de la Parole et de l’administration des sacrements : nous nous retrouverions un jour coupés de sa grâce et de son salut, de notre salut.

C’est au culte et dans les autres moments d’adoration, de méditation et d’instruction dans l’Eglise que nous recevons les bienfaits de Jésus monté au ciel, que ce soit en recevant l’absolution des péchés, en répondant à l’invitation de la Cène, en recevant la bénédiction ou en n ous entendant annoncer l’Evangile de grâce, y compris par la bouche des confirmands.

C’est là que nous nous retrouvons régulièrement pour nous ressourcer auprès de Jésus-Christ « victime expiatoire pour nos péché », mais aussi « notre avocat auprès du Père ».

C’est là qu’à travers l’Evangile annoncé ou l’Evangile administré dans les sacrements, que « nous recevons la puissance, » celle « du Saint-Esprit qui vient sur nous » (v. 8) et qui nous rend forts de son pardon, confiants dans ses promesses de grâce et de fidélité et, ainsi, armés pour la vie quotidienne, dans notre marche vers la vie éternelle.

En venant participer au culte, en venant participer aux activités paroissiales, nous confessons ou confirmons notre foi en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur, notre foi en ses promesses, notre foi en ses bénédictions.

Mais, bien entendu, il n’est pas dans l’intention du Christ monté à la droite du Père que nous nous cantonnions à le confesser en vase clos.

X X X 2 X X X

Comme témoins du Christ monté au ciel

nous vivons en témoins

« jusqu’aux extrémités de la terre »

« Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre ! » (v. 8)

Bien entendu, Jésus indique ici une direction, un mouvement. Aucun apôtre n’est arrivé « jusqu’aux extrémités de la terre ». De Jacques au moins nous savons qu’il n’a même pas quitté la Palestine puisque Hérode l’a fait exécuter très tôt.

Même aujourd’hui, avec les moyens de communication modernes, personne n’est capable d’être témoin de Jésus-Christ à toutes les « extrémités de la terre », d’être partout témoin du Christ monté au ciel.

Mais Jésus nous donne une indication. Les apôtres devaient commencer à être ses témoins « à Jérusalem ». Ils devaient commencer chez eux. Nous aussi, là où nous vivons, tout de suite à la sortie de notre lieu de culte. Rappelez-vous la photo de l’actuelle « Lettre Paroissiale » avec son commentaire !

Ensuite les apôtres devaient progresser vers « toute la Judée », la province autour de Jérusalem, puis dans la région voisine de « Samarie », et ainsi de suite jusqu’à ce que l’Evangile ait atteint les gens de toutes les régions du monde.

Nous sommes là en présence du plan de marche de l’Eglise et de sa mission à travers les temps. C’est aussi notre plan de marche. « Vous serez mes témoins » là où vous habitez, travaillez et êtes engagés dans votre paroisse, mais aussi dans la région, dans le pays et à l’étranger.

Là où nous sommes, nous pouvons le faire nous-mêmes, par notre vie chrétienne et notre témoignage direct, par notre engagement aussi dans les activités de la paroisse.

Dès que cela s’éloigne, nous ne pouvons que rarement le faire directement. Mais nous le ferons samedi en allant à Troyes pour unir notre témoignage de Jésus-Christ à celui de nos amis troyens.

Sinon, nous pouvons le faire en soutenant par nos prières régulières et par nos dons tout aussi réguliers notre église, ses entreprises missionnaires, en participant peut-être au travail des associations qui les épaulent (comme « L’Heure Luthérienne »).

Mais n’oublions jamais une chose : ce n’est pas notre mission, c’est la sienne, celle du Christ monté au ciel. C’est lui qui nous y a appelés, c’est lui qui nous y envoie, et c’est encore lui qui nous promet de nous y assistez en nous rassurant : « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28.20)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig





Chants proposés :

Christ remonte dans la gloire LlS 114 : 1-5

Ø Liturgie

Je suivrai Jésus-Christ LlS 277 : 1

Ø Entretien / témoignage 1° partie

Je suivrai Jésus-Christ LlS 277 : 2

Ø Entretien / témoignage 2° partie

Je suivrai Jésus-Christ LlS 277 : 3

Ø Entretien : témoignage 3° partie

Je suivrai Jésus-Christ LlS 277 : 4

Ø Entretien : témoignage 3° partie

Je suivrai Jésus-Christ LlS 277 : 5

Ø Prédication

Venez, chrétiens, et contemplons LlS 119 : 1-2+5-6

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 22:15Aucun commentaire:  

LUNDI 4 MAI 2009

Sermon du dimanche 03 mai 2009 - JOUR DES APÔTRES PHILIPPE ET JACQUES LE MINEUR



Texte : 1 Co 4.9-15

« En effet, il me semble que Dieu a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.

10 Nous sommes fous à cause de Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés et nous sommes méprisés !

11 Jusqu'à cette heure, nous souffrons de la faim, de la soif, du dénuement; nous sommes maltraités, errants ;

12 nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains. Injuriés, nous bénissons; persécutés, nous supportons ;

13 calomniés, nous répondons avec bonté. Nous sommes devenus comme les balayures du monde, le déchet de tous, jusqu'à maintenant.

14 Ce n'est pas pour vous faire honte que j'écris cela, mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés.

15 En effet, même si vous auriez 10 000 maîtres en Christ, vous n'avez cependant pas plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai donné la vie en Jésus-Christ par l’Evangile. »

 

Chers frères et sœurs

qui, comme les apôtres, passez parfois pour « fous »,

mais qui êtes en réalité « sages en Jésus-Christ » !

« Jour des apôtres Philippe et Jacques le Mineur » ! Je pense qu’il vaut mieux commencer par les présenter pour qu’il n’y ait pas de confusion.

Commençons par « Philippe ». Ce n’est pas le Philippe que Dieu a envoyé instruire et baptiser l’eunuque d’Ethiopie sur le chemin de Gaza (Ac 8.26-39). Celui-ci était diacre et évangéliste ; les Actes des Apôtres parlent de lui à plusieurs reprises (Ac 6.3-6 ; 8.4-40 ; 21.8-9).

Nous parlons aujourd’hui de « Philippe », l’un des douze apôtres. Comme Pierre et André, il était natif de Bethsaïda, sur les bords du Lac de Galilée. C’est là que Jésus l’a rencontré peu après son baptême. Il a été le 4ème à avoir été appelé par Jésus pour être un de ses apôtres (Jn 1.43-45).

D’avoir rencontré le Messie le rend si heureux – il ne peut pas le garder pour lui – qu’il tient tout de suite à le faire rencontrer à son ami Nathanaël. Plus tard, Jean parle encore trois fois de lui dans son évangile (Jn 6.5-6 ; 12.20-23 ; 14.8-12). Enfin il se trouve dans la chambre haute avec les autres apôtres, après l’Ascension (Ac 1.13). Après, la Bible ne le mentionne plus.

La tradition prétend qu’il a subi le martyre à Hiérapolis, en Phrygie. On n’en a pas de preuve historique, mais il doit y avoir un fond de vérité en tout cela.

X X X

« Jacques le Mineur » (Mc 15.40), pour le distinguer de l’autre apôtre Jacques, le fils de Zébédée et frère de Jean.

Ce n’est pas non plus l’auteur de l’épître du même nom. Celui-là était un frère de notre Seigneur et le pasteur principal de la première communauté chrétienne, celle de Jérusalem.

« Jacques le Mineur » – il était sans doute plus jeune que l’autre Jacques – était « fils d’Alphée » (Mt 10.3). Sa mère, une autre Marie, était l’une des femmes qui accompagnaient Jésus. Il avait un frère appelé Joseph (Mt 27.56).

« Jacques le Mineur » était aussi du nombre des apôtres le jour de l’Ascension. C’est aussi la dernière fois qu’il est mentionné dans la Bible. On ne sait trop rien à son sujet par ailleurs.

X X X

C’est la raison pour laquelle l’épître choisie pour ce jour est un texte de l’apôtre Paul où il parle du ministère apostolique. Sans doute parle-t-il aussi de lui-même, mais il s’englobe dans le collège des apôtres en parlant continuellement de « nous les apôtres » (v. 9), « nous« nous » (15 fois !). Et pourtant, nous verrons que bien souvent nous aurons l’impression – et à juste titre – qu’il parle aussi de nous.

Notre thème d’aujourd’hui, sera, en effet :

 

LA VIE D’UN APÔTRE,

UN CONDENSE

DE NOTRE EXPERIENCE DE CHRETIEN

1. Pour certains nous sommes des « fous » dérangeants.

2. Pour Dieu, des « sages en Christ ».

X X X 1 X X X

POUR CERTAINS, NOUS SOMMES

« DES FOUX » DERANGEANTS

Rappelez-vous la première Pentecôte à Jérusalem ! Quand la foule entend les apôtres « parler dans leur langues des merveilles de Dieu », certains lancent : « Ils sont ivres ! » (Ac 2.11)

Lorsqu’à l’Aréopage, les Athéniens « entendirent [Paul] parler de résurrection des morts, certains se moquèrent » de lui (Ac 17.32).

Lorsque Paul, prisonnier à Césarée, présente l’Evangile et parle entre autre de repentance et de résurrection devant le roi Agrippa, Bérénice et le gouverneur romain Festus, ce dernier lance : « Tu es fou, Paul ! Ton grand savoir te fait déraisonner ! » (Ac 26.24).

Essayez de dire, lors d’une table ronde, à la télé ou ailleurs dans le monde, que la Bible est la Parole de Dieu, pas seulement dans le sens qu’elle parle de Dieu, mais que Dieu s’y adresse à nous, et la réaction ne sera guère différente.

Si vous avez le courage de dire que la fidélité dans le mariage et l’absence de relations intimes en dehors du mariage seraient un grand pas pour solutionner les problèmes du sida – et bien d’autres problèmes de société – vous verrez la levée de boucliers en face.

Si vous indiquez que pour Dieu l’homosexualité est un péché, vous serez « méprisé » (v. 10), « injurié » (v. 12), « calomnié » (v. 13).

On vous dira que la foi en Jésus-Christ est pour les « faibles » (v. 10), les forts n’ont pas besoin d’un Sauveur. Les malheureux ! Depuis quand la réalité ressemble-t-elle à ce qu’un aveugle en connaît ?

Certes, nous sommes dans le pays où ont éclos les « droits de l’homme et du citoyen ». N’empêche qu’il a fallu attendre un siècle et demi pour que la femme devienne pleinement citoyenne.

Normalement, nous ne devrions pas être persécutés pour notre foi, comme l’ont été les apôtres. Et cependant, la pensée unique » n’exerce-t-elle pas une pression telle que, souvent, nous n’osons pas opposer « la sagesse de Dieu » (1 Co 1.24) à celle du monde ? Cela ne montre-t-il pas que le monde essaye de nous imposer silence ? N’est-ce pas une forme d’oppression ?

Paul écrit que les apôtres – mais nous pouvons nous y reconnaître à certains moments – sont considérés comme « les balayures du monde », comme « le déchet de tous » (v. 13). Karl Marx a dit que « la religion est l’opium du peuple ». Si les régimes communistes ont tous périclité à la veille de ce 3ème millénaire (il n’ont donc pas tenu un siècle, la plupart même pas 50 ans !), le poison de cette idée marxiste fait toujours son œuvre dans les esprits : confesser sa foi en Jésus-Christ en paroles ou par sa façon de vivre et de se comporter, cela attire toujours le mépris et les calomnies de beaucoup.

Jésus-Christ et les siens gênent le monde. Le monde n’est pas neutre. Je parle de l’état d’esprit des incroyants, pas de la position de notre Constitution et de nos lois. Là, la loi naturelle inscrite dans les cœurs fait œuvre de digue ou de barrière pour « empêcher, dans une certaine mesure, les manifestations grossières du péché » et pour « préserver l’ordre [et la paix] dans le monde. » (Catéchisme synodal, 1970 ; Question 90)

Mais quand Jésus dit : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, » ilne veut pas seulement dire qu’à ses yeux l’incroyant est un adversaire, mais que c’est là effectivement sa tournure d’esprit et qu’il se comporte effectivement comme tel, puisqu’il continue : « et celui qui ne rassemble pas avec moi disperse » (Mt 12.30), travaille contre l’Eglise. Cela n’empêche pas que Jésus fasse son possible pour sauver ses adversaires en les amenant à lui dans la foi.

Dans le monde, on essaye de se débarrasser d’un gêneur ; c’est une réaction naturelle. L’appel à la repentance incommode l’incroyant. L’invitation à recourir au Christ pour être en règle avec Dieu est ressentie par l’incroyant comme une humiliation. Si le monde pouvait faire disparaître l’annonce de l’Evangile du Christ, il pourrait se sentir soulagé, il ne serait plus gêné pour faire ce qu’il veut.

Voilà pourquoi le monde n’en rate pas une pour s’opposer à l’Evangile.

Cette opposition ne prend plus chez nous, dans les pays démocratiques, les proportions prises du temps des apôtres. « En effet, » écrit Paul, « il me semble que Dieu a fait de nous les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte » (v. 9). Il pourra bientôt enlever son« en quelque sorte », car il mourra effectivement « à cause de Christ » (v. 10), à cause de sa foi en Jésus-Christ.

Il semblerait qu’à part Jean tous les apôtres soient morts en martyrs. Ils ont« été donnés en spectacle au monde » (v. 9). Le texte original grec utilise ici le mot qeatron (théatron) qui a donné le mot français théâtre.

C’est que les mises à mort se faisaient en public, souvent dans les arènes et les théâtres, bref dans des lieux de « spectacle ». La tradition veut que Paul ait été décapité sur la route allant de Rome à Ostie, ou que Philippe ait subi le martyre à Hiérapolis, en Phrygie.

Qu’est-ce qui a donné aux apôtres la force de garder foi dans le Seigneur et de le confesser jusqu’au bout au péril de leur vie ?

Bien entendu, ils vivaient personnellement dans la joie d’appartenir au Christ ressuscité. Ils vivaient des promesse de leur Maître : que « celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » ; que « toute personne qui se déclare publiquement pour [Jésus], il se déclarera lui aussi pour elle devant son Père céleste » ; qu’ils n’auraient finalement pas à « redouter ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent tuer l’âme » (Mt 10.22+32+28). Bref, ils savaient qu’ils avaient « la vie en Jésus-Christ » (v. 15).

Mais si les apôtres – et nous avec eux – nous passons aux yeux du monde pour des « fous » et des empêcheurs de tourner en rond, Paul et les autres – Philippe ou Jacques le Mineur, par ex – et nous avec eux, nous savons qu’en fait,

X X X 2 X X X

POUR DIEU, NOUS SOMMES

« DES SAGES EN CHRIST »,

et cela nous remplit de joie, d’une joie communicative. Nous aimerions que de plus en plus de gens partagent avec nous la joie de cette sagesse en Christ.

C’était là la raison d’être des apôtres, le contenu de leur apostolat, leur mission : « donner la vie en Jésus-Christ par l’Evangile » (v. 15), devenir les « pères » spirituels de nombreux « enfants bien-aimés » (v. 14). C’est là une image à laquelle Paul aime souvent recourir.

C’est ainsi que, deux versets après notre texte, il présente Timothée comme « [son] enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur » (v. 17), ou qu’en écrivant à Philémon, il présente Onésime comme « [son] enfant, celui qui est devenu [son] fils en prison » (Phil 10). Enfin, dans sa 2èmeEpître aux Corinthiens, il s’adresse ainsi à eux : « Je vous parle comme à mes enfants » (2 Co 6.13).

Bien sûr, ni Timothée (dont le père était un païen grec), ni Onésime, et encore moins tous les chrétiens de Corinthe, étaient les enfants de Paul selon la filiation naturelle. Mais l’apôtre avait eu la joie de pouvoir semer « l’Evangile » du salut auprès d’eux et de permettre ainsi au Saint-Esprit de les éveiller à la foi en Jésus-Christ, de les régénérer.

C’est pour cela qu’il écrit qu’il a pu leur « donner la vie » – les « engendrer »  « en Jésus-Christ par l’Evangile ».

Cela aussi, cette merveilleuse mission, a aidé les apôtres à tenir bon et à persévérer jusqu’à leur fin – tragique aux yeux du monde, mais bienheureuse pour eux-mêmes (Ph 1.21-23 ; Ap 14.13). N’allaient-ils pas retrouver, dans la félicité éternelle autour du trône de l’Agneau, tous ceux qui sont devenus enfants de Dieu par « l’Evangile » qu’ils ont prêché, par cette « puissance de Dieu pour le salut » (Rm 1.16) ?

Oui, c’est grâce à leur ministère – et grâce à tous ceux qui, après eux et jusqu’à nos jours, ont semé cet Evangile de vie du Christ – c’est grâce à eux que nous sommes devenus bien autre chose que des « fous » (même si le monde nous considère tels !) : « des sages en Jésus-Christ » ! (v. 10)

Heureusement que les apôtres, mais aussi des gens comme nos pasteurs, nos parents ou nos amis, ont été persévérants en pensant à notre salut !

Heureusement qu’ils nous ont mis en contact avec « les Saintes Ecritures qui nous ont rendus sages en vue du salut par la foi en Jésus-Christ » ! (2 Tm 3.15) Ces pères et ces mères spirituels nous ont ainsi fait naître à la« vie en [communion avec] Jésus-Christ » et nous y ont fait grandir.

Nous possédons « la vie en Jésus-Christ » ! C’est tout bonnement renversant ; aussi bien parce que, pécheurs que nous sommes, nous ne l’avons pas mérité, qu’à cause des biens célestes et des grandioses trésors que Jésus nous fait partager.

Sommes-nous en mesure de saisir tout le caractère merveilleux de notre « vie en Jésus-Christ » ici-bas, de notre « vie en [communion avec] lui » ? Notre vie ici-bas se déroule au contact du Vainqueur de Pâques, sous son regard bienveillant et sa protection puissante ! Il ne nous fait vivre que des expériences par lesquelles il veut nous faire grandir dans la foi en lui et mieux assurer notre salut.

Paul a vraiment raison de dire que nous sommes « honorés » (v. 10). Jésus nous fait l’honneur de partager sa victoire avec lui. Il nous fait l’honneur d’être notre Grand Frère. Il nous fait l’honneur de nous élever au rang « d’enfants de Dieu » et de « citoyens des cieux » ! (1 Jn 3.1 ; Ph 3.20)

Tout cela, nous le devons au ministère des apôtres, à celui des pasteurs et au témoignage de tous ceux qui nous ont présenté l’Evangile de Jésus-Christ au cours de notre vie.

C’est ainsi que le Saint-Esprit nous a rendus « sages pour le salut » ; c’est ainsi que nous avons reçu toutes les bénédictions d’une « vie en[communion avec] lui ».

Et cela nous rend « forts » (v. 10) à notre tour. Oh ! sans doute pas comme les apôtres. Peut-être tout simplement parce que nos épreuves n’exigent pas la même force de foi.

Mais comme eux, nous voulons nous appuyer sur notre divin Maître quand nous avons du mal à voir une issue à nos problèmes.

Comme eux, nous voulons faire honneur à notre Sauveur en résistant avec force aux tentations de rendre coup pour coup. Prenons exemple sur les apôtres ; en leur nom, Paul écrit : « Injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous répondons avec bonté » ! (v. 12-13)

Je sais : c’est plus vite dit – surtout quand tout va bien ! – que mis en pratique quand tout va mal. Mais notre Seigneur nous promet de nous bénir dans une telle attitude. Et n’oublions pas : ce n’est qu’ainsi que nous pouvons, à notre tour, « donner la vie en Jésus-Christ par l’Evangile ».

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 26 avril 2009 - MISERICORDIAS DOMINI

Texte : 1 P 2 . 19-25

19 « C'est une grâce de supporter des difficultés en souffrant injustement pour garder bonne conscience envers Dieu.

20 En effet, quelle gloire y a-t-il à endurer de mauvais traitements si vous commettez des fautes ? Mais si vous endurez la souffrance alors que vous faites ce qui est bien, c'est une grâce aux yeux de Dieu.

21 De fait, c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour nous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces,

22 lui qui n'a pas commis de péché et dans la bouche duquel on n'a pas trouvé de tromperie,

23 lui qui insulté ne rendait pas l'insulte, maltraité ne faisait pas de menaces mais s'en remettait à celui qui juge justement,

24 lui qui a lui-même porté nos péchés dans son corps à la croix afin que, libérés du péché, nous vivions pour la justice. C'est par ses blessures que vous avez été guéris.

25 Vous étiez en effet comme des brebis égarées, mais maintenant vous êtes retournés vers le berger et le protecteur de votre âme. »

Chers frères et sœurs

qui « suivez les traces du Christ » !

Nous avons tous été gamins ou gamines. En nous promenant dans la neige ou sur un terrain sablonneux, nous avons sans doute tous essayé de suivre nos parents en mettant nos pieds dans les traces laissés par notre papa ou notre maman.

C’est un jeu intéressant, un défi qu’on se lance, mais on n’y arrive pas vraiment. D’abord parce que les traces des pas des adultes sont trop écartées pour des petits ; ensuite – et surtout – les traces des adultes sont trop grandes : un enfant ne peut les remplir.

Dans notre texte, le Saint-Esprit nous encourage à

SUIVRE LES TRACES DE JESUS !

1. C’est à cela que nous avons été appelés.

2. Ses traces nous montrent le chemin.

3. Il nous aide à le suivre avec confiance.

X X X 1 X X X

SUIVRE LES TRACES DE JESUS :

C’EST A CELA

QUE NOUS AVONS ETE APPELES !

Heureusement que Pierre écrit : « suivre » et non pas superposer nos pas sur les traces de Jésus. Quand je lis ce que Pierre dit ici de notre Seigneur, je trouve ses traces à la fois trop écartées et d’une taille infiniment trop grande pour que mes petits pieds puissent couvrir ses « traces ».

Ecoutez comment il parle de Jésus : « lui qui n'a pas commis de péché et dans la bouche duquel on n'a pas trouvé de tromperie, lui qui insulté ne rendait pas l'insulte, maltraité ne faisait pas de menaces mais s'en remettait à celui qui juge justement » (v. 22-23).

Comment pourrions-nous exactement juxtaposer notre démarche sur celle de Jésus ? Il n’a jamais transgressé aucune loi de Dieu, pas non plus en paroles, même pas en pensées ! Il n’a pas connu de réaction d’impatience ou de vengeance quand on le maltraitait, lui, le Fils éternel et tout-puissant de Dieu ! Il a été l’amour parfait, l’amour personnifié dans toutes les situations, y compris les plus ingrates, les plus injustes, les plus criminelles. Quelle force d’âme ! Quel amour à toute épreuve !

Et qu’est-ce qui lui a permis de laisser des traces d’amour parfait, des traces qui correspondaient exactement à l’étalon de la Loi de Dieu ? « Il s’en remettait à celui qui juge justement ! »

En faut-il de la foi en la justesse de Dieu dans la façon dont il conduit notre vie, pour pouvoir « s’en remettre » à lui quand ont est traité injustement ! En faut-il de la foi dans « le juste jugement » de Dieu pour « s’en remettre » à lui contre vents et marées !

Avouons qu’il nous est impossible de mettre exactement nos pas dans ceux du Christ. Nous pouvons le « suivre », et parfois nous le faisons de très loin – qu’il nous le pardonne ! – mais pas mettre nos pas dans ses traces. Sa démarche est d’un autre niveau, d’une autre qualité.

De temps en temps nous ne laissons pas seulement la marque de pas trop petits et trop courts, parfois nous laissons même une énorme marque dans le sable, car nous nous sommes carrément étalés, étalés dans le péché… Heureusement que Jésus a marché devant nous « pour nous » (v. 24) et est prêt à relever quiconque invoque son aide, son pardon.

Sa démarche à lui est restée impeccable – sans péché – jusqu’au bout, jusqu’à sa mort sur la croix. Pourrons-nous jamais comprendre ce que « Christ a souffert » ? S’il a daigné souffrir, lui à qui « tout pouvoir a été donné » (Mt 28.18), c’est qu’il « a souffert pour nous » (v. 24), pour nous l’éviter. Oh ! pas pour nous éviter la mort sur la croix – nous ne courrons pas ce risque en France en ce début de 3ème millénaire – non, mais pour nous éviter les souffrances éternelles en enfer. C’est cela qu’il a enduré quand le Père l’a « abandonné » (Mt 27.46), c’est dans ce gouffre de souffrances indescriptibles que le Père l’a rejeté pour qu’il y « souffre pour nous », à notre place, pour notre soulagement, pour notre salut.

Et là, il ne nous demande pas de le suivre, de le suivre dans les souffrances de l’enfer : il y est justement allé « pour nous », pour que cela nous soit épargné.

Mais il nous a ainsi laissé un exemple d’abnégation et d’amour du prochain, un exemple d’esprit de sacrifice pour le bonheur des autres, un exemple que Pierre nous demande de « suivre ».

Ce qui est merveilleux dans tout cela, c’est que Jésus nous a précédés « pour nous », pour notre bien, pour notre salut. Il nous a frayé le chemin vers le Père. Il « est le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14.6), le chemin qui mène véritablement à la vie en communion avec Dieu, ici-bas déjà, puis pleinement dans l’éternité.

Et une fois le chemin ouvert pour nous, il « nous a appelés » à le « suivre », à nous « en remettre à lui ». Nous n’avons plus à nous frayer nous-mêmes un chemin vers le Père. D’ailleurs, comment le pourrions-nous ? « On ne vient au Père qu’en passant par Jésus » (Jn 14.6), par le chemin qu’il a ouvert de son pas assuré, de sa démarche irréprochable.

Lui seul a, en passant – façon de parler ! – payé notre dette à notre place et a ainsi fait sauter le verrou qui bloquait notre accès à Dieu. Grâce à lui, la voie est libre. Dieu est en paix avec nous. Même notre démarche problématique, nos pas trop courts et trop petits ne nous empêchent plus d’accéder auprès de Dieu : il suffit de s’engouffrer dans la brèche ouverte par Jésus en faisant confiance à sa démarche aussi parfaite que méritoire.

Cette voie, miraculeusement ouverte pour nous par Jésus, nous « appelle à »

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SUIVRE LES TRACES DE JESUS :

SES TRACES

NOUS MONTRENT LE CHEMIN

Quel chemin ? Ecoutez et soyez étonnés de ce que Pierre nous écrit à propos de ce chemin à la suite de notre Seigneur !

« C'est une grâce de supporter des difficultés en souffrant injustement pour garder bonne conscience envers Dieu. En effet, quelle gloire y a-t-il à endurer de mauvais traitements si vous commettez des fautes ? Mais si vous endurez la souffrance alors que vous faites ce qui est bien, c'est une grâce aux yeux de Dieu. De fait, c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour nous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces » (v. 19-21)

« Ah bon, "c’est à cela que nous avons été appelés" ? Pas étonnant que nous soyons si peu nombreux dans le monde ! » disent certains qui ne voient plus la cible, qui ne voient plus non plus les bénédictions présentes, mais que les désagréments passagers qu’on peut rencontrer à suivre Jésus-Christ.

Dans notre monde, l’humilité et la soumission passent pour de la faiblesse, pour une attitude déshonorante. Il faut s’imposer, dominer les autres, si nécessaire les écraser, montrer sa supériorité, quitte à révolter ceux de dessous, comme ces patrons qui encaissent des centaines de millions tout en licenciant des milliers d’employés.

La véritable douceur et bonté, la véritable mansuétude demande par contre bien plus de force de caractère. Tenez : renoncer à ces avantages incompréhensibles pour le commun des mortels exige une force de caractère et une maîtrise de soi capables de contenir son vieil homme et d’être considéré par les autres grands patrons comme un traître à leur caste.

Mais ne regardons pas aux extrêmes. Ce que Dieu nous dit dans sa Parole, c’est toujours pour nous, pas pour les autres. Chacun doit s’appliquer la Parole de Dieu à lui-même. Nous sommes comptables de nous-mêmes, nous ne serons pas jugés pour la démarche des autres.

Jésus n’a pas écrasé ses ennemis sur son passage, comme il en avait le pouvoir, non, il a prié pour eux (Lc 23.34). « Insulté, il ne rendait pas l'insulte ; maltraité, il ne faisait pas de menaces » (v. 23) Jésus n’a pas vacillé dans sa démarche de bonté et d’amour du prochain ; ses traces n’ont pas quitté le chemin de l’amour et du pardon. Il est resté fort et constant, « parce qu’il s’en remettait à celui qui juge justement ! »

Quand nous suivons son exemple, quand notre comportement témoigne de notre foi en la bonté et la justice de Dieu, quand nos paroles révèlent le Dieu d’amour et de vie qui nous anime, nous ne rencontrons pas toujours l’approbation et la reconnaissance, bien au contraire ; cela peut, à l’occasion, nous attirer des désagréments, parfois même l’opposition, la contradiction et l’hostilité.

Il faut alors nous dominer, contenir l’irritation du vieil homme en nous : lui voudrait que nous rendions « œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie » » (Ex 21.24-25)

Ne pourrions-nous pas être tentés de réagir ainsi, par exemple, à l’encontre de notre patron ou chef de service quand nous jugeons les conditions de travail injustes ? Ne sommes-nous pas alors tentés de le traîner dans la boue, de nous mettre à travailler avec moins d’application, bref, d’oublier de« suivre les traces de Jésus », de renier notre Sauveur par notre comportement ?

Rappelons-nous : nous confessons notre Seigneur et Sauveur quand, par notre comportement dans le monde, nous suivons ses traces même dans des conditions difficiles, voire injustes, comme il l’a fait lui-même.

L’apôtre Pierre, dont notre paroisse porte le nom et dont nous gagnerions tous à bien connaître les deux épîtres, écrit au deuxième chapitre de sa 1ère Epître : « Bien-aimés, je vous encourage, en tant que résidents temporaires et étrangers sur la terre, à vous abstenir des désirs de votre nature propre qui font la guerre à l'âme. Ayez une bonne conduite au milieu des non-croyants, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous faisiez le mal, ils remarquent votre belle manière d'agir et rendent gloire à Dieu le jour où il interviendra. […] En effet, c'est la volonté de Dieu qu'en pratiquant le bien vous réduisiez au silence l'ignorance des hommes dépourvus de bon sens. » (1 P 2.11-12 ; voir aussi 13-18)

Ce n’est pas simple de « suivre les traces de Jésus », surtout quand les conditions de vie sont compliquées, comme l’étaient celles des femmes converties à la foi en Christ alors que leur époux était resté païen. Voilà ce que Pierre leur écrit :

« Vous de même, femmes, soumettez-vous à votre mari. Ainsi, ceux qui refusent de croire à la parole pourront être gagnés sans parole par la conduite de leur femme, en observant votre manière de vivre pure et respectueuse : que votre parure soit […] intérieure […], la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’une grande valeur devant Dieu. » (1 P 3.1-4)

Paul, de son côté, adresse des conseils analogues aux maris qui doivent prendre des égards envers leurs femmes jusqu’à se sacrifier pour elles (Ep 5.25-29. Et de façon générale, il nous dit à tous :

« Soyez donc les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l'amour en suivant l'exemple de Christ. » (Ep 5.1-2)

Mais – pour reprendre l’image utilisée en introduction – l’enfant n’arrive pas à mettre exactement ses pas dans les traces de son parent. Cela pourrait le décourager. Cela pourrait surtout nous décourager, nous, qui sommes invités à « suivre les traces de Jésus » !

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SUIVRE LES TRACES DE JESUS :

IL NOUS AIDE

A LE SUIVRE AVEC CONFIANCE

Comme un père ou une mère sait que le jeu de son enfant est vain, notre Seigneur Jésus-Christ sait que nos efforts pour le suivre – et là, il ne s’agit pas de jeu ! – ont un résultat bien imparfait, qu’à la longue, cela pourrait nous décourager. « A quoi bon ! Le résultat reste mitigé. »

Jésus ne veut pas que nous le suivions à contrecœur ou en gémissant, mais avec foi, en « nous en remettant à » lui, dans la joie d’y être invités et dans l’assurance d’y être assistés. Aussi ne lésine-t-il pas sur les encouragements.

Nous sommes engagés dans le Temps de Pâques. La résurrection glorieuse de notre Seigneur et Sauveur nous invite et nous pousse à mener une vie à sa suite, une vie qui lui fait honneur, une vie qui exprime la joie de notre propre résurrection.

Le fait qu’il ait dit : « Je vis et vous vivrez aussi ! » (Jn 14.19), le fait qu’il entraîne notre existence dans sa résurrection et nous en fait bénéficier, le fait que notre vie ici-bas est placée sous le règne du Vainqueur de toute chose, quelle aide merveilleuse pour continuer à « suivre ses traces ! »

Ce n’est pas toujours facile ? Mais le petit enfant qui essaye de mettre ses pas dans les traces de son père, se donne aussi beaucoup de mal. Mais quelle joie cela lui procure !

A nous aussi, malgré les complications rencontrées et l’imperfection de notre démarche. Avoir le droit de le suivre sur un chemin qu’il nous a ouvert et que nous ne nous aurions jamais pu frayer nous-mêmes, cela nous remplit de joie. C’est pour cela que le nom du troisième dimanche du Temps pascal – dimanche prochain – c’est « Jubilate ! », jubilez, « poussez des cris de joie ! » (Ps 66.1), et le suivant : « Cantate ! », « chantez ! » (Ps 98.1).

Quant au nom du présent dimanche, « Misericordias Domini », il met l’accent sur « la miséricorde [ou bonté] du Seigneur » (Ps 33.5). Quel encouragement que de savoir que le Seigneur est miséricordieux avec nous dans nos ratés à sa suite !

Il est aussi appelé le « Dimanche du Bon Berger ». C’est d’ailleurs l’idée avec laquelle notre texte se termine. « Vous étiez en effet comme des brebis égarées, mais maintenant vous êtes retournés vers le berger et le protecteur de votre âme. » (v. 25)

« Les traces » que nous suivons ne nous égarent pas, ne nous conduisent pas dans notre perte. Celui que nous suivons, c’est « le Berger et le Protecteur de notre âme ». Certes, il nous précède, mais non pas sans se soucier de nous ; il regarde constamment comment nous nous sentons, comment nous le suivons pour nous apporter l’aide nécessaire en temps voulu, pour nous protéger aussi, voire nous relever quand nous nous sommes étalés, ou nous chercher et nous ramener sur ses traces quand nous nous sommes égarés.

Tel est l’amour protecteur et efficace que notre « Bon Berger » (Jn 10.11) nous porte ! Voilà ce qui rend notre progression à sa suite aussi réjouissante et enthousiasmante, malgré les déboires qu’on peut rencontrer.

« Il marche devant [nous] et [nous], les brebis, [nous] le suivons, parce que [nous] connaissons sa voix » (Jn 10.4) et sommes heureux de savoir tout ce qu’il a fait et continue de faire pour que « [nous] lui appartenions »(Jn 10.3).

Amen.

Jean Thiébaut Haessig



Chants proposés :

Les troupeaux du Sauveur, LlS 248 : 1-5

Je suivrai Jésus-Christ. LlS 277 : 1-5

Seigneur, dirige tous mes pas vers le ciel LlS 305 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 22:33Aucun commentaire:  

LUNDI 13 AVRIL 2009

Sermon du vendredi Saint - 10 avril 2009

Texte : 1 P 1 . 17-21

 

Chants proposés :

Pourquoi, Jésus, tes pleurs, ton agonie ? LlS 92 : 1-4

Quelle douleur saisit mon cœur ! LlS 94 : 1-6

Ô monde, viens, contemple LlS 91 : 1-7

17 « Et si c'est comme à un Père que vous faites appel à celui qui juge chacun conformément à sa manière d'agir sans faire de favoritisme, conduisez-vous avec une crainte respectueuse pendant le temps de votre séjour sur la terre.

18 Vous le savez en effet, ce n'est pas par des choses corruptibles comme l'argent ou l'or que vous avez été rachetés de la manière de vivre dépourvue de sens que vous avaient transmise vos ancêtres,

19 mais par le sang précieux de Christ, qui s'est sacrifié comme un agneau sans défaut et sans tache.

20 Prédestiné [littéralement : connu d’avance] avant la création du monde, il a été révélé dans les derniers temps à cause de vous.

21 Par lui, vous croyez en Dieu qui l'a ressuscité et lui a donné la gloire, de sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu. »

Chers frères et sœurs en Celui

qui n’a pas rechigné à payer le prix fort pour vous !

Il ne se passe pas de semaine sans que nous recevions par la poste ou par Internet « l’affaire de l’année » : un livre, un abonnement, l’impression de cartes de visite, une voiture, des voyages, et j’en passe.

Il y a aussi, à deux pas d’ici, un usine-center qui annonce vendre à prix d’usine, en tout cas moins cher que quiconque.

Et cette semaine, on annonce aussi sur les ondes qu’il est possible de tout négocier, y compris les prix chez les médecins.

La publicité nous a habitués à rechercher les bonnes affaires dans les journaux ou sur Internet. On voudrait nous faire croire qu’on peut tout trouver à prix bradé, qu’il y a moyen d’avoir des remises partout, bref, que tout ce qui est précieux dans l’existence, tout ce qui a de la valeur, on peut l’avoir au rabais.

Il n’en est rien. Ecoutez bien ce que Pierre nous dit ici. Il n’y est pas question de réduction. Au contraire, son message est le suivant :

PAS DE RABAIS

POUR VOTRE RACHAT !

Aussi allons-nous réfléchir aujourd’hui à ces deux points :

1. Le montant de notre rachat a été tout sauf avantageux.

2. Ne faisons pas peu de cas de notre rachat.

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LE MONTANT DE NOTRE RACHAT

A ETE TOUT SAUF AVANTAGEUX !

Le montant pour nous racheter de la perdition méritée par nos péchés est si vertigineusement élevé qu’aucun humain n’était et n’est capable de le payer. Déjà dans les Psaumes, les Fils de Koré confessaient : « Ils ne peuvent se racheter l'un l'autre ni donner à Dieu le prix de leur rançon. Le rachat de leur âme est cher et n'aura jamais lieu. » (Ps 49.8-9)

Il n’est pas possible de marchander avec Dieu pour faire baisser ses prix. Il est saint et juste, et ses tarifs le sont pareillement. Ils correspondent exactement aux exigences saintes et justes de sa divine Loi.

Et voici le prix qu’il affiche : « Vous serez saints, car je suis saint, moi, l'Eternel, votre Dieu ! » (Lv 19.2) C’est là l’exigence incontournable pour pouvoir s’épanouir en présence de Dieu.

A cela s’ajoute que nous devrions payer pour nos péchés – les expier –, et là le tarif n’est pas plus réjouissant : « Le salaire du péché, c’est la mort ! » (Rm 6.23), la mort en enfer, pour être précis.

Mais, comme déjà indiqué tout à l’heure, ces tarifs ne sont pas à notre portée. Nous ne sortirions plus jamais de la mort en enfer, parce qu’il nous faudrait expier nos péchés pour l’éternité.

Quant à observer les exigence de la sainte Loi de Dieu à la perfection – en pensées, paroles et comportement – ne nous leurrons pas : c’est impossible ; admettons-le honnêtement.

C’est pourtant dans cette illusion que le peuple d’Israël en était arrivé à se bercer, avant tout les pharisiens. Ne pensaient-ils pas respecter à la perfection la Loi de Dieu, en sorte que Dieu devait être satisfait d’eux ? Ils pensaient que les efforts qu’ils faisaient pour vivre étaient un montant suffisant pour que Dieu s’en contente. Là, ils avaient hautement surestimé leur propre valeur, et tout autant sous-estimé les exigences de Dieu. Ce n’est pas ainsi qu’on y arrive.

C’est ce que Pierre veut faire comprendre à ses destinataires, des chrétiens d’origine juive vivant en Asie Mineure. Pierre appelle « la manière de vivre de leurs ancêtres » « une manière de vivre dépourvue de sens » si on pense qu’avec elle on arrive à contenter Dieu. (v. 18)

C’est sûr, ils s’efforçaient de vivre de façon exemplaire, mais ils restaient pécheurs et leur « manière de vivre » était loin d’atteindre le niveau de la sainte perfection. Pour que Dieu nous donne en échange son « quitus », il faudrait qu’il baisse énormément ses tarifs. Mais alors cela ne suffirait pas pour notre salut.

Devant cette dramatique impasse, Dieu a eu pitié de nous. Il ne pouvait pas baisser le prix – cela n’aurait pas suffit pour notre rachat. Il a donc décidé, « avant la création du monde » (v. 20), non pas de nous avancer le prix du rachat (nous ne pourrions jamais le lui rembourser), mais d’en payer lui-même le prix une fois pour toute.

Bien sûr – pourrions-nous être tentés de dire – c’était un jeu d’enfant pour lui, le Maître tout-puissant de toute chose ! Ne peut-il pas à volonté puiser dans les trésors de l’univers et nous racheter par ex. avec les métaux précieux qui s’y trouvent ?

Eh bien non ! Ce serait encore un rachat au rabais. Comment « des choses corruptibles comme l'argent ou l'or » (v. 18) seraient-elles en mesure de nous tirer de l’existence mortelle pour nous mettre en sécurité dans la vie incorruptible, éternelle ? Non ! Pour notre rachat il faut déjà quelque chose de plus précieux, car notre rachat ne peut s’obtenir au rabais.

Dieu a dû sortir ce qu’il avait de plus précieux. Il n’y avait que ce à quoi – en fait, à qui – il tenait le plus qui était capable de nous racheter : « le Fils unique »« éternel » et « bien-aimé, qui a toute l’approbation » du Père. (Jn 3.16 ; 2 Tm 1.9 ; Mt 17.5)

Si notre rachat avait pu se faire à un prix moins élevé, Dieu – à qui « rien n’est impossible » (Lc 1.37) – n’aurait pas permis que son Fils soit sacrifié. Cela montre combien il tenait à nous sauver : il n’a pas tergiversé ; il n’a pas essayé de chipoter sur le montant à payer.

« Vous le savez en effet, ce n'est pas par des choses corruptibles comme l'argent ou l'or que vous avez été rachetés […], mais par le sang précieux de Christ, qui s'est sacrifié comme un agneau sans défaut et sans tache. » (v. 18-19)

Le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous. Il est le seul être humain à ne pas avoir été « entaché », corrompu, par le péché, à être resté « sans défaut », pur, sans péché. Il n’a pas non plus eu de réaction pécheresse quand il a dû payer et expier une culpabilité qui n’était pas la sienne, mais la tienne, la mienne, celle « du monde entier » (1 Jn 2.2).

La croix de Golgotha nous annonce : « Vous avez été rachetés à un grand prix ! » (1 Co 6.20) Le Fils éternel, le Saint, « s’est offert lui-même en rançon » pour nos péchés (1 Tm 2.6)

Que cela ait été nécessaire montre combien notre culpabilité était grande aux yeux de Dieu. Mais cela nous montre aussi combien Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit tient à nous et nous aime.

Et cela nous apporte la certitude que nous sommes réellement, vraiment, « rachetés », débarrassés de la damnation éternelle.

Dieu n’a pas marchandé. Il a mis le prix fort sur la table. Cela explique le genre de rapports que nous entretenons avec notre Dieu libérateur.

Beaucoup de gens ne disent à Dieu qu’un rapide « Bonjour ! », dimanche matin au culte – et même cela, uniquement s’ils n’ont rien de plus important à faire. En passant, ils lui donnent même un petit pourboire s’ils ne trouvent pas que cet argent serait mieux dépensé ailleurs. Ou ils ne s’adressent à Dieu que lorsqu’ils ne savent vraiment plus comment s’en sortir autrement.

Mais celui qui a vraiment compris quel prix énorme, quelle rançon colossale a été versée pour son salut – et versée par Dieu lui-même ! – celui-là exprimera aussi sa joie à ce Dieu – le seul payeur possible – qui n’a pas rechigné à passer à la caisse lui-même et à nous sauver au prix de son Fils.

Celui qui sait cela, qui croit cela, et qui en est soulagé et revit, celui-là essayera aussi de glorifier son Dieu libérateur en mettant à sa disposition les biens et talents en sa possession.

X X X 2 X X X

NE FAISONS PAS PEU DE CAS

DE NOTRE RACHAT

que nous lui devons, à lui et à son Fils.

A l’époque où Pierre a rédigé cette épître, la tentation était grande pour les chrétiens de faire des compromis avec les païens. Cela aurait pu calmer la haine du monde romain, une haine réelle comme le montrera bientôt la persécution sous Néron. Oui, la tentation était grande : Le salut valait-il vraiment qu’on meure pour sa foi ?

Chers frères et sœurs en Christ, le Crucifié, notre rachat, notre salut, c’est vraiment ce que nous avons de plus précieux, et ceci, sans que nous l’ayons mérité : Dieu nous l’a donné par pure grâce.

Aussi – vous exhorte l’apôtre Pierre – « conduisez-vous avec une crainte respectueuse pendant le temps de votre séjour sur la terre. » (v. 17) Non pas dans la « crainte » de ce monde et de ses opinions impies, de ses modes souvent immorales, mais « avec une crainte respectueuse » de Dieu.

Lui seul vous a rachetés par son Fils. Ceux qui font fi de sa rédemption – autre mot pour rachat – ceux qui ne « craignent » pas « Dieu par-dessus tout » (Martin Luther, Petit Catéchisme), ceux qui prennent plus d’égards pour le monde que pour Dieu, ceux-là vont à leur perte.

« Conduisons-nous avec une crainte respectueuse » devant notre Dieu Sauveur. Rappelons-nous qu’il a tellement tenu à nous sauver qu’il a demandé à son Fils d’expier nos péchés.

Et rappelons-nous aussi qu’il « juge chacun conformément à sa manière d'agir sans faire de favoritisme » (v. 17). N’ayez crainte, il ne nous jugera pas selon nos mérites et la valeur de nos œuvres – nous venons d’entendre Pierre nous dire que de cette façon nous ne pouvons pas contenter Dieu – non, il nous jugera d’après notre « manière d’agir », d’après ce que notre comportement exprimera.

Notre vie était-elle l’expression d’une vie de repentance et de foi, une vie où nous avons voulu montrer notre gratitude à notre Dieu qui s’est sacrifié sur la croix, ou notre vie, notre « manière d’agir » montrait-elle que nous faisions bien peu de cas du Christ et de l’énorme rançon qu’il a payée pour nous ?

Notre vie, l’avons-nous vécue en nous reposant avec confiance sur la mort expiatoire du Christ, ou était-ce une vie où notre Sauveur pouvait être content – mais l’était-il vraiment dans ce cas ? – si, de temps en temps, et après bien d’autres choses, on a aussi pensé à lui ?

C’est à notre « manière d’agir » que le divin Juge notera si nous avons vécu dans la foi en lui ou non.

Ne vivons-nous pas un vrai miracle ? Dieu « savait d’avance », « avant »même « la création du monde » (v. 20), que Jésus allait nous « racheter à un grand prix » (1 Co 6.20). De toute éternité, il avait prévu comment nous sortir du mauvais pas dans lequel nous nous engagerions par notre péché.

Ce Jésus « nous a été révélé » (v. 20) à travers les prophètes, les apôtres et les évangélistes. Il « nous a été révélé » comme celui en qui nous pouvons faire confiance, comme celui qui a « tout accompli », on devrait en fait traduire : « réglé la note » (Jn 19.30), car le verbeΤετέλεσται·(tetelestai) est aussi un terme de comptabilité !

Comment ne pas être saisi d’émotion devant tant de grandeur, d’abnégation, d’altruisme et d’amour incompréhensibles ? Dans un cantique, nous chantons : « Le Maître meurt pour l’esclave coupable ! » C’est contraire à toute logique !

Comment ne pas s’efforcer d’arranger notre vie de manière à faire honneur à Celui à qui nous devons tout, lui qui a « tout accompli » à notre place, lui qui a « réglé la note » à notre place, et une note sacrément salée, puisqu’il a enduré les souffrances de l’enfer à notre place !

Dans sa prison – hier, cela faisait 64 ans qu’il a été pendu, parce qu’il avait été impliqué dans un attentat contre Hitler – le pasteur Dietrich Bonhoeffer a forgé l’expression « die billige Gnade » (la grâce à bon compte, la grâce soldée, la grâce bon marché). Tout dépend pour qui. Pour nous, oui ! Dieu nous offre le salut pour rien, par pure grâce. Pour lui, non ! Cela lui a coûté son Fils bien-aimé. Et pour son Fils encore moins : il a passé par la croix et l’enfer pour nous racheter.

Cela nous montre combien Dieu tient à nous, et cela nous remplit d’émotion et d’une grande joie.

Pour le montant vertigineux qu’il a payé pour nous racheter, nous voulons « nous conduire avec une crainte respectueuse pendant le temps de notre séjour sur la terre ».

Dieu a montré à Golgotha qu’il a été prêt à débourser pour notre rachat un prix qui, même pour lui, était difficile à payer. Aussi montrons par « notre manière d’agir », par notre vie, notre comportement, quel grand cas nous faisons de son rachat, combien nous l’apprécions hautement, et montrons-le lui en le servant et en lui faisant honneur !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 5 avril 2009 - Rameaux

Texte : Mt 10 . 32-33

32 « C’est pourquoi, toute personne qui se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour elle devant mon Père céleste ;

33 mais celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père céleste. »

 

Chers frères et sœurs en Celui qui s’est déclaré publiquement pour nous en payant de sa vie !



Ne vous a-t-on jamais dit : « Peu importe ce qu’on croit, l’essentiel c’est d’être sincère dans ce qu’on croit ! » ? – Que répondez-vous quand on vous dit cela ?

Vous avez peut-être des ami ou des connaissances qui vous ont déclaré : « Nous n’envoyons pas nos enfants à l’instruction catéchétique – et, d’ailleurs, de façon générale pas à l’église – car nous ne trouvons pas juste de leur imposer une religion donnée. Avec l’âge et la sagesse, ils feront leur propre choix. » – Que répondez-vous ?

Vous avez sans doute – surtout vous, les jeunes – des amis qui disent : « Si l’on veut progresser dans cette vie, chacun doit voir comment il y parvient. Chacun doit se considérer comme le meilleur et toujours agir selon son propre intérêt et son bon plaisir immédiat. » – Avez-vous laissé dire sans réagir ?

Une des grandes peurs qu’on rencontre dans ce monde, c’est celle d’être considérés différents de ce qui fait la « pensée unique » du moment. On pourrait craindre de perdre certains acquis si on reconnaissait ouvertement et clairement qu’on appartient à Jésus-Christ et qu’on en est heureux.

Voyez le Galiléen Simon Pierre dans la cour du Grand Prêtre à Jérusalem. Il avait si peur de ce que les serviteurs et gardes du Grand Prêtre pourraient lui faire s’il reconnaissait être un disciple de Jésus qu’il ne s’est pas seulement tu ; il est même allé jusqu’à jurer ne pas le connaître !

Avec les paroles de notre texte, notre Seigneur Jésus-Christ nous invite :

NE CRAIGNEZ PAS

DE VOUS RANGER OUVERTEMENT

DE MON CÔTE !

Aussi allons-nous réfléchir aujourd’hui à ces deux points :

1. Les nombreuses possibilités de se déclarer pour Jésus

2. Le seul moyen de trouver le courage de le faire.

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LES NOMBREUSES POSSIBILITES

DE SE DECLARER POUR JESUS

Nous nous déclarons publiquement pour Jésus quand nous faisons clairement comprendre, que ce soit par nos paroles ou par notre comportement, que ce qui est décisif, ce qui change tout d’une personne à une autre, c’est le genre de relation que nous entretenons avec Jésus.

Ici, nous réagirons à des affirmations comme celles citées en introduction, là, nous répondons à une question précise  tenez, peut-être sur ce nouveau-né qu’est le « forum évangélique luthérien » sur Internet.

Mais ce que les gens doivent retenir avant tout, ce qui doit transparaître derrière toutes nos réponses, c’est que Jésus-Christ est notre unique Seigneur et Sauveur, et un Seigneur et Sauveur bien-aimé. Voilà la vérité vers laquelle toutes nos réponses doivent tendre, la vérité dont doivent être imprégnées toutes nos interventions.

Et ne nous recroquevillons pas dans notre carapace. Ne donnons pas l’impression que nous n’avons rien à dire, ou, pire, que nous avons honte de parler de notre Seigneur et Maître ! L’apôtre dont notre paroisse porte le nom nous dit : « Soyez toujours prêts à défendre l'espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. » (1 P 3.15)

Cette merveilleuse « espérance » d’enfants de Dieu et de citoyens des cieux nous vient de Jésus-Christ, se concentre sur lui, au point que Paul peut parler de « Jésus-Christ, notre espérance » (1 Tm 1.1). Toute notre merveilleuse « espérance » repose sur lui, … et nous aurions honte de parler de lui ?

Oui, ne ratons pas les occasions – tout particulièrement en cette Semaine Sainte qui s’ouvre devant nous – de nous « déclarer publiquement pour lui » : de « confesser devant les hommes » combien nous lui sommes reconnaissants d’être mort pour nous sur la croix, et pourquoi il est mort pour nous sur la croix.

« Confessons-le » – autre traduction possible pour « se déclarer publiquement pour lui »  « confessons-le », disons comment il nous a obtenu le pardon de nos péchés en les expiant sur la croix pour nous.

« Déclarons publiquement » que grâce à lui, Dieu ne nous tient plus rigueur pour nos péchés, ne nous les compte plus, nous les pardonne.

Et disons combien il est important pour nous – en fait pour tout un chacun – de placer sa foi en Jésus-Christ comme son seul Sauveur des terribles conséquences du péché.

Ce n’est que grâce à lui, ce n’est qu’en communion avec lui, ce n’est que couvert de sa justice que nous pouvons subsister devant Dieu, et ceci pour l’éternité !

« Il n'y a de salut en aucun autre, car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac 4.12)

Et puis, « déclarons-nous » aussi « publiquement pour Jésus » en participant dans nos cultes, par les prières que nous disons et les cantiques et répons que nous chantons !

Quand nous adressons la confessions de nos péchés ou les autres prières à Dieu « au nom de Jésus-Christ, son Fils, notre Seigneur », que faisons-nous d’autre que « confesser » que toutes les bénédictions pour lesquelles nous prions, nous viennent exclusivement de la médiation du Christ ?

Quand nous confessons notre foi avec les paroles de l’un des symboles de l’Eglise ancienne, ou avec les paroles d’un credo chanté, ce sont autant de déclarations publiques que Dieu est notre Dieu grâce à « la vie sainte et pure, aux souffrances et à la mort innocentes et à la résurrection glorieuse » de Jésus-Christ (liturgie).

Et que dire de nos chants ? D’ailleurs, un chant dont le pivot n’est pas Jésus-Christ et sa grâce, n’est pas réellement un chant chrétien, car il ne confesse pas le Christ.

Oui, « déclarons-nous » clairement et nettement « pour Jésus-Christ » etsa vérité salutaire, en nous rangeant clairement derrière les confessions de foi de l’Eglise Evangélique Luthérienne, car Jésus-Christ et son œuvre de rachat de l’humanité en sont le centre, le pivot et le leitmotiv. Tous les autres enseignements y sont présentés à partir de l’enseignement du Christ et de son œuvre. Tout y est rattaché à lui, tout « le confesse ».

Ne songez qu’à cette phrase dans les « Articles de Smalcalde » (1537), phrase avec laquelle se termine « l’article capital » sur « le Christ » : « Sur cet article, aucun écart ou concession n’est possible ; le ciel et la terre ou tout ce qui est périssable dussent-ils crouler. "Car il n’y a aucun autre nom par lequel nous devions être sauvés" nous dit l’apôtre Pierre (Ac 4.12). »

Nous n’avons quand même pas à avoir peur, en France, de « nous déclarer publiquement pour Jésus-Christ » en venant participer à nos cultes !

Il y a des pays où cela demande beaucoup de courage, comme cela m’a été rapporté par le plus jeune des fils du pasteur qui m’a baptisé : ils se réunissaient en Arabie Saoudite dans des appartements privés, et chaque fois chez un autre, pour ne pas être repérés, et sans emmener leurs enfants avec eux, pour qu’ils ne soient pas arrêtés avec les adultes s’il devait y avoir une descente de police.

Que sont, en comparaison, les petites tracasseries que nous pouvons connaître en « confessant » notre Seigneur bien-aimé ? On nous prendra peut-être pour « moyenâgeux », alors qu’il n’y a rien de plus actuel que le Christ et son Evangile ! pour limités, alors que Jésus nous a libérés et épanouis et rendus disponibles dans ce monde ! pour dépassés, alors qu’en face, il n’y a jamais eu autant de superstitions, malgré notre monde dit scientifique !

Nous savons qu’être fidèle à Jésus-Christ, cela signifie aussi être fidèle à sa Parole. « Confesser » Jésus-Christ, c’est « confesser », enseigner et croire« tout ce qu’il nous a prescrit » (Mt 28.19)

C’est ainsi que nous « confessons » correctement Jésus-Christ quand nous menons une vie qui lui fait honneur. Lui-même nous y invite ainsi : « Que votre lumière brille devant les hommes afin qu’ils voient votre belle manière d’agir et qu’ainsi ils célèbrent la gloire de votre Père céleste ! » (Mt 5.16)

Une « belle manière d’agir », un comportement qui « célèbre la gloire de notre Père céleste », n’est-ce pas mener une vie qui corresponde à la morale biblique et non pas à la morale de ce monde ?

N’est-ce pas aussi agir par amour pour les autres, dans leur intérêt, et pas seulement de façon égoïste dans notre seul intérêt ? N’est-ce pas agir en se rappelant la valeur que notre prochain a aux yeux de Dieu, pour lequel il s’est sacrifié autant que pour nous, et non faire du bien à l’autre parce que nous espérons qu’il nous renverra la balle ?

En fait, mener une vie à la gloire de Dieu, cela ne signifie pas seulement s’efforcer de « renoncer » à pécher, cela signifie aussi « renoncer à soi-même » (Mt 16.24), se laisser modeler et « formater » par notre Seigneur pour lui ressembler toujours davantage.

Comme vous le voyez, les façons de « se déclarer pour Jésus », de « le confesser devant les hommes », sont aussi multiples que variées. Il est bon de se le rappeler pour ne pas baisser les bras si on ne se sent pas de taille à le faire dans un domaine donné.

Et n’oublions pas : La question qu’il nous faut toujours nous poser est celle-ci : Faisons-nous honneur à Jésus-Christ ? Notre style de vie, notre comportement, est-il une « déclaration » en sa faveur ?

Mais pour ce faire, il nous faut davantage que seulement savoir que nous devrions le faire.

X X X 2 X X X

IL N’Y A QU’UN MOYEN

DE TROUVER LE COURAGE

DE LE FAIRE.

Et pour cela, il faut commencer par lever ses yeux vers Jésus-Christ que l’apôtre Jean appelle « notre défenseur » ou « avocat auprès de Père » (1 Jn 2.1)

Jean ne fait ainsi que reprendre la promesse du Maître dans notre texte : « Toute personne qui se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour elle devant mon Père céleste » (v. 32)

Cela, notre Seigneur le fait déjà maintenant en faveur de ceux qui en appellent à son expiation de leurs péchés. Il indique au Père qu’ils ont la promesse de retirer les bénédictions de son expiation. Et le Père ne peut et ne veut rien refuser à son Fils.

Mais prendre fait et cause pour nous, cela, il va le faire tout particulièrement lors du Jugement Dernier. Alors il nous placera publiquement du côté de ceux qui « l’ont confessé » par leur vie, du côté de ceux dont la vie de repentance et de foi a été une « déclaration » en sa faveur (Mt 25.31-46), une « déclaration » de reconnaissance pour son rachat.

Il y a, malheureusement, aussi ceux qui persistent à « le renier devant les hommes », ceux qui persistent à mener une vie qui lui tourne le dos, ceux qui ne reviennent pas à lui avec repentance et foi. Là, son verdict est sans appel : « Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père céleste. » (v. 33)

Ici s’applique réellement le dicton : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. » Il ne faudrait cependant pas jouer avec la patience de Dieu. La vie peut s’arrêter subitement… et l’espoir s’envoler pour de bon.

Alors, si nous devions « l’avoir renié » ici ou là, par peur de perdre des amis, par exemple, si notre attitude en sa faveur devait avoir été ambiguë ou faussée par une attitude de compromis, faisons amende honorable : « Si nous sommes infidèles, » écrit – heureusement pour nous – l’apôtre Paul,« lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » (2 Tm 2.13)

Rassurez-vous : il ne dit pas : « confesser sans ratés », « confesser sans échecs ». Rappelez-vous que lui confesser nos péchés, c’est aussi le confesser comme notre Seigneur et Sauveur. Voyez ce qu’il a fait du pitoyable Simon Pierre qui l’avait pourtant lamentablement renié.

Ne craignons donc pas son verdict au Jugement Dernier. Il ne sera pas contre mais pour ceux qui l’auront confessé ici-bas.

Plus nous nous placerons sous son Evangile de grâce, cette « puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rm 1.16), et plus « l’amour de Dieu nous pressera » (2 Rm 5.14) à « le confesser devant les hommes ».

La Bonne Nouvelle que Jésus-Christ a vécu et souffert pour nous, qu’il est mort, mais aussi ressuscité pour nous, voilà ce qui nous pousse à mener une vie qui lui fait toujours davantage honneur.

Nous pourrions aussi le dire en empruntant une image d’une de ses paraboles. C’est parce qu’il nous a fait cadeau de la perle précieuse que nous voulons montrer notre joie et faire participer les autres à notre joie.

Cet Evangile, cette Bonne Nouvelle de ce que Jésus a fait et continue de faire pour nous, voilà « la puissance de Dieu » qui nous aide à surmonter nos hésitations et nos craintes de « nous déclarer publiquement pour lui ».

C’est là aussi une des raisons pour lesquelles nous venons nous ressourcer dans l’Evangile au culte, en étude biblique, au catéchisme, à l’école du dimanche : pour que notre « confession » de foi en Christ soit plus claire, plus forte, plus audible, plus belle encore. Notre Seigneur le mérite.

Et puis, n’ayons pas peur de « le confesser devant les hommes » : il nous promet d’être à nos côtés et de nous bénir dans ce style de vie !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Ton peuple heureux et frémissant LlS 85 : 1-3

Ton Roi vient, pauvre et débonnaire, LlS 86 : 1-4

Hosanna ! Hosanna ! LlS 84 : 1-4

Jérusalem, laisse passer ton Roi, LlS 162 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:04Aucun commentaire:  

MARDI 10 MARS 2009

Sermon du dimanche 8 mars 2009 Reminiscere

REMINISCERE

Texte: Rm 4 . 1-5+13-17

 

« Que dirons-nous donc d'Abraham, notre ancêtre ? Qu'a-t-il obtenu par ses propres efforts ?

Si Abraham a été considéré comme juste sur la base de ses oeuvres, il a de quoi se montrer fier, mais non devant Dieu.

En effet, que dit l'Ecriture ? Abraham a eu confiance en Dieu et cela lui a été compté comme justice.

Or, si quelqu'un accomplit quelque chose, le salaire est porté à son compte non comme une grâce, mais comme un dû.

Par contre, si quelqu'un ne fait rien » – mot-à-mot : « celui qui ne fait pas œuvre » (NSB) – « mais croit en celui qui déclare juste l'impie, sa foi lui est comptée comme justice.

13 En effet, ce n'est pas par la loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham ou à sa descendance, mais c'est par la justice de la foi,

14 car si l'on devient héritier par la loi, la foi est dépourvue de sens et la promesse sans effets.

15 En fait, la loi produit la colère, puisque là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression.

16 C'est donc par la foi que l'on devient héritier, pour que ce soit par grâce et que la promesse soit assurée à toute la descendance, non seulement à celle qui dépend de la loi, mais aussi à celle qui a la foi d'Abraham. En effet, Abraham est notre père à tous, comme cela est d'ailleurs écrit :

17 Je t'ai établi père d'un grand nombre de nations. Il est notre père devant le Dieu en qui il a cru, le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle ce qui n'existe pas à l'existence." »

 

Cher ami auditeur,

Dans ta vie spirituelle, es-tu arrivé au point où tu peux dire avec certitude : « Si je meurs aujourd’hui encore, j’irai au ciel ! » ?

Suppose que tu doives mourir cette nuit, que tu te trouves devant Dieu et qu’il te demande : « Pourquoi devrais-je te laisser entrer dans mon ciel ? » que lui répondrais-tu ?

Je peux le dire autrement : « Es-tu sûr de ton salut ? Et si oui, sur quoi fondes-tu ta certitude du salut ? »

Les réponses que les gens donnent à ces deux questions les classent en deux catégories :

LES CRÂNEURS ET LES CROYANTS

X X X 1 X X X

LES CRÂNEURS

Le crâneur essaye – y compris devant Dieu – de faire valoir des excuses, de se présenter sous son meilleur jour, de justifier ses actes. Il pense que personne n’aurait pu faire mieux que lui dans les mêmes circonstances. En fait, il ne se serait finalement pas si mal débrouillé dans la vie. Sûr, il n’est pas non plus parfait – ça, il veut bien l’admettre – mais à sa place personne n’aurait pu faire mieux, sans doute même pas aussi bien que lui.

En fait, le crâneur est satisfait de la façon dont il maîtrise, ou du moins conduit, sa vie. Il en est même fier, un peu comme le pharisien qui faisait son propre éloge au Temple.

Le présomptueux est quelqu’un qui n’est pas capable de voir et de reconnaître ses propres faiblesses. Il sait donner un sens positif à tout ce qui vient de lui. Il a des excuses pour tout, des justifications qui écartent toute possibilité d’erreur et le font paraître sans reproche.

Le vaniteux s’imagine mériter la reconnaissance et le respect de la part des hommes et de Dieu, surtout pour ce qu’il est parvenu à faire dans des moments difficiles où il a tenu bon et s’en est sorti de façon magistrale et exemplaire.

« J’ai toujours assisté aux cultes ; j’ai toujours été un paroissien exemplaire, même dans des temps difficiles, financièrement difficiles par exemple, mais aussi quand cela était difficile à gérer au niveau de la famille ou de la santé. Personne ne peut me reprocher – alors qu’il y en a à qui on peut vraiment le reprocher ! – que j’aie traîné les pieds dans la paroisse : quand il y a quelque chose à faire, j’en suis toujours ! »

Possible. Et puis alors ! N’est-ce pas normal pour un chrétien ? Mais le chrétien ne s’en vante pas. Il ne le servira pas aux autres sur un plateau : il mène sa vie par amour pour Dieu et le prochain. Il se sent attiré par Dieu et ses moyens de grâce (la Parole et les sacrements) et sa vie gravite autour de Dieu et dans la paroisse où il s’épanouit au contact de l’Evangile.

Chez le m’as-tu-vu par contre, tout gravite autour de son ego et de ce qu’il considère être son honneur, sa dignité. Un vaniteux est égo-centrique : au centre de ses pensées, de ses paroles et de son comportement il n’y a pas Dieu, mais son ego, le « Moi ». Il ne voit que lui, ne pense qu’à lui. Il cherche continuellement comment il peut briller.

Non pas qu’un crâneur ne sache pas ce qu’est la justification ! Il en a une idée très précise. Pour lui, la justification signifie : « Je me justifie moi-même par ce que je fais ; mes mérites à eux seuls – en tout cas pour l’essentiel – montrent que je suis juste ; cela doit satisfaire tout le monde, y compris Dieu ; même, tout le monde – y compris Dieu – devrait me témoigner du respect et de l’admiration ! »

Un vaniteux fait comprendre : « Dieu me doit le ciel. Ma vie exemplaire doit m’en ouvrir les portes. »

Mais Dieu n’est pas un homme. Bien entendu que nous devons estimer et apprécier ce que les autres font de bien. Nous devons aussi leur témoigner notre reconnaissance pour ce qu’ils font. Ne pas le faire serait de notre part de l’ingratitude.

Mais les critères de Dieu sont différents. Dieu mesure autrement. Nous pouvons accomplir des choses qui, aux yeux des autres – et à juste titre – sont considérés comme exemplaires en don de soi, esprit de sacrifice, amour du prochain, que ce soit comme parent, partenaire conjugal, comme enfant à l’égard des parents âgés, comme paroissien, comme témoin du Christ dans le monde, et j’en passe.

Mais que le Seigneur nous préserve de nous en vanter ou de croire que ce faisant nous avons marqué des points dans sa comptabilité divine, que nous nous ayons ainsi annihilé à ses yeux les péchés que nous avons accomplis par ailleurs !

Que dit le prophète Esaïe ? – « Nous sommes tous comme des objets impurs et toute notre justice » – tout ce qui est juste et beau aux yeux des autres – « est pareille à un habit taché de sang » jaugée à l’aune de la justice divine ! (Es 64.5)

C’est que Dieu exige la perfection absolue de celui qui veut se mériter son salut. « A celui qui fait oeuvre, » – mot-à-mot, cf NBS) – « le salaire est porté à son compte non comme une grâce, mais comme un dû. » (v. 4) Si quelqu’un veut négocier avec Dieu pour obtenir le « salaire » mérité par ses actes, il découvrira qu’il est dans le rouge dans le livre des comptes divins. Tout ce qu’il peut y additionner, ce sont des dettes parce que nos meilleures œuvres n’atteignent pas la perfection exigée par la Loi de Dieu.

Bien sûr que nos bonnes œuvres font notre joie ! Le chrétien se réjouit et remercie Dieu de lui permettre de mener une vie qui fasse honneur à Dieu. Nous nous réjouissons pour tout acte, pour toute œuvre, pour tout succès d’une vie à la suite de notre Seigneur. Nous y reconnaissons avec joie un fruit de notre foi en Jésus-Christ. Cela nous remplit de gratitude envers le Saint-Esprit d’avoir agi sur nous par l’Evangile de façon à produire de beaux fruits de la foi.

C’est ce qu’a fait Abraham. Paul nous dit : « Sur la base de ses oeuvres, il a de quoi se montrer fier, » ces fruits de la foi faisaient sa fierté, « mais » – précise Paul – « non devant Dieu. » (v. 2)

Aussi exemplaire qu’ait été la vie de foi d’Abraham – et elle nous est effectivement donnée en exemple ici ! – devant Dieu, lui aussi ne pouvait pas faire valoir de mérites, car ses meilleures œuvres étaient, comme les nôtres, encore entachées de péché..

Le prétentieux – celui qui fait valoir des prétentions devant Dieu – recevra effectivement son « salaire ». Mais quel terrible jour de paye, car « le salaire du péché, c’est la mort ! » (Rm 6.23)

Cher auditeur, permets-moi donc de reposer la question du début : Sur quoi fondes-tu la certitude d’être sauvé ? Es-tu un crâneur ou un croyant ?

X X X 2 X X X

LES CROYANTS

Qu’est-ce qui caractérise un croyant ? La réponse de Paul commence ainsi : Un croyant c’est « celui qui ne fait pas œuvre » – (mot-à-mot ; NSB), celui qui n’essaye pas de faire valoir ses œuvres devant Dieu – « mais qui croit en Celui qui déclare juste l’impie ! » (v. 5)

Que signifie cette formulation étonnante : le croyant « ne fait pas œuvre »(NSB). Que veut dire l’apôtre ?

Paul parle beaucoup dans ses épîtres de la façon dont « l’amour de Christ nous presse » (2 Co 5.14) à mener une vie chrétienne faite de bonnes œuvres. Avec nos bonnes œuvres nous voulons exprimer à notre Dieu Sauveur notre joie et notre gratitude de nous avoir sauvés par son Fils.

Mais nous ne faisons pas valoir ces œuvres comme de la marchandise pour laquelle nous voudrions être rémunérés. Nous n’accomplissons pas les œuvres d’une vie chrétienne pour être payés en retour, pour qu’elles nous soient « comptées comme justice ».

Nos œuvres ne peuvent pas servir de moyen d’échange avec Dieu. Pour cela il faudrait qu’elles soient parfaites comme l’a été la vie et l’oeuvre de Jésus. Nos œuvres imparfaites et souillées par le péché ne se prêtent pas à une négociation avec Dieu et – et c’est là le miracle de l’Evangile ! – nous n’en avons pas besoin pour cela : grâce à Jésus, nous n’avons plus rien à nous mériter nous-mêmes !

« Nous savons que tout ce que dit la Loi, c’est à ceux qui vivent sous la Loi qu’elle le dit, afin que toute bouche soit fermée et que le monde entier soit reconnu coupable devant Dieu. En effet, personne ne sera considéré comme juste devant lui sur la base des œuvres de la Loi. »(Rm 3.19-20)

« Où est donc la raison de se montrer fier ? Elle a été exclue. Par quelle loi ? Par celle des œuvres ? Non, par la loi de la foi. En effet, nous estimons que l’homme est déclaré juste par la foi, indépendamment des œuvres de la Loi » (Rm 3.27-28), par la foi « en Celui qui déclare juste l’impie ! » (v. 5)

« L’impie », au sens propre : l’irrévérencieux, celui qui n’a pas envers Dieu l’attitude qui s’impose, celle de l’adoration et de la foi, « l’impie » est celui qui est coupé de Dieu.

C’est ce que nous serions tous si nous cherchions à amadouer Dieu par nos œuvres, à nous le concilier par d’imaginaires mérites. Les échelles de nos œuvres sont bien trop courtes pour nous mener à Dieu.

Il existe cependant un médiateur qui est assez grand, parfait et saint pour rétablir le contact et les rapports entre Dieu et les pécheurs que nous sommes : Jésus-Christ !

Quiconque lui fait confiance peut subsister devant Dieu, celui-là Dieu l’agrée, l’accepte. C’est que Jésus a fait don de sa justice à tous ceux qui font confiance à l’œuvre qu’il a accomplie pour notre compte en se substituant à nous.

Dieu n’a rien à reprocher à cette justice que Jésus nous a obtenue et accordée : elle est parfaite, car en même temps divine. C’est ainsi que « celui qui ne fait pas œuvre » (NSB) « mais croit en celui qui déclare juste l'impie, sa foi lui est comptée comme justice. » Qui pourrait bien alors encore vouloir être un crâneur ?

Non, nous voulons nous tenir devant Dieu comme des croyants : pleins d’humilité et de contrition, mais aussi pleins de foi et de confiance dans l’œuvre du Christ, en croyant fermement qu’avec sa vie parfaite, aussi par « ses souffrances et sa mort innocentes » (Martin Luther, Petit Catéchisme), il m’a procuré la justice et la sainteté qui me manquaient pour pouvoir subsister devant Dieu.

« Mon Seigneur bien-aimé, je ne veux pas crâner devant toi. Je reconnais avec humilité mais aussi un immense soulagement et autant de joie que je te dois tout. Merci de m’avoir offert ta justice avec laquelle ton Père m’accepte dans cette vie comme dans l’éternité ! »

Avec cette disposition d’esprit nous nous trouvons dans la même situation qu’Abraham. Comme lui nous vivons « de la foi », de ce que nous plaçons notre foi en l’œuvre de rachat de Jésus, de ce que nous nous en remettons au pardon et à la grâce de Dieu fondées sur l’œuvre expiatoire de Jésus-Christ.

Abraham a mené une vie consacrée à Dieu, une vie riche en bonnes œuvres. En cela aussi il reste un exemple jusqu’à la fin des temps. Pourtant « ce n'est pas par la loi que la promesse de […] l’héritage a été faite à Abraham […], mais c'est par la justice de la foi, » (v. 13)

Il n’a pas obtenu le salut au moyen de sa vie de piété, mais « par la justice » du Messie promis, « justice » qu’il a obtenue parce qu’il a eu « foi » en ce que Dieu lui promettait.

Comme Abraham, nous aussi nous voulons vivre exclusivement « par la justice » du Christ promise à celui qui place sa « foi » en lui.

Pour nous, croyants, il n’y a pas de doute : « C’est par la foi que l'on devient héritier, pour que ce soit par grâce et que la promesse soit assurée. » (v. 16). Si notre salut n’était pas fondé sur « la grâce en Jésus-Christ » (1 Co 1.4), mais sur nos mérites, nous ne pourrions pas être sûrs de notre salut. Mais s’il est accordé « par grâce » à cause de l’œuvre parfaite de Jésus, nous n’avons pas de craintes à avoir : notre salut a un fondement solide.

Dieu merci ! nous pouvons êtres sûrs qu’il pardonne aux croyants que nous sommes, qu’il inscrit la justice de son Fils à notre compte et nous accorde la vie et la félicité éternelle, car il est « le Dieu qui donne la vie aux morts et appelle ce qui n'existe pas à l'existence. » (v. 17)

Cher ami qui places ta foi en Jésus-Christ, réjouis-toi ! Tu peux être assuré de ton salut car tu ne crânes pas devant Dieu avec tes propres mérites, mais tu fais confiance aux mérites du Christ portés à ton compte !

Soli Deo gloria ! A Dieu seul soit la gloire !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 1er mars 2009 - Invocavit

INVOCAVIT 

Texte : Mt 16.21-26

Chants proposés :

C’est un rempart que notre Dieu LlS 139 : 1-4

Ta Parole, Seigneur, LlS 151 : 1-5

Ecoutez tous une bonne nouvelle LlS 213 : 1-5

Jésus-Christ, dans sa grâce, LlS 164 : 1-13

21 « Dès ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il devait aller à Jérusalem, beaucoup souffrir de la part des anciens, des chefs des prêtres et des spécialistes de la loi, être mis à mort et ressusciter le troisième jour.

22 Alors Pierre le prit à part et se mit à le reprendre en disant : "Que Dieu t'en garde, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas."

23 Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : "Arrière, Satan, tu es un piège pour moi, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes."

24 Alors Jésus dit à ses disciples : "Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive !

25 En effet, celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la retrouvera.

26 Que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme? Ou que pourra donner un homme en échange de son âme ?" »

Chers amis frères et sœurs à cause de Jésus-Christ crucifié !

« Pour ma part, frères et soeurs, lorsque je suis venu chez vous, ce n'est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis venu vous annoncer le témoignage de Dieu, car j'avais décidé de ne connaître parmi vous rien d'autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » (1 Co 2.1-2) Ainsi parle le plus savant, le plus érudit de tous les apôtres, l’apôtre Paul.

Il était né à Tarse en Asie Mineure, et citoyen romain de cette ville universitaire grecque. Il y avait entendu de grands philosophes. Et il avait étudié à Jérusalem auprès du professeur juif le plus célèbre de l’époque, Gamaliel.

L’apôtre Paul était donc un homme versé dans les connaissances de deux cultures, la grecque et la juive. C’était un homme au grand savoir.

Pourtant, ce n’est ni à Tarse ni aux pieds de Gamaliel qu’il a appris la science la plus élevée et la plus importante. Pour l’érudit et savant de son temps qu’est Saul de Tarse devenu l’apôtre Paul,

LA SCIENCE – c.à.d. LE SAVOIR –

LE PLUS IMPORTANT

consiste à connaître « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ».

Aussi voulons-nous considérer, nous aussi, comme le plus important de connaître Jésus, son œuvre et sa croix. Les autres connaissances, les autres savoirs, les autres sciences ont, certes, leur importance et peuvent apporter leur bénédiction dans des domaines très variés, mais aucune ne peut nous obtenir notre salut.

Justement, notre texte – un texte proposé pour ce premier dimanche de la Passion du Christ – veut souligner les grands bienfaits, les bénédictions exclusives qui résident dans le fait de connaître le Christ.

C’est en effet là la science

1. la plus nécessaire,

2. la plus mystérieuse, et

3. la plus salutaire.

X X X X X X X X X X X X

CONNAÎTRE LE CHRIST EST

LA SCIENCE LA PLUS IMPORTANTE

CAR

X X X 1 X X X

LA PLUS NECESSAIRE DE TOUTES

Connaître Jésus-Christ crucifié, c’est non seulement la science, le savoir le plus important, mais aussi le seul savoir nécessaire pour être sauvé. Voilà pourquoi Jésus se donne tant de peine pour transmettre cette connaissance à ses disciples.

« Dès ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il devait aller à Jérusalem, beaucoup souffrir de la part des anciens, des chefs des prêtres et des spécialistes de la loi, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. » (v. 21)

C’est ici la première fois que nous voyons Jésus annoncer à ses disciples ses souffrances, sa mort et sa résurrection imminentes. En quelques traits vigoureux il leur trace les grandes lignes de son ultime combat pour sauver l’humanité des conséquences du péché.

Les disciples devaient être préparés au drame dans lequel ils allaient être entraînés, pour que, le moment venu, ils ne succombent pas à la tentation et ne se mettent pas à douter de l’identité et de la mission de Jésus de Nazareth. Jésus leur montre que tout se déroulera selon le plan dressé par Dieu lui-même : souffrances, mise à mort, puis résurrection. Il indique aussi qui seront les exécutants du plan de Dieu, sans le savoir – « des anciens, des chefs des prêtres et des spécialistes de la loi. » – et l’endroit où cela se passera : à « Jérusalem » où ils étaient en train de se rendre.

Simon Pierre venait juste de confesser : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16.16) On pourrait penser que, maintenant, les disciples ont tout compris. Le Seigneur, lui, sait qu’il n’en est rien, qu’ils se faisaient encore de fausses idées de son Royaume et de ses fondements. Il savait qu’ils étaient encore influencés par leurs désirs naturels, même par … « Satan » (v. 23). Ils espéraient toujours un royaume de ce monde où ils auraient des places d’honneur.

Combien la réalité allait être différente de leurs rêves ! Ils allaient devoir les rectifier de 180° ! Non pas des honneurs, mais la honte les attendait à Jérusalem. Non pas l’admiration, mais le rejet, le mépris, la haine. Non pas des acclamations – sinon celles trompeuses de l’entrée à Jérusalem (Mt 21.8-10) – mais la persécution, l’arrestation et l’ignoble exécution de leur Maître.

Pour les réveiller de leur rêve, Jésus a souvent répété ce qui allait se passer. Dès son premier passage à Jérusalem, il avait déclaré aux chefs du peuple : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai ! » A l’époque, personne ne l’avait compris. Ce n’est qu’après le miracle de Pâques que les disciples comprirent : « Il parlait du temple de son corps. » (Jn 2.19-22)

Une autre fois, il parla en parabole des nombreuses âmes qui allaient être sauvées par sa résurrection : « L'heure où le Fils de l'homme va être élevé dans sa gloire est venue. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 12.23-24)

Une autre fois il s’est comparé à Jonas : « De même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans la terre. » (Mt 12.40)

Devant Nicodème, il se compare au serpent d’airain : « Tout comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut aussi que le Fils de l'homme soit élevé afin que quiconque croit en lui [ne périsse pas mais qu'il] ait la vie éternelle. » (Jn 3.14-15)

C’est en ces termes et en y revenant souvent que Jésus s’est efforcé de transmettre à ses disciples la connaissance fondamentale de sa Passion et de sa mort. Il ne s’est pas toujours servi d’images, parfois il en a parlé ouvertement, comme dans notre texte, ou plus tard encore, quand « Jésus prit les douze avec lui et leur dit : "Nous montons à Jérusalem et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme va s'accomplir. En effet, il sera livré aux non-Juifs, on se moquera de lui, on l'insultera, on crachera sur lui et, après l'avoir fouetté, on le fera mourir ; le troisième jour il ressuscitera." » (Lc 18.31-33)

Si Jésus est revenu si souvent sur cette annonce, c’est qu’il était primordial et fondamental pour les disciples d’acquérir cette connaissance. Il fallait qu’ils comprennent le sens profond, mais aussi merveilleux pour eux, de ses souffrances, de sa mort et de sa résurrection. Et cette connaissance est tout aussi fondamentale pour nous.

Il ne suffit pas de voir qu’il a été un homme juste, admirable, bon, exceptionnel, il faut aussi savoir et confesser qu’il est venu dans ce monde pécheur et mortel pour nous délivrer de la mortalité et de la damnation liées à notre péché. Pour y arriver il a mené une vie sans péché à notre place et a expié nos péchés en souffrant et mourant et ressuscitant pour nous.

C’est là le fondement de notre foi, de l’Eglise et de notre salut. Sans cette vérité fondamentale il n’y aurait pas de foi chrétienne ; cette vérité en est le fondement, le centre et la moelle. Aussi ne pourra-t-on jamais assez enseigner ce savoir essentiel : « qu'il devait aller à Jérusalem, beaucoup souffrir de la part des anciens, des chefs des prêtres et des spécialistes de la loi, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. »

« Il le fallait » si nous devions être réconciliés avec Dieu, si nous devions pouvoir vivre sous le regard bienveillant de Dieu au lieu de le faire sous sa colère, si nous devions avoir accès à la vie éternelle. Aussi réjouissons-nous de savoir cela : « Jésus, notre Seigneur, a été donné à cause de nos fautes et est ressuscité à cause de notre justification, » pour que nous soyons pardonnés (Rm 4.25).

Ne perdons jamais cette connaissance de vue : c’est là la science ou connaissance nécessaire à notre salut éternel. Mais

CONNAÎTRE LE CHRIST EST AUSSI

LA SCIENCE LA PLUS IMPORTANTE

CAR

X X X 2 X X X

LA PLUS MYSTERIEUSE DE TOUTES

La science des vérités de l’Evangile du Christ est une somme de connaissances « mystérieuses » : la raison humaine n’a pu les concevoir ; il a fallu que Dieu lui-même nous les révèle (1 Co 2.6-11). Les connaissances spirituelles résumées dans l’Evangile prennent la raison humaine à rebrousse-poil. Voyez notre histoire !

Les disciples ne comprennent rien à ce que Jésus leur dit. Pierre essaye même de le détourner de sa mission : agir pour notre salut ! « Pierre le prit à part et se mit à le reprendre en disant : "Que Dieu t'en garde, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas." » (v. 23)

« L’enfer est pavé de bonnes intentions » dit un proverbe. Pierre aimait vraiment le Maître. Mais dans son aveuglement, il a essayé de détourner Jésus de la mission pour laquelle il s’était incarné : nous réconcilier avec Dieu et nous sauver ainsi de la perdition.

Curieux de la part de quelqu’un qui, quelques instants plus tôt, avait confessé : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16.16) : voilà qu’il s’oppose à ce que le Christ accomplisse sa mission de Sauveur !

Lorsqu’on n’est pas au courant de la volonté de Dieu – ou lorsqu’on ne s’en rappelle pas, ou lorsqu’on fait passer ses émotions avant la Parole de Dieu – on va à l’encontre de cette bonne et miséricordieuse volonté, et on peut le faire avec … la meilleure volonté du monde, mais justement, du monde et pas de Dieu.

Même si on est alors convaincu être animé par les meilleures intentions – comme Pierre dans notre texte – si ce n’est pas conforme à la connaissance divine, pas conforme à l’Evangile du Christ, on se fait rabrouer par le Seigneur, comme Pierre l’a été. Pauvre Pierre ! Il n’a pas dû en croire ses oreilles quand Jésus lui a lancé : « Arrière, Satan, […], car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » (v. 23)

Pierre avait parlé selon la logique de ce monde, selon ses craintes aussi. Et quand on fait abstraction de la volonté de Dieu, on en arrive toujours à cette malheureuse conclusion : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » (Mt 27.40) Pierre a dit : « N’y monte pas ! », ce qui revient au même. La raison non éclairée par la Parole de Dieu ne voit pas la nécessité de la mort et de la résurrection de Jésus, tant cette vérité divine va à l’encontre du raisonnement humain.

Chers amis, aujourd’hui encore l’Evangile du Christ, « le message de la croix, est une folie » aux yeux de ceux qui n’ont pas assimilé la science ou connaissance du Christ Sauveur. Ils ne sont pas éclairés par le Saint-Esprit à travers l’Evangile ; aussi butent-ils contre ce qui leur est incompréhensible, contre ce qui leur semble contradictoire, voire carrément« insensé » (1 Co 1.18).

Paul explique aux chrétiens de Corinthe : « L’homme naturel n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge, » c’est éclairé par l’Esprit saint qu’on l’assimile et y croit (1 Co 2.14).

Même nous, nous avons parfois du mal à nous familiariser avec l’idée de la mort du Fils de Dieu. Il nous arrive de penser – ce qui est humain… ici dans le mauvais sens du terme – : Dieu ne pouvait-il pas se réconcilier avec nous autrement qu’en sacrifiant son Fils ? Pourquoi a-t-il passé par là puisque « rien n’est impossible à Dieu » ? (Lc 1.37)

Pour que cette raison rétive en nous ne prenne pas le dessus devant le mystère insondable de la rédemption du monde, il faut que nous nous mettions constamment à l’école de ce savoir. Comme Jésus a dû répéter à maintes reprises à ses disciples ce qui « devait » se passer, par quoi lui il« devait » passer, il faut que nous donnions aussi à Jésus l’occasion de nous faire croître dans cette science divine, dans ce savoir étranger à la raison humaine, dans cette connaissance si « mystérieuse » pour l’homme non régénéré.

Laissons-nous donc guider par le Saint-Esprit ! Donnons-lui l’occasion de nous illuminer par son Evangile de grâce ! Alors nous intégrerons toujours mieux cette connaissance des souffrances, de la mort et de la résurrection du Christ, nous comprendrons toujours mieux qu’il « devait » passer par là, comme il le dit lui-même.



CONNAÎTRE LE CHRIST EST

LA SCIENCE LA PLUS IMPORTANTE

parce qu’elle est nécessaire et mystérieuse,

mais surtout

PARCE QU’ELLE EST AUSSI

X X X 3 X X X

LA PLUS – EN FAIT, LA SEULE –

SALUTAIRE DE TOUTES

Revenons un instant à cette cinglante réplique de Jésus à Pierre : « Arrière, Satan, tu es un piège pour moi, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » Pour abasourdi, Pierre devait être abasourdi ! S’il s’attendait à cela ! … Qu’est-ce qui a pu amener Celui qui est l’Amour et la Bonté en personne à s’en prendre ainsi à Pierre ?

C’est que Jésus avait vu poindre le nez de « Satan » derrière cette tentation, derrière ce « piège » que Pierre, inconscient, lui tendait ainsi. Et pourquoi « Satan » se servait-il ainsi de Pierre ? Pour la même raison qui l’a amené à tenter Jésus précédemment dans le désert (Mt 4.1-11). Il veut le détourner de sa mission, l’empêcher de sauver l’humanité. Si Satan réussissait son coup, c’en serait fait de nous, les humains, car « il n’y a de salut en aucun autre » qu’en Jésus, « car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4.12).

Satan n’est pas bête. Lui il possède la science de l’Evangile, lui il sait exactement ce qui est nécessaire pour que nous soyons sauvés de la colère de Dieu : une vie d’obéissance parfaite de la part de Jésus et l’expiation de nos péchés par ce même Jésus. D’où cette réplique cinglante : « Arrière, Satan, tu es un piège pour moi ! » Tu voudrais me faire abandonner ma ligne de conduite décidée en commun au sein de la Très Sainte Trinité.

Pierre avait des intentions humaines au moins partiellement inspirées par Satan, Jésus avait des projets divins. Là était toute la différence. A ce moment, c’était même tout un abîme entre eux. Et un tel abîme menace de se creuser entre nous et notre Sauveur chaque fois que nous nous laissons entraîner par mégarde ou par légèreté à l’écart de la Parole et des dispositions de Dieu.

Pierre était le jouet de ses pensées et souhaits humains. Jésus était tout consacré au conseil éternel de Dieu : nous sauver des griffes de Satan et de la damnation éternelle. Cela ne pouvait se faire que s’il souffrait, mourait et ressuscitait pour nous. C’est ainsi qu’il « devait » expier notre péché ; c’est ainsi qu’il « devait » nous racheter de la malédiction de la Loi de Dieu qui pesait sur nous. C’était absolument nécessaire.

Et la connaissance de ces faits est, elle aussi, absolument nécessaire. Comment voulez-vous placer votre foi dans l’œuvre de sauvetage du Christ si vous ne savez pas ce qu’il a fait pour vous ?

Mais combien cette science est aussi merveilleuse : savoir que ce qui était absolument nécessaire pour notre salut a été pleinement accompli par Jésus ! N’est-ce pas un grand soulagement que d’apprendre que Jésus a expié mon péché, qu’il a accompli à la perfection la Loi divine pour moi, qu’il a ainsi vaincu la mort et l’enfer pour mon compte ?

N’est-ce pas un grand soulagement que de savoir que j’ai un Seigneur qui m’a aimé plus que sa quiétude au ciel, même plus que sa vie ?

N’est-ce pas un grand réconfort quand un sentiment de culpabilité pèse sur moi que de savoir : « Si [j’ai] péché, [j’ai] un défenseur auprès du Père, Jésus-Christ le juste » ? – Comment cela ? – Mais parce qu’« il est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Jn 2.1-2)

Ses souffrances et sa mort sont les fondements de notre acquittement et de notre réconciliation avec Dieu ! Avec sa résurrection elles sont la garantie de notre espérance.

Et elles sont le fondement dans lequel nous puisons la volonté de vivre chrétiennement et la force de le faire. Nous voulons ainsi lui montrer notre gratitude pour ses bénédictions si chèrement acquises, notre amour pour nous avoir aimés en premier !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 20:04Aucun commentaire:  

Sermon d'anniversaire de la paroisse de Lembach (67)

Texte: 1 P 1.23 – 2.10 

85ème ANNIVERSAIRE (1924-2009)

DE LA DEDICACE

DE LA CHAPELLE

DE L’EGLISE EVANG. LUTHERIENNE

ST-PAUL

DE LEMBACH (Bas-Rhin)



Chers membres et amis de « St-Paul / Lembach »,

Permettez-moi de vous saluer de la part

des membres de toute notre Eglise,

particulièrement

de ceux de « St-Pierre / Châtenay-Le Plessis »

où mon ministère pastoral cessera sans doute,

alors qu’il a commencé parmi vous il y a 37 ans !

Ma paroisse actuelle porte le nom de Pierre. J’ai donc choisi de vous parler avec un texte tiré d’une de ses deux épîtres, et non – comme vous auriez pu vous y attendre – d’une des 13 épîtres de l’apôtre Paul. De toute manière, le même Esprit Saint a inspiré les écrits des deux apôtres, et il arrive à chacun des deux d’évoquer les écrits de l’autre.

23 « Vous avez été régénérés, non pas par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, grâce à la parole vivante et permanente de Dieu,

24 car toute créature est comme l'herbe, et toute sa gloire comme la fleur des champs. L'herbe sèche et la fleur tombe,

25 mais la parole du Seigneur subsiste éternellement. Cette parole est justement celle qui vous a été annoncée par l'Evangile.

Débarrassez-vous donc de toute méchanceté et toute ruse, de l'hypocrisie, l'envie et toute médisance,

et comme des enfants nouveau-nés désirez le lait pur de la parole. Ainsi, grâce à lui vous grandirez pour le salut,

si du moins vous avez goûté que le Seigneur est bon.

Approchez-vous de Christ, la pierre vivante rejetée par les hommes mais choisie et précieuse devant Dieu,

et vous-mêmes, en tant que pierres vivantes, laissez-vous édifier pour former une maison spirituelle, un groupe de prêtres saints, afin d'offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ.

En effet, il est dit dans l'Ecriture : "Je mets dans Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse. Celui qui croit en elle n'en aura jamais honte."

Elle est donc précieuse pour vous qui croyez. Quant à ceux qui désobéissent, la pierre rejetée par ceux qui construisaient est devenue la pierre angulaire.

Elle est aussi une pierre qui fait obstacle et un rocher propre à faire trébucher. Ils s'y heurtent parce qu'ils désobéissent à la parole, et c'est à cela qu'ils ont été destinés.

Vous, au contraire, vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, un peuple racheté afin de proclamer les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

10 Vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu. »

Seigneur Dieu, Père céleste, tu as laissé régner durant 85 ans dans ces murs ta Parole salutaire et tes sacrements pour l’affermissement de notre union avec ton Fils, notre Sauveur.

Donne‑nous ton Saint‑Esprit, pour que l'Evangile qui y retentit aussi aujourd’hui répande dans nos coeurs la lumière du salut, qu'il nous guide et nous éclaire, et nous conduise sur le chemin de la vie éternelle. Exauce‑nous pour l'amour de Jésus‑Christ, notre Sauveur. Amen.

Il y a de ces coïncidences dans la vie – je ne dis pas hasard, car il n’y a pas de hasard pour ceux qui connaissent la sagesse et la bonté toute-puissante de Dieu. Je disais donc : il y a de ces coïncidences… Que s’est-il passé un 22 février ?

Tenez, Martin Luther a été enterré le 22 février 1546. Toujours un 22 février, il est vrai un chouia plus tard, c’est le Pasteur Jean-Louis Schaeffer qui est né, mon successeur dans votre paroisse ; c’était en 1951.

Plus étonnant comme coïncidence : figurez-vous que ma belle-mère a exactement l’âge de votre chapelle : 85 ans aujourd’hui !

Nous pourrions ainsi continuer de chercher des coïncidences. Nous mêlerions ainsi informations et amusements, mais ce n’est pas pour cela que nous sommes réunis. Certes, nous ne voulons pas oublier de remercier le Seigneur pour les dons qu’il nous a faits avec les réformateurs, avec les pasteurs, avec nos belles-mères et autres membres de nos familles.

Mais aujourd’hui, nous voulons concentrer nos actions de grâces sur ce qui a poussé des familles à construire cette chapelle à Lembach il y a 85 ans. En fait, c’est la même raison qui les avait déjà poussées 15 ans plus tôt à former cette paroisse. Dimanche prochain cela fera 100 ans.

Et cette raison, c’est que, pour reprendre les termes de Pierre dans notre texte,

EN TANT QUE PIERRES VIVANTES,

ILS VOULAIENT ÊTRE EDIFIES

POUR FORMER

UNE MAISON SPIRITUELLE

AFIN D’OFFRIR

DES SACRIFICES AGREABLES A DIEU

X X X 1 X X X

COMME IL Y A 85 – MÊME 100 ANS ! –

NOUS AUSSI NOUS SOMMES,

GRÂCE À DIEU

DES « PIERRES VIVANTES »

Curieuse appellation : « pierres vivantes » ! Des pierres ne sont pas vivantes. Tout au plus s’effritent-elles sous l’effet de l’érosion et de l’âge. On n’a jamais vu des pierres se mettre à bouger, si ce n’est pour s’écrouler. Qu’au début e notre textee, Jésus ait utilisé « la semence » comme métaphore, comme image, pour « la Parole vivante et permanente de Dieu » (1 P 1.23), cela nous paraît plus logique, plus compréhensibles. Mais qu’il nous compare à des pierres ?

S’il avait utilisé la pierre comme illustration de la nature humaine corrompue, comme illustration de la « mort » spirituelle innée à l’être humain (Ep 2.1), de l’état spirituellement inerte de la nature humaine, on aurait compris tout de suite.

Si Pierre avait écrit : « Votre cœur est dur comme de la pierre, vous êtes inertes comme de la pierre », l’image serait plus parlante.

Le serait-elle vraiment ? Et puis, n’est-ce pas justement le point de départ de la vérité exprimée par l’apôtre Pierre ? Il veut susciter notre étonnement en parlant de choses qui, normalement, n’existent pas : « des pierres vivantes » ! Effectivement, d’habitude, les pierres ne sont pas vivantes. Eh bien, nous non plus, et ceux qui ont construit cette église pas davantage.

A nous tous, comme aux Ephésiens de son temps, l’apôtre Paul, dont votre paroisse porte le nom, dit sans ambages : « Vous étiez morts » – vous étiez spirituellement inertes comme des pierres – « vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés » (Ep 2.1), du fait de votre état pécheur, du fait du péché originel ; vous étiez complètement « pétrifiés », spirituellement parlant.

Et puis – ô miracle ! – de « pétrifiés », vous voilà « pierres vivantes » ! De pierres dont le destin était de tomber plus ou moins rapidement en ruine – même dans la ruine éternelle – vous voilà des « pierres » habitées par la vie, des « pierres vivantes » !

Avant de voir comment un tel miracle a pu se produire – ou, plutôt, pour mieux comprendre ce qui s’est passé – posons-nous d’abord la question : Comment se fait-il qu’en un jour de jubilé d’une construction en pierres comme ce lieu de culte, nous parlions non pas de l’édifice mais de vous qui vous réunissez dedans ?

Ou posons-nous une autre question qui rejoint un peu la précédente : Comment se fait-il que le texte d’Evangile traditionnel pour un jubilé de lieu de culte soit l’histoire de Zachée où il n’est question d’aucune église ou temple, ni, d’ailleurs, de synagogue ? – La réponse se trouve dans cette parole de Jésus, au centre de cette histoire : « Le salut est entré aujourd’hui dans cette maison ! » (Lc 19.9)

Là-bas, il s’agissait de la maison de Zachée, pas du tout d’une synagogue ou d’une église. La même chose est vraie de toute maison dans laquelle le Christ et sa Parole font partie de la vie quotidienne. Ça l’est tout particulièrement aussi de tout édifice cultuel où les croyants se réunissent autour de l’annonce fidèle de la Parole de Dieu et de l’administration des sacrements.

Et si on appelle ces lieux « église », ce n’est pas au sens propre. Dans le Nouveau Testament, le mot « église » désigne toujours les croyants, jamais un édifice. Si au cours des siècles on en est arrivé à appeler ces édifices cultuels « églises », c’est au sens figuré : parce que « l’église »s’y réunit, parce que ceux qui ont été « appelés des ténèbres à l’admirable lumière » du Christ (v. 9) y viennent rencontrer et adorer leur Sauveur, « la Lumière du monde » (Jn 8.12 ; 9.5).

Ou, pour le dire avec Pierre dans notre texte : parce qu’en ce lieu « nous nous approchons de Christ, la pierre vivante » (v. 4), « précieuse pour nous qui croyons » (v. 7), « précieuse pour nous » car elle nous a transmis sa vie, elle a fait de nous des « pierres vivantes », des pierres qui vivent de sa vie à lui, de la communion apaisée avec Dieu, de la communion éternelle avec Dieu.

C’est pour avoir été amenés par le Saint-Esprit à « édifier » leur existence, leur vie, sur Jésus, « la pierre angulaire », à placer leur foi en lui, seul « fondement » de vie et de salut (1 Co 3.11), c’est parce qu’ils ont été amenés à « croire » en lui, que les croyants de tous les temps ont trouvé un terrain ferme, « de bonnes fondations » (1 Tm 6.19) qui tiennent solidement au milieu d’une existence mouvementée et bouleversée par le péché et la mort.

« En effet, il est dit : "Je mets dans Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse. Celui qui croit en elle n’en aura jamais honte." » (v. 6), « ne sera jamais pris de honte » (NBS). L’autre apôtre, celui dont votre paroisse porte le nom, l’apôtre Paul, dit la même chose quand il confesse : « Je n’ai pas honte de l’Evangile, c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rm 1.16).

Ce que Jésus a fait pour nous sauver, et son annonce, l’Evangile, cela dégage une puissance telle que, de pierres spirituellement inertes que nous étions, il a fait de nous des « pierres » animées d’une vie « spirituelle » (v. 5), animées de foi, d’amour pour Dieu et d’espérance, des « pierres »animées de « la vie véritable » (1 Tm 6.19), celle qui découle de l’œuvre du Christ et nous entraîne jusqu’en éternité.

C’est là aussi la merveilleuse expérience qu’ont faite ceux et celles qui ont construit cette église il y a 85 ans, après avoir fondé cette paroisse 15 ans plus tôt. Cet édifice n’était – et n’est toujours pas – un but en soi, cet édifice était un moyen matériel, un outil, pour mieux pouvoir vivre leur réalité spirituelle :

X X X 2 X X X

ILS VOULAIENT ÊTRE EDIFIES

POUR FORMER

UNE MAISON SPIRITUELLE,

… et c’est aussi ce qui vous réunit aujourd’hui. Si c’étaient les pierres qui vous attiraient, vous vous trouveriez maintenant dans un édifice plus prestigieux que votre chapelle, vous seriez maintenant dans une église dont l’intérêt artistique surpasse votre humble lieu de culte.

Mais, quand vos prédécesseurs ont construit cette chapelle, leur intention n’était pas de rivaliser avec les grands et beaux édifices qui recouvrent notre belle province, ils voulaient tout simplement avoir un cadre où ils pouvaient « être édifiés pour former une maison spirituelle ». Ils tenaient à avoir un lieu de culte où on leur offrirait « le lait pur de la parole » qui leur permettrait de « grandir pour le salut ».

Ils savaient : cela n’est possible que s’ils étaient « édifiés » sur « la pierre angulaire » que Dieu a « mise en Sion », dans l’Eglise : Jésus-Christ.

Or, déjà du temps de l’apôtre Pierre, il y en avait qui « rejetaient » la pierre angulaire, Jésus-Christ. Au lieu d’avoir foi en lui et de se fonder sur lui et sa Parole sans rien en altérer, ils avaient des choses à redire à ce fondement. Telle qu’elle était, cette « pierre angulaire » – Jésus-Christ – était devenue pour eux « une pierre d’achoppement » (v. 8, NBS) sur laquelle ils ont « trébuché ».

Les uns auraient voulu un fondement qui mette leurs propres mérites en valeur (pour eux, la Parole de la croix était un « scandale »). D’autres auraient voulu qu’on écarte de ce fondement tout ce qui semble impossible à la raison humaine (pour ceux-là, l’Evangile du Christ était une « folie » [1 Co 1.23]). D’autres encore auraient voulu que Jésus-Christ soit davantage prêt à entrer dans des compromis avec le monde culturel, politique et social de son temps. Tous ceux-là, Jésus-Christ les a gênés, ils ont « trébuché »sur lui, au lieu de construire solidement sur lui.

Ce n’était guère différent il y a un siècle. D’où la décision de certains de se donner un cadre où l’on construirait sur le seul fondement Jésus-Christ : sur sa Parole enseignée fidèlement, et sur ses sacrements administrés tels qu’il les a institués.

Ils voulaient mener une vie d’église « agréée de Dieu ». Oh, ils savaient qu’eux aussi étaient pécheurs et que tout ce qu’ils entreprenaient n’était pas de nature à leur mériter quoi que ce soit. Que Dieu n’agréait leur vie d’église que « par Jésus-Christ ».

« Christ » est la seule « pierre […] précieuse » aux yeux de « Dieu » (v. 4). Lui seul resplendit dans sa sainteté et sa perfection au point de satisfaire les critères de Dieu. Et ce n’est que dans la foi en lui que nous devenons à notre tour « pierres vivantes » ; ce n’est que dans la communion de foi avec lui que Dieu nous fait la grâce de nous « agréer », de nous reconnaître « précieux » à notre tour « par Jésus-Christ » (v. 5).

Nos anciens de St-Paul/Lembach avaient « goûté [cette] bonté du Seigneur » dans « le lait non frelaté de la Parole » (1 P 2.2-3) qu’ils avaient pu découvrir en d’autres lieux. Ils ne voulaient pas en être privés, une fois revenus chez eux ; ils ne voulaient pas qu’on leur serve maintenant cette Parole « frelatée », diluée, avariée, gâtée ou trafiquée.

Ils ne voulaient pas mettre en danger leur nouvel état de « pierres vivantes » en n’étant plus « édifiés » sur Jésus-Christ, « la pierre angulaire », que de façon bancale et dangereuse.

C’est encore pour ne pas mettre en danger notre état de « maison spirituelle » que nous continuons à veiller à ce que l’Evangile du Christ nous soit annoncé avec fidélité.

N’oublions pas ce que l’image de la « maison spirituelle » recouvre. N’oublions pas la sublime réalité illustrée par cette image ! Pierre le résume ainsi : « Vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, un peuple racheté » ! (v. 9). Nous avons été acquis par Dieu au prix fort, au prix de son Fils et avons été élevés par pure grâce au rang de « peuple », de « nation » et de « prêtrise » tout à fait à part.

Et cet état ne peut être consolidé que par « le lait non frelaté de la Parole ». C’est pour cela que cette chapelle a été construite avec beaucoup de sacrifices, c’est pour cela que cette paroisse a été fondée il y a 100 ans.

X X X 3 X X X

TOUT CELA POUR OFFRIR

DES SACRIFICES AGREABLES A DIEU

Dans l’Ancien Testament, pour préfigurer et symboliser l’œuvre du futur Messie-Sauveur, certains parmi le peuple étaient chargés d’apporter des sacrifices en animaux, denrées ou en argent dans le cadre du culte du Temple de Jérusalem.

Le Messie-Sauveur étant venu et ayant apporté le grand sacrifice pour racheter l’humanité pécheresse de la damnation, les « sacrifices agréables à Dieu » sont maintenant d’un autre ordre. Et ce n’est plus une catégorie à part qui fait fonction de prêtres. Nous le sommes tous.

Pierre écrit : « Vous êtes des prêtres royaux », « des prêtres saints » (v. 9 et 5). Jean écrit de même : « Jésus-Christ a fait de nous un royaume, des prêtres » (Ap 1.6). Ce sont là la qualité, l’honneur et la fonction du « peuple choisi », de la « nation sainte » que « vous êtes », nous dit Pierre.

C’est ce que vous êtes devenus quand vous êtes devenus « pierres vivantes » édifiées par la foi sur « la pierre angulaire », Jésus-Christ, pour former sa « maison spirituelle ».

Mais être « prêtre », ce n’est pas un état inactif et oisif. En faisant de nous tous des « prêtres », Dieu nous a confié une fonction. Et les deux fois où Pierre parle dans notre texte de notre état de « prêtres » du Nouveau Testament, il indique chaque fois la tâche qui y est liée : « afin d'offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ » (v. 5), « afin de proclamer les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (v. 9)

C’est cela qui a poussé les St-Pauliniens de Lembach à construire cette chapelle en 1924. Ils voulaient avoir un cadre adéquat pour « proclamer les louanges de celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ».

Ils voulaient avoir un lieu pour faire retentir « la Parole vivante et permanente de Dieu », la seule « semence incorruptible » capable de « régénérer » (v. 5) des personnes pétrifiées en les incorporant en tant que « pierres vivantes » dans « la maison spirituelle » du Christ. (

Ils voulaient avoir un lieu de culte où ils pouvaient « offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ ».

Une première chose « agréable à Dieu », c’est d’enseigner sa Parole sans la « frelater », avec fidélité, et de célébrer les sacrements conformément à leur institution par le Seigneur Jésus-Christ.

Il s’agissait ensuite d’essayer de répandre cette « semence vivante et permanente de Dieu » autour de soi, d’annoncer le Seigneur, « Lumière du monde », dans les « ténèbres » de ce monde. Cela a-t-il toujours été le cas ? Cette chapelle est-elle un foyer à partir duquel rayonne l’Evangile du Christ dans les ténèbres environnants, ou sert-elle de cache pour la perle précieuse confiée par le Seigneur ?

En 1924, cette chapelle a été un bel exemple de « sacrifice spirituel »pour le service divin. Sommes-nous encore capables d’offrir des sacrifices d’une telle ampleur ? Certes, l’histoire de la « pauvre veuve qui mit deux petites pièces, une toute petite somme, » dans le tronc, montre que Dieu évalue les dons autrement. Ne dit-il pas qu’elle a « donné plus que tous » ? (Mc 12.41-44) Parce que Jésus regarde non pas la somme, mais le taux par rapport aux possibilités.

Dieu fasse que cette chapelle demeure le cadre de « sacrifices spirituels », et ne devienne pas celui d’aumônes chichement calculées à un Dieu qui, lui, pourtant, a donné sans compter, a donné le prix fort, son propre Fils, pour notre salut !

Laissons à l’auteur de l’Epître aux Hébreux le mot pour conclure : « Par Christ, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui reconnaissent publiquement son nom. Et n’oubliez pas de faire le bien et de vous entraider, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir. » (Hé 13.15-16)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 15 février 2009 - SEXAGESIME

Texte : Lc 8.4-15

 



« Une grande foule se rassembla et des gens vinrent vers lui de diverses villes. Alors il dit cette parabole :

"Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait,

une partie de la semence tomba le long du chemin ; elle fut piétinée et les oiseaux du ciel la mangèrent.

Une autre partie tomba sur un sol pierreux ; quand elle eut poussé, elle sécha, parce qu'elle manquait d'humidité.

Une autre partie tomba au milieu des ronces ; les ronces poussèrent avec elle et l'étouffèrent.

Une autre partie tomba dans la bonne terre ; quand elle eut poussé, elle produisit du fruit au centuple."

Après cela, Jésus dit à haute voix: "Que celui qui a des oreilles pour entendre entende."

Ses disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole.

10 Il répondit :

 "Il vous a été donné, à vous, de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient pas et qu'en entendant ils ne comprennent pas.

11 Voici ce que signifie cette parabole :

la semence, c'est la parole de Dieu.

12 Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent ; puis le diable vient et enlève la parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés.

13 Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie ; mais ils n'ont pas de racine, ils croient pour un temps et abandonnent au moment de l'épreuve.

14 Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la laissent étouffer par les préoccupations, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne parviennent pas à maturité.

15 Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui ont entendu la parole avec un coeur honnête et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance." »

Chers frères et sœurs, ensemencés par la semence divine !



« Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent [… »] « Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui […] entendent […] » « Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la Parole […] » Tous ceux-là écoutent la Parole et … aucun n’est sauvé.

Chers amis, « écouter la Parole » de Dieu n’y change donc rien. Prêcher et écouter la prédication, c’est donc de la peine perdue. Aussi allons-nous nous éviter cet effort et rentrer tranquillement chez nous ! (faire semblant d’emballer ses affaires et de quitter la chaire … puis, bien entendu, y retourner !)

Si ce que je viens de vous dire à l’instant, je le pensais sérieusement, vous devriez douter soit de ma raison soit de ma foi. C’est pourtant ce que je dois toujours à nouveau entendre – et vous sans doute aussi : « On n’est pas sauvé par le fait d’aller à l’église ! »

Et ceux qui parlent ainsi s’attendent en plus que nous les prenions au sérieux, que nous les prenions pour des chrétiens.

Un agriculteur qui ne sème plus parce que tous les grains ne portent pas de fruit, on le prendrait pour un fou. Mais un « chrétien » qui ne va pas à l’église parce que la Parole semée ne porte pas de fruit chez tous les auditeurs, celui-là on devrait le prendre au sérieux !

Qu’est-ce que Jésus veut nous faire comprendre avec sa parabole du « semeur » ? Quel était le but qu’il visait ? Répartir les gens en différentes catégories ? Voulait-il nous apprendre à juger les gens, à les regarder de haut en les classant dans différentes cases ?

Ce serait le meilleur chemin vers la fatuité, l’orgueil, le complexe de supériorité, travers dans lesquels était tombé ce pharisien qui priait : « O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme les autres ! » (Lc 18.11)

Eh bien non ! Avec cette parabole, Jésus ne veut pas diriger notre regard vers les autres. Au contraire, avec chacune des ces images – « chemin »,« roc »« épines », « bon terrain » – il veut nous amener, chacun personnellement, à poser chaque fois la question : « Est-ce moi, Seigneur ? » (Mt 26.25 ; Mc 14.19)



« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

1. au chemin ?

2. au sol pierreux ?

3. au terrain envahi par les ronces ?

4. à la bonne terre ?

QUI SUIS-JE ?

X X X X X X X X X X X X

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 1 X X X

AU CHEMIN ?

« Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, Une partie de la semence tomba le long du chemin ; elle fut piétinée et les oiseaux du ciel la mangèrent. » (v. 5)

« Ceux qui sont le long du chemin, ce sont ceux qui entendent [la Parole de Dieu] ; puis le diable vient et enlève la parole de leur coeur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. » (v. 12)

L’image est parlante. Sur un « chemin », la semence ne peut pas prendre racine. Sur un « chemin », la semence disparaît rapidement, soit qu’un coup de vent la balaye, soit que des passants la piétinent ou que des voitures l’écrasent, soit encore que les oiseaux la picorent. Il est clair que le chemin n’est pas un terrain fertile.

Le « chemin », c’est l’illustration d’un cœur dur, tellement dur que la Parole de Dieu ne peut y pénétrer, tellement dur qu’il ne peut retenir « la Parole »quand « le diable » – qui a plus d’un tour dans son sac – vient l’enlever.

Le but poursuivi par Satan est négatif, néfaste même, comme l’est tout son être. Tous ses efforts visent à empêcher que nous « entendions la Parole » de Dieu de façon à pouvoir la « retenir » (v. 15). En fait, il veut empêcher que l’Evangile de Jésus-Christ ne produise la foi dans nos cœurs. Il veut ainsi empêcher que nous ayons accès au pardon, à la grâce de Dieu et au salut.

Et s’il réussi avec l’un d’entre nous, cela le remplit de joie, d’une mauvaise joie. Et il est rusé. Il va rarement nous affronter de front, à découvert : ses tentations sont subtiles, la formulation ses mises en doute également. A Eve il n’a pas dit : « Dieu ment », mais : « A-t-il vraiment dit ? » Et ses insinuations sont alléchantes : il n’a pas dit que leur désobéissance les rendrait mortels ; non, il a fait croire que s’ils désobéissent à Dieu ils seront« comme Dieu » ! (Gn 3.1-5)

Voilà comment il essaye encore aujourd’hui de nous faire douter de Dieu et de sa Parole : en travestissant habilement ses mensonges.

« Le diable est le père du mensonge », il est même passé maître dans l’art de mentir. Ici il exagère, là il amoindrit : « Le péché n’est pas aussi grave que ça. Même, à y regarder de prêt, il n’y a pas de péché ; tout est plaisir ! »

C’est ainsi qu’il veut nous détourner de Dieu et de Sa Parole et nous entraîner avec lui dans la perdition éternelle, car « le diable est meurtrier dès le commencement » (Jn 8.44)

« "Est-ce moi, Seigneur ?Mon cœur ressemble-t-il parfois au chemin qui ne permet pas à la Parole de "prendre racine" ? »

« "Est-ce moi, Seigneur ?Quand je ne porte pas de fruits, quand ma vie ne fait pas honneur à mon Sauveur, quand je transgresse ta volonté, est-ce parce que je n’ai pas permis à ta Parole de prendre racine et de se déployer en moi ? »

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 2 X X X

AU SOL PIERREUX ?

« Une autre partie tomba sur un sol pierreux ; quand elle eut poussé, elle sécha, parce qu'elle manquait d'humidité. » (v. 6)

« Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie ; mais ils n'ont pas de racine, ils croient pour un temps et abandonnent au moment de l'épreuve. »(v. 13)

« Le sol pierreux », dans la nature, est rarement entièrement à nu. Il y a toujours un peu de poussière, des interstices avec un peu de terre, de la mousse. En plus, le sol rocailleux est plus chaud que la bonne terre. La semence lève rapidement. Mais quand il fait ensuite trop chaud, les racines n’ayant pas pu plonger dans la terre, la plante se dessèche et meurt.

« Ceux qui sont sur le sol pierreux, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, l'acceptent avec joie. »

Quelque chose de ce qu’ils ont entendu les a attirés, leur a plu, les a même enthousiasmés, leur a fait croire que c’était là l’essentiel de la Parole, que c’était là l’essentiel de la foi, que c’était là l’essentiel que l’Eglise avait à procurer. Ils sont tout feu et flamme.

La Parole de Dieu trouve parfois un bon écho chez certains parce qu’ils l’ont mal entendue, ou entendue que superficiellement ; ils l’on mal comprise ; ils ont compris ce qu’ils voulaient bien comprendre et, sur le coup, ils n’ont pas du tout saisi le sens réel et profond de la Parole de grâce et de vie du Christ.

Et puis, quand ça se met à chauffer dans la vie, « au moment de l’épreuve », quand ils connaissent désillusions et échecs, ce qu’ils avaient recherché et cru trouver dans la Parole ne suffit pas à les rassurer, à les réconforter, à les armer pour tenir bon dans l’épreuve, et « ils abandonnent ».

« Ils abandonnent » parce qu’« ils n’ont pas de racines », ils n’ont pas plongé leur foi profondément et fermement dans ce que Jésus-Christ est venu leur apporter : sa paix, son pardon, sa réconciliation avec Dieu, l’alliance avec un Dieu qui pardonne et qui « fait tout coopérer pour le bien des siens » (Rm 8.28).

Chers amis, à un moment ou à un autre de la vie, nous sommes tous secoués par des épreuves, nous sommes tous assaillis par des souffrances, notre foi à tous est exposée à des tentations. N’oublions jamais : on ne peut alors « résister » et tenir bon qu’« avec une foi ferme », qu’« avec une foi inébranlable » en notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (1 P 5.9)

Mais comment peut-on tenir fermement dans la bourrasque si on n’a pas des racines solides, si on n’a pas fermement placé sa foi dans l’œuvre de salut du Christ ? C’est pour avoir négligé de régulièrement consolider leur foi en Christ avec la Parole et les sacrements que beaucoup « ont fait naufrage avec leur foi ». En fait, ils ne se sont pas « appuyés sur les prophéties », ils ont ignoré ou perdu de vue les promesses de l’Evangile (1 Tm 1.18-19). Ainsi ils se sont mis en danger et ont perdu la foi et le salut.

« "Est-ce moi, Seigneur ?Mon cœur ressemble-t-il parfois au terrain rocailleux qui ne permet pas que ma foi en toi se consolide ? »

« "Est-ce moi, Seigneur ?Quand je suis ballotté par le doute, quand j’ai du mal à résister à une tentation, quand j’ai du mal à te garder ma foi au milieu de l’épreuve, est-ce parce que je n’enracine pas assez ma foi dans tes promesses, parce que je ne vis pas assez dans ta Parole ? »

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 3 X X X

AU TERRAIN ENVAHI PAR

LES RONCES ?

« Une autre partie tomba au milieu des ronces ; les ronces poussèrent avec elle et l'étouffèrent. » (v. 7)

Ceux qui ont un jardin savent combien de temps il faut consacrer à son entretien pour que la mousse, les mauvaises herbes et les ronces ne prennent pas le dessus.

Dans mon enfance, tous les champs et prés étaient cultivés et entretenus. Aujourd’hui, quand on sillonne la campagne, on est frappé par le nombre de champs envahis par les ronces, car laissés à l’abandon. Il n’y a plus assez d’agriculteurs pour tout cultiver et tout entretenir. On ne s’occupe que des grands espaces, les plus rentables. Là où, autrefois, les prés étaient nickel et où les champs alignaient proprement leurs céréales, leurs pommes de terre et leurs betteraves, souvent on rencontre maintenant des orties, des broussailles, de la mousse et autres chiendent. Ils ont tout envahi

« Ce qui est tombé parmi les ronces, ce sont ceux qui ont entendu la parole, mais en cours de route ils la laissent étouffer par les préoccupations, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne parviennent pas à maturité. » (v. 14)

« "Est-ce moi, Seigneur ?Les soucis ont-ils étouffé ta Parole dans mon coeur ? As-tu du mal à toucher mon cœur avec ta Parole parce que je me laisse totalement obnubiler par mes soucis : les soucis pour mes enfants, pour mon emploi, pour ma paroisse, pour la paix et la justice sociales, voire internationales ? »

« "Est-ce moi, Seigneur ?Mon aisance matérielle a-t-elle étouffé ta Parole ? »

Nous pourrions maintenant secouer les épaules de façon incrédule : « Riche ? Moi ? »

Voyez-vous, le matérialisme et la soif de richesse ne commencent pas seulement quand on fait partie des patrons du CAC40, des 40 entreprises françaises les mieux cotées en bourse. La soif de richesses, la course après la richesse peut étouffer la Parole de Dieu davantage que ne le fait éventuellement la richesse elle-même. Tenez :

Combien de temps consacrons-nous aux efforts pour devenir plus riches et combien reste-t-il pour écouter, lire et méditer la Parole de Dieu ?

Et à peine avons-nous gravi un échelon et gagnons-nous plus, que nous planifions déjà toute notre vie pour gravir le suivant ?

D’autres sacrifient tout à un hobby, à des plaisirs qui en soi ne seraient pas un mal. Le sport, la musique, la peinture, le bricolage, le repos dominical, et j’en passe, tout cela peut être une bénédiction pour l’épanouissement de la vie personnelle et de la vie familiale. Mais cela peut aussi devenir une drogue, une addiction, une idolâtrie, quelque chose d’envahissant au point que la méditation de la Parole et la participation aux activités de la paroisse deviennent quelque chose de très épisodique.

Il ne s’agit pas ici, bien entendu, de dénigrer la volonté d’avoir de l’avancement, le fait d’avoir un plan de carrière ou de désirer augmenter ses revenus, voire la pratique d’un art ou d’un sport. Ce contre quoi Jésus nous met en garde ici, c’est contre la tentation de sacrifier sa vie spirituelle, celle de la famille aussi, à l’argent et aux loisirs, c’est de nous laisser déborder par nos activités au point de ne plus trouver le temps de méditer la Bible chaque jour.

Et quand nous avons relâché notre contact avec la Parole de Dieu, quand nous ne nous sommes plus placés régulièrement sous l’action sanctifiante du Saint-Esprit, la flamme de notre foi baisse, elle ne peut s’épanouir, « elle ne parvient pas à maturité », elle est en danger.

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

X X X 4 X X X

A LA BONNE TERRE?

« Une autre partie tomba dans la bonne terre ; quand elle eut poussé, elle produisit du fruit au centuple. » (v. 8)

« Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui ont entendu la parole avec un coeur honnête et bon, la retiennent et portent du fruit avec persévérance. » (v. 15)

« La bonne terre », c’est l’endroit où la semence atteint son but. « Un cœur honnête et bon » qui « entend » et « retient la Parole », c’est un cœur où la Parole de Dieu a fait son effet, l’effet pour lequel elle a été annoncée. Un tel cœur « porte du fruit avec persévérance ».

« Est-ce moi, Seigneur ? » – Oui, Dieu merci ! en tout cas en général. Et ceci grâce à l’Evangile du Christ, cette « puissance de salut » (Rm 1.16) qui a réussi à féconder mon cœur comme une « bonne terre », ce cœur qui est parfois dur comme « le chemin », superficiel comme le peu de terre sur le « terrain rocailleux », encombré de toutes sortes de préoccupations qui étouffent la Parole comme « des ronces » peuvent étouffer le sol.

Oui, Seigneur, ta Parole puissante l’a fait, a rendu mon cœur fertile, y aproduit « du fruit avec persévérance ».

Merci, Seigneur, pour la « persévérance » avec laquelle tu m’ensemences de ta Parole semaine après semaine, dimanche après dimanche, jour après jour. Merci pour le caractère merveilleux de ce fruit que ton Evangile fait lever en moi, un fruit qui « persévère », qui s’étend jusque dans « la vie éternelle » (Rm 6.22)

Ce « fruit digne de la repentance » dont Jean Baptiste parlait déjà (Lc 3.8), ce fruit que la Parole de grâce et de vie fait lever en nous et entretient en nous, ce sont « la foi, l’amour et l’espérance » (Rm 13) : la foi en Jésus-Christ qui nous pousse à vivre à sa suite dans l’espérance de la vie éternelle.

Seigneur, permets-moi de « porter du fruit avec persévérance ». Quand la situation devient pénible, quand quelque chose vient se mettre en travers de ma route, quand je suis confronté à de grandes difficultés, quand je ne peux faire autrement que renoncer à bien des choses que pourtant je désire, quand je me heurte à l’adversité, aide-moi à rester « persévérant » dans la foi, dans l’amour et dans l’espérance ! Que je ne jette pas le manche après la cognée, que je n’abandonne pas, que je ne devienne pas impatient, que je ne me laisse pas aller à des compromis avec ta Parole pour mieux m’en sortir… sans toi.

Aussi, Seigneur, aide-moi à méditer ta Parole en me l’appliquant à moi-même :

« EST-CE MOI, SEIGNEUR ? »

MON CŒUR RESSEMBLE-T-IL

1. au chemin ?

2. au sol pierreux ?

3. au terrain envahi par les ronces ?

4. à la bonne terre ?

Merci, Seigneur, d’avoir travaillé mon cœur pour en faire de « la bonne terre » et d’y avoir fait lever ta Parole. Rends-moi persévérant dans la foi, dans l’amour et l’espérance jusqu’à ce que tu viennes m’engranger dans ton ciel !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig



Chants proposés :

Qu’aujourd’hui toute la terre AeC 228 : 1-5

Le Seigneur soit avec nous AeC 224 : 1-7

Dans ta Parole, ô Dieu AeC 231 : 1-4

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:35Aucun commentaire:  

LUNDI 2 FÉVRIER 2009

Sermon du dimanche 1er février 2009 - Transfiguration

Texte : 2 Co 4 . 1-15

 

« Puisque par la bonté de Dieu nous avons ce ministère, nous ne perdons pas courage.

Nous rejetons les actions honteuses qui se font en secret, nous ne nous conduisons pas avec ruse et nous ne falsifions pas la parole de Dieu. Au contraire, en faisant connaître clairement la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme devant Dieu.

Si notre Evangile est encore voilé, il l'est pour ceux qui périssent,

pour les incrédules dont le dieu de ce monde a aveuglé l'intelligence afin qu'ils ne voient pas briller l'éclat que projette l'Evangile de la gloire de Christ, qui est l'image de Dieu.

Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes : c'est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous nous déclarons vos serviteurs à cause de Jésus.

En effet, le Dieu qui a ordonné que la lumière brille du sein des ténèbres a aussi fait briller sa lumière dans notre coeur pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu dans la personne de Jésus-Christ.

Nous portons ce trésor dans des vases de terre afin que cette puissance extraordinaire soit attribuée à Dieu, et non à nous.

Nous sommes pressés de toutes parts, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ;

persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non anéantis.

10 Nous portons toujours avec nous dans notre corps l'agonie du Seigneur Jésus afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps.

11 En effet, nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi révélée dans notre corps mortel.

12 Ainsi la mort est à l'oeuvre en nous, et la vie en vous.

13 Et comme nous avons le même esprit de foi que celui exprimé dans cette parole de l'Ecriture : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous aussi nous croyons, et c'est pour cela que nous parlons.

14 Nous savons en effet que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi par Jésus et nous fera paraître avec vous dans sa présence.

15 Oui, tout cela arrive à cause de vous afin que la grâce, en se multipliant, fasse abonder la reconnaissance d'un plus grand nombre, à la gloire de Dieu.

Chants proposés :

Jésus-Christ né du Père LlS 65 : 1+3-4

Venez au Prince de la vie LlS 118 : 1-3

Messagers de bonnes nouvelles LlS 185 : 1-2+5

Jérusalem, laisse passer le Roi LlS 162 : 1-3

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ, Lumière du monde,

La Fête de la Transfiguration ! « Ah ! si nous aussi nous pouvions voir notre Sauveur transfiguré devant nous ! Cela nous aiderait à croire » pensons-nous parfois. Est-ce si sûr que cela ?

C’est que les miracles ne font qu’attirer l’attention, qu’impressionner, mais la foi en Jésus-Christ est exclusivement opérée par l’Evangile, cette Bonne Nouvelle de ce que le Christ a fait à notre place et pour notre compte.

Rappelez-vous cette parole d’Abraham, dans une parabole : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes » – la Parole de Dieu de l’époque –« ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscite. »(Lc 16.31) D’où l’importance – même l’extrême urgence – de la prédication de l’Evangile du Christ dans le monde, l’importance aussi du ministère pastoral.

La Fête de la Transfiguration termine le Temps de l’Epiphanie.

Le mot grec « Epiphanie » signifie : se montrer en brillant, apparaître avec splendeur, se manifester avec éclat. Justement, le texte de notre sermon, prévu pour un des dimanches du temps de l’Epiphanie, nous présente

LE MINISTERE DE LA PREDICATION

comme

UN MINISTERE D’EPIPHANIE.

Il s’agit

1. de faire resplendir la lumière du Christ dans les cœurs !

2. de ne pas craindre les ténèbres qu’il s’agit d’éclairer !

3. de faire confiance à Jésus qui appelle dans le ministère de porte lampe !

Le ministère de la prédication

est un ministère d’Epiphanie.

Aussi s’agit-il

X X X 1 X X X

DE FAIRE RESPLENDIR

LA LUMIÈRE DU CHRIST

DANS LES CŒURS !

Paul nous rappelle ici que le travail du prédicateur consiste à répandre « la connaissance de la gloire de Dieu » telle qu’elle se manifeste si brillamment « dans la personne de Jésus-Christ » (v. 6). Dans sa Première Epître à ces mêmes Corinthiens, Paul avait déjà écrit qu’il ne leur avait rien annoncé d’autre « que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Co 2.2). Et pour cause !

Il n’y a pas trente-six – même pas deux – façons différentes pour un prédicateur de mettre en lumière la gloire de Dieu dans toute sa splendeur, dans tout ce qu’elle a de plus impressionnant et de plus attachant. Pour cela il faut, dit Paul ici, « faire briller l’éclat que projette l’Evangile de la gloire de Christ » (v. 4), « faire briller l’éclat », le caractère admirable de sa grâce et de sa miséricorde, de sa compassion et de son pardon, de sa réconciliation avec les pécheurs que nous sommes et de la certitude du salut qu’il nous procure.

C’est là le premier aspect du ministère d’Epiphanie : « faire briller » « la lumière » qu’il « a [déjà] fait briller dans [notre] coeur » (v. 6), être le porte lampe de celui qui « nous a appelés à son admirable lumière » (1 P 2.9) et qu’Esaïe appelait déjà « l’Admirable », « le Merveilleux » (Es 9.5) !

Quand on voit le marché de l’emploi (autrement dit, le taux de chômage, surtout sa progression), ou le niveau du moral de nos contemporains révélé par les sondages d’opinion, ou encore les listes d’attente chez les psy, on ne peut que constater : Ça n’a pas changé depuis que Paul a écrit, dans notre lettre : « Nous sommes pressés de toutes parts […] » – aujourd’hui, nous disons stressés – « nous sommes inquiets […], abattus […]» (v. 8-9)

Beaucoup de nos contemporains broient du noir, avancent en tâtonnant, se sentent perdus dans les ténèbres, sans savoir où cela va les mener. Le malheur, c’est que la plupart d’entre eux ne se rendent même pas compte de la réelle profondeur de ces « ténèbres ». La plupart ne se rendent pas compte que tous ces dysfonctionnements chez nous, autour de nous et partout dans le monde ont une cause commune : le dysfonctionnement dans l’homme, ce que Dieu appelle péché, voire, chez beaucoup, mort spirituelle.

Qui d’entre nous pourrait affirmer qu’il ne se laisse pas lui-même envahir par les « ténèbres » du péché, qu’il n’est pas souvent en porte-à-faux avec la sainte volonté de Dieu, qu’il ne se sent pas aussi coupable de péché, qu’il ne manque pas parfois de foi en la bonté de Dieu à son égard ? C’est bien pour cela que nous avons, tout à l’heure, confessé nos péchés et reçu l’absolution comme des assoiffés qui recherchent l’eau qui désaltère.

C’est dans ce contexte – ici, parmi des gens qui ont soif de pardon, mais aussi entouré de gens qui n’ont pas encore découvert les bienfaits du pardon – que nous tous, et particulièrement nous pasteurs, nous faisons « briller l’éclat que projette l’Evangile de la gloire de Christ ». Certes, ce n’est pas nous qui allons pouvoir ni devoir donner les solutions à l’économie mondiale, voire régionale. Ce n’est pas cette lumière que répand l’Evangile. Mais dans le désarroi de nos contemporains, Jésus-Christ appelle les pasteurs à « faire briller sa lumière » dans les cœurs de façon à ce qu’ils puissent dire avec l’apôtre : « [Certes,] nous sommes pressés de toutes parts, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non anéantis. » (v. 8-9)

Chère paroisse : En quoi consiste « la gloire de Christ » que votre pasteur doit faire « briller » parmi vous en annonçant « l’Evangile » ?

Paul le résume dans notre texte avec les mots : « l’agonie » et « la vie du Seigneur Jésus » (v. 10).

Seul le sacrifice expiatoire du Fils de Dieu pour nos péchés donne un éclairage à notre vie qui ne s’éteindra jamais. Pour toi, pour moi, pour « le monde entier » (1 Jn 2.2), le Fils de Dieu devenu homme a passé par les souffrances de « l’agonie », des souffrances particulières, car il a connu les souffrances de l’enfer pour nous les éviter. Puis, ayant pleinement expié nos péchés, Dieu le Père l’a « ressuscité » (v. 14) et installé dans la lumière de « la vie » éternelle.

« La Bonne Nouvelle » (v. 4), c’est que ce n’est pas là une histoire vieille de 2000 ans, c’est ton histoire, la mienne, notre histoire à nous, les croyants, nous y sommes intimement impliqués par la foi. « Nous savons, en effet, » avec Paul, « que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi par Jésus et nous fera paraître dans sa présence » (v. 14).

Voyez-vous, en faisant voir « l’éclat que projette [cet] Evangile de la gloire de Christ », les prédicateurs font « briller sa lumière dans [les]cœurs », ils donnent à la vie de leurs auditeurs un nouvel éclairage, l’éclairage de l’amour, du pardon et de la fidélité de Dieu, l’éclairage du salut éternel qui fait si chaud au cœur.

C’est là le ministère d’Epiphanie et de porte lampe dans lequel vos pasteurs ont été appelés par celui qui a fait l’Epiphanie dans nos cœurs. Il s’agit maintenant de l’exercer avec consécration et fidélité « afin que » – comme l’écrit l’apôtre ici – « la grâce, en se multipliant, fasse abonder la reconnaissance d’un plus grand nombre, à la gloire de Dieu » (v. 15).

Le ministère de la prédication

est un ministère d’Epîphanie.

Aussi s’agit-il

X X X 2 X X X

DE NE PAS CRAINDRE LES TENEBRES

QU’IL S’AGIT D’ECLAIRER !

Il est vrai, « les ténèbres » ont quelque chose d’angoissant. La lumière permet l’épanouissement, « les ténèbres » l’empêchent. Dans le noir, non seulement on ne voit pas comment avancer et œuvrer, on ne voit pas non plus le danger, les menaces. C’est pour cela que l’Ecriture associe l’ennemi héréditaire, le diable, au « monde des ténèbres » (Ep 6.12).

Fondamentalement opposé à Dieu, il l’est tout autant à tout ce qui appartient à Dieu, à son royaume, la communauté des croyants. Et comme il ne peut pas s’en prendre directement à Dieu, il se déchaîne d’autant plus contre les enfants de Dieu, contre l’Eglise et son « Evangile ».

Il voit aussi d’un mauvais œil le ministère de porte lampe, comme celui de tous les témoins du Christ. Les prédicateurs sont en quelque sorte des généraux dans l’armée des croyants. Tout le monde sait que si on arrive à abattre, ou ne serait-ce qu’à affaiblir, le général, l’armée sera vaincue plus facilement.

C’est la lutte entre « la lumière » du Christ et « les ténèbres » de Satan. Dans ses épîtres, nous voyons Paul nous dire comment il a été impliqué dans cette lutte contre Satan qui dirige « ce monde » en « dieu » camouflé (v. 4). Tout chrétien peut témoigner du combat de la foi qu’il doit ainsi mener contre les tentations de tous ordres, contre les doutes insidieux. Ça se saurait si c’était différent pour nous, les pasteurs.

Paul énumère ici quelques difficultés que nous rencontrons dans notre ministère de porte lampe du Christ et de son Evangile. Il ne le fait pas pour nous faire peur, mais pour nous prévenir, pour nous conseiller, pour que nous ne soyons pas pris au dépourvu.

Satan « a aveuglé l’intelligence des incrédules » (v. 4) : il a tout fait pour que les incroyants « ne voient pas briller l’éclat que projette l’Evangile de la gloire de Christ » dans leur vie ; pour qu’ils y voient même tout le contraire : les uns un « scandale » les autres une « folie » (1 Co 1.23).

Si Satan « voile » ainsi « l’Evangile […] aux incrédules », aussi à ceux auxquels les pasteurs ont affaire dans l’exercice de leur ministère ou auxquels vous avez affaire dans votre vie, c’est pour les maintenir dans « les ténèbres » de « l’incrédulité » et nous empêcher de les conduire dans« la lumière » « que projette l’Evangile ».

En fait, il veut empêcher les incroyants d’échapper à « la perdition »éternelle à laquelle lui-même a été condamné. Quant à vous, chers paroissiens, vous, « les enfants de lumière » (Ep 5.8), sachez que Satan veut vous détourner de Jésus-Christ, seule véritable « Lumière du monde » (Jn 8.12), pour vous entraîner dans sa « perdition ».

C’est ainsi qu’il s’oppose à Dieu et à ses ministres de la Parole et leur rend leur ministère compliqué, voire difficile, dans certaines régions du monde même dangereux.

Mais il est possible de « lui résister avec une foi inébranlable » (1 P 5.9) ; il est possible de ne pas lui succomber : en faisant confiance à Jésus-Christ. Si ces paroles de l’apôtre s’adressent à tous les croyants, elles prennent une signification toute particulière pour un porte-parole du Christ dans ses efforts pour faire reculer les ténèbres : Nous sommes pressés de toutes parts, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non anéantis. »

Le ministère de la prédication

est un ministère d’Epîphanie.

Aussi s’agit-il

X X X 3 X X X

DE FAIRE CONFIANCE À JÉSUS

QUI APPELLE DANS LE MINISTERE

DE PORTE LAMPE !

une vérité éminemment réconfortante et encourageante dans l’exercice du ministère pastoral est celle que Paul énonce au début de notre texte : « Nous avons ce ministère par la bonté de Dieu. » (v. 1) Si Dieu n’était pas bon, il n’aurait pas institué le ministère qui consiste à faire « briller l’éclat que projette l’Evangile de la gloire de Christ », il nous laisserait tous macérer dans l’aveuglement des « ténèbres » pour nous laisser dériver vers la « perdition » éternelle.

Mais « puisque » le ministère pastoral est l’expression de « la bonté de Dieu »« nous ne perdons pas courage » (v. 1). Dieu n’est pas versatile : il assistera ses prédicateurs de sa « bonté » pour autant qu’ils considèrent leur ministère pour ce qu’il est, pour autant aussi qu’ils l’exercent dans les bonnes dispositions.

Un prédicateur s’adresse à ses paroissiens avec ces paroles de Paul : « Je me déclare votre serviteur à cause de Jésus. » (v. 5) Notre ministère n’a de sens qu’en relation avec Jésus-Christ. C’est lui notre boss, c’est lui aussi le Chef de l’Eglise (Col 1.18).

Cela a une autre conséquence, comme Paul le rappelle ici : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes : c'est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons » (v. 5), c’est « l’éclat que projette l’Evangile de la gloire de Christ » que nous faisons « briller », pas notre gloire personnelle. Celle-ci ne peut que faire écran, de l’ombre, à la gloire du Seigneur de l’Eglise, du Seigneur des pasteurs.

Que sommes-nous, pasteurs ? Paul sait parler crûment à l’occasion : nous sommes « des vases de terre », dit-il. « Nous portons ce trésor » – la lumière de l’Evangile du Christ – « dans des vases de terre »  « nos corps mortels » (v. 10) – « afin que cette puissance extraordinaire » – l’Evangile – « soit attribuée à Dieu et non pas à nous » (v. 7)

L’efficacité de notre ministère, les fruits qu’il porte, ne viennent pas de nos capacités humaines forcément limitées, mais de Dieu qui a doté de « puissance » divine « l’Evangile » que nous faisons briller (Rm 1.16).

Priez pour vos pasteurs, qu’ils demeurent fidèles à leur Seigneur, au seul Sauveur possible vos âmes ; qu’ils exercent leur ministère en toute fidélité,« en faisant connaître clairement la vérité » (v. 2), et en laissant le Seigneur faire le reste. C’est son entreprise. Il a clairement réparti les rôles : nous sommes ses porte lampe, mais c’est sa « lumière » qui éclaire les esprits et réchauffe les cœurs par la puissance du Saint-Esprit.

C’est là une disposition divine claire, une invitation qui ne l’est pas moins, mais aussi un encouragement sans pareil.

Rappelons-nous :

Le ministère de la prédication

est un ministère d’Epîphanie.

FAISONS CONFIANCE À JÉSUS

QUI A APPELÉ LES PREDICATEURS

POUR ÊTRE

SES PORTE LAMPE !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 18 janvier 2009 - 2ème dimanche après l'Epiphanie

 

Chants proposés :

Qu’aujourd’hui toute la terre AeC 228 : 1-5

Je crois en Dieu, le créateur, AeC 565 : 1-3

Tu nous appelles à t’aimer AeC 532 : 1-4

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586 : 1-5

 

Texte : Jn 1 . 35-42



35 « Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples.

36 Il vit Jésus passer et dit :

 "Voici l'Agneau de Dieu."

37 Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles et suivirent Jésus.

38 Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, il leur dit :

 "Que cherchez-vous ?"

Ils lui répondirent :

 "Rabbi  ce qui signifie maître , où habites-tu ?"

39 "Venez," leur dit-il, "et voyez."

 Ils y allèrent [donc], virent où il habitait et restèrent avec lui ce jour-là. C'était environ quatre heures de l'après-midi.

40 André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus.

41 Il rencontra d'abord son frère Simon et lui dit :

 "Nous avons trouvé le Messie", ce qui correspond à Christ.

42 Il le conduisit vers Jésus.

Jésus le regarda et dit :

 "Tu es Simon, fils de Jonas, tu seras appelé Céphas", ce qui signifie Pierre. »

 

Chers frères et sœurs

qui vous écriez : eurhka ! (eurêka), « j’ai trouvé ! »

Ne vous est-il jamais arrivé de savoir que vous deviez changer de comportement parce que les temps avaient changé, mais vous vous êtes cramponnés à la façon de vivre ou de travailler d’avant ?

Prenez exemple sur Jean-Baptiste. Il n’avait jamais caché que son ministère était passager. « Vous-mêmes m’êtes témoin que j’ai dit :"Moi, je ne suis pas le Messie, mais j'ai été envoyé devant lui." » Puis il a comparé son lien avec Jésus au lien d’un ami avec le marié : « Celui qui a la mariée, c'est le marié, mais l'ami du marié, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix du marié. Ainsi donc, cette joie qui est la mienne est parfaite. Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue. » (Jn 3.28-30)

Maintenant que Jean avait préparé la venue du Seigneur et que celui-ci avait commencé son ministère public, Jean encourage ses propres disciples à suivre Jésus.

Le but n’est pas d’être disciple de Jean-Baptiste, de Jean Haessig ou de quelque individu que ce soit, aussi éminent puisse-t-il être dans l’Eglise ; le but est d’être disciple du Christ. C’est là aussi sur quoi il porte ses efforts.

Voyons donc :

COMMENT

JESUS GAGNE DES DISCIPLES

1. tout au début ?

2. aujourd’hui ?

3. et ce que ça leur rapporte.



------ 1 ------

 

COMMENT

JESUS A-T-IL GAGNE DES DISCIPLES

TOUT AU DEBUT ?

Comment cela s’est-il passé dans notre histoire ? Nous lisons : « Jean était encore là avec deux de ses disciples. » (v. 35) Dans notre histoire, ces « deux disciples » sont mentionnés trois fois. La troisième fois il est précisé : « André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux. » (v. 40)

Et l’autre ? Son nom, vous ne le rencontrerez ni dans ce chapitre ni, d’ailleurs, dans tout le troisième Evangile. Son auteur, le futur apôtre Jean, est trop modeste pour se nommer. Quand il faut qu’il parle de lui-même, il mentionne simplement « le disciple que Jésus aimait » (Jn 21.20 par ex.) ou l’un des deux « fils de Zébédée » (Jn 21.2 ; voir Mt 4.21)

Jean et André étaient de pieux Israélites qui attendaient la venue du Messie promis. Ils s’étaient fait baptiser par Jean-Baptiste et étaient devenus ses disciples. Le Saint-Esprit avait de grands projets pour Jean et André : ils devaient être les prémices, les premiers disciples de Jésus. Le jour de la rencontre entre Jésus et Jean-Baptiste devait aussi devenir un jour mémorable pour Jean et André.

Les croyants juifs attendaient le Messie annoncé dans tout l’Ancien Testament. La mission de Jean-Baptiste, « prophète du Très-Haut […] pour préparer les chemins du Seigneur » (Lc 1.76 ; Mt 3.3), était de diriger ces croyants vers le Messie, maintenant qu’il était là. Le Baptisteavait, bien entendu, tout particulièrement préparé ses disciples à accepter Jésus-Christ comme leur Sauveur.

Jean-Baptiste n’avait pas la tâche facile. Certains de ses disciples étaient plus attirés par sa personne que par son message qu’ils comprirent mal ; certains de ceux-là fondèrent même, après sa mort, une espèce de secte. Plus tard, l’apôtre Paul en rencontrera lors de son troisième voyage missionnaire et les convertira.

C’est malheureusement un phénomène qu’on rencontre parfois : que certains soient plus attirés par la personnalité d’un prédicateur que par sa prédication. On s’en rend surtout compte quand il y a des défections lors d’un changement de pasteur.

Jean n’a jamais cessé de diriger l’attention et la méditation sur le Messie promis. Et lorsque, dans notre récit, « il vit Jésus passer, » il ne l’ignora pas de peur de devoir s’effacer et jouer un second rôle, non, « il dit » sans hésiter : « "Voici l'Agneau de Dieu." » (v. 36)

D’ailleurs, le jour précédent, il avait déjà dit à la vue de Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ! » (v. 29) Comment le savait-il, puisqu’il avoue à plusieurs reprises : « Je ne le connaissais pas »(Jn 1.31-33) Oh ! il connaissait les prophéties de l’Ancien Testament. Elisabeth, sa mère, lui a certainement aussi parlé de l’enfant de Marie qu’elle avait salué comme « son Seigneur » (Lc 1.43).

Et puis le Baptiste était prophète : Dieu s’adressait directement à lui. Il nous apprend : « Celui qui m’a envoyé baptiser d’eau m’a dit : "Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est lui qui baptise du Saint-Esprit." Et moi j’ai vu et j’atteste qu’il est le Fils de Dieu. » (v. 33-34)

Toute sa prédication avait pour objet de diriger ses auditeurs vers Jésus-Christ, celui qui allait les délivrer de la malédiction de la Loi en expiant leurs péchés. Ses auditeurs comprenaient très bien ce langage. Cela les renvoyait aux sacrifices des agneaux au Temple, préfiguration symbolique de ce qui arriverait au Messie promis.

« Les deux disciples » – André et Jean – « entendirent [le Baptiste] prononcer ces paroles et suivirent Jésus. » (v. 36) L’Evangile annoncé par le Baptiste avait touché leurs cœurs et les avait amenés à reconnaître en Jésus de Nazareth « l’Agneau de Dieu »« le Fils de Dieu ». Et cette connaissance pousse à vouloir toujours en savoir plus. D’où leur question :« Rabbi  ce qui signifie maître , où habites-tu ? », où pouvons-nous nous entretenir avec toi ? Jésus exauce leur désir : « "Venez," leur dit-il,"et voyez." » (v. 38)

« Ils restèrent avec lui ce jour-là » (v. 39), entendirent tant de choses merveilleuses de sa bouche qu’ils y adhérèrent entièrement et deviendront plus tard deux de ses douze apôtres.

C’était là un gain inappréciable pour Jésus. C’était le début de son engrangement d’âmes immortelles pour son Royaume des cieux. C’étaient les deux premiers à avoir été gagnés par la Parole de Dieu enseignée, dans leur cas, d’abord par Jean-Baptiste, puis par Jésus lui-même.

D’autres suivront, et cela continuera jusqu’à la fin des temps.



------ 2 ------ 

 

COMMENT

JESUS GAGNE-T-IL DES DISCIPLES

AUJOURD’HUI ?

Ceci, c’est la fin de notre récit qui nous le révèle. « André, le frère de Simon Pierre, […l rencontra d'abord son frère Simon et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie", ce qui correspond à Christ. Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit : "Tu es Simon, fils de Jonas, tu seras appelé Céphas", ce qui signifie Pierre. » (v. 40-42)

A peine André a-t-il trouvé « la perle de grand prix » (Mt 13.46), Jésus, le Sauveur de l’humanité, qu’il veut en faire profiter les autres, en premier lieu – « d’abord » ! – son frère Simon. Il va donc le trouver pour lui apprendre la merveilleuse nouvelle : « Nous avons trouvé le Messie, […] le Christ ! »

La parole transmise par André, le témoignage de sa foi, a fait de « Simon »– nom hébreu qui signifie « celui qui écoute » – un « Céphas », autre nom hébreu qui signifie « un roc », et qui a donné le prénom français « Pierre » ! Il fallait qu’il soit non seulement un Simon, un « écoutant », de nom, mais qu’il écoute aussi réellement l’Evangile qui lui était annoncé pour qu’il devienne un « roc » de foi, un homme qui place solidement sa foi sur le Christ.

S’il avait répondu à son frère : « Parle toujours… Tu m’intéresses ! », il n’aurait jamais été converti à Jésus, il n’aurait jamais été mis en sécurité « sur le roc éternel assis », comme nous le chantons dans un cantique (LlS 181). Car on n’est soi-même un « roc » de foi que tant que notre foi est « fondée sur le roc », Jésus-Christ, « le rocher de notre salut » (Mt 7.25 ; Ps 95.1).

Plus tard, l’apôtre Paul écrira aux chrétiens de Rome : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu. » (Rm 10.17)

Avouons que Dieu est vraiment bon envers nous. Comme pour Pierre à qui il a envoyé André, beaucoup d’entre nous ont été « trouvés » par Dieu sans que nous l’ayons « cherché ». (Es 65.1 ; Rm 10.20) Les uns ont rencontré Jésus grâce au témoignage de leurs parents, d’autres grâce à celui d’amis, d’autres encore parce que Dieu leur a mis une Bible ou de la littérature chrétienne entre les mains ! Mais c’est toujours « l’Evangile de Christ »(Rm 15.19) confessé, annoncé, enseigné – oralement ou par écrit – qui amène à la foi et au salut (Ep 1.13).

André a commencé à parler à son frère du Sauveur du monde, de « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Il est bien dit qu’il l’a fait « d’abord ». Et après le « d’abord » il y a eu un « ensuite ». André a continué sa vie durant à parler du Christ. Ce n’est certainement pas pour s’être tu que des sources extrabibliques rapportent qu’il serait mort en martyr sur une croix en forme d’X qu’on appelle depuis « croix de St-André ».

Quoi qu’il en soit, remarquons qu’à peine il a rencontré son Sauveur qu’il s’efforce de le faire rencontrer à d’autres. A peine « l’Evangile du Christ »l’a amené à la foi en Christ qu’il répand cet Evangile autour de lui pour que le Saint-Esprit puisse en amener d’autres à croire en Christ.

André a appelé Pierre. Aux deux – les deux étaient pêcheurs sur le Lac de Galilée – Jésus dira un peu plus tard : « Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ! » (Mt 4.19) Grâce à leur témoignage, grâce à leur prédication, ils retireront d’innombrables âmes à l’océan de la perdition éternelle.

Pierre, dont notre paroisse porte le nom, indique que c’est là le propre de tout croyant : témoigner de Celui sur qui nous fondons notre foi : « Vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, un peuple racheté afin de proclamer les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. » (1 P 2.9)

Nous n’avons sans doute pas les dons d’un apôtre André ou d’un apôtre Pierre, mais si Jésus a fait de nous « des pêcheurs d’hommes », des « proclamateurs » de ses bienfaits, il nous accompagne aussi de sa bénédiction et de l’action du Saint-Esprit.

Nous n’avons pas non plus tous la même fonction dans l’Eglise. Par contre, dans le monde, nous dit Jésus, nous sommes tous « ses témoins », et nous avons tous la promesse que « la puissance du Saint-Esprit » agira à travers le témoignage de notre foi. (Ac 1.8)

Car c’est ainsi que Jésus gagne des disciples jusqu’à la fin des temps : par sa Parole qu’il nous demande d’annoncer, par la connaissance de son œuvre salutaire que nous devons exposer, par les bénédictions célestes qu’il nous a offertes et dont nous devons témoigner.

En effet,

------ 3 ------

 

QU’EST-CE QUE ÇA RAPPORTE

D’AVOIR ETE GAGNE

EN TANT QUE DISCIPLE DU CHRIST ?

Ce qui leur est arrivé ce jour, à André et à Jean, les a tellement émus, la rencontre avec leur Sauveur et la certitude de leur salut en Christ les a tellement marqués qu’ils se rappellent même l’heure à laquelle ils ont eu cette bouleversante rencontre avec Jésus : « C'était environ quatre heures de l'après-midi. » (v. 39)

Cela a été un événement merveilleux et béni, au point que l’apôtre Jean l’a soigneusement consigné dans son Evangile jusque dans les paroles échangées avec Jésus.

Chers amis, nous qui avons « trouvé le Messie », nous sommes tous subjugués par ce qu’il nous apporte par pure grâce.

Nous connaissons tous le cri chargé d’émerveillement d’Archimède –eurhka ! (eurêka), « j’ai trouvé ! » – lorsqu’il eût trouvé le principe de la poussée qui porte désormais son nom. Figurez-vous qu’André et Jean ont poussé exactement le même cri de joie en découvrant le Christ :eurhkamen ! (eurêkamen), « nous avons trouvé ! » – parce qu’ils avaient « trouvé le Christ ».

Pourquoi ce cri des apôtres n’est-il pas autant connu dans le monde que celui d’Archimède ? Pourquoi notre étonnement et notre joie d’avoir trouvé le Christ et d’avoir été comblés de ses bienfaits ne sont-ils pas aussi connus dans le monde que la joie d’Archimède découvrant le principe de la poussée qui s’exerce sur un corps plongé dans l’eau ?

« Eurhkamen ton Messian ! » « Nous avons trouvé le Messie » et toutes les bénédictions qu’il nous apporte :

la délivrance de nos « péchés », car il les a « enlevés » en les expiant pour nous ! (Jn 1.29),

la réconciliation avec Dieu qui nous invite à « venir » auprès de lui et à le « voir » dans sa bonté et sa miséricorde,

l’honneur qu’il nous fait en nous engageant comme ses témoins et pêcheurs d’hommes !

Beaucoup d’entre nous ne se rappellent pas de l’heure où ils ont rencontré leur Seigneur. Ils n’ont pas, à l’époque pu exprimer leur joie d’avoir « trouvé » – mieux : d’avoir été trouvés par – « le Messie ». et d’avoir été arrachés à la mort éternelle et reçus dans son Royaume divin. Et pour cause : cela s’est passé lorsqu’ils ont été baptisés comme nourrissons. Au moins pouvons-nous en savoir le jour – il est consigné sur un registre de baptême – et peut-être même, si nous cherchons bien, pouvons-nous aussi dire : « C’était environ [telle] heure ! »

Ce n’est pas important, d’en connaître l’heure, c’est ce qui s’y est passé qui est d’une importance capitale. C’est là la raison pour laquelle on veut fixer cette date, et peut-être cette heure, dans sa mémoire.

D’autres on rencontré le Seigneur à l’âge adulte. Ce n’était sans doute pas une rencontre aussi subite que pour André, Jean et Pierre dans notre récit, mais plutôt un rapprochement progressif, une découverte lente. Mais comme dit plus haut : ce qui est important, ce n’est pas le moment précis ou la durée qu’on a mis pour finalement le rencontrer, ce qui est important, c’est d’avoir fait la connaissance du « Messie, ce qui se traduit : le Christ » (v. 41 ; NSB) ; ce qui est important, c’est de s’être vu accepté par lui, béni par lui, comblé par lui.

Gardez en mémoire avec reconnaissance ce qui s’est passé lorsque vous l’avez rencontré. Paul présente ainsi l’une des bénédictions que nous devons au « Messie » ou « Christ » quand il est entré dans notre vie : « En lui, par son sang, nous sommes rachetés, pardonnés de nos fautes, conformément à la richesse de sa grâce » (Ep 1.7). Jésus nous a donc réconciliés avec Dieu qui nous a reçus comme « ses enfants adoptifs »(Ep 1.5)

Pierre, quant à lui, nous rappelle cet autre miracle que le Christ a accompli avec nous quand il est entré dans notre vie : « Conformément à sa grande bonté, il nous a fait naître de nouveau à travers la résurrection de Jésus-Christ pour une espérance vivante, pour un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se souiller, ni perdre son éclat […] dans le ciel » (1 P 1.3-4).

« Trouver » le Sauveur avec sa grâce et son pardon – en fait : être trouvé par lui – c’est la chose la plus merveilleuse qui puisse arriver à quelqu’un, car dans ce cas « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu », ni dans la vie ni dans la mort, et ceci pour l’éternité ! (Rm 8.39)

C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons réprimer notre cri de joie : «Eurhkamen ton Messian ! » (eurêkamen ton Messian) « Nous avons trouvé le Messie » dans l’espoir que d’autres, par notre témoignage, en arrivent aussi à s’écrier : eurhka ! (eurêka), « j’ai trouvé ! »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:26Aucun commentaire:  

LUNDI 5 JANVIER 2009

Sermon du dimanche 4 janvier 2009 - Epiphanie

Texte: Es 45 . 18-25

18 « En effet, voici ce que dit l'Eternel, le Créateur du ciel, le seul Dieu, qui a façonné la terre, l'a faite et l'affermit, qui l'a créée pour qu'elle ne soit pas déserte, qui l'a formée pour qu'elle soit habitée :

"C'est moi qui suis l'Eternel

et il n'y en a pas d'autre.

19 Je n'ai pas parlé en cachette, dans un recoin ténébreux de la terre, je n'ai pas dit à la descendance de Jacob : ‘Cherchez-moi dans le vide !’ En effet, moi, l'Eternel, je dis ce qui est juste, je révèle ce qui est droit.

20 ‘Rassemblez-vous et venez, approchez-vous ensemble, rescapés des nations !’

 Ils n'ont aucun discernement, ceux qui portent leur sculpture sacrée en bois et qui adressent des prières à un dieu incapable de sauver.

21 ‘Faites vos révélations, présentez vos arguments !’

 Ils peuvent même tenir conseil tous ensemble ! Qui a annoncé cela par le passé, qui l'a révélé depuis longtemps ? N'est-ce pas moi, l'Eternel ?

Il n'y a pas d'autre Dieu, en dehors de moi.

Je suis le seul Dieu juste et qui sauve.

22 ’Tournez-vous vers moi et soyez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre !’

En effet, c'est moi qui suis Dieu

et il n'y en a pas d'autre.

23 Je le jure par moi-même, et de ma bouche sort ce qui est juste, une parole qui ne sera pas révoquée :

 Chacun pliera le genou devant moi et toute langue prêtera serment par moi.

24 On dira à propos de moi :

C'est en l'Eternel seul

que se trouvent la justice et la force.

 Ceux qui étaient furieux contre lui viendront jusqu'à lui, et ils seront tous couverts de honte.

25 C'est par l'Eternel que seront déclarés justes tous les descendants d'Israël, et c'est de lui qu'ils tireront leur fierté. »

 

Chers amis en fête,

de nouveau en fête,

encore en fête,

toujours en fête !

Ce texte d’Ancien Testament proposé pour la Fête de l’Epiphanie vient à propos, car nous sommes aussi en début d’année civile : la façon brillante dont Dieu nous apparaît dans ce texte du prophète Esaïe donne l’éclairage qu’il faut à cette année dans laquelle nous venons de nous engager.

Le mot grec epifaneia – « épiphanie » – signifie : se montrer en brillant, apparaître avec splendeur, se manifester avec éclat. Et qu’est-ce qui doit apparaître avec éclat aux hommes et aux femmes de ce 21èmesiècle ? – Eh bien, ce que l’Eternel souligne ici avec insistance devant le monde entier :

« C'est moi qui suis l'Eternel

et il n'y en a pas d'autre. » (v. 18)

« Il n'y a pas d'autre Dieu, en dehors de moi.

Je suis le seul Dieu juste et qui sauve. » (v. 21)

« En effet,

C'EST MOI QUI SUIS DIEU

ET IL N'Y EN A PAS D'AUTRE. » (v. 22)

Et cela, il l’illustre et le documente bien dans notre texte.

1. Lui seul a créé le monde pour notre confort !

2. Lui seul agit pour le bien de la création !

3. Lui seul se lie sans faillir à sa parole donnée !

4. Lui seul sauve ses créatures déchues !

5. Lui seul a une Parole qui sauve !

------ 1 ------

Il n’y a pas d’autre Dieu :

lui seul

a créé le monde pour notre confort.

Esaïe souligne : C’est « Dieu » « qui a façonné la terre, [qui] l'a faite […], qui l'a créée pour qu'elle ne soit pas déserte, qui l'a formée pour qu'elle soit habitée » (v. 18)

Le Seigneur n’a pas créé un monde désertique et désert ; il l’a créé pour que nous puissions nous y sentir bien. Voyez la nature – le monde minéral, végétal et animal – au milieu desquels il nous a placés, même le monde astral (le soleil, la lune et les étoiles) : quelle splendeur !

Si on se prend la peine d’étudier, de contempler, ou tout simplement de regarder « ce qu’il a fait », on ne peut qu’être émerveillé : ce que « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité »(Rm 1.20) ont produit, est tout bonnement merveilleux !.

On ne peut que rester ému par la bonté de Dieu envers nous, d’avoir ainsi veillé à ce que nous ayons tout ce dont nous avons besoin pour que nous puissions être heureux et nous épanouir dans un tel environnement, pour que nous puissions déployer nos activités dans un cadre aussi ordonné, merveilleux et favorable.

Tout cela nous impressionne aussi : l’observation de la création, les impression qu’on en retire, tout cela nous renvoie en pensée à la toute-puissance du Créateur qui se tient derrière tout cela.

Que l’on se tourne vers l’univers aux dimensions insondables, vers les forces indomptables de la nature (si seulement on savait domestiquer la foudre pour en faire de l’énergie électrique !), que l’on se penche sur le microcosme – l’infiniment petit – dans nos cellules ou celles des végétaux, ou qu’on réfléchisse à la complexité avec laquelle tout cela s’emboîte et s’enchaîne, on ne peut que conclure : nos polytechniciens et autres chercheurs de haut niveau ne sont que des analphabètes comparés « l'Eternel, le Créateur du ciel, le seul Dieu, qui a façonné la terre, l'a faite et l'affermit. »

Tout cela, il ne l’a pas créé pour se faire plaisir, mais pour notre bonheur. Notre terre, au milieu de son environnement sidéral, il « l'a créée pour qu'elle ne soit pas déserte », il « l'a formée pour qu'elle soit habitée ». Il l’a créée pour nous.

Que nous faut-il de plus pour comprendre combien le Créateur songe à notre bien, combien il est aux petits soins pour nous, avec quel sérieux, mais aussi quelle bonté et affection il a mis sa toute-puissance à notre service pour que nous puissions avoir un cadre agréable à notre vie sur terre ?

Voilà une première manifestation éclatante – ou « épiphanie » – de notre Dieu : lui seul a créé le monde, et il l’a fait pour notre confort.

------ 2 ------

Il n’y a pas d’autre Dieu :

lui seul

agit pour le bien de sa création.

« Il ne l'a pas créée chaos, » (NBS) il ne « l'a [pas] créée pour qu'elle soit déserte, il l'a formée pour qu'elle soit habitée » (v. 18)

Cela nous échappe peut-être parfois, mais la vie et le chaos, ça ne fait pas bon ménage. La vie et le vide, la vie et le désert, ça ne marche pas. Pour que nous puissions vivre, il faut un minimum d’ordre et de paix, un minimum d’organisation et d’équilibre.

Je ne vais pas vous surprendre en disant que Dieu le savait : il est omniscient, il sait tout ! Et il sait en particulier ce qui est nécessaire à notre épanouissement, pour que nous puissions vivre dans de bonnes conditions. C’est cela qui l’a guidé en créant le monde : le monde astral, minéral, végétal et animal ; c’est ce qui l’a guidé en mettant en place les lois de la nature. Tout cela, il l’a fait de façon cohérente.

Dans ce domaine aussi nous assistons à son épiphanie. En cela aussi il se manifeste à nous dans sa sagesse, mais aussi dans sa bonté et sa sollicitude envers nous.

Et nous ferions bien de ne pas l’oublier. L’homme ne laisse-t-il pas souvent derrière lui « le chaos », et rapidement « le désert » ?

Que faisons-nous avec ce merveilleux cadeau divin qu’est la création ? Laisserons-nous à nos enfants et aux générations suivantes un monde de « chaos », une terre « désertique » car ravagée par la pollution de l’air, de l’eau et des sols ? une planète qui ressemblera à la lune ?

Bien sûr, nous allons maintenant immédiatement penser à l’agriculture qui pollue les sols, les nappes phréatiques et les rivières, aux industries qui polluent, en plus de cela, aussi l’air, aux transports sur route et par avion qui empoisonnent l’air, aux catastrophes maritimes avec les marées noires. Cela doit, effectivement, nous préoccuper. Notre engagement citoyen doit essayer de peser dans ces domaines pour plus de respect de la création divine.

Mais il ne faudrait pas s’en prendre qu’aux autres. Il ne faudrait pas se laver les mains comme Pilate. Ce serait trop facile et … hypocrite. Il faut que notre comportement soit en accord avec nos paroles. A chacun de se demander :

En quoi ai-je pollué la merveilleuse création de Dieu au cours de la semaine écoulée, du mois écoulé ? En quoi ai-je à lui demander pardon d’avoir, moi aussi, contribué à laisser aux générations suivantes un cadre de vie encore plus pollué ?

Par ex. : Nous efforçons-nous – cela demande effectivement un effort de notre part, mais n’est-ce pas ce que le Créateur attend de nous ? – nous efforçons-nous de trier nos déchets, le cas échéant de nous rendre à la déchetterie pour y déposer ce qu’on ne doit pas mettre dans les poubelles, ou jetons-nous pêle-mêle tout et n’importe quoi dans la même poubelle ? Peut-être nous sommes-nous même arrangés pour cacher les déchets interdits sous les déchets permis ?

Voyez-vous, nous avons tendance à critiquer nos autorités – et sans doute souvent avec raison – mais si elles mettent un dispositif en place qui correspond aux priorités de Dieu, nous devrions les en louer et nous comporter en conséquence, non pas tellement pour ne pas être punis par la loi, mais en premier lieu pour remercier notre Créateur pour sa création et pour témoigner devant le monde de la bonté de Dieu.

Ce faisant, nous nous comportons en témoins de Dieu, ce faisant, nous lui permettons de faire son « épiphanie » au cours de la nouvelle année, de se manifester à travers notre comportement comme le Dieu unique qui agit pour le bien de sa création.

Mais il nous apparaît encore dans un autre domaine comme le seul vrai Dieu :

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Il n’y a pas d’autre Dieu que lui :

car lui seul

se lie sans faillir à sa parole donnée.

Les mots manquent, en fait, pour qualifier à sa juste valeur le fait que le Dieu et Créateur de l’univers s’adresse à nous, créatures insignifiantes !

Et comment nous parle-t-il ? « Je n'ai pas parlé en cachette, dans un recoin ténébreux de la terre, je n'ai pas dit à la descendance de Jacob : ‘Cherchez-moi dans le vide !’ En effet, moi, l'Eternel, je dis ce qui est juste, je révèle ce qui est droit. » (v. 19)

Il ne s’est pas adressé aux siens, à l’époque d’Esaïe, à travers « des devins, des astrologues, des augures, des sorciers, des magiciens, des personnes qui consultent les esprits ou les spirites ». D’ailleurs il condamne toutes ces pratiques (Dt. 18.10-11) qui avaient cours dans les religions de l’Antiquité et qui connaissent une forte recrudescence aujourd’hui, particulièrement en région parisienne.

Quand Dieu parle, il n’est pas du genre de ceux qui craignent la lumière, il n’a rien de commun avec ces pratiques mensongères, trompeuses, diaboliques, qui ne peuvent qu’éconduire les gens et les plonger dans l’erreur.

Avec sa Parole, Dieu ne nous envoie pas dans le « chaos » de l’incertitude et du doute. Il dit « ce qui est droit », ce qui est juste et vrai, et ce qu’il annonce se réalise. Tu trouves peut-être qu’il met parfois pas mal de temps à réaliser ce qu’il a annoncé. Effectivement, le temps de Dieu n’est pas notre temps. Durant des siècles, des générations se sont succédées sans voir s’accomplir les promesses messianiques. « Mais lorsque le moment est vraiment venu, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la Loi afin que nous recevions le statut d’enfants adoptifs. » (Ga 4.4-5). Il en sera de même avec son retour en gloire. Cela arrivera « lorsque le moment sera vraiment venu ».

Parfois nous nous disons – peut-être avec quelque aigreur, quand nous sommes au fond du gouffre – : « Je croyais que Dieu m’a adopté comme son enfant, qu’il m’aime et qu’il me bénit ! J’aimerais bien bientôt en voir les effets dans ma situation présente. » N’oublions pas : même à sa mère, il avait dit, à Cana, que « son temps n’était pas encore venu » (Jn 2.4) pour intervenir dans un problème rencontré par les gens.

Se lie-t-il réellement sans faillir à sa Parole donnée ? Pour répondre, il faut bien écouter ce qu’il nous dit. Ce dont il nous « parle », ce qu’il nous « dit » et « révèle », c’est – dit-il – « ce qui est droit ». et « juste », ce qui est conforme à ce qu’il a convenu avec Abraham et sa descendance : la venue du Messie Sauveur.

Dieu appuie même ses promesses par serment : « Je le jure par moi-même, et de ma bouche sort ce qui est juste, une parole qui ne sera pas révoquée. » (v. 23)

Le salut qu’il promet aux créatures pécheresses que nous sommes est si important à ses yeux, est d’une priorité si haute pour lui, qu’il souligne son importance, l’importance de sa promesse de salut, l’importance de son Evangile, par un serment tout à fait exceptionnel : « Je le jure par moi-même. »

« ‘Faites vos révélations, présentez vos arguments !’ Ils peuvent même tenir conseil tous ensemble ! Qui a annoncé cela par le passé, qui l'a révélé depuis longtemps ? N'est-ce pas moi, l'Eternel ? » (v. 21)

Quand Dieu nous parle, il engage sa Parole. Il se lie à ce qu’il nous dit. Cela est tout particulièrement vrai là où il promet de nous sauver, de se laisser réconcilier avec nous. Et il ne s’est pas désengagé, bien que cela lui ait coûté la vie de son Fils.

« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous. Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui, » tout ce qui « contribue à notre bien » ? (Rm 8.31-32+28) Ne perdons pas patience : il est digne de confiance, notre Dieu, le seul vrai Dieu, lui qui fait son « épiphanie », qui nous apparaît comme celui qui se lie à ses promesses !

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Il n’y a pas d’autre Dieu :

lui seul

sauve ses créatures déchues.

« Le vieux Fritz » – nom que les Allemands donnent au grand roi de Prusse Frédéric II, ami de Voltaire – a forgé cette devise blasphématoire de façon … macaronique, c.à.d. en mélangeant deux langues dans la même phrase, l’allemand et le français : « Jeder wird nach seiner façon selig » (chacun est sauvé à sa façon).

Le malheur veut qu’on peut, aujourd’hui, entendre cette opinion impie y compris dans la bouche de certains prédicateurs ou professeurs de théologie. Mais là où le vrai Dieu fait son « épiphanie », là où il nous apparaît avec clarté – dans sa Parole – il dit tout le contraire.

Pour nous, ses créatures, et ceci depuis la chute dans le péché, mais aussi jusqu’au retour du Christ pour le Jugement Dernier, il n’y a qu’un seul Saveur – Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit – et qu’un seul salut, le salut déjà promis et procuré à Abraham, Isaac et à Jacob, le salut que nous devons à Jésus-Christ. « Il n’y a de salut en aucun autre » qu’en « Jésus », « car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4.12)

Lui seul a pris notre péché sur lui ; et lui seul nous a donné en échange sa« justice » avec laquelle nous pouvons subsister devant Dieu sans avoir à le craindre.

Cela, Dieu l’avait déjà révélé aux croyants de l’Ancien Testament. Aussi joignons-nous nos voix aux leurs et confessons-nous avec eux : « C'est en l'Eternel seul que se trouvent la justice et la force. » (v. 24),

« Ô sang qui m’acquis le pardon

Et rendis Dieu propice,

En toi seul le ciel me fait don

De l’habit de justice !

Sur toi seul je fonde ma foi.

Ce que le Christ a fait pour moi

M’arrache au précipice. » (LlS 222, str. 4)

En Jésus-Christ Dieu nous apparaît en Dieu réconcilié, en divin Allié, sur lequel nous pouvons nous appuyer et compter à tout moment. Ceci aussi parce que

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lui seul

a une Parole qui sauve.

En cela aussi il se manifeste comme

le seul vrai Dieu.

Et sa Parole qui sauve doit être entendue dans le monde entier. Sauver ses créatures perdues, c’est ce qui lui tient le plus à cœur. Tout le monde doit connaître l’offre de salut en Jésus-Christ. Cet Evangile ne peut pas rester confiné dans le secret de nos cœurs de croyants. Dieu ne veut pas que les incroyants finissent dans la mort éternelle pour ne pas avoir été réveillés de leur sommeil spirituel.

Et c’est nous, parmi lesquels il a déjà fait son « épiphanie », c’est nous, à qui il est déjà apparu en Sauveur, c’est nous qu’il convoque pour nous rappeler notre rôle. « Rassemblez-vous et venez, approchez-vous ensemble, rescapés des nations ! » (v. 20)

Nous sommes « les rescapés des nations », ceux d’entre les nations qui ont été sauvés par la foi en Jésus-Christ. Mais nous nous trouvons au milieu de gens qui « n'ont aucun discernement, qui portent leur sculpture sacrée en bois et qui adressent des prières à un dieu incapable de sauver. » (v. 20)

D’accord, « les sculptures sacrées en bois » ont peut-être été remplacées par autre chose : les placements en bourse, des superstitions en provenance d’Asie, l’idolâtrie de la science et de l’homme, l’adoration et la pratique de plaisirs défendus, et j’en passe.

L’homme moderne – est-il vraiment aussi moderne qu’il pense l’être ? – « porte » aussi en lui et traîne avec lui « des dieux incapables de sauver »,« incapables » de lui apporter le soulagement et la sérénité du pardon par pure grâce pour l’amour de Christ, « incapables » de lui apporter l’aide nécessaire dans le désarroi de cette vie.

Avons-nous peur d’engager le dialogue avec ces idolâtres modernes ? Ne nous sentons-nous pas assez versés dans les connaissances bibliques ? On peut y remédier facilement par l’étude personnelle de la Bible et la participation aux cercles bibliques. Ou sommes-nous trop hésitants dans la foi, ne faisons-nous pas suffisamment confiance à Dieu et à sa Parole ?

N’oublions pas : Dieu attend que nous nous adressions aux idolâtres modernes, qu’ils soient des adeptes d’Allah ou de Bouddha, ou tout simplement des idolâtres de l’être humain, par exemple de type anticlérical.

Nous devons permettre à Dieu de faire son « épiphanie », sa merveilleuse apparition, auprès de tous ces gens en leur transmettant son invitation : «Tournez-vous vers moi et soyez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! En effet, c'est moi qui suis Dieu et il n'y en a pas d'autre. » (v. 22)

Quelle joie sera la nôtre lorsque nous découvrirons devant le trône de Dieu tous ceux qui ont été invités par les croyants à travers les siècles et les millénaires et qui ont donné suite à leurs invitations !

Tous ceux-là confessent avec nous : « C'est en l'Eternel seul que se trouvent la justice et la force. » (v. 24)

Alors « l’épiphanie » de notre Créateur et Sauveur ne se fera plus à travers sa Parole, mais directement devant nos yeux.

Alors nous l’entendrons nous dire directement :

« Il n'y a pas d'autre Dieu, en dehors de moi.

Je suis le seul Dieu juste et qui sauve. »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig