2011

Sermon du Dimanche 25 Décembre 2011

FÊTE DE NOËL Es 62.10-12

10 « Franchissez, franchissez les portes ! Dégagez le chemin du peuple ! Préparez, préparez la route, enlevez les pierres ! Dressez un étendard vers les peuples !

11 Voici ce que l’Eternel annonce aux extrémités de la terre : "Dites à la fille de Sion : ‘Ton salut arrive. Il a son salaire avec lui et sa récompense est devant lui !’"

12 On les appellera : "peuple saint""rachetés de l’Eternel", et toi on t’appellera : "recherchée", "ville non abandonnée".»

Chers frère et sœurs soulagés et remplis de joie

par la naissance de votre Sauveur !

Oui, « Faisons éclater notre joie

Et louons notre Bienfaiteur ;

Le Père éternel nous envoie

Son Bien-aimé pour Rédempteur.

D’une vierge chaste et féconde

Un enfant divin nous est né ;

Aujourd’hui, le Sauveur du monde,

Le Fils de Dieu, nous est donné ! » (LlS 46:1)

C’est certainement l’émotion et la joie qui nous habitent le plus en cette fête de Noël. C’est certainement l’émotion et la joie qui nous réunissent aujourd’hui pour ce culte de la Fête de Noël.

Mais Noël, c’est plus encore, c’est bien davantage,

LA FETE DE NOËL c’est UNE FETE à la fois

1. chargée de gravité,

2. joyeuse,

3. communautaire, et

4. féconde.


X X X 1 X X X

La Fête de Noël, c’est d’abord

UNE FÊTE CHARGEE DE GRAVITE !

Il est vrai, cela ne se voit pas tellement. Les rues sont illuminées, les villes sont bruyantes, des haut-parleurs nous inondent de musique, on se retrouve autour de tables festives.

La joie n’est pas forcément déplacée, certainement pas, si c’est l’authentique joie de Noël, comme nous le verrons dans la deuxième partie.

Mais n’oublions pas qu’à l’origine de la naissance du fils de Marie, il y a une catastrophe, que la cause de l’incarnation du Fils de Dieu, c’est l’état désespéré de l’humanité qu’il est venu sauver.

C’est parce que beaucoup ne voient pas cela qu’ils ne peuvent pas connaître la véritable joie de Noël. Ils ne connaissent que des joies qui n’ont rien à voir avec la naissance du Christ. Ils profitent simplement de l’occasion pour fêter en famille ou entre amis.

Qu’est-ce qui les empêche de fêter Noël correctement ? Plein de choses qui encombrent leur vie et les aveuglent. Plein de choses, d’opinions et d’états d’esprit qui les empêchent de voir pourquoi l’enfant de Bethléhem a déclenché le chant de « la multitude de l’armée céleste » des anges (Lc 2.13).

Il s’agit de se débarrasser de tout ce qui nous empêche de fêter Noël pour les bonnes raisons.

« Dégagez le chemin […] ! Préparez, préparez la route, enlevez les pierres "! » (v. 10) Faites table rase de tout ce qui vous cache la raison profonde de fêter Noël : « Il vous est né un Sauveur ! » (Lc 2.11)

En fait, pour résumer, qu’est-ce qui veut nous empêcher de fêter Noël correctement ? – Notre état pécheur. – « Dégagez-le ! […] Enlevez-le ! »– Facile à dire ! Moins facile à faire …

En fait, reconnais-le au Fils de Marie, ton état pécheur. Pose ce baluchon embarrassant aux pieds de la crèche ; reconnais en lui celui qui peut t’en débarrasser.

C’est pour cela qu’il est né à Bethléhem. C’est pour cela que « le Roi de gloire a tout quitté, pouvoir, joie et honneur » au ciel (LlS 49:2). C’est pour cela que « le Fils unique du Très-Haut Prend la crèche pour berceau » (LlS 48:2). Pour aplanir le chemin entre Dieu et nous, pour nous sortir de notre perdition de pécheurs coupables, pour nous réconcilier avec Dieu et nous obtenir son pardon, sa bonté et sa présence fidèle.

C’est une situation désespérée qui a amené Jésus à naître à Bethléhem. C’est une chose extrêmement sérieuse que son début de vie humaine dans une étable, car en filigrane, au-dessus de sa crèche, se dessine déjà sa croix.

Oui, Noël est d’abord une fête chargée de gravité. Il n’en demeure pas moins que

X X X 2 X X X

La Fête de Noël, c’est surtout

LA FÊTE D’UNE « GRANDE JOIE » !

C’est ainsi que l’ange s’est exprimé quand il s’est adressé aux bergers dans la nuit de Bethléhem. Qu’a-t-il dit ? – « N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ! » (Lc 2.10-11)

C’est aussi ce que le prophète Esaïe annonce dans notre texte : « "‘Ton salut arrive ! " » « "Dites à la fille de Sion : ‘Ton salut arrive. " » (v. 11) Dans la longue chaîne des prophéties messianiques, les prophéties d’Esaïe sont les plus précises et les plus profondes. Datant de sept siècles avant la venue du Messie, elles ont alimenté la foi des croyants et leur ont permis de tenir, de continuer à espérer.

Rappelez-vous ce que Marie dit, quand elle apprend qu’elle sera la mère du Fils de Dieu : « Le Tout-Puissant […] s’est souvenu de sa bonté – comme il l’avait dit à nos ancêtres. » (Lc 1.54-55)

Voyez aussi ce que Zacha rie, le père de Jean-Baptiste, chante parce qu’il a appris l’imminence de la naissance du Messie : « C’est ce que Dieu avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens : un Sauveur qui nous délivre […]. Ainsi Dieu […] se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre. » (Lc 1.70-73)

C’est que l’enfant de Bethléhem ne vient pas les mains vides. Il ne vient pas en touriste, en curieux ou parce qu’il se serait ennuyé au ciel. Il vient pour accomplir un énorme travail et toucher un « salaire » (v. 11) non moins énorme, un « salaire » à côté duquel même ceux des PDG du CAC40 sont ridicules : le « salaire » qu’il a gagné, c’est le « salut » du monde, c’est « ton salut » à toi et à moi, notre réconciliation avec Dieu, la paix avec le Dieu que nous avons offensé par nos péchés !

C’est sûr, à voir le petit nourrisson dans la crèche de l’étable de Bethléhem, on pourrait être tenté de dire : « Il n’y a rien à voir, passez votre chemin ! » Et pourtant, les anges ont encadré sa naissance avec le chant : « Paix sur la terre ! » (Lc 2.14), indiquant clairement par là que l’enfant de Marie est le « Prince de la Paix » annoncé par Esaïe (Es 9.5).

Cela nous émeut au plus profond de nous-mêmes. Ce « salaire » que l’enfant de Bethléhem touche sur la croix de Golgotha, il nous le distribue pour notre « salut ». Et cela ne nous remplirait pas d’une sainte agitation ?

Elle répond à cette insistante exhortation : « Franchissez, franchissez les portes ! Dégagez le chemin du peuple ! Préparez, préparez la route, enlevez les pierres ! Dressez un étendard vers les peuples ! »

Nous faisons notre possible, non seulement pour fêter correctement Noël dans la repentance, la foi et la joie ; nous faisons aussi notre possible pour qu’il en soit ainsi tout au long de l’année, tout au long de notre vie.

Mais une chose frappe dans cette exhortation du prophète : elle ne s’adresse pas à des personnes prises individuellement, mais à l’Eglise dans son ensemble.

X X X 3 X X X

La Fête de Noël, c’est

UNE FÊTE QU’ON CELEBRE ENSEMBLE

On n’en saisit pleinement le sens que si on la vit en communauté. Déjà lors de la naissance de Jésus, ce miracle a été annoncé à des groupes : les bergers, les gens de Bethléhem, les mages.

Ici, l’annonce de la naissance de Jésus s’adresse à « la fille de Sion », à l’Eglise qui place sa foi dans le Messie.

« "Dites à la fille de Sion […] On les appellera : "peuple saint","rachetés de l’Eternel", et toi on t’appellera : "recherchée", "ville non abandonnée".» (v. 12)

Bien entendu, l’Eglise de Jésus-Christ est constitué des personnes individuelles que nous sommes, des « rachetés de l’Eternel » que nous avons le bonheur d’être. Bien entendu que chacun de nous place individuellement et personnellement sa foi dans le Messie Sauveur. Bien sûr que c’est à cause de notre repentance et foi personnelles que nous bénéficions de ce rachat. La foi d’un autre ne me sert à rien pour cela.

Mais nous sommes exhortés et invités à fêter ensemble la naissance du Sauveur, à préparer ensemble son accès dans nos cœurs dans les cultes de la communauté.

Les miracles de Noël, de Pâques, de l’Ascension, de Pentecôte, le miracle de notre rachat et de notre salut, veulent être célébrés dans le partage, pas dans le recroquevillement sur soi. La célébration de Noël se fait avant tout et surtout dans nos cultes administrés par des serviteurs dûment appelés. Martin Luther, en prêchant sur ce texte, souligne fortement le rôle des prédicateurs dans la célébration de Noël.

La célébration de Noël se fait aussi dans un culte préparé par les enfants. Cette fête des enfants n’est pas là pour qu’on admire nos enfants – le seul à devoir être admiré dans nos cultes, c’est notre Seigneur – non, la fête des enfants est là pour qu’ils aient l’occasion d’annoncer ensemble, de louer ensemble, de chanter ensemble leur joie de Noël et leur foi.

Car

X X X 4 X X X

La Fête de Noël, c’est aussi

UNE FÊTE FECONDE,

une fête qui porte des fruits, une fête qui pousse en avant, une fête qui ne laisse pas les bras ballants mais nous pousse à agir.

« Franchissez, franchissez les portes ! Dégagez le chemin du peuple ! Préparez, préparez la route, enlevez les pierres ! Dressez un étendard vers les peuples ! »(v. 10)

« Dressez un étendard vers les peuples ! » La bannière de notre foi doit être visible des autres. Le temps de Noël est un temps particulièrement propice à cela. Tout le monde parle de Noël, dans toutes les familles il y a du remue-ménage. Voyez-vous, c’est l’occasion toute trouvée pour les rendre attentifs à l’origine de cette fête. C’est un contexte propice pour parler de notre Seigneur qui voudrait aussi être leur Sauveur.

Voyez les bergers de Bethléhem ! A peine ont-ils appris la naissance du « Sauveur » du monde « qui est le Christ, le Seigneur », le Messie, l’Eternel, qu’ils s’en vont « raconter ce qui leur avait été dit » par les anges « au sujet de ce petit enfant » (Lc 2.17).

Le message de Noël est si fort, l’événement de la nuit de Bethléhem si colossal et important pour le monde pécheur, que ceux qui s’y trouvent impliqués ne peuvent que se sentir poussés vers « les peuples », vers les autres, pour y faire flotter « l’étendard » de l’Evangile.

Et c’est ce qui se passe depuis 2000 ans. Notre communauté cosmopolite est un petit reflet de « l’étendard » flottant sur de nombreux « peuples ». Du Togo, du Cameroun, du Congo, du Madagascar, des Antilles, du Brésil, de Lettonie, de Russie, et de différentes provinces françaises, nous sommes réunis pour adorer l’enfant Jésus, comme les bergers et les mages l’ont fait il y a deux millénaires.

« Et toi, » Eglise de Jésus-Christ, « toi, » communauté réunie pour célébrer Noël,« on t’appellera "recherchée", "ville non abandonnée".»

« Le Fils unique du Très-Haut » est venu parmi nous, s’est incarné, est devenu un des nôtres, pour aller à notre « recherche », pour nous tirer de notre état désespéré de pécheurs condamnés et « abandonnés » de Dieu. Nous savons qu’il est allé jusqu’à se laisser « abandonner » à notre place (Mt 27.46), pour que nous formions la « ville non abandonnée » de Dieu.

Le miracle de Noël nous annonce : « On t’appellera "recherchée", "ville non abandonnée" ! »

Saisissons-nous toute l’étendue du bonheur qui est le nôtre ? Jésus est né à Bethléhem pour aller à notre « recherche » et nous intégrer dans « Sion », la « ville non abandonnée de Dieu » ?

Au fur et à mesure que nous « dressons l’étendard » de l’Evangile du Christ « vers les peuples », il y en aura toujours plus qui intégrerons le « peuple saint »des « rachetés de l’Eternel ».

« Voici ce que l’Eternel annonce aux extrémités de la terre : "Dites à la fille de Sion : ‘Ton salut arrive’. »

Comme Jésus l’a demandé à ses disciples avant de monter au ciel, nous commençons par l’annoncer devant notre porte. C’est ce que nous faisons en invitant nos proches et autres connaissances à nos cultes, études bibliques ou à nos goûters missionnaires. Cela doit être un effort constant, supporté par une prière constante.

A côté de cela nous essayons, avec les moyens qui sont les nôtres, d’aider l’Eternel à faire entendre son Evangile de Noël « jusqu’aux extrémités de la terre ». Dans notre cas, cela se limite à certains pays du monde francophone.

N’oublions pas : Si notre Seigneur ne veut pas que nous fêtions sa naissance, chacun dans son coin mais en paroisse, il ne veut pas non plus que nous fêtions sa naissance en vase clos, mais que nous irradiions notre joie de Noël par-delà des murs de notre centre paroissial.

Les prophètes l’ont prédit, les anges l’ont annoncé, les bergers l’ont répandu. Maintenant c’est à nous de continuer à chanter : « Gloire à Dieu » et « paix sur la terre » (Lc 2.14).

Alors notre fête de Noël ne sera pas qu’une fête profane, mais réellement la célébration de la « fille de Sion » !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 17:06Aucun commentaire:  

DIMANCHE 11 DÉCEMBRE 2011

Sermon du Dimanche 11 Décembre 2011

3ème DIM. DE L’AVENT Lc 3.1-6

Chants proposés :

Peuple de Dieu, rassemble-toi, AeC 306:1-3

Ô Dieu, des grâces éternelles, AeC 313:1-4

Oh ! viens, Seigneur, ne tarde pas, AeC 310:1-4

Quand vint le jour d’étendre les bras, AeC 586:1-4

« La 15ème année du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque du territoire de l’Iturée et de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l’Abilène,

et Anne et Caïphe étaient grands-prêtres. C’est alors que la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert,

et Jean parcourut toute la région du Jourdain ; il prêchait le baptême de repentance pour le pardon des péchés,

conformément à ce qui est écrit dans le livre des paroles du prophète Esaïe : "C’est la voix de celui qui crie dans le désert : ‘Préparez le chemin du Seigneur, rendez ses sentiers droits !’"

"Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées ; ce qui est tortueux sera redressé et les chemins rocailleux seront aplanis"

"Et tout homme verra le salut de Dieu." »

Chers frère et sœurs

dans l’attente du Dernier « Avent »

de notre Seigneur !

La 5ème année de la présidence de Nicolas Sarkozy, François Fillon était premier-ministre, Jean-Pierre Bel président du Sénat, Bernard Accoyer président de l’Assemblée Nationale, Jean-Paul Huchon président du Conseil Régional d’Île-de-France et Claude Baty président de la Fédération Protestante de France.« C’est alors, » en ce 3ème dimanche de l’Avent, « que la parole de Dieu fut adressée à » la Paroisse St-Pierre de Châtenay-Le Plessis, à travers ce texte (v. 2).

Avouez : l’entrée en matière de ce sermon vous a surpris. Ce n’est pas courant de mêler les noms des de ces personnalités à un sermon. Que viennent y faire les noms de ces personnalités du monde politique et religieux ? Ne doit-on pas laisser la politique à la porte de l’église ?

Pourtant, c’est bien ainsi que Luc commence notre texte : « La 15èmeannée du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque du territoire de l’Iturée et de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l’Abilène, et Anne et Caïphe étaient grands-prêtres. C’est alors que la parole de Dieu fut adressée à Jean » (v. 1-3).

En s’exprimant ainsi, Luc ne veut pas se mêler de politique. Sa préoccupation est spirituelle. Il veut nous montrer que l’œuvre de notre rachat entreprise par Dieu n’est pas une pieuse invention, une belle légende, mais que cela s’est passé réellement, à un moment précis de l’histoire, ici sur terre.

Il est vrai, à l’époque on avait une façon un peu compliquée de dater les événements. Aujourd’hui on dirait, en ce qui nous concerne : « En ce 11 décembre 2011 … » : Et pour Jean-Baptiste : « En l’année 26 (à peu près), "la parole de Dieu fut adressée à Jean". » « C’est alors » que Dieu s’adressa à lui.

Dans son cas, ce fut une révélation directe. Jean-Batiste était un prophète, d’ailleurs un prophète particulier, unique même : un prophète qui avait lui-même été annoncé par une prophétie !

Plus de sept siècles auparavant, le prophète Esaïe avait annoncé au 40èmechapitre de son livre, qu’un prophète particulier allait apparaître peu avant le Messie pour préparer le peuple d’Israël à bien recevoir le Messie.

Jean-Baptiste occupe donc une place unique sur le seuil entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Il est tout à la fois prophète et accomplissement, à la fois annonciateur de prophétie et objet prophétie. Il clôt la lignée des prophètes de l’Ancien Testament, tout en donnant le signal du début de l’ère du Nouveau Testament.

Pourtant, plus importante que sa personne est « la parole de Dieu » qui lui « fut adressée ». Il s’agit de « la parole » éternelle présente déjà tout au long de l’Ancien Testament, « parole » qui sera présente et annoncée dans le monde jusqu’à la fin des temps. C’est « la parole » que Dieu nous adresse pour nous préparer à « l’Avent », à la venue du Seigneur.

X X X 1 X X X

Les temps se suivent et ne se ressemblent pas. Bien des hommes politiques ont passé sur la terre depuis « l’empereur Tibère » (v. 2). L’empire romain a fait place à toute une série d’autres puissances, et de puissances bien différentes, identiques seulement en cela qu’elles ont toutes dû s’effacer devant d’autres.

Elles se ressemblent encore sur un autre point. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, une chose est toujours pareille, après deux millénaires, pareille à l’époque de « l’empereur Tibère » : le monde va au-devant de « l’Avent », de la venue du Seigneur. L’histoire du monde et des peuples se déroule à l’intérieur d’un seul et même cadre ou schéma : celui de l’approche de la venue de notre Seigneur.

A l’époque de Tibère, Pilate, Hérode, Philippe et Lysanias, l’histoire se déroulait pour aller au-devant de la rencontre du Seigneur dans l’abaissement de Bethléhem à Golgotha.

Aujourd’hui, en ce temps de Sarkozy, Merkel, Obama, Poutine et autres, l’histoire du monde se déroule pour aller au-devant du retour du Seigneur Jésus en gloire. Cela relativise pas mal l’importance de ces dirigeants. L’important, celui qui est de loin le plus important, c’est notre Roi de « l’Avent » qui a annoncé son retour.

Nos dirigeants politiques en sont-ils plus conscients que ceux du temps de Jean-Baptiste ? Difficile d’y répondre. On ne peut que prier pour eux, comme d’ailleurs pour tous nos contemporains.

Quel que soit le haut niveau de culture de nos contemporains, ce n’est pas cela qui leur donnera la sagesse nécessaire pour accueillir Jésus. Même si les progrès techniques et l’industrie moderne parviennent à construire des autoroutes et des lignes de TGV à travers montagnes et vallées, cela ne suffit pas pour aplanir le chemin du Seigneur vers leurs cœurs.

Pour rencontrer Jésus-Christ, l’humanité ne se porte pas mieux et n’a pas progressé depuis 2000 ans.

C’est que « préparer le chemin du Seigneur » dans les cœurs (v. 4), cela ne se fait pas à l’aide de l’informatique, du nucléaire, de bulldozers ou de toute autre technique avancée. Après comme avant, cela n’est possible qu’avec la « repentance » (v. 3)

C’est ce que Jean-Baptiste a fait. Et il n’a fait rien de plus : amener le peuple à se repentir de ses péchés et à attendre « le pardon » (v. 3) et le salut du Messie Sauveur. Et c’est là, encore et toujours, la tâche des prédicateurs : « prêcher la repentance pour le pardon des péchés ». (v. 3).

Si Jésus doit venir auprès de quelqu’un, il faut écarter les obstacles qui se mettent en travers. Si quelqu’un s’entête à lui barrer le passage, le Seigneur ne le contraint pas de céder, du moins en attendant. Ce n’est qu’au Jour du Jugement Dernier qu’il s’imposera à tous, mais alors ce sera trop tard pour ceux qui n’auront pas voulu de lui de leur vivant.

Alors « tout homme verra le salut de Dieu » (v. 6). Mais si nous voulons vivre le dernier « Avent » au Jour du Jugement Dernier comme une bénédiction et une fête, il faut que nous accueillions dès maintenant, dès cette vie-ci, l’auteur de notre « salut ».

Cela veut dire que nous devons nous préparer à l’accueillir, nous devons « préparer » et entretenir son « chemin » vers nos cœurs. Par nature, ce « chemin » n’existe pas. Par nature il n’y a qu’éboulis, d’énormes obstacles, qui bloquent le passage du Seigneur vers nos cœurs, des obstacles que le prophète Esaïe, cité dans notre texte, compare à un paysage sauvage fait de « collines », de hautes « montagnes » et de « vallée » encaissées (v. 5).

A qui viendrait l’idée d’inviter un important souverain ou un président de la République sans lui « préparer le chemin » et lui faciliter l’accès ? Voyez les importants préparatifs qui précèdent la visite d’un président de la République dans une ville, ou, récemment, la tenue d’un G20 à Nice par exemple ! Qui aurait l’idée d’organiser une telle réunion en plein milieu d’un territoire ravagé par un tremblement de terre, ou coupé du monde par un énorme glissement de terrain, et de faire marcher un Obama ou un Sarkozy sur des kilomètres de « chemins rocailleux » (v. 5) vers leur lieu de la réunion ?

Mais voyez-vous, Jean-Baptiste n’est pas envoyé par Dieu pour diriger de grands travaux de terrassement. Il ne doit pas construire des routes à travers les monts de Judée.

Les « collines » et les « montagnes » de notre texte, ce sont les « collines » et les « montagnes » de notre orgueil, de notre amour-propre, de notre égoïsme et égocentrisme, de notre manque d’intérêt et d’amour du prochain, ce sont les « collines » et les « montagnes »de notre refus d’aller au-devant de l’autre et de l’accepter, de notre refus de nous remettre en question, de notre refus de céder, voire de nous réconcilier, de notre refus de faire le premier pas.

Vois-tu : ces « collines » et ces « montagnes » menacent de se mettent en travers de la venue du Seigneur, menacent d’empêcher son « Avent » dans nos cœurs. Il s’agit donc d’« aplanir » (v. 5) et d’entretenir « le chemin du Seigneur », et de le faire chaque jour, car chaque jour des éboulis de ce genre reviennent encombrer ce chemin.

Les « vallées » de notre texte parlent de nos fautes, de nos manquements, de nos raté, de notre attirance par ce qui est bas et mauvais. Veillons donc, car ces « vallées » menacent de nous séparer de notre Seigneur si nous ne les « comblons » pas ? (v. 5)

Avec cette image, Dieu veut nous faire comprendre que notre vie doit être une vie de « repentance de tous les jours » (Petit Catéchisme de Luther). Tous les jours nous devons tourner le dos au « désert » (v. 4) de nos mauvais penchants et tendre les mains vers notre Seigneur et Sauveur et obtenir de lui « le pardon des péchés »« le salut de Dieu ».

Quelqu’un qui se plait dans les « collines », les « montagnes » et les « vallées » de sa nature pécheresse, quelqu’un qui aime à emprunter les« sentiers rocailleux » et « tortueux » de ses penchants naturels, c’est quelqu’un qui ne veut pas se tourner vers son Sauveur et « se repentir ».

Mais si tu es consterné par tes penchants naturels mauvais – et nous en avons tous, nous dit la Parole de Dieu –, s’ils t’attristent et si tu t’en repens, si tu tends les bras avec humilité et foi vers ton Seigneur, alors« le chemin du Seigneur » est « préparé » vers ton cœur, alors il t’apporte ou te confirme « le pardon des péchés »« le salut de Dieu », son affection, sa grâce, son intérêt pour toi.

X X X 2 X X X

« Préparer le chemin du Seigneur » n’est pas une mince affaire. C’est d’ailleurs au-dessus de nos forces, cela nous est aussi impossible que d’« abaisser les montagnes » et de « combler les vallées ».

Aussi, un jour, ses auditeurs ont demandé à Jésus : « Qui donc peut être sauvé ? » à quoi Jésus répondit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Lc 18.27) Dieu possède et opère avec une « dynamite », cette « puissance de Dieu » qu’est « l’Evangile » (Rm 1.16), cette Bonne Nouvelle du « salut de Dieu » : c’est grâce à elle qu’il arrive à frayer un passage vers nos cœurs.

A l’époque de « l’empereur Tibère »« Jean, fils de Zacharie », a utilisé cette dynamite ou puissance divine de « la Parole de Dieu » et du « Baptême ». C’est ainsi qu’il a pu frayer un passage au « salut de Dieu » vers les pécheurs de l’époque.

Et ça se produit encore de la même façon au temps de Nicolas Sarkozy. Ce sont la Parole et les sacrements (le Baptême et la Cène) qui sont aujourd’hui, en ce début du 3ème millénaire, encore les seuls moyens de grâce pour produire « la repentance » dans nos cœurs, les seuls moyens de grâce pour « préparer » et maintenir en état nos cœurs à recevoir notre Sauveur par la foi.

Et il en sera ainsi « jusqu’à la fin du monde » : « enseigner » et « baptiser » (Mt 28.18-20).

Jésus-Christ, notre Roi de l’Avent, ne cesse de faire retentir sa parole de « pardon » dans le monde. Il ne cesse de faire administrer « le baptême de repentance pour le pardon des péchés ». C’est comme ceci qu’il vient à nous, pécheurs, avec son « salut », son aide.

Et si nous le recevons ainsi avec foi quotidiennement dans sa Parole, nous sommes préparés pour son dernier « Avent » au Jugement Dernier.

Mais qui le reçoit ainsi ? L’énumération de « Tibère, Pilate, Hérode, Philippe, Lysanias, Anne et Caïphe » ne nous indique pas seulement une date, elle énumère aussi des hommes qui n’ont pas « préparé le chemin du Seigneur », des pécheurs pour qui la rencontre avec Jésus à son dernier « Avent » sera quelque chose de terrible.

Les temps ont-ils changé ? Il est vrai, depuis Jean-Baptiste de nombreux prédicateurs ont « prêché » et administré parmi les peuples de la terre « le baptême de repentance pour le pardon des péchés ». D’innombrables pécheurs ont ainsi été amenés à « voir le salut de Dieu » et à s’en réjouir dans la foi.

Innombrables sont aussi ceux qui en jouissent déjà dans l’éternité.

Mais la plupart de nos contemporains vivent comme s’il ne devait jamais y avoir de confrontation avec le Juge divin. Innombrables sont ceux qui ne prennent pas au sérieux l’appel à se repentir. Ils se plaisent trop dans les « collines, montagnes et vallée » de leur nature pécheresse, de leur vie sans Dieu.

L’histoire du monde continue à se dérouler. La fin se rapproche. Les puissances font place à d’autres puissances. Mais quels que soient les régimes, Dieu ne se lasse pas de faire annoncer son Evangile, d’inviter à se tourner avec repentance et foi vers lui. Il ne se lasse pas de faire annoncer sa Parole et de faire administrer ses sacrements pour nous attirer ou nous maintenir dans sa communion de vie.

Il ne cesse pas non plus d’envoyer des prédicateurs et des baptiseurs, car les cœurs de la plupart des gens ressemblent, spirituellement parlant, au « désert » près du « Jourdain » (v. 2-3).

« La Parole de Dieu nous a été adressée. » Comment la recevons-nous ? Comme une parole qui s’applique exactement à nous et nous interpelle personnellement ? Comme une parole pour laquelle nous sommes infiniment reconnaissants à Dieu ? Comme une parole qui nous apporte « le pardon de[nos] péchés » et « le salut de Dieu » ? Comme une parole qui est seule apte à nous préparer, dans la foi, au dernier « Avent » de notre Seigneur ?

Alors remercions-le du fond de notre cœur de ne pas avoir privé le monde de sa Parole salutaire, depuis « l’époque de Tibère » jusqu’à celle de Sarkozy.

Et prions-le instamment de ne pas non plus la retirer à nos enfants, petits-enfants et aux générations futures ! Que cette Parole de repentance et de foi, cette Parole de grâce et de vie ouvre et prépare à notre Seigneur et Sauveur le chemin vers les cœurs ! Que nous soyons ainsi tous trouvés prêts à l’accueillir dans la joie à son dernier « Avent » !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

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VENDREDI 9 DÉCEMBRE 2011

Sermon du Dimanche 27 Novembre 2011

1er DIM. DE L’AVENT Mc 11.1-9

Chants proposés :

Viens, Sauveur de la terre,, LlS 39:1-4

Chrétiens, peuple fidèle, LlS 28:1-2+5-7

Hosanna ! Béni soit le Sauveur débonnaire LlS 31:1-5

Ô Jésus, notre divin Roi LlS 166:1-3

« Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, près de Bethphagé et de Béthanie, vers le Mont des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples

en leur disant : "Allez au village qui est devant vous. Dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel personne n’est encore monté. Détachez-le et amenez-le.

Si quelqu’un vous demande : ’Pourquoi faites-vous cela ?’ répondez : ‘Le Seigneur en a besoin’, et à l’instant il le laissera venir ici."

Les disciples partirent ; ils trouvèrent l’ânon attaché dehors près d’une porte, dans la rue, et ils le détachèrent.

Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent : "Que faites-vous ? Pourquoi détachez-vous cet ânon ?"

Ils répondirent comme Jésus le leur avait dit, et on les laissa faire.

Ils amenèrent l’ânon à Jésus, jetèrent leurs vêtements sur lui, et Jésus s’assit dessus.

Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs.

Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : "Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur". »

Chers frère et sœurs

qui célébrez l’Avent de notre Roi !

La venue d’une grande personnalité dans une ville ou à une manifestation particulière est toujours un grand événement. On s’y prépare à l’avance. On veut la recevoir de manière digne de son rang. On en parle à l’avance dans les médias pour susciter l’intérêt, durant sa présence pour apprendre ce qu’elle y fait, et par après encore pour essayer d’en tirer les leçons ou pour parler des retombées de cet événement.

Encore plus grande, plus importante, même plus extraordinaire et hors du commun est la venue du Seigneur du ciel et de la terre, sa venue, en latin « adventus » qui a donné « Avent » en français.

Avec ce terme – « Avent » – nous méditons et nous nous recueillons, durant les quatre semaines précédant Noël, autour de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ.

Elle est triple, sa venue :

Il est venu il y a près de 2000 ans lorsqu’il a été « conçu du Saint-Esprit » et est« né de la vierge Marie. » (« Symbole apostolique ») C’est ce qu’on appelle son1er Avent.

A la fin des temps, « il reviendra de là [du ciel où il est monté] pour juger les vivants et les morts. » (« Symbole apostolique »). C’est ce qu’on appelle son3ème Avent.

Et son 2ème Avent ? … – Mais nous sommes en train de le vivre, plus particulièrement aussi dans ce culte que nous sommes en train de célébrer en son honneur. Ce qu’on appelle son 2ème Avent, c’est sa venue à travers l’Evangile, sa venue auprès de nous à travers les moyens de grâce, son « avent » à travers la Parole, le Baptême et la Cène.

A l’aide de notre texte, nous allons découvrir qu’

IL VIENT A NOUS

POUR NOUS ACQUERIR

ET NOUS GAGNER.

Aussi, pour le recevoir dignement, devons-nous connaître les réponses à ces deux questions :

1. Comment vient-il ?

2. Comment l’accueillir comme il sied ?.

X X X 1 X X X

COMMENT NOTRE ROI DE L’AVENT

VIENT-T-IL A NOUS ?

La première chose qui frappe à la lecture de notre histoire, c’est son incroyable SIMPLICITE de notre Roi. Vous avez déjà vu les ânes du Proche-Orient ? Une petite bête de rien du tout ! La moitié d’un âne du Poitou, peut-être même pas !

Alors que nos grands hommes se déplacent en jets privés et en limousines avec chauffeur, alors que les généraux et empereurs romains de l’époque montaient des destriers qui affichaient la couleur, le Maître de l’univers, le Créateur et Seigneur du ciel et de la terre, entre dans sa ville secoué par les pas d’un « ânon » sur lequel il est assis !

Pas de cérémonial protocolaire genre Palais de l’Elysée, pas de pompe et de fastes royaux comme à la cour d’Hérode, non, le dénuement et l’humilité, la simplicité même d’un paysan rentrant des champs sur son âne !

Oh ! il aurait pu impressionner tout le monde !Il le rappellera d’ailleurs quelque jours plus tard à Pierre au Mont des Oliviers : « Penses-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ? » (Mt 26.53)

Lui, ça l’aurait tiré d’embarras, mais nous, ça nous aurait laissé dans la nasse. Il ne veut pas nous impressionner, il veut obtenir notre adhésion, il veut gagner notre confiance, nous voir placer notre foi en lui, car il est le seul à pouvoir nous arracher à notre perte.

Il ne veut pas nous effrayer par des apparitions en provenance de l’au-delà, comme Zacharie, Marie ou les bergers ont été effrayés à l’apparition d’un ange (Lc 1.11-12 ; 28-30) ou de « la multitude de leur armée céleste » (Lc 2.8-14). Il ne veut pas nous pétrifier par l’incursion de son apparition majestueuse dans nos existences de mortels.

Non, Jésus vient à nous sous des apparences aussi simples et faciles que l’était l’ânon à l’époque. Il s’adapte à nous et vient à nous à travers l’Ecriture Sainte, la Parole de Dieu, mais aussi à travers les sacrements que sont le Baptême et la Cène.

Quoi de moins effrayant que du papier et de l’encre, de l’eau, du pain et du vin ? Rien de plus banal, rien de plus quotidien. Rien de plus abordable.

C’est ainsi qu’il se met à notre niveau pour venir à notre rencontre en toute simplicité.

Mais aussi comme CELUI QUI SAIT. Les disciples s’étaient souvent rendu compte que leur Maître pouvait répondre aux pensées de personnes qui ne les avaient même pas exprimées.

Là, il les envoie en leur apprenant qu’il sait où se trouve un ânon, ce que les gens diront et ce que le propriétaire laissera faire s’ils lui répètent ce que Jésus leur a dit.

Cela nous réconforte grandement, que de savoir que notre Roi de l’Avent sait tout, connaît tout de fond en comble. Il sait de quoi nous avons besoin et ce qui nous fait du bien.

Alors que nous étions perdus de naissance, il est venu à nous, pour la plupart d’entre nous, par le Baptême, alors que nous étions nourrissons, pour d’autres par la Parole qui leur a été annoncée.

Et maintenant que nous menons le combat de la foi au jour le jour, il vient à nous par sa Parole de grâce et le sacrement de l’autel. Il vient ainsi nous montrer qu’il connaît notre péché, mais qu’il y a remédié ; qu’il connaît nos problèmes, mais qu’il est à nos côtés pour faire « tout coopérer à notre bien » (Rm 8.28) ; qu’il connaît aussi nos joies et qu’il les partage et les bénit.

En fait, il vient aussi à nous AVEC PUISSANCE. La foule des pèlerins, sur le chemin de Jérusalem, l’a acclamé : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (v. 9) Ce cri de bienvenue est tiré du Psaume 118 (v. 25) où le Messie est salué ainsi.

Il ne faut pas s’y méprendre : il ne faut pas que l’apparition humble de Jésus, lors de son entrée à Jérusalem, nous trompe. Oui, il a une attitude humble. Mais c’est que cette attitude était la seule adéquate pour aller à l’assaut de nos ennemis, pour vaincre le péché, la mort et Satan.

Avec l’entrée à Jérusalem il monte au front. Et après une terrible bataille, celle qui le mènera à la croix et dans les souffrances de l’enfer, trois jours plus tard ce sera la victoire éclatante de Pâques.

Et, comme dans notre histoire, Jésus vient aussi à nous « au nom du Seigneur », il vient à notre aide comme seul Dieu sait le faire, il vient à notre rencontre à travers son « Evangile, puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rm 1.16), à travers une parole où il déploie et nous applique sa puissance salutaire. Il vient aussi à nous avec puissance dans son « Baptême qui nous sauve » (1 P 3.21)

C’est ainsi que, sous des apparences insignifiantes et banales – la parole, de l’eau – Jésus a exercé une puissance phénoménale, la puissance du Saint-Esprit, pour nous arracher aux conséquences du péché, à la colère de Dieu et à la damnation éternelle.

L’humble apparence de Jésus assis à califourchon sur un ânon cachait en fait celui qui allait remporter le triomphe le plus grand qui soit, celui qui allait nous entraîner dans ce triomphe et nous le faire partager.

Sous l’humble apparence de la Parole – un livre, quoi ! de la prédication ! – au milieu de tant d’autres orateurs qui drainent bien plus de gens, sous l’humble apparence aussi des espèces du pain et du vin, voire de l’eau, le plus éminent des princes vient à notre rencontre,« celui que Dieu a élevé à sa droite comme Prince et Sauveur » (Ac 5.31).

X X X 2 X X X

COMMENT ACCUEILLERONS-NOUS

ALORS COMME IL SIED

NOTRE EXTRAORDINAIRE

ROI DE L’AVENT ?

Tout d’abord, en le reconnaissant comme notre Sauveur. C’est aussi ce que la foule a fait avant que les chefs religieux de Jérusalem ne la retournent cinq jours plus tard. Que chantaient-ils au passage de Jésus ? – « Hosanna ! » : « Dieu sauve ! » (v. 9)

La foule, trop nombreuse pour que tout le monde puisse loger à l’intérieur de la ville pour la fête de la Pâque juive, campait à l’extérieur, jusque sur les versants du Mont des Oliviers.

Cette foule était là pour apporter des sacrifices de repentance et d’expiation pour leurs péchés. Ces pèlerins se savaient tout petits et perdus sans l’intervention du Messie Sauveur, du Fils de Dieu venu les sauver. Dans leur bouche, « Hosanna ! » « Dieu sauve ! » est donc d’abord une confession des péchés, une confession de leur culpabilité devant Dieu.

Mais elle est aussi un cri de joie et de foi dans le salut que Dieu envoie par son Messie. Ils reconnaissent en Jésus le « Fils de David » (Mt 21.9), autre titre messianique du Messie Sauveur. Et ils l’acclament comme vainqueur en puissance, ce qu’ils montrent symboliquement en agitant des « rameaux » (v. 8 ; Mt 21.8)

Cette foule avait foi en l’accomplissement des prophéties messianiques. Nous, nous pouvons regarder en arrière sur cet accomplissement. Jésus a vaincu notre péché, il a vaincu la mort et l’enfer, il se révèle comme le vainqueur des épreuves et des difficultés de la vie.

Nous avons bien besoin de cette assurance. Laa couleur liturgique du Temps de l’Avent est le violet, la couleur de l’attente, de la méditation et de la repentance. Mais le Temps de l’Avent est aussi celui de l’acclamation joyeuse du Roi qui vient dans nos vies pour nous aider à la dompter et pour nous mener à bon port.

Accueillons-le donc avec repentance et foi, mais soyons aussi prêts à le servir comme notre Roi et Maître.

Je suis étonné par la docilité avec laquelle ses disciples ont exécuté son ordre : aller « détacher » un ânon qui ne leur appartenait pas. Nous lisons simplement : « Ils partirent » (v. 4), « Ils y allèrent » (Segond 1978) ! Avouons qu’à leur place, nous aurions sans doute émis quelques objections avant de nous exécuter. Nous aurions eu peur des réactions des gens, particulièrement du propriétaire de l’ânon.

Non, sachons que si notre Seigneur et Maître attend quelque chose de nous, d’abord c’est un honneur qu’il nous fait de pouvoir le servir, ensuite nous pouvons le faire de bon cœur, car … « hosanna ! » « Dieu sauve », Dieu est avec nous, Dieu bénit le service que nous lui rendons, même si c’est dans un contexte difficile, même si c’est lié à des complications, même si notre tendance pécheresse veut traîner les pieds.

Une vie de service commence déjà par une participation joyeuse et régulière au culte, au service divin. Certes, c’est-surtout notre Roi de l’Avent qui nous rend service dans les cultes : il nous donne son pardon à travers sa Parole et ses sacrements ; il nous y assure de sa fidèle assistance dans la vie ; il nous assure de notre appartenance à son Royaume.

Mais nous aussi nous le servons dans les cultes : nous lui apportons « le sacrifice », l’offrande « de nos louanges » (Hé 13.15), et nous rendons service aux siens en nous unissant à eux et en les encourageant à le servir avec nous.

Enfin nous lui rendons service avec les dons qu’il a mis à notre disposition. Là-bas, c’était un « ânon » que quelqu’un a mis à la disposition du Maître. D’autres, plus démunis, ont pris ce qu’ils avaient sous la main : « leurs vêtements », pour en faire un tapis au Seigneur, des « branches » d’arbre, pour lui organiser un défilé festif (v. 8).

Et à toi, qu’est-ce que le Seigneur a mis à ta disposition pour que tu puisses le servir ? Du temps à consacrer à son église ? Des talents divers à mettre à son service dans l’Eglise : bricoler, tenir la comptabilité, s’occuper de l’accompagnement musical du culte, s’occuper du catéchisme, de l’évangélisation, de visites aux malades ? (ce ne sont là que des exemples parmi d’autres.)

Oui, qu’est-ce que le Seigneur a mis à ta disposition pour que tu puisses servir sa venue, son Avent, parmi nous ? Sans doute pas d’âne, mais peut-être une voiture pour rendre visite à des malades ; sans doute un revenu qui peut nous permettre, ensemble, d’assumer notre responsabilité de paroissien et de faire face aux besoins de sa venue, de son Avent, au travers de la prédication et de l’administration des sacrements.

Avec tout cela nous montrons à notre Roi de l’Avent que nous l’accueillons avec joie parmi nous et non pas parce que nous n’aurions pas le choix.

Si notre cœur déborde de louange comme celui des pèlerins sur le chemin de Jérusalem, alors nous aussi nous chanterons : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (v. 9) Nous le chanterons d’ailleurs tout à l’heure, comme lors de chaque célébration de la Cène pour fêter son Avent, sa venue parmi nous sous les espèces du pain et du vin.

C’est ainsi qu’il veut être accueilli : avec un cœur débordant de louange et de reconnaissance, et un mode de vie qui lui fait honneur et qui se met à son service pour l’avancement de son Règne.

Dans l’année liturgique écoulée, notre Seigneur n’a cessé de venir à nous dans sa Parole et ses sacrements. En y repensant, nous ne sommes pas très fiers de l’accueil que nous lui avons parfois fait dans notre vie quotidienne.

Combien sommes-nous alors soulagés et heureux d’entendre que, malgré nos péchés, il veut continuer à venir à notre rencontre dans les moyens de grâce !

Prenons la résolution, une fois de plus, en invoquant l’assistance du Saint-Esprit, de toujours l’accueillir comme il convient : dans une repentance et une foi de tous les jours.

Alors son dernier Avent, son retour en gloire, sera pour nous l’occasion d’entrer avec lui dans la gloire céleste et éternelle.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du Dimanche 20 Novembre 2011

Dernier Dimanche après la Trinité

1 Co 15.20-28

Chants proposés :

Oh ! prends mon âme, Prends-la, Seigneur, AeC 602 : 1-3

Seigneur, mon Dieu, je crie vers toi, AeC 620 : 1-3

Il est pour le fidèle, Au-delà du tombeau, AeC 640 : 1-4

20 « Mais en réalité, Christ est ressuscité des morts, précédant ainsi ceux qui sont morts.

21 En effet, puisque la mort est venue à travers un homme, c’est aussi à travers un homme qu’est venue la résurrection des morts.

22 Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ,

23 mais chacun à son propre rang : Christ en premier, puis ceux qui appartiennent à Christ lors de son retour.

24 Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir anéanti toute domination, toute autorité et toute puissance.

25 En effet, il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds.

26 Le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort.

27 Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsque Dieu dit que tout lui a été soumis, il est évident que c’est à l’exception de celui qui lui a soumis toute chose.

28 Lorsque tout lui aura été soumis, alors le Fils lui-même se soumettra à celui qui lui a soumis toute chose, afin que Dieu soit tout en tous. »

Prions !

Seigneur Jésus,

toi qui pardonnes le péché et sauves de la mort,

nous te prions :

Par ton Esprit fortifie notre foi en ta grâce

et rends-nous confiants et certains

de ne pas rester dans la mort,

mais de nous réveiller au Dernier Jour

pour la vie éternelle.

Bénis en ce sens la méditation de ta sainte Parole !

Amen.

Chers frères et sœurs,

entraînés par notre Roi dans le triomphe !

Il est vrai, nous n’y sommes pas encore tout à fait. Nous n’en voyons pas encore tout à fait le bout. Pour l’instant nous « bataillons » encore. La pleine jouissance du triomphe est encore devant nous.

Il suffit de regarder autour de nous : que ce soit sur le plan social, économique ou politique, dans le domaine de la justice, de la sécurité ou de l’éducation, au niveau national ou international, si l’on a déjà gagné des batailles pour plus de fraternité, de justice et de paix, la lutte se poursuit et se poursuivra jusqu’à la fin des temps.

Quant à la morale dans le monde, si certains se battent pour triompher du mal, d’autres ne songent pas du tout à se battre, ils s’accommodent très bien de la victoire de l’immoralité.

Et que nous dit notre propre expérience ? Que voyons-nous quand nous regardons l’image que nous renvoie le miroir de la sainte Loi de Dieu ? … – Chacun de nous peut répondre pour lui-même.

C’est vrai, si nous ne faisons pas la politique de l’autruche, si nous ne nions pas les évidences, nous ne pouvons que reconnaître que nous nous trouvons encore dans un monde de lutte et de péché, de défaillances et de souffrances.

Mais le temps viendra où cela fera partie du passé, d’un passé révolu dont nous serons définitivement débarrassés.

Oh oui ! notre foi, notre espérance et notre vie chrétienne ont un fondement sûr :

NOTRE ROI

PARACHEVERA SON ŒUVRE

1. Il nous en a donné la garantie,

2. Ce sera chose faite lorsqu’il aura définitivement supprimé la mort.

X X X 1 X X X

Notre roi nous a donné la garantie

que l’œuvre commencée,

il la parachèvera.

Son œuvre, ce qu’il a fait, ce n’est pas n’importe quoi. Son œuvre consiste à nous libérer de la mort, de la mort spirituelle comme des souffrances éternelles en enfer.

Face à la mort, détachés de Dieu, la source de toute vie, nous étions sans armes, sans défense. Par nature nous étions plongés dans la mort spirituelle de l’incrédulité et voués à la damnation éternelle.

Cela, nous le devons à la chute de nos premiers parents dans le péché. Ils ont ainsi contaminé et gangréné tous leurs descendants, toute l’humanité. « La mort est venue à travers un homme » (v. 21), Adam. « Tous meurent en Adam » (v. 22), nous tous, descendants d’Adam, nous sommes mortels comme Adam.

Ailleurs, Paul écrit : « Par un seul homme » – Adam – « le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort ; de même la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché. » (Rm 5.12).

Cela aurait pu être le point final de l’histoire. Heureusement pour nous, ça ne l’a pas été et ça ne l’est toujours pas, car Jésus est entré en scène : il a bouleversé les choses, il a brisé le nœud gordien : par sa vie sainte et parfaite, par ses souffrances et sa mort innocentes, par sa résurrection glorieuse, lui, le Fils de Dieu devenu homme, nous a arrachés à notre captivité dans la mort. Il a payé pour nous. Il a fait porter sa sainteté à notre crédit. Il a brisé les chaînes de la mort qui nous retenaient.

Et à ceux qui lui font confiance, à ceux qui s’appuient avec foi sur lui, il offre la délivrance, il leur offre de vivre dans sa communion de vie, il les reçoit et les reconnaît comme siens, « ils appartiennent à Christ »(v. 23) comme Paul l’écrit ici.

Peut-être que nous sommes tellement habitués à l’entendre que ça ne nous fait plus que l’effet d’une petite musique de fond, rien qui ne nous soulève d’étonnement et d’admiration. Un peu comme quelqu’un qui est habitué à la bonne cuisine chez lui et qui ne sait plus l’apprécier à sa juste valeur. C’est une habitude, c’est normal, la routine, quoi ! C’est quand il en est privé qu’il se rend enfin compte de ce qu’il a perdu.

Voyez-vous, ce n’est vraiment pas rien non plus que de pouvoir « appartenir » à celui qui a montré qu’il était plus fort que la mort, car « Christ est ressuscité des morts » (v. 20) comme il l’avait annoncé à l’avance !

Cela, Paul l’écrit aux Corinthiens, non pas comme une vérité abstraite, mais comme quelque chose qui les concerne personnellement, qui transforme leur existence du tout au tout. Paul le leur écrit pour qu’ils y puisent le réconfort, la consolation et la paix qui leur manquaient, pour qu’ils exultent d’une joie exubérante.

Jésus ressuscité des morts, ce n’est pas l’histoire de quelqu’un d’autre, c’est notre histoire, cela nous concerne directement, car c’est notre mort qu’il a vaincue. Lui n’avait vraiment pas besoin de se livrer aux souffrances de la mort en enfer pour la mater, pour lui la mort n’était pas une menace puisqu’il n’avait pas de péchés à lui. Il a passé par là – des souffrances de l’enfer à la victoire sur la mort – pour toi, pour moi, pour le monde entier, « parce que [nous] tous [avons] péché » (Rm 5.12).

Aussi réjouissons-nous de notre intime communion avec Jésus, le vainqueur de la mort, et par-delà lui, de notre communion intime avec Dieu. « Ceux qui appartiennent à Christ », nous qui lui appartenons par la foi que nous lui portons, nous faisons partie de son Royaume, nous formons ensemble le peuple sur lequel il « règne » (v. 25).

Et son « règne » n’est pas un vain mot, c’est une réalité de tous les jours. « Il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. » (v. 25)

Ainsi, en temps de détresse, ou quand nous souffrons de l’hostilité de quelqu’un, mais aussi face à la mort, notre Sauveur ressuscité vient se mettre à nos côtés pour nous assister. Quand nous sentons le sol se dérober sous nos pieds – comme Pierre s’est enfoncé dans les flots (Mt 14.28-31) – n’oublions pas : Jésus est là pour nous retenir.

Nous pouvons confesser avec David : « Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire. Le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu. En tout temps, peuples, confiez-vous en lui, épanchez votre cœur devant lui ! Dieu est notre refuge. » (Ps 62.8-9

« Tous ses ennemis » n’ont pas encore été « mis sous ses pieds », mais rien ni personne, aucune adversité et aucune personne hostile ne peut nous arracher au « règne » du Christ victorieux tant que nous nous appuyons sur lui avec confiance, tant que nous nous accrochons à lui par la foi.

Notre roi parachèvera cette œuvre qu’il a commencée. Sa résurrection nous en est la garantie, car elle n’est que « le premier » chaînon attaché à toute une suite d’autres chaînons. Paul l’appelle « les prémices », le premier fruit qui annonce la récolte qui suit (v. 23).

Nous avons déjà reçu le verdict d’acquittement. Nous sommes déjà en possession du pardon. Grâce à Jésus qui a échangé sa sainteté contre nos péchés, nous pouvons nous présenter devant Dieu sans crainte. Il n’y a donc aucun doute, c’est une certitude : nous vivrons des choses bien plus merveilleuses encore !

X X X 2 X X X

Notre roi nous a donné la garantie

que son œuvre sera achevée,

lorsqu’il aura définitivement supprimé la mort.

Pour l'instant, la mort assombrit encore nos vies. Chaque fois que la mort nous arrache quelqu’un, cette déchirure nous fait souffrir. Nous avons tous déjà versé des larmes à cette occasion. Jésus, vrai Dieu, mais aussi vrai homme, en a aussi versées à la mort de son ami Lazare.

Il est vrai : lorsque des frères et sœurs dans la foi, donc des personnes« qui appartiennent à Christ », nous sont arrachés par la mort, « nous ne sommes pas dans la tristesse comme les autres qui n’ont pas d’espérance. » (1 Th 4.13) Nous sommes aussi affectés, le cas échéant même profondément ébranlés, mais nous ne touchons pas les mêmes fonds que ceux qui n’ont pas l’espérance de la résurrection et de la vie éternelle.

Pourquoi ? – Parce que « l’aiguillon » (1 Co 15.55-56), le côté terrible et dramatique, a été retiré de notre mort ; notre mort physique, corporelle, n’est plus qu’un « sommeil » dont Jésus nous réveillera pour la vie éternelle.

Lors de ce grand et terrible Dernier Jour, « le dernier ennemi sera anéanti : la mort » (v. 26), « la mort » et tous ses symptômes précurseurs, « la mort » et tous ses signes avant-coureurs, « la mort »ainsi que le péché, la cause de la mort.

« Lors de son retour, » « ceux qui appartiennent à Christ » « revivront en Christ. » « Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir anéanti toute domination, toute autorité et toute puissance. » (v. 22-24)

Tout ce qui nous effraye encore aujourd’hui sera « anéanti ». Tout ce qui veut nous arracher à notre Roi et à son royaume éternel sera « anéanti ». Tout ce qui veut nous nuire sera « anéanti ».

« Dieu » sera alors « tout en tous » (v. 28). Nous qui aurons retenu jusqu’à la fin dans la foi ce que Jésus nous a obtenu, nous nous trouverons tous, dans la félicité éternelle, en parfait accord, en parfaite harmonie avec Dieu. L’amour et la gloire de Dieu nous envelopperont et nous habiteront pleinement, et notre amour pour lui sera sans ombre.

Alors le moment sera venu où Jésus, notre Roi, aura parachevé son œuvre. Nous, ses rachetés, nous partagerons alors la gloire de Dieu, en parfaite communion avec Dieu, pour l’éternité !

Alors, tout ce que le péché – le nôtre et celui du monde qui nous entoure – tout ce que le péché nous aura apporté dans cette vie comme imperfections, comme insensibilités, comme méchancetés, comme difficultés à vivre, comme découragements, maladies, souffrances, et même la mort, tout cela aura été définitivement écarté de nos vies.

Nous connaîtrons exclusivement et éternellement la félicité en présence de Dieu.

A l’apôtre Jean, « une voix forte venant du ciel » a décrit notre félicité éternelle de cette façon :

« Voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes ! Il habitera avec eux, il sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu ! » (Ap 21.3-4)

Soli Deo gloria ! Dieu en soit loué !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:55Aucun commentaire:  

MERCREDI 7 DÉCEMBRE 2011

Sermon du dimanche 13 novembre 2011

Avant-Dernier Dim. ap. Trin 2011

Mt 25:31-46

« Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,

avec tous les anges, il s’assiéra sur son trône glorieux.

Toutes les nations seront rassemblées devant lui.

Il séparera les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres : il mettra les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche.

Alors le roi dira à ceux qui sont à sa droite :

« Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; héritez le royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde.

Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venu me voir. »

Alors les justes lui répondront :

« Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ? – ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli ? – ou nu, et t’avons-nous vêtu ? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous venus te voir ? »

Et le roi leur répondra :

« Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela pour l’un de ces plus petits, l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.. »

Ensuite il dira à ceux qui sont à sa gauche :

« Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire. J’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu et vous ne m’avez pas vêtu ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. »

Alors ils répondront, eux aussi :

« Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim ou soif, étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, sans nous mettre à ton service ? »

Alors il leur répondra :

« Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous n’avez pas fait cela pour l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. »

Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes, à la vie éternelle.

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Ce dimanche – l’Avant-Dernier de l’Année Liturgique – porte le nom de« Dimanche du Jugement ». L’Evangile traditionnel pour ce jour, chez Matthieu, au chapitre 25, met en scène le grand Jugement des nations.

Ce n’est pas là une pièce de théâtre à propos d’une histoire qui ne nous concernerait pas. Au contraire, nous y sommes tous impliqués, « car il nous faudra tous comparaître en pleine lumière devant le tribunal du Christ » (2 Co 5:10).

Nous intervenons donc tous – et chacun personnellement – dans la scène décrite par notre texte. Devant ce tribunal, nous devons tous – et chacun personnellement – « paraître en pleine lumière » comme ce que nous sommes.

Qu’est-ce que cela nous fait ? Comment vous sentez-vous ? Cet événement doit-il nous effrayer comme une catastrophe qui s’abattrait sur nous ?

Non,

EN PENSANT AU JUGEMENT DERNIER,

NOUS AVONS LA CONSOLANTE CERTITUDE

1 que c’est notre Sauveur qui y sera notre Juge ;

2 qu’il a déjà prononcé

le verdict d’acquittement sur nous ;

3 qu’il nous a parés de bonnes œuvres ; et

4 qu’il a déjà fait de nous

ses cohéritiers du Royaume des cieux !

X X X X X X

En pensant au Jugement dernier,

nous avons comme

1ère certitude consolante :

NOTRE JUGE NE SERA PERSONNE D’AUTRE

QUE NOTRE SAUVEUR LUI-MEME.

Et cela, ça change tout, ça arrange bien les choses pour nous !

Ce qui frappe, c’est qu’il se donne ici le nom de « Fils de l’homme ». Avec ce titre il veut diriger notre attention sur les faits suivants :

Ø Il est le Fils de Dieu devenu homme. Par amour pour nous il s’est abaissé jusqu’à nous, s’est fait humble, a pris notre place dans le Jugement de Dieu pour nous sauver du verdict de la condamnation.

Ø Cela, il ne l’a pas fait par caprice, pour se changer de la félicité éternelle – excusez cette hypothèse blasphématoire ! – mais par amour pour nous, avec tout le sérieux que son sacrifice suppose.

Ø Il a partagé nos conditions de vie, nos soucis, les problèmes de notre existence ; il s’est exposé aux tentations que nous connaissons dans notre vie quotidienne.

Ø Il est même allé dans la mort à notre place, s’est fait condamner pour des péchés qu’il n’avait pas commis – les nôtres ! – et a ainsi expié notre culpabilité envers Dieu.

Voilà « le Fils de l’homme » qui va annoncer le verdict sur nous à la fin des temps : quelqu’un qui a montré son amour sans borne pour nous. Notre juge sera quelqu’un qui a montré qu’il nous aimait plus que sa vie !

Mais sur un point, il ne sera plus pareil. Cela, il veut le souligner en se donnant le titre de « Fils de l’homme », titre utilisé par le prophète Daniel pour le Messie revenant dans sa gloire céleste.

Jésus ne reviendra pas « comme un simple homme » (Ph 2), non, il n’a plus rien à expier. Au dernier jour, « il viendra dans sa gloire » en tant que « Roi » de l’univers, Seigneur et Maître de l’humanité !

Et là, investi d’une autorité que personne ne pourra remettre en question, il mettra « en pleine lumière » le verdict qu’il aura prononcé sur chacun de nous. Là, le verdict prononcé sur nous à notre mort sera mis à exécution au vu et au su de tous.

Il s’y passera des choses terribles, mais n’oublions pas, celui qui prononce les verdicts sur nous n’est pas l’ennemi des croyants, mais leur ami et frère.

Mais il y a plus :

X X X X X X

En pensant au Jugement dernier,

nous avons comme

2ème certitude consolante :

NOTRE SAUVEUR

NOUS A DEJÀ DECLARES « JUSTES » !

Ne faut-il pas beaucoup d’aplomb pour affirmer que nous sommes des« justes » ? Ne pouvons-nous pas tous – sans exception ! – citer des pensés, des paroles ou des actes injustes qui ont réveillé la mauvaise conscience en nous ?

Mais, voyez-vous, celui qui sera assis sur le siège du Juge, n’est autre que « l’Agneau de Dieu qui [a] porté le péché du monde »« porté », emporté et expié…

Il a fait disparaître nos péchés aux yeux de Dieu – le prophète Michée dit : « jetés au fond de la mer » (7:19). Et l’apôtre Paul explique que « nous sommes gratuitement justifiés par sa grâce, au moyen de la rédemption » – de notre rachat – effectué par « Jésus-Christ » (Rm 3:24).

Résumons :

1. Jésus a échangé notre péché contre sa justice.

2. Ayant reçu sa justice, nous avons été déclarés justes.

3. Celui qui a payé pour que nous soyons déclarés justes officialisera ce verdict au Jugement Dernier.

Voilà pourquoi, ailleurs, Jésus déclare :

Ø « Celui qui met sa foi dans le Fils n’est pas jugé » (Jn 3:18), ou :

Ø « Celui qui entend ma Parole et qui croit […] n’entre pas en jugement ; il est passé de la mort à la vie. » (Jn 5:24)

Cet acquittement prononcé sur chaque croyant devient définitif à notre mort et ne sera pas remis en question au grand Jugement des « nations » pour la simple raison

a) que ce qui est pardonné est oublié (voyez la brochure « Pardonner et Oublier »),

b) que le Jugement Dernier ne procède plus à une enquête mais se contente de faire « paraître en pleine lumière », d’officialiser, de rendre public le verdict devenu définitif à notre mort.

Aussi, sans attendre, Jésus « séparera »-t-il tout de suite l’humanité en deux groupes, « à sa droite » et « à sa gauche ».

Jésus veut que pour tout le monde les raisons de son verdict soient clairs :

§ S’il s’agit d’un « juste », car revêtu de la justice de Jésus pour avoir cru en lui de son vivant, ce sera l’annonce de l’acquittement pour la vie éternelle ;

§ S’il s’agit d’un incroyant, donc de quelqu’un qui est dépourvu de la justice de Jésus, ce sera la condamnation à la mort éternelle.

Et Jésus justifiera son choix, il justifiera l’acquittement des uns et la damnation des autres en attirant l’attention de tous sur … les œuvres de chacun.

Silence…

Jésus enseignerait-il le salut par les œuvres ? N’insistons-nous pas généralement sur le contraire, que « l’homme est déclaré juste par la foi sans les œuvres de la Loi » ? () Et puis, comment pouvons-nous subsister devant le Tribunal de Dieu avec nos œuvres entachées de péché ?

N’ayez crainte :

X X X X X X

En pensant au Jugement dernier,

nous avons comme

3ème certitude consolante :

NOTRE SAUVEUR

NOUS A PARES DE BONNES ŒUVRE.

Jésus a réponse à tout, aussi à notre culpabilité et à notre peur du jugement, peur qui aurait toutes les raisons d’être si Jésus ne s’était pas occupé de nous.

Mais justement : il est intervenu. Il a payé pour nous et il a échangé notre péché contre sa justice. Nos péchés n’existent plus aux yeux de Dieu. Il ne peut donc plus en être question au Jugement Dernier. Le miraculeux, l’incroyable mais vrai, c’est que Dieu nous considère maintenant aussi « juste » que Jésus « dans lequel nous plaçons notre foi » !

Ainsi recouverts de la justice de Jésus, nos œuvres aussi sont considérées par Dieu comme « justes ». Leur côté imparfait et pécheur est pardonné et oublié.

Ne demeurent que les fruits de la foi, « agréés de Dieu par Jésus-Christ » (1 P 2:5). Ne demeure que la vie en Christ, la vie que nous aurons menée dans la foi en lui, par gratitude et amour pour lui.

Et, en ce qui concerne les croyants, c’est de cela seul qu’il sera question au Jugement Dernier.

Comme la foi en Jésus est invisible en elle-même, Jésus attirera l’attention sur les fruits de la foi.

Les œuvres parlent de la foi qui les produit.

Les fruits de la foi sont plus un état d’esprit que la conscience d’avoir fait du bien. Ce qui est frappant, c’est que nous, croyants, au Jugement Dernier, nous serons étonnés par l’énumération de nos œuvres. « Ah, bon ? J’ai fait tout ça ? »

Le croyant ne tient pas une comptabilité de ses bonnes œuvres ; il n’apprend pas leur liste par cœur ; il ne s’en enorgueillit pas. Il se concentre davantage sur l’œuvre du Christ, ce qui produit chez lui la vie en Christ, la vie pour Christ, ce qui ne peut, par ricochet, n’être aussi que la vie au service des autres.

Une vie en Christ, c’est se repentir de tout ce qu’on fait de mal, de contraire à sa bonne et miséricordieuse volonté, c’est déposer chaque jour son fardeau de péché à ses pieds et en demander pardon.

Une vie en Christ, c’est, comme lui l’a fait, avoir un cœur pour les besoins des autres.

Les incroyants viennent aussi en aide aux nécessiteux, ils soutiennent aussi toutes sortes d’ONG, mais ça ne vient pas de la foi en Christ, l’imperfection et la dimension pécheresse de leur engagement n’est pas recouverte par la justice de Jésus.

Si aux yeux des hommes, cela a la même valeur que notre engagement à nous, aux yeux de Dieu, sur la balance de l’éternité, ça ne fait pas le poids : pour cela, seul la justice du Christ fait le poids.

X X X X X X

En pensant au Jugement dernier,

nous avons comme

4ème certitude consolante :

NOTRE SAUVEUR A DEJA FAIT DE NOUS

SES « COHERITIERS » DU ROYAUME DES CIEUX.

Au Jugement Dernier, « le roi dira à ceux qui sont à sa droite : « “Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; héritez le royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde.” »

Voyez-vous, nous oublions trop souvent – pour parler avec Martin Luther – que « là où il y a pardon des péchés, il y a aussi vie et salut » !

Que dira Jésus aux croyants au Jugement Dernier ? « “Venez, […] héritez le royaume qui a été préparé pour vous !” »

A partir du moment où, dans cette vie ici-bas,nous plaçons notre foi en Christ, nos péchés nous sont pardonnés et nous sommes « héritiers du Royaume » des cieux (Jc 2.5).

« Celui qui croit au Fils A la vie éternelle » (Jn 3:36),

elle lui appartient déjà en propre ! Ses péchés étant pardonnés, Dieu ne lui refuse plus son Paradis.

Bien plus, au moment de placer notre foi dans notre Sauveur, celui-ci place sur notre tête « la couronne de vie » (Ap 2:10). D’où sa mise en garde : « Retiens ce que tu AS, pour que personne ne prenne ta couronne, » (Ap 3:11), cette couronne de la vie éternelle qui est déjà posée sur ta tête !

Il n’y a pas trente-six façons de « retenir » notre « couronne de vie ».

Tant que nous nous repentirons de nos péchés et placerons notre foi en Jésus qui a payé pour nous, « la couronne de vie » nous est laissée. Voilà la chose la plus importante dans la vie, mais aussi l’honneur le plus insigne qui nous est fait : rien ne peut lui être comparé !

Ah ! si nous pensions plus souvent à l’honneur royal qui nous est fait dès ici-bas ! Cela placerait notre vie dans une toute autre lumière et nous permettrait de mener le combat de la foi avec plus de conviction !

Certes, la couronne éternelle est déjà posée sur notre tête, mais nous ne participerons au gouvernement du « Roi des rois » que lorsqu’il nous aura fait entrer dans la gloire céleste.

Ce « Royaume » glorieux, Jésus l’a « préparé » aux croyants, ses « cohéritiers » (Rm 8:17), et il nous y fera entrer lors du Jugement Dernier !

Voilà la grande révolution que nous y connaîtrons, la vie royale dans laquelle nous entrerons ! Pas étonnant que Jésus nous appelle, nous et tous les croyants : « les bénis de son Père » !

De la foi, nous passerons à la vue, du combat de la foi à la paix éternelle, de l’abaissement à l’élévation, de l’humiliation à la gloire,

Aussi, ne galvaudez pas cet « héritage », soignez-le, retenez le dans une repentance et une foi de tous les jours, et « réjouissez-vous » de ces promesses quand vous pensez au Jugement Dernier !

 Amen.

 Pasteur Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 23 octobre 2011

18ème Dimanche après la Trinité

Texte : Ph 4.4-13 

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : Réjouissez-vous !

Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.

Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications accompagnées de prières de reconnaissance.

Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ.

Enfin, frères et sœurs, portez vos pensées sur tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est digne d’être aimé, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est synonyme de qualité morale, et ce qui est digne de louange.

Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi et ce que vous avez vu en moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

10 J’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur de ce que vous avez enfin pu renouveler l’expression de votre intérêt pour moi. Vous y pensiez bien, mais l’occasion vous manquait.

11 Ce n’est pas à cause de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être satisfait de ma situation.

12 Je sais vivre dans la pauvreté et je sais vivre dans l’abondance. Partout et en toutes circonstances j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans le besoin.

13 Je peux tout par celui qui me fortifie, Christ. »

Bien chers frères et sœurs unis et réjouis par le Seigneur !

Vous avez tous déjà vu des reportages sur des prisons, ne serait-ce qu’au cours d’un journal télévisé. Faites maintenant un petit effort d’imagination : Essayez de vous représenter derrière les barreaux… Que ressentiriez-vous ? Comment vous sentiriez-vous ? Qu’écririez-vous à vos amis, à vos vrais amis, bien sûr, car les faux auront disparu depuis belle luette. Oui, que leur écririez-vous ? …

Je vais vous citer ce qu’un prisonnier a écrit à ses amis abattus : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : Réjouissez-vous ! » (v. 4)

Vous l’avez reconnu : il s’agit de l’apôtre Paul. – « Oui, mais lui était apôtre ! » m’objecterez-vous peut-être. C’est vrai. Et puis ? Pensez-vous qu’il n’était pas homme comme nous et n’aurait pas, de loin, préféré se déplacer en toute liberté, justement pour accomplir son ministère d’apôtre ?

Il était homme comme nous. Il ne l’a jamais caché dans ses lettres. Songez au 7ème chapitre de son Epître aux Romains : là il parle de ses luttes intérieures. Ne croyez surtout pas que son vieil homme, sa nature pécheresse innée, se réjouissait de sa captivité.

Et pourtant, dans cette affliction qu’aucun de nous ne désire connaître, Paul, « rempli de toute paix et de toute joie par la foi » (Rm 15.13) est assez fort pour inverser les rôles et interpeller les Philippiens : « Réjouissez-vous toujours » (à chaque instant, dans n’importe quelle situation) « dans le Seigneur ! Je le répète : Réjouissez-vous ! »

Posons-nous donc aujourd’hui la question … non, nous la poserons à Paul qui nous répondra dans notre texte :

QU’EST-CE QUE

CETTE « JOIE DANS LE SEIGNEUR » ?

cette joie si surprenante et merveilleuse chez ce prisonnier, cette joie qu’il nous demande de partager ? Ne dit-il pas : « Réjouissez- vous ! » « Vous ! » c’est nous !

De quelle joie s’agit-il ? De quoi dois-je me réjouir ?

Chacun de nous pourrait maintenant énumérer des moments heureux, des moments extraordinaires de sa vie. Paul ne parle pas de cela ; il écrit : « Réjouissez-vous toujours ! » « Toujours », cela signifie : dans les bons et dans les mauvais jours.

Dois-je donc aussi me réjouir de mes malheurs ? Dois-je considérer mes malheurs comme des bonheurs ? Non, mais dans les mauvais comme dans les bons jours, le chrétien sait qu’il n’est pas seul, … du moins devrait-il le savoir.

Trop souvent nous ne voyons que le malheur, la maladie, les accidents, les souffrances, la mort, les espoirs déçus, les projets contrecarrés, le péché à l’œuvre dans les relations humaines, notre tempérament qui nous cause du soucis, les difficultés à vivre, dans les études ou au travail.

Tout cela pèse parfois sur nous. Certains de ces fardeaux pèseront sur nous jusqu’à la fin de cette vie. Seul l’entrée dans la félicité éternelle nous débarrassera définitivement de certains de ces fardeaux.

En attendant, dans cette vie, le danger qui nous guette, c’est de nous laisser complètement accaparer par le poids de l’épreuve, de nous laisser complètement paralyser par les difficultés, et d’oublier le Seigneur dans tout cela. Paul, lui, ne l’avait pas oublié. Heureusement pour lui !

Les Philippiens par contre, eux, étaient abattus. Quoi, leur cher apôtre en prison ! « Quel malheur ! » se disaient-ils. « Qui va prendre la direction de toutes ces paroisses missionnaires à travers l’Asie Mineure, la Macédoine et la Grèce ? »

Le malheur leur avait fait oublier que l’Eglise n’appartient pas à Paul, mais au Seigneur, et ce Seigneur n’était pas en prison, mais puissamment à l’œuvre dans l’Eglise à travers la Parole et les sacrements. L’action de son Evangile ne saurait être ligotée, même si on ligote ses serviteurs.

« Quelle honte ! » ont peut-être aussi pensé certains Philippiens. « Que va-t-on penser de nous qui avons à notre tête un homme emprisonné ? »

Mais l’apôtre savait que les Juifs l’avaient faussement accusé de rébellion contre l’ordre public. En fait, ils se sont arrangés pour qu’il ne puisse plus prêcher l’Evangile du salut de Jésus de Nazareth.

Paul le sait. Mais il n’a pas changé d’avis depuis qu’il a écrit aux chrétiens de Rome, il ya a plusieurs années : « Je n’ai pas honte de l’Evangile de Christ ; c’est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit. » (Rm 1.16) « Les autres peuvent croire et penser de moi ce qu’ils veulent. Si ce n’est pas vrai – et le Seigneur sait que ce n’est pas vrai – cela ne m’enlève pas "la joie dans le Seigneur". »

Cela, les Philippiens avaient besoin qu’on le leur répète encore et encore. « Réjouissez-vous toujours » (ne l’oubliez jamais !) « dans le Seigneur ! Je le répète : Réjouissez-vous ! »

Quelle vérité merveilleuse : Bien des choses peuvent nous freiner dans nos projets, nous limiter dans nos possibilités, peser sur notre cœur, nous lier jusqu’à nous empêcher de vivre librement. Cela peut être la prison, ce peut aussi être une infirmité ou une maladie, un manque de moyens financiers, un manque de formation, de connaissances ou d’expérience, un manque d’amis ou de compréhension.

Tout cela peut paralyser ou « emprisonner » notre vie. Mais, au milieu de l’épreuve, n’oubliez pas cette merveilleuse réalité : ceux qui placent leur foi dans le Seigneur et dans sa Parole, sont « dans le Seigneur », unis au Seigneur de la vie et de la mort. A ceux-là il dit : « Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »

« Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres, » que vous vous heurtiez encore à vos mauvais penchants ou à vos infirmités, à vos problèmes financiers, scolaires ou professionnels, même lorsque vous vous heurterez à la mort.

Voyez l’apôtre ! Là où d’autres seraient abattus, il est plein de joie. Bien qu’à l’étroit en prison, il se sait libre « en Christ ».

Ses geôliers pensent pouvoir l’enfermer et l’enchaîner. Mais son cœur et ses pensées sont « gardés en Christ Jésus », hors d’atteinte de ses geôliers. Tout son être est tourné vers celui qui l’a libéré des conséquences de son péché en les prenant sur lui, défait de sa culpabilité en s’accusant à sa place, délivré de la damnation éternelle en se faisant condamner à sa place. C’est cela qui lui permet d’être calme et serein.

Savoir que Jésus l’a réconcilié avec Dieu et rétabli la paix entre eux, cela calme l’apôtre et le réjouit. Cela rend son emprisonnement supportable. Il peut même, de sa captivité, inviter les autres à se réjouir avec lui « dans le Seigneur ».

Cela s’adresse aussi à nous. Ne nous a-t-il pas aussi été fait la grâce d’être « dans le Seigneur », d’avoir été reçu dans sa famille, dans sa communion, dans le peuple des graciés et libérés du Seigneur ?

Il est vrai, cela ne se remarque pas toujours dans la vie. Mais c’est justement là, souvent, notre erreur : nous voulons voir au lieu de croire. « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! » (Jn 20.29) a dit Jésus un jour.

Serions-nous parfois malheureux et manquerions-nous souvent de joie tout simplement parce que nous ne croyons pas assez au Seigneur et à sa Parole ?

Confessons alors cette faiblesse à notre Seigneur. Demandons-lui pardon de nous laisser parfois davantage impressionner par les difficultés que nous voyons que par ses promesses que nous entendons.

Laissons-nous toujours rappeler que, grâce à Dieu ! nous sommes « dans le Seigneur », unis à lui, que « le Seigneur est proche » avec sa grâce et son pardon, avec sa bonté et son assistance, avec sa fidélité et sa toute-puissance.

En nous rappelant cela, « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos esprits en Christ Jésus » (Ph 4.7). Nous pourrons alors toujours nous réjouir de ces bénédictions du Seigneur.

Et cela ne restera pas sans effet sur nous. Oh ! notre moral ne sera pas toujours au beau fixe. Notre vie de foi a un profil en dents de scie. A certains moments, nous nous sentons plus confiants, plus forts, plus heureux, plus sensibles et émus par l’Evangile ; à d’autres moments, les circonstances de la vie tentent d’étouffer cela en nous.

Mais ‘est justement là que « la paix de Dieu » exerce sa grande force de réconfort et de joie. C’est dans ces instants difficiles que nous mesurons mieux quelles grandes bénédictions nous retirons de notre vie « dans le Seigneur », de la communion que nous vivons avec lui.

Cela ne peut rester sans effets. Plus nous méditons les bienfaits de Dieu en Christ, et davantage nous sommes portés à nous réjouir de ce qui nous arrive par pure grâce ; davantage aussi cela imprègne notre vie. Par exemple, dans trois domaines sur lesquels Paul attire notre attention : celui de la prière, celui des pensées et celui de notre attitude.

Dans le malheur, nous sommes tentés de broyer du noir, du noir pas beau du tout : il peut y avoir de l’impatience si ce n’est de la rébellion, de la jalousie si ce n’est de la haine, des reproches faits aux autres, si ce n’est à Dieu.

Mais Jésus jette une toute autre lumière dans nos épreuves. Aucune épreuve ne peut nous atteindre qu’il ne « fasse » finalement « concourir à notre bien » (Rm 8.28). Si nous ne renions pas l’alliance de grâce qu’il a conclue avec nous dans notre Baptême, rien ne pourra nous arracher à cette alliance, aucune épreuve, pas même la mort. Ne l’oubliez jamais.

Cela vous permettra d’avoir des pensées moins noires dans les épreuves, cela vous permettra de les chasser plus facilement. Nos pensées seront plus positives, plus aimables, plus charitables, plus édifiantes, aussi plus justes.

C’est à cela que Paul nous invite quand il écrit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! » […] « portez vos pensées sur tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est digne d’être aimé, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est synonyme de qualité morale, et ce qui est digne de louange. » (v. 4+8)

Et si nous nous réjouissons toujours davantage de notre communion avec le Seigneur, nos prières prendront aussi une tournure plus confiante, malgré les problèmes qui peuvent nous rendre la vie difficile.

« Ne vous inquiétez de rien ! » (v. 6) nous rassure Paul. Nous ne pouvons même pas lui objecter : « Tu as beau parler, tu ne sais pas comment la vie peut être dure ! » Il se trouve injustement emprisonné depuis des années…

Dans le malheur, le croyant ne fait pas que gémir et appeler au secours dans ses prières ; ses prières seront toujours imprégnées de gratitude et de louange. Il sait que Dieu prêtera toujours une oreille attentive à ses prières, Dieurépondra toujours de la manière la plus propice à notre salut et à notre bonheur éternel.

Cette certitude fait que, même dans l’épreuve, l’enfant de Dieu prie avec confiance et joie, gratitude et louange. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! » […] « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications accompagnées de prières de reconnaissance. » (v. 6).

« Réjouissez-vous » de pouvoir compter sur lui « en Christ », et remerciez l’en dès le moment où vous l’appelez à votre aide.

Plus nous saurons nous réjouir de notre communion de vie avec notre Seigneur, et plus cela influera aussi sur notre comportement.

Notre joie dans le Seigneur s’alimente des promesses que Dieu nous fait dans la Parole et les sacrements. Notre « pratique » de la vie chrétienne aussi. D’où l’invitation de Paul : « Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi et ce que vous avez vu en moi, mettez-le en pratique, » vivez-le (v. 9).

Nous n’avons pas « vu » l’apôtre comme les Philippiens, mais, par la grâce de Dieu, nous avons « appris, reçu et entendu » les écrits sacrés « des apôtres et des prophètes » ; nous avons ainsi été « appelés, éclairés, sanctifiés et maintenus en Jésus-Christ dans l’unité de la vraie foi » (Martin Luther, Petit Catéchisme, 3ème Article).

Cette divine communion avec Jésus nous réjouit et nous aide à « être satisfaits de notre situation » (v. 11).

Te réjouis-tu et remercies-tu Dieu pour « ta situation », dans la famille, à l’école, au travail, dans la paroisse ? Sûr, partout tu rencontres des problèmes, partout cela pourrait sans doute aller mieux, parfois bien mieux. Mais songe à la grâce qui t’est faite d’appartenir à Jésus-Christ, d’avoir un Seigneur qui tient à toi et s’occupe de toi.

Plus cela sera présent à ton esprit, et plus ton comportement envers les autres sera imprégné de joie et de paix. Même, dit l’apôtre, ta « douceur sera connue de tous les hommes ». Et peut-être aussi la cause de cette douceur : ta certitude que « le Seigneur est proche » de toi. (v. 5)

Bref, « réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète : Réjouissez-vous ! »

Seigneur, pardonne notre manque de joie. Aide-nous, par la méditation de ta Parole, à nous réjouir en toi en toute circonstance.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Dans ton temple, ô mon Sauveur LlS 2 : 1-3

Tu m’as aimé, Seigneur, avant que la lumière LlS 254 : 1-4

Mon cœur joyeux, plein d’espérance, LlS 249 : 1-5

Jérusalem, laisse passer le Roi, LlS 162 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:27Aucun commentaire:  

MARDI 23 AOÛT 2011

sermon du dimanche 21 aout 2011

9ème Dim. après la Trinité Mt 7.24-27

Chants proposés :

Qui sous la garde du grand Dieu LlS 241 : 1-5

Sur le roc éternel assise LlS 181 : 1-4

Jamais Dieu ne délaisse LlS 233 : 1-5

Venez, enfants de Dieu, LlS 170 : 1-6

24 « C’est pourquoi, toute personne qui entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je la comparerai à un homme prudent qui a construit sa maison sur le rocher.

25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison : elle ne s’est pas écroulée, parce qu’elle était fondée sur le rocher.

26 Mais toute personne qui entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique ressemblera à un fou qui a construit sa maison sur le sable.

27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; elle s’est abattue et sa ruine a été grande. »

 (Segond 21, 2007)

Essayez, d’abord, de trouver les réponses par vous-mêmes. Puis consultez les réponses en deuxième partie.

Chers frères et sœurs en Christ, qui fondez « avec discernement » votre vie « sur le Roc » !

A

1 . L’un d’entre vous a-t-il déjà construit une maison ? ou a-t-il vu ses parents ou des voisins en construire une ?

2 . Quand on veut construire une maison, par quoi commence-t-on ?

3. De quoi dépend l’obtention du permis de construire ?

4. Une fois ce permis de construire obtenu, est-on sûr que l’endroit choisi est bon ?

5. Dans notre texte, Jésus se fait spécialiste en bâtiment, et plus particulièrement spécialiste des fondations d’une maison. Peut-on lui faire confiance ?

6. Mais Jésus est-il venu pour nous enseigner l’architecture ?

7. Pourquoi Jésus parle-t-il alors de « fonder sa maison sur le rocher » (v. 24) ?

B

8. Quelle est la comparaison ou quelles sont les comparaisons qu’il fait dans notre texte ?

9. Commençons par « la pluie […], les torrents […] [et] les vents […][qui] se sont déchaînés contre » et « abattus sur » les « maisons » (v. 25+27). – A quoi Jésus fait-il allusion ? De quoi veut-il parler ?

10. Pouvez-vous en citer quelques-uns ?

11. Comment Martin Luther les résume et les décrit-il dans son « Petit Catéchisme » ?

12. Pourquoi ces tempêtes de la vie menacent-elles de nous déstabiliser ?

13. Cela ne peut-il pas aller plus profond encore ?

14. Là encore, Luther a des mots justes dans son « Petit Catéchisme », cette fois-ci dans son explication de la 6èmeDemande : « Ne nous soumets pas à la tentation ! » (Mt 6.13)

C

15. Dans notre texte, Jésus nous décrit la différence entre celui qui sombre au milieu des tempêtes de la vie et celui qui tient bon.

16. En fait, la différence n’est pas dans la maison, mais dans ses fondations. Ce sont les fondations qui tiennent ou qui lâchent. Il est important de construire sa vie sur du solide, sur du roc. La question vitale est donc : C’est qui, ce « rocher »dont parle Jésus ?

17. Et comment fait-on pour « construire sur ce rocher » si particulier, si extraordinaire, si salvateur ?

D

18. Et là je voudrais vous rendre attentifs à un mot qui vous a sans doute échappé, un petit mot de trois lettre en grec – οὖν (oun) – , avec lequel Jésus commence notre texte. En français : « donc », ou : « c’est pourquoi ». « C’est pourquoi, toute personne qui […], je la comparerai à […] » Autrement dit, notre texte est la leçon que Jésus tire de ce qu’il vient de dire précédemment.

Voici ce qu’il vient de dire juste avant : « Ceux qui me disent : "Seigneur, Seigneur !" n’entreront pas tous dans le Royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père dans les cieux. » (Mt 7.21)

C’est quoi, « faire la volonté de son Père dans les cieux » ?

19. Pouvez-vous décrire ce qu’est la repentance biblique ? De quels deux éléments essentiels est-elle constituée ?

20. Selon notre Seigneur, il y a des gens qui, extérieurement, ressemblent aux croyants, mais dans leur cœur ils ne le sont pas. Pour reprendre la comparaison de Jésus : leur maison qu’on voit est semblable à celle d’un croyant, mais leur sous-sol, ce qu’on ne voit pas, est différent de celui des croyants.

De quoi Jésus veut-il parler ? Comment le diriez-vous en langage spirituel ?

21. « C’est pourquoi, toute personne qui entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je la comparerai à un homme prudent » – ou : « intelligent », « qui a du discernement » – « qui a construit sa maison sur le rocher. » (v. 24)

« Mettre ces paroles » de Jésus « en pratique », n’est-ce pas le salut par les œuvres ? N’est-ce pas une invitation à nous mériter le salut par ce que nous faisons ?

22. En pensant plus particulièrement à la « comparaison » de « la maison sur le rocher » qui tient bon au milieu des cataclysmes,« mettre les paroles » de Jésus « en pratique », ancrer fortement sa vie sur Jésus et la laisser déterminer par lui,n’est-ce pas aussi une attitude pleine de promesses ?

Prions Dieu de faire agir son Saint-Esprit en nous de manière à nous attacher toujours plus fermement dans la foi à son Fils et de « nous garder » ainsi « au moyen de la foi pour le salut » ! (1 P 1.5)

Amen.

Réponses

A

1. ?

2. De longs mois – sans doute des années – de préparation sont nécessaires :

a) Il faut réunir suffisamment d’argent pour se lancer ;

b) on demande à un architecte de faire un plan,

c) puis on fait une demande de permis de construire.

2. En France, ce permis est délivré par la mairie et des services préfectoraux, mais il faut, entre autre, respecter le plan d’urbanisme et tenir compte des renseignements techniques sur le sous-sol.

3. Malheureusement, l’actualité nous montre que les services de la Mairie et de la Préfecture ne sont pas une garantie qu’on a fait le bon choix, soit qu’ils sont faillibles, soit qu’ils ont fait passer d’autres considérations avant celle de la sécurité de ceux qui allaient habiter cette maison : il suffit de voir combien de morts il y a en France parce qu’on a construit dans des zones inondables.

4. Bien entendu. Un jour, les disciples dirent à Jésus : « Tu sais tout ; […] tu es sorti de Dieu. » (Jn 16.30) Et l’apôtre Paul écrit aux Colossiens : « En lui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col 2.3), y compris les connaissances sur la construction de maisons.

5. Evidemment que non. Il a dit à Ponce Pilate : « Si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité » (Jn 18.37). Et toute l’Ecriture – Paul entre autre – montre qu’il s’agit de « la vérité de l’Evangile » (Ga 2.5), la vérité sur la seule manière dont les pécheurs que nous sommes pouvons être sauvés de la colère de Dieu et de la damnation.

6. Jésus savait parler un langage concret. Il utilisait souvent des images pour rendre son message plus parlant. Ici il fait une comparaison. Il dit bien : « je comparerai à » (v. 24).

B

7. On peut en voir deux :

a) « La pluie […], les torrents […] [et] les vents […] [qui] se sont déchaînés contre » et « abattus sur » les « maisons » (v. 25+27) ;

b) « l’homme prudent qui a construit sa maison sur le rocher. »(v. 24) et « le fou qui a construit sa maison sur le sable » (v. 26)

8. Sans aucun doute des épreuves, souffrances et autres malheurs qui « s’abattent sur » nous dans la vie et qui « se déchainent contre » nous.

9. Les maladies, les problèmes de couple ou entre générations, les problèmes d’emploi ou d’argent, la méchanceté de quelqu’un, la perte d’un être cher, la guerre, les cataclysmes naturels, etc.

10. Dans son explication de la septième Demande – « Délivre-nous du mal ! » (Mt 6.13) – il décrit ce « mal » ainsi : « tous les maux qui peuvent nous atteindre dans notre corps et dans notre âme, dans nos biens et dans notre honneur. »

11. De façon générale, cela fragilise notre existence, parfois la met dangereusement en péril. D’où l’éventualité du découragement, voire de la déprime.

12. En effet, cela peut en amener certains à douter de la bonté et de la fidélité de Dieu, voire à lui retirer sa confiance, de tomber dans l’incrédulité.

13. Luther explique ainsi ces dangers : « Le diable, le monde et notre chair » tendent à « nous entraîner, par leurs mensonges et par leurs séductions, à l'incrédulité, au désespoir, et à quelque autre scandale et vice. » (P.C., 6ème Demande)

C

14. Le premier « a construit sa maison sur le rocher » (v. 24) ; le second « a construit sa maison sur le sable » (v. 26).

15. Dès l’Ancien Testament, les croyants, entre autres les psalmistes inspirés par Dieu, l’invoquaient comme « le rocher de leur refuge » (Ps 94.22), « le rocher de leur salut » (Ps 89.27), leur « rocher protecteur » (Ps 31.3), leur « rocher et libérateur » (Ps 19.15), face aux tempêtes de la vie comme face à la mort. Et l’apôtre Paul dit clairement : « Ce rocher était Christ. » (1 Co 10.4)

16. En se réfugiant avec confiance auprès de lui ; en plaçant sa foi en lui pour être mis en sécurité.

D

17. L’apôtre Pierre l’énonce clairement : « Le Seigneur veut qu’aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance. »(2 P 3.9)

18. Quand Jésus – ou Jean-Baptiste avant lui – appelle à la repentance, il nous appelle à regretter nos péchés et à vivre avec humilité, foi et joie de son pardon, à placer notre foi dans le pardon qu’il nous a obtenu en payant pour nos fautes.

19. Ils écoutent et lisent l’Evangile, mais au lieu de faire de Jésus le fondement de leur vie, leur boussole et leur force, ils le remplacent par autre chose.

20. « Mettre les paroles » de Jésus « en pratique », c’est avant tout vivre de l’énergie de ces paroles, s’appliquer les promesses de l’Evangile, être mu, poussé par les paroles d’Evangile. Bien entendu que cela se traduira aussi par une vie qui fait honneur à Jésus, par un effort de suivre sa Loi, car la foi ne reste pas sans fruits.

21. En effet, celui qui laisse Jésus être le fondement, la boussole et l’énergie de sa vie, celui-là reste soudé au Vainqueur de la vie et de la mort et ne peut que résister à tous les déboires, en attendant d’être mis à l’abri auprès de lui dans la félicité éternelle.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 24 juillet 2011 -5ème dimanche après la Trinité

5ème Dim. après la Trinité Jn 1.35-42

Chants proposés :

Agneau de Dieu, nous te louons, LlS 6:1+6-10

Ô Jésus, Maître doux et tendre, LlS 146:1-7

Tu m’as aimé, Seigneur, avant que … LlS 254:1-4

35 « Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples.

36 Il vit Jésus passer et dit : "Voici l’Agneau de Dieu !"

37 Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles et suivirent Jésus.

38 Jésus se retourna et, voyant qu’ils le suivaient, il leur dit : "Que cherchez-vous ?" Ils lui répondirent : "Rabbi – ce qui signifie maître – où habites-tu ?"

39 "Venez," leur dit-il, "et voyez !" Ils y allèrent donc, virent où il habitait et restèrent avec lui ce jour-là. C’était environ quatre heures de l’après-midi.

40 André, le frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus.

41 Il rencontra d’abord son frère Simon et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie !" ce qui correspond à Christ.

42 Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit : "Tu es Simon, fils de Jonas, tu seras appelé Céphas," ce qui signifie Pierre. »

 (Segond 21, 2007)

Essayez, d’abord, de trouver les réponses par vous-mêmes.

Puis consultez les réponses en deuxième partie.



Verset 35

« Le lendemain,

Jean était encore là

avec deux de ses disciples. »

1. De quel « Jean » s’agit-il ?

2. Pourquoi l’appelle-t-on ainsi ?

3. Notre texte commence ainsi : « Le lendemain […] » « Le lendemain, Jean était encore là ». Où, « là », et « le lendemain » de quoi ? Qu’est-ce qui s’était passé la veille ?

4. Ce jour-là, Jean dit encore autre chose : « Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il existait avant moi. […] C’est afin de le faire connaître que je suis venu baptiser. » (Jn 1.30-31).

Cela explique la place particulière de Jean, fils de Zacharie, dans l’histoire du salut.

Comment l’appelle-ton encore par rapport à Jésus ?

Et c’est comme précurseur de Jésus, comme préparateur de sa venue qu’il redit plus brièvement dans notre texte :

Verset 36

« Il vit Jésus passer et dit :

"Voici l’Agneau de Dieu !" »

5. Jésus un « agneau » ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

Verset 37

« […] Jean était encore là

avec deux de ses disciples. […]

Les deux disciples

l’entendirent prononcer ces paroles

et suivirent Jésus. »

6. C’est la deuxième fois que nous entendons parler de ces « deux disciples ».

Au premier verset de notre texte, nous avons déjà entendu : « Jean était encore là avec deux de ses disciples. » (v. 35).

Si vous avez bien écouté la lecture du texte entier, tout à l’heure, vous vous rappelez du nom de l’un des deux. Comment s’appelait-il, et de qui était-il le frère ?

7. Et qui était l’autre ?

Son nom n’apparaît pas dans cette histoire. Il n’apparaît d’ailleurs nulle part dans tout l’Evangile selon Jean.

Qu’en a-t-on déduit ?

8. Sait-on davantage au sujet d’André et de Jean.

Quel métier exerçaient-ils ?

Verset 38

« Jésus se retourna et

voyant qu’ils le suivaient,

il leur dit :

"Que cherchez-vous ?"

"Rabbi – ce qui signifie maître –

où habites-tu ?" »

9. Jacques et Jean appellent Jésus « Rabbi »« Maître ».

Que nous apprend ce titre sur Jésus et sur l’attitude que nous devons avoir envers lui ?

10. Jésus ne leur demande pas : « Qui cherchez- vous ? », mais : «Que cherchez-vous ? » « Qu’espérez-vous trouver auprès de moi ? »

Question très importante. Il y en a tant qui cherchent auprès de Jésus ce qu’il n’est pas venu nous apporter.

« Que cherchons-nous auprès de Jésus ? »

Enumérez quelques bienfaits que nous cherchons auprès de lui !

11. Connaissez-vous une histoire où Jésus s’est échappé parce que les gens attendaient de lui ce qu’il n’était pas prêt à leur donner ?

12. Pourtant, André et Jean répondent autre chose, quelque chose de tout aussi important :

« Où habites-tu ? » « Où peut-on te rencontrer ? » Car là où on peut rencontrer Jésus, là il distribue ses bienfaits.

Aujourd’hui, où pouvons-nous rencontrer Jésus pour recevoir les bienfaits de sa grâce ?

Verset 39

« "Venez, " leur dit-il,

"et voyez !"

Ils y allèrent donc,

virent où il habitait

et restèrent avec lui ce jour-là. C’était environ

quatre heures de l’après-midi. »

13. Un jour, un paroissien m’a dit : « Ils savent où nous trouver ; ils n’ont qu’à venir ! ».

En fait, non, ceux qui n’ont jamais été là ne savent pas ce qu’ils peuvent trouver dans l’Eglise. Ceux d’entre vous qui sont devenus paroissiens récemment, peuvent en témoigner.

D’ailleurs, Jésus, lui aussi, ne dit pas : « Mon adresse est connue ; vous n’avez qu’à vous renseigner. » Non, il invite personnellement : « "Venez," leur dit-il, "et voyez !" »

Est-ce là aussi votre attitude ? Etes-vous, en cela aussi, disciples de votre « Maître » ?

Votre attitude envers les incroyants est-elle celle de l’isolement, de la condamnation et du rejet, ou une attitude d’ouverture et d’invitation chaleureuse à découvrir « les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » ? (1 P 2.9)

14. « Ils restèrent avec lui ce jour-là. » Jésus les a captivés avec sa Bonne Nouvelle, avec son Evangile du salut gratuit.

Vous est-il déjà arrivé de présenter cette Bonne Nouvelle à quelqu’un qui ne la connaissait pas ?

Et l’avez-vous fait de manière à ce que votre auditeur soit frappé par votre enthousiasme, au point qu’il veuille en entendre toujours plus ?

15. Vous allez dire : « Je ne suis pas Jésus ! » Non, aucun de nous ne l’est.

N’empêche que l’apôtre Paul écrit : « Que votre attitude soit identique à celle de Jésus-Christ ! » (Ph 2.5).

Et Jésus lui-même indique : « Tout disciple bien formé sera comme son maître » (Lc 6.40).

Cela vous encourage-t-il à témoigner, même si ici ou là vous rencontrez de l’opposition, ce que Jésus a aussi connu ?

16. Une traduction littérale de l’original grec dirait ici : « C’était environ la dixième heure. »

Dix heures du soir ?

Verset 40

« André, le frère de Simon Pierre,

était l’un des deux

qui avaient entendu

les paroles de Jean

et qui avaient suivi Jésus. »

  1. Déjà traité sous verset 37 (questions 6 à 8).

Verset 41

« Il rencontra d’abord son frère Simon

et lui dit :

"Nous avons trouvé le Messie !"

ce qui correspond à Christ. »

17. Bien évidemment, qui « rencontrons-nous » généralement le plus et le plus souvent ? – Ceux de notre proche parenté, ainsi que nos collègues de travail.

Justement, « Simon » était les deux à la fois : proche parent, car frère d’André, et collègue de travail : ils étaient tous les deux pêcheurs sur le Lac de Galilée.

Vous est-il arrivé de témoigner de Jésus-Christ à un proche parent ou à un collègue de travail ?

18. Bien entendu, nous voudrions que ceux qui nous sont les plus proches partagent notre foi et notre joie d’enfants de Dieu.

Mais est-ce plus simple, aussi simple ou plus compliqué de témoigner de sa foi à des proches ?

Donnez-en des raisons.

19. André dit à « son frère Simon : "Nous avons trouvé le Messie !" ce qui correspond à Christ. » Qu’est-ce que cela nous apprend à propos de Simon ?

20. Le fait que Simon attendait« le Messie », cela a-t-il facilité la tâche à André ?

D’où l’importance de la réponse qu’on donne à la question : « Que cherchez-vous » auprès du Christ ?

X X Verset 42 X X X

« Il le conduisit vers Jésus.

Jésus le regarda et dit :

"Tu es Simon, fils de Jonas,

tu seras appelé Céphas,"

ce qui signifie Pierre. »

21. Nous sommes ici en présence des deux grandes langues dans lesquelles la Bible a été inspirée :

l’hébreu pour l’Ancien Testament,

le grec pour le Nouveau.

D’après vous, quelle est la langue des noms « Simon »« Céphas »et « Pierre » ?

22. Différentes histoires de Pierre nous donnent l’impression que Jésus s’est trompé en donnant à Simon le nom de Pierre. La foi de Pierre s’y montre bien branlante. Il est même tombé si bas qu’il a renié Jésus, la nuit où celui-ci fut arrêté.

Jésus s’est-il trompé en donnant à « Simon », le nom de « Pierre », « roc » ?

23. A toi, Jésus te dit que tu es « enfant de Dieu par la foi » que tu lui portes (Ga 3.26).

Ta vie ne te donne-t-elle pas parfois l’impression qu’il n’en est rien, que tu n’y vois rien de divin ?

C’est la leçon que nous voulons retirer du cas de Pierre. Jamais rien n’est perdu si nous gardons foi dans les promesses de Dieu. N’oublions pas ce qu’il nous dit déjà dans l’Ancien Testament par le prophète Esaïe :

« N’aie pas peur, car je t’ai racheté. Je t’ai appelé par ton nom : tu m’appartiens. Si tu traverses l’eau, je serai moi-même avec toi. […] Tu as de la valeur à mes yeux, parce que tu as de l’importance et que je t’aime. » (Es 43.1-4)

Amen.

Réponses

Verset 35

« Le lendemain,

Jean était encore là

avec deux de ses disciples. »

1 – Il s’agit de « Jean-Baptiste » (Mt 3.1), le fils de Zacharie et d’Elisabeth (voir Lc 1.1-25 et 57-80)

2 – Parce qu’il baptisait les personnes « repentantes dans les eaux du Jourdain » (Mt 3.5-6 ; Jn 1.25)

3 – La veille, au bord du Jourdain, Jean-Baptiste « vit Jésus s’approcher de lui et dit :

"Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ![…]

J’atteste qu’il est le Fils de Dieu." »

4 – On l’appelle « le précurseur ».

Verset 36

« Il vit Jésus passer et dit :

"Voici l’Agneau de Dieu !" »

5 – Ce que Jean avait dit la veille nous l’explique. Là-bas il avait précisé : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1.29).

Jésus est celui qui était annoncé par les sacrifices du Temple de Jérusalem. Là-bas, on déposait symboliquement ses péchés sur un agneau, puis on sacrifiait l’agneau à la place du pécheur.

Cet agneau devait être « sans défaut et sans tache » (1 P 1.19) car il devait préfigurer la sainteté et l’innocence de Jésus, notre Sauveur.

Verset 37

« […] Jean était encore là

avec deux de ses disciples. […]

Les deux disciples

l’entendirent prononcer ces paroles

et suivirent Jésus. »

6 – « André, le frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus. » (v. 40)

7 Ils étaient « fils de Jonas » (v. 42)

8 – On en a déduit qu’il s’agissait de l’apôtre Jean.

Par humilité, il ne se nomme jamais dans son Evangile.

9 – Ils étaient pêcheurs sur le lac de Galilée,

comme l’étaient Simon Pierre, le frère d’André, et Jacques, le frère de Jean. (Mt 4.18-22).

Verset 38

« Jésus se retourna et

voyant qu’ils le suivaient,

il leur dit :

"Que cherchez-vous ?"

"Rabbi – ce qui signifie maître –

où habites-tu ?" »

10 – « Rabbi », c’était un titre qu’on donnait à des hommes du peuple d’Israël dont on reconnaissait la qualité de leur enseignement.

Ce titre donné à Jésus – « Rabbi »« Maître » – nous rappelle que notre attitude devant lui est celui de disciples – ce qui signifie « élèves » – à l’écoute de sa Parole.

11 – Sa grâce, son pardon, son amour, sa présence, son amitié fidèle, sa protection, sa bénédiction, son enseignement, son salut, etc.

12 – Après la multiplication des pains, « Jésus, sachant qu’ils allaient venir l’enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, tout seul. » (Jn 6.15)

– Là où sa Parole est enseignée et où ses sacrements administrés,

autrement dit, au culte,

dans les études bibliques,

l’instruction catéchétique

ou toute autre activité où l’on est au contact de la Parole de Dieu.

Verset 39

« "Venez, " leur dit-il,

"et voyez !"

Ils y allèrent donc,

virent où il habitait

et restèrent avec lui ce jour-là. C’était environ

quatre heures de l’après-midi. »

11 – (Réponse personnelle)

12 – (Réponse personnelle)

14 – (Réponse personnelle)

15 – Non, « 4 heures de l’après-midi », car les Israélites comptaient

les heures de la journée à partir de 6 heures du matin,

et les heures de la nuit à partir de 6 heures du soir.

Verset 40

« André, le frère de Simon Pierre,

était l’un des deux

qui avaient entendu

les paroles de Jean

et qui avaient suivi Jésus. »

16 Déjà traité sous verset 37 (questions 6 à 8).

 Verset 41

« Il rencontra d’abord son frère Simon

et lui dit :

"Nous avons trouvé le Messie !"

ce qui correspond à Christ. »

17 – (Réponse personnelle)

18 – (Réponse personnelle)

19 – Que Simon était déjà un croyant,

qu’il attendait « le Messie » annoncé dans l’Ancien Testament,

mais qu’il ne savait pas encore qu’il était déjà venu et que c’était Jésus de Nazareth.

20 – Pas nécessairement, car la plupart des Israélites du temps de Jésus attendaient le Messie,

mais beaucoup « cherchaient » (v. 38) et attendaient autre chose du Messie que ce que Jésus est venu apporter.

Aussi ne l’ont-ils pas cru,

Ils ne l’ont pas accepté comme leur Sauveur personnel

et l’ont même crucifié.

Verset 42

« Il le conduisit vers Jésus.

Jésus le regarda et dit :

"Tu es Simon, fils de Jonas,

tu seras appelé Céphas,"

ce qui signifie Pierre. »

21 – « Simon » est un nom hébraïque – Shim’on – et signifie : « Qui entend ».

« Céphas » est un nom hébraïque et signifie « roc », « pierre ».

« Pierre » est un nom d’origine grecque – petros – et signifie « pierre ».

22 – Non, Jésus ne se trompe pas.

C’est à travers ses erreurs que Jésus a amené Simon Pierre

à grandir dans la repentance et dans la foi

et à devenir un roc de foi et de piété, même un grand apôtre.

23 – « Nous marchons par la foi, non par la vue. » (2 Co 5.7)

« Ainsi, nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. » (2 Co 4.18)

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 3 juillet 2011

2ème Dimanche après la Trinité

Texte : Lc 14.16-24

16 « Un homme organisa un grand festin et invita beaucoup de gens.

17 A l’heure du festin, il envoya ses serviteurs dire aux invités : "Venez, car tout est déjà prêt !"

18 Mais tous sans exception se mirent à s’excuser. Le premier lui dit :"J’ai acheté un champ et je suis obligé d’aller le voir, excuse-moi, je t’en prie."

19 Un autre dit : "J’ai acheté cinq paires de bœufs et je vais les essayer, excuse-moi, je t’en prie."

20 Un autre dit : "Je viens de me marier, c’est pourquoi je ne peux pas venir."

21 A son retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors le maître de la maison, en colère, dit à son serviteur : "Va vite sur les places et dans les rues de la ville et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux."

22 Le serviteur dit : "Maître, ce que tu as ordonné a été fait et il reste encore de la place."

23 Le maître dit alors au serviteur : "Va sur les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, oblige-les à entrer, afin que ma maison soit remplie"

24 En effet, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon festin. " »

Seigneur,

ouvre nos cœurs et nos oreilles

pour nous rendre attentifs à ta sagesse mystérieuse

et éclairer notre chemin par ta lumière.

Que ta Parole vivante nous entraîne

à répondre à ton appel

et à suivre ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Heureux invités au plus grand des festins,

invités par le plus extraordinaire des hôtes !

C’est ce que vous êtes vraiment, car, au verset juste avant notre parabole, Jésus déclare : « Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! » (Lc 14.15)

C’est donc de notre bonheur que Jésus nous parle aujourd’hui, du bonheur de ceux qui répondent à son invitation et qui se laissent nourrir et réjouir dans son « Royaume » à son « grand festin » (v. 16).

Festin d’ailleurs étonnant, tout comme l’est celui qui y invite ! Oui,

QUEL HÔTE ÉTONNANT !

1 Incroyable, comme il a vu grand, sans compter au préalable ceux qui allaient venir !

2 Incroyable, le festin auquel il invite !

3 Incroyable que certains repoussent cette invitation !

4 Tout aussi incroyable ceux qu’il reçoit finalement !

Quel hôte étonnant :

X X X 1 X X X

INCROYABLE, COMME IL A VU GRAND,

SANS COMPTER AU PREALABLE

CEUX QUI ALLAIENT VENIR !

Nous savons tous ce que c’est qu’organiser un « grand repas » de famille, à l’occasion d’un Baptême, d’une confirmation, d’un mariage, d’un anniversaire, d’une cousinade, par exemple.

Comment nous y prenons-nous ? – Eh bien ! bien à l’avance, nous envoyons les invitations. En fonction du nombre de réponses nous préparons le repas. Nous n’allons pas nous faire du travail ou commander le repas pour 60 personnes s’il n’y en a finalement que 30, ou pour 20 s’il n’en vient que 10 !

« Quel manque de prévoyance ! » sommes-nous alors tentés de dire en lisant : « Un homme organisa un grand festin et invita beaucoup de gens. A l’heure du festin, il envoya ses serviteurs dire aux invités :"Venez, car tout est déjà prêt !" (v. 16-17)

« Quelle tête de linotte : préparer un repas sans savoir qui vient ! Quelle désorganisation ! Qu’est-ce qu’il est distrait et imprudent, n’est-ce pas ? »

Nous savons tous qu’il n’en est rien. J’ai fait le parallèle avec notre façon d’agir dans la vie, pour bien montrer que, dans « le Royaume de Dieu », les choses fonctionnent différemment. Car notre parabole parle bien du « Royaume de Dieu ». Jésus la raconte pour illustrer ce qu’il vient de dire au verset précédent : « Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! » (Lc 14.15)

C’est ça, « le grand festin » dont parle sa parabole : il s’agit de rien moins que du « repas dans le royaume de Dieu » ! L’hôte divin a vu « grand », parce qu’il désire voir tout le monde à sa table ! Il n’a pas compté avant de préparer le « grand festin », parce qu’il veut que chacun de nous sache qu’il y a une place pour lui aussi.

Je peux être rassuré : je ne suis pas la personne en trop. Dieu a vu tellement « grand », parce qu’il « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2.4) en se rassasiant à sa table – « tous », moi aussi !Quel que soit le nombre d’invités qui affluent, il reste toujours de la place. Cela doit aussi nous encourager à en inviter d’autres à venir avec nous à ce « grand festin » : « il reste encore de la place ! » (v. 29)

Et ne craignez pas de surprendre l’hôte divin, de l’embarrasser parce que vous viendriez à contretemps : ce ne serait pas encore « prêt », ou ce ne serait plus « prêt ». Non, il invite : « Venez, car tout est déjà prêt ! »

Nous savons aussi à qui Dieu a confié la préparation de ce « grand repas » ; nous savons à qui nous le devons de trouver tout fin « prêt », tout cuit, pour nous. C’est celui qui, du haut de la croix, éreinté par son travail, a crié : « Tout est accompli ! » « Tout est achevé ! » « Tout est prêt ! » Il n’y a plus qu’à « venir » jouir de son travail, s’attabler au « grand festin » !



Quel hôte étonnant :

X X X 2 X X X

CAR QUEL FESTIN INCROYABLE !

Une autre fois, Jésus nous encourage – et là il ne parle pas dans le langage imagé d’une parabole mais directement : « Recherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ! » (Mt 6.33) Venez vous attabler au « grand festin » gratuit pour vous servir de « la justice du Royaume de Dieu » ! C’est ce qu’il appelle à plusieurs reprises « la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu » (Mc 1.14 ; Lc 4.43).

… Qu’est-ce que ce charabia : « un festin de justice » ! ? Il y a de quoi être étonné. Mais il y a surtout, une fois qu’on a compris, de quoi être émerveillé : dans son « Royaume », Dieu nous sert « sa justice ». Tous ceux qui viennent à lui avec foi en sa « Bonne Nouvelle », tous ceux qui suivent son invitation avec confiance, ne seront pas déçus :

Dieu nous fait part de ce qu’il a de plus précieux : de « sa justice » ! N’y a-t-il pas de quoi être abasourdi ? « Sa justice » ne va-t-elle pas nous écraser ? Ne confessons-nous pas avec le psalmiste : « Ta justice, ô Dieu, atteint jusqu’aux nues ! » (Ps 71.19 ; Bible de Jérusalem)

Par contre, confessons-nous également, « toute notre justice est comme un habit taché de sang ! » (Es 64.5)

« La Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu », c’est qu’il nous invite à venir à son « grand festin », à lui faire confiance et à recevoir avec foi ce qu’il a de « prêt » pour nous : « sa justice » pour couvrir notre péché. Il nous invite pour recevoir le pardon.

Il nous invite pour que nos péchés soient effacés, que nous soyons réconciliés avec lui et que nous puissions compter sur lui à chaque instant, pour affronter la vie et, un jour, la mort.

Et cela, nous le devons à celui que Dieu a chargé de nous préparer ce repas fabuleux : Jésus-Christ. C’est lui qui nous a obtenu la faveur de Dieu, en payant pour nos péchés,

C’est Jésus qui a amené Dieu à nous inviter dans son Royaume, à ne plus tenir compte de nos péchés, à être en bons termes avec nous, même à nous faire cadeau à sa table de la justice du Christ.

Ah ! oui, quel festin incroyable !

X X X 3 X X X

ON COMPREND D’AUTANT MOINS

QUE CERTAINS PUISSENT

REPOUSSER L’INVITATION !

Nous savons maintenant qu’il s’agit de l’invitation au « repas dans le royaume de Dieu ». La parabole parle donc de gens qui repoussent cette invitation.

Dans la vie courante on peut, effectivement, être empêché de donner suite à une invitation. Il arrive que tous ceux qu’on espérait réunir autour d’une table, à l’occasion d’une grande fête de famille, ne soient pas présents. Les uns n’ont pas eu de congé, d’autres sont malades, d’autres habitent ou travaillent dans un pays lointain, d’autres encore se sont déjà engagés ailleurs. Et puis, un couple fait partie de deux familles, et parfois on devrait pouvoir « se couper en deux »…

Mais dans notre parabole, nous rencontrons des gens qui avancent de fausses excuses pour repousser l’invitation de Dieu dans son Royaume. Quelles sont ces excuses ou prétextes pour ne pas venir ?

« Tous sans exception se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : "J’ai acheté un champ et je suis obligé d’aller le voir, excuse-moi, je t’en prie." Un autre dit : "J’ai acheté cinq paires de bœufs et je vais les essayer, excuse-moi, je t’en prie."Un autre dit : "Je viens de me marier, c’est pourquoi je ne peux pas venir." (v. 18-20)

L’un est plus attiré par les biens terrestres – « un champ » en l’occurrence – que par les biens célestes. Mais ça pourrait être un nouveau logement, une nouvelle maison, des actions dans une société.

Un autre se laisse détourner de Dieu pour tester de nouvelles acquisitions. Là ce sont « cinq paires de bœufs ». Aujourd’hui ce serait une voiture de luxe, un nouvel ensemble « ordinateur - home télévision », de nouvelles machines, quelque chose qui a beaucoup coûté et qui nous accapare totalement.

Un troisième pense qu’en suivant l’invitation de Dieu, il lèse son épouse, le pauvre ! Il oublie qu’en se présentant ensemble au festin divin qu’ils s’épanouiront réellement en couple.

Là encore, Jésus ne parle pas précisément du culte, du catéchisme, de l’étude biblique ou que sais-je encore comme activités de la paroisse. Il parle de l’attitude envers l’appel de Dieu en général. La vie paroissiale en est un fruit, une conséquence.

Qu’une paroissienne doive travailler certains dimanches ne veut pas dire qu’elle repousse l’invitation au « grand festin ».

Et que de jeunes mariés soient partis en voyage de noces, et donc pas au culte, ne les empêche pas d’être au « repas dans le royaume de Dieu » durant leur absence.

C’est quand les excuses ne sont plus honnêtes, quand ce sont de faux prétextes, que l’hôte divin « se met en colère » (v. 21). C’est quand l’amour de l’argent, l’amour des loisirs, la paresse et le confort nous détournent de Dieu que ça devient grave. C’est quand on fuit la Parole et les sacrements dans la communion des frères.

Dieu invite à un repas en commun, et dans la vie, cela se passe en paroisse, avant tout au culte où il nourrit notre âme de sa Parole et de ses sacrements et nous encourage par la communion fraternelle.

Quand on est conscient de ce qui nous est offert – gratuitement offert – à ce festin grandiose, quand on sait aussi qui est celui qui invite, comment peut-on s’en détourner ? Car

Quel hôte étonnant :

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TOUT AUSSI INCROYABLE

CEUX QU’IL REÇOIT FINALEMENT !

Il suffit de nous voir honnêtement tels que Dieu nous arrivons à sa table.

Oh ! je ne parle pas de la façon dont nous sommes vêtus. Sûr, pour répondre à l’invitation du Dieu de l’univers, pour le rencontrer au culte, nous nous habillons de façon à lui montrer que nous savons apprécier l’honneur qu’il nous fait.

Néanmoins, comme on dit, « l’habit ne fait pas le moine », surtout aux yeux de Dieu. Lui « sonde les cœurs et les reins » (Ps 7.10). Et si nous sommes venus à son invitation pour recevoir « sa justice », c’est que nous nous sentons intérieurement comme ces « pauvres, ces estropiés, ces aveugles et ces boiteux » (v. 21) de la parabole : des conscients de leur « pauvreté spirituelle » (Mt 5.3), des « estropiés » de la vie, des « aveugles » de la connaissance, des « boiteux »de la piété.

Nous savons que nous sommes loin d’être parfaits et que le péché colle à notre peau. Et nos échecs menacent de nous accabler. C’est pour cela que nous sommes heureux – grandement surpris même, mais infiniment heureux ! – d’avoir reçu l’invitation de Dieu, car là, il nous débarrasse de notre culpabilité– son Fils l’a prise à son compte ! – là, il nous offre la justice de son Fils. Là, il nous enlève notre sentiment d’infériorité ou d’échec en ouvrant devant nous des perspectives inimaginables.

Savoir que ce repas est prêt dans le Royaume de Dieu pour des personnes comme nous ; savoir que Dieu nous y accueille les bras ouverts à cause de son Fils ; savoir que nous y sommes rassasiés par des paroles de pardon, de miséricorde, d’amour et d’encouragement ; savoir que Dieu nous prend même à son service pour en inviter à notre tour d’autres à venir s’attabler dans son Royaume, voilà ce qui nous rassure, nous épanouit et nous honore, voilà ce qui nous pousse à écouter son invitation chaque jour et à y répondre avec soulagement et joie !

Oui, « Heureux » êtes-vous, vous « qui prenez votre repas dans le royaume de Dieu ! »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Dans ton temple, ô mon Sauveur, LlS 2 : 1-3

Si vous saviez la paix douce et profonde LlS 198 : 1-4

Allez révéler au monde L’amour du Dieu tt-p. LlS 190 : 2-4

Ô Jésus, notre divin Roi A l’amour efficace, LlS 166 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 18:15Aucun commentaire:  

LUNDI 27 JUIN 2011

Sermon du dimanche 26 juin 2011

1er Dimanche après la Trinité

Confirmation

Texte : Jn 5.39-47

Chants proposés :

Esprit saint, Dieu de vérité, Source de la lumière LlS 158:1-4

Liturgie d’entrée

La voici, l’heure fortunée, LlS 160: 1-5

Confirmation

Ta Parole, Seigneur, est ma force et ma vie LlS 151: 1-5

Sermon + Prière Générale

Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute, LlS 148:1-4

Sainte-Cène

Jésus à sa table sacrée Daigne m’inviter LlS 163:1-9

Liturgie finale

39 « Vous étudiez les Ecritures parce que vous pensez avoir par elles la vie éternelle. Ce sont elles qui rendent témoignage de moi,

40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !

41 Je ne reçois pas ma gloire des hommes.

42 Mais je vous connais : vous n’avez pas l’amour de Dieu en vous.

43 Je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.

44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ?

45 Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père ; celui qui vous accuse, c’est Moïse, celui en qui vous avez mis votre espérance.

46 En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet.

47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? »

 

Dieu éternel, Père miséricordieux : Tu as créé et tu soutiens toutes choses par ta parole toute-puissante. Par la puissance de ton Evangile conduis-nous dans la connaissance de ta majesté et maintiens-nous dans la vraie foi,pour notre salut et ta seule gloire. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Chers frères et sœurs à la recherche

de ce que le Seigneur vous dit dans la Bible !

Notre Seigneur se trouve assailli par les chefs juifs. « Ils cherchaient encore plus à le faire mourir : parce que non seulement il violait le sabbat » – du moins c’est ce qu’ils pensaient de sa guérison d’un malade ce jour-là – « mais il appelait aussi Dieu son Père, se faisant lui-même égal à Dieu » (v. 18), ce que ces Juifs n’admettaient pas.

Devant tant d’aveuglement et d’hostilité, pour leur salut, Jésus se doit de leur dire les quatre vérités.

Cela ne vous a-t-il pas frappé comme moi ? Jésus n’y va pas par quatre chemins ; il leur concède quelques bonnes démarches, mais dans un mauvais état d’esprit : « Vous étudiez les Ecritures parce que vous pensez avoir par elles la vie éternelle. » Vous faites bien, veut-il leur faire comprendre, car « elles rendent témoignage de moi » (v. 39), ce que vous refusez d’admettre. « Vous avez mis votre espérance en Moïse, » mais vous ne voyez pas qu’« il a écrit à mon sujet » (v. 45-46).

Enfin, il leur fait des reproches bien précis, reproches qui ont dû intensifier encore leur hostilité : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » (v. 40) « Vous n’avez pas l’amour de Dieu en vous » (v. 42) « Vous recevez votre gloire les uns des autres et ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ! » (v. 44). En fait, « vous ne croyez pas aux paroles de Moïse. » (v. 46-47)

Mais bon, nous n’allons pas passer notre temps à taper sur ces opposants à Jésus : cela ne nous avance pas d’un centimètre sur le chemin de la vie.

Prenons plutôt à cœur ce que Jésus voudrait faire comprendre à ses interlocuteurs, car s’il a inspiré ce texte à l’apôtre Jean pour qu’il le mette dans son Evangile, c’est que nous devons en retirer quelque chose pour notre salut.

Nous pourrions résumer son discours ainsi :

L’ANCIEN ET LE NOUVEAU TESTAMENT

1 Les deux sont en accord

2 Les deux rendent témoignage de Jésus.

3 Les deux sont moyens de grâce pour donner la vie éternelle.

4 C’est à cette lecture et méditation de la Bible que Jésus nous invite ici.

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L’Ancien et le Nouveau Testament

SONT EN ACCORD

Vous avez sans doute déjà lu ou entendu dire qu’il y aurait « un dieu de l’Ancien Testament » et « un dieu du Nouveau Testament », deux dieux différents.

Malheureusement, l’aveuglement, pour ne pas dire le blasphème, en amène certains jusqu’à dire qu’il y aurait un dieu de Matthieu, un autre de Luc, un autre de Jean, un autre de Paul, etc. En d’autres termes, ce ne seraient que des vues de l’esprit personnelles ; il n’y aurait aucune assurance de savoir lequel serait le bon, aucune assurance du salut.

Comment se fait-il alors que le Nouveau Testament comporte près d’un millier de citations – directes ou indirectes – et allusions à l’Ancien Testament ?

Matthieu ne cesse de montrer, quand c’est le cas, que tel ou tel événement de la vie de Jésus est l’accomplissement d’une prophétie de l’Ancien Testament.

Etienne, avant d’être lapidé, Paul après avoir été fait prisonnier, mais auparavant déjà dans les synagogues de toutes les villes où il passait, Pierre ou Jacques, et l’épître aux Hébreux expliquent comment le Nouveau Testament est le prolongement annoncé de l’Ancien.

Aquilas et Priscille ont démontré à Apollos que l’Ancien Testament parlait de nul autre que de Jésus de Nazareth, et ce Juif spécialiste de l’Ancien Testament en a été convaincu. (Ac 18.24-28)

Jésus ne dit rien d’autre aux Juifs dans notre texte. « Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet. » (v. 46)Jésus va même plus loin. Il va jusqu’à reprocher aux Juifs de ne pas croire à ce que Dieu dit dans l’Ancien Testament : « Si vous ne croyez pas à ses écrits [aux écrits de Moïse et des prophètes], comment croirez-vous à mes paroles ? » (v. 46-47)

On ne peut réellement comprendre le Nouveau Testament sans le contexte de l’Ancien, et l’Ancien Testament demeure en grande partie une énigme pour celui qui ne le lit pas à la lumière du Nouveau. Ainsi, dans l’Ancien Testament, Jésus est tellement bien présenté par le prophète Esaïe, qu’on l’a appelé le 5ème Evangéliste.

Et Moïse n’a pas seulement annoncé le Messie par le culte prophétique du Temple, mais aussi en annonçant au peuple d’Israël : « L’Eternel Dieu fera surgir pour toi et du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi : c’est lui que vous devrez écouter. » (Dt 18.18)

« Un prophète comme Moïse », un prophète qui pouvait se tenir face à Dieu. Pour Moïse c’était une grâce ; dans le cas de Jésus c’était conforme à sa nature divine.

Il est vrai : Moïse a été le législateur du peuple d’Israël. C’est à lui que Dieu a aussi donné les Dix Commandements. Mais le culte des sacrifices annonçaient le sacrifice du Sauveur pour les péchés du monde, et dans le Deutéronome Moïse annonce le Messie-Prophète.

Aucune contradiction entre l’Ancien et le Nouveau Testament, mais une complémentarité avec, bien entendu, plus de clarté et de précisions dans le Nouveau, car lui n’annonce plus le Messie mais décrit son œuvre et l’explique.

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L’Ancien et le Nouveau Testament

RENDENT TEMOIGNAGE DE JESUS

Au moment où Jésus dit ici aux Juifs : « Les Ecritures […] rendent témoignage de moi » (v. 39), aucun écrit du Nouveau Testament n’existe encore. Il parle des « Ecritures » de l’Ancien Testament.

Nous avons coutume, à l’occasion des célébrations de Noël, de lire et de citer de nombreuses prophéties messianiques. Nous commençons par le premier livre de l’Ancien Testament, la Genèse, pour passer par les psaumes et des prophètes comme Esaïe, Michée ou Jérémie (mais il y en a bien d’autres) pour montrer que « les Ecritures » de l’Ancien Testament « rendent témoignage de »Jésus, l’annoncent, le décrivent, parlent de lui.

Il est donc vain d’en appeler à l’Ancien Testament pour rejeter le Christ et la foi chrétienne. La foi dans le Messie promis animait déjà les croyants de l’Ancien Testament. Songez à Siméon au Temple !

Les Juifs qui pensent pouvoir rejeter Jésus en se fondant sur l’Ancien Testament ont comme un voile devant leurs yeux, ce qui est magistralement représenté par l’une des sculptures gothiques les plus fines à l’extérieur du transept sud de la cathédrale de Strasbourg.

 

Aussi Jésus dit-il aux Juifs : « Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père ; celui qui vous accuse, c’est Moïse, celui en qui vous avez mis votre espérance. En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet. » (v. 45-46).

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L’Ancien et le Nouveau Testament

SONT MOYEN DE GRÂCE

POUR DONNER LA VIE ETERNELLE

Nous connaissons tous ce verset de l’apôtre Paul dans l’Epître aux Romains – donc dans le Nouveau Testament – : « L’Evangile : c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rm 1.16)

« Evangile », c’est un mot double en grec et signifie : « Bonne Nouvelle ». C’est le moyen par lequel le Saint-Esprit éveille en nous la foi en Jésus-Christ, l’enracine et la développe. Et « celui qui croit au Fils a la vie éternelle » (Jn 3.36).

Cet Evangile qui donne la vie se trouvait déjà dans l’Ancien Testament. Les Juifs pouvaient déjà parvenir à la foi au Messie, et ainsi au pardon, à la vie et au salut, en prenant à cœur les paroles adressées à eux par Dieu à travers Moïse et les prophètes. C’est ce que Jésus dit aux Juifs de son temps quand il leur déclare : « Vous étudiez les Ecritures parce que vous pensez avoir par elles la vie éternelle. Ce sont elles qui rendent témoignage de moi, » (v. 45-46)

Leur malheur, c’est qu’en rejetant le Messie que Dieu annonce dans l’Ancien Testament, ils se coupent de celui qui apporte la vie éternelle, ils se coupent de la vie. « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » (v. 40)

Qu’est-ce qui les aveugle ? Quel est ce « voile » qu’ils ont devant les yeux et qui ne leur fait voir que ce qu’ils ont en tête ? – Jésus l’explique ainsi : « Vous n’avez pas l’amour de Dieu en vous. Je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ? » (v. 42-44)

Ils étaient fiers de ce qu’ils étaient – enfants d’Abraham, membres du peuple choisi – ; ils étaient fiers de ce que leurs compatriotes les admiraient. Ils s’en glorifiaient, même devant Dieu, comme ce pharisien dans le Temple (Lc 18.9-14) ! Leur orgueil les aveuglait au point qu’ils pensaient pouvoir se passer du Messie-Sauveur pour paraître devant Dieu.

Ils s’idolâtraient, et le culte de leur propre personne les a entraînés dans l’incrédulité. Ils n’ont pas placé leur foi dans le Messie promis qui se tenait là devant eux. C’est ainsi qu’ils se sont eux-mêmes coupés de la source de toute vie, de la vie éternelle.

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Quelle est donc

LA LECTURE ET MEDITATION DE LA BIBLE

À LAQUELLE JÉSUS NOUS INVITE ?

Evidemment, à celle qui consiste à « étudier les Ecritures » ! Non pas superficiellement, en coup de vent, mais, comme le traduisent d’autres versions : « sondez » (Segond, Darby), « scrutez » (Crampon, Jérusalem, TOB) « les Ecritures » ! On peut effectivement aussi le traduire par un impératif, comme l’a fait Luther.

Jésus veut dire – et c’est là le sens premier de ce verbe grec ἐρευνᾶτε(ereunate) – :

« Dans les Saintes Ecritures, "recherchez les traces" … » (dictionnaire Bailly)

– « De quoi ? De qui ? »

– « Mais de moi, Jésus, car "les Ecritures rendent témoignage de moi", elles ont comme thème principal de me présenter à vous comme votre Seigneur et Sauveur. »

« Si vous ne me trouvez pas dans la Bible, si vous ne la lisez pas pour m’y rencontrer, votre lecture de la Bible est vaine. Mais si vous me trouvez dans la Bible et m’y fréquentez régulièrement au cours de votre vie, "vous avez par elle la vie éternelle," vous êtes sauvés dès maintenant et pour l’éternité ! »

Chers amis, si nous fréquentons notre Seigneur dans sa Parole et ses sacrements, ce n’est pas forcés, mais parce que nous savons qu’ils « rendent témoignage de Jésus », qu’ils nous fortifient dans la foi et nous affermissent dans l’alliance de grâce du Baptême.

Et si nous avons tous promis un jour, comme Mangie aujourd’hui, de vouloir mener une vie chrétienne – ce qui inclut aussi de rencontrer Jésus régulièrement dans « les Ecritures » – ce n’est pas parce qu’on nous y a forcés, mais parce que nous savons que de grandes bénédictions en découlent, parce que notre Seigneur nous promet que nous avons « la vie éternelle par elle ».

Qu’il accorde à Mangie – et à nous tous – son Saint-Esprit pour nous faire voir dans les Ecritures les bénédictions, le réconfort et les encouragements que notre Seigneur nous y distribue !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 12 juin 2011 Pentecote

Fête de la PENTECÔTE Jn 16.5-11

Chants

Célébrons tous par nos louanges LlS 121 : 1+4-6

Viens, ô divin Consolateur LlS 129 : 1-5

Esprit Saint, n. Créateur et n. Consolateur LlS 122 : 1-6

Ô Jésus, notre divin Roi, LlS 166 : 1-3

Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et aucun de vous ne me demande : "Où vas-tu ?"

Mais parce que je vous ai parlé ainsi, la tristesse a rempli votre cœur.

Cependant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille. En effet, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai.

et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement :

en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ;

10 la justice, parce que je vais auprès de mon Père et que vous ne me verrez plus ;

11 le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. »

Seigneur Jésus, nous te remercions d’avoir établi ta sainte Eglise sur la terre et d’y faire annoncer la Parole de la réconciliation.

Envoie-nous ton Saint-Esprit, pour que nous reconnaissions ta Vérité salutaire et, unis à toi dans la foi, vivions ensemble comme les enfants de ton Père.

Toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint-Esprit en éternité !

Amen.

 

Chers frères et sœurs réunis ici par le Saint-Esprit en cette Fête de Pentecôte !

« Maintenant je m’en vais, » […] « et vous ne me verrez plus. » (v. 5 et 16) Si votre meilleur ami vous disait cela, quelles émotions cela déclencherait-il en vous ? Sans doute pas une joie exubérante.

Pour les disciples c’était pareil. Ces paroles ont un effet terrible sur eux : « Maintenant je m’en vais, » […] « et vous ne me verrez plus. »Tout se bouscule en eux : douleur de la séparation, sentiment d’abandon, néant de la solitude…

Jésus n’est d’ailleurs pas dupe. Il connaît bien ses compagnons, ne « sait-il pas toute chose » ? (Jn 21.17) Aussi leur dit-il : « Parce que je vous ai parlé ainsi, la tristesse a rempli votre cœur. » (v. 6)

Et de leur expliquer qu’ils n’ont aucune raison de se sentir abandonnés s’il leur retire sa présence visible en s’en allant vers son Père : ils le reverront au Dernier Jour, et à partir de là pour l’éternité ; et de grandes bénédictions en découleront pour leur vie sur terre.

Réfléchissons un instant : Quelle raison Jésus avait-il de rester visible sur terre ? – Cela n’avait plus aucun sens :

a) Sa mission, il l’avait accomplie, nos péchés expiés, le monde pécheur réconcilié avec Dieu.

b) Cela ne nous aurait pas apporté davantage. Il aurait sans doute été plus difficile de croire en ses paroles parce qu’on l’aurait suivi pour ses miracles et non pour son Evangile de grâce, non pour le pardon des péchés.

c) En plus, non seulement il aurait dû renoncer à son élévation dans la gloire céleste, mais le monde, nous, nous aurions dû nous passer de l’envoi du Saint-Esprit. « En effet, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. » (v. 7)

Pourquoi Jésus appelle-t-il ici le Saint-Esprit « le Défenseur » ? D’autres versions de la Bible (comme Luther ou l’ancienne Segond) traduisent le mot grec ὁ παράκλητος (le Paraklète) par « le Consolateur ». Ce terme désigne le défenseur en justice, l’ami qui vient aux côtés de son ami pour plaider sa cause devant le tribunal, pour le soutenir, parler en sa faveur et lui apporter ainsi du réconfort.

Cette fonction, le Saint-Esprit envoyé par Jésus depuis la droite du Père, cette fonction, le Saint-Esprit va l’exercer à l’aide de la Parole sanctifiante de Dieu.

A l’aide de la Parole puissante de Dieu, il place le monde devant la réalité « en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement » (v. 8) « Il convaincra le monde » à ce sujet, même si tout le monde ne voudra pas l’admettre.

Dieu merci, il nous en a convaincus !

Voyons donc d’un peu plus près l’action du Saint-Esprit tel que Jésus nous la décrit dans notre texte.

L’ACTION DU SAINT-ESPRIT

consiste à parler clairement

1 du péché

2 de la justice,

3 du jugement.

L’action du Saint-Esprit consiste

X X X 1 X X X

à parler clairement du PECHE

« Et revoilà que le pasteur remet cela ! » penseront certains, comme le montre un échange assez fourni sur le forum de discussion. Mais le pasteur se doit d’être le relai de ce que Jésus dit dans notre texte. Et celui-ci indique que le premier volet de l’action du Saint-Esprit consiste à parler du péché.

Je précise néanmoins que c’est là la première action du Saint-Esprit dans « le monde », parmi les incroyants. Il faut bien qu’ils prennent connaissance du diagnostic s’ils doivent être sauvés !

Bien sûr, « le monde » sait que tout est imparfait, que le mal essaye de s’insinuer partout. Mais « le monde » n’a pas conscience du caractère terrible et mortel du « péché ». Il pense que l’homme arrivera à régler ce problème ; le progrès arrivera bien à résoudre ce problème à la longue. Ainsi, les uns deviennent moralistes, d’autres versent dans l’utopie.

Mais ils évacuent toute idée de Dieu, de culpabilité et de châtiment. Le pire, c’est que « le monde » ne se rend pas compte que le péché fondamental, c’est de ne pas croire au salut apporté par Jésus ; le pire, c’est – pour rapporter les paroles de Jésus – c’est « qu’ils ne croient pas en moi » (v. 9), ne me font pas confiance.

De cela, le Saint-Esprit doit « les convaincre ». Il doit leur ouvrir les yeux sur ce qu’est réellement le péché, et plus particulièrement celui de ne pas croire en Jésus, en son pardon, sa grâce et son salut.

Celui qui ne se réfugie pas dans la foi auprès du Christ, celui qui ne demande pas à bénéficier de son expiation de nos péchés, celui-là demeure sous la colère de Dieu, celui-là reste perdu.

La tâche du Saint-Esprit est justement « de convaincre le monde » de la terrible réalité et des horribles conséquences du « péché ».

Les réactions du monde à cette action du Saint-Esprit sont de deux sortes. Les uns, comme les auditeurs des apôtres à la première Pentecôte à Jérusalem, « ont le cœur vivement touché et disent […] : "Que ferons-nous ?" » (Ac 2.37)

D’autres s’endurcissent et s’opposent à ce message. A eux, Jésus déclare, la mort dans l’âme : « Si vous ne croyez pas que MOI, JE SUIS(que moi, je suis l’Eternel), vous mourrez dans vos péchés. » (Jn 8.24)

D’où l’insistance du Saint-Esprit dans la Parole de Loi pour mettre à nu la nature effroyable du péché et ses conséquences dramatiques.

Mais ensuite il répond aussi à la question angoissée : « Que faire pour s’en sortir ? » Cela, il le fait par l’Evangile, cette Bonne Nouvelle, cette promesse de pardon obtenu par Jésus-Christ, de ce pardon offert à tous ceux qui se réfugient dans la foi auprès de Jésus.

Ce qui nous amène au deuxième volet de l’action du Saint-Esprit :

L’action du Saint-Esprit consiste

X X X 2 X X X

à parler clairement de la JUSTICE

Il ne s’agit pas là de la justice extérieure, de l’honnêteté et de la correction. Celle-là, le monde la connaît aussi. Il sait que la justice civile – la civilité, si vous voulez – est à la base de la vie en société. C’est que Dieu a inscrit sa Loi morale dans les cœurs de tous les hommes, même si ceux-ci essayent de l’étouffer et de s’en détourner.

Non, le Saint-Esprit, dans l’Evangile, parle d’une autre « justice ». Jésus envoie le Saint-Esprit révéler sa « justice » à lui, cette « justice » qu’il a décrochée de haute lutte pour nous durant sa vie dans l’abaissement sur terre.

Jésus nous offre la justice ou sainteté qui nous manque : « cela n’est pas monté au cœur de l’homme. » Cela, le monde ne peut pas le rêver. Il faut que Dieu envoie le Saint-Esprit le révéler à l’humanité. (1 Co 2.9-10)

Dieu envoie le Saint-Esprit révéler à travers l’Evangile et « convaincre » l’humanité que Jésus a pleinement rempli sa mission, qu’il nous a procuré bien plus qu’une justice civile extérieure : la justice valable devant Dieu.

L’ascension de Jésus et sa session à la droite du Père certifient, attestent et confirment qu’il a rempli sa mission à la pleine satisfaction du Père.

Le Saint-Esprit vient maintenant nous attester dans l’Evangile que « la justice » a triomphé du mal, que Jésus échange notre péché avec sa « justice », que nos péchés sont pardonnés et oubliés par Dieu, qu’il nous voit maintenant à travers « la justice » que Jésus nous a offerte.

C’est là de la plus haute importance pour nous ! Quand nous nous sentons nuls, le Saint-Esprit, dans l’Evangile, nous dit que non : Dieu nous considère justes et parfaits comme Jésus auprès de qui nous nous réfugions dans la foi.

Quand la mauvaise conscience nous taraude parce que nous sommes peu fiers de ce que nous avons fait ou dit, ou que nous avons honte de nos pensées, le Saint-Esprit nous dit dans l’Evangile : pour l’amour de Jésus, Dieu est prêt à nous déclarer non coupables, à ne pas nous tenir rigueur pour nos péchés, à nous pardonner et à nous considérer justes comme son Fils.

Si ce n’est pas là une « consolation » ! Si ce n’est pas là de la part du Saint-Esprit une défense contre la mauvaise conscience et le complexe d’infériorité ?

Oui, le Saint-Esprit mérite bien son titre de « Paraklète », de « Défenseur » et de « Consolateur ». Et c’est à Jésus que nous le devons. C’est aussi lui qui nous l’envoie.

L’action du Saint-Esprit consiste

X X X 3 X X X

à parler clairement du JUGEMENT

Plus nous avançons en connaissances scientifiques, plus aussi les progrès techniques menacent l’équilibre naturel et écologique de la terre, et plus le monde commence à se dire qu’il va déboucher sur une catastrophe finale. Il y a cinquante ans on ne s’en rendait pas encore compte, la pollution n’avait pas encore pris les proportions d’aujourd’hui, mais maintenant cela est dans tous les esprits, surtout avec les ratés de la technique dans le domaine nucléaire.

Mais là encore, « le monde » n’a aucune idée de l’étendue de la catastrophe qui l’attend, de l’horreur dans laquelle Satan veut l’entraîner, de la catastrophe éternelle des souffrances infernales.

Sans doute les apprentis sorciers de la technologie moderne mettent-ils à mal la création divine. Et il est tout aussi certain que Satan veut tous nous entraîner dans le châtiment qui est déjà le sien et auquel il voudrait aussi nous voir condamnés à cause de nos péchés.

Mais voilà, le Saint-Esprit, ce grand et « divin Consolateur » (LlS 129:1), nous rassure et nous réconforte : « le prince de ce monde est [déjà]jugé. » (v. 11)

Oh, certes ! Satan sévit dans ce monde, il étend son emprise sur les humains en essayant de les plonger ou de les retenir dans les ténèbres de l’incrédulité. Mais il n’a pas pu empêcher notre Seigneur d’accomplir sa mission et de nous sauver.

Le cri de victoire sur la croix « Tout est accompli ! » (Jn 19.30) signifie aussi : Satan, « le prince de ce monde est jugé ! » Il a échoué. Ses accusations contre les croyants ne valent plus rien. Il n’a plus d’emprise sur nous. Le Saint-Esprit nous rassure : « Les portes de l’enfer », les puissances « de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle », sur l’Eglise, sur l’ensemble des croyants (Mt 16.18).

Le Saint-Esprit nous atteste dans l’Evangile que Jésus est assis à la droite du Père en Vainqueur pour toujours.

Le Saint-Esprit nous assure dans l’Evangile que la victoire de Jésus sur le péché, sur la mort et l’enfer est définitive et que nous célébrerons avec lui cette victoire pour toujours, dès maintenant et dans l’éternité.

Avec l’Ascension de son Fils et l’envoi du Saint-Esprit Dieu nous donne à comprendre que son plan de salut de l’humanité s’est déroulé comme prévu.

La signification de Pentecôte est claire :

Le monde est encore rempli de péché, et Satan, bien que jugé, rue encore dans les brancards et essaye de nous nuire.

Mais, dans la foi, nous nous savons en sécurité auprès de notre Seigneur Jésus-Christ. Il nous a procuré la justice avec laquelle nous échappons au jugement de condamnation et pouvons subsister devant Dieu ; et il a vaincu le péché et Satan.

Et nous nous réchauffons au contact de l’Evangile, de cette Bonne Nouvelle où le Saint-Esprit nous assure de tout cela, nous rassure et nous console.

Puissions-nous toujours croire en ce message aussi clair que véridique !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:17Aucun commentaire:  

LUNDI 6 JUIN 2011

Sermon du jeudi de l'Ascension

Fête de l’ASCENSION

Texte : 1 R 822-28

22 Salomon se plaça devant l’autel de l’Eternel, en face de toute l’assemblée d’Israël. IL tendit les mains vers le ciel et dit :

23 "Eternel, Dieu d’Israël ! Il n’y a aucun dieu qui soit ton pareil, ni en haut dans le ciel ni en bas sur la terre : tu gardes ton alliance et ta bonté envers tes serviteurs, envers ceux qui marchent devant toi de tout leur cœur !

24 Ainsi, tu as tenu parole envers ton serviteur David, mon père. Ce que tu avais déclaré de ta bouche, tu l’accomplis aujourd’hui par ta puissance.

25 Maintenant, Eternel, Dieu d’Israël, respecte la promesse que tu as faite à mon père David, lorsque tu as dit : ‘Tu ne manqueras jamais devant moi d’un successeur pour siéger sur le trône d’Israël, pourvu que tes descendants veillent sur leur conduite en marchant devant moi, tout comme tu as marché devant moi.’

26 Maintenant, qu’elle s’accomplisse donc, Dieu d’Israël, la promesse que tu as faite à ton serviteur David, mon père !

27 Mais quoi ! Dieu pourrait-il vraiment habiter sur la terre ? Puisque ni le ciel ni les cieux des cieux ne peuvent te contenir, cette maison que j’ai construite encore moins !

28 Toutefois, Eternel, mon Dieu, sois attentif à la prière de ton serviteur, à sa supplication. Ecoute le cri et la prière que je t’adresse aujourd’hui, moi, ton serviteur !" »

Seigneur Jésus, tu sièges à la droite du Père

et tu règnes sur tout ce qui est dans le ciel et sur la terre.

Nous te prions :

Protège ton Eglise sur terre

et préserve ton Royaume par ta puissance

jusqu’à ce que tous tes ennemis te servent de marchepied

et que nous ayons définitivement surmonté le péché et la mort.

Amen.

 

Chers frères et sœurs réunis pour célébrer l’Ascensionde notre Seigneur !

Le roi Salomon, fils et successeur du roi David sur le trône à Jérusalem, vient de terminer la construction du Temple dans sa capitale.

La construction du Temple avait débuté « la quatrième année de son règne ». Sept années plus tard, « la onzième année […] elle fut terminée » (1 R 6 1+38).

Au cours de la cérémonie d’inauguration et de dédicace, Salomon fait une longue prière dans la cour du Temple, en présence d’une nombreuse assemblée avec les représentants du peuple. Le texte sur lequel porte notre méditation en est le début.

Dans cette prière, Salomon rappelle avant tout à Dieu une promesse précise qu’il avait faite à David, son père : « Maintenant, Eternel, Dieu d’Israël, respecte la promesse que tu as faite à mon père David ! » (v. 25)

Qu’est-ce que Dieu avait promis à David ? – « Tu ne manqueras jamais devant moi d’un successeur pour siéger sur le trône d’Israël. » (v. 25)

Salomon résume ainsi la prophétie messianique que Dieu avait faite à David par le prophète Nathan : « Quand ta vie prendra fin et que tu seras couché avec tes ancêtres, je ferai surgir après toi ton descendant, celui qui sera issu de toi, et j’affermirai son règne. Ce sera lui qui construira une maison en l’honneur de mon nom, et j’affermirai pour toujours le trône de son royaume. » (2 S 7.12-13)

Maintenant, Salomon prie Dieu d’accomplir cette promesse : « Maintenant, qu’elle s’accomplisse donc, Dieu d’Israël, la promesse que tu as faite à ton serviteur David, mon père ! » (v. 26)

Voyons donc en ce jour de la Fête de l’Ascension :

CELUI QUI EST

« DEVANT DIEU SUR LE TRÔNE » :

1. Qui est-il ?

2. Où règne-t-il ?

3. Comment règne-t-il ?

X X X 1 X X X

QUI EST

celui qui siège

« devant Dieu sur le trône » ?

C’est qui, celui que Salomon demande à Dieu d’envoyer ? C’est qui, celui qui doit se trouver « devant Dieu sur le trône » pour toujours ?

Si on ne fait pas bien attention aux paroles de Salomon, on pourrait mal le comprendre. Si on ne les écoute que superficiellement, on pourrait être amené à penser que Salomon demande à Dieu de maintenir pour toujours des descendants de David sur le trône de Jérusalem.

A coup sûr, Salomon a aussi prié pour lui et ses successeurs sur le trône du royaume. Le croyant qu’il était ne pouvait pas plus manquer de le faire que nous manquons de demander la bénédiction de Dieu sur nous et nos enfants, sur nous et l’avenir de notre Eglise, sur nous et notre travail. Cela, évidemment que Salomon l’a aussi fait pour sa Dynastie.

Mais ici il prie pour autre chose, pour quelque chose de bien plus prodigieux. Il prie pour la venue de quelqu’un qui sera assis « sur le trône » « pour toujours », éternellement.

Ce sera un descendant de David, c’est clair. Donc un homme. Mais il sera en même temps Dieu. Cela aussi, Salomon le savait, car après avoir prié pour la venue de ce roi prodigieux, il continue : « Mais quoi ! Dieu pourrait-il vraiment habiter sur la terre ? » (v. 27)

Ce faisant, Salomon fait comprendre que le roi éternel qu’il attend est en même temps « Dieu ». D’ailleurs, si cela n’était pas le cas, comment pourrait-il exercer un règne éternel ? Comment Dieu aurait-il pu promettre que ce descendant spécial de David sera « un successeur »qui « ne manquera jamais sur le trône » ?

Nous le connaissons, ce roi à la fois Dieu et homme. Nous ne l’attendons plus comme Salomon. Il est déjà venu. Et aujourd’hui nous célébrons une fois de plus, son Ascension, sa montée sur le trône selon sa nature humaine. Car selon sa nature divine il n’a jamais cessé d’y siéger.

C’est notre Seigneur Jésus-Christ. Son humiliant abaissement a été suivi par son exaltante, par sa souveraine élévation. Son service douloureux à l’extrême a laissé place à sa glorieuse session sur le trône, à son règne majestueux.

« Il s’est humilié lui-même en faisant preuve d’obéissance jusqu’à la mort, même la mort sur la croix. C’est aussi pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2.8-11)

Celui qui s’est sacrifié pour nous sauver de la malédiction due à notre péché, Dieu l’a établi roi sur tous et sur toute chose.

Celui qui nous aime plus que sa propre vie, le voilà qui règne sur l’univers pour le bien des siens.

« Jésus entre dans son règne,

Que tous les puissants le craignent

Et lui rendent tout honneur !

Dieu a tenu sa promesse

Et toute langue confesse :

Jésus-Christ est le Seigneur ! »

(Alléliua 34/31,1)

Voilà pourquoi nous célébrons dans la joie avec toute la chrétienté l’Ascension de notre Seigneur, la fête de la montée sur le trône de l’univers par notre frère en humanité, Jésus-Christ !

Maintenant que nous avons établi qui il est, voyons

X X X 2 X X X

Où EXERCE-T-IL SON REGNE,

celui qui siège

« devant Dieu sur le trône » ?

A qui s’étend son règne ? Sur qui l’exerce-t-il ?

Salomon a construit un Temple à Dieu à Jérusalem. Cela, il ne l’a pas fait comme le faisaient les peuples païens voisins. Eux construisaient des temples à leurs idoles parce qu’ils s’imaginaient qu’elles étaient liées à un endroit et avaient besoin d’un toit pour se protéger. Non, Salomon prie : « Ni le ciel ni les cieux des cieux ne peuvent te contenir, cette maison que j’ai construite encore moins ! » (v. 27)

Dieu est omniprésent, partout présent à la fois. Il est le Créateur : il ne peut être contenu dans sa création, et encore moins dans une partie de sa création comme un temple.

Néanmoins, dans l’intérêt de son peuple, il avait lié sa présence au Temple et au culte du Temple. Ce qui se passait dans le culte du Temple faisait se rencontrer Dieu et son peuple, Dieu et les croyants.

Pareillement, Jésus-Christ, notre Roi élevé en gloire, n’est pas non plus lié à un endroit ou limité à un espace réduit. Sinon il ne serait pas Dieu. Jésus-Christ, « vrai Dieu » et « vrai homme » à la fois (Martin Luther, Petit Catéchisme), maintenant qu’il est monté au ciel, est en même temps « avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28.20).

Et il est plus particulièrement « au milieu de » ceux qui « sont assemblés en son nom », qu’ils soient nombreux ou seulement « deux ou trois » (Mt 18.20) à écouter sa Parole ou à recevoir ses sacrements.

Il établit tout particulièrement « le trône d’Israël » dans les cultes de l’Eglise du Nouveau Testament, dans les cultes de son « Israël »spirituel, dans les cultes des chrétiens. Il n’y a pas d’endroit où il règne avec plus de force, d’intimité et de bonté que là où sa Parole est annoncée et ses sacrements administrés. Là il touche nos cœurs avec son Evangile de grâce et de vie, là il nous fortifie dans la foi en sa délivrance éternelle, là il nous conduit en sécurité sous son règne de grâce.

Bien entendu, le règne de Jésus n’est pas non plus lié au seul lieu du culte, mais il invite dans ses cultes. Ce sont là les assemblées de son Royaume. C’est dans les cultes qu’il exerce sur son peuple son règne libérateur, son règne de salut.

En plus de cela il l’exerce aussi dans nos vies individuelles une fois que nous avons quitté le culte. Là aussi il continue d’éclairer nos pensées, d’inspirer nos paroles et de guider nos actes à travers la Parole que nous méditons seuls chez nous.

C’est ainsi qu’il exerce son règne sur nous – à travers l’Evangile. C’est ainsi qu’il fait de nous « [ses] serviteurs, ceux qui marchent devant [lui] de tout leur cœur » (v. 23).

Pour sûr, les tendances pécheresses se manifestent encore en nous aussi, mais nous sommes si soulagés et heureux d’avoir été libérés du règne de Satan et reçus dans celui du Christ que nous luttons avec l’aide royale de Jésus contre les péchés en nous. Nous ne voulons pas redevenir leur esclave. Nous voulons continuer à bénéficier du règne libérateur de Jésus.

Car

X X X 3 X X X

COMMENT RÈGNE

celui qui siège

« devant Dieu sur le trône » ?

De façon sublime et merveilleuse. Il est clair, dans notre texte, que la façon dont il nous gouverne est l’expression de la fidélité, de la miséricorde, de la toute-puissance, de la sollicitude de Dieu, et ce pour l’éternité !

Salomon prie : « Eternel, Dieu d’Israël ! Il n’y a aucun dieu qui soit ton pareil, ni en haut dans le ciel ni en bas sur la terre : tu gardes ton alliance et ta bonté envers tes serviteurs, envers ceux qui marchent devant toi de tout leur cœur ! » (v. 23) « Maintenant, qu’elle s’accomplisse donc, Dieu d’Israël, la promesse que tu as faite ! » (v. 26)

Pour être exaucé, Salomon fait appel à la fidélité de Dieu à son alliance. C’est que le règne de Jésus en notre faveur est en premier lieu l’expression de la fidélité de Dieu à la parole donnée, à « la promesse » qu’il a faite aux croyants. On ne peut pas douter de la fidélité de Jésus dans sa manière de nous gouverner. Personne ne nous dirige aussi fidèlement que lui, « ni en haut dans le ciel » – car là-bas il n’y a pas d’autre Dieu – « ni en bas sur la terre », car là tous les dirigeants politiques ou autres dirigeants sont pécheurs, donc faillibles, y compris au niveau de la fidélité.

Mais le règne que Jésus exerce sur nous est aussi l’expression de la « bonté », de la « miséricorde » de Dieu (v. 23). Son règne qu’il étend sur nous est un règne de « bonté » et de grâce. Ne s’est-il pas sacrifié lui-même pour les siens, pour nos péchés, pour nous délivrer de toute culpabilité, de tout châtiment ? Que pourrions-nous nous souhaiter de mieux et de plus merveilleux que d’être placé sous son règne ?

Notre Roi et Seigneur est plein d’affection et de sympathie envers nous, ses sujets. Il est toujours prêt à écouter nos doléances, il est constamment « attentif à nos prières » (v. 28) pour nous venir en aide.

Il n’est pas un roi froid, hautain, inabordable, méprisant. Cela, il l’a montré avec son humiliant abaissement pour nous sauver. Et ses sentiments à notre égard n’ont pas changé avec sa glorieuse élévation.

N’est-ce pas merveilleux de savoir qu’il exerce maintenant sa toute-puissance et son omniprésence en notre faveur ? Qu’il nous gouverne et nous conduit dans notre vie présente de manière à nous amener un jour dans la communion visible, glorieuse et éternelle avec Dieu ?

Actuellement, nous ne voyons pas encore Dieu de nos yeux. Par contre, Jésus, notre glorieux Roi « siège devant Dieu sur le trône » (v. 25) pour toujours. Il est le trait d’union ou médiateur entre Dieu et nous. « A la droite de Dieu, il intercède pour nous. » (Rm 8.34) Et un jour il nous prendra avec lui selon sa promesse : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. » (Jn 12.26)

Pour l’instant, nous nous trouvons encore « en service », en service dans son Royaume de grâce sur terre.

N’oublions pas de nous soumettre à la formation continue dans ce service de sujets rachetés par ce Roi merveilleux. Et la formation continue passe par la méditation de sa Parole de grâce et l’usage de ses sacrements de vie.

Ainsi il nous amènera un jour dans son Royaume de gloire dans l’éternité, car il a fait le nécessaire pour nous pour l’éternité.

« Qu’un jour, à ta gloire infinie

Auprès de toi nous ayons part ;

Puissant Vainqueur, Source de vie,

Sur nous abaisse ton regard !

Que ton Esprit nous environne

Et que, par toi victorieux,

Tous nous obtenions la couronne,

Le vrai bonheur, la paix des cieux ! »

(Strophe 3 de « Divin Bienfaiteur de la terre »,

dans Louons le Seigneur, n° 115)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

Sermon du dimanche 29 mai - Rogate

Dimanche Rogate

Texte : Lc 11.5-13

Chants :

Réjouissons-nous au Seigneur AeC 095:1-4

Ecoute-nous, Dieu de la terre, AeC 227:1-4

O mon Père, ma prière AeC 627:1-3

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586:1-4

Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

La Parole de Dieu que nous allons méditer se trouve dans l'Evangile selon Luc, au chapitre 11, les versets 5 à 13.

« Il leur dit encore : "Supposons que l’un de vous ait un ami et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire : ‘Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi et je n’ai rien à lui offrir.’

Supposons que, de l’intérieur de sa maison, cet ami lui réponde : ‘Ne m’ennuie pas, la porte est déjà fermée, , mes enfants et moi sommes au lit, je ne peux pas me lever pour te donner des pains.’

Je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèvera à cause de son insistance et lui donnera tout ce dont il a besoin.

Et moi je vous dis : Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. En effet, tous ceux qui demandent reçoivent, celui qui cherche trouve et l’on ouvrira à celui qui frappe.

Quel père parmi vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou bien s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou bien s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ?

Si donc, mauvais comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, le Père céleste donnera d’autant plus volontiers le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent." »

Prions Dieu : Seigneur Dieu, Père céleste, accorde-nous ton Saint-Esprit pour présenter ton message et pour l’écouter, au nom de Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

Chère paroisse,

Prier avec assurance –

voilà à quoi notre Seigneur Jésus-Christ veut nous encourager aujourd'hui. Il tient pour acquis que nous adorons et louons notre Père céleste et lui adressons des prières chaque jour. Jésus intercède pour nous auprès du Père.

Il y a peu, nous avons accompagné notre Seigneur à Golgotha. A la croix, nous l'avons reconnu comme celui qui a porté le péché du monde, aussi le tien et le mien. Le matin de Pâques, nous avons entendu la promesse : il n’est pas mort, il est ressuscité des morts. Et avec foi nous avons reconnu : cela, Dieu l’a fait pour nous. Il a accepté le sacrifice que son Fils a apporté pour nous. Il l’a ressuscité des morts pour nous donner un signe que le péché, le mal et les terreurs de la mort ont été vaincus.

Jésus en est le Vainqueur. Il nous a ouvert le ciel, à nous qui vivions dans l’ombre du péché et de la mort et qui, chaque jour, sommes entraînés dans cette ombre. Lui, qui est ressuscité des morts, nous en retire : Tes péchés te sont pardonnés. Comme ceci il nous ouvre l’accès au Père éternel. Nous avons le droit de l’appeler Abba, Père.

Maintenant nous pouvons adresser nos prières à notre Père céleste. C'est que Jésus a jeté un pont. Et nous pouvons prier intensément, comme Jésus nous le fait clairement savoir avec la première parabole.

Il fait nuit. Quelqu'un appelle un ami à l'aide. Un visiteur impromptu s'est pointé, et il n'y a pas assez à manger à la maison. De quoi s'agit-il en fait ? - De bon voisinage, d'amour du prochain. L'ami, à l'intérieur de la maison, trouve une foule d'objections. Nous pourrions aussi les trouver si on nous dérangeait à minuit. Peut-être que nous y ajouterions aujourd'hui encore : Va jusqu'à la station essence ; là-bas tu peux trouver tout ce dont tu as besoin. Jésus pense que l’ami va finalement ouvrir la porte de sa maison parce que celui qui se tient dehors ne lâche pas prise et présente toujours à nouveau sa demande.

Les gens se comportent-ils vraiment comme cela ? Ouvrent-ils vraiment la porte ? – Peut-être. En tout cas cela arrive à coup sûr dans un cas précis : avec Dieu. C’est lui l’ami qui entend les appels à l’aide pressants des siens. Et il leur donne ce dont ils ont besoin. Jésus nous encourage à ne pas lâcher prise avec nos prières insistantes, à rester confiants que notre ami céleste nous assiste. Il donne ce dont on a besoin. C’est vraiment là l’ami dont nous avons besoin dans la vie, dans les moments difficiles.

Jésus exhorte et encourage : « Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. » « Demander » – lui présenter toutes nos requêtes. « Chercher » – nous avons parfois l’impression que Dieu est aux abonnés absents, qu’il n’entend pas. Il se laisse trouver. « Frappez » – tambourinez contre la porte du cœur de votre Dieu ; faites-vous remarquer par vos paroles, qu’elles soient fortes ou faibles !

Les exemples suivants de notre texte veulent relever et souligner ces exhortations et ces promesses pour nous rendre confiants.

Jésus donne deux exemples que tout le monde comprend : Un père, à qui son fils a demandé, confiant, du poisson, ne va pas lui donner un serpent ! Ou s’il lui demande un œuf, il ne va pas lui servir un scorpion ! Le père ne fera rien qui cause du tort à son fils et qui pourrait le tuer. Jésus fait comprendre : C’est là comment se comportent les gens bien que pécheurs. Vous vous efforcez de d’offrir à vos enfants des choses qui leur font du bien. C’est là comment cela se passe. Jésus ne parle pas ici des parents indignes qui font parfois vivre des choses horribles à leurs enfants et ne leur viennent pas en aide. Jésus s’en tient à ce que des parents font normalement, même s’ils sont tous pécheurs : ils leur font du bien quand ceux-ci viennent à eux avec confiance. Puis Jésus détourne nos regards des parents sur Dieu.

A combien plus forte raison le Père céleste assistera-t-il ceux qui s’adressent à lui. Nous, parents pécheurs, nous ne voulons pas causer du tort à nos enfants ; eh ! bien, notre Père céleste bien moins encore à ses enfants à lui. Son amour leur est acquis parce que son Fils Jésus-Christ leur a ouvert le ciel.

Et c’est quoi, ce que le Père céleste donne à ceux qui l’invoquent ? Nous nous attendrions peut-être à ce que Jésus se mette ici à énumérer en détail les dons pours lesquels nous prions et la manière dont son Père nous les donne. Mais ce qu’il dit nous surprend : « Le Père céleste donnera d’autant plus volontiers le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. » Celui qui demande, cherche et frappe, reçoit le Saint-Esprit en cadeau.

De quoi Jésus veut-il nous rendre certains à propos de la prière ?

Celui qui s’adresse à Dieu peut être sûr qu’il recevra avant toute chose un don particulier : le Saint-Esprit qui procède du Père et du Fils et qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Ce Saint-Esprit nous donne la foi, et par cette foi la force de prier. Avec l’Explication du Troisième Article de la Foi de Martin Luther nous confessons :

« Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui. Mais c'est le Saint-Esprit qui, par l’Evangile, m'a appelé, éclairé de ses dons, sanctifié et maintenu dans la vraie foi. »

Le Saint-Esprit nous amène à voir le ciel ouvert, il nous amène à placer notre foi en Dieu, le Père et le Fils. C’est pour cela que ce qu’il nous faut avant toute chose en réponse à tous nos appels et supplications adressés Dieu, c’est le don du Saint-Esprit dans nos cœurs. C’est lui qui nous fait reconnaître dans la foi ce qui est de loin primordial pour nous : la communion avec notre Seigneur Jésus-Christ et, à travers lui, avec notre Père céleste.

Ce bon Esprit de Dieu nous apprend à prier Dieu avec une confiance absolue. Dans la foi, je sais qu’il n’a que de bonnes intentions envers moi, son enfant. Alors nous lui présenterons aussi nos demandes avec insistance. Nous le ferons alors sans relâche, avec la force que donne le Saint-Esprit, et nous dirons : Seigneur, viens à mon aide, mais non pas comme moi je le veux, mais comme toi tu sais que c’est le mieux pour moi durant ce pèlerinage à travers cette vie vers l’éternité. Accorde-moi ce que tu trouves le meilleur pour moi.

Nus avons l’assurance, la certitude, que notre Père céleste nous offre ce qui est nécessaire à notre vie. Il nous arrivera de ne pas le comprendre, vu la façon dont il nous répond ; nous avions d’autres attentes. D’autres fois nous serons déçus. Mais avec la force du Saint-Esprit, nous parviendrons à confesser avec Jésus – peut-être après une intense lutte intérieure avec Dieu : Seigneur, que ta volonté se fasse !

Prier avec confiance – c’est ce que Jésus a fait ; ses disciples l’ont fait – et après eux beaucoup, beaucoup de gens jusqu’à aujourd’hui. Et toi tu as le droit et tu peux le faire aussi. Amen.

Diethardt Roth,

Evêque luthérien (à la retraite)

SELK, Allemagne

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:29Aucun commentaire:  

Sermon du dimanche 1er mai

Fête du Travail

Texte : Ps 128.1-2+4-5+6b

Chants proposés :

Qu’on entende aujourd’hui, mortels, LlS 105:1-6

Entonnons en ce jour un cantique nouveau LlS 103:1-6

Heureux l’homme fidèle LlS 338:1-2+5-6+8

« Heureux tout homme qui craint l’Eternel, qui marche dans ses voies !

Tu profites alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères.[…]

C’est ainsi qu’est béni l’homme qui craint l’Eternel.

L’Eternel te bénira de Sion, et tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

6 […] Que la paix soit sur Israël ! »

Chers chrétiens en fête !

J’avais déjà préparé un sermon pour ce dimanche « Quasimodo Geniti », ce premier dimanche après Pâques, quand j’ai réalisé que, cette année, ce dimanche tombait sur le 1er mai ou, pour le dire autrement : en 2011, la Fête du Travail tombe sur un dimanche.

Vous ne m’en voudrez pas d’avoir, en fin de semaine, rapidement changé le fusil d’épaule : le sermon prévu pour aujourd’hui, vous l’entendrez dimanche prochain. Aujourd’hui nous allons fêter le travail.

Ah ! bon … ça se fête, le travail ? N’est-ce pas plutôt une occasion de se plaindre, d’être insatisfait, de manifester, comme beaucoup le font aujourd’hui ?

« Les deux, mon cher Watson ! » : ce n’est pas parce qu’il y a des choses à redire, voire à critiquer et à améliorer, que le travail ne devrait pas être fêté.

Si nous devions attendre que quelque chose soit parfait, nous ne fêterions ni anniversaire, ni commémoration de mariage, ni jubilé de paroisse, ni rien du tout en dehors des actes de Dieu comme à Noël, Vendredi Saint, Pâques ou Pentecôte.

Justement, on oublie souvent que

LE TRAVAIL,

1 c’est Dieu qui l’a institué,

2 il a promis de bénir celui des siens,

3 il nous donne une recette pour être heureux au travail.

X X X 1 X X X

C’EST DIEU QUI A INSTITUE LE TRAVAIL

Le monde est ainsi fait qu’on ne peut pas vivre sans travailler. S’il y a des tire-au-flanc ou des parasites (je ne parle pas des malades et des chômeurs) qui arrivent à vivre sans travailler, c’est qu’ils profitent du travail des autres. Mais sans travail (et j’y inclus aussi le travail au foyer), la vie n’est pas possible sur terre.

Tout simplement parce que Dieu a disposé les choses ainsi en créant le monde.

Déjà dans le Jardin d’Eden, Dieu avait confié du travail au premier couple d’humains, Adam et Eve. « L’Eternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le Jardin d’Eden pour qu’il le cultive et le garde. » (Gn 2.15)

On a coutume de dire – et moi aussi je l’ai souvent dit – que l’état du mariage est la première institution de Dieu après la création. Eh bien, j’avais tort ! …

Dieu a confié à Adam la responsabilité de « cultiver » et de « garder »la terre avant qu’il ne crée Eve, la première épouse. C’est le travail qui est la première institution divine dans l’histoire du monde. Il faudra que je fasse attention en parlant de la première institution établie par Dieu sur terre.

D’ailleurs, on peut vivre sans être marié. Mais essayez donc de vivre sans travailler ! …

C’est bien une disposition profondément ancrée dans la nature des choses, dans le cours de la vie sur terre.

Ce lien entre le travail et Dieu est souligné dans notre Psaume par le fait qu’il parle du travail à « tout homme qui craint l’Eternel » (v. 1), à toute personne qui fait partie de « Sion », de la « Jérusalem »spirituelle, de la communion des croyants (v. 5).

Bien entendu, il n’y a pas que les croyants qui travaillent. C’est une nécessité pour tout le monde. Tout le monde doit se plier à cette disposition du Créateur divin, que l’individu voie Dieu derrière et au-dessus du travail ou non.

Avouez qu’on a quand même une toute autre approche du travail quand on connaît celui qui nous l’a confié que quand on l’exécute uniquement parce qu’on ne peut pas faire autrement.

On a une autre appréciation du travail quand on « craint l’Eternel », quand on a pour lui cette vénération respectueuse et confiante, que quand on l’ignore et le rejette.

Si c’est le Dieu d’amour et de miséricorde qui a établi le travail, je peux lui faire confiance : il a ses raisons, et ses mobiles sont toujours bons pour les siens.

Il est vrai qu’avec l’intrusion du péché dans le monde, le monde du travail a aussi été lourdement affecté. Rien ne va tout seul, ni les relations entre donneurs d’ordre et exécutants, ni le rapport entre les cadences de travail et la rentabilité, ou entre les salaires et les prix de production ou des services rendus. Partout il y a des tiraillements, parfois des injustices, voire des souffrances et des drames.

Dieu avait prévenu. Avec le péché, c’est arrivé : « C’est avec peine que tu tireras ta nourriture [de ton travail] tous les jours de ta vie. […] C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras le pain » (Gn 3.17+19)

Raison de plus de se rappeler que c’est le « Dieu d’amour » (1 Jn 4.8) qui a institué le travail, et que, dans sa grande miséricorde, il ne nous abandonne pas dans les problèmes du monde du travail, mais nous accompagne de son pardon, de sa bénédiction et de ses encouragements.

C’est Dieu qui a institué le travail,

X X X 2 X X X

DIEU A PROMIS

DE BENIR LE TRAVAIL DES SIENS

Avouez que cela fait du bien d’entendre : « Heureux tout homme qui craint l’Eternel, qui marche dans ses voies ! Tu profites alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères. C’est ainsi qu’est béni l’homme qui craint l’Eternel. »(v. 1-2+4)

Dieu bénit le travail de tout être humain qui accomplit correctement sa tâche, mais ce n’est pas de cela qu’il parle ici. Bien entendu que l’OS à la chaîne de montage a le même résultat qu’il soit croyant ou incroyant. Un chauffeur de bus, de tram ou de train rend le même service, qu’il soit croyant ou incroyant. Et tous touchent le même salaire qu’ils soient croyants ou incroyants.

Ce n’est pas de cette bénédiction que Dieu parle ici. Il parle de la bénédiction spécifique qu’il accorde à « tout homme qui craint l’Eternel » et « qui marche dans ses voies ». Il veut que vous sachiez qu’il prend particulièrement plaisir à votre travail à vous qui « marchez dans ses voies », qui le servez par votre vie de croyants comme « sel de la terre » et « lumière du monde » (Mt 5.13-14).

Dieu s’adresse à ceux qui le connaissent et qui l’écoutent. Il parle aux siens dans les différentes situations qui peuvent être les leurs dans la vie. C’est eux qu’il veut réconforter, à eux qu’il veut donner une vision positive de l’existence.

Et si nous savons tous qu’il « fait contribuer toute chose au bien de ceux qui l’aiment » (Rm 8.28), avec ce psaume il veut nous montrer comment il « fait concourir » notre travail « à notre bien ».

Nous avons sans doute tous déjà connu des moments où nous avons gémi à notre travail, où nous avons dû nous faire violence pour nous y rendre. Dans ces moments, nous avons vu le travail sans son lien avec Dieu, nous avons vu ses problèmes sans songer aux promesses de bénédiction que Dieu y a liées.

Mais Dieu veut que nous soyons « heureux » au travail. Quand l’apôtre Paul nous invite : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous ! » (Ph 4.4), il n’ajoute pas : « sauf au travail. » Non, il dit « toujours » !

Car où que nous soyons – à l’église, à la maison, en vacances ou au travail – nous sommes « toujours dans le Seigneur », nous sommes toujours reliés à Dieu via notre Seigneur Jésus-Christ, « nous marchons dans ses voies », dans la voie de la foi en Christ.

Et si « nous marchons dans ses voies », si notre attitude au travail est aussi celle de l’humilité et de la foi, alors Dieu considère notre travail « comme agréable par Jésus-Christ » (1 P 2.5).

Nous pouvons avoir des collègues difficiles, des chefs jamais satisfaits – toutes choses qui pourraient nous enlever la joie au travail –, alors rappelez-vous : Dieu apprécie vos efforts et votre honnêteté, Dieu apprécie votre travail, car vous l’accomplissez dans la foi en son Fils.

Cela signifie aussi que si on s’est trompé au travail, ou si on n’a pas rempli son devoir, on le reconnaît honnêtement, bref, là aussi « on marche dans les voies du Seigneur ».

« Heureux tout homme qui craint l’Eternel, qui marche dans ses voies ! Tu profites alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères. C’est ainsi qu’est béni l’homme qui craint l’Eternel. »

Oui, il y a du « profit » à suivre les voies du Seigneur au travail : nous pouvons alors nous y adonner avec ce sentiment bienfaisant que Dieu nous regarde avec approbation et qu’il nous bénit.

Si ce n’est pas là un « profit », alors que, généralement, on sent beaucoup de morosité et de stress au travail ?

Et « tu prospères ». Vous savez ce que signifie « prospérer » au départ ? Pas ramasser toujours plus d’argent. « Prospérer », c’est bien plus ; c’est « répondre aux espérances ».

Or nos espérances sont d’abord de l’ordre du Royaume de Dieu, de l’ordre de l’épanouissement personnel, du bonheur dans le couple, du bonheur des enfants.

Et si la prospérité matérielle peut y contribuer, elle ne peut pas nous l’assurer : les riches ne divorcent pas moins que les moins riches ; les riches ne sont pas moins nombreux – plutôt davantage – chez les psychiatres que les moins riches.

Ne nous trompons pas de prospérité. Et surtout, ayons cette confiance en Dieu : lui ne s’y trompe pas. Il nous promet la bonne « prospérité » si nous lui faisons confiance, aussi au travail. Il nous promet sa bénédiction.

Quel puissant encouragement au travail !

X X X 3 X X X

DIEU NOUS DONNE UNE RECETTE

POUR ÊTRE HEUREUX AU TRAVAIL

« L’Eternel te bénira de Sion, et tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie. »

Quand les choses vont mal, bien des gens, subitement, se rappellent de Dieu, mais pour lui faire des reproches : « Qu’est-ce que ce Dieu qui permet l’épreuve que je traverse, qui ne fait rien pour me sortir de là ? »

Mais Dieu n’est pas une « assurance tous-risques professionnels ou matériels ». Il n’est pas un self-service où l’on vient se servir quand on a besoin de lui, mais qu’on ignore quand la vie est belle.

La bénédiction de Dieu, celle qui procure le « profit » de l’épanouissement de la personne en relation avec son Fils, cette bénédiction de Dieu ne nous atteint pas comme par magie du haut du ciel bleu. Cette bénédiction se trouve en « Sion », ce « bonheur » se trouve dans la « Jérusalem » spirituelle, dans l’Eglise, la communion des croyants qui rencontrent leur Seigneur autour de sa Parole et de ses sacrements.

La bénédiction de Dieu, la vraie, la profonde, celle qui profite à toute la personne, passe par son Fils à ceux qui croient en lui.

Et cette bénédiction, il la transmet via les moyens de grâce, via l’annonce de l’Evangile et l’administration des sacrements dans l’Eglise.

Dieu a deux sortes de rapports avec les hommes ; il n’y en a pas de troisième : il est en colère contre ceux qui ne croient pas en son Fils, il est amour, grâce, compassion et bénédiction pour ceux qui se réfugient dans la foi auprès de son Fils.

La réussite au travail des incroyants ou leur prospérité matérielle ne doit pas tromper sur la nature des rapports que Dieu entretient avec eux : leur prospérité et leur réussite ne sont pas une bénédiction, ce sont des trompe-l’œil.

D’abord parce qu’ils ne connaissent pas la sérénité ou « paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut comprendre » et qui « garde nos cœurs et nos esprits en Jésus-Christ » (Ph 4.7). Ensuite, parce que leur prospérité sur terre va déboucher sur un drame effroyable, quand le rejet dès cette vie va déboucher sur le rejet dans l’au-delà.

Certes, tout n’est pas définitivement perdu pour eux. Tant qu’il y a la vie il y a de l’espoir, l’espoir qu’ils entrent en contact avec nous, les membres de « Sion », de l’Eglise, et que grâce à nous ils soient touchés par notre témoignage de la foi, par l’Evangile annoncé dans l’Eglise.

Quant à nous, fréquentons Dieu assidûment, régulièrement, là où il nous invite à le rencontrer : dans sa Parole et ses sacrements !

La bénédiction qu’il répand ainsi sur nous dans « Sion » s’étendra aussi à notre travail, d’ailleurs pas qu’à notre travail, mais à notre vie entière, car nous la menons à l’ombre de la croix de Golgotha et à la lumière de la tombe vide de Pâques.

Oui, en cette fête du travail, n’oublions pas que

LE TRAVAIL,

1 c’est Dieu qui l’a institué,

2 il a promis de bénir celui des siens,

3 il nous donne une recette

pour être heureux au travail :

venir nous armer pour la vie dans ses cultes.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

Sermon du dimanche Cantate - 22 mai 2011

Dimanche Cantate Texte : Ps 33.1-12

Justes, réjouissez-vous en l’Eternel ! La louange convient aux hommes droits.

Célébrez l’Eternel avec la harpe, louez-le sur le luth à dix cordes !

Chantez-lui un cantique nouveau, faites retentir vos instruments et vos voix,

car la Parole de l’Eternel est droite et toute son œuvre s’accomplit avec fidélité !

Il aime la justice et le droit ; la bonté de l’Eternel remplit la terre.

Le ciel a été fait par la parole de l’Eternel, et toute son armée par le souffle de sa bouche.

Il amoncelle les eaux de la mer, il garde les océans dans des réservoirs.

Que toute la terre craigne l’Eternel, que tous les habitants du monde tremblent devant lui,

Puis il leur dit :

 Car il parle, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe.

10 L’Eternel renverse les plans des nations, il anéantit les projets des peuples,

11 Mais les plans de l’Eternel subsistent éternellement, et les projets de son cœur de génération en génération.

12 Heureuse la nation dont l’Eternel est le Dieu, heureux le peuple qu’il choisit comme son héritage ! »

Seigneur,

merci pour le bonheur que nous te devons

d’appartenir à ton peuple, à ton héritage.

Accorde-nous ton Esprit saint

pour qu’il affermisse notre foi et notre joie

de peuple que tu t’es acquis !

Amen.

Chers chanteurs et instrumentistes

du « cantique nouveau » ! (v. 3)

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les cultes chrétiens sont remplis de chants et de musique ? Oh ! certes, si cela ne se peut autrement, Dieu prend tout autant plaisir à un culte sans chants ni musique. Tout simplement parce qu’il est surtout à l’écoute de la musique de notre cœur, de la musique de notre foi et de notre piété.

N’empêche, comme notre Seigneur l’a si bien dit : « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. » (Lc 6.45) Normalement une communauté chrétienne ne reste pas muette quand elle rencontre son Dieu dans la « merveilleuse lumière » (1 P 2.9) de sa Parole et de ses sacrements. De tout temps la communauté des croyants a fait monter ses louanges vers son Dieu de grâce et de vie. N’oublions pas que les 150 psaumes de l’Ancien Testament étaient psalmodiés – c.à.d. chantés – dans les cultes du peuple d’Israël, et continuent de l’être sous différentes formes à travers le monde entier dans toutes les langues.

Il n’est donc pas surprenant qu’un des dimanches de l’année liturgique porte le nom « Cantate ! »  « Chantez ! » – premier mot, d’ailleurs, du Psaume 98 : « Chantez en l’honneur de l’Eternel un cantique nouveau ! » (Ps 98.1)

Qu’est-ce que c’est que ce « cantique nouveau » que nous sommes invités à entonner ? Il en est question ailleurs aussi, dans la Bible, surtout dans les psaumes, dont le nôtre, le Psaume 33, mais aussi dans l’Apocalypse.

Devons-nous continuellement apprendre à chanter de « nouveaux »cantiques ? Non, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Sinon, une fois chantés, on aurait jeté les psaumes au panier. Et les recueils de cantiques n’auraient aucune raison d’être s’il fallait continuellement changer de chants.

NOTRE « CANTIQUE » EST « NOUVEAU »

CAR DIEU A FAIT DE NOUS

UN PEUPLE « NOUVEAU », HEUREUX,

QUI VIT

1 de la bonté de Dieu

2 de sa fiabilité,

3 et de sa puissance.

X X X 1 X X X

NOTRE « CANTIQUE » EST « NOUVEAU »

car nous sommes

un peuple « nouveau », heureux,

qui vit de

LA BONTÉ DE DIEU

Chers amis, notre « cantique » est « nouveau », ce que nous chantons est « nouveau » par rapport à ce qui se chante ailleurs dans le monde, parce qu’il nous est arrivé une chose extraordinaire, « nouvelle », du jamais vu : nous sommes devenus un peuple « nouveau ».

Le psalmiste chante : « Heureuse la nation dont l’Eternel est le Dieu, heureux le peuple qu’il choisit comme son héritage ! » (v. 12)

Il ne parle pas, là, d’un « peuple » ou d’une « nation » représentée à l’ONU. Vous ne trouverez pas trace de ce peuple sur une mappemonde ou un atlas. Il s’agit du « peuple choisi », de « la nation sainte », du « peuple racheté » dont parle Pierre dans sa 1ère Epître (1 P 2.9) ; il s’agit de vous qui placez votre foi dans l’œuvre expiatoire et la victoire pascale de notre Seigneur Jésus-Christ. Et des semblables à nous, des membres de ce « peuple » particulier, il y en a maintenant dans le monde entier, ses citoyens se trouvent dans tous les pays représentés dans les atlas.

C’est notre Vainqueur de Pâques qui nous a placés dans cette situation tout à fait « nouvelle » où nos péchés sont pardonnés, la colère de Dieu envers nous apaisée, le mur de nos péchés qui nous séparait de lui démoli. C’est lui, notre Seigneur Jésus-Christ, qui a fait de nous un peuple « nouveau »  « l’Esprit de Dieu » a fait de nous des « enfants de Dieu » (Rm 8.14), des « héritiers de la vie éternelle » (Tt 3.7) !

Le « nouveau », c’est que nous pouvons être assurés que Dieu nous aime, nous bénit, marche à nos côtés – ou nous laisse marcher avec lui, sous sa protection !

Le « nouveau », c’est que même la mort n’a plus réellement d’emprise sur nous, car « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ » (Rm 8.39) !

C’est d’ailleurs tellement « nouveau », tellement inattendu, que malheureusement, la plupart des gens n’y croient pas. Cela paraît insensé, de la « folie » pure (1 Co 1.18-25), pour tous ceux qui n’ont pas été touchés par « l’Esprit de Dieu » (1 Co 2.10)

Mais nous, que le Saint-Esprit a convertis et convaincus de ce miracle, nous ne pouvons cesser de chanter et de louer la bonté, la grâce et la miséricorde de Dieu qui a transformé notre état de pécheurs condamnés de façon aussi radicale et sublime, de ce Dieu dont « la bonté remplit la terre » (v. 5) des échos de sa Bonne Nouvelle.

Oui, notre « cantique » est « nouveau », car nous sommes un peuple « nouveau », un peuple heureux, qui vit de la bonté de Dieu. Et c’estdans ce nouvel état, avec ce nouvel esprit, que nous faisons monter vers lui nos chants et nos prières.

De tout temps les croyants ont accompagné leurs chants de musique. Dans l’Ancien Testament déjà, de véritables orchestres encadraient les cultes du Temple. Et l’histoire de la musique ne saurait faire l’impasse sur l’histoire de la musique religieuse, car elle plonge ses racines dans la louange de l’Eglise. Je pourrais, ici, citer de grands compositeurs, de grands ensembles, des grands instrumentistes. Ils ont porté la louange à des niveaux musicaux inégalés.

Mais dans nos cultes, ce sont souvent des auteurs et des compositeurs bien plus anonymes qui sont à l’origine des chants que nous chantons, et nos organistes et autres instrumentistes ne figurent pas dans les dictionnaires de la musique, mais ils portent notre louange, ils nous aident à élever nos voix de concert pour louer « la bonté », la grâce et la miséricorde de notre Dieu, de ce Dieu qui a fait de nous, pécheurs – incroyable, mais vrai ! – « une nation sainte » (1 P 2.9), un peuple dont les péchés sont pardonnés, inexistants aux yeux de Dieu grâce à Jésus-Christ.

X X X 2 X X X

NOTRE « CANTIQUE » EST « NOUVEAU »

car nous sommes

un peuple « nouveau », heureux,

qui vit de

LA FIABILITE DE DIEU

« Il parle, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. L’Eternel renverse les plans des nations, il anéantit les projets des peuples, Mais les plans de l’Eternel subsistent éternellement, et les projets de son cœur de génération en génération. » (v. 9-11)

Nous savons tous ce que vaut la fiabilité des hommes. Et nous avons parfois honte que nous-mêmes n’ayons pas toujours su répondre aux espérances que les autres plaçaient en nous. La déception est d’autant plus grande que la confiance était forte.

Les promesses des campagnes électorales n’arrivent jamais à être tenues. Ce n’est pas un jugement, c’est une constatation, c’est même une définition : la réalité force les faiseurs de promesses à s’adapter.

Et combien de promesses que nous avions faites, nous n’avons pu les tenir qu’en partie ? Et parfois nous en avons honte, car c’est de notre faute. Combien il est alors libérateur de pouvoir déposer cela devant Dieu dans la confession pour en repartir absout !

Ça, c’est nous avec nos carences, nos déficiences, nos péchés. Mais le peuple nouveau que Jésus a fait de nous, la nation sainte que nous sommes devenus sous l’action du Saint-Esprit à travers l’Evangile, un « peuple choisi par Dieu comme son héritage », nous sommes dans cette situation nouvelle, surprenante, qu’en Dieu nous avons un Chef fiable à 100% !

C’est ce que Martin Luther indique quand, dans son explication du 1erCommandement, il nous encourage à « mettre en Dieu […] notre entière confiance » (Petit Catéchisme). Il précise d’ailleurs que cela, nous ne pouvons le faire qu’avec « Dieu seul ».

Cela aussi c’est quelque chose d’unique et de « nouveau » - car cela n’a jamais existé nulle part et n’existe nulle part ailleurs ! – : avoir quelqu’un en qui nous pouvons avoir « entière confiance ».

Cette chose merveilleuse et « nouvelle », c’est notre situation d’enfants de Dieu, « car la Parole de l’Eternel est droite et toute son œuvre s’accomplit avec fidélité ! » « Il parle, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. […] Les plans de l’Eternel subsistent éternellement, et les projets de son cœur de génération en génération. » (v. 4+9-11)

Nous avons parfois l’impression que Dieu se déjuge, qu’il nous a promis fidélité dans notre Baptême ou dans sa Parole d’Evangile, puis qu’il nous laisse un peu tomber par moments.

Non, rappelez-vous la promesse qu’il fait ici : « La Parole de l’Eternel est droite et toute son œuvre s’accomplit avec fidélité ! » Il n’a pas non plus rompu sa parole lorsqu’il s’est agi pour Jésus de se sacrifier pour nous, de connaître les souffrances de l’enfer à notre place. Si nous avons une croix au-dessus de l’autel, c’est aussi pour nous rappeler combien Dieu est fidèle et qu’il tient toujours parole, qu’il va jusqu’au bout de ses promesses, quoi que cela lui coûte.

En ce sens aussi nous sommes un peuple « nouveau », différent : nous avons à notre tête un Chef qui ne se trompe pas et ne nous trompe pas ; il ne promet pas sans tenir parole. Sa fiabilité est à toute épreuve. « Il parle, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. »

S’il s’agissait d’un tyran cruel, ce serait terrible, mais il s’agit d’un Dieu à la « bonté » infinie, comme nous l’avons vu dans la première partie. Se savoir membre d’un peuple avec un tel chef, cela rassure, cela nous détend, cela nous remplit de joie, cela pousse aussi sur nos lèvres des chants de louange. Cela fait de l’Eglise un peuple chantant et jouant. – Est-ce vraiment l’impression que nous donnons toujours ?

Que le Seigneur nous pardonne de parfois l’oublier, de ne pas toujours être en état de chanter ses louanges. Son pardon nous aidera à passer des chants de tristesse – qu’il écoute avec la même attention – aux chants d’action de grâces.

X X X 3 X X X

NOTRE « CANTIQUE » EST « NOUVEAU »

car nous sommes

un peuple « nouveau », heureux,

qui vit de

LA PUISSANCE DE DIEU

« Le ciel a été fait par la parole de l’Eternel, et toute son armée par le souffle de sa bouche. Il amoncelle les eaux de la mer, il garde les océans dans des réservoirs. Que toute la terre craigne l’Eternel, que tous les habitants du monde tremblent devant lui ! » (v. 6-8)

En quoi ce serait « nouveau », le fait que Dieu a exercé sa puissance dans la création de l’univers ? N’est-ce pas – et là c’est vraiment le cas de le dire – n’est-ce pas « vieux comme le monde » ? N’y a-t-il pas rien de moins nouveau sur terre ?

Vu ainsi, vous avez raison. Et même, cette puissance, cette toute-puissance du Dieu créateur, pourrait nous amener à « trembler devant lui » (v. 8). Que sommes-nous entre de si puissantes mains ? Pas grand-chose. En tout cas, nous sommes impuissants face à Celui qui a créé l’univers et qui l’entretient et le « garde » (v. 7), face à Celui qui nous a créés et de qui notre vie dépend.

Aussi, ceux qui ne le connaissent pas dans son amour révélé en Jésus-Christ parlent de destin aveugle, de fatalité inéluctable, de hasard périlleux, d’aléas incontrôlables. Parfois ils parlent même de Dieu, mais pour s’en prendre à lui, pour se révolter face au cours que prend leur vie.

Qu’ils l’avouent ou non, qu’ils mettent le nom de Dieu sur ce qu’ils craignent ou non, « les habitants du monde tremblent devant lui ».

Tous ? – Non. « La nation dont l’Eternel est le Dieu »« le peuple qu’il choisit comme son héritage », n’a aucune raison de trembler devant lui. Dieu nous déclare « heureux », « heureux » de le connaître tel qu’il est, en Dieu bon et miséricordieux, en Dieu de Parole et fiable, en Dieu qui nous a préparé un « héritage ».

Mais il ne nous laisse pas attendre d’avoir quitté cette vie ici-bas pour nous faire savourer les bienfaits d’être son « peuple ». C’est dans nos existences dès ici-bas qu’il agit avec bonté, fiabilité et puissance dans l’intérêt des siens.

Jésus-Christ nous est le garant que Dieu exerce toujours sa puissance en notre faveur, pour notre bien, même là où nous n’y comprenons rien. Jésus-Christ, auprès de qui nous nous mettons à l’abri dans la foi, nous a réconciliés avec le Dieu puissant et le Saint-Esprit nous a attirés dans la foi au sein de ce peuple qu’il chérit.

Si ce n’est pas là une situation tout à fait « nouvelle » par rapport à notre situation d’origine ! « Vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu ! » (1 P 2.10) : Si ce n’est pas là du « nouveau », quelque chose qui nous fait chanter, je ne sais pas ce qu’il nous faut.

X X X Cantate ! Chantez ! X X X

« Célébrez l’Eternel avec la harpe, louez-le sur le luth à dix cordes ! Chantez-lui un cantique nouveau, faites retentir vos instruments et vos voix ! » (v. 2-3)

Ce que Dieu a fait de nous en nous pardonnant et en nous recevant, par pure grâce, dans son peuple béni, cet état « nouveau », différentpar rapport à tout ce qui existe dans le monde, cela fait que nos chants sont « nouveaux », différents par rapport à ce que le monde peut chanter.

Bien sûr, nous pouvons aussi chanter des chants populaires ou des chants en vogue sur les ondes – à condition de veiller à ne pas en chanter qui outragent notre Dieu – mais nous avons en plus « un cantique nouveau » que nous voulons chanter plus que tout autre chant, le chant des « rachetés de l’Eternel » (Ps 107.1-2)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

Chants

Entonnons un nouveau cantique LlS 30 : 1-4

Célébrez Dieu hautement LlS 7 : 1-5

Empresse-toi, mon âme, à bénir LlS 8 : 1-4

Gloire et louange au Dieu secourable LlS 161 : 1-3

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 21:53Aucun commentaire:  

Sermon du dimanche Septuagésime

Dimanche Septuagésime - 20 février 2011 (mis en ligne tardivement)

Texte : Lc 17.7-10

Chants proposés :

Gloire à ton nom, ô Dieu de paix, AeC 261 : 1-3

Seigneur, écoute ma prière, AeC 143 : 1-4

Tu me veux à ton service AeC 427 : 1-3

« Si l’un de vous a un esclave qui laboure ou garde les troupeaux, lui dira-t-il, à son retour des champs : "Viens tout de suite te mettre à table !" ?

Ne lui dira-t-il pas, au contraire : "Prépare-moi à souper, ajuste ta tenue pour me servir jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après cela, toi, tu mangeras et tu boiras." ?

A-t-il de la reconnaissance envers cet esclave parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné ? Je ne pense pas.

10 Vous, de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dite : "Nous sommes des esclaves sans prétention ; nous avons fait ce que nous devions faire." »

Chers serviteurs du divin Maître,

Quand j’ai lu le texte qui nous est proposé pour la prédication de ce dimanche, j’ai d’abord eu un mouvement de recul, car nos versions traduisent généralement la fin de cet épisode par la sentence : « Nous sommes des esclaves [ou : des serviteurs] inutiles. »

Que dire d’une phrase qui contredit son contexte ? Comment s’en sortir ? Comment trouver une application où on ne se mord pas la queue ?

Il est vrai, il y a des passages bibliques qui nous demeurent obscurs, dont nous n’aurons l’explication que dans l’au-delà. Mais prêcher sur le texte tel que le traduisent la plupart de nos versions, c’est tout simplement contredire tout ce que Dieu dit par ailleurs dans la Bible, y compris ce qui précède et suit cette constatation dans notre texte.

Alors, comment en est-on souvent arrivé à cette traduction insolite ? –Parce qu’en grec il y a deux homonymes – ἀχρεῖος (achreios) – dont l’un signifie : « inutile » ou « non indispensable » ; l’autre par contre signifie : « sans prétentions ».

Posons-nous donc les trois questions :

SOMMES-NOUS

1 des serviteurs inutiles ?

2 des serviteurs non indispensables ?

ou

3 des serviteurs sans prétentions ?

… ce qui n’est pas la même chose.

X X X 1 X X X

Sommes-nous

DES SERVITEURS INUTILES ?

Nous avons tous déjà entendu notre verset sous la forme : « Nous sommes des serviteurs inutiles ! » (v. 10). On l’entend parfois répéter, sans avoir sans doute pris le soin de regarder son contexte, sans s’être pris la peine de réfléchir à l’ensemble de notre texte.

On utilise alors ce texte pour se flageller, un peu comme Martin Luther dans sa cellule du couvent des Augustins à Erfurt, avant qu’il ne découvre l’Evangile libérateur du Christ, Evangile qui le libérera et le propulsera dans un « service » qu’on ne voudra quand même pas qualifier d’« inutile » !

Voyons notre texte d’un peu plus près. Nous sommes en présence d’« un esclave qui laboure », qui « garde les troupeaux » et qui « prépare et sert le souper » à son maître. (v. 7-8).

Quiconque a quelques notions en agriculture et en élevage, saura qu’il n’est pas « inutile » de labourer et de s’occuper des troupeaux. D’ailleurs, quel maître dilapiderait sa fortune pour acheter et entretenir des esclaves rien que pour qu’ils fassent des choses superflues, qui ne servent à rien ?

Et quiconque est déjà rentré fatigué et affamé de son travail, saura aussi qu’il n’est pas non plus « inutile » de pouvoir s’asseoir à table et se rassasier pour reprendre des forces.

D’ailleurs, les serviteurs ou esclaves de notre texte indiquent : « Nous avons fait ce que nous devions faire. » (v. 10) Ils ont fait ce dont ils avaient été chargés. Toutes les paraboles – pour ne prendre que les paraboles – montrent que ce qu’y accomplissent les serviteurs a une utilité, même une grande importance. Au point, d’ailleurs, que le serviteur qui n’a pas été utile est puni et chassé, parce qu’il a laissé dormir son talent, parce qu’il aurait dû être utile, mais ne l’a pas été.

Pensez-vous que Dieu nous charge de choses inutiles, pour s’amuser, un peu comme si nous étions son jouet ? Non, l’apôtre Pierre nous dit que Dieu a fait de nous des « pierres vivantes » « afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 P 2.5).

Et Paul nous invite : « Soyez, par amour, serviteurs les uns des autres ! » (Ga 5.13) Certainement pas parce que c’est « inutile » !

Les conjoints qui s’entraident pour mener à bien leur entreprise de vie commune, les parents qui élèvent leurs enfants, les personnes qui effectuent honnêtement leur travail, notre engagement dans l’Eglise et dans la mission, tout cela serait « inutile » ? Bien sûr que non ! Sinon le Seigneur ne nous y enverrait pas

Paul peut parler de son « utilité » (1 Co 14.16) comme de celle des destinataires de ses lettres (Ac 18.27 ; 2 Tm 4.11 ; Phil 11).

Et quand Jésus dit que nous sommes « lumière du monde » et « sel de la terre », il parle bien de notre utilité dans le monde !

Quand Pierre indique : « Vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, un peuple racheté afin de proclamer les louanges » du Christ (1 P 2.9) … quand Jésus nous ordonne : « Allez, faites de toutes les nations des disciples ! » (Mt 28.19), nous charge-t-il, là, d’un service « inutile » ?

Non, votre engagement dans la vie de couple, dans la vie de famille, pour le bien de vos parents et amis, dans la vie de l’Eglise ou d’associations caritatives, dans le monde du travail, bref, votre vie de rachetés et de sanctifiés n’est pas « inutile », mais porte du fruit, car elle a l’approbation de votre Père céleste, et elle est bénie par lui.

Demandons-nous alors en second lieu :

X X X 2 X X X

Sommes-nous

DES SERVITEURS NON INDISPENSABLES ?

Ce n’est pas tout à fait la même chose qu’être inutile. Je prends un exemple qui va bientôt vous concerner.

Je pense, j’espère, je suis même sûr, que mon ministère parmi vous n’est pas « inutile », sinon le Seigneur ne m’aurait pas appelé parmi vous et n’aurait pas lié sa bénédiction à l’annonce de son Evangile et à l’administration des sacrements dont il m’a chargé parmi vous.

Et si je pensais que mon ministère était inutile parmi vous, je désespérerais, je déprimerais, je n’aurais pas la force de poursuivre. Rassurez-vous : c’est loin d’être le cas.

Mais dans quelque temps, dans peu d’années maintenant, mon Maître se passera de moi, il me remplacera par un autre pour exercer le ministère fort utile parmi vous. Je suis utile, mais pas indispensable. Dieu peu utiliser quelqu’un d’autre à ma place.

Et cela est vrai de chacun de nous. Dieu nous a placés là où nous sommes. Il nous a « rachetés, afin que nous lui appartenions et que nous vivions dans son Royaume pour le servir » comme « père, mère ou enfant, maître ou serviteur, »(Luther, Petit Catéchisme), chef de service, manœuvre ou artisan, pasteur, diacre, conseiller presbytéral ou paroissien sans titre particulier.

Partout, Dieu nous a placés pour que nous soyons utiles. Mais restons humbles, ne pensons pas que nous puissions exercer une sorte de chantage sur Dieu – comme les employés le font parfois sur les employeurs (le contraire existe aussi, mais ce n’est pas le sujet). Ne pensons pas que Dieu ne puisse se passer de nous. Personne n’est irremplaçable – Jésus-Christ bien sûr excepté dans l’œuvre de notre rachat.

Soyons reconnaissants à Dieu qu’il n’ait pas voulu se passer de nous, qu’il nous ait rachetés, appelés à son service et qu’il nous emploie dans des services utiles que nous pouvons rendre dans la famille, à l’Eglise, au travail, dans la société.

Soyons-lui reconnaissants : il va jusqu’à trouver notre service « agréables par Jésus-Christ » (1 P 2.5) alors que nous sommes bien peu de choses comparés à lui et qu’il pourrait se passer de nous. Eh bien non ! il ne le fait pas.

Il n’est pas non plus comme le maître de notre texte qui « n’a pas de reconnaissance » pour les services que lui rend l’esclave (v. 9). Au contraire, Dieu est un Maître qui nous complimente et qui, dans sa grande bonté, nous dit par exemple : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle […]. Viens partager la joie de ton maître. » (Mt 25.21-23)

Loué soit-il !

Demeure la dernière question : Si Dieu nous trouve utiles, bien que non indispensables,

X X X 3 X X X

Sommes-nous

« DES SERVITEURS SANS PRÉTENTIONS » ?

Revenons à notre histoire. Jésus prend les comparaisons dans la société de son époque. Il ne donne pas d’avis sur l’esclavage. Il utilise les relations qui existent dans le système social de ses auditeurs pour leur faire comprendre quelque chose.

Aujourd’hui, il prendrait les exemples dans notre société, alors que, dans deux mille ans, on ne comprendra peut-être pas davantage comment il était possible à notre époque que des dirigeants gagnent jusqu’à 400 fois le smic (jusqu’à 4 millions et demi d’Euros). L’écart n’est-il pas encore plus grand qu’entre le maitre de l’époque et son esclave ?

Il est vrai, il existe une différence essentielle entre l’esclave de l’époque et l’employé d’aujourd’hui : l’esclave appartient au maître. Là encore, nous n’allons pas nous lancer dans un débat pour savoir s’il vaut mieux être un smicard qui a du mal à nourrir sa famille, un SDF qui meurt de faim et de froid dans la rue, ou un esclave qui a de quoi se nourrir, se vêtir et vivre avec sa famille.

Le débat peut être intéressant, mais ce n’est pas là le sujet de notre texte.

Le point de comparaison, c’est que le maître a acheté son esclave. Nous, de notre côté, nous confessons : « Je crois que Jésus, […] m’a racheté, moi, perdu et condamné, en me délivrant […] afin que je lui appartienne et que je vive dans son Royaume pour le servir […]. »(Martin Luther, Petit Catéchisme).

Nous ne nous offusquons pas de ce que Jésus nous ai rachetés pour que nous lui appartenions. S’il ne l’avait pas fait, nous serions restés liés à Satan et à la damnation éternelle.

Appartenir à un maître comme lui, qui nous aime plus que sa vie, qui a souffert la damnation à notre place pour que nous n’ayons pas à la connaître, qui a payé pour que Dieu soit réconcilié avec nous et nous accepte dans sa famille éternelle, cela nous gênerait ? Alors nous n’aurions rien compris.

Non, cela nous remplit de gratitude envers lui, cela nous pousse à le servir pour lui montrer notre gratitude. Nous ne le faisons pas pour gagner ou mériter le pardon et le salut ; nous le faisons parce qu’il nous l’a déjà accordé, ce pardon et ce salut.

Nous ne le servons pas pour lui présenter ensuite une facture, pour lui faire connaître nos revendications, pour lui faire comprendre que nous avons des prétentions.

Que pourrions-nous revendiquer de plus que nous n’ayons déjà reçus ? Paul nous dit : « La grâce de Dieu vous a été accordée en Jésus-Christ. En lui vous avez été comblés de toutes les richesses […]. Ainsi, il ne vous manque aucun don. » (1 Co 14-7)

Non, il ne nous viendrait pas à l’idée de vouloir faire valoir des prétentions pour le service que nous avons la grâce et l’honneur de rendre à notre Sauveur bien-aimé.

D’ailleurs, nous ne pouvons même pas prétendre, comme l’esclave de notre texte, que « nous aurions fait ce que nous devions faire » (v. 10). Un employé peut dire à son chef : « J’ai fait ce que tu m’a demandé de faire. »

Sur le plan spirituel, « ce que nous devions faire »  « être parfaits comme notre Père céleste est parfait » (Mt 5.48) – nous ne le faisons qu’imparfaitement. Nous n’avons donc guère de mérites à faire valoir. C’est notre Maître qui a été parfait à notre place.

En ce sens, notre histoire personnelle est tout à fait différente de celle de l’esclave d’un maître de l’époque. Notre Maître se fait serviteur pour réparer notre service imparfait.

Et grâce à son intervention, notre service – utile, certes, mais néanmoins imparfait – est cependant « agréable à Dieu ».

Restons humbles, certes, mais plein de joie, parce que le service que le Seigneur nous demande est utile dans son Royaume et dans le monde !

Qu’il nous y assiste et nous bénisse dans sa grâce !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 8 mai 2011

Dimanche Quasimodo Geniti

Texte : Lc 24.36-49

36 Ils parlaient encore quand Jésus lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit :

 "Que la paix soit avec vous !"

37 Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit.

38 Mais il leur dit :

 "Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi de pareilles pensées surgissent-elles dans vos cœurs ?

39 Regardez mes mains et mes pieds : c'est bien moi. Touchez-moi et regardez : un esprit n'a ni chair ni os, comme, vous le voyez bien, j'en ai."

40 En disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.

41 Cependant, dans leur joie, ils ne croyaient pas encore et ils étaient dans l’étonnement. Alors il leur dit :

 "Avez-vous ici quelque chose à manger ?"

42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé et un rayon de miel.

43 Il en prit et mangea devant eux.

44 Puis il leur dit :

 "C'est ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous : il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes."

45 Alors il leur ouvrit l'intelligence afin qu’ils comprennent les Ecritures

46 et il leur dit :

 "Ainsi il était écrit – et il fallait que cela arrive – que le Christ souffrirait, qu'il ressusciterait le troisième jour,

47 et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêché en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.

48 Vous êtes témoins de ces choses.

49 Et voici que j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; quant à vous, restez dans la ville de Jérusalem, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut." »

Seigneur, ouvre aussi notre intelligence, ouvre aussi notre esprit, pour que nous comprenions ce que tu nous dis dans ta Parole dans notre situation précise. Oui, bénis cette Parole dans nos cœurs ! Amen.

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

« Ce n’est pas vrai ! » – Quel sentiment bouleverse le cœur de quelqu’un qui n’arrive pas à croire ce qu’on lui dit, ou ce qu’il voit ?

« Ce n’est pas vrai ! » – Ce refus d’admettre quelque chose, ou cette impossibilité à saisir pleinement ce qui se passe, peut effectivement être provoqué aussi bien par la peur que par la joie. C’est ce que nous voyons dans l’histoire sainte relatée dans notre texte.

Deux phrases nous y frappent :

« Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. »

« Dans leur joie, ils ne croyaient pas encore. »

C’est que

LA JOIE COMME LA PEUR

PEUVENT

COURT-CIRCUITER LA FOI

X X X 1 X X X

Commençons par parler de LA PEUR, car c’était là, sans conteste, le sentiment premier et prédominant dans les cœurs des disciples à ce moment-là. Luc, qui a écrit notre texte sous l’inspiration du Saint-Esprit, n’était pas présent lors des faits. Jean, lui, était présent, et il confesse ouvertement que « les portes de la maison où les disciples se trouvaient étaient fermées, car ils avaient peur des chefs juifs. » (Jn 20.19)

Ils se terraient, de peur d’être découverts. La peur avait étouffé toute confiance en Dieu. Elle leur avait fait oublier tout ce qui avait été dit et prédit par Dieu dans l’Ancien Testament, aussi tout ce que Jésus leur avait annoncé à maintes reprises. La peur avait entièrement endormi et anesthésié leur foi en Dieu et leur connaissance de sa Parole.

Ils étaient tellement sous l’emprise de la peur qu’ils réagirent même avec terreur là où ils auraient dû sauter de joie : quand le ressuscité leur est apparu.

La peur les a déformés, eux et leur capacité à saisir la réalité, eux et ce qu’ils entendent et voient. Là où leur foi aurait dû revivre, c’est à la superstition qu’ils succombent : « Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. » (v. 37)

La peur leur a coupé l’herbe sous les pieds. Elle les a privés de mémoire, leur a retiré le fondement de leur foi. Ah ! s’ils avaient fait confiance à la parole de l’Ancien Testament, souvent rappelée par Jésus ! Ils n’auraient pas succombé ainsi à la peur. Mais là où l’on perd de vue la Parole et les promesses de Dieu, la foi ne peut que chanceler ; elle ne repose plus alors « sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » (Ep 2.20).

Il est vrai, à l’époque, « le fondement des apôtres » – les écrits des apôtres – n’existait pas encore. Il n’y avait que « le fondement des prophètes ». Ballottés qu’ils étaient par la peur, les apôtres, eux, étaient encore bien incapables de servir de fondement à quoi que ce soit, si ce n’est à la panique. Il faudra attendre l’effusion du Saint-Esprit lors de la première Pentecôte pour qu’ils changent.

Aussi, dans notre histoire, Jésus les ramène-t-il sur ce « fondement des prophètes » qu’est l’Ancien Testament, et leur montre-t-il qu’il n’y a pas de quoi avoir peur : son arrestation et sa mise à mort ne signifiaient pas que Dieu s’était fait évincer ou supplanter par Satan ; non, elles sont l’exact accomplissement du plan de Dieu tel qu’il l’avait prédit dans l’Ancien Testament. « C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous ; il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes. » (v. 44)

« Alors il leur ouvrit l'intelligence afin qu’ils comprennent les Ecritures. » (v. 45)

Chers frères et sœurs du divin Ressuscité, c’est là la seule façon de surmonter vos peurs et vos angoisses, qu’il s’agisse de votre avenir personnel – familial ou professionnel – ou de l’avenir de votre paroisse, voire de l’Eglise tout court dans ce monde sans Dieu. C’est là la seule façon de garder – ou de regagner – confiance : nous plonger dans la Parole de Dieu, y rechercher l’instruction éclairante, le réconfort et l’apaisement dans la certitude que Dieu reste maître de nos vie, maître aussi dans la conduite de nos paroisses, un Maître bienveillant et fidèle si nous vivons dans une « repentance » de tous les jours, si nous vivons dans la foi apaisante et joyeuse dans le divin Ressuscité qui nous apporte « le pardon des péchés » (v. 47) et un Allié indéfectible en Dieu.

Avouons que bien des pensées, paroles et réactions sont sinon entièrement causées, du moins partiellement déformées par nos craintes et nos peurs. Nous oublions alors ce que Jésus nous a dit : « Vous en êtes témoins. » (v. 48 ; NBS) « Vous êtes témoins de ces choses. » (v. 48). En disant cela, il ne nous fait pas seulement comprendre qu’il attend de nous que nous soyons les témoins zélés et courageux de sa mort expiatoire et de sa glorieuse résurrection, il attend aussi que nous lui fassions confiance, à lui et au Saint-Esprit qu’il a promis de faire agir à travers notre témoignage.

« Du reste, » écrit Paul plus tard, « ce qu'on demande d'un intendant, »– ce que Jésus attend de nous, ses témoins – « c'est qu'il soit digne de confiance » (NBS), « qu’il soit fidèle », y compris là où notre fidélité dans le service du témoignage est liée à des sacrifices. Lui ne s’est-il pas sacrifié pour nous ?

Or que faisons-nous souvent ? La peur du qu’en-dira-t-on nous paralyse. La crainte des réactions des autres nous empêche de faire confiance à cette merveilleuse promesses de notre Seigneur : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28.20)

Par peur d’être incompris, nous nous taisons. Par peur de repousser, nous tolérons la compromission, devenons évasifs. Par peur des sacrifices et autres difficultés, nous hésitons ou, même, renonçons.

La peur nous freine si elle ne nous paralyse pas entièrement. Nous manquons de confiance dans les promesses de Dieu de bénir notre témoignage clair et fidèle.

Oui, comme il l’a fait avec les disciples dans notre texte, il est temps que Jésus nous « ouvre aussi l’intelligence pour que nous comprenions l’Ecriture » (v. 45), pour que nous apprenions à ne pas douter de ses promesses, à ne pas craindre les difficultés qui accompagnent une vie de témoignage.

N’oublions jamais : « Dieu est digne de confiance : il ne permettra pas que vous soyez mis à l'épreuve au-delà de vos forces. » (1 Co 10.13 ; NBS) Faisons-lui confiance. N’a-t-il pas « vaincu le monde » ? (Jn 16.33) Ne nous laissons pas paralyser par la peur dans notre vie personnelle ou familiale, pas non plus dans notre vie de paroisse ou d’église.

X X X 2 X X X

Si la peur peut étouffer en nous la foi, une vie confiante en la grâce et la fidélité de Dieu envers nous, curieusement, LA JOIE peut avoir le même effet.

Pour calmer la peur des disciples, « Jésus leur dit : "Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi de pareilles pensées surgissent-elles dans vos cœurs ? Regardez mes mains et mes pieds : c'est bien moi. Touchez-moi et regardez : un esprit n'a ni chair ni os, comme, vous le voyez bien, j'en ai." En disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. » (v. 38-40)

Les disciples sont apaisés, leur peur s’est évanouie. Leur Maître vient de leur dire des choses merveilleuses et leur a fait toucher du doigt son corps de ressuscité avec ses plaies du vendredi saint. « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! » (Lc 24.34)

Cette révélation est si subite pour eux qu’ils en restent cois ! Ce Jésus visible, palpable, au milieu d’eux, c’est incroyable ! Pourtant, s’il est là, c’est qu’il n’est plus mort, qu’il s’en est sorti, qu’il a su se défaire de la mort et la vaincre, qu’il est le plus fort, le Seigneur de la vie et de la mort, preuve que ses promesses se réalisent toujours !

C’est tout le contraire de ce qui les a paralysés de peur et de désespoir. Mais c’est tellement inouï qu’ils n’en reviennent pas. Ne sont-ils pas victime de mirages ? N’est-ce pas trop beau pour être vrai ? « Dans leur joie, ils ne croyaient pas encore » (v. 41)

Aussi le Seigneur leur demande de quoi manger pour qu’ils voient qu’il n’est pas un fantôme, qu’ils ne sont pas victimes d’une hallucination collective. Des fantômes, des esprits, ne mangent pas. « Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé et un rayon de miel. Il en prit et le mangea devant eux. » (v. 42) Puis « il leur ouvrit l’intelligence » (v. 45) en leur expliquant les prophéties à son sujet.

Il est frappant de voir que ce n’est pas son apparition de ressuscité, mais la Parole de Dieu qui a finalement raison de leur incrédulité.

Chers amis, oui, la joie peut être si forte, si massive, si bouleversante, qu’elle peut laisser incrédule. La réaction peut alors être résumée ainsi : « C’est trop beau pour être vrai ! »

Oui, il y a bien des choses qui nous paraissent trop belles pour être vraies… dont nous ne revenons pas. Nous sommes souvent aussi apeurés et déficients que le furent les disciples. Pourtant, le Ressuscité, le Seigneur de l’Eglise – aussi de notre Eglise et de votre Paroisse St-Paul de Prailles-Beaussais ! – a fait de vous ses témoins dans le monde « pour que vous annonciez les hauts faits de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2.9 ; NBS)

Le Seigneur vous a-t-il réellement fait cet honneur ? Eh ! oui. Dans sa Parole, il nous l’assure. Nous témoignons, nous parlons de lui avec nos talents et nos faiblesses. Nous confessons son nom en lui demandant de bénir le témoignage que nous lui rendons. Et là, avouons-le, il lui arrive de nous surprendre, de nous désarçonner par le caractère imprévisible des miracles qu’il opère à travers notre témoignage. Face à un grand pécheur qui se repent, ne sentons-nous pas parfois le vieil homme en nous avancer des doutes sur l’authenticité de cette repentance ?

Et puis, nous n’en revenons pas que l’Eglise parvienne toujours à nouveau à s’en sortir financièrement. Et malgré la joie que cette découverte nous procure, nous n’osons parfois pas croire en la réalité de cette situation financière et nous continuons à vivre dans l’angoisse.

Nous sommes tout heureux de savoir que « l’Evangile est une puissance de Dieu pour le salut » et que « la Parole de Dieu ne retourne pas à lui sans effet » (Rm 1.16 ; Es 55.11), mais nous nous conduisons parfois comme si ça ne servait à rien de nous engager résolument dans l’évangélisation de nos contemporains.

Heureusement que cette promesse faite par Jésus à ses disciples dans notre texte vaut aussi pour nous : « le changement radical », ce changement de cap de l’hostilité envers Dieu à la contrition et à la foi, bref, « la repentance[1] » « pour le pardon des péchés, [est] proclamée en son nom à toutes les nations » (v. 47) !

Notre Dieu voit nos travers, nos faiblesses, nos blocages dans notre vie de témoins, aussi dans le rayonnement missionnaire de notre paroisse. Normalement cela devrait nous accabler, nous amener à nous terrer loin de Dieu – si c’était possible – mais voilà ! qu’entendons-nous d’incroyable ? – « La repentance en vue du pardon des péchés » nous « est annoncée » à nous aussi. Comme nous nous tournons avec repentance et foi vers Jésus, Dieu nous annonce son pardon, car Jésus a déjà payé pour nous.

Ici, Jésus convainc les siens de la réalité de sa résurrection corporelle. Et toute la chrétienté vit dans la joie de sa résurrection. Grâce à elle, à sa victoire sur la mort, nous, les croyants, nous vivons dès maintenant dans son Royaume, et même la mort ne pourra nous en déloger : elle devra nous laisser passer directement au ciel.

Cette nouvelle de Pâques – la mort n’a plus d’emprise sur nous ! – est si étonnante, si époustouflante, que nous en restons parfois incrédules. Serait-ce de nous que Luc parle quand il rapporte : « Dans leur joie, ils ne croyaient pas encore ! » ?

Nous vivons dans la joie de Pâques. La promesse de Jésus de nous associer à sa maîtrise de la vie et à sa victoire sur la mort, nous remplit de joie. Et pourtant, par moments, nous n’osons pas y croire tant cette nouvelle est phénoménale, prodigieuse ? Au point que notre vieil homme essaye parfois de semer le doute dans notre esprit.

Mais notre Seigneur ressuscité nous a donné le moyen de surmonter ces assauts de doute ; il nous a prescrit une cure pour fortifier notre foi en notre résurrection : c’est l’étude et la méditation de sa Parole de vie. Par elle, dit-il, « j'envoie sur vous ce que mon Père a promis : […] la puissance d'en haut » (v. 49), le Saint-Esprit qui agit sur vos cœurs par l’Evangile.

C’est tout bonnement mirobolant, ce qui est arrivé à Jésus – vaincre la mort – mais Dieu l’avait annoncé, et il tient toujours ses promesses. Il tiendra pareillement celles qu’il nous a faites : de participer à la victoire de son Fils, de bénir nos efforts pour faire de la mission.

Laissons-nous guider, réconforter, illuminer, vivifier par l’Esprit Saint, par cette « puissance d’en haut », à travers l’Evangile.

Ainsi, ni la crainte de notre mort – ou la peur devant les difficultés de la mission – ni la joie délirante de l’avoir échappé belle – d’avoir échappé à la mort éternelle – ne pourront suffoquer notre foi en notre Seigneur ressuscité et vivant, présent et agissant à travers notre témoignage et celui de notre paroisse, de notre Eglise.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

Sermon du dimanche 24 avril 2011 - Pâques

PÂQUES Texte : Mt 28.1-10

« Après le sabbat, à l’aube du dimanche, Marie de Magdala et l’autre Marie allèrent voir le tombeau.

Soudain il y eut un grand tremblement de terre, car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre de devant l’ouverture et s’assit dessus.

Il avait l’aspect de l’éclair et son vêtement était blanc comme la neige.

Les gardes tremblèrent de peur et devinrent comme morts,

mais l’ange prit la parole et dit aux femmes : "Quant à vous, n’ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus, celui qui a été crucifié.

Il n’est pas ici ! Il est ressuscité, comme il l’avait dit ! Venez voir l’endroit où le Seigneur était couché

et allez vite dire à ses disciples qu’il est ressuscité. Il vous précède en Galilée. C’est là que vous le verrez. Voilà, je vous l’ai dit."

Elles s’éloignèrent rapidement du tombeau, avec crainte et une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.

Et voici que Jésus vint à leur rencontre et dit : "Je vous salue." Elles s’approchèrent, s’agripèrent à ses pieds et se prosternèrent devant lui.

10 Alors Jésus leur dit : "N’ayez pas peur ! Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront." »

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Pâques ! Quelle histoire merveilleuse : celle de la résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ! C’est une fête exclusivement chrétienne. Les autres religions, imaginées par des hommes, entretiennent les tombes de leurs fondateurs. La tombe de notre Seigneur et Sauveur est vide. Il n’y a rien à entretenir. Pas de pèlerinage à organiser autour des restes d’un mort. « Il n’est pas ici ! Il est ressuscité ! » (v. 6)

Exclusivement chrétienne est aussi notre certitude qui en découle : celui qui croit au divin Ressuscité reçoit en partage ses immenses bénédictions : le pardon des péchés de la part de Dieu ; la communion avec Dieu dès cette vie, même au-delà de la mort, pour l’éternité !

Voilà la signification profonde de la réalité phénoménale de Pâques. Une signification qui nous soulève de joie, qui devrait réjouir le monde entier :

JESUS VIT ! REJOUISSEZ-VOUS !

C’est là le message

1 que l’ange a proclamé,

2 que les femmes ont transmis, et

3 qui nous remplit de foi et de joie !

X X X 1 X X X

JÉSUS VIT ! RÉJOUISSEZ-VOUS !

C’est là

LE MESSAGE QUE L’ANGE A PROCLAME

à l’entrée de la tombe vide.

Une fois de plus, Dieu envoie en mission un de ses envoyés spéciaux, un de ses messagers spéciaux. Le mot « ange » (v. 2) signifie « messager ». Ce messager céleste doit, comme souvent, une fois de plus intervenir pour expliquer ce qui se passe avec Jésus.

Si le mot « ange »« messager », a quelque part un sens, c’est bien là où Dieu les envoie délivrer un message expliquant le surnaturel de ce qui se passe.

C’est un ange – Gabriel – qui a annoncé à Marie qu’elle sera celle qui avait été annoncée par le prophète Esaïe et qui devait donner naissance au Sauveur.

Ce sont des anges qui ont annoncé la naissance de Jésus dans la nuit de Bethléhem.

Des anges sont venus soutenir Jésus après la terrible tentation par Satan dans le désert, aussi dans sa lutte bien plus terrible encore dans le Jardin de Gethsémané, juste avant d’être arrêté.

Plus tard, ils apparaîtront aux disciples lors de l’ascension de Jésus. Et nous savons qu’ils entoureront notre Seigneur à son retour pour la fin du monde.

Eh bien, ils sont présents aussi à sa résurrection.

Le premier rôle que cet « ange » joue en ce matin de Pâques, c’est de« rouler la pierre de devant l’ouverture » (v. 2). Ce n’est pas Jésus qui avait besoin de ce service. Jésus n’y était plus, dans la tombe, à ce moment-là. Au courant de cette même journée, le Ressuscité apparaîtra et disparaîtra dans des lieux clos, montrant ainsi que des portes closes ou une pierre ne peuvent l’empêcher de se déplacer.

Si la tombe était restée fermée, les gardes ne se seraient pas rendu compte qu’elle était vide. « Rouler la pierre de devant l’ouverture »était une façon visible et sans paroles d’annoncer que « Jésus, celui qui a été crucifié, il n’est pas ici ! Il est ressuscité ! » (v. 5-6)

Mais « l’ange » avait encore une autre mission. Une chose inouïe, extraordinaire venait de se passer : un mort était « ressuscité » ! un mortel avait maté la mort ! Il fallait « un messager » extraordinaire, « un messager » divin, pour annoncer ce qui s’est vraiment passé.

Il est vrai, l’intervention de l’ange fut accompagnée par « un grand tremblement de terre » (v. 2) pour souligner le caractère extraordinaire de l’événement. Mais un tremblement de terre a rarement, à lui seul, fait songer à une intervention de Dieu. Ou les médias en auraient-ils parlé, mais que ça m’aurait échappé, à l’occasion du terrible cataclysme au Japon ?

Non, « l’ange » doit lever tout doute : « Jésus, celui qui a été crucifié, il n’est pas ici ! Il est ressuscité ! ».

Et à qui l’annonce-t-il ? Pas aux soldats incroyants, pas aux gens importants – le sanhédrin et le gouverneur romain –, non, « aux femmes » (v. 5), à ces fidèles et courageuses disciples du Christ. Elles avaient déjà osé être présentes à Golgotha, contrairement aux futurs apôtres qui avaient fui (à l’exception de Jean). Elles avaient été présentes à sa mise au tombeau. Elles savaient donc exactement où se trouvait la sépulture de Jésus.

Le message de Pâques s’adresse aux croyants. C’est à eux seuls qu’il apporte quelque chose. Ceux qui nient la résurrection de Jésus n’en retirent aucun réconfort, ils n’en partagent pas les bienfaits. Aussi l’Eglise, la communion des croyants, s’efforce-t-elle de répandre la nouvelle de Pâques « dans le monde entier », comme notre Seigneur nous en a chargés (Mc 16.15). « Le monde entier » devrait pouvoir se réjouir de la résurrection de son Sauveur !

« L’ange » document sa nouvelle. D’abord, il montre le tombeau vide :« Venez voir l’endroit où le Seigneur était couché ! » (v. 6) Il rappelle ensuite aux femmes la promesse que Jésus avait faite de ressusciter :« Il est ressuscité, comme il l’avait dit ! » (v. 6) Et il promet qu’ils rencontreront Jésus en Galilée : « Il vous précède en Galilée. C’est là que vous le verrez. » (v.7).

« L’ange » annonce la résurrection de Jésus avant que celui-ci n’apparaisse à qui que ce soit. Notre foi doit se fonder sur la Parole de Dieu, pas sur des visions. Croyons à cette parole de l’ange, reprise par les apôtres dans leur prédication ultérieure :

La résurrection de Jésus est la garantie absolue que Dieu accepte le rachat de l’humanité par son Fils. En ressuscitant, Jésus a démontré qu’il a accompli sa mission à la satisfaction du Père : notre péché est expié, Satan est vaincu, la mort ne peut plous nous nuire !

Aussi, réjouissons-nous de la nouvelle de « l’ange » « Christ est ressuscité ! »

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JÉSUS VIT ! RÉJOUISSEZ-VOUS !

C’est là

LE MESSAGE

QUE LES FEMMES ONT TRANSMIS

En effet, « Jésus vint à [la] rencontre [des femmes] et dit : "Je vous salue." »

« Elles s’approchèrent, s’agripèrent à ses pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : "N’ayez pas peur ! Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront." »

Jésus charge les femmes d’annoncer sa résurrection aux disciples. Eux aussi devaient croire qu’il était ressuscité avant de le voir. A eux aussi s’appliquait cette vérité formulée ainsi, plus tard, par l’apôtre Paul : « Nous marchons par la foi et non par la vue » (2 Co 5.7).

Les disciples avaient bigrement besoin d’apprendre que Jésus était « ressuscité ». Ils l’avaient abandonné. Ils avaient été déçus, affolés même par ce qui lui était arrivé. Leurs sentiments n’étaient pas en phase avec la lumineuse réalité de Pâques. Aucune trace de joie.

Ils avaient oublié de lui faire confiance lorsqu’il leur avait promis de ressusciter le troisième jour. Quand on manque de foi en Jésus, on ne peut pas connaître la joie de la résurrection.

Oui, ils avaient grand besoin d’entendre que Jésus était ressuscité et que, malgré leur conduite, il ne les avait pas rejetés, qu’il leur avait pardonné, qu’il les aimait toujours.

Jésus savait qu’il fallait qu’ils entendent cela, qu’il les assure de tout cela, pour que la mauvaise conscience ne les écrase pas, pour qu’ils puissent de nouveau se réjouir.

Ils avaient si souvent entendu Jésus parler de l’histoire du péché et de la grâce. Nous d’ailleurs aussi. Et il nous arrive, comme aux disciples, que ce message rebondisse sur nous sans nous toucher, sans nous illuminer.

Ils avaient besoin d’être affermis dans leur foi en Jésus.

Remarquons que la mission dont Jésus charge ces femmes n’était pas de porter la nouvelle de la résurrection de Jésus aux chefs juifs. Ceux-ci avaient, d’ailleurs, déjà été mis au courant par les soldats hébétés, mais s’étaient fermés à cette nouvelle.

Non, Jésus pense d’abord aux siens. Avant de les envoyer annoncer au« monde entier » sa mort et sa résurrection, ils doivent être affermis dans leur foi, consolés dans leurs déroutes, armés pour affronter la vie et, un jour, la mort.

Ce rôle, Jésus envoie « les femmes » le remplir auprès de ses disciples. Elles devaient leur apporter la joie de la résurrection.

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JÉSUS VIT ! RÉJOUISSEZ-VOUS !

C’est là

LE MESSAGE

QUI NOUS REMPLIT DE FOI ET DE JOIE !

Ce message est sûr. Je vous invite d’ailleurs à lire la brochure de « L’Heure Luthérienne » « Faire confiance à Jésus qui a triomphé de la mort ». On y réfute les différentes théories qui essayent de mettre en doute la résurrection de Jésus.

Oui, la résurrection de notre Sauveur est sûre. L’ange l’a proclamé. La tombe vide derrière la pierre déplacée le prouve. Le tremblement de terre en souligne le caractère extraordinaire. L’apparition du Ressuscité aux femmes est là pour enlever tout doute.

Il y aura d’ailleurs toute une série de confirmations de ce message de l’ange, avec les apparitions de Jésus durant 40 jours à des centaines de personnes, ce qui enlève tout doute sur sa résurrection.

Et depuis, le Saint-Esprit nous le confirme chaque jour dans sa Parole et ses sacrements.

C’est qu’il veut que nous soyons certains de la résurrection du Christ. Car beaucoup de choses en dépendent. Tout d’abord, le pardon et la paix avec Dieu. Cela, « l’ange » le fait déjà comprendre avec les mots avec lesquels il salue les femmes : « N’ayez pas peur ! » (v. 5)

La « peur » est un mal sournois qui rôde dans le monde et essaye de nous mettre le grappin dessus : la peur du chômage, la peur de catastrophes naturelles ou industrielles, la peur du terrorisme, la peur pour nos enfants, la peur de la maladie, la peur pour l’Eglise, la peur de notre avenir, la peur de la mort.

Quand nous oublions d’intégrer le Ressuscité dans nos réflexions, oui, alors il y a parfois de quoi avoir peur. Quand nous oublions ses paroles du matin de Pâques – « N’ayez pas peur ! » – nous avons du mal à empêcher la peur de nous envahir.

Mais « il est ressuscité » ! L’apôtre Jean demande : « Qui est victorieux du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? »(1 Jn 5.5) Pourquoi ? Et là c’est Paul qui nous le dit : « Vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance du Dieu qui l’a ressuscité. » (Col 2.12)

Comment cela ne devrait-il pas nous armer pour la vie que de savoir que le divin Ressuscité nous a liés à lui et à sa victoire ? Sans doute connaissons-nous encore des défis à relever, des problèmes à résoudre, des épreuves à traverser, des souffrances à supporter, mais« Jésus, celui qui a été crucifié » pour nous défaire du poids de nos péchés, « il est ressuscité » pour que « tout » pour que « coopère à notre bien » ! (Rm 8.28)

Et la chose merveilleuse, c’est qu’unis à lui par la foi, même la mort n’a plus d’emprise sur nous : elle ne peut nous séparer de Dieu. A notre mort, notre âme passe directement « avec Jésus dans le paradis » (Lc 23.43), et notre corps la rejoindra lors de la résurrection au dernier jour !

X X X 4 X X X

JÉSUS VIT ! RÉJOUISSEZ-VOUS !

Voilà le message pascal que notre Sauveur nous fait porter aujourd’hui.

Plaçons fermement notre foi en sa résurrection triomphale, triomphe auquel il nous associe pour que nous soyons toujours avec lui, avec la joie de Pâques dans nos cœurs !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig



Chants proposés :

Entonnons en ce jour un cantique nouveau LlS 103:1-3

 (après AT) LlS 103:4

 (après Ep.) LlS 103:5

 (après Ev.) LlS 103:6

L’heureuse paix dont, en mourant, LlS 108:1-3

Jésus triomphe de la mort LlS 107: 1-3

Christ est ressuscité ! c’est le cri de victoire LlS 102:1-5

Ou :

Le Sauv

eur est ressuscité, Alléluia, Alléluia ! AeC 480:1-11

Christ est ressuscité, De la mort a triomphé AeC 477

A toi la gloire, Ô Ressuscité !, AeC 471:1-3

Le Sauveur est ressuscité AeC 473: 1-4

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586:1-5

Sermon du vendredi saint 22 avril 2011

Vendredi Saint Texte: Lc 23.39-46

Chants proposés :

Ouverture :

Ô monde, viens, contemple LlS 91 : 1-7

après l’A.T. :

Prosterné, je te révère, Sauveur LlS 81 : 1

après l’Epître :

Sauveur qui perdis la vie LlS 81 : 2

après l’Evangile :

Du haut de ce bois infâme LlS 81 : 3

après le Credo :

Chef couvert de blessures LlS 88 : 1-5

après la prédication :

Ô Christ, j’ai vu ton agonie, LlS 89 : 1-4

39 « L’un des malfaiteurs crucifiés avec Jésus l’insultait en disant : "Si tu es le Messie, sauve-toi toi-même, et nous avec toi !"

40 Mais l’autre le reprenait et disait : "N’as-tu aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même condamnation ?

41 Pour nous, ce n’est que justice, puisque nous recevons ce qu’ont mérité nos actes, mais celui-ci n’a rien fait de mal."

42 Et il dit à Jésus : "Seigneur, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume."

43 Jésus lui répondit : "Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis."

44 C’était déjà presque midi, et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures de l’après-midi.

45 Le soleil s’obscurcit et le voile du Temple se déchira par le milieu.

46 Jésus s’écria d’une voix forte : "Père, je remets mon esprit entre tes mains." Après avoir dit ces paroles, il expira. »

 

Chers rescapés, grâce au sacrifice de Jésus en croix !

Je me rappelle, dans mon enfance, quand quelqu’un mourait, cela se passait à la maison. Le mourant était couché dans le lit de l’alcôve contigu à la grande pièce de la ferme, la parenté et les amis les plus proches étaient assis en demi-cercle dans la pièce et assistaient le partant avec, de temps en temps, des promesses de l’Evangile et des prières. Bref, on ne laissait pas mourir quelqu’un dans la solitude et l’abandon.

On ne peut pas dire que notre Seigneur a eu cette chance. Oh ! du monde, il y en avait autour de sa croix ! Mais ces gens n’étaient pas là pour l’assister dans son agonie, tout au contraire : ils se moquaient de lui, ils lui faisaient sentir leur mépris, ils étaient tout contents d’avoir eu sa peau – du moins croyaient-ils l’avoir eue.

Où étaient ses proches ? Ils avaient fui. Ils avaient peur. Ils se planquaient (Jn 20.19). Il est vrai : pas tous. Le quatrième Evangile nous apprend : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala, » ainsi que Jean, « le disciple qu’il aimait »particulièrement (Jn 19.25-26).

Nous nous sommes réunis ce soir autour de sa croix, parce qu’il est inimaginable que, sans empêchement majeur, nous ne cherchions pas à être avec notre Seigneur bien-aimé en ce Vendredi Saint. Non, en ce jour, nous ne voulons pas nous tenir à l’écart de sa croix, mais prendre position à ses pieds. Nous voulons être

AUPRES DE JESUS, NOTRE SEIGNEUR,

A GOLGOTHA.

Et là, nous découvrons

1 la terrible puissance du péché,

mais, heureusement, plus encore

2 la puissance infiniment supérieure de notre Sauveur.



Auprès de Jésus, notre Seigneur,

à Golgotha

nous découvrons

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LA TERRIBLE PUISSANCE DU PECHE

C’est vraiment là, au pied de sa croix, en voyant le Seigneur de l’univers se laisser crucifier comme le pire des criminels, que nous nous rendons compte qu’à Golgotha quelque chose d’énorme s’est joué, quelque chose de démesuré, de colossal, d’immense, quelque chose qui nous dépasse, tout en nous concernant directement.

Car c’est notre péché qui a provoqué cette tragédie démesurée, ce cataclysme divin. Quand on est tenté de minimiser le caractère terrible de son péché, il suffit de considérer le Maître de l’univers agoniser en croix. Si le péché était une bagatelle, le Fils de Dieu n’aurait pas eu à se sacrifier lui-même pour l’expier.

Minimiser son péché, ou en rejeter la faute sur un autre, en vouloir au monde entier pour ce qui m’arrive, c’est dans nos gênes, c’est inné, c’est une réaction naturelle de notre vieil homme. Cela m’évite de m’examiner moi-même, de faire mon examen de conscience.

Voyez « l’un des deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus » ! Il lui lança : «Si tu es le Messie, sauve-toi toi-même, et nous avec toi ! » (v. 39)

Notre nature, si nous n’y faisons attention, essaie de nous monter contre Dieu, de nous opposer à lui, de lui faire des reproches, de l’accuser pour ce qui nous arrive.

Grâce à Dieu, éclairés et guidés par le Saint-Esprit, nous savons écarter ce genre de réactions viscérales. Ce n’est pas toujours facile, surtout si nous avons l’impression que Dieu pourrait – ou aurait pu – changer le cours des choses.

Tenez : prenez le deuxième malfaiteur ! Il a été touché par la grâce. Ce que Jésus lui a donné de voir et d’entendre l’a convaincu qu’il était le Fils de Dieu, donc qu’il pourrait intervenir en leur faveur s’il le voulait. D’ailleurs, Jésus n’avait-il pas même ressuscité des morts ?

Ce malfaiteur a été touché par la grâce. Il a été éclairé par l’Esprit Saint. Il a été conduit à la repentance et à la foi en Jésus-Christ.

Et cela commence par une confession sincère qu’il adresse à son collègue criminel : « N’as-tu aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même condamnation ? Pour nous, ce n’est que justice, puisque nous recevons ce qu’ont mérité nos actes, mais celui-ci n’a rien fait de mal. »(v. 40-41)

Il reconnaît que, contrairement à Jésus, eux ont « mérité » le châtiment infligé par la justice civile. Et il se sait aussi coupable devant Dieu. Il sait que le péché rend coupable devant Dieu. Sans exactement utiliser ces mots qu’écrira Paul plus tard, le malfaiteur repentant fait comprendre à l’autre que « le salaire du péché, c’est la mort. » (Rm 6.23), qu’il n’y a pas de quoi parader devant Dieu, qu’il vaudrait mieux le « craindre ».

Le malfaiteur révolté ferait mieux de reconnaître que le péché place la personne dans une situation désespérée, tellement désespérée que Dieu n’a pas eu d’autre solution que d’envoyer son propre Fils, que de jeter dans la balance la vie de son Fils bien-aimé. C’était le seul moyen de donner à notre fatale situation une issue libératrice, de transformer notre désespoir en espoir.

« C’était déjà presque midi, et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures de l’après-midi. Le soleil s’obscurcit et le voile du Temple se déchira par le milieu. » (v. 44-45)

Ce qui se passait avec Jésus, le Fils de Dieu, était un événement d’une telle violence que son astre le plus lumineux pour nous, les humains, « s’obscurcit ». Le verbe grec utilisé montre bien que le soleil n’a pas été caché, qu’il ne s’est pas agi d’une éclipse, mais que le soleil lui-même s’est « affaibli », a « abandonné », a « cessé » de jouer son rôle. Aujourd’hui nous dirions : « a eu une chute de tension », « une baisse de régime ».

C’est comme si ce que vivait le Créateur de l’univers avait choqué et bloqué sa création, tant l’événement était violent.

De quoi s’agissait-il ? Dieu le Père a rejeté Dieu le Fils, parce que ce dernier avait pris les péchés du monde entier sur lui, parce qu’il s’était présenté comme le coupable de toutes nos transgressions de la Loi de Dieu. D’où ce cri du Christ en croix : « "Eli, Eli, lama sabachthani !" c’est-à-dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" »(Mt 27.46)

Cette déchirure entre le Père et le Fils, ce rejet dans les souffrances de l’enfer, c’était là quelque chose de tellement horrible que le soleil s’est voilé la face. C’était là un spectacle que les humains n’auraient pu soutenir, tant les souffrances de l’enfer méritées par nos péchés sont inhumaines.

En venant méditer aujourd’hui près de la croix de Jésus à Golgotha, nous sommes effarés par la terrible puissance du péché, une puissance de mort, mais …

Avec Jésus, notre Seigneur, à Golgotha

nous découvrons surtout

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LA PUISSANCE INFINIMENT SUPERIEURE

DE NOTRE SAUVEUR

Du fond de l’abîme dans lequel notre Seigneur se tord et agonise monte cependant une lumière et une chaleur sans pareilles : celles de son amour sauveur, de son pardon et de son salut.

Ecoutez le dialogue aussi bref que réconfortant entre les deux crucifiés que sont le malfaiteur repentant et Jésus !

« Il dit à Jésus : "Seigneur, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume." Jésus lui répondit : "Je te le dis en vérité : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis." » (v. 42-43)

Peut-être que ce malfaiteur avait été élevé dans la foi de l’Ancien Testament, qu’il connaissait les prophéties messianiques, ces annonces de la venue du Sauveur des pécheurs, et qu’il a ensuite tourné le dos à Dieu.

Sans doute avait-il même entendu parler de Jésus – peut-être lui était-il même arrivé de le croiser – au cours des trois années où Jésus a sillonné la Palestine en drainant des foules derrière lui et en accomplissant des miracles.

La Palestine n’est finalement pas si grande que ça. On en a vite fait le tour : à peu près la surface de la Région Ile-de-France, mais en plus étiré, et bien moins que l’Ile-de-France, si on en ôte l’enclave de la Samarie où Jésus n’a fait que passer rapidement.

Peut-être que la prédication de Jésus remplissait ce malfaiteur de remords depuis un certain temps, mais n’avait pas suffit à le détourner d’une vie de délits.

Quoi qu’il en soit, là, ce qu’il voit et entend de Jésus le convertit totalement. Il voit en lui son « Seigneur », et un « Seigneur » capable de le faire entrer, par-delà la mort, dans « son Royaume », dans « le paradis » !

En d’autres mots, Dieu a fait la grâce à ce malfaiteur de voir subitement plus clair que les disciples déçus qui, eux, se sont enfuis et qui ne comprenaient toujours rien à ce qui se passait.

Ce malfaiteur a compris que, là, à côté de lui, Jésus de Nazareth est en train d’expier ses crimes à lui, tous ses péchés.

Ce malfaiteur comprend que le crucifié du milieu ne mérite pas les sarcasmes des badauds et du malfaiteur impénitent, et encore moins sa mise à mort. Ce malfaiteur a compris que Jésus ne mérite que du respect, même l’adoration. Il a compris : Jésus est là pour le sauver de la damnation éternelle, du rejet par Dieu, en se faisant damner et rejeter à sa place.

Quel réconfort au milieu de sa terrible agonie cela a dû être pour lui que de s’entendre promettre par Jésus : « Je te le dis en vérité : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ! »

Et cette promesse, Jésus la fera à chacun de nous face à notre mort. Celle-ci ne pourra pas nous séparer de Dieu, car Jésus s’est laissé rejeter et « abandonner » à notre place. Celui qui croit que Jésus a expié ses péchés, celui-là verra son âme passer directement au « paradis » auprès de Jésus. Et le corps suivra après la résurrection.

Nous pouvons nous consoler avec cette certitude. Nous pouvons nous préparer à notre mort avec la certitude que notre péché ne nous sépare plus de Dieu. Jésus l’a expié.

Rappelons-nous : il n’y a pas eu que le miracle du soleil qui a perdu son éclat pendant trois heures ; il y a aussi eu le miracle de la déchirure du voile du Temple. « Le voile du Temple se déchira par le milieu. » (v. 45)

Ce « voile » séparait le premier des deux halls du Temple – « le saint » ou « Sacré » – du dernier hall – « le saint des saints » ou « Très-Sacré » (Ex 26).

Dans la première salle (« le Sacré »), les prêtres officiaient chaque jour. Mais ils n’avaient pas le droit de regarder dans la dernière salle (« le Très-Sacré »). Ceci était réservé au souverain sacrificateur ou grand-prêtre, et même là qu’une seule fois dans l’année, le grand jour des expiations.

En déchirant ce voile-écran au moment de la mort de Jésus, et en livrant aux yeux des prêtres le spectacle du lieu « Très-Sacré », Dieu a fait savoir qu’en expiant nos péchés Jésus nous a frayé le chemin vers le cœur du Père, vers son cœur et dans son « Royaume ».

Cela signifiait aussi que le rôle du souverain sacrificateur n’avait plus sa raison d’être. Que ce qu’il représentait, ce qu’il annonçait était arrivé : la venue du Grand-Prêtre Jésus-Christ et de son « expiation pour nos péchés et pour ceux du monde entier » (1 Jn 2.2). Le sacrifice de Jésus rendait maintenant inutile la mise en scène prophétique du culte de l’Ancien Testament.

Un dernier mot à propos de la mort de Jésus. C’est d’ailleurs à Jésus que nous le laissons. Lorsqu’il sut que son œuvre était achevée, « Jésus s’écria d’une voix forte : "Père, je remets mon esprit entre tes mains." Après avoir dit ces paroles, il expira. » (v. 46)

Là encore, il demeure Maître de sa destinée. Il ne se laisse pas prendre la vie. Il ne meurt pas parce qu’il ne domine plus rien : sa « voix » est toujours « forte ». Il ne meurt pas non plus parce qu’il ne pourrait s’opposer à ses assassins ; non, comme il l’avait annoncé, il la « donne de lui-même » (Jn 10.18), c’est volontairement qu’il « remet son esprit entre les mains » de son Père

Il dépose sa vie dans la balance de la justice divine pour qu’elle soit portée à notre crédit, nous réconcilie avec Dieu, nous soustraie à la damnation et à la mort éternelle et nous procure la vie et le salut.

Ce pouvoir, le pouvoir de nous décrocher tout cela, seul Jésus l’avait.

Humilions-nous devant sa face, car ce sont nos péchés qu’il a ainsi expiés dans les souffrances de l’enfer.

Mais réjouissons-nous aussi de ce qu’il y soit allé volontairement, poussé par son amour pour nous ! Réjouissons-nous et soyons soulagés : il a tenu bon jusqu’au bout pour nous frayer le chemin vers son « Royaume » et son « paradis » !

Et comme nous avons recherché sa proximité auprès de sa croix en ce Vendredi-Saint, gardons l’habitude de rechercher sa proximité dans sa Parole et ses sacrements.

Et n’oublions pas : il n’avait pas seulement annoncé : « Je donne ma vie » ; il avait dit : « Je donne ma vie pour la reprendre ensuite ! » (Jn 10.17)

Cela, nous le célébrerons dans deux jours.

Vendredi-Saint sera alors couronné par Pâques !

Le Seigneur en soit loué !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

sermon du dimanche 3 avril 2011

Dimanche Judica

Texte : Gn 22.1-14

Chants proposés :

Ô Jésus, ta croix domine LlS 90 : 1-6

Pour quel péché, Jésus, LlS 80 : 1-5

De quoi t’alarmes-tu, mon cœur ? LlS 231 : 1-5

Ô Seigneur Jésus, mon Sauveur, LlS 167 : 1-10

« Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : "Abraham !" Celui-ci répondit : "Me voici !"

Dieu dit : "Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t-en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai."

Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour aller à l’endroit que Dieu lui avait indiqué.

Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l’endroit de loin.

Il dit à ses serviteurs : "Restez ici avec l’âne. Le jeune homme et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous."

Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et porta lui-même le feu et le couteau. Ils marchèrent tous les deux ensemble.

Alors Isaac s’adressa à son père Abraham en disant : "Mon père !" Il répondit : "Me voici, mon fils !" Isaac reprit : "Voici le feu et le bois, mais où se trouve l’agneau pour l’holocauste ?"

Abraham répondit : "Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste." Et ils continuèrent à marcher tous les deux ensemble.

Lorsqu’ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit un autel et rangea le bois. Il attacha son fils Isaac et le mit sur l’autel par-dessus le bois.

10 Puis Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils.

11 Alors l’Ange de l’Eternel l’appela depuis le ciel et dit : "Abraham ! Abraham !" Il répondit : "Me voici !"

12 L’ange dit : "Ne porte pas la main sur l’enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique."

13 Abraham leva les yeux et vit derrière lui un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

14 Abraham donna à cet endroit le nom de Yahvé-Jiré. C’est pourquoi on dit aujourd’hui : "A la montagne de l’Eternel il sera pourvu." »

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Si vous êtes ici aujourd’hui, si vous avez suivi l’invitation de Dieu, si vous êtes venus vous laisser encourager par lui, c’est que vous lui faites confiance.

Pourtant, quand une terrible tragédie s’abat sur nous – tragédie que Dieu a permise – ne sommes-nous pas parfois tentés de l’expulser de notre vie ?

Reconnaître que Dieu est omniscient (qu’il sait tout), tout-puissant (il peut tout), omniprésent (il est partout présent à la fois), et être ensuite victime d’un drame que nous pensons que Dieu aurait pu empêcher, cela en amène certains à perdre leur foi en Dieu, à ne plus rien vouloir savoir de lui.

Chacun de nous a connu, connaît ou connaîtra des périodes ou des moments où nous ne sommes que déception, bouleversement et stupéfaction, tant sa façon de nous conduire nous déboulonne.

Si vous vivez dans une communion étroite avec Dieu, vous connaîtrez inévitablement des moments qui mettent l’ardeur de votre foi en Dieu à l’épreuve.

Comment peut-on se sentir à l’aise lorsqu’on a l’impression que Dieu se contredit ?

Nous voulons profiter de ce Temps de la Passion du Christ pour nous rapprocher davantage encore de notre Sauveur.

Alors, ayons le courage de poser clairement la question :

DIEU SE CONTREDIT-IL ?

Cela semble être le cas

dans son comportement

1 avec Abraham,

2 avec Jésus,

3 avec nous.

X X X 1 X X X

DIEU SE CONTREDIT-IL AVEC ABRAHAM ?

« Dieu dit : "Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac […] et là offre-le en holocauste !" » (v. 2) En d’autres mots : « Tue-le, brûle-le entièrement ! »

Quel coup pour ce pauvre Abraham ! Perdre « son fils, son unique, celui qu’il aime » ! (v. 2 ; NBS) Devoir même le tuer de sa propre main !

« Mais Dieu a-t-il perdu la tête ? » aurions-nous pensé à la place d’Abraham. « Sait-il encore ce qu’il veut ? D’abord il m’appelle d’entre les païens pour être l’ancêtre du peuple élu, me laisse attendre jusqu’à l’âge de 100 ans pour enfin me donner ce fils tant attendu, Isaac, ce fils par lequel je dois avoir une nombreuse descendance … et voilà que je dois le tuer, "mon fils unique, celui que j’aime" ! »

Tout ce pourquoi Abraham a vécu et travaillé, attendu et espéré, semblait devoir se terminer dans l’horreur, s’effondrer, parce que Dieu semblait avoir perdu la tête.

L’expérience que fait Abraham semble douloureusement indiquer que Dieu se contredit, qu’on ne peut pas se fier à sa Parole !

Rappelez-vous, Dieu avait fait à Abraham une triple promesse :

D’abord, qu’il devait avoir un fils, malgré l’âge avancé de sa femme, stérile jusque-là. Malgré le caractère incroyable de cette promesse, Sara met Isaac au monde, alors qu’elle a 90 ans ! Un vrai miracle ! Devait-il se terminer dans l’horreur ?

Voici la seconde promesse faite par Dieu à Abraham : « C’est à ta descendance que je donnerai ce pays », le pays de Canaan (Gn 12.7). Comment cela pouvait-il se réaliser si « son fils unique » devait mourir sans descendants ?

Enfin, la troisième promesse de Dieu à Abraham : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi ! » (Gn 12.3) « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance ! » (Gn 22.18)

L’apôtre Paul montre, dans son « Epître aux Galates », que les croyants de l’Ancien Testament avaient raison de reconnaître en cette « descendance » d’Abraham le Messie, le « Christ » (Ga 3.16).

Le Messie-Sauveur devait être issu de la descendance d’Isaac et devenir une bénédiction pour « toutes les nations de la terre ».

Et maintenant Dieu demandait la mort d’Isaac avant qu’il n’ait de descendants ? N’était-ce pas contraire à sa promesse, contraire à tout ce qu’Abraham croyait de Dieu ?

Contraire à la « loi » morale que Dieu a « écrite dans les cœurs » de tous les hommes ? (Rm 2.15) Dieu n’a-t-il pas fait en sorte que tout le monde puisse savoir qu’il ne faut pas tuer ?

Et voilà qu’il demande tout le contraire ! Il demande de tuer la vie qu’il a créée ! Ne demande-t-il pas exactement le contraire de ce qu’il inscrira lui-même, plus tard, sur le Mont Sinaï, sur les Tables de la Loi :« Tu ne commettras pas de meurtre ! » (Ex 20.13) ?

Et puis, cela ne renversait-il pas toutes les promesses faites à Abraham, cela ne trahissait-il pas la confiance qu’Abraham avait placée en Dieu ? Dieu ne se contredisait-il pas sur toute la ligne ?

En fait – et cela il ne faut pas le perdre de vue – au début de notre histoire il est dit : « Dieu mit Abraham à l’épreuve. » (v. 1)

Dieu voulait resserrer les liens entre Abraham et lui, il voulait approfondir la communion entre eux. Abraham devait apprendre qu’on pouvait faire confiance à Dieu et à sa Parole dans les épreuves les plus terribles.

Et la foi d’Abraham en son Dieu ne flancha pas. Nous lisons dans « l’Epître aux Hébreux » : « C’est par la foi qu’Abraham a offert Isaac lorsqu’il a été mis à l’épreuve. Oui, il a offert son fils unique en sacrifice, bien qu’il ait reçu les promesses et que Dieu lui ait dit : "C’est par Isaac qu’une descendance te sera assurée." » (Hé 11.17-18)

Abraham gardait confiance en Dieu. Il ne savait pas comment Dieu allait mettre fin à ce cauchemar, mais il gardait confiance.

Bien entendu, Dieu n’avait pas l’intention de rompre ses promesses ; il ne voulait pas le sacrifice d’Isaac – qui n’aurait servi à rien - ; il intervint à temps pour éviter au père et au fils l’épreuve ultime.

A la fin, Dieu explique à Abraham le pourquoi de cette mise à l’épreuve : « Je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique. » (v. 12)

Dieu avait semblé se contredire et entraîner la famille d’Abraham dans une terrible tourmente, mais Dieu ne se contredit jamais.

Une autre occasion où Dieu semble s’être tragiquement contredit, c’est avec Jésus.

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DIEU SE CONTREDIT-IL AVEC JESUS ?

Voyez comment les Juifs furent déçus par toute l’attitude de Jésus ! Dans les prophéties, Dieu avait paré le Messie de gloire divine et indiqué que son Royaume allait s’étendre jusqu’aux extrémités de la terre. « Il dominera d’une mer à l’autre, et de l’Euphrate jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ps 72.8)

Mais Jésus de Nazareth refusait même leur offre d’être roi rien qu’en Israël ! Ne s’est-il pas enfui après la multiplication des pains lorsque la foule a voulu le proclamer roi ? (Jn 6.15)

Il était annoncé comme « merveilleux Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Es 9.5), mais Jésus est né au milieu des animaux et a été exécuté avec des criminels ! Au lieu d’être le chef des Juifs, il a dû fuir leur haine et a été finalement mis à mort par eux.

Ne lançons pas trop vite la pierre aux Juifs de l’époque ! Ils étaient vraiment déboussolés par ce Jésus de Nazareth. Leur foi aussi a été mise à l’épreuve comme celle d’Abraham. L’ennui, c’est qu’ils ne se souvenaient pas des nombreuses prophéties des souffrances et de la mort expiatoire du Messie.

Leur malheur, c’est qu’ils ne retenaient des prophéties messianiques que ce qui leur plaisait et les arrangeait – et encore en avaient-ils mal compris le sens.

Voilà pourquoi ils ont trébuché sur leur Sauveur ; voilà pourquoi leur foi a fait faillite dans une situation qui n’était contradictoire qu’en apparence. D’ailleurs, le matin de Pâques balaya toutes ces apparentes contradictions.

Certes, Jésus est mort comme un criminel, mais seulement parce qu’il a voulu être puni pour nos crimes à nous, pour nos péchés.

Certes, Jésus avait une apparence insignifiante, et parfois pitoyable – par exemple sous les coups de fouet ou sur la croix – mais c’est qu’il a caché sa gloire divine et n’a pas fait usage de ses pouvoirs divins ! Il devait, en effet, effectuer notre rachat dans les mêmes conditions de vie que les nôtres, tout en demeurant innocent et saint.

D’ailleurs, malgré cette apparente faiblesse il a remporté la victoire la plus éclatante et la plus extraordinaire qui ait jamais été remportée sur terre :

Il a vaincu Satan : celui-ci ne peut plus revendiquer notre châtiment éternel auprès de lui en enfer.

Il a vaincu la mort en la transformant, pour les croyants, en porte d’entrée immédiate, instantanée, dans le paradis céleste.

Et il a vaincu les terribles effets du péché : la colère de Dieu qu’il a apaisée par son expiation et sa vie exemplaire.

Quelle victoire éclatante, scellée par sa glorieuse résurrection !

Qui a dit que Dieu se contredisait en permettant à Jésus de s’enfoncer ainsi dans la tragédie ? – Uniquement ceux qui ne voient pas que l’abaissement du Christ était la seule tactique, la seule stratégie capable de vaincre et de nous faire participer à sa victoire et à son règne !

Ce qui s’est passé avec Abraham et, plus tard, avec Jésus, nous devons nous le rappeler quand, à notre tour, nous avons l’impression que Dieu se contredit dans nos propres vies.

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DIEU SE CONTREDIT-IL AVEC NOUS ?

Parfois nous avons du mal à accorder ce qui nous arrive avec ce que Dieu promet. Nous avons du mal à faire coïncider les deux.

Combien de fois Dieu ne nous a-t-il pas promis dans sa Parole qu’il veut nous aider et nous assister, nous bénir et nous faire réussir si nous nous tournons vers lui dans la repentance et avec foi !

Ne va-t-il pas jusqu’à promettre au croyant que « tout ce qu’il fait lui réussit »(Ps 1.3) ? Ne promet-il pas : « Fais appel à moi quand tu es dans la détresse : je te délivrerai, et tu m’honoreras » (Ps 51.15) ? « Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas. » (Hé 13.5) ? « Moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28.20) ?

Et puis tout dérape quand même : les espoirs placés dans un proche – époux ou enfant, par ex. – ne se réalisent pas, pour des raisons très diverses : manque d’égards, paresse, maladie, décès.

Nous avons du mal, parfois, à mettre en accord d’une part l’exigence d’amour du prochain, d’autre part des exigences de fidélité et de rejet de l’erreur.

Et puis, comment voir dans la maladie et la mort l’accomplissement des promesses de fidélité, d’assistance et de délivrance de Dieu ?

Chers amis, bien des choses qui paraissent être des contradictions de la part de Dieu se résolvent dès cette vie. Il suffit d’« étudier » davantage « les Ecritures » (Jn 5.39), de ne pas nous laisser aveugler par nos peurs et nos attentes démesurées, et de comprendre correctement ce que Dieu nous dit dans sa Parole.

Dieu nous apprend ainsi que c’est par amour qu’il nous met parfois à l’épreuve, comme il l’a fait avec Abraham et Isaac. Il nous apprend alors aussi qu’il « est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter ». (1 Co 10.13)

Il nous promet aussi « que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu » et« que [rien] ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, notre Seigneur » (Rm 8.28+39).

Voyez-vous, bien des contradictions apparentes se résolvent quand nous étudions la Bible seul et en paroisse. Puissions-nous saisir les occasions qui s’offrent ainsi à nous pour grandir dans la foi et la confiance que nous portons à notre Dieu bien-aimé !

D’autres incohérences apparentes trouveront leur solution dans l’éternité. Lorsque nous nous retrouverons autour du trône de l’Agneau (Ap 5), nous comprendrons qu’en « l’Agneau » immolé mais finalement vainqueur toutes les paroles et tous les actes de Dieu avaient leur logique et leur cohérence.

Cette saison de la Passion du Christ nous rappelle qu’il n’y a aucune raison d’être révolté contre Dieu : les souffrances et la mort de son Fils nous sont la garantie que Dieu « nous accordera aussi comme une grâce tout avec lui, » Jésus(Rm 8.32).

Dieu agit avec nous à son rythme et à sa manière. « "Vos pensées ne sont pas mes pensées et vos voies ne sont pas mes voies," déclare l’Eternel. "Le ciel est bien plus haut que la terre. De même mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées." » (Es 55.8-9)

Heureusement que nous savons que, grâce à Jésus, ce sont des pensées et des voies de bonté et de miséricorde !

Qu’il soit loué pour son merveilleux plan de salut !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 27 mars 2011

Dimanche Oculi

Texte : Mc 12.41-44

Chants proposés :

Bénis l’Eternel, ô mon âme, LlS 20 : 1-4

Je t’aime, je t’adore, en toi j’ai confiance LlS 262 : 1-5

Je suivrai Jésus-Christ LlS 277 : 1-5

Rendons, du fond de notre cœur, LlS 169 : 1-3

41 « Jésus était assis vis-à-vis du tronc et regardait comment la foule y mettait de l’argent. De nombreux riches mettaient beaucoup.

42 Une pauvre veuve vint aussi ; elle y mit deux petites pièces, une toute petite somme.

43 Alors Jésus appela ses disciples et leur dit : "Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus que tous ceux qui ont mis dans le tronc,

44 car tous ont pris de leur superflu pour mettre dans le tronc, tandis qu’elle, elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre." »

Chers frères et sœurs qui participez à

l’édification du Royaume de Dieu sur terre !

De quoi Jésus ne se préoccupe-t-il pas ici ! N’avait-il rien de plus important à faire ? N’était-il pas venu sur terre, vivre parmi nous, dans les mêmes conditions que nous, pour des motifs infiniment plus importants ? Et le voilà assis en face d’un tronc en train de compter les sous, et même les moindres petits sous : même « deux petites pièces, une toute petite somme, »n’échappent pas à son attention ! (v. 42)

N’était-il pas venu se charger de nos péchés, endosser notre culpabilité et payer pour nous, pour le monde entier, devant la Cour des Comptes divine ? Et le voilà en train de se préoccuper de comptes de paroisse !

Il a vraiment le chic de nous prendre au dépourvu. S’il peut nous surprendre par des miracles époustouflants, il peut aussi nous étonner en se montrant préoccupé d’aspects de la vie qui paraissent, du moins au premier abord, bien banals.

Ou bien sa mission principale, ultra importante de responsabilité et de conséquences, lui pesait au point qu’il devait, parfois s’en extraire et reprendre le souffle en s’adonnant à des banalités, ou bien ce qui nous paraît banal a plus d’importance que nous le pensons parfois.

Connaissant notre Seigneur et Maître, vous n’hésiterez certainement pas à opter pour cette deuxième solution : l’engagement participatif dans le travail de l’Eglise a une grande importance dans le projet de Dieu pour sauver l’humanité.

Avec notre histoire, cette brève histoire – 4 petits versets ! – une histoire tellement facile à retenir, même par les enfants, Jésus nous délivre un cours magistral que nous pourrions intituler :

NOS OFFRANDES :

UN ACTE DE FOI, PAS UN ACTE DE LOI.

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NOS OFFRANDES : PAS UN ACTE DE LOI.

Samedi il y a huit, lors de l’échange qui a suivi les exposés de la journée missionnaire, la question a été posée par quelqu’un – qui saura se reconnaître ! – : « Faut-il donner la dîme ? Que faut-il penser de la dîme ? » Autrement dit, faut-il – comme c’était le cas dans l’Ancien Testament et comme le maintiennent certaines dénominations aujourd’hui encore – faut-il donner un dixième de ses revenus à l’Eglise ?

Remarquons déjà que ce qu’on appelle généralement la dîme dans l’Ancien Testament, la dîme première, ne concernait que les produits du sol. Si les pharisiens donnaient « la dîme de tous leurs revenus » (Lc 18.12), ce n’est pas qu’ils y étaient obligés, mais parce que leur orgueil les poussait à vouloir être reconnus comme étant meilleurs que les autres.

Si notre paroisse de la banlieue parisienne devait vivre du dixième du produit de vos récoltes, du dixième de vos patates, radis et autres salades, nous pourrions baisser le rideau, car de champs et de jardins potagers nous n’en avons guère. Déjà, de ce point de vue, l’histoire de la dîme ne nous concerne guère.

Posons-nous ensuite la question : « De quelle dîme parlons-nous ? » Car les Juifs payaient trois dîmes différentes : la première concernait un dixième des produits de la terre ; la seconde consistait, en plus, à dépenser un autre dixième des récoltes lors du pèlerinage annuel à Jérusalem. A cela s’ajoutait une troisième dîme tous les trois ans.

Si nous voulons appliquer les lois du monde agraire de l’Ancien Testament, nous n’avons pas fini de nous arracher les cheveux en banlieue parisienne.

Mais les lois du culte de l’Ancien Testament étaient « des ombres des choses à venir », elles préparaient et annonçaient la venue du Messie ; sa venue y mettait un terme. C’est ce que dit aussi bien l’apôtre Paul (Col 2.17) que l’auteur de l’Epître aux Hébreux (Hé 10.1). Maintenant que notre glorieux Sauveur est venu, nous n’avons plus besoin de régulations minutieuses pour préparer son accueil.

Mais revenons à la question posée lors du goûter missionnaire : « Faut-il donner la dîme ? Que faut-il penser de la dîme ? » – Si on parle de taux ou de pourcentage : Pourquoi que la dîme ? Pourquoi pas plus que la dîme ? En fait, là nous sommes en train de nous perdre dans des comptes d’apothicaire.

Le taux est quelque chose de très flou, et, appliqué de façon mathématique, de très injuste et de dénué d’âme et de spiritualité. Quelqu’un qui gagne 10 000 Euros par mois et qui en donne 1 000, en aura toujours 9 000 à sa disposition, du moins avant impôts. Celui qui n’a que 1 000 Euros par mois, s’il en donne 100, n’en aura plus que 900. Même s’il n’a pas d’impôt sur le revenu à payer, il sera quand même infiniment plus mal loti que celui qui a la chance de pouvoir payer des impôts.

D’ailleurs, Jésus ne s’y trompe pas. Notre récit reconnaît aux « riches »qu’ils « donnaient beaucoup », infiniment plus que « la pauvre veuve ». C’est normal. Le contraire serait scandaleux.

Du point de vue quantitatif, du point de vue de la comptabilité de notre trésorerie paroissiale, bien entendu que, mathématiquement parlant, elle compte plus sur ce que peuvent donner les hauts revenus que sur ce que peuvent donner les bas revenus. Et Jésus trouve cela normal.

Mais notre histoire ne parle pas des besoins de la trésorerie du Temple – qui étaient énormes à cause des innombrables mendiants qui comptaient sur sa caisse des pauvres – non, elle traite de l’état du cœur de celui qui donne, abstraction faite du montant brut. Notre histoire ne traite pas de comptabilité paroissiale, elle parle de la foi de chacun de nous.

Remarquez aussi que Jésus ne dit pas ce qu’il faut faire. Il constate. Il reconnaît que « de nombreux riches mettaient beaucoup » dans le tronc (v.41). Il ne dit pas que ce que « les riches » donnent est mauvais et que tout le monde doit faire comme « la pauvre veuve ». Il constate une différence d’attitude, une différence de relation avec Dieu et son Eglise, une différence de niveau d’engagement.

Et au niveau de l’engagement, le « beaucoup » des uns peut se révéler être infiniment moins que le « peu » des autres, et « la toute petite somme » (v. 42) des moins aisés être davantage saluée par Jésus que certaines offrandes élevées. Tout est une question de rapport. Paul dira : de « moyens » (1 Co 16.2).

Ce que Jésus dit de « la pauvre veuve » a le même sens que ce qu’il a dit à la femme syro-phénicienne : « Femme, ta foi est grande ! » (Mt 15.28)

En effet, et ce sera là le second point,

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NOS OFFRANDES sont UN ACTE DE FOI !

Fallait-il que « la pauvre veuve » ait confiance en Dieu pour faire ce qu’elle a fait ! Fallait-il qu’elle soit illuminée par la reconnaissance et l’amour pour les bienfaits inestimables de Dieu pour qu’elle se sente poussée à s’engager ainsi dans le soutien à l’Eglise !

J’allais dire : Quand on croit on ne calcule pas. Je ne vais pas le dire, car ce n’est pas vrai : nous avons encore d’autres responsabilités dans la vie, et Dieu veut que nous ne les désertions pas non plus.

D’ailleurs, Jésus ne décrit pas la situation familiale de cette veuve : Avait-elle des enfants ou non ? Des petits enfants dont elle avait encore la charge, ou des grands enfants qui prenaient soin d’elle ? Venait-elle de la campagne (avec champs et jardins) ou habitait-elle en ville ?

Selon le cas, sa situation est plus ou moins supportable, plus ou moins dramatique.

Il ne s’agit donc pas de dire – et Jésus ne le dit d’ailleurs pas – qu’il faut faire comme elle. Il constate que c’est une femme de grande foi et d’un amour infini pour Dieu. Car une chose est claire : il est dit qu’elle est « pauvre ». D’ailleurs, toute sa fortune se réduit à « deux petites pièces, une toute petite somme », littéralement : « deux leptes, valant un quadrant » (v. 42).

« Les leptes » étaient les plus petites pièces, en bronze, alors en circulation. Tout l’argent qu’elle possédait ne suffisait même pas à sa subsistance d’un jour. Et pourtant, dans sa grande foi en Dieu, elle le lui donne ! Elle est la digne descendante de son ancêtre Abraham, « le père des croyants » (Rm 4). Celui-ci n’a pas seulement dit : « Dieu pourvoira » (Gn 22.8), alors qu’il ne voyait pas comment, il a aussi agi en faisant aveuglément confiance à Dieu.

« La pauvre veuve » fait de même : elle s’engage dans le travail de la vigne du Seigneur dans la certitude que Dieu veillera sur elle.

Le commentaire de Jésus revient à dire de « la pauvre veuve » : « Femme, ta foi est grande ! » (Mt 15.28)

Face à cette « pauvre veuve », face à ce monument de la foi en Dieu, nous nous sentons sans doute tous bien petits.

Quand Jésus nous voit verser notre offrande, ne l’entendons-nous pas plutôt nous dire : « Gens de peu de foi … » (Mt 6.30) ? Gens de peu de confiance en ma fidélité et en ma sollicitude ? Gens qui pensez que vous devez arranger votre vie matérielle sans pouvoir compter sur mon apport dans vos vies ?

De plus, de savoir que ce « Jésus » qui « regardait comment la foule y mettait de l’argent » voit aussi ce que chacun de nous donne, cela ne devrait-il pas nous mettre mal à l’aise ? … – Eh bien non ! – … Cela vous étonne ? Réfléchissez :

J’ai déjà dit que, dans notre histoire, il ne dit pas ce qui est bien ou mal, il constate une différence de niveau d’engagement.

« La pauvre veuve a donné tout ce qu’elle avait pour vivre » ? (v. 44) – Jésus ne nous révèle pas cela pour que tout le monde fasse pareil. Lui et les douze n’ont pas non plus tout donné. Ils avaient une caisse commune que Judas gérait. Et il y avait assez d’argent dans cette caisse pour que Judas puisse en détourner un partie sans que les autres disciples ne s’en aperçoivent. (Jn 12.6) Jamais Jésus n’a exigé qu’on donne tout à son Eglise, comme « la pauvre veuve » l’a fait. Il ne nous a pas davantage imposé un taux quelconque de nos revenus.

Il veut simplement nous sensibiliser à ce qu’est notre engagement pour la cause de l’Evangile. Il veut nous amener à réfléchir : Notre engagement financier dans l’Eglise reflète-t-il notre foi, notre confiance en lui … ou non ?

Et puis aussi : Notre engagement financier pour la cause de l’Evangile, reflète-t-il notre gratitude et notre amour pour lui, car

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NOS OFFRANDES sont aussi

UN ACTE D’AMOUR !

Comme déjà dit : Jésus ne nous impose rien ; il veut nous faire réfléchir.

Il y a, en théorie, deux extrêmes entre lesquels nous nous plaçons : à un bout cette « pauvre veuve » qui, dans un acte de foi héroïque, « a donné tout ce qu’elle avait pour vivre » ; à l’autre bout, ceux qui ne peuvent rien donner.

Nous ne sommes pas à un bout, avec ceux qui donnent tout ; nous ne sommes pas non plus à l’autre bout, avec ceux qui ne donnent rien. Mais nous tous, comme la veuve, avons été richement comblés par Jésus-Christ, mis en sécurité dans son Royaume où nous pouvons compter sur son pardon, son amour, sa fidélité et sa bénédiction. A chacun de voir comment il veut lui témoigner sa gratitude et son amour.

« Offre en sacrifice à Dieu ta reconnaissance, » te dit Asaph, le psalmiste. « Celui qui offre en sacrifice sa reconnaissance, m’honore », dit Dieu (Ps 50.14+23). Ton engagement financier dans l’Eglise, est-ce un « sacrifice » avec lequel tu veux « honorer » ton Dieu Sauveur, un « sacrifice », donc quelque chose que tu lui sacrifies de ton bien, ou simplement une aumône, parce que tu peux difficilement ne rien donner du tout ?

A chacun de voir si ce qui tient à cœur au Chef de l’Eglise, Jésus-Christ – les activités et l’expansion de son Eglise – lui tient aussi à cœur, et comment il va le montrer au Seigneur !

A chacun de voir si, pour lui, Jésus-Christ et son projet pour l’Eglise font partie du « nécessaire » ou du « superflu » !

L’Eglise de Jésus-Christ fait-elle partie de ton « superflu » ou de ton « nécessaire » ?

Trouvons-nous l’administration des sacrements dans notre paroisse « nécessaire » ou « superflue » ?

Trouvons-nous « nécessaire » ou « superflu » l’effort missionnaire pour annoncer leur Sauveur à ceux qui sont encore perdus autour de nous ?

Le soutien à l’œuvre du Saint-Esprit à travers l’Evangile, cela fait-il partie de tes priorités ou est-ce quelque chose de très marginal dans ton existence ?

A chacun de voir s’il est engagé dans le soutien de l’Eglise en prenant au sérieux la confession : « Je crois que Jésus-Christ est mon Seigneur », … ou s’il arrange financièrement son existence en étant son propre seigneur ?

Les questions que Jésus pose à chacun de nous avec cette histoire pourraient être résumées ainsi :

Que révèle ton offrande à propos de ta relation à Christ ?

L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « Celui qui sème peu moissonnera peu et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. » Comme ici c’est la foi qui sème, la foi s’en trouvera bénie d’autant.

Et Paul de continuer : « Que chacun donne comme il l’a décidé dans son cœur, sans regret ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie. » (2 Co 9.6-7) Un cadeau, on ne le donne pas en faisant grise mine. Dieu ne veut pas d’offrandes faites par contrainte et à contrecœur ; il veut que tout se fasse dans la joie de la foi et du salut.

Certes, il y a une part en nous – le vieil homme, nos tendances innées hostiles à Dieu – qui regrette chaque centime donné à Dieu. Tout le monde sent ce vieil homme en lui. Judas Iscariot s’est laissé entraîner par lui et regrettait chaque piécette qui ne grossissait pas sa bourse (Jn 12.1-6) ; « la pauvre veuve », elle, a fait taire le vieil homme avec son avarice.

Donnons donc avec foi et joie ; ainsi nous remporterons chaque fois une réjouissante victoire sur notre vieil homme.

Un autre conseil de l’apôtre Paul : La part destinée au travail de l’Eglise, il est bon de la mettre de côté dès le début du mois – Paul, dans un monde où la mensualisation n’existait pas, dit : « le premier jour de la semaine » (1 Co 16.2). Il ne faudrait pas que notre offrande fasse comprendre à Dieu qu’il peut être content s’il reste encore un petit quelque chose pour lui en fin de mois …

Que le Saint-Esprit nous remplisse de foi, de gratitude, d’amour et de joie pour ce que le Seigneur a fait de nous et pour nous. Ainsi nous placerons notre vie à sa suite, derrière lui, dans un engagement épanouissant et exaltant dans son Royaume !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Prières d’offrandes :

Loué sois-tu, Seigneur notre Dieu, Auteur de toutes choses ! Dans ta bonté tu nous as richement bénis. Reçois mes offrandes comme un don de moi-même à ton service. Avec eux je me consacre au soin et au rachat de tous ceux que tu as créés, au nom de Celui qui s’est donné lui-même pour nous, Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

Sermon du dimanche 20 mars 2011

Dimanche Reminiscere

Texte : Mt 12.38-42

Chants proposés :

Nous te célébrons, Dieu de vérité, AeC 252 : 1-3

Tu es là au cœur de nos vies AeC614 : 1-3

Mon Rédempteur est vivant AeC 475 : 1-3

38 « Alors quelques-uns des spécialistes de la loi et des pharisiens prirent la parole et dirent : "Maître, nous voudrions voir un signe miraculeux de ta part !"

39 Il leur répondit : "Une génération mauvaise et adultère réclame un signe miraculeux. Il ne lui sera pas donné d’autre signe que celui du prophète Jonas.

40 En effet, de même que „Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson“ [Jon 2.1], de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans la terre.

41 Lors du jugement, les habitants de Ninive se lèveront avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils ont changé d’attitude [« parce qu’ils se sont repentis »] à la prédication de Jonas. Or, il y a ici plus que Jonas.

42 Lors du jugement, la reine du Midi se lèvera avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon. Or, il y a ici plus que Salomon." »

Chers frères et sœurs environnés par les « signes » donnés par notre Seigneur !

Incroyables, ces « spécialistes de la loi et ces pharisiens » ! Ils ont le nez sur des « signes », … et en demandent. Il y a vraiment des gens qui regardent sans voir et qui entendent sans enregistrer !

Notre texte commence par « alors » : « Alors quelques-uns des spécialistes de la loi et des pharisiens prirent la parole et dirent :"Maître, nous voudrions voir un signe miraculeux de ta part !" » (v. 38)

« Alors » : cela signifie que cela fait suite à un événement qui vient d’avoir lieu. Il s’agit même de deux événements. Et quels événements ! Jésus vient de guérir « un homme qui avait la main paralysée » (Mt 12.9-13) et « un démoniaque aveugle et muet » (Mt 12.22). Et les pharisiens demandent un signe ! C’est à n’y rien comprendre.

Quand quelqu’un se bute au point de refuser de voir ce qu’il voit, il n’y a pas grand-chose à faire. « Toute la foule, étonnée, » avait reconnu en Jésus « le Fils de David », le Messie annoncé par les prophètes (Mt 12.23). Et ceux qui connaissaient le mieux ces prophéties, « les spécialistes de la loi », « les spécialistes » de l’Ancien Testament, eux, se sont bouché les yeux et les oreilles, ont nié l’évidence !

Et nous, savons-nous reconnaître les « signes » que Jésus nous donne ? Savons-nous être ouverts pour les admirer en adoration ? Savons-nous nous en contenter ? Savons-nous en profiter et en tirer les leçons ? Ou en demandons-nous aussi toujours d’autres ?

C’EST QUE JESUS NOUS DONNE DES SIGNES !

1 Certains ne sont pas toujours évidents à reconnaître.

2 D’autres sont flagrants :

a. sa « prédication »,

b. sa « sagesse »,

c. sa résurrection.

3 N’attendons pas « le Jugement » dernier pour nous convaincre, car alors ce sera trop tard.

X X X 1 X X X

Certains des « signes »

que Jésus nous donne

ne sont pas toujours évidents à reconnaître

Vous savez, il y a signes et signes. Et tous ne sont pas des délivrances comme les guérisons opérées par Jésus. Certains signes sont tout le contraire : traumatisants.

Nous préférons tous, bien entendu, assister à d’heureux dénouements, à une guérison, à une embauche, à une augmentation de salaire, à une réussite aux examens, au « oui » de l’âme sœur, à l’acceptation de l’appel par un nouveau pasteur.

Y voyons-nous alors des signes, des interventions de la bonne et miséricordieuse volonté de Dieu ? Ou, comme « quelques-uns des spécialistes de la loi et des pharisiens » de notre texte, refusons-nous d’y voir l’intervention et la bénédiction de Dieu ?

Parfois les signes sont difficiles à interpréter. On a du mal à discerner la bonté prévenante de Dieu quand nous tombons malades, perdons un emploi, quand nous sommes vraiment à l’étroit financièrement, quand la vie ne prend pas la tournure que nous avions espérée, voire programmée, quand de gros problèmes relationnels avec quelqu’un nous pourrissent la vie, quand des guerres ethniques ou civiles déciment un peuple (comme en ce moment en Côte d’Ivoire ou en Libye), ou quand une catastrophe naturelle s’abat sur un pays comme à Haïti l’an passé ou au Japon en ce moment.

Comment interpréter ces signes ? L’incroyant ne voit, ici, que les fruits du hasard dans la nature, là, que les conséquences de la bêtise, de l’égoïsme matérialiste ou de la méchanceté humaine.

Pour sûr, la nature, marquée du caractère éphémère et chaotique du péché, connaît des soubresauts dangereux, et l’homme est responsable et coupable dans les dysfonctionnements et les crimes qui sévissent sur terre. Mais tout cela fait aussi partie de ce que Jésus appelle « les signes des temps » qu’il s’agit de bien « discerner » (Mt 16.3).

Que faisons-nous face à ces signes, les réjouissants comme les attristants ? Ne nous engageons-nous que dans des discussions portant sur la nature, l’écologie, la psychologie, l’économie et la politique, ou nous plaçons-nous devant la face de Dieu, ici pour lui rendre grâces pour un « signe » exaltant, là pour nous humilier devant sa face quand il parle à notre conscience par un événement angoissant ?

Dans les deux cas il recherche notre bonheur. Les deux sortes de « signes », il les utilise « pour notre bien » (Rm 8.28), pour nous faire progresser dans une vie de repentance et de foi de tous les jours.

X X X 2/a X X X

D’autres « signes » que Jésus nous donne

sont flagrants,

par exemple, sa « prédication ».

La Parole de Dieu est prêchée dans le monde, mais superbement ignorée par beaucoup. Comme du temps de Jésus.

Jésus dit à ses opposants : « Lors du jugement, les habitants de Ninive se lèveront avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils ont changé d’attitude [« parce qu’ils se sont repentis »] à la prédication de Jonas. Or, il y a ici plus que Jonas. » (v. 41)

« La méchanceté » des « habitants de Ninive » était criante (Jon 1.1). Dans sa grande bonté, Dieu leur a cependant donné un « signe » pour qu’ils se repentent, « reviennent de leur mauvaise conduite » et échappent à sa colère (Jon 3.8-9).

Quel « signe » ? Des phénomènes impressionnants dans le ciel ? Non, sa « prédication » par ce petit bonhomme de Jonas. « Pour un "signe", c’en était un ! » diront certains. Eh oui ! c’était un « signe » puissant, le seul qui pouvait les émouvoir et les pousser à la repentance : c’était « la prédication » de « la Parole vivante et permanente de Dieu » (1 P 1.23), « la prédication » de « l’Evangile, puissance de salut pour quiconque croit » (Rm 1.16).

Une « puissance » qu’on peut, cependant écarter d’un revers de la main, si l’on veut. C’est ce que beaucoup de contemporains de Jésus ont fait. Pourtant, « il y avait plus que Jonas » face à eux : celui qui leur parlait était le Sauveur de l’humanité en personne !

Et c’est, pour leur grand malheur, ce que beaucoup de nos contemporains font toujours. Pourtant, là aussi, aujourd’hui, depuis la venue du Christ, « il y a plus que Jonas », il y a le Nouveau Testament en plus de l’Ancien.

Ce « signe » du miraculeux accomplissement des prophéties messianiques, ce « signe » éclatant de l’amour de Dieu qui nous éclaire depuis la croix de Golgotha et du tombeau vide de Pâques, ce « signe » de la prédication de Jésus-Christ, voilà ce que Jésus nous a donné pour notre bonheur et notre épanouissement.

Cela devient d’autant plus flagrant quand nous nous penchons sur « la sagesse » que notre Seigneur déploie dans cette « prédication » car

X X X 2/b X X X

Parmi les « signes » flagrants

que Jésus nous donne

il y a ensuite sa « sagesse ».

Jésus continue : « Lors du jugement, la reine du Midi se lèvera avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon. Or, il y a ici plus que Salomon. » (v. 42)

« La sagesse de Salomon » est devenue proverbiale. Elle l’était déjà de son vivant, et cela était même connu au niveau international. Au point que la reine de Saba est venue chercher conseil auprès de lui.

Le roi Salomon déploie sa sagesse entre autre dans le livre des Proverbes. Et là, au chapitre 8, il met en scène la Sagesse personnifiée, le Fils de Dieu, un peu comme il apparaît au début de l’Evangile de Jean.

C’est la foi dans le Dieu sauveur, dans le Messie promis, qui a donné son rayonnement à « la sagesse de Salomon ». C’est de la source de sa foi qu’elle coulait et parvenait à impressionner.

« Or il y a ici plus que Salomon », dit Jésus à ses interlocuteurs. Oui, ils ont le Fils de Dieu en personne devant eux, et lui, comme l’écrit Paul, il est « la sagesse de Dieu » elle-même ! (1 Co 1.24)

C’est là un « signe » fort. Il vous est sans doute déjà arrivé, à vous aussi, de devoir affermir quelqu’un dans la foi, quelqu’un qui n’était plus si sûr dans sa foi.

Ne vous perdez pas alors dans des démonstrations compliquées. Rendez attentif à « la sagesse de Dieu ». Montrez qu’elle n’existe nulle part ailleurs. Toutes les religions inventées par la réflexion des hommes sont des religions où l’individu doit se hisser vers Dieu par des œuvres méritoires ou des actes pour expier ses fautes. Ce sont des religions de la Loi.

A personne l’idée n’est venue que Dieu pourrait s’abaisser et se mettre à notre niveau pour nous élever vers lui « par pure grâce » (Ep 2.7-8). Cette idée est étrangère à l’homme. Ce n’est « pas une sagesse de ce temps », de ce monde. Cela n’est jamais « monté au cœur de l’homme ». Il a fallu que « Dieu le révèle par son Esprit » (1 Co 2.8-10).

La particularité de cette « sagesse mystérieuse et cachée » (1 Co 2.7) révélée par Dieu dans l’Evangile de Jésus-Christ, voilà un « signe » puissant qui devrait amener les gens à réfléchir à la singularité de la foi chrétienne, à son origine divine.

Mais

X X X 2/c X X X

Le « signe » par excellence

que Jésus nous donne

c’est finalement sa résurrection.

A ceux qui lui demandaient « un signe miraculeux », Jésus répondit : « Une génération mauvaise et adultère réclame un signe miraculeux. Il ne lui sera pas donné d’autre signe que celui du prophète Jonas.

En effet, de même que „Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson“ [Jon 2.1], de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans la terre. » (v. 39-40)

L’histoire de Jésus ne se termine pas dans sa tombe. Vous pouvez aller sur la tombe qui renferme les restes de Mahomet ou de Bouddha ou d’innombrables autres fondateurs de religion, mais la tombe de Jésus est vide. La mort n’a su le retenir.

Depuis 2000 ans, des théories ont été avancées pour réfuter la résurrection de Jésus.

La théorie de l’erreur quant à la tombe. – On oublie que Jésus a été enterré dans un jardin privé. Les femmes, puis les disciples, n’ont pas pu se tromper de tombe. Les autorités juives et Joseph d’Arimathée, propriétaire de la tombe, étaient bien placés pour le savoir. Les rumeurs de la résurrection de Jésus auraient été immédiatement éteintes si les femmes s’étaient trompées de tombe.

La théorie du déplacement du corps dans une autre tombe. – Si quelqu’un l’avait fait, il ne se serait pas privé de le dire par après pour réfuter les rumeurs de résurrection. Il aurait été grassement payé par les autorités juives.

La théorie de l’hallucination. – Cela ne tient pas, car, pendant 40 jours, Jésus est apparu à des personnes différentes à différents endroits, parfois pour des rencontres prolongées avec entretien. D’ailleurs, si les apparitions de Jésus avaient été dues à des hallucinations, la tombe vide était bien réelle, elle.

La théorie du coma. – Jésus ne serait que tombé dans un coma en croix. Mais les soldats romains ont constaté sa mort. C’était des bourreaux professionnels qui ne se laissaient pas berner. D’ailleurs,

  • Comment ce grand blessé aurait-il pu survivre 36 heures durant dans une tombe froide, sans eau ni nourriture ni autres soins ?
  • Comment cet homme affaibli à l’extrême aurait-il pu rouler la pierre qui bloquait l’ouverture du tombeau ?
  • Comment Jésus aurait-il pu se faufiler hors de la tombe sans être vu des gardiens ?
  • Comment, dans son piteux état, aurait-il pu convaincre ses disciples qu’il venait de remporter une victoire sur la mort ?
  • Comment aurait-il pu trouver la force de faire, ce même jour, la douzaine de kilomètres pour se rendre à Emmaüs puis de revenir à Jérusalem, toujours ce même jour ?

La théorie du vol du corps. – La déconfiture et la panique des disciples plaident déjà contre cette théorie. Et comment auraient-ils pu avoir raison de gardes bien entraînés ? Même si les soldats s’étaient endormis (ce qui est bien peu probable), ils se seraient réveillés en entendant la grosse pierre être roulée de devant l’entrée de la tombe.

Ce qui plaide le plus contre cette théorie, c’est le changement produit par la résurrection de Jésus dans les disciples : ils sont morts en martyrs. On ne meurt pas pour quelque chose qu’on sait ne pas être vrai.

Dans notre histoire, Jésus a annoncé sa résurrection le troisième jour : « De même que „Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson“ [Jon 2.1], de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans la terre. »

C’est là le « signe » que Jésus a donné à ses contemporains. C’est là le miracle qui est encore aujourd’hui au centre de notre foi en lui.

X X X 3 X X X

N’attendons pas « le Jugement » dernier

pour nous convaincre,

car alors ce sera trop tard.

« Lors du jugement, les habitants de Ninive se lèveront avec cette génération et la condamneront []. Lors du jugement, la reine du Midi se lèvera avec cette génération et la condamnera []." »

« Lors du jugement » dernier, il n’y aura plus possibilité de se repentir, de reconnaître ses erreurs, ses péchés, et de se tourner vers Jésus pour obtenir le pardon. « Lors du jugement » dernier, « le Fils de l’homme […] séparera »immédiatement « les uns des autres » (Mt 25.31-32).

A ceux – et seulement à ceux – qui se seront « repenti » de leur vivant, comme « les habitants de Ninive », à ceux qui, comme « la reine de Saba » (1 R 10) auront cru de leur vivant en « la sagesse » divine manifestée en Jésus-Christ, à ceux-là il dira : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé ! » (Mt 25.34)

Seigneur, n’arrête pas de nous donner les « signes » de ta gloire et de notre salut ! A l’aide de tes « signes » autour de nous, dans ta prédication, avec ta sagesse qui sauve, maintiens-nous sur le chemin de la repentance et de la foi et dirige-nous inlassablement vers l’entrée dans le Royaume des cieux !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 13 mars 2011 - Invocavit

Dimanche Invocavit 

Texte : Gn 3.1-24

« Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que l’Eternel Dieu avait fait. Il dit à la femme : "Dieu a-t-il vraiment dit : ‘Vous ne mangerez aucun des fruits des arbres du jardin ?’"

La femme répondit au serpent : "Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.

Cependant, en ce qui concerne le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ‘Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’"

Le serpent dit alors à la femme : "Vous ne mourrez absolument pas,

mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu : vous connaîtrez le bien et le mal."

La femme vit que l’arbre était porteur de fruits bons à manger, agréable à regarder et précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.

Leurs yeux à tous les deux s’ouvrirent et ils prirent conscience qu’ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s’en firent des ceintures.

Quand ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu en train de parcourir le jardin vers le soir, l’homme et la femme se cachèrent loin de l’Eternel Dieu au milieu des arbres du jardin.

Cependant l’Eternel Dieu appela l’homme et lui dit : "Où es-tu ?"

10 Il répondit : "J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, parce que j’étais nu. Alors je me suis caché."

11 L’Eternel Dieu dit : "Qui t’a révélé que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ?"

12 L’homme répondit : "C’est la femme que tu as mise à mes côtés qui m’a donné de ce fruit, et j’en ai mangé."

13 L’Eternel Dieu dit à la femme : "Pourquoi as-tu fait cela ?" La femme répondit : "Le serpent m’a trompée et j’en ai mangé."

14 L’Eternel Dieu dit au serpent : "Puisque tu as fait cela, tu seras maudit parmi tout le bétail et tous les animaux sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.

15 Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête et tu lui blesseras le talon."

16 Il dit à la femme : "J’augmenterai la souffrance de tes grossesses. C’est dans la douleur que tu mettras des enfants au monde. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi."

17 Il dit à l’homme : "Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : ‘Tu n’en mangeras pas !’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de la vie.

18 Il te produira des ronces et des chardons, et tu mangeras de l’herbe des champs.

19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière, et tu retourneras à la poussière."

20 Adam appela sa femme Eve, car elle devait être la mère de tous les vivants.

21 L’Eternel Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit.

22 L’Eternel Dieu dit : "Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal. Maintenant, empêchons-le de tendre la main, de prendre aussi du fruit de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement !"

23 Ainsi, l’Eternel Dieu le chassa du jardin d’Eden pour qu’il cultive la terre d’où il avait été tiré.

23 Après avoir chassé Adam, il posta à l’est du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante pour garder le chemin de l’arbre de vie. »

Chers amis qui sommes tous pécheurs, mais des pécheurs sauvés et bénis grâce à Jésus !

Cette histoire est connue comme relatant la chute de l’humanité dans le péché. On y fait généralement ressortir la colère de Dieu, le châtiment qu’il a infligé à l’humanité.

Et si Dieu voulait souligner autre chose dans ce récit ? Notre texte n’illustre-t-il pas plutôt cette parole de l’apôtre Paul : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5.20) ?

C’est vrai, c’est aussi l’histoire de la chute dans le péché, mais n’est-ce pas surtout l’histoire du relèvement de l’humanité pécheresse par Dieu ?

Dieu se révèle ici comme

LE DIEU D’AMOUR

dans la manière

dont il a créé l’homme,

2 dont il se soucie de l’homme,

3 dont il paye pour l’homme,

4 dont il bénit l’homme.

X X X 1 X X X

Dieu se révèle comme

DIEU D’AMOUR

DANS SA FAÇON DE CRÉER L’HOMME.

Ah ! si nous pouvions encore vivre dans les conditions du Jardin d’Eden, dans le Jardin d’Eden ! Il n’y aurait pas de dictatures comme en Corée du Nord (ce n’est qu’un exemple parmi d’autres), pas de guerres civiles (comme en Libye ou en Côte d’Ivoire), pas de mafia et de cartel des drogues, pas de problèmes sociaux, pas de problèmes d’emploi, pas de racisme, pas d’opposition à Dieu, pas de maladie, pas de pollution, pas de catastrophes naturelles (comme au Japon, cette fin de semaine), pas de mort ; bref, pas de problèmes ni relationnels ni de survie.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y aurait toujours pas de péché dans le monde et, plus particulièrement, pas de péché en nous.

En fait, c’est à cela que Dieu avait destiné l’humanité : à une existence où rien ne freinerait notre épanouissement, où rien ne brimerait notre bonheur, où rien ne viendrait compliquer, et encore moins briser les relations entre personnes, familles, ou quelque groupes que ce soit.

Le Créateur avait tout prévu pour que notre vie se déroule dans le bonheur et l’harmonie. Quand « Dieu [eut] mis un terme à son travail de création » (Gn 2.2) « Dieu regarda tout ce qu’il avait fait, et il constata que c’était très bon, » (Gn 1.31) excellent ; il n’y avait rien à y redire. Tout était mis en place pour que l’humanité puisse vivre dans la paix et le bonheur.

Il ne manquait rien au bonheur d’Adam et d’Eve. Ils avaient une responsabilité qui les comblait : « cultiver et garder le jardin d’Eden »(Gn 2.15), un jardin dont le travail ne provoquait ni fatigue ni problèmes de récoltes.

Ils vivaient aussi en harmonie avec tous les animaux. Dieu les avait même chargés de trouver un nom pour chacun d’eux. Il en avait fait les premiers zoologistes ! (Gn 2.20). Vu le nombre des animaux, ils avaient de quoi être occupés toute leur vie. Quand on pense qu’on en découvre encore de nouveaux aujourd’hui !

Et il les avait unis dans une complémentarité et un bonheur conjugal pleins et entiers. (Gn 1.26-31)

Dieu avait mis toute la création à leur disposition pour qu’ils en jouissent. Eve le rappellera d’ailleurs au diable : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin » (v. 2), de tous les arbres du jardin sauf un, contrairement à ce que le diable indique.

Ils ne connaissaient pas le sentiment de honte, parce qu’il n’y avait rien dont ils auraient dû avoir honte : tout était saint et parfait ; le péché n’existait pas. Ils n’avaient rien à cacher, rien à se cacher. Tout était clair comme de l’eau de roche entre eux – et entre eux et Dieu.

Il est vrai : Dieu leur avait donné une occasion particulière de lui montrer leur confiance et leur reconnaissance : « ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » (Gn 2.17) « au milieu du jardin » (v. 3).

Et ils s’en portaient très bien. Un arbre – un seul arbre ! – parmi tous les arbres de la terre. Ce n’était vraiment pas une privation. Ce n’était qu’une façon bien facile de témoigner à Dieu leur reconnaissance et leur confiance.

C’est un peu comme si je pouvais me servir gratuitement dans tous les magasins de Paris, sauf dans un. Avouez que je ne me sentirais pas brimé !

Hélas ! Satan a réussi à semer le trouble, la méfiance et la convoitise dans leur cœur. Il a réussi à les corrompre avec des pensées pécheresses.

Eve, puis Adam, ont chuté dans le péché avant de manger de ce fruit. L’acte de manger n’était que le résultat de leur chute dans le péché. Ils étaient devenus pécheurs dès qu’ils se mirent à douter de la bonté de Dieu, qu’ils se méfièrent de lui et convoitèrent ce que Dieu leur avait défendu. Vous savez : … comme si je voulais absolument les denrées du seul magasin interdit dans tout Paris ! …

Pourtant Dieu les avait avertis : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain ! » (Gn 2.17) Ils en ont mangé, et, le jour-même, le germe de la mortalité s’est déposé en eux, ils sont devenus mortels. Ils mourront d’ailleurs plus tard.

Auparavant, ils connaissaient le bonheur parfait dans le jardin d’Eden parce que leur lien avec Dieu, la Source de toute vie, était intact. Aussi leur relation avec le monde animal, végétal et minéral.

Maintenant le lien avec Dieu est rompu : du coup ils sont détachés de la source de toute vie, de la vie physique et de la vie éternelle. Ils ne se retrouvent pas seulement voués à la mort physique, mais aussi à la mort spirituelle et à la mort éternelle !

Comment Dieu va-t-il réagir au crime qu’ils ont commis, à la catastrophe qu’ils ont provoquée ? Comment va-t-il réagir face à leur désobéissance, à leur manque de confiance en ses dispositions, à leur manque de foi en sa bonté ? Comment va-t-il réagir parce qu’ils ont corrompu sa création en y introduisant le péché et la mortalité ?

L’étonnant, l’incompréhensible même, c’est que, malgré tout,

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Dieu se révèle comme

DIEU D’AMOUR

DANS SA FAÇON

DE SE SOUCIER DE L’HOMME.

Le mal est fait. On ne peut guère remonter le temps et défaire le mal qui a été fait. Ah ! si nous pouvions, nous aussi, rendre inexistants certaines choses que nous avons bâclées, voire certains actes ou certains mots carrément mauvais ! Mais ce qui est fait est fait. Il vaut mieux réfléchir avant d’agir ou de parler.

Oui, mais que faire quand c’est fait ? Comment se débarrasser de la mauvaise conscience devant Dieu ?

Adam et Eve se sont sentis faits comme des rats. Ah ! c’est sûr, « leurs yeux se sont ouverts » : ils savaient maintenant quelle était la différence entre « le bien et le mal » ! (v. 5). Sur ce point le diable avait dit vrai. Mais comme souvent – aussi quand il a tenté Jésus dans le désert (Mt 4.1-11) – il sait adroitement mêler le vrai et le faux : « lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge » (Jn 8.44).

Il leur avait dit qu’en désobéissant à Dieu ils seraient « comme Dieu » (v. 5). Mais n’est pas Dieu qui veut ! Non seulement ils ne sont pas « comme Dieu » – à part « pour la connaissance du bien et du mal » (v. 22) – mais ils ont même perdu leur bonne conscience, leur pureté, leur bonheur sans ombre. La mauvaise conscience les taraude. Ils ont gagné en connaissance, ah ! ça oui : ils connaissent maintenant la peur et la honte. Rien de divin dans tout cela !

Que va faire leur Créateur ? Bien entendu, il va exécuter sa menace. Dieu n’est pas une girouette. Sa sainteté et son sens absolu de la justice exigent qu’Adam et Eve soient punis, qu’ils deviennent mortels comme prévenus et que tout leur cadre de vie, ce monde, soit marqué par le péché, la corruption et les problèmes.

Mais Dieu est aussi bon. « Dieu est amour » (1 Jn 4.16), et dans son amour pour ses créatures déchues et pécheresses, il cherche à les sauver.

Déjà la façon dont il va à leur recherche dans le jardin d’Eden, la façon de dialoguer avec Adam et Eve, montre que si sa colère est entière, il engage un dialogue avec eux.

Il aurait pu sévir sans paroles. Il aurait même pu les faire mourir tout de suite. Non, il leur laisse du temps pour changer ! Il les amène à faire un cheminement spirituel, leur permettant, au bout du compte, d’échapper, non pas à la mort physique, mais à la damnation éternelle. Il fait tout pour rétablir un contact de confiance, une relation de foi entre ses créatures humaines et lui, leur Créateur. Et cela passe par … la repentance.

Au début, ils en sont bien loin. Dans leur malheur, ils sont butés et nient leur responsabilité personnelle. Tout le monde est responsable, sauf moi ! Adam accuse : « Ce n’est pas moi ; "c’est la femme !" » Eve accuse : « Ce n’est pas moi ; "le serpent m’a trompée !" » (v. 12-13)

En fin de compte, ils rejettent la faute sur Dieu. Adam a le toupet de faire sous-entendre à Dieu qu’il n’avait qu’à pas lui donner de femme ! (v. 12)

Encore aujourd’hui, bien des gens s’en prennent aux autres quand tout va mal. Ou carrément à Dieu ! Ils ne réfléchissent pas à leurs actes, à leur responsabilité ou à celle de tierces personnes. C’est tellement pratique d’accuser Dieu ! Comme ceci on n’a pas besoin de s’examiner, de découvrir sa propre culpabilité et de se repentir.

Dieu a laissé à Adam et à Eve le temps de se repentir.

Dans sa grande patience et sa miséricorde paternelle, Dieu nous accorde, à nous aussi, un délai de grâce. Ainsi nous exhorte-t-il par le prophète Esaïe : « Recherchez l'Eternel pendant qu’il se laisse trouver ! Faites appel à lui tant qu'il est près ! » (Es 55.6)

C’est sûr, tout est parti du diable, mais Eve avait sa part de responsabilité, et Adam aussi. Et quand d’autres sont aussi coupables avant ou avec nous, cela n’enlève rien à notre propre responsabilité et culpabilité. Cela peut expliquer, mais jamais justifier notre acte pécheur.

Non, ne cherchons pas de fausses excuses, n’élaborons pas de vaines justifications ! Ne négligeons pas la grande mansuétude de Dieu « tant qu’il est temps » ! Ne craignons pas de reconnaître à Dieu nos torts là où nous en avons : il ne veut pas entendre la confession de nos péchés pour sévir, mais … pour nous arracher à notre perte.

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Dieu se révèle comme

DIEU D’AMOUR

DANS SA FAÇON DE PAYER POUR L’HOMME

Dieu ne pouvait pas taire la Loi ni passer sous silence le verdict de condamnation lié au péché. Mais il ne l’a pas fait pour les enfoncer, mais pour bien les mettre en face du diagnostic, pour les amener à accepter le remède qu’il allait leur fournir, l’opération de secours qu’il allait mettre en place. Il allait même lui-même payer l’énorme prix pour que cela soit possible !

Quelqu’un qui ne reconnaît pas sa perdition ne verra pas pourquoi il devrait accepter d’être sauvé. Pourquoi tant de gens ne veulent-ils rien savoir du Christ ? Parce qu’ils n’ont pas compris que sans lui ils étaient éternellement perdus ; ils n’ont pas compris qu’il est le seul à pouvoir les sauver.

Certes, Dieu énumère la série d’épreuves et de souffrances qui seront désormais liées à la vie des humains, aussi bien la pénibilité du travail que les souffrances de l’enfantement.

Mais avant de leur annoncer la Loi, il leur a déjà annoncé l’Evangile du salut. Il s’était d’abord tourné vers le diable et lui avait annoncé qu’il a fait un coup pour rien : « Tu voulais m’atteindre en m’arrachant les créatures humaines ? J’ai la parade. Mon Fils viendra te vaincre et arracher les pécheurs de ta main pour me les regagner. »

Cela, Dieu l’a dit en ces termes bien connus : « Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête et tu lui blesseras le talon. » (v. 15)

« Jésus-Christ, vrai Dieu né du Père de toute éternité » se fera aussi « vrai homme né de la vierge Marie ». Il prendra la place des pécheurs – sans verser lui-même dans le péché – et enlèvera au diable toute possibilité de nous accuser devant le tribunal de Dieu, car Jésus s’y tiendra lui-même à notre place.

Cela lui aura coûté la vie. Nous entrons cette semaine dans la saison de la Passion du Christ. Cela nous rappellera combien il a souffert pour nous. Satan l’a « blessé », mais n’a pas pu empêcher que Jésus « l’écrase », le vainque et lui retire tout pouvoir sur ceux qui se réfugient dans la foi auprès de Jésus.

Et Adam a compris la Bonne Nouvelle de la venue annoncée d’un Sauveur, descendant de la femme. Il s’y est accroché avec foi et a agi en conséquence. Ils étaient devenus mortels. Pourtant, « Adam appela sa femme Eve », mot hébreu qui signifie « vie » ! Pourquoi appelle-t-il la première mortelle « vie » ? Voulait-il nier l’évidence de leur mortalité ? Non, il l’appela ainsi « parce qu’elle devait être la mère de tous les vivants » (v. 20), de « tous » ceux qui allaient vivre sur terre, et plus particulièrement de « tous » ceux qui allaient connaître la vie spirituelle de la foi et la vie éternelle !

Mais Dieu ne pense pas seulement à notre éternité ; il se préoccupe aussi de notre vie sur terre :

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Dieu se révèle comme

DIEU D’AMOUR

DANS SA FAÇON DE BENIR L’HOMME.

La fin de l’histoire nous paraît tout bonnement incroyable ! « L’Eternel Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit. » (v. 21) Dieu, le premier artisan dans la confection ! Dieu qui s’abaisse à confectionner les premiers habits pour humains ! Il est vrai, en Jésus-Christ il ira encore bien plus loin dans l’abaissement, par amour pour nous.

Il a pitié d’eux dans leur nouvelle situation. Maintenant que le péché est entré dans le monde, on ne peut plus se balader nus sans éveiller des sentiments pécheurs. Certes, Adam et Eve étaient mari et femme (dans leur intimité, les habits n’étaient pas nécessaires), mais ils allaient aussi devoir donner le ton dans leur famille et dans la société qui allait se développer après eux.

En vue de la bienséance, de la paix et de l’ordre dans la famille et la société, Dieu a « inventé » les habits.

Notez qu’Adam et Eve n’avaient rien trouvé de mieux que des feuilles de figuier pour cacher leur sentiment de culpabilité. Comme si cela pouvait tromper Dieu ! Et comment des feuilles pouvaient-elles les protéger du froid et tenir lors des travaux ? Les pauvres ! On voit qu’ils avaient du mal à se faire à leur nouvelle condition de pécheurs.

« Dieu », lui, leur « fit des habits en peau ». Cela était lourd de sens. Jusque-là, l’humanité vivait en parfaite harmonie avec le monde animal. Maintenant, avec les bouleversements apportés dans la création par le péché, les rapports entre l’humanité et le monde animal ont changé.

En choisissant des peaux de bêtes pour en habiller Adam et Eve, il y a eu mise à mort d’animaux. Ainsi Dieu a montré comment, dorénavant, dans leur intérêt, les hommes pourraient exercer leur domination sur les animaux. Dans leur intérêt (pour l’instant, seulement pour se vêtir ; après le Déluge, aussi pour en manger), pas par animosité ou pour faire souffrir les animaux.

Voilà comment, après avoir pris les dispositions nécessaires pour que nous connaissions la félicité éternelle malgré notre péché, Dieu montre qu’il se préoccupe aussi de nous dans cette vie.

Comment pourrons-nous jamais assez remercier Dieu de toujours essayer de faire prévaloir son amour envers nous, même quand il doit sévir ?

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Jour du Seigneur, j’ouvre mon coeur LlS 4 : 1-4

Jamais Dieu ne délaisse, LlS 233 : 1-5

Créateur tout-puissant, LlS 230 : 1-4

Jésus-Christ, dans sa grâce, racheta LlS 164 : 1-13

 

Sermon du dimanche 28 février 2011

Dimanche Sexagésime Lc 4.26-29

Chants proposés :

Dans ton temple, ô mon Sauveur, LlS 2 : 1-3

Ô Jésus, Maître doux et tendre, LlS 146 : 1-7

Ta Parole, Seigneur, LlS 151 : 1-5

Jésus à sa table sacrée , LlS 163 : 1-9

26 « Il dit encore :

 Voici à quoi ressemble le royaume de Dieu. Il est semblable à un homme qui jette de la semence en terre ;

27 Qu’il dorme ou qu’il reste éveillé, nuit et jour la semence germe et pousse sans qu’il sache comment.

28 En effet, d’elle-même la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi,

29 et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car c’est le moment de la moisson." »

Chers amis « semeurs » du Seigneur

dans le champ du monde,

C’est encore du « Royaume de Dieu » que parle cette parabole. Comme à son habitude, Jésus prend des exemples dans la vie quotidienne des gens qui l’entourent pour faire comprendre un aspect du « Royaume de Dieu », un aspect de la vie de l’Eglise, un aspect de la façon dont les choses se passent parmi nous, dans la communauté des croyants.

Chaque fois il souligne un autre aspect. Tenez, prenons la parabole qui précède et celle qui suit !

Avec la semence que le semeur fait tomber dans différents terrains (Mc 4.4-20), il veut nous inviter à travailler le terrain de notre cœur pour qu’il ne soit pas dur comme « le chemin » ou un « sol pierreux », ni asphyxié par ces « ronces » que sont « les préoccupations » et autres« attraits » de ce monde, mais que notre cœur soit bien meuble pour recevoir « la Parole vivante et permanente de Dieu » (1 P 1.23).

Avec la parabole de « la graine de moutarde », « la plus petite de toutes les semences » utilisées par les gens de l’époque dans leurs champs, il montre que « le Royaume de Dieu », même s’il commence de façon petite et insignifiante, se déploie finalement et grandit pour dépasser en splendeur tout ce qui existe sur le champ de ce monde. (Mc 4.30-33)

Avec notre parabole, Jésus veut nous encourager.

JESUS NOUS APPELLE

A LUI FAIRE CONFIANCE

1 quant à la qualité de la semence qu’il nous fournit,

2 quant au pouvoir vivifiant de sa semence,

3 quant aux fruits de nos semailles,

4 quant à la destination de ces fruits.

X X X 1 X X X

Jésus nous appelle à lui faire confiance

quant à

LA QUALITE DE LA SEMENCE

QU’IL NOUS FOURNIT

C’est là une chose bien importante. Si le semeur n’est pas convaincu de la qualité de sa semence, il ne la sèmera pas – à quoi bon se fatiguer pour rien ? – ou il la sèmera sans conviction ni espoir.

Le métier d’agriculteur n’est pas aussi simple que cela. Je me rappelle de l’exploitant le plus important dans ma dernière paroisse en Alsace. Il se rendait régulièrement dans un centre du département où on lui expliquait comment semer la semence de l’année en question et ce qu’il ne fallait pas faire. Il revenait dans son village et transmettait cela aux autres exploitants agricoles.

Ils étaient informés de la qualité de leur semence et des conditions dans lesquelles celle-ci donnait le meilleur rendement. Certains faisaient fi de ces conseils – n’avaient donc pas confiance en la semence – et répandaient beaucoup plus de semence sur le champ pour avoir un meilleur rendement. Mais au bout du compte ils étouffaient les semences en en mettant de trop, alors que celui qui avait confiance dans la semence et la semait moins dense, en récoltait plus.

La semence que Jésus nous a remise est-elle de bonne qualité ? N’y en a-t-il pas qui portent plus de fruit ? Les sketches des humoristes, les chants des stars en vogue, même les allocutions des politiciens qu’on critique pourtant comme ce n’est pas possible, ne réunissent-ils pas plus de gens que l’Evangile que nous semons ?

Vous savez, la poignée de disciples autour de Jésus devait se trouver bien peu de choses face aux foules qui affluaient vers le Temple de Jérusalem. Et quand Jésus agonisa sur la croix, ils ont dû se sentir bien plus petits et insignifiants encore.

Cette impression peut aussi nous gagner quand nous nous voyons, quelques dizaines de personnes, réunies dimanche matin, alors que les boîtes de nuit ne désemplissent pas, les musées et les salles de concert non plus. Notre semence est-elle de moins bonne qualité ? Ce qu’elle apporte, les fruits qu’elle porte, est-ce si insignifiant comparé à ce qu’offre le monde ?

Avec notre parabole, Jésus veut nous rassurer, même nous enthousiasmer pour sa semence et nous encourager à la semer.

X X X 2 X X X

Jésus nous appelle à lui faire confiance

quant au

POUVOIR VIVIFIANT DE SA SEMENCE

« Qu’il [que le semeur] dorme ou qu’il reste éveillé, nuit et jour la semence germe et pousse sans qu’il sache comment. » (v. 27)

Il ne viendrait pas à l’idée du semeur de passer les nuits éveillé à côté de son champ pour faire « germer » et « pousser » sa semence. S’il est incroyant, il se fie aux forces mystérieuses de la création ; s’il est croyant, il remet le sort de sa semence entre les mains du Créateur.

Sans doute l’exploitant agricole regardera-t-il de temps en temps son champ pour voir comment les choses évoluent, mais non pas pour faire germer et pousser la semence.

Cela me rappelle notre enfance. Maman nous permettait de semer des petits pois dans un coin du potager. Cela nous réussissait rarement. C’est que nous ne nous contentions pas de « dormir » ensuite comme le semeur de notre parabole, mais nous grattions la terre pour voir où en était la germination, et, avec le temps, nous avions souvent tellement malmené la semence qu’elle crevait.

C’est un peu comme si, en semant l’Evangile de Jésus-Christ, nous grattions continuellement auprès des auditeurs pour nous enquérir : « Alors, vous croyez maintenant ? » Tout au plus nous enverraient-ils promener.

Une telle attitude manque de confiance dans la qualité de la semence. Une telle attitude met en doute que « l’Evangile est » – comme l’écrit Paul – « une puissance de Dieu » pouvant réellement « sauver » (Rm 1.16), qu’il est – comme le dit Pierre de son côté – « une semence incorruptible, la Parole vivante et permanente de Dieu » (1 P 1.23).

La semence que Jésus a mise entre nos mains, est une semence « vivante » et « puissante ». Semons-la avec foi dans le divin producteur de cette semence comme dans la qualité de sa semence divine. « La sagesse mystérieuse et cachée » (1 Co 2.7) dont elle est faite fait qu’elle « germe et pousse sans que nous sachions comment ».

Sans doute nos agronomes et nos agriculteurs en savent-ils aujourd’hui plus sur le processus de germination et de croissance de la semence que du temps de Jésus, mais pourquoi la vie se développe ainsi, cela demeure un mystère.

Nous, de notre côté, nous savons aussi, pour l’avoir appris de Dieu dans la Bible, que le Saint-Esprit produit la foi et la développe au moyen de la semence de l’Evangile du Christ. Il n’en demeure pas moins que la conversion comme la persévérance dans la foi en Jésus-Christ, cette action « mystérieuse et cachée », nous ne pouvons pas l’expliquer « scientifiquement ».

Mais nous savons que nous pouvons avoir confiance dans le pouvoir vivifiant de cette semence, d’abord parce que Jésus nous l’assure, ensuite aussi parce que nous l’avons expérimenté dans nos propres vies.

Mais Jésus connaît notre impatience, il sait que nous aimerions voir plus de résultat ou des résultats plus rapides de notre travail de semeurs de l’Evangile. Aussi

X X X 3 X X X

Jésus nous appelle à lui faire confiance

quant aux

FRUITS DE NOS SEMAILLES

On a coutume de dire : « Il faut laisser du temps au temps. » S’il y a un métier où on apprend à être patient, c’est bien l’agriculture. Cela prend le temps qu’il faut. Et cela passe par des stades qu’on ne saurait court-circuiter.

« La terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, » et ce n’est que bien plus tard « que le fruit est mûr » (v. 27-28). Mais il vient à maturité, car le Seigneur veille.

Dans l’Ancien Testament, Dieu utilise une autre comparaison pour bien faire comprendre comment sa Parole d’Evangile « produit du fruit » en nous :

« La pluie et la neige descendent du ciel et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et avoir fait germer ses plantes, sans avoir fourni de la semence au semeur et du pain à celui qui mange. Il en va de même pour ma Parole, celle qui sort de ma bouche : elle ne revient pas à mois sans effet, sans avoir fait ce que je désire et rempli la mission que je lui ai confiée. » (Es 55.10-11)

Sans doute n’est-on pas tout de suite un croyant bien fondé, un croyant qui sait clairement articuler tous les points de l’enseignement de l’Evangile. Là aussi on passe par différents stades que Jésus compare ici au passage de « l’herbe » à « l’épi » puis au « fruit mûr ».

Quand vous passez dans les champs quelques semaines après les semailles, vous croyez voir de l’herbe. Au début, les céréales ne ressemblent qu’à de l’herbe. Il n’y a pas encore d’épis, pas encore de fruits.

C’est ainsi que l’Evangile semé dans les cœurs travaille en silence. Dans certains terrains, il lève plus vite, dans d’autres il met fort longtemps pour porter du fruit. C’est ce que nous constatons aussi quand nous faisons de l’évangélisation, ou pour utiliser des mots plus simples : quand nous témoignons de notre foi en Jésus-Christ autour de nous.

Les uns, le Saint-Esprit les convertit plus vite à la foi en Jésus que d’autres. Avec certains, la semence de l’Evangile met des mois, voire des années, à porter du fruit.

« Soyez patients, » veut nous faire comprendre notre Seigneur ! « Que la lenteur avec laquelle la semence lève ne vous décourage pas et ne vous amène pas à arrêter de semer. La semence est bonne. C’est même la seule qui puisse apporter la vraie vie, les véritables fruits. »

« Ce que vous voyez, après avoir semé, ce sont peut-être des fruits encore verts. Soyez patients. L’Evangile continue à faire son œuvre. Je l’ai pourvu d’une force vivifiante telle que vous pouvez avoir confiance en cette semence. Le fruits ne sauraient tarder. »

Et les fruits que porte l’Evangile que nous semons sont finalement d’une beauté exceptionnelle. Aucune autre semence ne peut les produire : la foi en Jésus-Christ, une vie menée dans la certitude que Dieu est réconcilié avec nous, que nous avons un allié sûr dans la vie, tellement sûr qu’un jour, même la mort ne pourra rien contre nous.

En attendant, semons, continuons à semer avec patience, et ayons confiance dans la puissance qu’a l’Evangile de porter du fruit.

X X X 4 X X X

Jésus nous appelle à lui faire confiance

quant à

LA DESTINATION

DES FRUITS DE NOS SEMAILLES

« Dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car c’est le moment de la moisson. » (v. 28)

Le but de toute semence, c’est de moissonner un jour. Quel agriculteur s’échinerait à semer, si c’était sans espoir de moissonner ? Lequel d’entre vous irait à son boulot, s’il n’avait la certitude d’être payé en retour ?

Une paroisse qui instruit ses enfants au catéchisme le fait dans l’espoir et en priant que ces enfants grandissent dans la connaissance et dans la foi en leur Seigneur et Sauveur, qu’ils continueront à croître vers la maturité spirituelle.

Une paroisse, comme la nôtre, qui s’efforce de semer l’Evangile parmi d’autres – avec nos goûters missionnaires, par exemple – le ferait-elle si elle n’avait la promesse de fruits de la part de son Seigneur ?

Jésus nous dit ici que nous pouvons tranquillement semer, que nous avons toutes les raisons d’être persévérants avec nos semailles : il y aura une moisson, il y aura une rentrée des récoltes. L’Evangile nous l’assure.

Un début de « moisson » se fait déjà dans cette vie. Etre reçu dans le Royaume de Dieu par la foi en Jésus-Christ, c’est déjà être « amassé dans le grenier » du Maître (Mt 13.30), être adopté comme son enfant, jouir de sa présence et de sa bénédiction.

Pour que de plus en plus de gens fassent partie de cette « moisson », semons, semons sans relâche.

Puis, un jour, « le Maître de la moisson » (Mt 9.38) décidera que pour moi, pour toi, le moment est venu de nous retrouver, selon l’âme, « avec lui dans son Paradis » (Lc 23.43). Ce sera le jour de notre décès. Ce jour, les moissonneurs seront les anges qui porteront nos âmes « dans le sein d’Abraham » (Lc 16.22).

Pour que de plus en plus de gens connaissent cet état, « ce qui de beaucoup est le meilleur » (Ph 1.23), encore meilleur que ce que nous pouvons vivre de plus beau ici-bas, semons, semons sans relâche !

Enfin, le Jour du Jugement Dernier, Dieu nous dira, à nous qui sommes un fruit des semailles divines, mais aussi à tous ceux en qui nos semailles seront arrivées à maturité : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde ! » (Mt 25.34)

Pour que de plus en plus de gens puissent, au Jour du Jugement Dernier, « prendre possession du Royaume », semons, semons sans relâche, avec foi en la moisson !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 20 février 2011

Dimanche Septuagésime

Texte : Lc 17.7-10

Chants proposés :

Gloire à ton nom, ô Dieu de paix, AeC 261 : 1-3

Seigneur, écoute ma prière, AeC 143 : 1-4

Tu me veux à ton service AeC 427 : 1-3

« Si l’un de vous a un esclave qui laboure ou garde les troupeaux, lui dira-t-il, à son retour des champs : "Viens tout de suite te mettre à table !" ?

Ne lui dira-t-il pas, au contraire : "Prépare-moi à souper, ajuste ta tenue pour me servir jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après cela, toi, tu mangeras et tu boiras." ?

A-t-il de la reconnaissance envers cet esclave parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné ? Je ne pense pas.

10 Vous, de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dite : "Nous sommes des esclaves sans prétention ; nous avons fait ce que nous devions faire." »

Chers serviteurs du divin Maître,

Quand j’ai lu le texte qui nous est proposé pour la prédication de ce dimanche, j’ai d’abord eu un mouvement de recul, car nos versions traduisent généralement la fin de cet épisode par la sentence : « Nous sommes des esclaves [ou : des serviteurs] inutiles. »

Que dire d’une phrase qui contredit son contexte ? Comment s’en sortir ? Comment trouver une application où on ne se mord pas la queue ?

Il est vrai, il y a des passages bibliques qui nous demeurent obscurs, dont nous n’aurons l’explication que dans l’au-delà. Mais prêcher sur le texte tel que le traduisent la plupart de nos versions, c’est tout simplement contredire tout ce que Dieu dit par ailleurs dans la Bible, y compris ce qui précède et suit cette constatation dans notre texte.

Alors, comment en est-on souvent arrivé à cette traduction insolite ? –Parce qu’en grec il y a deux homonymes – ἀχρεῖος (achreios) – dont l’un signifie : « inutile » ou « non indispensable » ; l’autre par contre signifie : « sans prétentions ».

Posons-nous donc les trois questions :

SOMMES-NOUS

1 des serviteurs inutiles ?

2 des serviteurs non indispensables ?

ou

3 des serviteurs sans prétentions ?

… ce qui n’est pas la même chose.

X X X 1 X X X

Sommes-nous

DES SERVITEURS INUTILES ?

Nous avons tous déjà entendu notre verset sous la forme : « Nous sommes des serviteurs inutiles ! » (v. 10). On l’entend parfois répéter, sans avoir sans doute pris le soin de regarder son contexte, sans s’être pris la peine de réfléchir à l’ensemble de notre texte.

On utilise alors ce texte pour se flageller, un peu comme Martin Luther dans sa cellule du couvent des Augustins à Erfurt, avant qu’il ne découvre l’Evangile libérateur du Christ, Evangile qui le libérera et le propulsera dans un « service » qu’on ne voudra quand même pas qualifier d’« inutile » !

Voyons notre texte d’un peu plus près. Nous sommes en présence d’« un esclave qui laboure », qui « garde les troupeaux » et qui « prépare et sert le souper » à son maître. (v. 7-8).

Quiconque a quelques notions en agriculture et en élevage, saura qu’il n’est pas « inutile » de labourer et de s’occuper des troupeaux. D’ailleurs, quel maître dilapiderait sa fortune pour acheter et entretenir des esclaves rien que pour qu’ils fassent des choses superflues, qui ne servent à rien ?

Et quiconque est déjà rentré fatigué et affamé de son travail, saura aussi qu’il n’est pas non plus « inutile » de pouvoir s’asseoir à table et se rassasier pour reprendre des forces.

D’ailleurs, les serviteurs ou esclaves de notre texte indiquent : « Nous avons fait ce que nous devions faire. » (v. 10) Ils ont fait ce dont ils avaient été chargés. Toutes les paraboles – pour ne prendre que les paraboles – montrent que ce qu’y accomplissent les serviteurs a une utilité, même une grande importance. Au point, d’ailleurs, que le serviteur qui n’a pas été utile est puni et chassé, parce qu’il a laissé dormir son talent, parce qu’il aurait dû être utile, mais ne l’a pas été.

Pensez-vous que Dieu nous charge de choses inutiles, pour s’amuser, un peu comme si nous étions son jouet ? Non, l’apôtre Pierre nous dit que Dieu a fait de nous des « pierres vivantes » « afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 P 2.5).

Et Paul nous invite : « Soyez, par amour, serviteurs les uns des autres ! » (Ga 5.13) Certainement pas parce que c’est « inutile » !

Les conjoints qui s’entraident pour mener à bien leur entreprise de vie commune, les parents qui élèvent leurs enfants, les personnes qui effectuent honnêtement leur travail, notre engagement dans l’Eglise et dans la mission, tout cela serait « inutile » ? Bien sûr que non ! Sinon le Seigneur ne nous y enverrait pas

Paul peut parler de son « utilité » (1 Co 14.16) comme de celle des destinataires de ses lettres (Ac 18.27 ; 2 Tm 4.11 ; Phil 11).

Et quand Jésus dit que nous sommes « lumière du monde » et « sel de la terre », il parle bien de notre utilité dans le monde !

Quand Pierre indique : « Vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, un peuple racheté afin de proclamer les louanges » du Christ (1 P 2.9) … quand Jésus nous ordonne : « Allez, faites de toutes les nations des disciples ! » (Mt 28.19), nous charge-t-il, là, d’un service « inutile » ?

Non, votre engagement dans la vie de couple, dans la vie de famille, pour le bien de vos parents et amis, dans la vie de l’Eglise ou d’associations caritatives, dans le monde du travail, bref, votre vie de rachetés et de sanctifiés n’est pas « inutile », mais porte du fruit, car elle a l’approbation de votre Père céleste, et elle est bénie par lui.

Demandons-nous alors en second lieu :

X X X 2 X X X

Sommes-nous

DES SERVITEURS NON INDISPENSABLES ?

Ce n’est pas tout à fait la même chose qu’être inutile. Je prends un exemple qui va bientôt vous concerner.

Je pense, j’espère, je suis même sûr, que mon ministère parmi vous n’est pas « inutile », sinon le Seigneur ne m’aurait pas appelé parmi vous et n’aurait pas lié sa bénédiction à l’annonce de son Evangile et à l’administration des sacrements dont il m’a chargé parmi vous.

Et si je pensais que mon ministère était inutile parmi vous, je désespérerais, je déprimerais, je n’aurais pas la force de poursuivre. Rassurez-vous : c’est loin d’être le cas.

Mais dans quelque temps, dans peu d’années maintenant, mon Maître se passera de moi, il me remplacera par un autre pour exercer le ministère fort utile parmi vous. Je suis utile, mais pas indispensable. Dieu peu utiliser quelqu’un d’autre à ma place.

Et cela est vrai de chacun de nous. Dieu nous a placés là où nous sommes. Il nous a « rachetés, afin que nous lui appartenions et que nous vivions dans son Royaume pour le servir » comme « père, mère ou enfant, maître ou serviteur, »(Luther, Petit Catéchisme), chef de service, manœuvre ou artisan, pasteur, diacre, conseiller presbytéral ou paroissien sans titre particulier.

Partout, Dieu nous a placés pour que nous soyons utiles. Mais restons humbles, ne pensons pas que nous puissions exercer une sorte de chantage sur Dieu – comme les employés le font parfois sur les employeurs (le contraire existe aussi, mais ce n’est pas le sujet). Ne pensons pas que Dieu ne puisse se passer de nous. Personne n’est irremplaçable – Jésus-Christ bien sûr excepté dans l’œuvre de notre rachat.

Soyons reconnaissants à Dieu qu’il n’ait pas voulu se passer de nous, qu’il nous ait rachetés, appelés à son service et qu’il nous emploie dans des services utiles que nous pouvons rendre dans la famille, à l’Eglise, au travail, dans la société.

Soyons-lui reconnaissants : il va jusqu’à trouver notre service « agréables par Jésus-Christ » (1 P 2.5) alors que nous sommes bien peu de choses comparés à lui et qu’il pourrait se passer de nous. Eh bien non ! il ne le fait pas.

Il n’est pas non plus comme le maître de notre texte qui « n’a pas de reconnaissance » pour les services que lui rend l’esclave (v. 9). Au contraire, Dieu est un Maître qui nous complimente et qui, dans sa grande bonté, nous dit par exemple : « C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle […]. Viens partager la joie de ton maître. » (Mt 25.21-23)

Loué soit-il !

Demeure la dernière question : Si Dieu nous trouve utiles, bien que non indispensables,

X X X 3 X X X

Sommes-nous

« DES SERVITEURS SANS PRÉTENTIONS » ?

Revenons à notre histoire. Jésus prend les comparaisons dans la société de son époque. Il ne donne pas d’avis sur l’esclavage. Il utilise les relations qui existent dans le système social de ses auditeurs pour leur faire comprendre quelque chose.

Aujourd’hui, il prendrait les exemples dans notre société, alors que, dans deux mille ans, on ne comprendra peut-être pas davantage comment il était possible à notre époque que des dirigeants gagnent jusqu’à 400 fois le smic (jusqu’à 4 millions et demi d’Euros). L’écart n’est-il pas encore plus grand qu’entre le maitre de l’époque et son esclave ?

Il est vrai, il existe une différence essentielle entre l’esclave de l’époque et l’employé d’aujourd’hui : l’esclave appartient au maître. Là encore, nous n’allons pas nous lancer dans un débat pour savoir s’il vaut mieux être un smicard qui a du mal à nourrir sa famille, un SDF qui meurt de faim et de froid, ou un esclave qui a de quoi se nourrir, se vêtir et vivre avec sa famille.

Le débat peut être intéressant, mais ce n’est pas là le sujet de notre texte.

Le point de comparaison, c’est que le maître a acheté son esclave. Nous, de notre côté, nous confessons : « Je crois que Jésus, […] m’a racheté, moi, perdu et condamné, en me délivrant […] afin que je lui appartienne et que je vive dans son Royaume pour le servir […]. »(Martin Luther, Petit Catéchisme).

Nous ne nous offusquons pas de ce que Jésus nous ai rachetés pour que nous lui appartenions. S’il ne l’avait pas fait, nous serions restés liés à Satan et à la damnation éternelle.

Appartenir à un maître comme lui, qui nous aime plus que sa vie, qui a souffert la damnation à notre place pour que nous n’ayons pas à la connaître, qui a payé pour que Dieu soit réconcilié avec nous et nous accepte dans sa famille éternelle, cela nous gênerait ? Alors nous n’aurions rien compris.

Non, cela nous remplit de gratitude envers lui, cela nous pousse à le servir pour lui montrer notre gratitude. Nous ne le faisons pas pour gagner ou mériter le pardon et le salut ; nous le faisons parce qu’il nous l’a déjà accordé, ce pardon et ce salut.

Nous ne le servons pas pour lui présenter ensuite une facture, pour lui faire connaître nos revendications, pour lui faire comprendre que nous avons des prétentions.

Que pourrions-nous revendiquer de plus que nous n’ayons déjà reçus ? Paul nous dit : « La grâce de Dieu vous a été accordée en Jésus-Christ. En lui vous avez été comblés de toutes les richesses […]. Ainsi, il ne vous manque aucun don. » (1 Co 14-7)

Non, il ne nous viendrait pas à l’idée de vouloir faire valoir des prétentions pour le service que nous avons la grâce et l’honneur de rendre à notre Sauveur bien-aimé.

D’ailleurs, nous ne pouvons même pas prétendre, comme l’esclave de notre texte, que « nous aurions fait ce que nous devions faire » (v. 10). Un employé peut dire à son chef : « J’ai fait ce que tu m’a demandé de faire. »

Sur le plan spirituel, « ce que nous devions faire »  « être parfaits comme notre Père céleste est parfait » (Mt 5.48) – nous ne le faisons qu’imparfaitement. Nous n’avons donc guère de mérites à faire valoir. C’est notre Maître qui a été parfait à notre place.

En ce sens, notre histoire personnelle est tout à fait différente de celle de l’esclave d’un maître de l’époque. Notre Maître se fait serviteur pour réparer notre service imparfait.

Et grâce à son intervention, notre service – utile, certes, mais néanmoins imparfait – est cependant « agréable à Dieu ».

Restons humbles, certes, mais plein de joie, parce que le service que le Seigneur nous demande est utile dans son Royaume et dans le monde !

Qu’il nous y assiste et nous bénisse dans sa grâce !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 13 févirer 2011 - Fête de la Transfiguration

FETE DE LA TRANSFIGURATION

Texte : EXODE 3 : 1 – 10

Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, qui était prêtre de Madiân ;

il mena le troupeau au-delà du désert

et arriva à la montagne de Dieu, à l'Horeb.

Le Messager du Seigneur lui apparut dans un feu flamboyant, du milieu d'un buisson.

Moïse vit que le buisson était en feu,

mais que le buisson ne se consumait pas.

Moïse dit :

"Je vais faire un détour pour voir ce phénomène extraordinaire :

pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ?"

Le Seigneur vit qu'il faisait un détour pour voir;

alors Dieu l'appela du milieu du buisson : "Moïse ! Moïse !"

Il répondit : "Je suis là !"

Dieu dit :

"N'approche pas d'ici ; ôte tes sandales de tes pieds,

car le lieu où tu te tiens est une terre sacrée."

Il ajouta :

"Je suis le Dieu de ton père,

le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob."

Moïse se détourna,

car il avait peur de diriger ses regards vers Dieu.

Le Seigneur dit :

"J'ai bien vu l'affliction de mon peuple qui est en Egypte,

et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses tyrans ;

je connais ses douleurs.

Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens

et pour le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays,

un pays ruisselant de lait et de miel,

là où habitent les Cananéens, les Hittites, les Amorites,

les Perizzites, les Hivvites et les Jébusites.

Maintenant, les cris des Israélites sont venus jusqu'à moi,

et j'ai vu l'oppression que les Egyptiens leur font subir.

10 Maintenant, va, je t'envoie auprès du pharaon;

fais sortir d'Egypte mon peuple, les Israélites !" »

 

Chers amis,

qui avez rencontré « le Messager du Seigneur » !

Ce texte a été choisi pour la Fête de la Transfiguration du Christ parce qu’il rapporte l’une des nombreuses apparitions de Jésus dans l’Ancien Testament comme « l’Ange de l’Eternel » !

Rappelez-vous ! Le mot « ange » signifie « messager »« porteur de nouvelles ». Dans la Bible, Dieu a souvent envoyé un ange auprès de quelqu’un.

Dans notre histoire, cependant, Dieu n’envoie pas un ange quelconque ; il envoie « l’Ange de l’Eternel » qui, ici, est appelé « Dieu » ; c’est qu’il est le Messie promis, le Christ Jésus.

Notre texte est donc bien un texte d’Epiphanie, un récit où « Christ, LESeigneur, » (Lc 2.11) apparaît dans sa majesté divine, un récit où il « s’épiphanie », où il manifeste sa divinité avec éclat.

Du temps de Moïse, Jésus n’était pas encore « vrai homme, né de la vierge Marie ». A l’époque, il n’était que « vrai Dieu, né du Père de toute éternité » (Martin Luther : Petit Catéchisme).

« Le Messager du Seigneur » – ou « Ange de l’Eternel » – « apparut à [Moïse] » et se présenta en ces termes : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. »

Pas de doute : ici « le Messager de Dieu apparaît » comme « vrai Dieu »; ici le Christ Messie fait son épiphanie, se manifeste avec éclat comme Dieu en personne !

La question se pose : Pourquoi ? Pourquoi le Fils de Dieu apparaît-il à Moïse ?

Dieu ne fait rien par ennui, ou pour s’amuser, ou pour faire l’intéressant. Quand il se révèle, lorsqu’il se manifeste, c’est qu’il a un projet. Cela est vrai aussi de l’épiphanie du Messie dans notre histoire.

LE CHRIST SE TRANSFIGURE DEVANT NOUS

– 1 –

à cause du combat de notre foi,

– 2 –

à cause de l’alliance qu’il a conclue avec nous,

– 3 –

à cause de la transfiguration bien plus glorieuse

qui nous attend encore.

LE CHRIST SE TRANSFIGURE DEVANT NOUS

– 1 –

À CAUSE DU COMBAT DE NOTRE FOI

« Moïse faisait paître le petit bétail de Jéthro, son beau-père, qui était prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et arriva à la montagne de Dieu, à l'Horeb. »

Que fait-il dans le désert de Madiân, lui qui a grandi avec pharaon dans les palais égyptiens ? Pourquoi cherche-t-il à trouver « au-delà du désert » un terrain herbeux pour des moutons, lui qui était environné d’une armée de serviteurs en Egypte ? Que va-t-il à trouver à « l’Horeb » - qui signifie « sécheresse » - lui qui vivait dans la luxuriante vallée du Nil ?

La vie ne l’a pas épargné. Il est tombé de haut. Il a dû fuir les soldats de pharaon qui voulait le tuer (Ex 2.15). Sa foi en Dieu a été mise à rude épreuve. Elevé dans les plus hautes sphères de la société, il se retrouve parmi les plus pauvres. Sa sécurité et son luxe, il a dû les échanger contre la précarité et les dangers du désert. Précédemment prince, le voilà occupé à un emploi qu’on qualifierait aujourd’hui de pénible.

Cette dégringolade sociale, il n’a pas dû la digérer du jour au lendemain. Il a connu la peur, la fuite, l’errance, la solitude, la pauvreté, mais aussi la désillusion, la déception, le découragement. Certes, Dieu a eu pitié de lui et lui a fait trouver une femme et une famille dans cette terre étrangère, mais il s’y est toujours senti étranger. Son premier fils, il l’a appelé « Guershom »« Immigré » (Ex 2.22). Comme quoi « il n’y a rien de nouveau sous le soleil » (Ec 1.9), pas même l’immigration et ses difficultés.

Notre foi en Dieu n’est-elle pas aussi, parfois, mise à rude épreuve ? Nous ne vivons et n’habitons pas non plus tous dans le pays ou dans la région où nous avons grandi. Certains d’entre nous se trouvent loin de leur famille. D’autres doivent travailler dans des conditions difficiles ou ont du mal à joindre les deux bouts. D’autres encore se débattent dans des problèmes de santé.

Garder foi en Dieu, en la bonté et la justesse de ses décisions, de sa façon de nous conduire, n’est pas facile pour tout le monde. N’avons-nous jamais fait monter vers lui ces paroles du « Petit Catéchisme », mais alors sous forme de soupir, d’appel au secours : « Je ne puis, par ma raison et mes propres forces croire en Jésus-Christ ! » ?

Mais le Seigneur écoute les siens. Il ne reste pas distant. C’est la merveilleuse expérience que Moïse a pu faire, là-bas, dans le désert. « Le Messager du Seigneur lui apparut dans un feu flamboyant, du milieu d'un buisson. Moïse vit que le buisson était en feu, mais que le buisson ne se consumait pas. »

« Le Messager du Seigneur », « l’Ange de l’Eternel apparaît du milieu d’un buisson ». Il n’a pas trouvé mieux. La fertile Egypte à la culture si brillante ressemble à un palmier majestueux. La vie dans le désert est symbolisée par un « buisson ». C’est aussi l’image que donne parfois l’Eglise au milieu du monde : « un buisson » au milieu d’une forêt luxuriante.

La communauté des croyants, connaît des problèmes, parfois aussi durs que la vie de Moïse dans le désert : des problèmes financiers (comment trouver assez de dons pour mieux annoncer Christ parmi et autour de nous ?) ; des problèmes de cure d’âme (nous sommes tous humains, tiraillés par les problèmes et les tentations de ce monde et de notre nature parfois si faible) ; des problèmes aussi avec d’autres Eglises qui essayent de contourner la révélation biblique pour mieux plaire aux gens, pour donner à l’Eglise davantage l’aspect du majestueux palmier.

Pourtant, Dieu se manifeste avec grâce dans « le buisson », pas dans la palmeraie, dans l’Eglise, et non pas dans le monde. Le Seigneur, » ne rechigne pas à s’abaisser pour venir à notre rencontre. Plus tard, « le Messager du Seigneur » ira jusqu’à naître dans une étable et mourir sur une croix pour ne pas rater le rendez-vous avec nous.

Dans notre texte, il vient à la rencontre de Moïse, et, à travers Moïse, à la rencontre du peuple d’Israël en esclavage en Egypte. C’est lui qu’il veut relever de sa détresse, sauver de son malheur. « Le Seigneur dit : "J'ai bien vu l'affliction de mon peuple qui est en Egypte, et j'ai entendu les cris que lui font pousser ses tyrans ; je connais ses douleurs. Je suis descendu pour le délivrer… »

Dieu n’est pas un Dieu lointain, inattentif, insensible aux problèmes des siens. Que dit-il ? « J’ai vu […], j’ai entendu […], je connais […]. »Cher enfant de Dieu, ton Père céleste « connaît » tes problèmes, il sait ce que tu endures. Mais il « connaît » aussi ce qui contribue à ton bien, si tu t’appuies sur lui et lui fais confiance (voir Rm 8.28).

Car Dieu ne « voit » et « n’entend » pas seulement nos gémissements, pour ensuite passer son chemin comme certains l’ont fait dans la parabole du « Bon Samaritain » (Lc 10:30-37). Quand Dieu nous voit souffrir, il intervient. Devant la misère du peuple d’Israël en Egypte, il déclare à Moïse : « Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens. » Le mieux est de jeter, chez vous, un coup d’œil dans la suite du livre de « l’Exode », pour voir comment Dieu s’y est pris pour « délivrer » le peuple d’Israël « de la main des Egyptiens ».

Cette attitude interventionniste dans l’intérêt des siens, c’est encore aujourd’hui l’attitude de Dieu. Oh ! il n’a pas procuré aux Israélites le paradis sur terre. Leur délivrance les a menés à travers d’autres épreuves. Et il leur est arrivé de grommeler contre la façon dont Dieu les menait vers la liberté : ça n’allait pas assez vite ou ce n’était pas assez bien à leur goût.

Chers amis, on désespère de Dieu quand on veut lui dicter la façon dont il doit intervenir – et que ça se passe évidemment autrement. Faites-lui confiance ! Dans sa sagesse, il sait mieux que nous ce qui sert à notre bien ; et dans sa bonté, il ne peut jouer avec nous.

Voyez, ce n’était pas non plus du jeu quand il a envoyé son Fils : sa crèche n’était pas du jeu, et sa croix bien moins encore. Il « connaît »nos besoins, il « connaît » le combat de notre foi : c’est pour cela qu’il se transfigure devant nous dans son Evangile, c’est pour cela qu’il nous invite à sa table sacrée pour nous relever. C’est pour cela aussi qu’il s’est allié à nous dans le Baptême.

Ce sera notre second point :

LE CHRIST SE TRANSFIGURE DEVANT NOUS

– 2 –

À CAUSE DE L’ALLIANCE QU’IL A CONCLUE AVEC NOUS.

« Le Messager du Seigneur », « l’Ange de l’Eternel », qui « apparaît » ici à Moïse, n’est autre que le Dieu de l’Alliance ! C’est comme tel qu’il se présente : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. »

Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain, distant, mais un Dieu qui se lie, qui s’allie aux siens. En se présentant comme « le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob », il rappelle qu’il s’est allié à ces patriarches, en promettant de leur envoyer un Messie-Sauveur.

En se présentant comme « le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob », il rappelle qu’il est un Dieu qui fait des promesses et qui tient parole, un Dieu qui a passé un contrat, qui a contracté une alliance.

Une alliance d’ailleurs étonnante : d’un côté, l’allié, c’est Dieu ; de l’autre côté, l’allié, c’est « le peuple ». Le contrat dit que l’allié divin sera le libérateur et l’allié humain le délivré ; l’allié divin donnera un nouveau pays et l’allié humain le recevra, « un bon et vaste pays, un pays ruisselant de lait et de miel ». Ce n’est pas ce qu’on appelle du « donnant-donnant ». Ici on pourrait forger l’expression du « donnant-recevant ».

« Quelle alliance bancale ! » sommes-nous tentés de nous écrier. Effectivement, il y a de quoi. Mais n’a-t-il pas agi de même avec nous, et ne nous en portons-nous pas bien ? N’a-t-il pas lié des « promesses » (Ac2.38-39) bien plus époustouflantes encore à l’alliance du baptême dans laquelle il nous a reçus pour l’amour de son Fils ?

Cette alliance est, elle aussi, complètement déséquilibrée : d’un côté, l’allié qui agit, c’est Dieu (c’est ainsi qu’il nous a « régénérés » dans le baptême (Tt 3.5-7) ; de l’autre côté, les alliés qui profitent, c’est nous, les croyants ; d’un côté celui qui donne, c’est Dieu (il nous a donné son amour, son pardon, sa vie, son salut) ; de l’autre côté ceux qui reçoivent sans l’avoir mérité, c’est encore nous.

Et si le Pays de Canaan que Dieu allait offrir au peuple d’Israël allait être un pays fertile, la Canaan céleste que le Christ-Sauveur nous a obtenue et qui est promise aux baptisés est infiniment plus radieuse, magnifique et reposante.

Voilà comment Jésus révèle sa gloire aux siens dans sa Parole. Et voilà pourquoi il le fait : d’abord, pour nous aider avec efficacité dans le combat de notre foi, ensuite, parce qu’il est un Dieu de l’Alliance, et finalement, ce sera là notre dernier point :

 

LE CHRIST SE TRANSFIGURE DEVANT NOUS

– 3 –

A CAUSE DE LA TRANSFIGURATION

BIEN PLUS GLORIEUSE

QUI NOUS ATTEND ENCORE

Au début de notre histoire, « Moïse […] arriva à la montagne de Dieu, à l'Horeb. » Pourquoi « l’Horeb » est-il appelé « la montagne de Dieu »? Pourquoi cet endroit désolé et désolant est-il appelé « la montagne de Dieu » ?

Voyez-vous, avant de mettre ce récit par écrit, sous l’inspiration du Saint-Esprit, Moïse avait fait sur cette même montagne une expérience bien plus bouleversante encore : Dieu lui y avait remis les « Dix Commandements » (Ex 19.10 – 20:21).

Cette montagne est parfois appelée « Horeb », parfois « Sinaï ». Les manifestations de Dieu sur le mont « Sinaï » ou « Horeb » ont été impressionnantes, surnaturelles, à un point tel qu’il est difficile de s’en faire une idée précise. Depuis, on l’a appelé « la montagne de Dieu », la montagne où Dieu a manifesté sa gloire et sa puissance, mais aussi sa sollicitude pour les siens.

Pour le moment, Dieu annonce à Moïse : il va « faire monter » Israël – « mon peuple ! » dit-il – « de ce pays vers un bon et vaste pays, un pays ruisselant de lait et de miel. » L’esclavage va faire place à la liberté, le travail forcé au travail rémunéré, l’interdiction d’adorer Dieu à la liberté de le faire. Ils ne souffriront plus de brimades, d’interdictions, d’une espèce de camisole de force dans laquelle on les enserre en Egypte, mais ils habiteront « un vaste pays » où ils pourront se répandre.

Mais le Pays de Canaan aussi ne devait être qu’une étape sur la route vers la grande Epiphanie du Messie, vers l’impressionnante Transfiguration finale de « l’Ange de l’Eternel ».

L’Epître aux Hébreux nous apprend : « [Les Israélites] obtinrent la réalisation de promesses, […] une résurrection supérieure, […] Dieu, en effet, avait en vue quelque chose de supérieur » pour eux, comme d’ailleurs « pour nous […]. » (Hé 11.33-40)

La transfiguration du « Messager du Seigneur » devait montrer à Moïse que Dieu était préoccupé du sort de « son peuple », qu’il avait un plan pour lui frayer un passage à travers les vicissitudes de la vie vers la félicité éternelle.

« Le Messager du Seigneur » n’allait pas seulement libérer le peuple d’Israël de l’esclavage en Egypte, il allait même délivrer toute l’humanité de ses péchés en les expiant lui-même.

Ce que le Christ transfiguré a dit à Moïse rejoint ce que Pierre, Jacques et Jean on entendu sur le mont de la Transfiguration : le Christ ou Messie allait nous libérer pour nous conduire vers une gloire sans pareille dans la félicité éternelle. Avec la libération du peuple d’Israël de l’esclavage égyptien, Dieu a voulu montrer qu’il est un Dieu-Sauveur capable de tenir ses promesses.

Et comme il a conduit le peuple d’Israël à travers les épreuves du désert vers le Pays de Canaan, il nous conduit, nous accompagne, nous encourage et nous assiste à travers les épreuves de cette vie vers la Canaan céleste, car « notre citoyenneté à nous est dans les cieux » (Ph 3.20).

Voilà le message du Christ transfiguré. Et tout ceci, nous le lui devons, à lui seul et à ce qu’il allait accomplir et dont il s’est entretenu avec « Moïse et Elie » sur le Mont de la Transfiguration (Lc 9.30-31).

Loué soit-il de se transfigurer ainsi devant nos yeux dans l’Evangile, en attendant de nous faire partager sa transfiguration dans les cieux ! (Ph 3.21)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Chants proposés :

Daigne en cette heure, ô tendre Père LlS 1:1-3

Ô Jésus, Fils du Père, LlS 67:1+4-6

Seigneur, dirige tous mes pas LlS 305:1-3

Jérusalem, laisse passer ton Roi, LlS 162:1-3

 

Sermon du dimanche 6 février 2011 - 4eme dimanche après l'épiphanie

4ème Dim. après l’Epiphanie Es 40.12-31

Chants proposés :

Demeure par ta grâce avec nous LlS 3 : 1-5

Je chanterai, Seigneur, LlS 22 : 1-4

O douce Providence LlS 24 : 1-5

12 « Qui a mesuré les océans dans le creux de sa main ? Qui a fixé les dimensions du ciel dans une mesure et fait tenir toute la poussière de la terre dans un tiers de mesure ?

13 Qui a compris l’Esprit de l’Eternel et quel homme a été son conseiller pour l’instruire ?

14 Avec qui a-t-il délibéré pour se laisser éclairer par lui ? Qui lui a appris le sentier du droit, lui a enseigné son savoir-faire et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ?

15 Les nations sont pareilles à une goutte d’eau qui tombe d’un seau, elles sont comme de la poussière sur une balance, et les îles comme une poussière qui s’envole.

16 Les forêts du Liban ne suffiraient pas à alimenter le feu de l’autel et ses animaux seraient en nombre insuffisant pour l’holocauste.

17 Toutes les nations sont réduites à rien devant Lui, elles comptent moins à ses yeux que le néant et le vide.

18 A qui voulez-vous comparer Dieu ? A quelle représentation pourriez-vous le comparer ?

19 C’est un artisan qui fond la statue, puis un orfèvre la couvre d’or et y soude des chaînettes d’argent.

20 Celui qui est trop pauvre pour une telle offrande choisit un bois qui ne pourrisse pas ; il sollicite les services d’un artisan assez habile pour fabriquer une sculpture sacrée qui ne soit pas branlante.

21 Ne le savez-vous pas ? Ne l’avez-vous pas appris ? Ne vous l’a-t-on pas appris dès le début ? N’avez-vous jamais réfléchi aux fondations de la terre ?

22 C’est l’Eternel qui siège au-dessus du cercle de la terre ; ses habitants sont, pour lui, pareils à des sauterelles. Il déroule le ciel comme une étoffe légère, il le déploie comme une tente pour en faire son lieu d’habitation.

23 C’est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareil à du vide.

24 Ils ne sont même pas plantés, même pas semés, leur tronc n’a pas encore développé de racines en terre qu’il souffle sur eux ; ils se dessèchent alors, le tourbillon les emporte comme un brin de paille.

25 A qui me comparerez-vous pour que je lui ressemble ? demande le Saint.

26 Levez les yeux vers le ciel et regardez ! Qui a créé cela ? C’est celui qui fait sortir les corps célestes en bon ordre. Il les appelle tous par leur nom. Son pouvoir est si grand, sa force si puissante que pas un seul ne manque.

27 Pourquoi dis-tu, Jacob, et pourquoi affirmes-tu, Israël : "Ma situation échappe à l’Eternel, mon droit passe inaperçu à mon Dieu !" ?

28 Ne le sais-tu pas ? Ne l’as-tu pas appris ? C’est le Dieu d’éternité, l’Eternel, qui a créé les extrémités de la terre. Il ne se fatigue pas, il ne s’épuise pas. Son intelligence est impénétrable.

29 Il donne de la force à celui qui est fatigué et il multiplie les ressources de celui qui est à bout.

30 Les adolescents se fatiguent et s’épuisent, les jeunes gens se mettent à trébucher,

31 mais ceux qui comptent sur l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent leur envol comme les aigles. Ils courent sans s’épuiser, ils marchent sans se fatiguer. »

 

Chers frères et sœurs qui avez « droit » à la sollicitude du Père céleste !

Nous avons rarement médité sur un texte aussi long. Déjà la lecture prévue pour ce jour – les versets 12 à 25 – n’était pas des plus courtes : Pourquoi, alors, y avoir encore rajouté les six versets suivants ?

Parce que les six derniers versets de ce chapitre indiquent pourquoi Dieu pose cette longue liste de questions.

Pour tirer toute la « substantifique moelle » (Rabelais) d’un texte, il est bon de voir quel en est le contexte, pourquoi cela est dit ainsi à cet endroit.

Bien sûr, nous pourrions parler, dans l’abstrait, de la toute-puissance et de l’omniscience du Dieu de l’univers, un peu comme dans un cours de dogmatique. Mais ce n’est pas là l’intention de Dieu dans notre texte.

Il veut que nous en retirions quelque chose qui nous édifie, qui nous construit, qui affermit notre foi en lui. Il ne fait pas de la théorie ; il répond à des questionnements, il intervient dans une situation. Et cela, on ne le comprend réellement qu’avec les six derniers versets.

En fait,

A CEUX QUI DISENT :

« Ma situation échappe à l’Eternel,

mon droit passe inaperçu à mon Dieu ! »

L’ETERNEL REPOND

1. qu’il « ne se fatigue pas »,

« ne s’épuise pas », et

que « son intelligence est impénétrable. »

2. qu’il « donne la force à celui qui est fatigué » et « qui compte sur lui. »

Y Y Y 1 Y Y Y

A ceux qui disent :

« Ma situation échappe à l’Eternel,

mon droit passe inaperçu à mon Dieu ! »

L’Eternel répond

qu’il « NE SE FATIGUE PAS »,

« NE S’ÉPUISE PAS »,

et que « SON INTELLIGENCE EST IMPÉNÉTRABLE. »

Lequel d’entre nous n’a pas déjà connu le découragement, le doute, peut-être même un véritable coup de blues ? Lequel d’entre nous, s’il ne l’a pas formulé ainsi, n’a pas au moins déjà eu l’impression : « Ma situation échappe à l’Eternel, mon droit passe inaperçu à mon Dieu ! » (v. 27) ?

Oh ! certes, je le sais, je l’ai appris au catéchisme, je l’entends dans les cultes et les études bibliques, je le lis dans la Bible : « Son pouvoir est si grand, sa force si puissante ! » (v. 26)

Mais pourquoi alors dois-je ainsi me battre ? Pourquoi, malgré mes prières – ou ai-je déjà cessé de prier ? – rien ne change ? Pourquoi n’intervient-il pas ? Ne serait-il pas aussi puissant qu’il l’affirme ? Ou ce que je vis lui serait-il indifférent ?

Comme pour le peuple d’Israël, notre foi en Dieu est parfois mise à rude épreuve, avouons-le. Nous avons parfois à faire le grand écart entre les affirmations de la toute-puissance de Dieu et notre situation qui ne change guère, entre les affirmations de la sainteté de Dieu et l’injustice que nous subissons, entre les affirmations que Dieu sait et voit tout et notre épreuve qui ne se débloque pas d’un centimètre.

C’est ce que vivait le peuple d’Israël à l’époque du prophète Esaïe. Le Royaume d’Israël avec Samarie pour capitale, au nord, était tombé sous les assauts de la puissance assyrienne, et le petit Royaume de Juda avec Jérusalem pour capitale, au sud, craignait de passer pareillement à la casserole.

Cela ne démontrait-il pas que l’Eternel n’était pas si fort que ça ? Que les idoles de pierre, de métaux précieux, et même de bois, des peuples païens avaient d’autres ressources, profitaient davantage à leurs adorateurs ?

Et nous, comme cela est aussi arrivé aux psalmistes, nous voyons que les incroyants autour de nous ne s’en sortent apparemment pas si mal sans Dieu. Ne devrions-nous pas aller voir ailleurs ? Chercher le salut dans l’argent, dans la carrière, dans la science ? Ou dans l’islam ou les religions orientales ? Voire dans les religions celtiques de l’ancienne Gaule qui connaissent, effectivement, un certain renouveau, bien que marginal, en Bretagne ? Ou consulter la myriade de diseurs de bonne aventure qui s’affichent dans les magazines et sur la toile ?

Si le bonheur peut amener certains à trouver Dieu superflu, le malheur aussi peut détourner de Dieu. L’épreuve peut rendre aveugle. La souffrance, qu’elle soit physique ou autre, peut nous cacher Dieu, peut nous faire oublier qui il est, ce qu’il a fait pour nous et continue de faire pour nous.

Dieu essaye de secouer les siens dans leur torpeur. Il essaye de leur ouvrir les yeux, de les faire sortir de leur aveuglement. Il le fait en nous demandant de réfléchir à toute une série de questions.

Il utilise pour cela Esaïe comme porte-parole. Heureux sommes-nous si, quand nous sommes désemparés, nous avons un Esaïe qui nous fait réfléchir aux questions qui réveillent !

Heureux sommes-nous si, quand nous somme au fond du trou et que nous nous y accrochons, Dieu place à nos côtés ou nous fait rencontrer quelqu’un qui nous fait réfléchir au caractère insensé de notre attitude.

Aux Israélites, Dieu dit que les nations – y compris les superpuissances – ne sont qu’une « goutte d’eau », que « de la poussière » dans sa main (v. 15). « Toutes les nations sont réduites à rien devant Lui, elles comptent moins à ses yeux que le néant et le vide » (v. 17).

Et effectivement : Où est la puissance assyrienne aujourd’hui ? – Balayée 90 ans après avoir écrasé Israël. Où est la puissance babylonienne qui a vaincu Juda et Jérusalem 25 ans plus tard ? – Disparue également. Où est la puissance de l’Egypte antique avec sa civilisation sans pareille ? – Disparue !

Tenez, en parlant de l’Egypte, cela nous ramène à l’actualité. Mais nous pourrions tout aussi bien songer au fameux « Bloc de l’Est » ou à la royauté française, voire aux deux empires napoléoniens. Les puissances sont éphémères. Elles passent. Dieu, lui, est toujours là. « C’est lui qui réduit les dirigeants à rien, qui rend les juges de la terre pareils à du vide. » (v. 23)

Et avec les différentes civilisations passent aussi leurs idoles, aussi bien les anciennes en pierre, en métal ou en bois, que les nouvelles : les richesses, l’immoralité et j’en passe.

Non, quand cela va mal, ne nous tournons pas vers ces leurres pour remplacer Dieu. L’argent, la carrière, les biens ne sont pas à rejeter en tant que tels. Ce sont des bénédictions que nous devons à Dieu pour l’entretien et le bonheur de cette vie. Au point d’ailleurs, que Dieu protège les biens avec le 7ème Commandement : « Tu ne commettras pas de vol ! » (Ex 20.15), au point aussi qu’il bénit le travail honnête ou les traitements médicaux.

Mais n’en faisons pas nos dieux, nos idoles. N’organisons pas nos existences autour d’elles, rien que pour elles, comme si notre salut et notre bonheur provenaient d’elles. Ne pensons pas que cela pourrait remplacer Dieu.

Dieu nous demande : « A qui me comparerez-vous pour que je lui ressemble ? » (v. 25) Il est vrai, si Dieu nous a « créés à son image » (Gn 1.26-27) de sainteté et de perfection, une fois tombés dans le péché, les humains se sont forgés des idoles à leur image pécheresse. Les dieux imaginés par les mythologies de l’Antiquité formaient des couples, avaient des enfants, commettaient l’adultère, exerçaient des professions, se battaient, et se tuaient tout comme les humains.

Et aujourd’hui, le monde se fabrique une moralité qui lui ressemble, « à l’image » de ses tendances pécheresses. Ce n’est guère différent.

« Et vous voudriez "me comparer" à eux, même les préférer à moi ? » demande Dieu. Mais « levez [donc] les yeux vers le ciel et regardez ! Qui a créé cela ? » (v. 26)

« Qui a mesuré les océans dans le creux de sa main ? Qui a fixé les dimensions du ciel dans une mesure et fait tenir toute la poussière de la terre dans un tiers de mesure ? Qui a compris l’Esprit de l’Eternel et quel homme a été son conseiller pour l’instruire ? Avec qui a-t-il délibéré pour se laisser éclairer par lui ? Qui lui a appris le sentier du droit, lui a enseigné son savoir-faire et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ? » (v. 12-14)

Personne ! A toutes ces questions il n’y a qu’une seule et même réponse : Personne ! Personne n’a « été son conseiller pour l’instruire », personne ne « comprend l’Esprit de l’Eternel », personne ne lui a « enseigné son savoir-faire », personne ne « lui a fait connaître le chemin de l’intelligence ». Tout cela il l’a décidé et accompli par sa seule sagesse, par sa seule puissance. Il est le Dieu unique. Le remplacer, c’est s’appuyer sur du « néant » et du « vide » (v. 17).

Faisons-lui confiance ! « Il ne se fatigue pas, il ne s’épuise pas. Son intelligence est impénétrable. » (v. 28)

Y Y Y 2 Y Y Y

A ceux qui disent :

« Ma situation échappe à l’Eternel,

mon droit passe inaperçu à mon Dieu ! »

L’Eternel répond

qu’il « DONNE LA FORCE À CELUI

QUI EST FATIGUÉ »

et « QUI COMPTE SUR LUI. »

Dieu répond ici à deux doutes qui peuvent s’insinuer en nous. Il veut nous rassurer sur deux points qui risquent de nous déstabiliser. Il veut nous montrer comment il agit en fait quand nous avons l’impression que notre situation lui échappe et qu’il ne nous traite pas comme nous le méritons.

« Pourquoi dis-tu […] et pourquoi affirmes-tu […] : "Ma situation échappe à l’Eternel !" ? » (v. 27) Evidemment, quand cela nous arrive, c’est que nous ne voyons rien bouger : la guérison se fait attendre, le chômage ne trouve pas de solution, les tensions dans la famille ou la parenté perdurent.

Mais après tout ce que nous venons d’entendre, cela ne peut pas être dû à l’impuissance de Dieu : sa puissance est illimitée. Cela ne peut pas davantage être dû à son indifférence à notre égard. Dans le chapitre suivant, il continue son discours. Là il précise : « Je t’ai choisi et ne te rejette pas. Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu. Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens […] » (Es 41.9-10)

Ah bon ! Et comment cela, si je ne vois toujours rien bouger ? C’est que dans sa grande bonté et son immense sagesse, notre Père céleste « sait de quoi nous avons besoin » (Mt 6.8). Il sait aussi quand et comment nous venir en aide. Il nous connaît mieux que nous-mêmes, nous, nos besoins, nos forces et nos faiblesses, et « il ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces ; mais avec la tentation, » avec l’épreuve que nous traversons, « il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que nous puissions la supporter » (1 Co 10.13).

Par Esaïe, Dieu nous promet : « Ceux qui comptent sur l’Eternel renouvellent leur force. » (v. 31) Là aussi s’applique cette question de Paul : « Si Dieu est pour nous, » lui, le Dieu à l’amour fidèle et au pouvoir illimité, « qui sera contre nous ? » (Rm 8.31) qu’est-ce qui pourra réellement nous nuire, puisqu’il « masterise » tout, pour parler comme les jeunes ?

« Comptons sur l’Eternel », faisons-lui confiance : entre ses mains nous sommes entre de bonnes mains, des mains qui protègent et qui bénissent, des mains qui rassurent et qui ne faiblissent jamais.

Avec cette foi ou « confiance », nous reprendrons courage, nous retrouverons la force de nous en remettre avec patience à sa direction des affaires, car « il agira » (Ps 37.5)

Et surtout, ne pensons pas qu’il nous traite contrairement à ce à quoi nous avons « droit ». Dieu nous demande, car il connaît nos dérapages : « Pourquoi dis-tu […] et pourquoi affirmes-tu […] : "Mon droit passe inaperçu à mon Dieu !" ? » (v. 27)

Car nous avons « des droits » auprès de Dieu ! Peut-être qu’on ne le souligne pas assez. Trop souvent on se cantonne à répéter à longueur de jours et d’années – et de cultes ! – que nous sommes pécheurs et sauvés par la seule grâce de Dieu en Jésus-Christ. C’est vrai, et c’est la base de tout. Mais on oublie de dire et de chanter ce que Jésus a fait de nous en nous sauvant : des enfants de Dieu avec des droits.

Après avoir confessé nos péchés avec humilité et reçu l’absolution au début du culte, nous ne devrions plus continuer à avancer dans le culte en continuant à craindre les coups : avec l’absolution nous pouvons avancer redressés, heureux et fiers des droits qui sont désormais les nôtres. Certes, pas des droits innés, mais des droits acquis, acquis par notre Seigneur Jésus-Christ. En nous faisant racheter par son Fils, en nous adoptant comme ses enfants, il nous a accordé des droits immenses.

« Vous êtes tous fils et filles de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu Christ ! » (Ga 3.26-27) Dieu nous voit à travers son Fils, comme frères et sœurs de son Fils, avec des droits d’enfants de Dieu. Paul nous rappelle que nous avons été « adoptés » et avons maintenant les droits propres à des enfants, aux enfants de Dieu. (Rm 8.15)

Il est vrai, comme les Israélites, tout se passe parfois comme si « mon droit passait inaperçu de mon Dieu » (v. 27), comme si Dieu oubliait mes droits d’enfant, le droit à sa protection, le droit à ses soins, le droit à son aide.

Ce n’est qu’une impression. Non pas que nos souffrances ou nos épreuves ne soient qu’imaginaires : elles sont bien réelles. Mais ce n’est pas le signe que Dieu renierait les droits que son Fils nous a acquis. Dieu « reste fidèle, il ne peut se renier lui-même » ni les droits qu’il nous a accordés (2 Tm 2.13).

Ayons confiance en notre Dieu d’amour. Il n’est pas amnésique, il sait ce à quoi nous avons droit grâce à Jésus, il sait ce qu’il s’est engagé à nous prodiguer comme soins dans l’alliance du Baptême.

Faisons-lui confiance. Il a ses raisons quand il nous donne l’impression d’avoir oublié qu’il est notre Père et que nous sommes ses enfants, quand nous avons l’impression qu’il oublie ses devoirs de Père.

Tenez, écoutez ce qu’il nous dit quelques chapitres plus loin (nous allons terminer avec cette merveilleuse promesse) : « Moi, je ne t’oublierai jamais. Vois ! je t’ai gravé sur mes mains. » (Es 49.15-16)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 23 janvier 2011 - 3ème Dimanche après l’Epiphanie

3ème Dimanche après l’Epiphanie

Texte : Jn 4.46-54

Chants proposés :

Toi qui disposes De toutes choses LlS 17 : 1-3

Mon Dieu, prête-moi l’oreille, LlS 292 : 1-4

La croix que Dieu me donne LlS 289 : 1-4

Gloire et louange au Dieu secourable LlS 161 : 1-3

46 « Jésus retourna à Cana en Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Il y avait à Capernaüm un officier du roi dont le fils était malade.

47 Quand il apprit que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla le trouver et le pria de descendre guérir son fils, car il était sur le point de mourir.

48 Jésus lui dit : "Si vous ne voyez pas des signes et des prodiges, vous ne croirez donc pas ?"

49 L’officier du roi lui dit : "Seigneur, descends avant que mon enfant ne meure !"

50 "Vas-y," lui dit Jésus, "ton fils vit." Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et s’en alla.

51 Il était déjà en train de redescendre lorsque ses serviteurs vinrent à sa rencontre et lui dirent : "Ton enfant vit."

52 Il leur demanda à quelle heure il était allé mieux, et ils lui dirent : "C’est hier, à une heure de l’après-midi, que la fièvre l’a quitté."

53 Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : "Ton fils vit." Alors il crut, lui et toute sa famille.

54 Jésus fit ce deuxième signe miraculeux après être revenu de Judée en Galilée.

Chers proches du Christ qui prend soin de vous !

« Prend-t-il vraiment soin de nous ? » nous demandons-nous parfois. « Se soucie-t-il vraiment de ce qui nous arrive ? » Ce n’est pas qu’aujourd’hui que ce questionnement s’insinue parfois dans les esprits.

Nous pensons parfois : « Ah ! si seulement Jésus se promenait aujourd’hui dans les rues de notre ville, au lieu de l’avoir fait il y deux mille ans à Cana, à Capernaüm et ailleurs en Palestine ! Nous nous adresserions à lui, comme Marie lors des noces à Cana, comme l’officier royal de Capernaüm venu le rencontrer, également à Cana ! »

Mais c’est, là, oublier plusieurs choses.

La mission de Jésus n’était pas de guérir tous les malades : la plupart n’ont pas été guéris et, d’ailleurs, même ceux qu’il a guéris sont retombé malades et sont morts un jour, comme ce sera, un jour aussi notre cas, après avoir connu une ou plusieurs guérisons au cours de la vie.

Quand Jésus a fait des miracles en intervenant pour résoudre un problème, c’était toujours pour appuyer sa prédication, non pas pour le miracle en lui-même. D’ailleurs, la Bible appelle ses miracles des « signes » (v. 54), des événements qui portent un message : celui de la Seigneurie toute-puissante de Jésus.

Ceci étant, ce n’est pas parce que nous ne pouvons plus le rencontrer au coin de nos rues qu’il serait déconnecté de nos vies. Il y est même intimement impliqué.

D’abord parce qu’il nous a chèrement rachetés pour que nous puissions être en sécurité auprès de lui.

Ensuite parce qu’« il a le pouvoir de tout soumettre à son autorité » (Ph 3.21) et que « sa domination est une domination éternelle qui ne cessera pas » (Dn 7.14)

L’événement relaté dans notre texte – la guérison du fils d’un « officier du roi » Hérode Antipas (v. 46) – « deuxième signe miraculeux » opéré par Jésus à Cana (v. 54), a-t-il quelque chose à nous apprendre ? nous concerne-t-il ?

Bien entendu ! Il nous montre comment

JESUS INTERVIENT EN SEIGNEUR

POUR LE BIEN DES SIENS

1. qui ont foi en lui,

2. qui grandissent dans la foi au contact de sa Parole,

3. qui lui attribuent les bienfaits.



X X X 1 X X X

Jésus intervient en Seigneur

pour notre bien qui avons foi en lui

La première chose qui me frappe à cette lecture, c’est que Jésus n’a pas de parti pris à l’encontre de quelque classe sociale ou politique que ce soit. « Un officier du roi » Hérode Antipas parmi les croyants ! Pour un scoop, c’en est un !

Notez les différences avec l’autre histoire, entendue lors des lectures liturgiques de ce jour (Mt 8.5-13) : S’ils habitaient tous les deux à Capernaüm, pour « l’officier du roi » c’est un fils qui est malade, pour « l’officier romain » c’est un serviteur ; « l’officier du roi » demande à Jésus de « descendre » de Cana à Capernaüm pour guérir son serviteur, « l’officier romain » n’en demande pas tant : « Dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri ! » (Mt 8.8)

Heureusement que Jésus n’attend pas de nous « une aussi grande foi » (Mt 8.10) que celle, donnée en exemple, de « l’officier romain » ! Heureusement qu’il ne se détourne pas de ceux qui n’ont que la foi de « l’officier du roi », ou celle, vacillante de ce père qui s’est écrié : « Je crois, viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9.24).

Jésus avait pourtant une piètre opinion d’Hérode Antipas et de sa clique. N’avait-il pas mis ses disciples en garde : « Méfiez-vous du levain d’Hérode ! » ? (Mc 8.15)

Mais notre Seigneur ne fait pas d’amalgame, il sait faire la part des choses. Même au milieu d’un groupe à la moralité dépravée peuvent subsister des personnes honorables. Rappelez-vous « Abdias, le chef du palais » de l’immoral roi Achab ! Non seulement il était resté croyant, mais en plus il cachait et nourrissait une centaine de prophètes. (1 R 18.2-16)

Cela me rappelle mon amie, Viola Fronkova, de Bratislava en Slovaquie, qui, du temps du régime communiste agressivement athée, travaillait dans un ministère le jour et, le soir, animait des cercles bibliques dans la clandestinité.

Non, Jésus intervient « pour le bien de tous ceux qui l’aiment »(Rm 8.28), qu’ils soient israélites ou slovaques ou français, quel que soit le régime sous lequel ils vivent, et quelle que soit leur occupation, pourvu qu’ils mènent une vie de repentance et de foi en lui.

Ainsi il a reçu dans le cercle intime des apôtres un « Matthieu », ancien percepteur des Romains, catégorie de gens qui était connus pour être collabos et voleurs, mais aussi un ancien terroriste, « Simon le zélote ».

Et dans notre texte, il ne se détourne pas de cet officier d’un roi décrié pour ses mœurs immorales. Que cela nous soit une leçon : Jésus se préoccupe de tous les humains : nous aussi, ne faisons pas de discrimination ou de ségrégation entre les gens.

Mais que Jésus se préoccupe de tous, c’est aussi d’un immense réconfort pour nous-mêmes : donc, nous aussi, nous ne sommes pas exclus de son intérêt, de sa sollicitude, de ses préoccupations, quoi que nous ayons pu faire, quelle que puisse parfois être notre impression contraire.

« Le fils de l’officier du roi était malade » (v. 46). Jésus ne se détourne pas de cet homme. Il ne refuse pas de lui venir en aide. Oh ! il lui est arrivé de refuser de faire des miracles, « à cause de leur incrédulité », comme à Nazareth. (Mt 13.58)

Et avant de passer à l’acte, il dit à l’officier, mais ses paroles s’adressent en fait à la foule, car il parle au pluriel : « Si vous ne voyez pas des signes et des prodiges, vous ne croirez donc pas ? » (v. 48)

« L’officier du roi » montre que si. Lui, il croit sans avoir vu. Quand Jésus lui dit : « "Vas-y, ton fils vit !", cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et s’en alla. » (v. 50)

Bien lui en prit de croire la parole du Christ ! « A l’heure où Jésus lui avait dit : "Ton fils vit." » (v. 53), son fils avait guéri à une trentaine de kilomètres de là !

Ne pensez pas qu’il était facile à cet homme de croire ce que Jésus lui disait. Il s’attendait à autre chose. Il voulait que Jésus vienne voir sur place et agisse en conséquence.

Il nous arrive aussi d’attendre autre chose. Tenez, quand Paul insistait pour que Dieu le délivrer d’un grave problème, Dieu lui a répondu : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Co 12.9) Il a vraiment dû avoir confiance en Jésus pour croire que Dieu agirait puissamment en le laissant dans son épreuve.

Ayons confiance en Jésus qui est allé subir la colère de Dieu et les souffrances de l’enfer à notre place pour nous les éviter ! Ayons confiance en lui, même si sa façon d’agir ne correspond pas à ce que nous pensions, ou quand sa réponse est différente. « Tout pouvoir lui a été donné » (Mt 28.18) nous dit-il : il peut en user pour notre bien, et il va en user pour notre bien.

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Jésus intervient en Seigneur

pour notre bien qui affermissons notre foi

au contact de sa Parole

Il est vrai, comme je l’ai déjà dit, qu’il n’est pas simple ni facile de faire confiance à Jésus, surtout, en plus, quand rien ne marche comme prévu ou souhaité. Non seulement ce n’est pas simple, c’est même impossible sans l’intervention du Saint-Esprit à travers l’Evangile.

Rappelez-vous le début de l’explication du 3ème Article du Credo dans le « Petit Catéchisme » de Martin Luther : « Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ mon Seigneur ni aller à lui. » Cela nous le confessons en nous fondant sur des paroles bibliques comme celle-ci : « Personne ne peut dire : "Jésus est le Seigneur !" si ce n’est par le Saint-Esprit. » (1 Co 12.3)

Mais nous continuons aussi à confesser avec Luther : « […], mais c’est le Saint-Esprit qui, par l’Evangile, m’a appelé, éclairé de ses dons, sanctifié et maintenu dans la vraie foi. »

Les paroles que Jésus a adressées à « l’officier du roi » ont fait leur effet, ont touché ce père éprouvé. Cela me rappelle que Jésus a dit un jour : «"Les paroles que je vous dis sont Esprit et vie" » (Jn 6.63) ; à travers mes paroles le Saint-Esprit produit la vie spirituelle de la foi, en attendant de faire suivre la vie éternelle. »

Chers amis, ne l’oublions jamais ! Il y en a qui disent qu’ils n’ont pas besoin d’aller au culte pour être sauvés. C’est vrai, le culte n’est pas une œuvre méritoire, on n’y va pas pour se mériter le salut, on y va parce que c’est le lieu où Dieu nous soigne, nous guérit, nous réconforte et nous arme pour affronter la vie, pour affronter la vie et la mort. C’est « l’assemblée » que Dieu ne veut pas que nous « abandonnions » (Hé 10.25), évitions ou ne fréquentions que rarement, car ce faisant nous empêchons le Saint-Esprit de nous faire grandir dans la foi, même de nous maintenir dans la foi, à travers la Parole et les sacrements.

« L’officier du roi » entendit les paroles de Jésus. C’est ce qui l’a amené à placer sa foi en lui. La Bonne Nouvelle que Jésus lui a annoncée a affermi sa foi en Jésus.

Notre foi aussi, Jésus l’affermit quand nous venons l’écouter au culte, quand nous venons le rencontrer dans la Cène. Il nous y dit des choses tellement fortes, tellement rassurantes, si chargées d’espérance et d’encouragements que cela nous fait grandir dans notre foi en lui.

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Jésus intervient en Seigneur

pour notre bien

qui lui attribuons toute gloire

Quand nous échappons à un danger, quand nous guérissons d’une maladie, quand nous surmontons une épreuve, quand quelque chose nous réussit, à qui l’attribuons-nous, à qui en attribuons-nous la gloire ?

« Le père reconnut que Jésus » (v. 53) était à l’origine de la guérison de son fils. Il aurait pu être sceptique et dire : « C’est une coïncidence fortuite que mon fils ait été guéri "à l’heure même où Jésus lui avait dit : Ton fils vit." » (v. 53)

Il aurait pu dire : « Ce sont les soins que lui ont donnés ma femme et les autres soignants qui ont guéri mon fils. » Non, il en attribue toute gloire à Dieu.

Chers amis, ces dernières semaines, ces derniers mois, nous avons prié pour André Ménégaux comme « l’officier du roi » avait prié pour son fils mourant. Des semaines de coma … Que c’était long ! Quelle profusion de soins aussi ! Un jour, j’ai compté une vingtaine d’appareils et d’écrans de toutes sortes branchés sur lui.

Il y a un mois il est sorti du coma, la semaine dernière on a pu l’asseoir dans un fauteuil. Cette semaine il avait l’esprit clair et nous avons pu nous entretenir. Le lendemain – jeudi dernier – il a pu quitter le service de réanimation pour un centre de rééducation.

A mon arrivée dans le service, mercredi, une infirmière s’est approchée de moi, toute radieuse : « N’est-ce pas merveilleux ? Nous avons réussi ! »

Loin de moi le désir de vouloir minimiser les efforts, la quantité et l’intensité de soins fournis par ce service … mais quand nous avons été seuls, c’est avant tout le Seigneur que nous avons remercié d’avoir exaucé les prières de la famille, nos prières aussi, y compris dans nos cultes.

Nous pouvons le remercier pour la couverture sociale que nous avons, car aucun de nous ne pourrait se payer des mois de soins aussi intensifs.

Nous pouvons le remercier d’avoir accordé sa bénédiction aux soins et à l’accompagnement du personnel soignant. Nous savons avec Jacques : « Tout bienfait et tout don parfait viennent d’en haut ; ils descendent du Père des lumières » (Jc 1.17).

En disant cela, nous ne voulons pas minimiser le rôle des politiques qui ont mis notre couverture sociale en place, ni celui des médecins et du personnel soignant. Remercier Dieu ne nous dispense pas de remercier – et de les remercier avec chaleur et émotion – ceux que Dieu a utilisés pour nous faire du bien, pour nous sortir d’un mauvais pas.

Mais n’oublions jamais de « reconnaître » – comme « l’officier du roi »l’a fait – qu’en dernier recours nous le devons à notre Seigneur, que c’est à la bonté, à la sollicitude et à l’intervention de Dieu que nous le devons.

« Qu’en tout Dieu reçoive la gloire qui lui est due à travers Jésus-Christ. C’est à lui qu’appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles. Amen ! » (1 P 4.11)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du dimanche 16 janvier 2011 -2ème Dimanche après l’Epiphanie

2ème Dimanche après l’Epiphanie

 Texte : Ex 33.17b-23

Chants proposés :

Vous, tous les peuples de la terre, AeC 66 : 1-4

Tournez les yeux vers l’Eternel, AeC 153 : 1-3

C’est moi, c’est moi qui vous console AeC 228 : 1-5

17 « L’Eternel dit à Moïse : "[…] tu as trouvé grâce à mes yeux et je te connais par ton nom."

18 Moïse dit : "Fais-moi donc voir ta gloire !"

19 L’Eternel répondit : "Je ferai passer devant toi toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom de l’Eternel. Je fais grâce à qui je veux faire grâce, et j’ai compassion de qui je veux avoir compassion."

20 Il ajouta : "Tu ne pourras pas voir mon visage, car l’homme ne peut me voir et vivre."

21 L’Eternel dit : "Voici un endroit près de moi. Tu te tiendras sur le rocher.

22 Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que je sois passé.

23 Lorsque j’écarterai ma main, tu me verras par-derrière, mais mon visage ne pourra pas être vu." »

Chers frères et sœurs

désireux de « voir la gloire de l’Eternel » !

Histoire étonnante que celle que nous venons de lire. Déjà petit, elle m’avait intrigué dans le grand livre d’histoire sainte qui nous venait de la génération de mes parents. La seule chose que j’en retirais était la sensation de la grandeur, de la mystérieuse grandeur de Dieu.

Voici Moïse qui s’enhardit à vouloir « voir la gloire de l’Eternel » ! Qu’est-ce qui le pousse à faire une telle demande ? « La gloire de l’Eternel » ! Sait-il seulement ce qu’il demande ?

Est-il poussé par l’orgueil ? – Sans doute non, car Dieu ne le remet pas en place.

Est-il à ce moment-là si malheureux ou déçu ou affaibli par ce qu’il vit pour vouloir une preuve tangible de Dieu à ses côtés ? – Peut-être.

Pourtant, auparavant déjà, « la gloire de l’Eternel [lui] était apparue », à lui et au peuple, mais toujours sous « une représentation »symbolique (Nb 12.8) : soit elle « paraissait dans la nuée » (Ex 16.10), soit « elle avait l’apparence d’un feu dévorant » (Ex 24.17). En d’autres termes, « la gloire de l’Eternel » se manifestait sous une forme qui rendait le Dieu invisible visible aux hommes.

Pourtant, médiateur de l’ancienne alliance, intermédiaire par lequel Dieu a posé par écrit les bases de son alliance avec Israël, Moïse connaissait une intimité sans pareille avec Dieu. Dans notre histoire, est-il dit, « l’Eternel parlait avec Moïse face à face » (Ex 33.11), mais toujours, comme nous le dirions aujourd’hui, à travers un prisme déformant.

D’où sa demande : « Fais-moi donc voir ta gloire ! »

Un millénaire et demi plus tard, l’apôtre Paul indique : « Tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction afin que, par la persévérance et le réconfort que donnent les Ecritures, nous possédions l’espérance. » (Rm 15.4)

Qu’est ce que cette histoire a à nous apprendre ? En quoi nous apporte-t-elle du « réconfort » ? En quoi nous aide-t-elle à « persévérer » dans la foi et affermit-elle notre « espérance » ?

« FAIS-MOI VOIR TA GLOIRE ! »

1. Quand, le désir de voir sa gloire est-il le plus grand ?

2. Où Dieu nous fait-il voir sa gloire ?

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« Fais-moi voir ta gloire ! »

Quand ce désir est-il le plus grand ?

Que s’est-il passé dans la vie de Moïse ?

Il vient de prendre une grande claque. Il sort d’une énorme déception. Sur le Mont Sinaï, il a connu une expérience exaltante au plus haut point : Dieu lui a remis les Tables de la Loi « écrites du doigt de Dieu »(Ex 31.18), les Dix Commandements (Ex 20), ainsi que d’autres prescriptions (Ex 21-31).

Il s’attendait à de grandes liesses à son retour au milieu de son peuple. Et que découvre-t-il ? Le peuple s’est détourné de Dieu et s’est fabriqué une idole : le veau d’or ! Et Dieu menace de « les faire disparaître », de détruire le peuple ! (Ex 32.1-10)

Et c’est le bouleversement. Une véritable implosion en Moïse. Dieu où es-tu ? Dieu que fais-tu ? Existes-tu vraiment ? Es-tu aussi puissant, aussi majestueux que tu le dis ? « Fais-moi voir ta gloire ! »

Cela ne peut-il pas aussi nous arriver à l’occasion ? C’est aux moments les plus exaltants que surviennent des événements qui nous jettent par terre. Nous avons œuvré pour vivre quelque chose de beau, et quelque chose se met en travers et fait tout s’écrouler comme un château de cartes.

Ce peut être une maladie, la perte de l’emploi, l’échec d’un enfant dans ses études ou dans sa vie, un problème grave dans le couple. Ce peut aussi être, pourtant au milieu de l’annonce continue de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ, des problèmes dans la paroisse qui tendent à étouffer toute joie dans la foi.

« Pourquoi tous ces malheurs ? » crions-nous alors … En tout cas, cette interrogation nous hante alors. « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? J’avais de si beaux projets ! J’ai tout fait pour vivre heureux, épanoui ? Pourquoi cela a-t-il raté ? »

« Pourquoi, Eternel, te tiens-tu éloigné ? Pourquoi te caches-tu dans les moments de détresse ? » (Ps 10.1) « Pourquoi tout cela nous est-il » – m’est-il – « arrivé ? » (Jg 6.13)

« Dieu, que fais-tu ? Dieu, que peux-tu ? Pourquoi es-tu aux abonnés absents ? Je ne vois rien de ta puissance, je ne sens rien de ta fidélité ! Je n’entends que des paroles, je ne te vois qu’à travers le prisme des sacrements, sous l’apparence du pain et du vin ! "Fais-moi voir ta gloire !" Donne-moi quelque chose de plus tangible, de plus visible, de plus palpable ! Hic et nunc ! Ici ! Maintenant ! »

Dans le désarroi, nos idées ne sont plus très claires, nous avons du mal à faire la part des choses, et nous pouvons être amenés à demander à Dieu des choses quelque peu déplacées.

Bien entendu, le fort désir de voir la gloire de Dieu dès cette vie-ci est compréhensible, le désir de voir dès maintenant ce « qui nous est réservé dans le ciel » (1 P 1.4). Compréhensible, mais néanmoins déplacé.

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« Fais-moi voir ta gloire ! »

Où Dieu nous fait-il voir sa gloire ?

Une chose est certaine : tant que nous sommes sur terre, nous ne pouvons pas « voir la gloire de l’Eternel » directement. Même à Moïse Dieu a dit : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car l’homme ne peut me voir et vivre. » (v. 20)

Les mortels, les pécheurs que nous sommes, ne peuvent supporter de voir l’Eternel, le Saint, le Tout-Puissant, face à face. Vu notre condition actuelle, cela nous détruirait. « L’homme ne peut me voir et vivre. »

Les comparaisons valent ce qu’elles valent. Je m’y risque quand même. Vous savez : Nous ne pouvons regarder dans le soleil sans être aveuglés, nous ne pouvons supporter de le fixer, l’intensité de sa lumière détruirait la rétine de nos yeux. De façon analogue, les pécheurs que nous sommes ne pourraient soutenir le contact direct avec Dieu sans être consumés.

Nous avons du mal à supporter le spectacle de certaines choses – comme le soleil, ou un rayon laser – qui font, pourtant, tous partie de cette création. Il est encore moins possible, même tout à fait impossible, de soutenir le regard du Créateur tant que nous serons sur terre, tant que nos corps ne seront pas « transformés » et « rendus conformes au corps glorifié » de notre Seigneur ressuscité (Ph 3.21). Le spectacle de sa gloire nous consumerait.

Pourtant Dieu ne veut pas entièrement se soustraire à nos sens. Il ne veut pas que nous n’ayons aucun contact avec lui. Au contraire, il le recherche, ce contact.

Le cas de Moïse est tout à fait particulier. Sa place est unique dans le plan de salut de Dieu. Dieu l’appelle le « grand prophète », celui qui préfigure le Messie Sauveur (Dt 18.18).

Dieu lui a accordé une intimité telle que nous ne pouvons qu’en prendre note, sans réellement la comprendre.

Nous pourrions passer des jours à philosopher sur ce que veut dire : Moïse a « vu Dieu par-derrière » (v. 23), alors que Dieu est un esprit omniprésent. Le surnaturel, le divin, ce qui vient d’en-dehors de la création, n’est pas compréhensible aux créatures que nous sommes, si cela ne nous est pas expliqué, au moins de façon approximative par des comparaisons.

Plus tard, Dieu accordera à Paul une expérience analogue, mais l’apôtre dit qu’il ne peut pas en parler parce qu’il ne peut pas l’expliquer, il ne peut même pas répéter ce qu’il a entendu « au paradis », tant cela ne peut être formulé en langage de mortels. (2 Co 12.1-4)

Mais dans les deux cas, aussi bien chez Moïse que chez Paul, la chose importante, ce n’est pas ce qu’ils ont vécu, mais ce qu’ils ont entendu. Et qu’est-ce que Dieu a dit à Moïse ? – « Je ferai passer devant toi toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom de l’Eternel » (v. 19).

« L’Eternel » – adaptation française du nom hébreu « Yahweh »  fait référence à l’alliance que Dieu a conclue. « L’Eternel », c’est ainsi que se présente le Dieu de l’alliance, le Dieu qui s’est abaissé pour s’allier avec nous et nous hisser à lui.

« L’Eternel », c’est un nom chargé de « bonté », de « grâce » et de « compassion » envers nous (v. 19). C’est d’ailleurs avec ces trois bienfaits que Dieu se présente devant Moïse : avec sa « bonté », sa « grâce » et sa « compassion »envers nous. C’est en cela que consiste « la gloire » que l’Eternel veut révéler à Moïse. C’est encore aujourd’hui le contenu – même le summum ! – de sa gloire qu’il nous révèle à nous aussi.

Voici comment il fait comprendre à Moïse la proximité et l’intimité qu’il entretient avec lui : « Je te connais par ton nom » (v. 17).

C’est exactement ce qu’il nous dit à nous aussi par le prophète Esaïe : « N’aie pas peur, car je t’ai racheté. Je t’ai appelé par ton nom : tu m’appartiens ! […] En effet, je suis l’Eternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur. […] Tu as de la valeur à mes yeux […] tu as de l’importance et […] je t’aime. […] N’aie pas peur, car je suis moi-même avec toi. » (Es 43.1+3-5)

C’est dans les promesses de son Evangile que Dieu nous révèle sa gloire, sa grandeur, sa majesté. C’est là que sa gloire nous est proche, devient palpable ; c’est là qu’elle nous réchauffe le cœur.

Que pouvons-nous imaginer de plus grand, de plus glorieux, que le Dieu de l’univers, le Créateur du Monde, le Trois-fois-saint, nous dire : « N’aie pas peur ! » « Je te connais par ton nom ! » « Je t’ai racheté ! » « Tu m’appartiens ! » ?

Voici un Dieu qui s’anéantit pour nous glorifier, un Dieu qui met sa gloire à tout faire pour que nous puissions nous savoir pardonnés et élevés et en sécurité dans son alliance de grâce et de vie !

Alors, quand notre cri de cœur rejoint celui de Moïse : « Eternel, fais-moi voir ta gloire ! », ne cherchons pas sa gloire là où il ne nous a pas promis de nous la montrer, ne la cherchons pas dans des trucs tape-à-l’œil – bien qu’il continue à opérer des miracles par pure grâce, mais quand il l’a librement décidé –.

Non, cherchons à voir sa gloire là où il la déploie : dans sa Parole et ses sacrements, là où il nous montre ce qu’il a fait pour nous et ce qu’il a fait de nous, là où il nous montre ce qu’il est pour nous et ce qu’il veut rester pour nous : notre Allié pour ce temps et pour l’éternité.

Venons à ses rendez-vous nous réchauffer aux rayons de sa gloire de divin Allié ! Cela nous aidera à faire face à la froideur de ce monde.

« Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyés tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Co 10.13)

Venons l’écouter dans sa Parole et le rencontrer dans la Cène ! Venons nous laisser éclairer par sa lumière éternelle ! Donnons-lui l’occasion de nous réconforter et d’affermir notre foi ! Ainsi nous saurons mieux relever les défis et résister aux ténèbres de ce monde.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig