2012

Sermon du dimanche 30 Décembre 2012

 

1er dimanche après Noël

 

Sache qui tu es

Luc 2.41-52

Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Lorsqu'il eut 12 ans, ils y montèrent avec lui comme c'était la coutume pour cette fête. Puis, quand la fête fut terminée, ils repartirent, mais l'enfant Jésus resta à Jérusalem sans que sa mère et Joseph s'en aperçoivent. Croyant qu'il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, tout en le cherchant parmi leurs parents et leurs connaissances. Mais ils ne le trouvèrent pas et ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres ; il les écoutait et les interrogeait. Tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. Quand ses parents le virent, ils furent frappés d'étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous ? Ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. » Il leur dit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth et il leur était soumis. Sa mère gardait précieusement toutes ces choses dans son cœur. Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Nous voilà deux jours avant le nouvel an. Je suppose que vous avez déjà programmé ce vous ferez demain pour le réveillon Avez-vous aussi pris des résolutions du nouvel an ? Ce n’est pas tout le monde qui prend des résolutions du nouvel an et peut-être que vous n’en prenez pas.  Mais même si vous n’en prenez pas, vous avez certainement songé à ce que vous voudriez devenir ou faire en 2013.  Sans doute avons-nous tous pensé à notre santé ou à notre forme et à comment les améliorer. Ou peut-être que vous avez dû réfléchir de près à votre situation économique, et avez décidé de prendre ou perdre certaines habitudes. Bref vous avez pensé à votre mode de vie pour l’année prochaine.

Alors, par qui ou par quoi vous laisserez-vous guider dans vos décisions ? Avez-vous un ami ou voisin que vous admirez ? Pensez-vous l’imiter ? Y a-t-il un film ou une émission de télévision qui présente le style de vie qui vous conviendrait ? Pensez-vous vous transformer radicalement, opter pour une remise en forme de votre corps ? Ou êtes-vous confus, incertain de savoir comment vous y prendre ? Trouvez-vous difficile de prendre de telles décisions ? Si oui, notre lecture de l’Evangile a un mot à vous dire.

Jésus aussi a dû prendre des décisions, même étant très jeune. Nous venons d’écouter comment, n’ayant que douze ans, il est resté dans le temple quand sa famille est allée à Jérusalem. Pourquoi est-il resté en ville car cela a donné beaucoup d’angoisse à ses parents ? Sa réponse a été, «Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » Jésus est resté à Jérusalem parce qu’il se savait le Fils de Dieu. Son identité a déterminé ses actions. Sachant qui il était, il a su que faire. Et je propose aujourd’hui cette idée comme guide pour nous tous : si tu connais Jésus, alors tu te connaitras, et tu sauras dans une certaine mesure ce qu’il te faut faire dans le nouvel an et dans toute ta vie.

L’idée principale de ce récit de l’Evangile est cette parole de Jésus à ses parents : « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » En fait, ce sont les premiers mots du Christ que nous possédons, et les seuls des premiers 30 ans de sa vie. Par conséquent, ils doivent être importants ! « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? »

Une raison pour laquelle cette parole est importante, c’est que nous y voyons qui est Jésus. Durant le temps de l’Ancienne Alliance, le temple à Jérusalem était la maison de Dieu, le lieu où il avait mis son nom et sa présence d’une façon particulière. C’était dans ce temple que l’on présentait ses offrandes et ses sacrifices et où l’on invoquait le nom de Dieu. Les Juifs devaient s’y rendre pour les fêtes comme la Pâque ce qui fait que Jésus était au temple. C’était bien le lieu des affaires de Dieu.

Jésus dit à Marie qu’elle aurait dû savoir qu’il devait y être parce qu’il devait s’occuper des affaires de son Père. Cela implique, évidement, que Dieu est son Père. Or, apparemment tout Juif pouvait appeler Dieu son père car l’Evangile de Jean raconte comment des Juifs qui, se disputant avec Jésus, ont dit, « Nous, nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un seul Père : Dieu. » Mais manifestement, Luc veut nous faire comprendre que Jésus voulait dire beaucoup plus que cela quand il a appelé Dieu son Père. Les circonstances de sa naissance par exemple, l’annonce par l’ange Gabriel, la conception virginale, et puis son ministère plus tard, tout cela nous montre ce que Jésus veut dire quand il appelle Dieu son Père. Il avait un lien de parenté que nul autre ne peut avoir. Il était et reste divin.

Cela nous est difficile à comprendre car c’est hors de notre expérience. Aussi Marie et Joseph, même après les événements de sa naissance, avaient du mal a saisir cette conscience divine de leur fils. Luc dit simplement, « Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. »

Mais Jésus comprenait ce qu’il disait. Même à l’âge de 12 ans il savait qu’il était de Fils de Dieu. Il n’était pas un ado inquiet qui cherchait son identité et sa place dans la vie. Il ne cherchait pas à s’intégrer dans la bande populaire et ne s’inquiétait pas de comment on le voyait. Il ne se demandait pas ce qu’il deviendrait plus tard dans la vie. Tout cela lui était très clair. Il s’occuperait des affaires de son Père. Il lui en fallait ! Il était bien le fils de son Père.

Il y a des critiques de la Bible et de la foi Chrétienne qui disent que Jésus ne se croyait pas le Messie, ne se savait pas divin et ne l’a jamais dit, que c’est une doctrine créée par l’Eglise. Mais ils ont tort ; car dans les Evangiles de la Bible, les seules véritables sources de la vie et des paroles de Jésus, Jésus expriment cette conscience messianique et ce sont les autres qui ne comprennent pas. Pour ne prendre qu’un exemple, trois fois Jésus a annoncé sa passion aux disciples en se servant du titre messianique, le Fils de l’homme, et en précisant que cela se passerait conformément à ce que les prophètes avaient dit : Jésus prit les douze avec lui et leur dit : « Nous montons à Jérusalem et tout ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l'homme va s'accomplir. En effet, il sera livré aux non-Juifs, on se moquera de lui, on l'insultera, on crachera sur lui et, après l'avoir fouetté, on le fera mourir ; le troisième jour il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprirent rien à cela : c'était pour eux un langage obscur, des paroles dont ils ne saisissaient pas le sens. Lc 18.31-34.

« Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? »Cette parole est importante aussi à cause de ce que Jésus a fait. Juste après sa naissance, ses parents l’ont présenté dans le temple et ont offert les offrandes stipulées par la Loi de Moïse. Cela faisait partie de l’obéissance de Jésus et de son accomplissement de la Loi pour nous. Maintenant Jésus et ses parents sont encore à Jérusalem, la cité de Dieu, pour célébrer la Pâque en obéissance à la Loi. Les savants bibliques nous disent que,

« A sa majorité religieuse, d’ordinaire à l’âge de 13 ans, l’enfant juif devenait bar mitsvah, c’est-à-dire “fils du précepte”. Il était dès lors tenu aux prescriptions de la Loi, et notamment à celles concernant les fêtes de pèlerinage… Dans le récit de Lc, Jésus semble anticiper ce moment, et sa venue au Temple apparaît comme l’accession libre et décidée à sa majorité religieuse. » [1]

Jésus faisait de bon cœur tout ce que Dieu avait prescrit dans la Loi et les prophètes. Et cela pour se substituer à nous.

La fête de la Pâque aussi était signifiante parce qu’elle était la commémoration de l’Exode, le grand acte de Dieu de la libération d’Israël, l’événement qui avait établi le peuple d’Israël et lui avait donné son caractère. L’Exode dominait la perspective de l’Ancienne Alliance et la Pâque en était le souvenir. Israël connaissait l’Eternel principalement comme celui qui l’avait libéré de l’esclavage en Egypte, qui l’avait conduit à travers le désert et qui lui avait donné des instructions et des commandements.

Nous devrions constater également, que Luc ne mentionne que deux Pâques, celle-ci et la dernière, quand Jésus a été livré et crucifié. Dans cette optique, on voit que le jeune Jésus se préparait pour devenir notre agneau pascal, celui qui serait sacrifié pour nous libérer du péché, de la mort, et de la puissance du diable. Et comme les Juifs avaient part à l’Exode au moyen de la Pâque, de même nous avons part au sacrifice du Christ au moyen de la Sainte Cène.

Après la Pâque, Jésus est parti avec ses parents pour aller à Nazareth et il leur était soumis. Bien que Jésus comprenne ce que ses parents ignoraient, bien qu’il existe avant eux, soit descendu du ciel et soit leur Créateur, il s’est mis sous la loi et leur était soumis. Il a pleinement obéi au 4e Commandement, « Honore ton père et ta mère, » afin que cette obéissance nous soit comptée. Il accomplissait la volonté de Dieu pour nous. Ce n’est pas pour rien que la Bible dit que nous avons été rachetés. Jésus a été notre substitut et a payé notre rédemption non seulement par sa mort, mais d’abord par son obéissance. Quand alors Jésus dit, « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? », il disait en effet, « Je sais que je suis le Fils de Dieu, et donc ce que je dois faire. »

C’est une bonne nouvelle pour nous, car je trouve, à la différence du jeune Jésus, que nous souffrons d’un effet de la culture moderne. C’est que, souvent, il nous manque une identité nette qui nous sert de guide dans la vie. Nous ne pourrions pas dire facilement à quelqu’un, « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » Ce n’est pas toujours évident de savoir qui nous sommes et donc ce que nous devrions faire. Trop souvent, ce n’est pas nous qui formons le caractère de notre culture, mais la culture qui nous forme le caractère ! Nous regardons toute la publicité de ce qui est génial et beau et nous volons être comme cela.

Qui êtes-vous ? La Parole de Dieu dit que, « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; en effet, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous vous êtes revêtus de Christ. Il n'y a plus ni Juif ni non-Juif, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ. Si vous appartenez à Christ, vous êtes donc la descendance d'Abraham [et] vous êtes héritiers conformément à la promesse. » Ga 3.26-29. Elle dit également, «J'ai été crucifié avec Christ ; ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi ; et ce que je vis maintenant dans mon corps, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est donné lui-même pour moi. » Ga 2.20.

Mes chers frères et sœurs, cela s’applique à nous tous. Voilà donc notre identité, ce que nous sommes devant Dieu à cause du Christ ! Quand alors tu prendras tes résolutions du nouvel an, fais-le par référence à cette identité. Dis-toi, « Je dois m’occuper des affaires de mon Père. Je dois d’abord rechercher le royaume et la justice de Dieu. »

Beaucoup de gens aujourd’hui acceptent la conception postmoderne du monde. Dans cette conception on construit sa propre idée de la réalité et sa signification. Pour une telle personne il n’y a pas de vérité objective ou absolue. La vérité est entièrement subjective : chaque personne ou chaque groupe établit son propre « texte » ou histoire et sa propre vérité.

C’est de ce point de vue que certains disent que Jésus ne se croyait pas le Messie et le Fils de Dieu. Que ce serait plutôt l’Eglise qui aurait construit son texte, la Bible, et aurait proclamé que Jésus était le Fils de Dieu. Ainsi, sa parole, « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? », n’a essentiellement pas de sens. Et si ce point de vue est juste, la déclaration de Paul que, « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ, » est aussi dépourvue de sens.  Nous pourrions tout aussi bien croire que la lune est faite de fromage ou que la fin du monde arrive à une date précise comme le 21 décembre 2012. Nous pourrions choisir d’y croire et mener une vie conforme. Mais croire que l’on peut construire sa propre vérité est une pensée fausse faite de rêves qui, comme l’amour de l’argent, nous plongent dans la ruine et provoquent notre perte.

Nous ferions beaucoup mieux de suivre l’exemple de Marie : « Sa mère gardait précieusement toutes ces choses dans son cœur. » Marie ne comprenait pas très bien la parole de son fils. Elle ne savait pas toujours qu’attendre de lui. Alors elle gardait ses paroles et ses actions dans son cœur pour y réfléchir. Elle comprendrait mieux plus tard. De même, nous ne comprenons peut-être pas toute parole ni toute action de Jésus. Nous pouvons lire un passage de la Bible sans en saisir le fond, sans savoir que faire avec cette instruction. Il n’y a pas de problème ; garde-la dans ton cœur et attends que Jésus accomplisse toute chose. Comme il est ressuscité des morts, il va revenir au moment voulu. Nous n’avons pas à perdre le sommeil ni à faire des suppositions sur quand et comment. Jésus sait que faire car il s’occupe des affaires de son Père.

Marie et Joseph ont trouvé Jésus dans le temple, assis au milieu des maîtres ; il les écoutait et les interrogeait. Jésus a remplit son cœur et son esprit de la parole de son Père, la vérité absolue qui ne change pas et qui ne vient pas de l’homme. C’est bien cette vérité qui lui a donné l’identité et la direction pour la vie. Etant nous aussi les enfants de Dieu, les frères et sœurs de Jésus, nous devons nous occuper des affaires de notre Père.

Prenant notre exemple sur Jésus, nous devons, comme lui, écouter et étudier la Parole de Dieu. Là nous trouverons notre vraie identité et la bonne direction pour notre vie. Nous trouverons qu’étant créatures de Dieu, faites pour vivre en communion avec lui, nous nous épanouissons lorsque nous sommes disciples de Jésus-Christ. Alors une bonne résolution du nouvel an pourrait être de lire une bonne partie de la Bible, ou bien d’étudier une partie en détail. Voici une résolution plus avantageuse que le nouveau régime ou le nouvel appareil électroménager. Je ne dis pas que ceux-ci ne sont pas bons, voire nécessaires, mais que l’apprentissage de la Parole de Dieu et meilleur. « En effet, l'exercice physique est utile à peu de chose, tandis que la piété est utile à tout, car elle a la promesse de la vie présente et de la vie à venir.» 1 Ti 4.8.

On ne peut le dire mieux que les Ecritures. Combien j'aime ta loi ! Je la médite toute la journée. Tes commandements me rendent plus sage que mes ennemis, car je les ai toujours avec moi. Je suis plus perspicace que tous mes maîtres, car je médite tes instructions. J'ai plus d'intelligence que les vieillards, car je respecte tes décrets. Ps 119.97-100.

Sache qui tu es et tu sauras que faire. Prends ton exemple de Jésus. « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? … Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. » Que Dieu nous permette de faire de même.

Que la paix de Dieu qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, garde votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

 

Pasteur David Maffett

 

Sermon du 25 décembre 2012

Jour de Noël

 

L’Enfant de la paix

 

Luc 2.10-14

 Mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. Voici à quel signe vous le reconnaîtrez :  vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. » Et tout à coup une foule d’anges de l’armée céleste se joignit à l’ange. Ils adressaient des louanges à Dieu et disaient : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes ! »  

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

 

Dans les années 60, le couple Don et Carol Richardson a quitté le Canada pour créer une mission dans les jungles torrides de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ils se sont installés parmi le peuple Sawi, un peuple de chasseurs de têtes cannibales.

Nous pouvons imaginer l’enthousiasme des Richardson en partant pour cette grande aventure. Mais leur enthousiasme n’a pas duré longtemps, car ils ont été scandalisés par ce qu’ils ont trouvé : chez les Sawi, la plus grande vertu, la qualité la plus estimée, était la trahison. La plus grande réussite dans la vie, c’était de devenir ami avec quelqu’un, gagner sa confiance, l’engraisser d’amitié, puis le tuer et le manger ! Et plus difficile était l’exploit ainsi que la ruse et la perfidie utilisées, plus le traître obtenait l’admiration du peuple.

Naturellement, quand les Richardson ont raconté l’histoire de Jésus, les Sawi ont pris Judas pour le héros car il avait trahi Jésus ! Les Richardson ont éprouvé le sentiment d’avoir complètement raté leur mission.

Avec le temps, Don a réussi à capturer l’intérêt de quelques tribus, ne serait-ce que parce qu’il pouvait leur fournir de bons produits médicaux et des machettes de qualité. Pourtant, à cause de cette vertu de la trahison, parce qu’ils aimaient se tuer et se manger, les clans Sawi se combattaient constamment.

Un jour deux tribus s'apprêtaient à la guerre parce qu’un homme de l’une avait insulté un homme de l’autre. Richardson s’en sentait responsable parce que les deux tribus s’étaient approchées l’une de l’autre pour être près de lui. Il avait aussi tiré la conclusion que ces gens étaient incapables de faire la paix. Du coup, il a pris la décision de partir afin qu’ils ne s’entretuent pas.

A l’annonce de sa décision, les deux tribus, face à la possibilité de perdre la ressource qu’était le couple Richardson, ont opté pour des mesures désespérées. Elles lui ont dit qu’elles feraient la paix.

Les deux groupes se sont alignées face-à-face comme s’ils se préparaient pour le combat. Mais ce qu’ils avaient à faire, c’était un échange de bébés, un de chaque côté. Plusieurs ont tenté en vain de trouver le courage de donner son enfant à l’ennemi. Soudain, un homme a arraché son enfant unique, un fils de six mois, et s’est précipité vers l’autre côté. Sa femme n’a pas pu le rattraper. Là, il a présenté son enfant à l’ennemi. Il a choisi un homme pour recevoir son enfant et puis il est retourné vers sa tribu. Peu après un homme de l’autre tribu a fait pareil.

Richardson regardait tout cela avec étonnement ne sachant pas ce qu’on ferait de ses deux enfants. Il se demandait s’il s’agissait d’un sacrifice humain et qu’on mangerait ces bébés. Du coup, il a attrapé un homme et lui a demandé d’expliquer ce qui se passait.

L’homme lui a expliqué que les deux tribus venaient de faire la paix en faisant cet échange d’enfants. En effet, elles se sont données un « enfant de la paix. » Celui qui a reçu cet enfant de la paix est devenu le médiateur pour l’autre tribu. Il est également devenu le père du bébé. Il prendrait le nom du vrai père de l’enfant et serait désormais l’avocat de l’autre tribu. Il prendrait soin de l’enfant sachant que l’autre tribu faisait de même pour son propre enfant.

Après cet échange d’enfants, les deux tribus ont rangé leurs armes et ont fait une grande fête ! Incroyablement, la seule façon pour ces cannibales perfides de faire la paix entre eux, c’était de donner un enfant à l’ennemi.

Richardson a vite compris que cette idée de l’enfant de la paix était la clé pour que les peuples Sawi comprennent l’Evangile. Et elle peut aussi nous aider à le comprendre. En effet, les anges ont annoncé aux bergers la bonne nouvelle que Dieu avait donné au monde son Enfant de la paix.

Mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. Voici à quel signe vous le reconnaîtrez :  vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. » Et tout à coup une foule d’anges de l’armée céleste se joignit à l’ange. Ils adressaient des louanges à Dieu et disaient : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes ! »  

Pourquoi, la parole de l’ange est-elle une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie ? Parce que l’ange annonce que la tension, l’inimitié, et la haine entre nous et Dieu a pris fin. Dieu a fait une déclaration de paix et l’a scellé du geste ultime, le don de son Fils unique. Tout comme les tribus combattantes des Sawi, le seul moyen pour Dieu d’établir la paix entre nous a été de donner son Fils en Enfant de la paix. C’est la preuve ultime de la faveur et du pardon de Dieu.

Je ne sais pas si vous le ressentez souvent, mais il y a une tension entre nous et Dieu. Nous la ressentons le plus souvent quand la vie ne marche pas comme nous le voudrions. Lorsqu’il y a un problème, un sinistre ou une mort par exemple, nous en voulons assez vite à Dieu. Nous trouvons qu’il nous a négligé de quelque façon. S’il nous aime et est tout-puissant, il aurait dû empêcher le sinistre ou la mort.

J’imagine, non, je peux le savoir, qu’il y a beaucoup de monde à Newtown, CT et ailleurs, qui en veulent à Dieu à cause de la mort de ces vingt écoliers et six enseignants. Il aurait pu le prévenir et ne l’a pas fait. Et nous pouvons nous fâcher pour beaucoup moins que cela. Quand cela ne marche pas dans la famille, à l’école, au travail, nous pouvons toujours blâmer Dieu et nous mettre en colère.

Une autre chose nous pousse à en vouloir à Dieu : son jugement. Vraiment, nous éprouvons une rancune à l’égard de ses règles. C’est parce que nous nous enivrons des droits de l’homme, le droit de l’individu de choisir un style de vie comme bon lui semble-t-il. Et nous n’admettons pas que quiconque, y compris Dieu, ne limite ce droit. Si donc Dieu dit qu’il a quelques instructions pour la vie, quelques règles de comportement, des distinctions entre le bien et le mal, et des limites à respecter, nous nous mettons en colère. Nous le menaçons du poing et disons, « Qu’est-ce qui te donne le droit ? »

Puis, au mépris de Dieu, presque comme défi, nous dressons une liste — toujours croissante — de comportements que personne ne doit mettre en cause. Au plan individuel, nous trouvons des moyens de justifier nos mensonges, nos tromperies, et autres transgressions de la loi de Dieu. Quand même, nous savons, comme par instinct, que Dieu a le droit de nous juger. Pourquoi ? Parce qu’il est notre Créateur. Il va juger les vivants et les morts et aucun soi-disant droit de l’homme ne renchérira sur son droit divin de juger !

Tout cela et beaucoup plus est la raison de la tension entre nous et Dieu. C’est pour cela que nous sommes par nature ennemis de Dieu ! Et c’est pourquoi cela a été une bonne nouvelle lorsque l’ange a annoncé aux bergers, «aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. » Comme un brave guerrier Sawi, Dieu a pris son Fils unique et l’a mis dans les mains de ses ennemis.

Celui-ci n’a pas été un enfant ordinaire car Fils de Dieu. Comment Dieu a pu devenir homme et naitre en bébé, je n’en ai pas la moindre idée. Mais il l’a fait. Du coup, l’enfant qu’il nous a offert n’a pas été l’enfant d’un autre homme, mais le sien, une partie de lui-même. Et comme les Sawi, il nous a donné son Fils en bébé vulnérable et sans défense, pour faire comprendre ses vraies intentions de paix, d’amour et de pardon. Il n’est pas venu dans le monde en guerrier conquérant. Cela aurait fait une fausse impression et aurait établi un faux programme.

Le don de Dieu de son Enfant de la paix est allé loin au delà de ce que les Sawi ont fait. A la différence des Sawi, nous n’avons pas donné d’enfant à Dieu. Ceci a été un échange unilatéral auquel nous avons répondu non par la gratitude mais par la trahison. Car nous avons pris le Fils de Dieu et l’avons crucifié !

Dieu savait ce que nous ferions de son Fils. Il ne pensait pas que nous allions prendre soin de son enfant de la paix et l’élever comme il aurait fallu. Non, Dieu nous a donné son Fils expressément pour qu’il soit un sacrifice, pour qu’il meure pour nous. Jésus a été l’Enfant de la paix parce que Dieu l’a jugé et condamné à notre place. Il n’a pas excusé notre péché et notre rébellion ; il les a payés avec l’Enfant de la paix. Et c’est pourquoi il y a paix sur la terre !

L’ange proclame, « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes ! » Nous, toute l’espèce humaine, nous avons reçu la faveur de Dieu. A nous, indignes que nous sommes, Dieu proclame la paix grâce à Jésus.

J’appuie sur le verbe « proclamer ». Dieu ne propose pas d’agir si le cœur nous en dit. Il proclame ce qu’il a déjà fait, tout seul. De son propre gré, il a offert son Fils ; de sa propre initiative il a pardonné notre haine et notre perfidie et nous a promis la résurrection et la vie éternelle. Pas de conditions, pas d’engagement préalable. Tous les accessoires et toutes les piles sont inclus dans ce cadeau !

Dieu veut que tu saches cela. Il veut raisonner avec toi sur toute ta vie, sur tout ce que tu es, sur tout ce que tu as et tout ce que tu fais. Il veut mettre son Esprit en toi pour te renouveler la vie. Mais avant de faire tout cela il doit te montrer qu’il a fait la paix avec toi et te convaincre de ses bonnes intentions. Pour ce faire, il ne te dit pas de te reprendre et de t’épurer le cœur. Non, il a envoyé un ange il y a 2000 ans pour proclamer la naissance de l’Enfant de la paix. Et grâce à cette enfant tu n’as plus besoin de trouver un moyen d’échapper au jugement de Dieu et de le tenir hors de ta vie.

L’annonce de la naissance de Jésus est le sujet d’une grande joie ! En nous donnant son Fils, Dieu prouve qu’il nous est bien disposé. Paul dit, « Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui ? » Rm 8.32.

Dieu n’est pas responsable de nos souffrances dans ce monde. En fait, il a agi pour les enlever. Il est devenu un de nous pour nous faire sortir de notre misère et nous diriger dans une vie nouvelle. Cet Enfant de la paix, c’est Christ, le Seigneur. Il nous dirigera et nous soutiendra. Et tandis que nous luttons contre le pouvoir du péché dans notre vie, contre les tentations au mal et les mensonges du monde, Jésus nous assure de la présence de Dieu et de son soutien. « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Mt 28.20. Plus de colère ; plus de jugement ! Et malgré que nous aurons des souffrances dans la vie et que nous mourrons un jour, cet Enfant de la paix qui a déjà souffert, est mort et ressuscité, se porte garant de notre propre résurrection.

« N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. » Cette annonce est le message de Noël. Elle est le commencement de toute espérance et de toute joie. Dieu a fait l’ultime sacrifice pour nous donner la paix. Il nous a donné son Fils, l’Enfant de la paix.

Que la paix de Dieu qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, garde votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 23 Décembre 2012

4ème Dimanche de l’Avent

 

Heureux celui qui croit !

Luc 1.45

« Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira. » 

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Il y a un thème commun qui revient à travers les trois lectures d’aujourd’hui : c’est que Dieu accomplit tout seul son œuvre de salut. Cela se voit dans la façon dont Dieu se sert des personnes et des situations humbles et impuissantes pour accomplir son œuvre. 

Le prophète Michée a annoncé que le Sauveur viendrait de Bethléhem. « Et toi, Bethléhem Ephrata, qui es petite parmi les villes de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël et dont l'origine remonte loin dans le passé, à l'éternité. » Mi 5.1. Bethléhem était un petit village insignifiant. C’était le village de David qui, lui aussi, quand Samuel l’a oint Roi d’Israel, était un garçon insignifiant. L’Eternel avait envoyé Samuel pour oindre un des fils d’Isaï. Samuel pensait que ce serait le fils ainé Eliab car il était de grand taille et impressionnant. Mais non, c’était le plus petit qui gardait les brebis, la personne la moins importante.

Et puis, 750 ans après la prophétie de Michée, c’est dans ce village insignifiant que Dieu fait venir Joseph et Marie au moyen de l’ordre d’un empereur étranger qui ne connaissait ni le lieu, ni les personnes, et n’avait aucune idée de la série d’évènements qu’il allait déclencher. Manifestement ceci a été l’action de Dieu et non des hommes.

Ensuite il y a le récit de la visite de Marie à sa parente Elisabeth. Voici deux femmes qui sont devenues enceintes par la puissance de Dieu. Elisabeth était stérile et déjà avancée en âge tandis que Marie était une jeune femme vierge. Impossible donc que l’une ou l’autre conçoivent un enfant de leurs propres forces. Par ces deux femmes, sans l’appui de l’homme —dans un double sens— Dieu a fait naître un prophète et le Sauveur. En fait, ce moyen d’une conception miraculeuse a été une sorte de modèle pour Dieu. Nous nous rappelons les cas de Sara, de la mère de Samson, et d’Anne la mère de Samuel. Nos pensées sont dirigées sur le fait que tout cela est l’action souveraine de Dieu.

Puis, dans la lecture de l’épître aux Hébreux, l’auteur nous explique qu’il était impossible que le sang des animaux, offerts en sacrifice par les hommes, effectue le pardon des péchés et nous rende acceptables à Dieu. Aucun animal ne peut payer la dette d’un pécheur car Dieu exige la mort du pécheur lui-même en conséquence de son péché. C’est pour cette raison que Jésus est venu dans le monde et que « nous avons été rendus saints par l’offrande du corps de Jésus-Christ une fois pour toutes. » Hé 10.10.

Alors, le thème commun qui se présente dans ces lectures, et vraiment à travers toute la Bible, c’est que Dieu accomplit notre salut, notre réconciliation avec lui, tout seul. On pourrait fouiller la Bible presque chapitre par chapitre et voir comment Dieu soit a agit tout seul, soit a dirigé des actions des hommes et des femmes, des actions qui étaient entièrement au delà de leurs capacités et de leurs compétences, ou même contre leur volonté. Le salut est donc l’œuvre de Dieu seul, un salut qu’il a accompli en Jésus-Christ, et qu’il nous donne en cadeaux au moyen de la foi en Jésus.

L’apôtre Jean résume parfaitement cette vérité biblique qui nous est parfois si difficile à retenir : « Mais à tous ceux qui l'ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu'ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d'un mari, mais qu'ils sont nés de Dieu. » Jn 1.12-13.

Et l’apôtre Paul, de son coté, l’exprime de cette façon : « En effet, c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter. En réalité, c'est lui qui nous a faits ; nous avons été créés en Jésus-Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d'avance afin que nous les pratiquions. » Ep 2.8-10.

Eh bien, avec cette perspective, revenons sur le texte de Luc et sur cette parole d’Elisabeth à Marie : « Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira. »

Dans la Bible, l’heureux est celui qui jouit de l’approbation et des bénédictions du Seigneur. Le premier Psaume l’exprime très bien : «Heureux l'homme… qui trouve son plaisir dans la loi de l'Eternel et la médite jour et nuit ! Il ressemble à un arbre planté près d'un cours d'eau : il donne son fruit en sa saison, et son feuillage ne se flétrit pas. Tout ce qu'il fait lui réussit. » Ps 1.1-3.

Marie est heureuse parce que Dieu va se servir d’elle pour accomplir son œuvre de salut. Elle sera la mère du Messie et toutes les générations la diront heureuse. Nous pouvons comprendre cela du point de vue purement humain. Si ton enfant est célèbre et que les gens te félicitent d’être son parent, n’es tu pas heureux? Ne ressens-tu pas la bénédiction du Seigneur ?

A plus forte raison Marie ! Sa conception d’un enfant sera un événement unique dans l’histoire du monde et son fils n’aura pas de semblable parmi toute l’humanité. Je ne sais pas si nous pouvons vraiment comprendre son étonnement et son bonheur. Comme c’est un événement unique, une fois pour toutes, aucune autre femme du monde ne peut recevoir le même honneur. Marie a vraiment joui de l’approbation et des bénédictions du Seigneur !

Néanmoins, Elisabeth appelle Marie heureuse parce qu’elle a cru à la parole du Seigneur. Marie entre ainsi dans l’accomplissement de la foi d’Abraham. Comme Abraham, elle a cru que le Seigneur accomplirait ce qu’il avait déclaré. Et cette foi d’Abraham nous est présentée comme le modèle de notre propre foi, le but que poursuit le Saint-Esprit en nous : «Abram eut confiance en l'Eternel, qui le lui compta comme justice. » Gn 15.6. Elisabeth reconnaît la même foi en Marie lorsqu’elle dit, « Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira. »

C’est bien cette foi qui rend Marie heureuse. Elle a eu confiance en ce que Dieu lui avait dit par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. « N'aie pas peur, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu seras enceinte. Tu mettras au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera sur la famille de Jacob éternellement, son règne n'aura pas de fin. » Lc 1.30-33.

Marie avait foi en Dieu, « la ferme assurance des choses qu'on espère, la démonstration de celles qu'on ne voit pas. » Hé 11.1. Sa réponse à l’ange a donc été : « Je suis la servante du Seigneur. Que ta parole s'accomplisse pour moi ! » Et puis sa parole s’est bien accomplie ! Et Marie était heureuse dans le sens plein du terme.

La foi de Marie n’est pas une foi aveugle car son bonheur découle de l’action de Dieu, en particulier, de l’opération du Saint-Esprit.

Une des idées fortes de l’Evangile de Luc et des Actes des Apôtres, c’est la présence et l’opération du Saint-Esprit. Dans ce premier chapitre de Luc, nous apprenons que :

•   Jean-Baptiste sera rempli de l’Esprit saint dès le ventre de sa mère.

•   Marie sera enceinte sans connaître d’homme parce que, « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. »

•   Quand Marie est allée chez Elisabeth, « Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant remua brusquement en elle et elle fut remplie du Saint-Esprit. »

•   Et à la naissance de Jean, « Son père Zacharie fut rempli du Saint-Esprit et prophétisa. »

Ainsi en est-il que l’ère du Messie et de la nouvelle alliance est inaugurée par la puissance du Saint-Esprit.

En Actes, la naissance de l’Eglise de Jésus-Christ, le nouvel Israël est également l’œuvre de l’Esprit.

•   Jésus avait donné les ordres aux apôtres par le Saint-Esprit.

•   Ceux-ci devaient rester à Jérusalem en attendant d’être baptisés du Saint-Esprit.

•   Ayant reçu l’Esprit ils seraient ses témoins.

•   Et puis suit le jour de Pentecôte et la venue du Saint-Esprit.

Ainsi en est-il que l’Esprit Créateur qui était présent au commencement du monde, est encore présent et effectue le commencement de la nouvelle création par la naissance de Jésus. Etant devenue enceinte, Marie se rendait bien compte de l’opération de l’Esprit de Dieu et avait donc confiance en Dieu.

Sa foi tenait compte aussi des actes de Dieu précédents dans les conditions parallèles. Sara, la femme d’Abraham était stérile et avait déjà dépassé l’âge de pouvoir devenir enceinte. Elle le savait et du coup, quand Dieu lui a dit qu’elle aurait un fils l’année suivante, elle a ri. Pourtant, tout s’est passé comme Dieu l’avait annoncé.

Les parents de Samson, Manoach et sa femme, n’avaient pas d’enfant parce que la femme était stérile. Puis l’ange de l’Eternel est apparu à la femme et lui a dit : « Te voici stérile, sans enfants. Tu deviendras enceinte et tu mettras au monde un fils. » Jg 13.3. Et il en a été ainsi.

Anne aussi, la mère de Samuel était stérile. Mais l’Eternel a exaucé sa prière et elle a donné naissance au prophète Samuel qui oindrait le roi David.

Puis quand l’ange Gabriel a annoncé à Zacharie la naissance de Jean, il n’a pas cru et est resté muet jusqu’à la circoncision de son fils. Il ne faut pas mettre en cause la parole du Dieu vivant !

De tout cela Marie tenait compte et jugeait que Dieu était capable de réaliser sa parole à elle. Sa foi était loin d’être une foi aveugle. Sa confiance ne restait pas sur les possibilités humaines mais sur les actes de Dieu déjà accomplis. Elle jugeait alors certaine la parole de Dieu à son égard, et était sûre de recevoir sa bénédiction. C’est pourquoi Elisabeth lui dit : « Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira. »

Par cette parole le Saint-Esprit nous appelle à la même foi en Christ afin que, comme Elisabeth et Marie, nous nous réjouissions du salut que Dieu nous a réservé. Il nous exhorte à examiner les Ecritures et à reconnaitre les grandes œuvres que Dieu a accomplies depuis la création du monde jusqu’au présent. L’Esprit nous exhorte à juger Dieu digne de confiance. Comme il a accompli tout ce qui a abouti à la naissance Jésus, de même il accomplira tout ce qui reste à faire.

C’est pourquoi nous allons fêter la naissance de Jésus, non pas pour avoir des jours fériés, mais pour marquer tout ce qu’il a déjà réalisé et tout ce qu’il réalisera encore. Nous allons fêter sa naissance parce qu’il est venu faire la volonté de Dieu à notre place « Et c'est en raison de cette volonté que nous avons été rendus saints par l'offrande du corps de Jésus-Christ une fois pour toutes. »

Nous allons fêter sa naissance parce que, étant rendus saints, nous sommes les siens et faisons partie de son assemblé, l’Eglise chrétienne. Et dans cette église nous recevons chaque jour pleinement la rémission de nos péchés.

Nous allons fêter sa naissance parce qu’il va revenir dans la puissance et la gloire pour juger les vivants et les morts. Il ressuscitera tous les morts et nous donnera la vie éternelle. Bref, nous allons fêter sa naissance parce que nous sommes les heureux !

En effet, la parole d’Elisabeth s’applique à quiconque croit : « Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira. »Heureuse toute personne qui croit, parce que tout ce que le Seigneur a promis s’accomplira en son temps ! Nous avons déjà reçu l’approbation et les bénédictions du Seigneur. Voilà notre bonheur !

Laissons donc agir ce bonheur dans notre vie comme Marie. Que chacun de nous dise à Christ, « Me voici le serviteur ou la servante du Seigneur. Que ton Esprit vienne sur moi pour me fortifier, me consoler et me diriger. Que j’accomplisse ta volonté. »

Puis, pars d’ici aujourd’hui avec une bonne appréciation de ce que Dieu a fait pour toi en Christ. Pars avec la même certitude qu’Elisabeth sachant que Marie portait notre Seigneur. Et pars avec l’attitude de Marie : la servante du Seigneur soumise à sa bonne volonté. Alors tu recevras vraiment le Christ et sa parole s’appliquera à toi aussi : « Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s'accomplira. »Amen.

Que la paix de Dieu qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, garde votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 16 Décembre 2012

3ème  dimanche de l’Avent

 

Le Seigneur est proche : réjouissez-vous et priez

 

Philippiens 4.4-7 

Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous !5 Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. 6 Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance. 7 Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ.

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Un jour, en rentrant à la maison, je me suis arrêté dans un parc près de chez moi pour regarder une rencontre de baseball des enfants. Je me suis assis sur le banc à la première base et j’ai demandé à un des garçons où en était le score. Avec un sourire il m’a répondu, « 14-0, notre équipe à 14 points de moins. » « Oh, vraiment ! » ai-je dit. « Mais tu n’as pas l’air découragé. » « Découragé ? » m’a-t-il dit avec une un air perplexe. « Il n’a y pas lieu de se décourager. Nous ne sommes pas encore passés en attaque ! » 

Je ne me rappelle plus où je lu cette petite histoire, mais je la trouve profonde. Pouvons-nous avoir une attitude optimiste et sans soucis comme cet enfant dans le monde réel des adultes ? Nous pourrions penser qu’un tel optimisme convient bien à un garçon dans une rencontre de baseball mais pas du tout si l’on est malmené à l’école, ou quand les enfants sont malades, ou quand on ne peu pas joindre les deux bouts dans la famille. Ces situations et bien d’autres, nous découragent, nous dépriment, nous remplissent de soucis et même d’angoisse.

Pourtant la Parole de Dieu d’aujourd’hui nous dit que nous pouvons avoir un optimisme, une joie et une confiance, même quand nous avons des problèmes sérieux. Le secret de cela, c’est de connaitre la présence du Seigneur. Aujourd’hui, Dieu veut que nous comprenions que le Seigneur est proche pour que nous nous réjouissions et priions.

Le Seigneur est proche.

Pour comprendre que le Seigneur est proche et ce que cela veut dire, nous pouvons regarder Jean Baptiste dans la lecture de l’Evangile. Il était en prison où il allait mourir de la main d’Hérode Antipas. Mais dans cette situation, son souci n’était pas de savoir comment s’échapper de la prison ou même sa mort imminente. Non, son souci était de savoir si Jésus était le Messie ou non, le Sauveur attendu. Car si Jésus était le Messie, alors le Seigneur était proche et Jean avait accomplie la tâche dont Dieu l’avait chargée et tout irait bien. Quoiqu’il arrive à Jean en prison, Hérode recevrait sa juste récompense. Le dernier mot était à Dieu.

Ensuite, regardons Paul. Sa vie n’a été ni facile, ni une réussite du point de vue du monde. Etant missionnaire il n’avait pas de gros salaire. Il n’était pas un télé-évangéliste avec un bureau luxueux et qui recueillait des droits d’auteur de ses nombreux écrits. Au contraire, il était presque un SDF, toujours en tournée. En voyageant, il travaillait pour pourvoir à ses propres besoins. C’était rare qu’une église contribue financièrement à son soutien pour alléger sa vie. En plus, Paul avait des ennemis qui le chassaient des villes et cherchaient  à le tuer.

Au moment où Paul écrivait cette lettre aux Philippiens, il était dans une prison romaine. As-tu jamais vu l’intérieur d’une prison ? Sinon, ayant visité une prison canadienne, je t’assure que, si moderne qu’elle soit, tu ne voudrais pas y être renfermé ! Imagine donc une ancienne prison romaine comme dans le film Gladiator si tu l’as vu. Mais Paul, après avoir été enchainé et emprisonné dans une de ces prisons plus d’une fois, y compris la prison de Philippes, dit, « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous ! Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. » Comment, dans de telles circonstances, peut-il dire «Réjouissez-vous » ? La réponse est liée à la phrase, « Le Seigneur est proche.»

Bien avant le temps de Paul, le vieux Siméon a vu le bébé Jésus dans le temple. Puis ayant rendu grâce à Dieu, il a dit qu’il était prêt à mourir en paix. Jean, en prison, assuré que Jésus était le Messie attendu, pouvait mourir en paix. De même, Paul, en prison, se réjouissait et même souhaitait mourir parce qu’il savait que le Seigneur était proche. Tous ces hommes avaient la même pensée.

Dire que le Seigneur est proche ne parle pas de la date de son retour, que Jésus serait sur le point de revenir. Personne ne connaît la date, Paul non plus. Cela veut dire plutôt que le Seigneur est parmi nous et nous est accessible. Tout ce que Paul dit de la prière dans ce texte découle du fait que Jésus est présent pour nous écouter et pour exaucer nos prières même si son retour soit toujours loin dans le temps.

Dire que le Seigneur est proche veut dire que Dieu maitrise toute chose, et qu’il a le dernier mot quelle que soit notre situation ou condition dans la vie. Cela veut dire qu’il se sert même de nos problèmes pour réaliser quelque bien dans ce monde. Et cela veut aussi dire que son Esprit habite en nous et donc qu’il nous écoute quand et où nous invoquons son nom. De ces vérités Paul était convaincu.

Paul ne laisse aucun doute que sa paix, son espérance et sa joie étaient liées à Jésus. C’est pourquoi il nous dit de nous réjouir dans le Seigneur. C’est pourquoi il nous dit que « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ. »

Il est vrai que Paul était un peu différent de nous. Il était apôtre. Il était témoin oculaire du Christ ressuscité. Jésus lui-même a appelé Paul et lui a donné l’autorité d’opérer des miracles spectaculaires. Et le Saint-Esprit a parlé par Paul pour produire une bonne partie du Nouveau Testament. Néanmoins, Paul était un être humain comme toi et moi. Il a souffert comme nous, plus je dirais parce qu’il était apôtre. Et dans ses souffrances il pouvait dire, « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! »

Paix, espérance et joie ne découlent pas de nos circonstances actuelles. Ces fruits de l’Esprit sont le résultat d’une confiance en Christ. Je pourrais être riche, plein aux as, mais en train de mourir du SIDA ou d’un cancer. Alors tout mon argent ne me ferait pas me réjouir car il ne pourrait pas me sauver de la mort. Pourtant je sais que Jésus, le premier à ressusciter des morts, est mon Seigneur et me ressuscitera « afin que je vive dans son royaume, pour le servir éternellement dans la justice, dans l’innocence et la félicité. » Je peux donc me réjouir. Je peux me réjouir parce que, comme Paul, « j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » Rm 8.38-39. La vérité fondamentale que nous devons comprendre, c’est que le Seigneur est proche.

Alors, réjouissez-vous et priez !

Puisque le Seigneur est proche, Paul nous recommande trois actions : Premièrement, « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète : réjouissez-vous ! » Sois certain, même dans tes problèmes, que Jésus est proche, prêt à te soutenir et à agir de sorte que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu. Tu ne comprendras peut-être pas comment Dieu pourrait faire du bien de tes problèmes, mais accorde à Dieu le bénéfice du doute. Crois qu’il peut faire ce que tu ne peux pas, comme Marie a cru qu’elle deviendrait enceinte par la puissance du Saint-Esprit. Puis réjouis-t'en.

C’est ce que Paul a fait. Etant en prison il écrit : « Je désire que vous le sachiez, frères et sœurs, ce qui m'est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l'Evangile. En effet, dans tout le prétoire et partout ailleurs, personne n'ignore que c'est pour Christ que je suis en prison. Et la plupart des frères et sœurs, encouragés dans le Seigneur par mes chaînes, ont plus d'assurance pour annoncer sans crainte la parole. » Ph 1.12-14.

La deuxième recommandation de Paul c’est « Que votre douceur soit connue de tous les hommes. » Ici Paul parle de la douceur ou da la grâce d’une personne qui est sûr d’elle-même. Cette douceur vient d’une position de puissance et non de faiblesse. Christ était doux envers les autres parce qu’il était sûr d’une puissance et d’un droit absolu. Il n’avait pas besoin de combattre et vaincre ses ennemis. Il pouvait aller à la croix et mourir, pendant que ses ennemis se moquaient de lui, parce qu’il savait qu’il ressusciterait. C’était lui le plus fort !

Maintenant, Christ est ta puissance et ta vie. Par la foi, ta vie est cachée avec Christ. Par le Baptême tu es mort et as été enseveli avec lui, ce qui comprend l’assurance de ressusciter avec lui. Tu appartiens à Dieu. Il n’y a rien de meilleur, personne de meilleur. Ta vie et ton destin sont sûrs. Par conséquent, tu peux user de douceur et de grâce envers les autres.

Par exemple, si quelqu’un se procure quelque chose de nouveau —une maison ou une voiture— tu peux te réjouir de son bonheur au lieu d’être envieux ou jaloux. L’envie et la jalousie sont, en vérité, des expressions de peur et de faiblesse. Tu crains que ce que tu possèdes ne soit plus adéquat ; tu crois que tu dois te justifier aux autres, souvent en les critiquant et en soulignant tous leurs défauts.

Tout cela change quand tu sais que le Seigneur est proche. Alors tu as une vraie force, la puissance de Dieu. Tu peux te montrer miséricordieux envers les autres comme Jésus nous a enseigné : tendre l’autre joue ; prier pour ses ennemis ; donner et prêter sans souci. Seule la personne sûre de la présence de Dieu, certaine de son soutien peut se comporter de cette façon. Toute autre personne est prise par le besoin de se défendre et de protéger ce qu’il possède.

La troisième recommandation de Paul est celle-ci : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ. »

Puisque le Seigneur est proche, prêt à t’écouter et à agir, fais-lui appel. Adresse-lui tes prières de secours. Il va t’aider. Il n'enlèvera pas toujours la cause de tes soucis ; il ne te tiendra pas toujours hors de tout problème. Mais il te donnera la force pour tout supporter et ainsi te fortifiera. C’est sa promesse ! « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. »  1 Co 10.13.

Quand tu te confies en Christ, il te donne sa paix. Il a vaincu la mort ; il peut facilement te faire surmonter un problème ou supporter une situation.  En effet c’est pour cela qu’il a souffert, qu’il est mort et qu’il est ressuscité des morts. Il a fait tout cela pour payer la dette de tes péchés et te rendre agréable à Dieu. Il a fait tout cela pour que tu aies la certitude qu’il t’a préparé une place au ciel et qu’il te ressuscitera au dernier jour. Et il a fait tout cela pour que, dans le temps, tu sois sans crainte et que tu mènes une vie sainte. C’est la paix de Dieu qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre.

Cette paix dépasse tout ce que l’on peut comprendre parce que c’est une paix spirituelle, un des fruits de l’Esprit de Dieu. Elle ne découle pas des bonnes conditions terrestres. Et c’est pourquoi une personne sans foi en Christ qui ne peut pas comprendre comment une croyante peut avoir la paix dans des circonstances difficiles.

Cette paix dépasse tout ce que l’on peut comprendre aussi parce qu’elle est un élément de la foi. La Bible dit que « la foi, c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas. C’est à cause d’elle que les anciens ont reçu un témoignage favorable. »  Hé 11.1-2. Cette ferme assurance, c’est la ferme assurance de la puissance de Dieu pour qui rien n’est impossible. Si donc, par la prière, nous nous confions en lui et remettons notre corps, notre âme et tout ce que nous possédons entre ses mains, nous ne pouvons qu’éprouver une paix, la paix qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre.

Mais chers frères et sœurs, le point capital de tout cela, c’est que, à cause de Jésus, nous pouvons être aussi optimistes que le petit joueur de baseball. Nous pouvons avoir une confiance d’enfant en Dieu, ici, dans la vie quotidienne, dans le monde actuel. La vie ne sera pas sans problème, mais elle peut être sans angoisse. Tout ce qu’il nous faut, c’est de prendre au sérieux cette Parole de Dieu, que le Seigneur est proche, et puis de faire de bon cœur ce qu’il nous dit : de nous réjouir, d’être doux envers les autres, et de faire connaitre nos besoins à Dieu. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut comprendre, gardera notre cœur et nos pensées en Jésus-Christ. Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 9 Décembre 2012

2ème dimanche de l'Avent, Fête de Noël des enfants

Lectures du jour : Esaïe 9.1-6 ; Luc 2.1-14 ; Tite 3.4-7 

 

Mais, on cherchait un roi !

 

Les enfants dans la saynète cherchaient un roi. Mais à la place d’un roi ils ont trouvé des objets bizarres : un fouet, une croix, une couronne d’épines, un marteau, des clous et une lance. Ils ont été très surpris ; ils ont même eu peur de ce qu’ils ont trouvé. Ce n’était pas du tout ce qu’ils attendaient car ils cherchaient un roi.

Ceux qui ont réellement vécu la naissance de Jésus n’ont pas éprouvé moins de surprise ni de peur. Effectivement les juifs attendaient un roi, un descendant du grand roi David qui serait à son tour un grand roi. Il serait même plus grand que Louis XIV en son temps le sera. Il serait le roi des rois !

Cette image d’un grand roi, d’un roi vainqueur, ressort de la prophétie d’Esaïe que nous avons lue tout à l’heure. Esaïe dit que Dieu va faire se réjouir le peuple comme ceux qui partagent le butin. Il va briser la puissance de ceux qui opprimaient son peuple comme il l’avait fait quand Gédéon et ses 300 hommes ont vaincu l’armée innombrable de Madian. Et cela, Dieu va le faire par le roi qu’il va établir. En effet, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l'appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Etendre la souveraineté, donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l'affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et pour toujours : voilà ce que fera le zèle de l'Eternel, le maître de l'univers. C’est là une image de puissance et de gloire qui fait penser à des rois et des chevaux, à des armées et des châteaux. Voilà ce que l’on attendait.

Mais la situation décrite par Luc est un peu différente, pas du tout ce que l’on attendait. A la naissance de Jésus, il y a un jeune couple très humble qui est obligée par un empereur étranger de quitter son village et faire un long voyage à Bethléem. Joseph et Marie n’ont pas pu prendre le TGV pour voyager. Ils n’avaient pas de voiture ni d’autoroute. Ils avaient peut-être un âne —ce n’est pas évident car la Bible ne le dit pas— et ils ont dû faire le voyage d’environ 100 km à pied.

Puis ils sont restés sans doute chez des parents, mais il n’y avait pas de chambre ni de lit libres. Alors quand le bébé est né, Marie a dû le coucher dans une mangeoire, une boite destinée à faire manger les animaux. Est-ce comme cela que le fils d’un roi fait son entrée dans le monde ? Et puis, où sont les grands personnages qui viennent le saluer ? Où sont le premier ministre et son garde du corps ? Le seul lien avec le gouvernement c’est que le roi Hérode va bientôt chercher à tuer le bébé ! Non, il n’y a que quelques bergers qui sont venu saluer le bébé Jésus à sa naissance. Et à l’époque, les bergers étaient peu estimés.

Est-ce que Marie avait des craintes quant à la réussite du plan de Dieu ? L’ange Gabriel lui avait dit, « N'aie pas peur Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu seras enceinte. Tu mettras au monde un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son ancêtre. Il régnera sur la famille de Jacob éternellement, son règne n'aura pas de fin. » Marie attendait la naissance d’un roi, comme les enfants dans la saynète, mais il n’y avait que très peu de signes que Jésus serait ce grand roi.

Mais il y avait des signes. L’ange Gabriel a bien annoncé la naissance de Jean Baptiste et de Jésus. La vieille Elizabeth qui n’avait jamais eu d’enfant avait maintenant un bébé ! Marie, toujours vierge, était enceinte par la puissance du Saint-Esprit. Et les bergers ont eu une grande vision d’anges qui les ont fait savoir que Jésus était né à Bethléem. Bien sûr, il y avait des signes !

Néanmoins, les signes n’ont pas été ceux que l’on attendait parce que Dieu accomplissait une œuvre que l’on n’attendait pas. Dans la saynète, les enfants n’ont pas trouvé le palais et la gloire d’un roi. Mais ils ont bien trouvé les objets par lesquels ce roi a crée son royaume.

Jésus aurait pu facilement créer un royaume ici sur terre. Il aurait pu vaincre les Romains de l’époque, ou toute force armée aujourd’hui. Il aurait pu être riche et puissant, et avoir un palais plus beau que Versailles. Mais tout cela aurait été inutile car le royaume qu’il est venu établir est le royaume de Dieu. Et pour cela il a dû faire quelque chose beaucoup plus difficile que de construire un palais ou de ramasser une armée. Il a dû nous faire renaître. C’est pour cela qu’il avait besoin du fouet, de la croix, et des autres objets de la saynète.

Dieu cherche la vérité, la justice, la pureté, le bien. Il veut que nous soyons comme cela, justes et purs, et que nous aimions Dieu par dessus toute chose. Mais, par nature, nous aimons d’autres choses et cherchons la gloire ici sur terre. Nous les hommes par exemple, les jeunes et les moins jeunes, nous voudrions être comme James Bond : défendeur du monde, craint par les hommes, aimé par les femmes. Nous voudrions avoir toute la technologie, risquer tout pour l’aventure, et nous satisfaire de toute la luxure du monde. Dieu lui, voudrait changer notre orientation, nous donner une nouvelle vie meilleure et plus puissante que cela.

Pour avoir cette nouvelle vie il faut renaître. Pour renaître, il faut d’abord mourir. Mais il nous est impossible de mourir et puis de ressusciter. Nous pouvons bien tuer mais nous ne pouvons pas faire vivre. Si tu écrases un insecte, peux-tu après le faire revivre ? Non ! Personne ne le peut, sauf Dieu. Et il a prouvé ce pouvoir en faisant mourir et ressusciter son fils Jésus. Il l’a fait mourir pour payer nos péchés, puis il l’a ressuscité pour nous donner la promesse de la résurrection. Aucun roi n’a jamais eu ce pouvoir. Mais Jésus l’a eu car il n’est pas un simple roi de la terre, mais le roi des rois, le Fils de Dieu et le descendant de David à qui Dieu à donné tout pouvoir dans le ciel et sur la terre.

Et ce roi Jésus veut que nous lui appartenions et que nous vivions dans son royaume pour le servir éternellement dans la justice, dans l’innocence et la félicité, comme lui-même, étant ressuscité des morts, vit et règne éternellement. Alors Jésus a fait ce que l’apôtre Paul a décrit dans sa lettre à Tite : Mais lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été révélés, il nous a sauvés. Et il ne l'a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit qu'il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. Ainsi, déclarés justes par sa grâce, nous sommes devenus ses héritiers conformément à l'espérance de la vie éternelle.

Oui, par le baptême, ce bain de la nouvelle naissance et par le renouvellement du Saint-Esprit, Dieu nous a faits les siens et nous a donné une nouvelle vie. Pour cela il a fallu non seulement la naissance de Jésus, mais le fouet, la croix, le tombeau. Et puis la résurrection ! Voila ce que Dieu nous donne encore cette année : son Fils, le Roi des Rois qui nous a faits son peuple. C’est beaucoup plus que ce que l’on attendait ! 

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 2 Décembre 2012

1er dimanche de l’Avent

 

 

Le Meilleur Cadeau de Noël

 Jérémie 33.14-16

Voici que les jours viennent, déclare l'Eternel, où j'accomplirai la bonne parole que j'ai prononcée à l'intention de la communauté d'Israël et de celle de Juda. Durant ces jours-là, à ce moment-là, je ferai pousser pour David un germe de justice. Il exercera le droit et la justice dans le pays. A cette époque-là, Juda sera sauvé et l'on habitera en sécurité à Jérusalem. Voici comment on l'appellera : 'L'Eternel notre justice'.

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

La semaine passée j’ai demandé à ma femme ce que nous allions faire pour donner les cadeaux de Noël à nos enfants. Elle m’a simplement répondu que nous allions commander des choses par l’internet et les faire livrer chez eux. Puis j’ai demandé si elle avait une idée de ce qu’on pourrait leur offrir comme cadeaux. Et elle a répondu sans souci, « C’est ton problème ! » Ah, c’est à moi de choisir les cadeaux de Noël !

Je suis très content de donner les cadeaux, mais les choisir, je trouve cela difficile. C’est parce que je ne sais pas quoi donner. Je ne veux pas offrir quelque chose d’inutile, mais je ne sais pas ce dont ils ont vraiment besoin que je puisse offrir. Alors je m’inquiète de donner un quelque chose d’inutile qui restera dans un coin inutilisé. Peut-être que vous avez le même problème.

Mais pas Dieu. Il sait très bien ce dont nous avons besoin, même si nous ne le savons pas. C’est ainsi que son cadeau de Noël a toujours été et reste son Fils Jésus. Car en nous donnant son Fils, Dieu nous donne toute bénédiction spirituelle, surtout celle dont Jérémie parle : le droit et la justice.

Jérémie, comme tous les prophètes, a dû accuser le peuple d’Israël d’infidélité vis-à-vis de l’alliance que Dieu avait traitée avec eux. Cette infidélité a été un véritable échec car Dieu est resté fidèle à l’alliance et leur avait fourni tout le nécessaire pour établir une société où prévaudraient le droit et la justice. Le peuple d’Israël n’était pas composé de personnes qui n’ont jamais su distinguer le bien et le mal, une bande de criminels acharnés, ou de chasseurs de têtes cannibales. Au contraire, ils avaient été esclaves en Egypte ; ils connaissaient fort bien l’oppression et l’injustice. Leurs ancêtres ont vu la puissance de Dieu quand Moïse les a faits sortir d’Egypte. Moïse leur a écrit toute l’instruction de Dieu, une instruction qui commence par le rappel, « Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Egypte, de la maison d'esclavage. » (Ex 20.2.) Israël possédait donc tout ce dont il avait besoin pour établir une société modèle sous la pleine bénédiction de Dieu, une société où il n’y aurait pas de pauvres, ni de drogués, ni de mafia. Mais, hélas, ils se sont montrés très têtus.

Un auteur décrit la situation ainsi : « Mais si Yahvé a été fidèle, irréductiblement fidèle à l’alliance, il n’en a pas été de même d’Israël. La nation aimée a commis l’adultère. Au lieu de faire confiance à son Dieu, elle a couru après les alliances étrangères. Elle a adoré d’autres dieux. Elle s’est prostituée aux Baals cananéens. Son culte lui-même, ce culte par lequel elle prétendait s’assurer les faveurs de son Dieu, a été souillé par toute sorte de pratiques païennes. Pis encore, elle a, en la personne de tous ses membres, mais plus particulièrement en la personne de ses chefs et de son élite, laissé tomber l’exigence fondamentale du pacte du Sinaï ; elle a séparé sa conduite de sa piété, elle a désobéi, sous toute espèce de formes, à la volonté de justice de son Dieu ; elle s’est laissée envahir par le mensonge, par l’impureté ; elle a méprisé les lois les plus sacrées. Elle s’est vautrée dans le mal. Elle s’est tellement habituée à mal faire que le péché lui est devenu une seconde nature. » (Le Prophète Jérémie, A. Aeschimann, p. 28-29.)

L’intervention de Dieu était inévitable. Jérémie, comme son Dieu, aimait sa nation et a été profondément peiné de l’infidélité d’Israël à l’alliance. Il a lancé un dernier appel à la nation pour qu’ils se repentent et évitent la ruine. Mais ils ont fait la sourde oreille.

L’apôtre Paul, après avoir cité quelques exemples de la rébellion d’Israël dit,« Tous ces faits leur sont arrivés pour servir d'exemples, et ils ont été écrits pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des temps. Ainsi donc, que celui qui croit être debout fasse attention à ne pas tomber ! » (1 Co 10.11-12)

Plus de 2500 ans après Jérémie et l’exil des Israélites en Babylone, nous avons toujours de la peine à établir une société où règnent le droit et la justice. Le parti politique qui détient actuellement le pouvoir a pour projet d’élaborer une loi sur le mariage qui risque de nuire aux notions du couple et de la famille et de mettre les enfants dans une situation précaire. Le parti qui a dû céder le pouvoir politique est fracturé par une bataille pour la direction du parti, une lutte qui gaspille je ne sais quelles ressources. Les médias nous informent de ce drame, et cela ne nous encourage pas. En fait, le même drame se déroule dans cette commune !

Oui, oui on peut dire que c’est la société laïque et pas l’église. Pourtant, nous en faisons partie ! Nous votons pour les politiciens, et même s’ils agissent contre notre volonté, nous sommes influencés par la société qui découle de leur direction. Il suffit de comparer la mode d’aujourd’hui à celle de nos grands-parents, ou ce que nous regardons à la télévision avec ce qu’ils regardaient. Est-ce plus juste aujourd’hui ? Sommes-nous plus saints, plus moralement purs ? Même avec l’exemple d’Israël, ou celui des autres civilisations qui se sont livrés au vice comme les Romains et les Grecs—avons-nous fait mieux ? Est-ce que le droit et la justice règnent dans notre pays et dans nos communes ?

A vrai dire, nous les humains, nous n’avons jamais réussis à établir une véritable société juste. Le droit et la justice nous échappent. Par le droit nous entendons un juste jugement qui régit les rapports des hommes en société ; justice qui dispense des récompenses et des punitions correctes, et qui produit une répartition équitable des biens et des libertés. Par la justice nous entendons la qualité de ce qui est droit, la disposition de faire toujours ce qui est conforme au droit. Nous exerçons parfois le droit et la justice, mais nous sommes loin de les exercer toujours. Car nous sommes enclavés dans notre nature corrompue. Malgré notre science et notre technologie, notre vieil homme lève sa tête et nous empêche d’exercer le droit et la justice. Nous avons toujours besoin d’aide !

Du coup, Dieu est intervenu pour rectifier la situation. Voici que les jours viennent, déclare l'Eternel, où j'accomplirai la bonne parole que j'ai prononcée à l'intention de la communauté d'Israël et de celle de Juda. Durant ces jours-là, à ce moment-là, je ferai pousser pour David un germe de justice. Il exercera le droit et la justice dans le pays.

Dieu avait fait une promesse à Adam et à Eve. Il l’avait répétée à Abraham et à David, puis aux gens de Juda qui allaient en exil en Babylone et qui avaient perdu tout espoir de cette promesse. Par la bouche de Jérémie Dieu insistait sur cette promesse. « Si vous pouviez rompre mon alliance avec le jour et avec la nuit et faire en sorte qu'ils n'apparaissent plus au moment fixé pour eux, alors mon alliance serait aussi rompue avec mon serviteur David et il n'aurait plus de fils pour occuper son trône. » (Jé 33.20-21a)

Dieu enverrait un Sauveur, un descendant d’Eve, d’Abraham et de David. Il serait un germe de justice, un nouvel homme, un deuxième Adam qui exercerait le droit et la justice dans le pays. Dieu a bel et bien tenu cette promesse. Il y a 2000 ans, Jésus est né. Celui-ci a tout changé, dans le passé, au présent et à l’avenir en exerçant le droit et la justice dans le pays.

Dans le passé, Jésus à mené une parfaite vie juste, ce que nous sommes obligés de faire mais n’arrivons pas à faire. Jésus a parfaitement accompli la volonté de Dieu : il n’a jamais succombé à la tentation, n’a jamais haï quelqu’un, n’a jamais menti, n’a jamais trompé, ni fait aucun autre mal. En plus il n’a jamais manqué de faire le bien attendu de l’homme. Il n’a jamais manqué d’aider une personne dans le besoin parce qu’il ne voulait pas s’y impliquer. Il s’est fait un devoir d’aimer Dieu par dessus toute chose et son prochain comme lui-même. Et cela, il l’a fait pour toi et pour moi, à notre place. Dieu exige que nous menions la même vie juste, mais puisque nous ne pouvons pas, Dieu nous attribue la droiture et la justice de Jésus.

Mais qu’en est-il de nos péchés, du mal que nous avons fait et du bien que nous avons négligé ? Le droit et la justice exigent que les malfaiteurs soient punis. C’est justement pour cela que Jésus est mort ! Il est devenu notre substitut, nous a payé nos péchés et même notre nature corrompue. Le droit a été respecté, la justice maintenue. C’est ce que nous appelons notre justification. Jésus nous a affranchis de toute défaillance devant Dieu afin que Dieu nous déclare justes. C’est un fait accompli qui nous a fait entrer dans le royaume de Dieu.

Au présent, Jésus nous rend capables d’exercer le droit et la justice par la puissance de son Esprit. En nous laissant conduire par le Saint-Esprit nous pouvons, dans une certaine mesure, mener une vie droite et juste, surtout dans l’Eglise et dans notre famille. Nous ne sommes pas obligés de suivre les mauvais désirs de la nature corrompue et du monde.

L’apôtre Paul nous exhorte : « Marchez par l'Esprit et vous n'accomplirez pas les désirs de votre nature propre… Les œuvres de la nature humaine sont évidentes : ce sont [l'adultère,] l'immoralité sexuelle, l'impureté, la débauche, l'idolâtrie, la magie, les haines, les querelles, les jalousies, les colères, les rivalités, les divisions, les sectes, l'envie, [les meurtres,] l'ivrognerie, les excès de table et les choses semblables. Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait : ceux qui ont un tel comportement n'hériteront pas du royaume de Dieu. Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. Contre de telles attitudes, il n'y a pas de loi. Ceux qui appartiennent à [Jésus-]Christ ont crucifié leur nature propre avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l'Esprit, laissons-nous aussi conduire par l'Esprit. »

Puis, à l’avenir, Jésus reviendra, visiblement, pour nous emmener au ciel, c’est-à-dire, dans la présence de Dieu. Là nous resterons à jamais dans un état de droiture et de justice. Il n’y aura aucun mal ni manque d’aucun bien. C’est là la grande espérance, la grande confiance qui nous pousse à exercer le droit et la justice dans cette vie.

Nous devons saisir et retenir donc que L'Eternel est notre justice. Comme Jérémie l’a dit : A cette époque-là, Juda sera sauvé et l'on habitera en sécurité à Jérusalem. Voici comment on l'appellera : ‘L'Eternel notre justice’. Jérusalem représente le peuple de Dieu. Nous pouvons la considérer comme le nom de l’Ancien Testament pour l’Eglise. Jérusalem, ou bien l’Eglise, est appelée L'Eternel notre justice, car grâce à Jésus, ses habitants sont justes. Dieu nous attribue la justice de Jésus. La justice que nous ne pouvons pas obtenir par nos propres efforts nous est donnée gratuitement par la foi en Christ. Lui est notre justice. Et c’est ainsi que nous, le peuple de Dieu, portons le nom, L'Eternel notre justice. Nous sommes citoyens dela cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. (Hé 11.10)

Mes chers amis, nous nous préparons à fêter Noël à cause de Jésus. Quoique soit la gêne que j’éprouverais pour trouver les cadeaux de Noël, Dieu nous présente encore cette année le meilleur cadeau possible : son Fils Jésus. Ainsi, Dieu a-t-il exercé le droit et la justice à notre place, acte qui nous a rendus justes, nous a donné le Saint-Esprit et le nom L'Eternel notre justice. Apprêtons-nous donc à fêter et à partager Jésus, le cadeau de Noël de Dieu !

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 25 Novembre 2012

 

Dernier dimanche de l'année liturgique

Une Vigilance Fidèle

Marc 13.32à37

Quant au jour et à l'heure, personne ne les connaît, pas même les anges dans le ciel ni le Fils : le Père seul les connaît. 33 Faites bien attention, restez en éveil et priez, car vous ignorez quand ce temps viendra. 34 Cela se passera comme pour un homme qui part en voyage : il laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indique à chacun son travail et ordonne au portier de rester éveillé. 35 Restez donc vigilants, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison : le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin. 36 Qu'il ne vous trouve pas endormis quand il arrivera tout à coup ! 37 Ce que je vous dis, je le dis à tous : Restez vigilants.

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Nous voilà le dernier dimanche de l’année liturgique. Nous achevons aujourd’hui un cycle de lectures bibliques qui nous ont montré qui est Jésus, ce qu’il a fait pour nous, qui nous sommes en conséquence, et comment nous devrions nous conduire en attendant son retour. La lecture de l’Evangile de ce matin vise ce dernier point, notre conduite en attendant le retour de Jésus. Il nous a confié sa maison. Nous devons donc être des serviteurs fidèles et vigilants, prêts à le recevoir.

Nos lectures de l’Evangile du dimanche passé et d'aujourd’hui ont été tirées de Marc chapitre 13. Les disciples avaient fait remarquer à Jésus combien le temple était magnifique.  Mais en réponse il leur a dit que le temple serait détruit. Du coup les disciples ont demandé plus d’informations, et alors Jésus a parlé de la destruction du temple et de la fin du monde.

Quant à la destruction du temple, il a dit que cela arriverait durant la génération des disciples mais pas tout de suite. En effet, le temple a été détruit environ 40 ans plus tard en l’année 70. Puisque cet évènement n’allait pas se produire immédiatement, Jésus les a recommandés de faire bien attention que personne ne les égare, c’est-à-dire, les faire perdre leur confiance en lui. Car il y aurait de faux messies et des fausses interprétations de la signification des guerres, des famines et des tremblements de terre.

Il a exprimé tout cela dans le langage des prophètes pour leur faire comprendre la signification de la destruction du temple. Cela voulait dire que le temps de l’ancienne alliance avait pris fin. La nouvelle alliance serait inaugurée par la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus. Et dans ce nouveau temps, le temple terrestre n’aurait que peu d’importance.

Eh bien, tout cela s’est passé comme Jésus l’avait dit. Pouvons-nous donc fermer le livre et l’oublier ? Pas du tout ! Car ce que Jésus a dit au sujet de la destruction du temple est la clé pour comprendre un autre évènement, le sujet de notre lecture d’aujourd’hui.

Quant au jour et à l'heure, personne ne les connaît, pas même les anges dans le ciel ni le Fils : le Père seul les connaît. Faites bien attention, restez en éveil et priez, car vous ignorez quand ce temps viendra.

Il y a ici un changement de sujet. Jésus ne parle plus du temps d’avant la destruction du temple mais du temps d’après, d’un autre jour qu’on appelait « ce jour-là ». Les prophètes parlaient souvent d’un jour qu’ils appelaient « le Jour de l’Eternel ». On y faisait référence en disant simplement, « ce jour-là ». C’est ce que Jésus dit. Notre traduction, « Quant au jour et à l'heure, personne ne les connaît. » est littéralement, « Quant à ce jour-là et à l’heure, personne ne les connaît. » Le terme, « ce jour-là » est devenu très familier et signifiait le jugement de Dieu et la fin de l’âge. Les juifs et les premiers chrétiens comprenaient le terme.

Par exemple, quand Jésus envoie les disciples pour annoncer la bonne nouvelle, il leur dit : « Dans toute ville où vous entrerez et où l'on vous accueillera, mangez ce que l'on vous offrira, guérissez les malades qui s'y trouveront et dites-leur : ‘Le royaume de Dieu s'est approché de vous.’ Mais dans toute ville où vous entrerez et où l'on ne vous accueillera pas, allez dans les rues et dites : ‘Nous secouons contre vous-même la poussière de votre ville qui s'est attachée à nos pieds. Sachez cependant que le royaume de Dieu s'est approché [de vous].’ Je vous dis que, ce jour-là, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville-là. » Luc 10.8-12. Jésus n’a pas eu à expliquer le terme « ce jour-là ». Tous comprenaient ce que cela voulait dire.

Paul fait pareil dans sa deuxième lettre à Timothée. « J’ai combattu le bon combat, j’ai terminé la course, j’ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m’est réservée. Le Seigneur, le juste juge, me la remettra ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront attendu avec amour sa venue.» 2 Tim 4.7-8. Paul aussi parle du dernier jugement.

Mais « ce jour-là » n’a pas de date ! Jésus ne donne pas de repère qui indiquera quand « ce jour-là » sera sur le point de se produire. Il nous dit plutôt d’être prêts et vigilants à tout moment. A tout moment ? N’est-ce pas un peu difficile d’être toujours prêt pour le retour de Jésus ? Non, ce n’est pas trop difficile.

D’abord, précisons qui ou quoi nous guettons. Nous ne sommes pas des soldats derrières une barrière qui guettent un attentat-suicide. Nous guettons plutôt le moment où Dieu mettra fin au monde actuel et restaurera sa création à la perfection —nous y compris ! Dans ce nouveau monde il n’y aura plus de péché ni de misère, plus de combat ni de bagarre, plus de terrorisme, plus de pervers rôdant dans les rues, plus de femmes et d’enfants battus, plus de pauvreté, de faim, de honte, de mort. Car, ce jour-là, Jésus reviendra avec puissance et gloire pour juger les vivants et les morts. Et nous qui serons restés vigilants, vivrons à jamais dans la présence de Dieu. Voilà ce que nous guettons, la meilleure chose qu’on pourrait ne jamais avoir.

Néanmoins, nous ne pouvons pas marquer la date sur nos calendriers parce que Dieu ne l’a pas révélée. Même Jésus et les anges de Dieu ne la connaissent pas ! Inutile donc de chercher à la deviner. Mais il est très utile de rester vigilants. Jésus dit, « Cela se passera comme pour un homme qui part en voyage : il laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indique à chacun son travail et ordonne au portier de rester éveillé. Restez donc vigilants, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison : le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin. Qu'il ne vous trouve pas endormis quand il arrivera tout à coup ! »

Quand nous avons été baptisés, Jésus a fait de nous des membres de la famille de Dieu. Il nous a fait entrer dans l’Eglise, dans le royaume de Dieu. Puis il s’en est allé pour nous préparer une autre demeure et entretemps, nous a remis l’autorité de veiller sur sa maison ici sur terre. C’est comme la charge que Dieu a donnée Adam et Eve au commencement. « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu. Il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit et leur dit : “Reproduisez-vous, devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la ! Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se déplace sur la terre !” » Gn 1.27-28.

Adam n’a pas crée le monde ; il l’a reçu comme un héritage de Dieu. De même, nous n’avons pas crée le royaume de Dieu. Nous l’avons reçu en cadeau ou en héritage par la foi en Christ. Dieu nous a pardonnés toute transgression de sa loi et toute négligence de notre domination sur sa terre, puis nous a donné son Saint-Esprit. Maintenant nous veillons de nouveau sur sa création et guettons le retour de Jésus, parce que nous ne voulons pas qu’il nous trouve endormis.

Endormi dans ce sens est une métaphore pour une stupeur spirituelle. Cela veut dire être sans souci, paresseux et insensible en ce qui concerne Dieu. C’est un état dangereux qui aboutit à la perte de sa foi. Paul écrit au Thessaloniciens : « En effet, vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront : “Paix et sécurité !” alors une ruine soudaine fondra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte ; ils n’y échapperont pas. Mais vous, frères et sœurs, vous n’êtes pas dans les ténèbres pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres. Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres. En effet, ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit. Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, enfilons la cuirasse de la foi et de l'amour et ayons pour casque l'espérance du salut. » 1 Th 5.2-8.

Comment donc pouvons-nous rester vigilants ? En faisant ce que les disciples devaient faire avant la destruction du temple. « Faites bien attention que personne ne vous égare. En effet, beaucoup viendront sous mon nom et diront : ‘C'est moi.’ Et ils tromperont beaucoup de gens. » Mc 13.5-6. La meilleure façon de ne pas se laisser égarer est de connaître la parole de Dieu et ainsi la vérité à ce sujet. Une façon donc de rester vigilant est d’apprendre et enseigner la parole de Dieu.

Un entrepreneur comprendrait bien cela. Si tu as une entreprise tu dois veiller sur tes affaires. Tu dois former les employés et faire connaître tes services ou produits au  public. Sinon, ton entreprise ne va pas durer. D’une façon semblable, Jésus nous demande de veiller sur ses affaires. Nous devons enseigner la parole de Dieu aux autres, surtout à nos enfants, pour qu’ils restent eux aussi vigilants. Des faux prophètes ne pourront donc pas nous égarer.

Il y a une autre chose à faire pour rester vigilant. « Faites attention à vous-mêmes. On vous livrera aux tribunaux et vous serez battus dans les synagogues ; vous comparaîtrez devant des gouverneurs et devant des rois à cause de moi pour leur apporter votre témoignage. Il faut d'abord que la bonne nouvelle soit proclamée à toutes les nations. Quand on vous emmènera pour vous faire arrêter, ne vous inquiétez pas d'avance de ce que vous direz, mais dites ce qui vous sera donné au moment même. En effet, ce n’est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit saint. » Mc 13.9-11.

En veillant sur la porte, n’oublions pas ce qui se passe à l’intérieure de la maison ! Quand on nous insulte ou nous menace à cause de Jésus, notre nature pécheresse veut le renier et échapper à ces dangers. Mais si nous trouvons que les autres nous persécutent à cause de Jésus, parce que sa parole les rend mal à l’aise, nous pouvons nous en réjouir. Car cela veut dire que nous accomplissons la volonté de Dieu et que son Saint-Esprit parlera par nous.

Guetter ce jour-là, le jour du retour de Jésus, exige une vigilance constante. Soit. Mais cela vaut la peine car l’enjeu est très important. Si Jésus revient et nous trouve endormis, c’est-à-dire, menant une vie consacrée aux mauvais désirs de la nature corrompue, il ne se donnera pas la peine de nous réveiller. Nous nous réveillerons pour voir que la porte sera déjà fermée, à jamais.

Mais s’il nous trouve vigilants, c’est-à-dire, menant une vie sainte de confiance en lui, il nous recevra dans son royaume éternel, dans une existence de paix et d’allégresse hors description. Nous ne devons donc pas nous laisser endormir par le monde, le diable et notre vielle nature. Nous ne devons pas supposer que Jésus va tarder longtemps avant de venir, et donc nous permettre de satisfaire nos mauvais désirs en pensant à nous repentir plus tard. C’est une illusion cela !

Je termine par le récit d’un incident juste après la révolution américaine. Le 19 mai 1780, on pensait que le dernier jour était arrivé. A midi le ciel a commencé à s'assombrir. Il est devenu si noir que des hommes tombaient à genoux et imploraient Dieu d’une dernière bénédiction avant la fin. La Chambre des représentants de l’Etat du Connecticut siégeait. Tandis que quelques-uns tombaient à genoux et que d’autres réclamaient à grands cris l’ajournement immédiat de la session, le président de la Chambre, un certain Colonel Davenport, s’est levé. Il a fait taire tout le monde, puis a dit : « Que le Jour du Jugement s’approche ou pas, il n’y pas de raison d’ajourner la séance. Car s’il s’approche, je veux qu’on me trouve m'acquittant de mon devoir. Que l’on apporte donc des bougies. » (Robert P. Dugan, Jr., Winning the New Civil War, p. 183.)

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 18 Novembre 2012

 

Avant dernier dimanche de l'année liturgique

 

Encourageons-nous mutuellement

 

Hébreux 10.19à25

Ainsi, frères et sœurs, nous avons par le sang de Jésus l'assurance d'un libre accès au sanctuaire. 20 Cette route nouvelle et vivante, il l'a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire de son propre corps. 21 De plus, nous avons un souverain prêtre établi sur la maison de Dieu. 22 Approchons-nous donc avec un cœur sincère, une foi inébranlable, le cœur purifié d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'une eau pure. 23 Retenons fermement l'espérance que nous proclamons, car celui qui a fait la promesse est fidèle. 24 Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l'amour et à de belles œuvres. 25 N'abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont l'habitude, mais encourageons-nous mutuellement. Faites cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour.

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous !

Quand tu lis le journal ou le suis à la télé, est-ce que, normalement, il t’encourage ? Ou est-ce qu’il te décourage ? Quand tu assistes des réunions à l’école ou au travail, est-ce qu’elles t’encouragent ? Qu’en est-il quand tu parles aux voisins ou quand tu rends visite à la belle-famille ? Ou bien, venir ici à l’église, est-ce que cela t’encourage ? Passer du temps avec ces autres personnes, cela te fait-il du bien ou te fait-il te demander si cela vaut la peine de les voir ?

Malheureusement, tout ne se passe pas comme il faut dans l’église. C’est parce que nous sommes toujours sur la terre et non au ciel ! Nous nous décourageons souvent les uns les autres par nos paroles et par nos actions. Nous venons à l’église en nous attendant à trouver des gens saints, des disciples de Jésus-Christ dont il est dit, « Comme ils ont de l’amour les uns pour les autres ! » Mais parfois nous trouvons les personnes qui se disputent et qui s’offensent les uns les autres. Je connais par exemple, un couple qui a quitté la paroisse où il a été membre pendant des décennies parce qu’on a remplacé la croix simple au-dessus de l’autel par un crucifix. Parfois l’église ressemble à une clique ou à un cercle exclusif. Déçus et découragés quelques-uns partent.

La lettre aux Hébreux a été envoyée aux églises où du moins quelques personnes abandonnaient Jésus et son église. Les causes de cela n’ont peut-être pas été insignifiantes, mais ces personnes étaient déçues et découragées, et risquaient de reprendre les pratiques du judaïsme. Du coup l’auteur de cette épître leur a écrit pour les encourager.

Aujourd’hui cette parole de Dieu nous déclare le même message d’encouragement. Elle nous rappelle qu’à cause de Jésus, nous avons un libre accès à Dieu. Et cette assurance a pour fruit de nous inciter à nous encourager mutuellement.

Il faut l’admettre, nous n’aimons pas chaque personne. Nous sommes différents et avons des intérêts différents et des capacités différentes. Nous avons parfois des habitudes ennuyeuses. Néanmoins, malgré nos diversités d’apparence, de manger et de boire, de vêtement et d’intérêts, nous avons un terrain d’entente important : Jésus !

L’auteur de cette épître résume en quelques mots une grande partie de ce qu’il vient d’expliquer en détail. Ainsi, frères et sœurs, nous avons par le sang de Jésus l'assurance d'un libre accès au sanctuaire. Cette route nouvelle et vivante, il l'a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire de son propre corps. De plus, nous avons un souverain prêtre établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc avec un cœur sincère, une foi inébranlable, le cœur purifié d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'une eau pure. Retenons fermement l'espérance que nous proclamons, car celui qui a fait la promesse est fidèle.

Ce langage du temple juif ne nous est pas familier. Pourtant ce n’est pas difficile. Nous étions autrefois bannis de la maison de Dieu et de sa présence, mais actuellement nous sommes les bienvenus à cause de Jésus. C’est une bonne nouvelle ! Car suite à leur rébellion et leur désobéissance, Adam et Eve ont dû quitter la présence de Dieu. Leur péché a rendu impossible qu’ils y restent. Ainsi ils n’étaient plus les bienvenus dans la maison de Dieu et n’avaient plus d’accès libre à Dieu. Qui plus est, hors de la présence de Dieu il y a une sorte de prison avec toutes les formes de souffrance et de malheur, et aussi la mort.

Voilà la situation et la position devant Dieu dont nous avons héritées d’eux. C’est comme si nous avions commis un crime pour lequel nous sommes condamnés à vie.

Mais —et c’est un grand mais— Dieu est miséricordieux et veut pardonner. Il a envoyé son fils pour nous faire entrer dans la présence de Dieu. Et cela n’a pas été une petite chose car le seul chemin pour entrer chez Dieu est la mort et la résurrection. Nous ne pouvons simplement pas passer d’ici à là-bas. Nous devons d’abord nous débarrasser de notre forme et de notre nature corrompues, actions qui se font uniquement par la mort.

Alors, Jésus est venu, est mort et a été ressuscité à notre place. Par sa mort et sa résurrection il est entré dans le sanctuaire, dans la présence de Dieu, où il est actuellement notre prêtre qui plaide notre cas. Ainsi, par son sang, nous a-t-il mérité le droit d’entrer chez Dieu. Et il nous recevra chacun quand notre temps arrivera.

Nous avons donc une assurance, une garantie, la confiance certaine qu’à notre mort nous serons reçus chez Dieu. Il n’y a plus de voile qui barre l’accès à Dieu comme dans le temple juif. Plus aucune barrière ne nous sépare d’avec Dieu car par le corps de Christ nous avons un libre accès à Dieu, une porte ouverte.

A cause de cette confiance, on nous encourage donc à nous approcher de Dieu. Dieu lui-même nous invite et nous encourage à l’invoquer dans tous nos besoins. Dans les paroles de Luther, « Dieu nous convie à croire qu’il est vraiment notre Père, et que nous sommes vraiment ses enfants, afin qu’avec une confiance d’enfant nous lui adressions nos prières comme à notre Père bien-aimé. » PC, Notre Père, Intro.

A cause de Jésus, les Ecriture nous disent, « Approchons-nous donc avec un cœur sincère, une foi inébranlable, le cœur purifié d'une mauvaise conscience et le corps lavé d'une eau pure. » Ce langage aussi nous est difficile car, sauf quelques rares exceptions, nous n’avons jamais offert un animal en sacrifice comme le faisaient Moïse et les Israélites jusqu’au temps de Jésus. Mais ce que l’Esprit nous dit, c’est que Dieu a conclu une alliance avec nous. C’est-à-dire, Dieu s’est librement lié à une promesse à laquelle il ne peut pas faillir.

Or on faisait une alliance par moyen d’un sacrifice. On aspergeait le sang de l’animal sur l’autel. Dans le cas de l’alliance que Dieu a conclut avec Israël au mont Sinaï, « Après avoir prononcé devant le peuple entier tous les commandements conformément à la loi, Moïse a pris le sang des jeunes taureaux et des boucs ainsi que de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il a aspergé le livre lui-même et tout le peuple en disant : Voici le sang de l'alliance que Dieu a prescrite pour vous. » Héb 9.19-20.

Maintenant, il y a une nouvelle alliance. Et pour la conclure, le sang de Jésus a été aspergé sur nos cœurs et nous avons été lavés de l’eau pure du Baptême. Cela veut dire que nous sommes inclus dans cette alliance et sommes acceptable à Dieu. Dieu lui-même le jure sur le sang de son fils ! Nous pouvons ainsi nous débarrasser d’une mauvaise conscience à cause de notre péché. A sa place nous avons l’espérance de la vie éternelle. Cette espérance n’est pas un souhait. C’est plutôt une confiance fondée sur Jésus et sur le serment que Dieu a prêté. Nous devons donc retenir fermement cette espérance, et ne laisser personne nous l’ôter ni la compromettre. Retenons fermement l'espérance que nous proclamons, car celui qui a fait la promesse est fidèle.

Voilà le terrain d’entente que nous partageons. Quoi que soient nos différences dans cette vie terrestre, elles importent peu par rapport à ce que nous avons en commun par la foi en Christ. Considère ceci : quand tu es sur la terre et que tu regardes les montagnes, elles sont immenses. Mais quand tu les regardes de l’espace et que tu vois la moitié de la surface de la planète, il est difficile même de discerner les hauts et les bas de la terre. En fait, il y a une différence de relief de moins de 20 kilomètres entre le point le plus haut et celui le plus bas de la terre. Par rapport à son diamètre de 12.760 km, 20 km n’est guère perceptible. Christ est comme le globe entier et nous comme la croûte terrestre. Nos différences sont insignifiantes ; le Christ que nous partageons est on ne peut plus important.

Ainsi, « Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l'amour et à de belles œuvres. N'abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont l'habitude, mais encourageons-nous mutuellement. Faites cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. »

Le 8e Commandement dit, « Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain. » Luther l’explique de cette façon-ci : « Nous devons craindre et aimer Dieu, afin de ne pas mentir à notre prochain, le trahir, calomnier ou diffamer ; mais de l'excuser, de dire du bien de lui et de juger charitablement sa conduite. » C’est justement ce que dit ce texte de l’Epître aux Hébreux. Nous devons nous encourager mutuellement au lieu de nous décourager. Nous devons cacher les imperfections de nos frères et sœurs au lieu d’en faire un plat. Nous devons souligner ce que nous faisons bien.

Dieu nous dit de veiller pour inciter les autres à l’amour et à de belles œuvres. Cela veut dire de cesser de penser uniquement à ses propres désirs. Regarde Jésus, par qui tu restes ferme, et alors regarde ton prochain qui aussi reste ferme par Jésus. Comment peux-tu inciter cette personne à l’amour et à de belles œuvres ?

Pour ce faire, je dois te connaitre et savoir ce que tu peux faire dans le corps de Christ. Je dois passer du temps avec toi et t’écouter. Alors je peux savoir comment t’encourager. Je dois garder ma langue afin de ne pas critiquer une action ou une parole avant de la comprendre. Et puis, ma parole doit être constructive pour améliorer la situation. C’est-à-dire, je ne dois seulement pas montrer ce qui ne va pas ; je devrais offrir une solution au problème.

Quand nous nous décourageons, on se retire de nous. On quitte l’église. Et cela ne doit pas se faire. L’église est la maison de Dieu ; nous sommes cette maison ! Jésus en est le prêtre et le maitre. Dieu nous rassemble pour nous édifier, pour nous nourrir de sa parole et de ses sacrements. Si nous quittons sa maison, cela ne peut pas se faire. C’est semblable à la sortie d’Adam et Eve d’Eden. La vie était belle dedans et pénible dehors.

Non, quitter la maison de Dieu ne résout rien. La Parole de Dieu nous dit de ne pas abandonner notre assemblée. Si nous nous retirons de la maison de Dieu quelle que soit la raison, le diable gagne. Je comprends qu’il y a des conflits très difficiles à résoudre, et que les personnes doivent parfois se séparer. Paul et Barnabas ont dû se séparer l’un de l’autre à cause d’un différend au sujet de Marc. Mais ni l’un ni l’autre n’ont abandonné la mission ! Ils ont choisi tous les deux un nouveau partenaire et voilà il y avait deux missions au lieu d’une ! Ils ont trouvé un moyen de surmonter le problème au bénéfice de tous. Que Dieu nous donne la sagesse de faire pareil !

Dieu ajoute encore un encouragement : « Faites cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. » Le jour dont il parle est bien sûr le jour du Seigneur, le retour du Christ, et le jour de jugement et de récompense. Pour nous qui serons dans la maison de Dieu, c’est le moment de rédemption, de récompense, de résurrection et de gloire. Mais pour ceux qui seront hors de l’église, c’est le jour du jugement. Nous ignorons la date de ce jour, mais nous savons bien qu’il s’approche. Chaque jour, nous sommes plus proches de notre entrée chez Dieu. Du coup, je suis amené à encourager les autres, à les inciter à l’amour et à de belles œuvres car le jour peut être aujourd’hui !

Quelqu’un a dit, « Si tu me flattes, je ne te croirai peut-être pas. Si tu me critiques, je ne t’aimerai peut-être pas. Si tu m’ignores, je ne te pardonnerai peut-être pas. Mais si tu m’encourages, je ne t’oublierai pas. » Mes amis, il y a très peu que nous pouvons faire de plus important que de nous encourager mutuellement dans la foi. Nous avons tant en commun en Christ. Nous ne formons qu’un seul peuple dans la maison de Dieu. Nos différences sont insignifiantes. Ce qui importe, c’est d’écouter et faire la Parole de Dieu. Nous devons donc nous tenir ferme au Christ et nous encourager mutuellement.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 4 novembre 2012

 

22ème dimanche après la Trinité
Toussaint

 

Donnez la Première Place à la Parole de Dieu

 

Josué 1.1à2 et 5à9

Après la mort de Moïse, serviteur de l'Éternel, l'Éternel dit à Josué, fils de Nun, serviteur de Moïse :  Moïse, mon serviteur, est mort ; maintenant, lève-toi, passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux enfants d'Israël… Je serai avec toi, comme j'ai été avec Moïse ; je ne te délaisserai point, je ne t'abandonnerai point.  

Fortifie-toi et prends courage, car c'est toi qui mettras ce peuple en possession du pays que j'ai juré à leurs pères de leur donner.  Fortifie-toi seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t'a prescrite ; ne t'en détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu entreprendras.  Que ce livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras. Ne t'ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? Ne t'effraie point et ne t'épouvante point, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. NEG Josué 1:1-2, 5b-9.

 

Je possède plusieurs Bibles en plusieurs traductions et dans plus d’une langue. C’est peut-être pareil chez vous. Pensez-vous que nos traductions nombreuses et nos tas de Bibles témoignent de l’importance que nous accordons à la Parole de Dieu ? Rien n’est plus important dans notre vie de Chrétien que la Parole de Dieu. Notre vie est fondée sur cette parole et c’est le plus grand héritage que nos ancêtres nous ont laissé. Alors, comme pour Josué, la Parole de Dieu doit occuper la première place dans notre vie.

L’importance de la Parole de Dieu se voit dans la structure des Ecritures Hébraïques.  Les Juifs ont divisé les Ecritures en trois parties : la Loi, les Prophètes, et les Ecrits. La Loi ou le Pentateuque est la fondation du peuple d’Israël et de leur foi. Nous pensons souvent de la Loi en termes de commandements et de prohibitions. Mais le mot pour loi en hébreu est Tora et veut dire « instruction ». La Tora est beaucoup plus que des lois. Elle commence par la création de l’univers et finit par la mort de Moïse. Elle établit la nation d’Israël comme le peuple de Dieu et ses témoins dans le monde.

Les Prophètes commencent par le livre de Josué et les paroles que nous venons de lire : Que ce livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras. Et les Prophètes prennent fin par ces paroles-ci du livre de Malachie : Souvenez-vous de la loi de Moïse, mon serviteur, auquel j'ai prescrit en Horeb, pour tout Israël, des préceptes et des ordonnancesMal 4.4.

Les Ecrits, ou la troisième partie du Canon Juif, commence par les Psaumes et ces paroles-ci : Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs, mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, et qui la médite jour et nuit ! Psaume 1:1-2. Puis les Ecrits prennent fin en donnant la raison pour la destruction d’Israël et l’exile de Juda : Juda n’a pas écouté sa Parole. (2 Chroniques 36:15-17a, 20-21a).

Manifestement, la Tora, la Parole de Dieu, est importante. Elle était la chose la plus importante dans la vie du peuple de Dieu. Car la Tora était l’instruction de Dieu, son enseignement à son peuple. Elle racontait ce que Dieu avait fait pour Israël et comment eux devaient se comporter en conséquence. La Tora de Dieu a été la source et la norme de tout aspect de la foi et de la pratique d’Israël.

La situation a-t-elle changée depuis ? Pas vraiment. Dans son instruction à ses disciples, c'est-à-dire, dans sa Tora à lui, Jésus dit : Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. Matthieu 5:17-19.

Après sa résurrection, Jésus est apparu à deux disciples en route pour Emmaüs et leur a dit : « O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ souffre ces choses, et qu'il entre dans sa gloire ? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. » Luc 24:25-27.

Puis à tous les disciples il a dit : « C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprennent les Ecritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses. » Luc 24:44-48.

Les Ecritures sont donc pleines de mots qui exaltent la Parole de Dieu et nous appellent à l’écouter, l’apprendre et la mettre en pratique. On croirait donc que nous prendrions tous à cœur cette parole adressée à Josué. Que ce livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras. On croirait que nous serions tous des savants bibliques, que nous passerions beaucoup de temps à l’étude des Ecritures, que nous mémoriserions la Bible, du moins une partie tout comme les enseignants musulmans mémorisent le Coran.

Néanmoins, nous nous écartons souvent de notre sujet et faisons attention à autre chose. Parfois ce sont les soucis du siècle, la séduction des richesses et l'invasion des autres convoitises dont Jésus parle dans sa parabole du semeur. Ces choses étouffent la parole, et la rendent infructueuseMarc 4.19.

Mais parfois ce qui nous écarte de la Parole de Dieu est une mauvaise théologie, des doctrines ou des pratiques qui de quelque façon nous paraissent si importantes qu’elles prennent la première place dans notre pensée, par-dessus même la Parole de Dieu. Par exemple, j’ai lu une méditation qui parlait non pas de la Parole de Dieu mais de notre prière comme le moyen de progresser dans la foi, d’avoir du succès dans nos entreprises, et de réussir. L’auteur dit que la nature et l’histoire nous apprennent un peu de Dieu, les Ecritures beaucoup plus, et Christ encore plus. Mais selon lui, le Saint-Esprit nous parle le plus efficacement quand nous « montons le sommet de la prière. » C'est-à-dire, ce pasteur enseigne que Dieu se révèle principalement au moyen de notre prière.  De sa perspective l’heureux est celui qui prie le plus et non celui qui trouve son plaisir dans la loi de l'Éternel, et qui la médite jour et nuit ! (Baxter, Awake My Heart, p. 18).

Je ne veux pas du tout diminuer l’importance de la prière ni d’aucun autre aspect de la vie chrétienne. Néanmoins je tiens à dire que rien ne nous est plus important ni plus nécessaire que la Parole de Dieu. Nous ne devons pas supposer que l’Esprit Saint opère quelque chose de plus important en nous ou dans ce monde par la prière que par sa Parole. Nous devons revenir à la Parole, la parole vivante de Dieu. Car l’Evangile s’y trouve ; les promesses de vie et de salut !

La grande commission que Jésus a donnée à son église n’est pas d’être des guerriers en prière, ni des exorcistes, ni ceux qui opèrent des miracles ou qui parlent en les soi-disant langues. Que dit l’Ecriture ? Jésus, s'étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. Mat 28:18-20.

Cela s’accorde très bien à la parole adressée à Josué : Que ce livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras. Ne t'ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? Ne t'effraie point et ne t'épouvante point, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras.

Tout simplement, nous parvenons à la Foi en Christ, nous demeurons et nous progressons dans cette foi au moyen de la Parole de Dieu. L’Apôtre Pierre écrit à ce sujet : « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu… désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon. 1 Pierre 1.23-2.3.

Que veut nous dire tout cela ? Cela veut dire, dans les paroles de Luther, « Nous devons craindre et aimer Dieu afin de ne pas mépriser sa Parole et la prédication, mais d’avoir pour sa Parole un saint respect et de prendre plaisir à l’entendre et à l’étudier. » Nous avons besoin de l’attitude de David : « La loi de l'Eternel est parfaite, elle donne du réconfort ; le témoignage de l'Eternel est vrai, il rend sage celui qui manque d'expérience. 9 Les décrets de l'Eternel sont droits, ils réjouissent le cœur ; les commandements de l'Eternel sont clairs, ils éclairent la vue. 10 La crainte de l'Eternel est pure, elle subsiste pour toujours ; les jugements de l'Eternel sont vrais, ils sont tous justes. 11 Ils sont plus précieux que l'or, que beaucoup d'or fin ; ils sont plus doux que le miel, même le miel qui coule des rayons. 12 Ton serviteur aussi est éclairé par eux ; pour celui qui les respecte, la récompense est grande. »Psaume 19.8-12 Segond 21.

Avec ce point de vue, nous devons nous efforcer d’écouter la Parole de Dieu. Et non seulement les lectures du dimanche matin, mais toute la Bible. Consacre un temps dans la journée à la Parole de Dieu car elle vaut beaucoup plus que la télévision ou les jeux-vidéo. Suis un plan de lecture pour lire toute la Bible en un ou deux ans. Ou si tu préfère écouter, télécharge une Bible audio. Bref, mets en pratique ce que tu as mémorisé dans le Catéchisme : « Je crois que je ne puis, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui. Mais c’est le Saint-Esprit qui m’a appelé par l’Evangile, éclairé de ses dons, sanctifié et maintenu dans la vraie foi. »

N’est-ce pas là l’héritage que nos ancêtres nous ont laissé ? En ce jour de Toussaint, que pouvons-nous nous rappeler de plus important de nos chers parents et amis que leur fidélité et amour envers nous en nous élevant dans la crainte et l’amour du Seigneur ?

Chers frères et sœurs en Christ, par la Parole de Dieu l’univers a été formé. Par la Parole incarnée nous avons été rachetés. Par la Parole de Dieu nous allons ressusciter à la résurrection ! Tout dépend de la Parole de Dieu. Alors, Que ce livre de la loi ne s'éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c'est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c'est alors que tu réussiras. Ne t'ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? Ne t'effraie point et ne t'épouvante point, car l'Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 28 Octobre 2012

 

21ème dimanche après la Trinité

Fête de la Réforme

 

Jean 8.31à36

Jésus dit alors aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous restez fidèles à mes paroles, vous êtes vraiment mes disciples ; 32 ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » 33 Ils lui répondirent : « Nous sommes les descendants d'Abraham et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu nous dire : ‘Vous deviendrez libres’ ? » 34 Jésus leur répondit : « Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : tout homme qui pèche est un esclave du péché. 35 Un esclave ne fait pas pour toujours partie de la famille, mais un fils en fait partie pour toujours. 36 Si le Fils vous libère, vous serez alors vraiment libres. » BFC

Liberté !

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

« Le petit Jean a bu, mais il ne boira plus ; car ce qu’il prit pour H2O fut H2SO4. » Ce petit dicton drôle me rappelle l’importance de la vérité, de pouvoir faire le point, de savoir la réalité des choses. Et tout comme l’eau et l’acide sulfurique ont la même apparence—les deux sont un liquide sans couleur—cela me rappelle aussi qu’il est parfois difficile de faire un distinction entre la vérité et le mensonge.

La nature de la vérité—ce qu’elle est, ce qu’elle n’est pas, où la trouver—est au fond de cette lecture de l’Evangile de Jean et même de notre commémoration de la Réforme. Je crois bien que nous voudrions toujours connaître la vérité. Nous n’aimons pas toujours la vérité et certainement nous ne disons pas toujours la vérité, mais nous voulons toujours la connaître.

Mais, même si nous connaissons la vérité, nous y tenir n’est pas facile. Car depuis la création du monde il y a un complot pour nous tromper. Adam et Eve, devaient-ils croire à Dieu ou au serpent ? Dieu leur avait dit de ne pas manger du fruit de l’arbre qui donnait la connaissance du bien et du mal. Sinon, ils mourraient. Le serpent lui, leur disait qu’ils ne mourraient pas du tout ; en fait ils auraient les yeux ouverts et seraient comme Dieu lui-même. Et qui n’aimerait pas cela ? Dieu, nous le savons, a dit la vérité ; le serpent a menti ; et Adam et Eve sont morts.

Leur échec au sujet de la vérité nous a fait subir la mort ; mais il y a bien plus que cela. Depuis lors il nous est difficile même de connaître la vérité, surtout la vérité qui nous affranchit de la mort. Alors, pour un bref moment dans le temps, « Celui qui est la Parole est devenu un homme et a vécu parmi nous. » Jn 1.14. Il a été une lumière brillant dans l’obscurité qui nous a révélé la grâce et la vérité, la vérité qui nous affranchit de la mort. Celui-là nous dit, « Si vous restez fidèles à mes paroles, vous êtes vraiment mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. »

Mais à maintes reprises, l’ancien serpent a levé sa tête et a dit qu’on n’a pas besoin d’être disciple de Jésus-Christ. Il y a d’autres vérités qui pourraient nous rendre libres. Et à l’instar d’Adam et Eve, nous y avons cru. En conséquence, la vérité reste obscure et notre lutte pour la vérité continue. La Réforme en est un exemple.

Le 31 octobre 1517, Martin Luther a affiché un document à la porte de la chapelle du château de Wittenberg. Nous l’appelons les 95 Thèses mais il l’a intitulé Disputation de Martin Luther sur la puissance des indulgences. C’était une invitation aux théologiens à débattre la vente des indulgences.

Une indulgence est la remise des peines méritées par les péchés. L’idée est la suivante. Lorsqu’on confesse son péché, on est pardonné ; cependant il faut en faire pénitence. C'est-à-dire, on devait subir quelque punition ou faire une bonne action qui pourrait compenser son péché. Pour tous les péchés non compensés dans cette vie il y avait le purgatoire, un lieu imaginaire ou l’on était purgé des ses péchés avant d’accéder au paradis. Et cela, parait-il, pouvait durer des siècles !

Alors l’Eglise offrait un moyen d’y échapper : l’indulgence. Dans des circonstances particulières—dans ce cas, pour un don d’argent—on recevait une remise des peines que méritaient ses péchés. On n’avait ainsi plus besoin de compenser ses péchés. On pouvait se les payer !

Luther voulait débattre cette pratique car il savait qu’elle était néfaste. La vente des indulgences était un mensonge cupide qui trompait les gens et les détournait de la vérité. Qui plus est, ce mensonge plongeait les gens davantage dans l’esclavage. Comme quelqu’un qui gaspille son salaire pour les billets de loto au lieu de pourvoir aux besoins de sa famille, les gens gaspillaient le peu qu’ils avaient pour un bout de papier complètement inutile. Au lieu de se payer la liberté du purgatoire et de ses péchés, on se payait plus de misère.

Luther cherchait la vérité, la vérité de l’Evangile. Ainsi introduit-il ses 95 thèses par ces mots : « Par amour pour la vérité et pour la préciser, les thèses suivantes seront soutenues à Wittenberg… » Dans ce document, la question fondamentale est celle-ci : sur quoi fondons-nous notre foi et pratique Chrétienne ? Sur les traditions des hommes ou bien sur la Parole de Dieu ?

La Bible ne dit rien du sujet des indulgences ni du purgatoire. Elle parle de la rémission des péchés par égard pour Christ. La vérité est que nous sommes libérés de la punition que méritent nos péchés et de tout besoin de les compenser par la miséricorde de Dieu. Nous sommes uniquement et totalement justifiés par la mort et la résurrection du Christ. Jésus a compensé nos péchés. En revanche, ce que Dieu cherche chez nous, c’est que nous mettions notre entière confiance en cette bonne nouvelle. Il nous appelle à rester fidèles à ses paroles et à être ses disciples.

L’appel de Luther à ce débat a déclenché la Réforme, une grande lutte pour la vérité dans l’église occidentale. Il y avait des persécutions. Luther lui-même comme vous le savez a été déclaré un hors-la-loi. Mais la parole de Jésus s’est montré juste: « Si vous restez fidèles à mes paroles, vous êtes vraiment mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » En se tenant ferme à la Parole de Dieu Luther et des autres ont prévalu et ont été libérés de l’erreur et de l’esclavage au péché.

Nous sommes héritiers de cette lutte pour la vérité. Nous avons hérité non seulement des Saintes Ecritures, la véritable parole de Dieu, mais des choses telle que nos Confessions Luthériennes. Ces Confessions nous disent clairement que la foi qui sauve vient de l’écoute de la Parole de Dieu. Nous avons tous appris que l’unique source et norme de la foi et de la pratique Chrétienne est la Parole de Dieu. Du coup, la question qui reste, c’est si nous prendrons à cœur cette parole de Jésus : « Si vous restez fidèles à mes paroles, vous êtes vraiment mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. »

Pourquoi est-ce la parole de Jésus qui nous rend libres ? Pourquoi pas la parole de Confucius ou Bouddha ou Mohammed ? Pourquoi pas celle de Darwin ou Dawkins ou Gould ? Parce que, à la différence de tous ceux-là, Jésus n’a pas prononcé sa parole à lui. Durant son ministère il disait, « L'enseignement que je donne ne vient pas de moi, mais de Dieu qui m'a envoyé. » Jn 7.16.Jésus n’a pas donné son opinion, le monde selon Jésus, un charpentier de Nazareth. Ses paroles n’étaient pas le résultat de ses expériences ni de sa recherche scientifique. Il n’était pas un philosophe juif qui enseignait la mathématique, la physique et la logique. Au lieu de cela, il enseignait une vérité qui est au vrai fond de toutes ces disciplines. Il révélait Dieu. Il transmettait et expliquait les véritables pensées et dessins du Créateur.

En conséquence, comprendre et faire confiance aux paroles de Jésus, c’est connaître la vérité qui donne la compréhension de toute la science. Les hommes ont découvert tant de réalités dans le monde. Mais tout comme celui qui manque la forêt pour les arbres, nous avons souvent du mal à rejoindre toutes ces réalités pour voir la vue d’ensemble. Dieu a crée l’ensemble. Lui seul peut nous le faire comprendre. Lui seul tient la clé de la compréhension de toute la vie parce qu’il sait ce que nous ne savons pas et ne pouvons pas savoir à moins qu’il ne nous le dise. Et cette clé est Christ. Car par lui toutes choses ont été faites et sont soutenues. Lui seule donne l’ordre et la raison à toute la nature et à l’histoire.

Sans Christ donc, nous n’avons qu’une masse de faits et de mensonges désordonnés et dépourvus de sens. Sans Christ nous suivrons une fausse explication de la vie comme l’évolution ou quelque philosophie, ou bien, nous errerons sans but parce que nous n’avons pas d’explication. Alors Jésus dit, « Si vous restez fidèles à mes paroles, vous êtes vraiment mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. »

A ce point on tirerait peut-être la conclusion que la liberté dont Jésus parle n’est qu’une question de connaissance, une sorte de liberté de l’ignorance ou des superstitions. Mais elle est beaucoup plus que cela. Les juifs ont répondu à Jésus, « Nous sommes les descendants d'Abraham et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu nous dire : ‘Vous deviendrez libres’ ? » Jésus leur répondit : « Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : tout homme qui pèche est un esclave du péché. Un esclave ne fait pas pour toujours partie de la famille, mais un fils en fait partie pour toujours. Si le Fils vous libère, vous serez alors vraiment libres. »

Exactement comme Adam et Eve, nous avons désobéi à la vérité que nous connaissons. Nous sommes normalement conscients du bien et du mal car Dieu nous a ainsi crées. Nous avons une connaissance naturelle du bien et du mal et donc, quand nous faisons du mal, nous le faisons sciemment.

Comme Adam, nous mentons et cherchons à cacher nos péchés. Comme Caïn nous tuons nos frères par jalousie. Comme David nous faisons l’adultère. Comme Pierre nous renions notre foi de peur de persécution.

Nous avons péché et nous pécherons encore. Nous ne pouvons pas cesser. Nous ne pouvons pas être parfaits. Nous sommes manifestement esclaves du péché. Nous obéissons à ce que nous reconnaissons pour mauvais. Nous avons besoin d’un sauveur !

Eh bien, le Sauveur est venu dans le monde, et à ceux qui l’ont reçu et ont cru en lui, il leur a donné le droit de devenir enfants de Dieu. (Jn 1.12)

Le Sauveur nous dit, « Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : quiconque écoute mes paroles, et croit en celui qui m'a envoyé, possède la vie éternelle. Il ne sera pas condamné, mais il est déjà passé de la mort à la vie. » Jn 5.24.

Le Sauveur dit, « Prenez et mangez ceci, c'est mon corps. » « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang qui garantit l'alliance de Dieu et qui est versé pour une multitude de gens, pour le pardon des péchés. » Mt 26.27-27.

Le Sauveur dit, « Si vous restez fidèles à mes paroles, vous êtes vraiment mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. »

Voilà la vérité qui nous libère de tout mensonge, de toute erreur, de toute imagination humaine, et surtout de la corruption profonde de notre for intérieur que Dieu appelle le péché.  Voilà la vérité qui nous libère de l’esclavage et fait de nous les enfants de Dieu. Et pour bénéficier de cette liberté nous n’avons pas à acheter des indulgences ou à faire aucune autre chose que les hommes s’imaginent dans leurs rêveries. Tout ce que nous avons à faire c’est de toujours écouter et mettre en pratique la parole de Jésus.

Un cantique de notre héritage de la Réforme résume bien l’affaire :

Ce mot, c’est du grand Roi des rois

La Parole immortelle :

Le monde et l’enfer à la fois

Ne peuvent rien contre elle.

Prenez corps et biens,

Femmes, enfants, soutiens :

Efforts superflus !

Ton royaume, ô Jésus !

Reste au chrétien fidèle.

 

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

 Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 21 Octobre 2012

 

20ème dimanche après la Trinité

 

Deux Grands Obstacles à la Vie Eternelle

 

Marc 10.17à27

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut et se jeta à genoux devant lui : « Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? » 18 Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, si ce n'est Dieu seul. 19 Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d'adultère ; tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas de vol ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; tu ne feras de tort à personne ; honore ton père et ta mère. » 20 Il lui répondit : « Maître, j'ai respecté tous ces commandements dès ma jeunesse. » 21 L'ayant regardé, Jésus l'aima, et il lui dit : « Il te manque une chose : va vendre tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, [charge-toi de la croix] et suis-moi. » 22 Mais l'homme s'assombrit à cette parole et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. 23 Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » 24 Les disciples furent effrayés de ce que Jésus parlait ainsi. Il reprit : « Mes enfants, qu'il est difficile [à ceux qui se confient dans les richesses] d'entrer dans le royaume de Dieu ! 25 Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » 26 Les disciples furent encore plus étonnés et se dirent les uns aux autres : « Qui donc peut être sauvé ? » 27 Jésus les regarda et dit : « Aux hommes cela est impossible, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu. »

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Dans l’élection présidentielle cette année en France, 80 % des votants de la population se sont exprimés. C’est un taux de participation de beaucoup supérieur à ce qu’on voie dans quelques autres pays. Aux Etats-Unis par exemple, où il y aura une élection présidentielle dans trois semaines, le taux de participation n’est historiquement que de 50-60 %. Avant l’élection américaine de 2004 les analystes prévoyaient une participation des votants inférieure à 50 % de la population. Cela veut dire que 110 millions de personnes n’allaient pas voter cette année-là. C’est plus que la population de toute la France !

Naturellement les analystes proposaient des raisons pour cela, pourquoi tant de personnes ne votent pas. Avant l’élection de 2004, un analyste américain a dit qu’une raison importante était que les jeunes votants avaient adopté l’attitude que la richesse est la vraie source du bien-être et du bonheur. La poursuite de la richesse est donc la préoccupation au centre de la vie. Les autres questions sont moins importantes. Si cet analyste avait raison, alors la poursuite de la richesse était un obstacle à la vie politique, et l’est peut-être toujours. Nous verrons dans trois semaines.

Il y a une situation semblable dans notre lecture de l’Evangile. Jésus nous met en garde contre deux obstacles très subtils et dangereux à la vie éternelle : le mérite et la richesse. Car, comme beaucoup d’américains qui auraient tourné le dos aux élections en faveur de la poursuite de leur vie et richesse, ainsi beaucoup, comme l’homme riche de notre lecture, tournent le dos à Jésus à cause de leur richesse et de leur mérite.

Le premier obstacle dangereux est le mérite. Je n’ai aucun doute sur le fait que l’homme qui s’est mis à genoux devant Jésus était absolument sincère quand il a demandé ce qu’il fallait faire pour hériter de la vie éternelle. Et je ne trouve pas ridicule sa déclaration d’avoir respecté tous les commandements depuis sa jeunesse. Il y a des gens vraiment pieux et bons. Je suppose que la plupart de nous, à sa place, aurait répondu de la même façon. Nous n’avons jamais tué, commis l’adultère, escroqué quelqu’un ou porté faux témoignage dans un procès. En général, nous avons respecté les commandements de Dieu ; surtout si nous n’y passons qu’un regard superficiel.

Mais Dieu lui, ne fait pas de regard superficiel. Il nous scrute jusqu’au fond.« En effet, la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante que toute épée à deux tranchants, pénétrante jusqu'à séparer âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Aucune créature n'est cachée devant lui : tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. » Hé 4.12-13.

On était souvent mal à l'aise en présence de Jésus car sa parole dévoilait les pensées du cœur. C’est ce qu’il fait à cet homme riche. « Il te manque une chose : va vendre tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » Bien que cet homme soit un gars bien, juste aux yeux de tout le monde, devant Dieu il ne l’était pas. En vérité, il n’aimait pas Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force. Non, il aimait plus ses grands biens.

Sans doute qu’il était prêt à faire beaucoup de choses. Si Jésus lui avait dit de faire un pèlerinage au mont Sinaï et d’y aller à pied, ou de jeuner pendant deux semaines ou de faire quelque autre chose de difficile, l’homme l’aurait fait avec joie afin de gagner la vie éternelle. Mais il ne pouvait pas se séparer de sa richesse car il l’aimait par dessus toute chose. Jésus voulait que cet homme se rende compte du désir de son cœur. Voilà pourquoi Jésus à fait une demande qui nous parait si peu raisonnable : va vendre tout ce que tu as et donne-le aux pauvres.

Au début de cette  rencontre l’homme a appelé Jésus « Bon maître. » Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, si ce n'est Dieu seul. »Jésus veut dire « bon » dans un sens absolu, parfait. Dieu l’est. A la création, toute chose était très bonne. L’homme, ayant été crée à l’image de Dieu, était bon comme Dieu. Mais le péché nous a corrompus nous privant de toute possibilité de devenir bon de nouveau. Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Il nous est même difficile de regarder Dieu de façon favorable, de le considérer bon, de le craindre et de l’aimer par dessus toutes choses et mettre en lui seul notre entière confiance. Ne voyant pas Dieu de nos yeux, nos biens que nous voyons nous sont beaucoup plus chers. Jésus a demandé à cet homme de vendre tout ce qu’il avait et de le donner aux pauvres pour le réduire au désespoir, afin qu’il comprenne qu’il ne pouvait pas mériter la vie éternelle. Son obéissance aux commandements depuis sa jeunesse ne suffisait pas. Car au fond de son cœur il aimait ses grands biens plus que Dieu.

La question, « Que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? » n’est pas la bonne. La bonne question est celle de l’apôtre Paul quand il a ressenti le désespoir : « Malheureux être humain que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » Rm 7.24. Si je ne peux pas faire ce que Dieu exige, qui me sauvera pour que j’entre dans le royaume et hérite de la vie éternelle ? Voilà la bonne question, d’autant plus que la réponse est facile !

Jésus te sauvera. Ce qui t’est impossible est possible à Dieu. Jésus t’a sauvé comme il a sauvé l’homme riche. Il t’a aimé et a entièrement accompli la volonté de Dieu à ta place, pour toi. Etant Dieu, Jésus est bon dans le sens absolu ; et uni à lui par la foi, Dieu t’accorde sa bonté. Jésus t’a aimé malgré tes biens et tout ce que tu as fait. Ne demande donc pas, «Que dois-je faire ? », mais « Qui me délivrera ? »

Le deuxième obstacle ici est la richesse. Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples furent effrayés de ce que Jésus parlait ainsi. Il reprit : « Mes enfants, qu'il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » 

Pourquoi cela a-t-il si choqué les disciples ? Parce que les juifs avaient tendance à assimiler la richesse et la bénédiction de Dieu. Et ils sont loin d’être les seuls à le faire. Il est naturel de penser que les riches doivent plaire à Dieu parce qu’ils ont tant de richesse, n’est-ce pas ? Cela peut être vrai. Dieu avait toujours promis aux Israélites de les bénir, de les combler de bénédictions s’ils gardaient son alliance. Mais la bénédiction ne doit pas remplacer ou nous faire oublier Dieu qui la donne !

Mon pasteur, surveillant de mon vicariat, m’a raconté une histoire avec un paroissien. C’était un homme fidèle qui a tout à coup commencé à manquer le culte et puis a cessé d’y assister. Après un temps le pasteur a appris qu’il avait acheté un bateau et passait désormais chaque weekend en bateau. Du coup le pasteur est allé un jour voir l’homme à la marina et l’a trouvé travaillant à bord de son bateau. Le pasteur l’a salué. Puis l’homme, étant content de voir son pasteur, l’a invité à bord pour visiter. Mais le pasteur a refusé en disant qu’il ne voulait pas piétiner son dieu. Tout est devenu très sombre mais l’homme a bien compris et est retourné à l’église le dimanche suivant. 

Vous et moi nous savons les choses et les activités qui nous tentent à faire de même. A la place du bateau, mettons une maison de campagne ou un sport et cette histoire pourrait être celle de nos voisins ou de nous-mêmes. Notre prospérité nous éloigne facilement de Dieu.

Jésus explique cela dans sa parabole du semeur et les terrains. Une partie de la semence est tombé parmi les ronces ; les ronces ont poussé et l'ont étouffée, et la semence n’a pas donné de fruit. La semence est la Parole de Dieu qui crée la foi en nous. Les ronces sont les préoccupations de ce monde, l'attrait trompeur des richesses et les passions en tout genre qui pénètrent en nous, étouffent la parole et la rendent infructueuse. La foi meure. Nous savons combien vite et facilement les mauvaises herbes poussent dans le jardin et dans la pelouse ; nous devons donc comprendre combien il est facile pour l'attrait trompeur des richesses de pousser dans notre cœur.

Paul comprenait bien l'attrait trompeur et mortel des richesses et a écrit au jeune homme Timothée : « Quant à ceux qui veulent s'enrichir, ils tombent dans la tentation, dans un piège et dans une foule de désirs stupides et nuisibles qui plongent les hommes dans la ruine et provoquent leur perte. L'amour de l'argent est en effet à la racine de tous les maux. En s'y livrant, certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligé eux-mêmes bien des tourments. » 1 Ti 6.9-10. Aïe ! « Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »

Puisque la richesse peut-être si dangereuse, nous devons tenir bien compte de l’avertissement de Jésus et prendre garde à l’amour de l’argent. Nous devons garder la richesse à sa place. Elle ne peut ni nous sauver l’âme ni nous payer un bel appartement au ciel. Mais elle peut être une bénédiction pour nous et pour les autres quand nous en faisons un usage légitime. La richesse comme nous, doit être un serviteur. Elle doit pourvoir nos besoins et servir notre prochain. Elle doit nous aider à accomplir le devoir que Luther dit dans l’explication du 5ème Commandement : « Nous devons craindre et aimer Dieu afin de ne pas porter atteinte à la vie ou à la santé de notre prochain, mais de le secourir dans le péril et dans le besoin. » La richesse nous aide à secourir notre prochain dans tout besoin. Voilà ce qui fait de la richesse une bénédiction.

Et cela nous pouvons le faire parce que Jésus nous a préparé une place au ciel et nous en donne l’accès. Nous avons donc un trésor au ciel ; et cela n’est pas une espèce de souhait mais une garantie parce que Jésus est ressuscité des morts. Qui plus est, en attendant la fin de cet âge, et en mettant notre confiance en Jésus, nous pouvons être libres de l'attrait trompeur des richesses parce que la richesse n’a rien à faire avec notre vie éternelle. Jésus est notre vie. « Aux hommes cela est impossible, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu. »

Chers frères et sœurs en Christ, des millions de personnes n’auraient pas voté parce qu’ils étaient trop occupé avec leur richesse. Encore des millions vont perdre leur foi en Christ ou vont refuser même de l’écouter parce que l’amour de la richesse les éloigne de Jésus. Mais nous, nous connaissons la vérité : mets donc ta confiance en Jésus et garde-toi de l'attrait trompeur des richesses. Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

 Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 14 Octobre 2012

 

19ème dimanche après la trinité

 

La Cardio-sclérose

 

Marc 10.2à12 

Les pharisiens l'abordèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de divorcer de sa femme. Il leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » « Moïse, dirent-ils, nous a permis d'écrire une lettre de divorce et de renvoyer notre femme. » Jésus leur dit : « C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné cette règle.  Mais au commencement de la création, Dieu a fait l'homme et la femme ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère [et s'attachera à sa femme], et les deux ne feront qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux mais ne font qu'un. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »

Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus. Il leur dit : « Celui qui renvoie sa femme et qui en épouse une autre commet un adultère envers elle, et si une femme divorce de son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. »

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Il y a une maladie dont nous sommes tous atteints : la cardio-sclérose. Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de cette maladie, mais sans doute vous avez entendu parler d’artériosclérose, le durcissement des artères. 

La sclérose est le durcissement d’un tissu tel qu’il ne fonctionne plus normalement. « Cardio » indique une relation avec le cœur ; cardio-sclérose veut donc dire, un durcissement du cœur. En fait, cela existe, un durcissement des muscles du cœur avec des conséquences pathologiques.

Ce n’est pas de cela que Jésus parle. Néanmoins, il parle d’une dureté de cœur, d’une cardio-sclérose si je peux le dire. A cause de notre nature pécheresse, nous souffrons tous de cette maladie, d’un cœur dur, insensible, têtu. Le divorce, dont il est question dans notre lecture de l’Evangile, est un symptôme de cette maladie spirituelle. Et la seule façon de guérir de cette cardio-sclérose, c’est de se tourner vers Jésus dans la repentance pour recevoir le pardon et le don du Saint-Esprit qui crée en nous un nouveau cœur.

Marc dit que des Pharisiens sont venu voir Jésus pour lui tendre un piège, c’est-à-dire, pour tacher de trouver une parole qu’ils pourraient utiliser pour le dénoncer. Ils lui demandent donc « s'il est permis à un homme de divorcer de sa femme. Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » « Moïse, dirent-ils, nous a permis d'écrire une lettre de divorce et de renvoyer notre femme. » Jésus leur dit : « C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné cette règle.  Mais au commencement de la création, Dieu a fait l'homme et la femme ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère [et s'attachera à sa femme], et les deux ne feront qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux mais ne font qu'un. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »

Ces hommes connaissaient Jésus et pensaient qu’il serait contre le divorce. Pouvait-on donc le faire contredire Moïse et la Bible ? Ils s'appuyaient sur un passage dans Deutéronome 24 qui dit que si un homme renvoie sa femme et elle se remarie avec un autre homme, et si le deuxième la renvoie aussi à son tour, alors le premier mari ne peut pas la reprendre pour femme. Alors la loi que Moïse a établie n’était vraiment pas une loi autorisant le divorce. C’était plutôt une loi qui voudrait freiner la pratique abominable de passer une femme d’un homme à un autre. L’AT n’autorise expressément pas le divorce. C’est que la loi de Moïse reconnaissait que les hommes renvoyaient leurs femmes et cherchaient à limiter cette pratique.

La réponse de Jésus aurait dû fâcher ces Pharisiens pour deux raisons. Premièrement, il dit, C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné cette règle. Comment Jésus sait-il que Moïse ne voulait pas permettre le divorce mais a été contraint à le tolérer parce que les hommes étaient si têtus qu’ils ne pouvaient pas se passer de cette pratique ? On ne peut pas lire cela dans la Bible. Jésus le savait parce qu’il est le Fils de Dieu. C’est comme sa déclaration dans l’Evangile de Jean, qu’il existait avant la naissance d’Abraham (Jn 8.58). Jésus parlait toujours avec une autorité supérieure à celle de Moïse ou d’Abraham ou de toute autre autorité juive, car il parlait en tant que Fils de Dieu. Cela dérangeait les Pharisiens et pourrait nous déranger aussi parce qu’on ne peut pas lui donner tort ni le contredire.

La seconde raison pour laquelle Jésus aurait dû fâcher ces Pharisiens, c’est qu’il les réprouve pour la pratique du divorce. Moïse a dû permettre le divorce à cause de leur cardio-sclérose à eux, à cause de leur dureté de cœur ! Et cela était contraire à la volonté de Dieu. Moïse a également écrit le livre de la Genèse que Jésus cite. Mais au commencement de la création, Dieu a fait l'homme et la femme ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère [et s'attachera à sa femme], et les deux ne feront qu'un. Voilà la volonté de Dieu.

Dieu n’a jamais voulu le divorce. Le prophète Malachi dit, « Veillez sur votre esprit : que personne ne trahisse la femme de sa jeunesse, car je déteste le divorce, dit l'Eternel, le Dieu d'Israël. » Jésus le répète, « Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. » On ne peut pas blâmer ni Dieu ni Moïse pour le divorce. On ne peut blâmer que notre cardio-sclérose, notre cœur dur et têtu.

Le divorce est un problème ; l’alcoolisme est un problème ; le meurtre, l’adultère, le mensonge, la convoitise, ce sont tous des problèmes, mais ils ne sont pas le problème. Le problème c’est la dureté de cœur. Le cœur est le siège de sa volonté, de sa foi et de son caractère moral. Un cœur endurci est un cœur qui rejette constamment la volonté de Dieu. C’est un cœur têtu, un cœur qui comprend mais refuse d’obéir et se soumettre à Dieu. La cardio-sclérose est la maladie de toute personne séparée de Dieu.

Voilà comment l’apôtre Paul la qualifie : « Vous ne devez plus vous conduire comme les non-croyants, qui se laissent guider par la sottise de leurs pensées. Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur. Ils ont perdu tout sens moral et se sont livrés à la débauche pour commettre avec avidité toutes sortes d'impuretés. » (Ep 4.17-19). Si nous ne pouvons pas nous maitriser vis-à-vis du divorce ou de n’importe quel autre péché, c’est dû à notre dureté de cœur.

Que faire donc ? D’abord, nous devons comprendre la volonté de Dieu. Une façon de s’attaquer à un problème c’est de changer les règles. Dans ce cas ce serait de permettre le divorce. Moïse a dû faire des concessions aux Israélites comme nos gouvernements aujourd’hui. Mais Dieu n’accepte pas ces compromis. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. Point. Jésus va même plus loin : Celui qui renvoie sa femme et qui en épouse une autre commet un adultère envers elle, et si une femme divorce de son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère.

Le point est donc que le divorce n’est pas acceptable seulement parce que les humains le pratiquent et parce que Dieu semble le tolérer. Dieu supporte beaucoup de maux dans le temps présent mais n’y donne pas pour autant son approbation. Le divorce est contre sa volonté et porte des conséquences dans notre vie. Nous ne devons pas imaginer que « les deux ne feront qu'un » est un idéal démodé, un rêve de l’antiquité que nous ne devons pas chercher à pratiquer aujourd’hui. C’est bien ce que le diable aimerait nous faire croire.

Mais attention. La grande question ici n’est pas le divorce. La grande question est beaucoup plus fondamentale : la dureté du cœur. Tu ne dois pas te féliciter si tu n’es pas divorcé. Le divorce n’est qu’un symptôme de la cardio-sclérose dont nous parlons. Le divorce ne cause pas la dureté de cœur ; c’est la dureté de cœur que cause le divorce et tout autre péché. Chacun de nous souffre de beaucoup de symptômes de cette maladie. Notre cardio-sclérose nous a rendus incapables d’accomplir la volonté de Dieu, chose qui a bien vexé l’apôtre Paul. « Je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux et je fais ce que je déteste… Malheureux être humain que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7.15 et 24) Mais Jésus bien sûr !

La seconde chose à faire est donc de nous repentir et nous tourner vers Jésus pour le pardon. Nous ne lui demandons pas de nous tolérer et de nous supporter tels que nous sommes. Non, nous lui demandons de nous pardonner et de nous donner un nouveau cœur. Par le prophète Ezéchiel Dieu a déclaré, « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau. Je retirerai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. C'est mon Esprit que je mettrai en vous. Ainsi, je vous ferai suivre mes prescriptions, garder et respecter mes règles. » (Ez 36.26-27)

Dieu nous a fait cela en Christ. Jésus, par sa vie juste, sa mort innocente et sa résurrection glorieuse nous a gagné un entier pardon de Dieu. Dieu le Père n’a pas fermé les yeux sur notre péché, y compris le divorce. Il s’en est occupé. Jésus a payé cher notre pardon par sa vie. Ton péché est effacé devant Dieu. Il n’existe plus, ne compte plus contre toi. Puis Jésus a mis son Saint-Esprit sur toi à ton baptême. Non, tu n’as rien senti, pas de sensation d’être possédé d’un esprit. Néanmoins, tu l’as reçu et ce Saint-Esprit agit pour te guider et te transformer. C’est lui la voix de ta conscience qui te dit, « Fais ceci et non cela. » Il enlève ton cœur de pierre et le remplace par un cœur de chair. C’est la puissance et la présence de l’Esprit qui te transforme et te pousse à accomplir la sainte volonté de ton Créateur. Et c’est bien cette volonté qui t’apporte le bonheur et le bien-être.

Jésus nous a enseigné à prier, « Que ton règne vienne. » Dans son Petit Catéchisme Luther explique que le règne de Dieu vient en nous quand « le Père céleste nous donne son Saint-Esprit, pour croire par sa grâce à sa Parole, et pour vivre saintement dans le temps et dans l’éternité. »

Ton Créateur ne veut pas que tu cèdes à la cardio-sclérose. Il veut que tu la combattes. Oui, nous y avons tous échoué de bien de façons. Pour quelques-uns celà a été le divorce. Pour nous autres, d’autres fautes —en pensées, en paroles et en actes— dévoilées par la loi de Dieu. N’empêche. Dieu ne veut pas que tu regarde le péché comme inévitable. Il faut le combattre ; sinon ton cardio-sclérose va éclater en de nouveaux symptômes, garantis.

Ainsi, y a-t-il une troisième chose à faire. Nous devons adopter pour règlement de vie celui de Dieu et non celui du monde. Par exemple, si ta fille voulait se marier, lui dirais-tu que le mariage est difficile, qu’il vaut peut-être mieux cohabiter avec un homme pour tester la vie commune ou du moins faire un contrat de mariage pour faciliter un éventuel divorce. Est-ce là le modèle de vie à proposer à nos enfants ?

Tenons nous en au règlement de Dieu : le mariage à vie entre un homme et une femme où « les deux ne feront qu'un ». Si ta fille veut se marier, dis-lui de ne pas s’y précipiter mais d’être sûre qu’elle est prête à devenir une seule chair avec cet homme et lui être fidèle à vie comme elle l’est à Christ. Dis à ton fils de se consacrer à sa femme et l’aimer comme Christ à aimé l'Eglise et s'est donné lui-même pour elle. Et quand il y aura des enfants, des factures à payer et des temps difficiles, rappelle-leur l’importance de leur union et aide-les à fortifier leur mariage et à résoudre les problèmes.

Le mariage n’est pas facile. Nous n’attendrons peut-être pas un mariage parfait. Quand même, nous devons nous y efforcer. Quelques-uns de nous serons victimes de la dureté de cœur d’un époux ou d’une épouse qui ne veut pas s’y efforcer. Pour ces raisons nous devons nous accrocher fermement au Christ pour avoir l’assurance du pardon et le Saint-Esprit qui peut guérir notre cœur brisé.

Chers frères et sœurs en Christ, nous souffrons tous de la cardio-sclérose, de la dureté du cœur. Les symptômes de cette condition sont les nombreuses choses que nous pensons, disons et faisons contre Dieu et notre prochain. La seule cure pour cette maladie mortelle est la foi en Christ. Il te pardonnera et te donnera un cœur nouveau. Confie-toi donc à Jésus.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

 Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 7 Octobre 2012

 

18ème dimanche après la trinité

 

Nombres 11.4à34

Ne doute pas de Dieu !

 

Moïse dit : « Le peuple au milieu duquel je me trouve compte 600000 fantassins et toi, tu dis : “Je leur donnerai de la viande et ils en mangeront un mois tout entier !” » L'Eternel répondit à Moïse :

 « Le bras de l'Eternel serait-il trop court ? Tu vas voir maintenant si ce que je t'ai dit arrivera ou non. » Nombres 11.21-22

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

J’aime la franchise des Ecritures. Voilà Moïse, sans doute après Jésus-Christ le personnage le plus important de toute l’histoire d’Israël, en pleine crise de foi ! Le voilà abattu : il a peur du peuple, ne sais pas que faire et ne peut pas croire à Dieu. Et cela n’est pas caché à nos yeux, mais mis en pleine lumière pour nous parler. Dieu veut nous dire de ne pas nous laisser désespérer ou abattre par les moments difficiles de la vie. Au contraire, comme Luther l’a expliqué dans le deuxième Commandement, nous devons invoquer le nom de Dieu dans tous nos besoins. 

En Psaume 50, Dieu dit, « Fais appel à moi quand tu es dans la détresse : je te délivrerai, et tu m'honoreras. » Dieu dit la même chose à Moïse : « Le bras de l'Eternel serait-il trop court ? Tu vas voir maintenant si ce que je t'ai dit arrivera ou non. »

Les moments de souci, de peur, de détresse, ce sont des moments de crise de foi. En ce  moment nous ne sommes pas certains que Dieu peut ou veut pourvoir nos besoins, peut ou veut nous délivrer de quelque détresse. C’est peut-être un moment où nous ne voulons vraiment pas que la volonté de Dieu soit faite, n’étant pas convaincus « que tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés conformément à son plan. » Rm 8.28. Ou bien, c’est peut-être l’ultime crise de foi, la peur de la mort parce que l'on n’est pas sûr que Jésus va le ressusciter. Nous passons tous par ces crises de foi, troublés par les incertitudes à l’école, au travail ou de notre situation économique ou de santé.

Et voilà, le Saint-Esprit nous parle par les Ecritures et dit : « Le bras de l'Eternel serait-il trop court ? Tu vas voir maintenant si ce que je t'ai dit arrivera ou non. » L’Esprit nous montre comment Dieu a traité avec Moïse pour prouver que nous pouvons « craindre et aimer Dieu par dessus toute chose et mettre en lui seul notre entière confiance. »

Nous ne pensons souvent pas que Moïse avait des crises de foi. Nous le regardons le plus souvent comme un roc plein de foi et d’autorité. Après sa mort la Bible dit, « Il n'a plus surgi en Israël de prophète semblable à Moïse, que l'Eternel connaissait face à face. Personne ne peut lui être comparé pour tous les signes et les miracles que Dieu l'a envoyé faire en Egypte contre le pharaon, contre ses serviteurs et contre tout son pays, et pour tous les actes terrifiants que Moïse a accomplis avec puissance sous les yeux de tout Israël. » Dt 34.10-12.

Mais Moïse était humain comme toi et moi. Il a eu des crises de foi et des moments de désespoir. En voilà un. Israël venait de passer une année au mont Sinaï et était de nouveau en route pour le pays de Canaan. Comme ils l’avaient fait en sortant d’Egypte, une partie du peuple récriminait.
« Qui nous donnera de la viande à manger ? Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Egypte et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des gousses d'ail. Maintenant, notre gosier est desséché : plus rien ! Nos yeux ne voient que de la manne. »

Ils pleurnichaient. Vous parents, vous connaissez cela et ce que cela vous fait. Moïse savait que cela mettait Dieu en colère. Dieu avait déjà discipliné le peuple, sévèrement, à cause de leur pleurnicherie. Moïse avait également peur du peuple car avant d’arriver au mont Sinaï, le peuple se plaignait d’un manque d’eau et était prêt à lui jeter des pierres. Moïse faisait donc face à une crise. Il devait diriger à travers le désert une immense foule infidèle et ingrate.

Moïse était dépassé mais pas Dieu. Dieu allait délivrer Moïse en deux étapes. D’abord il mettrait de son esprit sur 70 anciens qui porteraient la charge du peuple avec Moïse. Et puis il allait fournir de la viande pour tout le peuple chose que Moïse ne pouvait guère croire. Alors Dieu lui dit, « Le bras de l'Eternel serait-il trop court ? Tu vas voir maintenant si ce que je t'ai dit arrivera ou non. »

Premièrement, « L'Eternel descendit dans la nuée et parla à Moïse. Il prit de l'Esprit qui était sur lui et le mit sur les 70 anciens. Dès que l'Esprit reposa sur eux, ceux-ci prophétisèrent, mais ce ne fut que momentané. » Cela est très semblable à ce qui est arrivé aux disciples de Jésus le jour de la Pentecôte. Pour ces anciens, cet acte de prophétiser une seule fois a été le signe qu'ils avaient reçu l’Esprit de Dieu. Et cet Esprit les a rendus aptes à porter la charge du peuple avec Moïse.

Ensuite, pour la deuxième fois, Dieu a nourrit le peuple de cailles. «L'Eternel fit souffler de la mer un vent qui amena des cailles et les dispersa sur le camp, sur environ une journée de marche de chaque côté tout autour du camp. Il y en avait près d'un mètre au-dessus du sol. » Le mot hébreu qui se traduit par « vent » veut aussi dire « esprit » ou « souffle ». Il est donc possible que nous devions comprendre qu'un esprit est sorti du Seigneur et a fait venir les cailles. De cette façon nous voyons que, comme l’Esprit de Dieu avait habilité les 70 anciens à porter la charge du peuple avec Moïse, aussi a-t-il apporté de la viande au peuple. Le bras de l’Eternel n’a pas été trop court ! Il était bien capable de sauver Moïse et Israël.

Ces deux actes ont eu un double résultat : ils ont fortifié la foi des uns et ont puni l’incrédulité des autres. Cela a fortifié la foi de Moïse. Lorsqu'il fait face au défi suivant, la jalousie d'Aaron et de Miriam, il ne se plaint pas à l'Eternel. Il reste calme. Et, bien que rien de plus ne soit dit des 70 anciens, nous pouvons être sûrs qu'ils ont été changés et recevaient le respect de tous.

Par contre, la provision des cailles a été un jugement. Le miracle a bien convaincu le peuple de la puissance de Dieu mais il est également devenu le châtiment de leur incrédulité. « Tu diras au peuple : ‘Consacrez-vous pour demain. Vous mangerez de la viande, puisque vous avez pleuré aux oreilles de l'Eternel en disant : Qui nous fera manger de la viande ? Nous étions bien en Egypte ! L'Eternel vous donnera de la viande et vous en mangerez. Vous en mangerez non pas un jour, ni 2 jours, ni 5 jours, ni 10 jours, ni 20 jours, mais un mois tout entier, jusqu'à ce qu'elle vous sorte par les narines et que vous en soyez dégoûtés. Cela arrivera parce que vous avez rejeté l'Eternel qui est au milieu de vous et parce que vous avez pleuré devant lui en disant : Pourquoi donc sommes-nous sortis d'Egypte ?’ » … La viande était encore entre leurs dents et n'avait même pas encore été mâchée lorsque la colère de l'Eternel s'enflamma contre le peuple. L'Eternel frappa le peuple d'un très grand fléau. On appela cet endroit Kibroth-Hattaava parce qu'on y enterra les membres du peuple qui avaient éprouvé de la convoitise. »

Mes chers frères et sœurs, le récit de cette crise a été préservé pour notre instruction, pour notre bien. Il fortifie notre foi et nous met en garde contre la convoitise. Il nous enseigne que les plaintes et l’incrédulité ne peuvent jamais nous faire sortir de nos propres crises. Au contraire, adresser nos prières à l’Eternel, mettre notre confiance en sa parole, en Christ, la Parole incarné, voilà la solution à tout défi de la vie.

Franchement, nous ne sommes pas supérieurs aux Israélites. Quand les problèmes arrivent, notre vieille nature aime mettre Dieu en cause. Notre vieille nature se demande ce qu'elle a fait pour mériter le malheur. Elle nous pousse à ramasser des trésors ici sur la terre au lieu que dans le ciel. En résultat, quand nos trésors sont détruits -que ce soit la richesse, la santé ou notre réputation- nous menaçons d’abandonner la foi et quitter l’Eglise. Si seulement nous croyions Dieu et, comme Luther le dit, accordions au Saint-Esprit l’honneur de savoir mieux que nous. Alors nous pourrions éviter pas mal de souci, de colère et de honte.

Après l’Exode, les Israélites auraient dû avoir l’entière confiance que Dieu réaliserait sa promesse de les faire entrer dans ce pays où coulaient le lait et le miel. Mais à la place de cette confiance, ils se lamentaient constamment de soif, de faim et des directives de Moïse. Le comble a été leur refus d’entrer en Canaan. Si seulement ils avaient prié Dieu pour avoircourage et confiance au lieu d’avoir pleurniché ! Certes, cela  n’a pas été du gâteau de traverser le désert et y passer une année, mais ils n’avaient qu'à le supporter encore quelques semaines avant d’entrer dans le pays où coulaient le lait et le miel. Dommage, leur rébellion leur a coûté 40 ans au désert !

Pareillement, puisque Jésus est ressuscité des morts et nous a donné son Esprit, nous devons comprendre qu’il vise notre salut. Il ne s’amuse pas avec nous. Comme il a pourvu aux besoins de Moïse et d’Israël, il pourvoit aux nôtres. Cela ne veut pas pour autant dire que Jésus satisfait immédiatement tout désir. Le monde poursuit une satisfaction immédiate de tout désir. Mais c’est une habitude qui nous rend faibles et prompts à pleurnicher à la moindre gêne. Pire, elle nous détourne de l’espoir de la vie éternelle aux plaisirs passagers de ce monde.

Nous avons donc besoin d’une autre pensée, celle que décrit l'apôtre Paul : « Ainsi donc, déclarés justes sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par l'intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ ; c'est aussi par son intermédiaire que nous avons accès par la foi à cette grâce, dans laquelle nous tenons ferme, et nous plaçons notre fierté dans l'espérance de prendre part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous sommes fiers même de nos détresses, sachant que la détresse produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l'épreuve, et la victoire dans l'épreuve l'espérance. Or cette espérance ne trompe pas, parce que l'amour de Dieu est déversé dans notre cœur par le Saint-Esprit qui nous a été donné. » Rm 5.1-5.

La parole que l’Eternel dit à Moïse est toujours juste : « Le bras de l'Eternel serait-il trop court ? Tu vas voir maintenant si ce que je t'ai dit arrivera ou non. » La résurrection du Christ est une preuve que Dieu a un bras très long ! Au moment voulu il nous fera entrer dans la terre promise, non pas le pays de Canaan, mais dans le ciel, dans la véritable présence de Dieu. Il nous a prouvé qu'il en est capable et donc digne de notre confiance.

Comme les Israélites, nous passerons par des moments difficiles dans la vie. Mais soyons clairs, Dieu tient à ses promesses, à toute sa parole. Quelle que soit donc la crise par laquelle tu passes, ne doute pas de Dieu ! Invoque le nom de Dieu. Invoque le Christ qui nous a donné son Esprit. Et au moment voulu tu verras que le bras de l’Eternel n’est pas trop court. Sa promesse se réalisera.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

Sermon du dimanche 23 Septembre 2012

16ème dimanche après la trinité

L’Assurance de la Résurrection

 Jean 11.17à27

A son arrivée, Jésus trouva que Lazare était depuis quatre jours déjà dans le tombeau. 18 Béthanie était près de Jérusalem, à moins de trois kilomètres, 19 et beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler de la mort de leur frère. 20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. 21 Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 [Cependant,] même maintenant, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. » 23 Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » 24 « Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, le dernier jour. » 25 Jésus lui dit : « C'est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt ; 26 et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » 27 Elle lui dit : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. »

 

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous ! Amen.

Je trouve qu’en général, nous sommes des gens pratiques. Par exemple, il est intéressant, même fascinant, de lire ou de regarder des oeuvres de science-fiction et de fantaisie, ou de réfléchir à des théories abstraites. Mais nous avons plus de mal à gagner assez argent pour nous payer la technologie actuelle. L’origine supposée des réserves mondiales du pétrole est intéressante, mais le prix des carburants à la pompe nous inquiète beaucoup plus. On peut s’imaginer belle princesse/beau prince, mais au lieu de mettre une tenue de princesse/prince, nous revêtons plutôt des vêtements qui nous permettent de nous faire valoir.

Nous sommes des gens pratiques. Nous aimons les choses utiles. Quand mes enfants étaient à l’école ils se sont souvent plaints de devoir apprendre des choses complètement inutiles. « Pourquoi dois-je apprendre à faire des équations du second degré ? Je ferai quoi avec ça ? » Comme parent vous aviez peut-être beau expliquer que ce sont des connaissances utiles. Vous acceptez que ce doive être utile mais vous ne pouvez pas donner d’exemple.

Dans notre lecture de l’Evangile, Jésus dit et fait quelque chose de très pratique. Il fait du concept de la résurrection une réalité tangible. Il dit, «C'est moi qui suis la résurrection et la vie », et puis il ressuscite Lazare des morts pour le prouver. Voilà, pas de philosophie ou de théorie abstraite ! Voilà une vérité concrète et perceptible par la vue et le toucher. Voilà, la Bonne Nouvelle pour toute personne, surtout pour ceux qui sont en deuil ou font face à une mort imminente. En Jésus, la résurrection n’est pas une idée abstraite ; c’est une réalité tangible.

Considérez ce que Jésus dit et fait. Il arrive à Béthanie quatre jours après la mort de son ami Lazare. En fait, il attendait qu’autant de temps passe avant de s’y rendre pour que tout le monde sache que Lazare était vraiment mort. Apparemment les Juifs croyaient que l’esprit d’un défunt restait près du corps pendant trois jours. En attendant le quatrième jour, personne ne pouvait douter que Lazare était mort. Tout le monde sachant donc que Lazare est mort, Jésus dit à Marthe, « Ton frère ressuscitera. »

A l’époque, les Grecs ainsi que d’autres peuples rejetaient l’idée d’une résurrection corporelle. Ils croyaient qu’à la mort, le corps du défunt se décomposerait et cesserait d’exister. L’âme retournerait à l’âme universelle d’où elle est venue et la personne cesserait d’exister comme individu. Mais Marthe, elle, avait une conception de la résurrection très différente : « Je sais… qu'il ressuscitera lors de la résurrection, le dernier jour. »

Comme la plupart des Juifs elle croyait à une résurrection corporelle ; où le corps avec l’âme reviendraient à la vie. Néanmoins, cette résurrection n’aurait lieu qu’au dernier jour, à la fin du monde. En pratique donc, même cette croyance pouvait sembler abstraite. C’est quand le dernier jour ? Qu’en savons-nous ? En plus, le concept d’une résurrection corporelle se trouve dans l’AT, mais c’est une doctrine peu mentionnée, peu développée. En conséquence, il y a beaucoup de monde--même chrétien--qui trouve que l’AT n’enseigne vraiment pas une résurrection. Même les Saducéens n’y croyaient pas !

Jésus ne voulait pas que la résurrection soit une idée abstraite et que nous ayons des doutes. Il n’a pas voulu que la déclaration, « Ton frère ressuscitera», ne soit qu’une déclaration toute faite qui offre très peu de réconfort. N’est-ce pas ce qui arrive souvent lors des veillées funèbres et des funérailles ? Nous nous parlons de la résurrection espérant que ce soit vrai. Et même si nous y croyons fermement, elle reste abstraite. Maman ou papa, mon époux/épouse, mon enfant ressuscitera lors de la résurrection au dernier jour. Soit, mais il reste peut-être mille ans avant ! Qu’est qui me réconforte maintenant ?

C’est dans cette situation que Jésus dit à Marthe, « C'est moi qui suis la résurrection et la vie. » A ce moment-là, Marthe ne pouvait pas comprendre le fond de cette déclaration. Elle avait vraiment foi en Jésus. Elle dit, « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. » Elle avait toute confiance que Jésus était celui qui rétablirait le bon rapport entre l’humanité et Dieu. Mais il restait des choses qu’elle ne comprenait pas comme, « Ton frère ressuscitera maintenant car c’est moi qui suis la résurrection et la vie. »

Ils sont donc allés au tombeau et Jésus ordonne qu’on enlève la pierre qui en fermait l’entrée. Marthe ne trouve pas que ce soit une bonne idée car après quatre jours la décomposition du corps avait commencé. C’était un climat chaud. Mais Jésus reprend, « Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » Oui, il l’a dit, mais qui aurait pu savoir ce qu’il allait faire ? Et puis Jésus appelle Lazare du tombeau, bien vivant !

En ce moment, Marthe et beaucoup d’autres ont compris un peu plus le fond de cette parole : « C'est moi qui suis la résurrection et la vie. » Si je peux l’exprimer de cette façon, Jésus était l’incarnation de la résurrection. En sa personne, le Dieu qui a tout créé et qui donne la vie aux morts était visible et présent. En ce moment, la doctrine d’une résurrection corporelle n’était pas une idée abstraite ; elle était une vérité visible, tangible et très pratique !

La déclaration, « Ton frère ressuscitera », n’a pas été une formule mathématique dont personne ne savait le bon usage. Elle n’a pas été non plus des rêves de la science-fiction ou de la fantaisie. Elle était plutôt une réalité vivante. Pas en Lazare, mais en Jésus-Christ. Jésus était et demeure la résurrection et la vie. Il est la manifestation visible et pratique de la résurrection à la fin du monde. Il n’y a pas que la promesse de la résurrection. Il y a également une réalisation, une démonstration ! Nous y avons un avant-gout de la résurrection.

« C'est moi qui suis la résurrection et la vie. » Plusieurs fois dans l’Evangile de Jean, Jésus dit, « Je suis » quelque chose. A la femme samaritaine qui parle du Messie, Jésus dit, « Je le suis, moi qui te parles. » Au Juifs qui cherchaient du pain du ciel, Jésus dit, « C'est moi qui suis le pain de la vie. » Une autre fois il dit, « Je suis la porte des brebis », et « Je suis le bon berger. » A ses disciples désorientés il dit, « C'est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. » Bref, Jésus déclare nettement ce qui nous est difficile de saisir : qu’il est Dieu ! En Jésus, Dieu cesse d’être invisible et abstrait. En Christ, Dieu est visible, tangible, pratique.

Souvent les Chrétiens pensent que l’abîme entre le ciel et la terre n’est traversé que par l’Esprit dans une expérience mystique. Ils croient que cette expérience--par exemple une vision, une prophétie ou le parler en langues--rend Dieu réel et pratique à l’individu. Mais le NT nous répète que l’abîme entre nous et Dieu est traversé par l’homme Jésus-Christ. Et la Parole s'est faite homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. Jn 1.14Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! Eh 1.3. En vérité je vous dis, nous ne rencontrons pas Dieu hors de l’homme Jésus-Christ car c'est en lui qu'habite corporellement toute la plénitude de la divinitéCol 2.9.

Tout ce que Dieu veut faire pour nous il nous l’a donné en Christ. Il n’y a pas d’espérance, pas de résurrection, pas de foi Chrétienne hors de l’homme Jésus-Christ ! Toutes les promesses de Dieu ont leur réalisation en Christ, une vraie personne qui a vécu parmi nous. Sachant que Jésus a ressuscité Lazare et puis, est ressuscité lui-même, sa parole devient très pratique. « C'est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt ; et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. »

Voilà l’unique espérance, promesse, et Evangile de la foi Chrétienne, chose qu’aucune autre croyance ne peut donner. Nous pouvons faire référence à une vraie personne et dire, « Voilà, la preuve de la résurrection corporelle et de la vie éternelle dans la chair ! » Et c’est justement cela qui fait que l’Evangile de Jésus-Christ est une bonne nouvelle pour tous les peuples, quelle que soit leur culture ou religion.

Personne n’a jamais vu Dieu, il est forcement abstrait ; l’homme Jésus-Christ n’est pas abstrait. La résurrection au dernier jour est abstraite ; main non celle de Lazare. Notre Dieu ne veut pas traiter avec nous que par des abstractions. Il veut nous donner des preuves tangibles et pratiques de ce qu’il nous dit. Ainsi Christ a-t-il pris chair et a vécu parmi nous, en Judée, lorsque Ponce Pilate était gouverneur. C’est de l’histoire cela, pas de la fantaisie !

Dieu continue de traiter avec nous par des moyens pratiques. Jésus a établi son Eglise. Dans cette Eglise, il nous parle par sa parole. Il a prescrit à ces disciples de pardonner et de retenir les péchés. Il leur a commandé de faire des disciples de toutes les nations en les baptisant et en leur enseignant tout ce qu’il leur a prescrit. Il nous a donné la Sainte-Cène pour que nous ayons part à son corps et sang offerts en sacrifice pour nous. Toutes ces choses sont très concrètes et pratiques, donc de vrais sujets d’assurance, surtout lorsque nous faisons face à la mort. Voilà notre réconfort.

Jésus dit à Marthe : « C'est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt ; et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle lui dit : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. » 

Que Dieu nous donne aussi d’y croire ! Amen.

Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos coeurs et vos esprits en Jésus-Christ, pour la vie éternelle ! Amen.

 

Pasteur David Maffett

 

 

 

Sermon du dimanche 16 Septembre 2012

15ème dimanche après la trinité

L'Amour de Christ Nous Presse

2Corinthiens 5.11a, 14à21

11Ainsi donc, puisque nous savons ce qu'est la crainte du Seigneur, nous cherchons à convaincre les hommes… 14C'est que l'amour de Christ nous presse, parce que nous sommes convaincus que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. 15Et s'il est mort pour tous, c'était afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. 16Ainsi, désormais, nous ne percevons plus personne de manière humaine; et si nous avons connu Christ de manière purement humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. 17Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. 18Et tout cela vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par [Jésus-] Christ et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. 19En effet, Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. 20Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel. Nous supplions au nom de Christ: «Soyez réconciliés avec Dieu! 21[En effet,] celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.» Segond 21

 

L’Evangile de Luc nous raconte qu’un jour Jésus et ses disciples allaient à Jérusalem en passant par la Samarie. Jésus voulait rencontrer les gens d’un certain village samaritain et a envoyé des messagers pour lui préparer cette visite. Mais les gens du village ne l’ont pas reçu parce qu’il allait à Jérusalem. Jacques et Jean ont bien cru que les gens de ce village se sont moqués de Jésus et lui ont fait honte. Ils ont donc dit à Jésus, «Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer [comme l'a fait Elie]?» (Luc 9.54) Jésus les a bien réprimandés.

Il m’est arrivé de faire la même bêtise. Pendant mon service missionnaire, il y avait un village avec deux paroisses luthériennes. Les gens de ces paroisses ne faisaient que  nous ennuyer. Ils nous adressaient toujours des doléances et des ultimatums. Plus d’une fois j’ai suggéré à mes collègues que devrions suivre la proposition de Jacques et Jean : détruire le lieu et recommencer ! Après tout, Dieu a fait une chose semblable avec le déluge. Evidement nous n’avons jamais suivi ce conseil, non seulement parce que nous ne disposions pas de moyen pour détruire le village, mais parce que Dieu avait un meilleur plan. Tout comme les Samaritains, les gens de ce village étaient des personnes pour qui le Christ est mort et à qui il voulait que nous prêchions son Evangile. Bien que nous, faibles hommes, ayons trébuché, l’amour du Christ nous pressait.

Le passage Biblique que nous venons de lire nous indique comment Paul s’y est pris dans une situation semblable. Dans la ville de Corinthe il a annoncé la Bonne Nouvelle et fondé une paroisse dynamique. Cependant, si nous lisons ses lettres à cette église, nous voyons qu’après le départ de Paul, d’autres personnes sont venus et lui ont causé de grands ennuis. Ils ont mal parlé de lui, l’ont mis à sa place et se sont exaltés. Ces « super-apôtres » comme Paul les appellent, l’ont critiqué en disant qu’il parlait mal et n’était bien pas qualifié. Ils lui ont même reproché de ne pas avoir pris de salaire des Corinthiens. Eux, par contre, s’exprimaient très bien, étaient bien qualifiés et recevaient volontiers un salaire !

Le résultat a été que les Chrétiens de Corinthe ont tourné le regard non pas sur le Christ mais sur  plusieurs prédicateurs. Ils se sont scindés en des partis loyaux à telle ou telle personne. Quelques-uns soutenaient Paul mais beaucoup lui étaient opposés et lui faisaient de sévères reproches.

Or, dans cette situation Paul aurait pu réagir comme Jacques et Jean ou comme moi. Il aurait pu agir dans un désir de justice ou de vengeance, en se lavant les mains de Corinthe. Mais étant leur père spirituel il était motivé autrement. Il ne pouvait pas rester les mains croisées lorsqu’on nuisait à ses enfants et à l’église. Ces gens devaient comparaître devant le tribunal de Christ (5.10). C’est ainsi qu’il a envoyé Tite à Corinthe pour mieux connaitre la situation. Puis il a écrit la lettre que nous appelons 2èmeCorinthiens, une lettre dans laquelle Paul met son âme à nu. Nous y voyons clairement ce qui le pressait à supporter les moqueries, la honte, l’emprisonnement et les coups de fouet, et malgré cela de chercher à convaincre les hommes et les femmes de croire à l’Evangile : l’amour du Christ le pressait. Il doit en être pareil chez nous, dans l’Eglise et dans le monde autour de nous. L’amour du Christ doit nous presser nous-aussi !

Paul explique ce qu’il appelle l’amour du Christ : nous sommes convaincus que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. C’est le fait le plus remarquable de l’histoire du monde, que le Christ s’est chargé de notre punition et est mort à notre place. Dieu s’est mit en colère contre nous parce qu’en Adam nous l’avons rejeté et sommes restés rebelles. Depuis lors, quand nous faisons du mal c’est parce que nous nous sommes séparés d’avec Dieu et sommes devenu mauvais de nature. C’est pour cela que nous mourons.

Mais le Christ, lui, a été parfait. Dieu ne s’est jamais mis en colère contre lui. Néanmoins, parce qu’il nous aime, il a fait souffrir et mourir son fils à notre place. Dieu a mis fin à sa colère et a satisfait à sa justice en Christ afin d’user de miséricorde envers nous.

C’est incroyable ça ! Imagine tes douleurs si ton père, ta mère, ta femme, ton mari ou ton enfant est mort de mort naturelle. Peux-tu jamais concevoir l’idée d’en offrir un en sacrifice ? Et non pas pour toi-même mais pour un étranger, un voleur, un violeur, un meurtrier ? Nous n’en sommes pas capables. Toutefois, c’est ce que Dieu a fait pour nous. Et c’est justement cet acte qui s’est saisi de Paul et le retenait. Car lui a été un persécuteur violent des Chrétiens, même complice de leurs meurtres. Pourtant leur Seigneur est mort pour lui. Et par cette mort, Paul le persécuteur a été réconcilié avec Dieu. Ainsi écrit-il, « Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes. »

Comprenez bien, quand Adam s’est rebellé contre Dieu, il a subit un changement intérieur, pas Dieu. En Adam, toute l’humanité est tombée dans la honte et la peur, et notre nature est devenue mauvaise. Ce n’est pas qu’il y a eu une dispute mutuelle entre Adam et Dieu par laquelle les deux avaient tort. Non, Adam seul a offensé Dieu et est devenu son ennemi.

Dieu lui n’a pas changé, il n’a jamais cessé de nous aimer. Il a donc agi pour nous changer afin que nous l’aimions de nouveau. Il a chargé le Christ de nos péchés, nos fautes, nos offenses au lieu de nous en charger. Ainsi nous sommes réconciliés avec Dieu et non pas lui avec nous. Nous sommes pardonnés et changés, pas Dieu. C’est une réconciliation de sens unique.

Que cherche Dieu ? Pourquoi ne pas nous détruire ? Paul écrit, « Et s'il est mort pour tous, c'était afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » Et puis, « Celui qui n'a pas connu le péché, [Dieu] l'a fait devenir péché pour nous afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu. » Bref Dieu a voulu tout remettre à neuf.

Avant son péché, Adam était heureux et vivait dans une parfaite paix et harmonie. Il a été créé à l’image de Dieu et était lui-même juste. Quand Paul parle du fait que nous devenions justice de Dieu, il semble vouloir indiquer qu’en Christ nous récupérons un peu de cette image de Dieu, que devant Dieu nous sommes spirituellement et moralement purs. Nous ne sommes plus rebelles et ennemis de Dieu ; au lieu de cela, nous sommes ses enfants bien-aimés qui cherchons à lui plaire. En plus nous recevons la promesse de la résurrection, une parfaite nouvelle vie physique. Paul dit en conséquence, « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » Voici donc ce que Paul appelle l’amour du Christ !

C’est bien cette compréhension qui a tant touché Paul et ses collègues pour qu’il dise, « l'amour de Christ nous presse. » Cet amour a transformé Paul et l’obligeait à chercher à convaincre les hommes, à les supplier de croire à cet amour et être réconcilié avec Dieu.

Cela a également transformé son point de vue. « Ainsi, désormais, nous ne percevons plus personne de manière humaine; et si nous avons connu Christ de manière purement humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. » Autrefois Paul  estimait que Jésus était un faux prophète et un provocateur galiléen. Jusqu’à ce que Jésus lui soit apparu. Après cela Paul a comprit qu’aux yeux de Dieu, personne n’est sans valeur. Puis il a passé le reste de sa vie à chercher à convaincre les gens de l’Evangile pour qu’ils s’échappent au jugement de Dieu. « Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel. Nous supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu! »

Eh bien, quelles instruction et consolations pouvons-nous tirer de cela ? D’abord, la compréhension que nous aussi, nous sommes les objets de l’amour du Christ. La déclaration « nous sommes convaincus que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts » nous inclut. Toi, tu fais parti du monde que Dieu à réconcilié avec lui en Christ. Tu étais un pécheur séparés d’avec Dieu mais pas plus. Christ t’a racheté par son sang. Tu lui appartiens et peux maintenant accomplir sa volonté. Maintenant tu dois te voir, toi et les autres, de ce point de vue. Car, « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »

Ensuite, tu dois penser sans cesse au fait que Christ t’a racheté et t’a réconcilié avec Dieu. Tu dois laisser cette vérité se répandre dans ton être afin que l’amour du Christ s’empare de toi et te presse comme Paul. Quand tu seras animé par la certitude que Christ est mort pour toi et en train de te refaire à l’image de Dieu, la vie sera différente. Tu sentiras une nouvelle raison d’être et pourras faire face à des conflits chez toi, au travail et dans l’église avec une nouvelle force. Mais attention ! Satan, le monde et ton ancienne nature te pousseront de penser à tout sauf à l’amour du Christ ; peut-être à quelqu’un qui vraiment t’embête.

Et puis une autre chose : Paul était un apôtre, missionnaire et ambassadeur extraordinaire. Nous ne partageons pas son office apostolique, mais l’amour du Christ nous presse de la même façon pour être ses ambassadeurs. Dieu exhorte les autres par nous !

Nous avons reçu de très puissantes promesses : Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles… Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes… Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.

Si tu entends et comprends ces paroles, le Saint-Esprit peut créer la foi en Christ dans ton cœur et l’amour du Christ te pressera aussi. Mais si tu ne les entends pas ou ne les comprends pas, Christ et son amour resteront un phénomène étranger et obscur. On ne peut pas mettre sa confiance en un Sauveur que l’on ne connaît ni comprend !

Faisons donc tout notre possible pour que nous mêmes, nos familles, nos amis et nos collègues écoutent et comprennent la Parole de Dieu. Lisez la Bible chez vous, régulièrement. Soutenez et encouragez vos enfants, petits frères et sœurs dans leurs études du Catéchisme. N’hésitez pas à parler aux autres de votre espérance en Christ chaque fois que vous en avez l’occasion. Ce n’est pas toujours facile. C’est une mission qui exige beaucoup d’effort, de temps et de courage. Mais faire cet effort pour les autres, c’est la mission des ambassadeurs du Christ qui sont pressés par son amour !

Chers frères et sœurs en Christ, dans cette vie nous connaitrons pas mal de frustrations et ferons face à l’ingratitude et l’opposition, même dans l’église. Notre ancienne nature préfère partir ou détruire la source de cet ennui. A la place, pensons sans cesse à l’amour du Christ et à la réconciliation avec Dieu. Soyons la nouvelle créature que nous sommes. Que cette vérité nous presse à un grand service dans le Royaume de Dieu ! Amen.

Pasteur David Maffett

 

 

 

Sermon du dimanche 9 Septembre 2012

14ème dimanche après la trinité

Dieu t’a fait grande miséricorde ; rends-lui donc grande gloire.

 

Luc 17.11à19

Alors qu'il se rendait à Jérusalem, Jésus passa entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance  et se mirent à lui dire: «Jésus, maître, aie pitié de nous!»  Lorsqu'il les vit, Jésus leur dit: «Allez vous montrer aux prêtres.» Pendant qu'ils y allaient, ils furent guéris.  L'un d'eux, se voyant guéri, revint sur ses pas en rendant gloire à Dieu à haute voix.  Il tomba le visage contre terre aux pieds de Jésus et le remercia. C'était un Samaritain.  Jésus prit la parole et dit: «Les dix n'ont-ils pas été guéris? Et les neuf autres, où sont-ils?  Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et rendre gloire à Dieu?»  Puis il lui dit: «Lève-toi, vas-y, ta foi t'a sauvé.»

 

Au Togo, nous avons souvent eu l’occasion d’aider les autres, plus qu’on ne voulait ! Ce qui m’a toujours laissé perplexe était la différence entre ceux qui nous ont remercié pour une aide et ceux qui ne l’ont pas fait. En général, la culture exigeait que celui qui a reçu une aide donne un cadeau à son bienfaiteur en remerciement. Au début, presque toute personne que nous avons aidée nous a présenté un cadeau un peu plus tard. Mais avec le temps de moins en moins de gens nous remerciaient de cette façon.

En fait il y a eu une sorte de progression : ceux qui nous connaissaient mieux nous offraient moins de cadeau que ceux qui ne nous connaissaient guère. Souvent une personne qui avait reçu une grande aide ne donnait rien tandis que celle qui avait reçu très peu donnait un cadeau qui dépassait en valeur l’aide reçu. Ou bien, ceux qui avaient les moyens de faire un cadeau ne donnaient pas tandis que ceux sans moyens raclaient les fonds de tiroir pour pouvoir donner quelque chose. Je pense que nous pouvons comprendre ces attitudes. Par exemple, pourquoi exprimons-nous rarement notre gratitude dans la famille ? Ou pourquoi devient-il plus difficile de donner la dime à Dieu ?

On peut trouver une réponse à ces questions dans le récit de la guérison des dix lépreux. Il parait que nous rendons gloire à Dieu en proportion de la miséricorde que nous reconnaissons avoir reçue. Ce n’est pas tellement la question de ce que nous avons reçu mais de notre reconnaissance d’avoir reçu miséricorde, un bienfait immérité. La miséricorde de Dieu suscite nos actions de grâce. Si nous ne lui rendons pas gloire, c’est sans doute que nous avons oublié--ou ignorons--qu’il nous a tant fait miséricorde. Ce lépreux samaritain nous rappelle une grande vérité que nous devons nous rappeler tous les jours : Dieu t’a fait grande miséricorde ; rends-lui donc grande gloire.

Les dix lépreux crient, «Jésus, maître, aie pitié de nous!» On crie miséricorde étant dans une situation sans appui. Un criminel condamné attendant sa punition crie miséricorde, un pardon immérité, le contraire de ce qu’il mérite. Un pauvre débiteur incapable de rembourser ses dettes pourrait demander pitié pour sa créancier afin d’éviter la prison. Si le créancier lui remet la dette à laquelle il a droit, c’est la miséricorde. Si tu souffres ou es en péril, de quelque façon que ce soit, et que quelqu’un d’autre sans aucune obligation te sauve, c’est la miséricorde.

La lèpre était une maladie débilitante dont on mourait lentement, partie par partie du corps, jusqu’à la perte d’une fonction vitale. A l’époque il n’y avait pas de cure. Le seul espoir pour un lépreux était une intervention divine, un miracle. Comme perspective, la lèpre était très semblable au SIDA dans sa façon de tuer lentement la personne. Mais à l’époque la lèpre était pire que le SIDA parce qu’il entrainait une séparation de Dieu et de son peuple, une sorte de condamnation. La loi de Moïse dit, «Le lépreux atteint de la plaie portera des vêtements déchirés et aura la tête nue; il se couvrira la barbe et criera: 'Impur! Impur!' Aussi longtemps qu'il aura la plaie, il sera impur. Il est impur. Il habitera seul et sa tente sera à l'extérieur du camp.» (Lv 13.45s)

Le lépreux n’avait plus sa place dans la société ; il ne pouvait pas monter au temple, ne pouvait offrir un sacrifice, n’avait aucun moyen de s’approcher de Dieu. Ainsi considérait-on la lèpre comme punition divine. Nous nous souvenons par exemple de Miriam que Dieu a frappée de lèpre pendant une semaine. Ou de Guéhazi, le serviteur du prophète Elisée, qui a hérité la lèpre de Naaman comme récompense de son avarice et mensonge. Encore, le seul espoir au lépreux était l’intervention de Dieu, son pardon et guérison.

Alors ces 10 hommes ont vu en Jésus l’espoir de guérison. Jésus parcourait le pays en faisant de grands miracles et pardonnait les péchés. Les lépreux crient miséricorde à Jésus sans droit ou titre aucun. Ils ne pouvaient même pas s’en approcher. Ils n’ont fait que rester à distance et crier miséricorde. Jésus répond, «Allez vous montrer aux prêtres.» Leur supplication a été exaucée ! Il ne restait plus qu’aux  prêtres à les déclarer purs pour qu’ils rentrent chez eux. Ils ont reçu miséricorde !

Ce récit nous aide à comprendre notre position devant Dieu. Nous avons une espèce de lèpre spirituelle, le péché, qui nous rend impurs, indigne de la présence de Dieu. Rappelez-vous Adam. L'Eternel Dieu donna cet ordre à l'homme: «Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c'est certain.» ( Gn 2.16s) Vous connaissez bien la suite. Adam a mangé du fruit défendu. Puis il a subi un changement dans sa nature. Il est devenu pécheur et avait honte et peur de Dieu. Son rapport avec Dieu a été brisé et Dieu l’a chassé du jardin d’Eden.

Le pire, c’est qu’Adam n’avait aucun moyen de compenser sa rébellion. Il ne pouvait pas devenir à nouveau ce qu’il n’était plus, un homme parfait. Non, il était désormais frappé d’une condition semblable à la lèpre, avec ses plaies et corps mourant. Cette séparation de Dieu est une vraie mort spirituelle qui aboutit inlassablement à la mort physique. Vous et moi sommes nés dans cette condition. Par nature nous désobéissons à Dieu comme Adam ; nous sommes incapables d’obéir. Nous méprisons, nous convoitons, nous volons, nous mentons. Et nous savons que nous méritons la punition de Dieu tout en ayant besoin de sa bénédiction. Notre péché nous sépare de Dieu tout comme celui d’Adam. Dieu a le péché en horreur comme nous la lèpre ou le SIDA. Le péché gagne, contamine et tue. Nous sommes impurs devant Dieu, sans appui. A qui crier miséricorde ?

Eh bien, à Jésus, tout comme les 10 lépreux ! De la même façon qu’il a eu pitié de ces hommes-là il a eu pitié de toute la race humaine. Lorsque nous étions morts à cause de nos fautes, de nos péchés, de notre lèpre. Lorsque nous étions ennemis de Dieu, Christ est mort pour nous.

La loi de Moïse prescrivait un rite de purification de la lèpre très long et couteux. Il fallait huit jours, deux oiseaux, deux agneaux, une brebis, des litres d’huile, de fleur de farine et de l’eau. Il fallait offrir les animaux en sacrifice et mettre du sang et de l’huile sur la personne purifiée. Pour notre purification à nous il a fallu la mort du Fils de Dieu. Il a été notre agneau offert en sacrifice afin que, par son sang, nous soyons purifiés du péché. C’était un sacrifice de pure miséricorde. Nous n’avons rien mérité et n’y avons en rien contribué. En fait, nous n’avons même eu à chercher Jésus et à lui crier miséricorde comme les 10 lépreux. Jésus est venu pour nous de sa propre volonté. Il nous a apporté la paix et la guérison avant même que nous sachions en avoir besoin.

Nous devons constater ici le rôle de la foi. Les hommes lépreux ont démontré une foi surprenante en Jésus semblable à celle de Pierre quand il a marché sur l’eau. Jésus n’a pas dit, «Je vous guéris.» Il leur a seulement dit d’aller se montrer aux prêtres. Ils ont compris, et sont allés voir les prêtres uniquement pour se faire déclarer pur. Donc en y allant, ils ont été guéris. Ces hommes ne croyaient peut-être pas encore que Jésus était le Messie, le Fils de Dieu, mais ils croyaient certainement à son pouvoir de guérir. La foi, c’est ce qui reconnait en Jésus l’autorité, le pouvoir de guérir et de pardonner. La foi est l’assurance que Jésus exaucera notre cri de miséricorde, qu’il veut avoir pitié de nous.

La foi ne rend pas Jésus miséricordieux. Dieu n’a pas offert son Fils en sacrifice pour nous à cause de notre foi. C’est bien le contraire. Le sacrifice de Jésus a créé notre foi, a fait naitre en nous l’espérance. Nous mettons notre confiance en Christ parce que nous croyons qu’il est mort et ressuscité pour nous. Notre foi est donc le moyen par lequel chacun de nous reçoit le bénéfice du sacrifice de Jésus. C’est ce qui nous fait nous accrocher à Jésus. Il dit donc au Samaritain, «Lève-toi, vas-y, ta foi t'a sauvé.»

Que fait celui qui a reçu la miséricorde ? Il remercie et rend gloire à Dieu comme le Samaritain. Jésus l’a sorti d’une existence misérable. Qu’aurait-il pu faire autre que se prosterner devant Jésus et le remercier ? Et nous, comment pouvons-nous rendre gloire à Dieu pour la grande miséricorde qu’il a eu pour nous ? Le prophète Michée a dit à Israël, «On t'a fait connaître, homme, ce qui est bien et ce que l'Eternel demande de toi: c'est que tu mettes en pratique le droit, que tu aimes la bonté et que tu marches humblement avec ton Dieu.» (Mi 6.8) Bref, nous aimer les uns les autres, servir les autres, surtout nos frères et soeurs chrétiens, donner nos offrandes à Dieu en reconnaissance des ses bénédictions.

Notre amour pour Dieu est proportionnel à la miséricorde que nous reconnaissons avoir reçue. Le Samaritain a reconnu avoir reçu une très grande miséricorde et en était reconnaissant. Et les neuf autres, pourquoi n’ont-ils rien fait ? Je ne sais pas. Peu importe la raison ; ce qui compte c’est la réaction du Samaritain. Lui a fait ce qui plaît à Dieu.

Rendre gloire à Dieu est très important car il nous garde de nous tromper. Moïse dit à Israël, «Lorsque tu mangeras à satiété, lorsque tu construiras et habiteras de belles maisons, lorsque tu verras ton gros et ton petit bétail se multiplier, ton argent et ton or augmenter et tout ce qui est à toi se développer, attention! Ne laisse pas ton coeur s'enorgueillir et n'oublie pas l'Eternel, ton Dieu. C'est lui qui t'a fait sortir d'Egypte, de la maison d'esclavage, … Fais bien attention à ne pas dire dans ton coeur: ‘C'est ma force et la puissance de ma main qui m'ont permis d'acquérir ces richesses.’ Souviens-toi de l'Eternel, ton Dieu, car c'est lui qui te donnera de la force pour les acquérir afin de confirmer, comme il le fait aujourd'hui, son alliance qu'il a conclue avec tes ancêtres en prêtant serment.» (Dt 8.12-14, 17-18)

Il y a un vrai danger que nous oubliions la source de notre science, notre intelligence et notre capacité de produire tant de choses. Ca vient de Dieu ! Il y a également un vrai danger qu’avec le temps, après avoir été Chrétien depuis longtemps, peut-être né dans une famille chrétienne, que nous oubliions la grande miséricorde que Dieu nous a fait en Christ. Nous pouvons alors penser que Dieu est inutile ou même qu’il n’existe pas. Nous avons donc besoin de remercier Dieu, de lui rendre gloire afin de ne pas oublier sa grande miséricorde.

Dieu t’a fait grande miséricorde ; rends-lui donc grande gloire. Amen !

 

Pasteur David Maffett

 

 

Sermon du dimanche 2 Septembre 2012

 

13ème dimanche après la trinité

Culte d'installation

 

Matthieu 20.1à16 

 

Critiquer la Grâce ?

 

Que prêcher le jour de son installation ? Bien sur, la Parole de Dieu ! Mais quelle partie ? Puisque aujourd’hui est le début de notre vie ensemble et que ce qu’on dit peut donner le ton à ce qui suit, il m’a paru bon de commencer par ce qui est au fond de notre foi chrétienne : la grâce de Dieu.

La grâce est un don. C’est quand tu reçois ce que tu ne mérite pas. Dans la Bible, la grâce est le fait que Dieu ne nous traite pas selon ce que nous méritons mais qu’il nous donne librement ce que nous ne pourrions jamais atteindre. Dieu a manifesté sa grâce en envoyant son Fils à souffrir et mourir à cause de notre péché afin que nous ne soyons jugés et condamnés à l’enfer. Par cette grâce, nous ressusciterons des morts et irons au ciel. Tout cela est gratuit, injuste et immérité. Voilà la grâce, un concept fondamental de la foi chrétienne.

Mais est-ce que nous comprenons vraiment la grâce, en particulier qu’il s’agit d’un amour immérité, une miséricorde ? Pour nous faire comprendre, Jésus nous raconte l’histoire des ouvriers dans la vigne. Ecoutez.

«Voici, en effet, à quoi ressemble le Royaume des cieux: Un propriétaire sortit tôt le matin afin d'engager des ouvriers pour sa vigne. 2 Il convint avec eux de leur payer le salaire habituel, une pièce d'argent par jour, et les envoya travailler dans sa vigne. 3 Il sortit de nouveau à neuf heures du matin et en vit d'autres qui se tenaient sur la place sans rien faire. 4 Il leur dit: ‹Allez, vous aussi, travailler dans ma vigne et je vous donnerai un juste salaire.› 5 Et ils y allèrent. Le propriétaire sortit encore à midi, puis à trois heures de l'après-midi et fit de même. 6 Enfin, vers cinq heures du soir, il sortit et trouva d'autres hommes qui se tenaient encore sur la place. Il leur demanda: ‹Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans rien faire?› - 7 ‹Parce que personne ne nous a engagés›, répondirent-ils. Il leur dit: ‹Eh bien, allez, vous aussi, travailler dans ma vigne.›

 8 «Quand vint le soir, le propriétaire de la vigne dit à son contremaître: ‹Appelle les ouvriers et paie à chacun son salaire. Tu commenceras par les derniers engagés et tu termineras par les premiers engagés.› 9 Ceux qui s'étaient mis au travail à cinq heures du soir vinrent alors et reçurent chacun une pièce d'argent. 10 Quand ce fut le tour des premiers engagés, ils pensèrent qu'ils recevraient plus; mais on leur remit aussi à chacun une pièce d'argent. 11 En la recevant, ils critiquaient le propriétaire 12 et disaient: ‹Ces ouvriers engagés en dernier n'ont travaillé qu'une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d'une journée entière de travail sous un soleil brûlant!› 13Mais le propriétaire répondit à l'un d'eux: ‹Mon ami, je ne te cause aucun tort. Tu as convenu avec moi de travailler pour une pièce d'argent par jour, n'est-ce pas? 14 Prends donc ton salaire et vas-t-en. Je veux donner à ce dernier engagé autant qu'à toi. 15 N'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon argent? Ou bien es-tu jaloux parce que je suis bon?› 16 Ainsi, ajouta Jésus, ceux qui sont les derniers seront les premiers et ceux qui sont les premiers seront les derniers.» BFC

Un propriétaire sort et engage les ouvriers pour sa vigne. Ce sont des hommes qui n’ont pas d’emploi à plein temps. Eux et leurs familles vivent au jour le jour. S’ils trouvent du travail ce jour-là ils mangent; sinon ils ne mangent peut-être pas. Le propriétaire commence à chercher des ouvriers dès l’aube et ne cesse de chercher jusqu’au coucher du soleil. Ce n’était pas qu’il avait toujours besoin d’ouvriers à la fin de la journée, mais que ces ouvriers avaient besoin de travail. Le propriétaire ne cherchait pas son propre bien mais celui de ces hommes qui n’avaient pas de travail et donc pas de salaire.

A la fin de la journée quelques uns des ouvriers ont reçu le salaire d’une journée entière pour seulement une demi-journée de travail et d’autres le même salaire pour pratiquement aucun effort. Ils ont reçu ce qu’ils n’ont pas mérité. Les premiers engagés ont reconnu que ce n’était pas juste. Ils ont été en désaccord avec cet acte de grâce et ont critiqué le propriétaire. Le propriétaire leur a répondu qu’il n’a fait aucun tort. Il leur a donné le salaire sur lequel ils se sont mis d’accord. Mais il a voulu faire de même aux autres. Ce n’est pas une affaire d’équité mais de sa bonne volonté. Il a voulu être généreux.

Jésus dit que le Royaume des cieux ressemble à cela. Il y a des gens qui, à la dernière heure, entendront l’Evangile, y croiront et iront au ciel, des gens qui manifestement ne le méritent pas : voleurs, tricheurs et menteurs, prostituées, maquereaux et ceux qui battent leur femme. Dieu, par grâce, leur pardonnera leurs fautes les rendant égaux aux autres qui se sont efforcés toute leur vie de mener une vie juste et pieuse. Cette pensée peut nous pousser à critiquer Dieu, ne serait-ce qu’en pensée. Mais ça peut être une bonne chose ! Car étant en désaccord avec Dieu nous avons peut-être saisi la vraie nature de sa grâce.

Or, malgré ce que nous dirons aux autres, vous et moi nous nous prenons pour des gens assez bons. Nous sommes de bons types qui fréquent l’église et non pas des voleurs, meurtriers et maquereaux. Nous ne sommes pas comme Anders Breivik ou Michelle Martin. Si donc Dieu nous fait grâce, s’il ferme les yeux sur nos petites erreurs ou défauts et nous accueille au ciel, eh bien ça se comprend.

Mais si Dieu montrait la même miséricorde à un vrai mauvais type, un Anders Breivik ou une Michelle Martin ? Pense à la personne la plus mauvaise que tu connais, celle que tu considère la plus malhonnête, plus menteuse, plus hypocrite que jamais. Et si cette personne écoutait la parole de Jésus, se repentait et que Dieu lui pardonnait ? En serais-tu content ou critiquerais-tu Dieu en pensée et dirais-tu que ce n’est pas juste ? Toi, tu as fait de ton mieux pour mener une vie juste. Cet autre n’a rien fait. Comment Dieu peut-il lui pardonner et l’accepter dans son église tout comme toi ? Tu pourrais te fâcher comme les ouvriers dans l’histoire de Jésus. Ils critiquaient le propriétaire et disaient: ‹Ces ouvriers engagés en dernier n'ont travaillé qu'une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d'une journée entière de travail sous un soleil brûlant!›

Nous nous identifions facilement avec ceux qui ont critiqué car la grâce n’est pas juste ! Cependant, Jésus dit que le royaume des cieux ressemble à cette histoire. L’entrée au royaume est par grâce. Comme Paul le dit dans sa lettre aux Ephésiens, Car c'est par la grâce de Dieu que vous avez été sauvés, au moyen de la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il n'est pas le résultat de vos efforts, et ainsi personne ne peut se vanter. (Eph 2.8s) Cela veut dire que vous et moi, nous avons reçu ce que nous n’avons pas mérité tout comme ces ouvriers d’une heure. En ce qui concerne la justice ou notre justification, notre bonne conduite ne compte pour rien devant Dieu. Nos efforts à garder ses commandements ne compensent pas nos anciennes fautes. Tout est supprimé, même pour les plus mauvaises personnes, par la mort et la résurrection de Jésus, c’est-à-dire, par grâce ! Tout comme les ouvriers de l'histoire, nous avons reçu le salaire d’une journée entière pour une heure de travail. Nous avons tout pour rien.

Quand cela nous arrive c’est bon. Nous aimons recevoir des dons et pensons souvent que nous les méritons. Mais quand nous voyons qu’un autre reçoit ce qu’il ne mérite pas, cela nous irrite. C’est sans doute pour cette raison que c’est un thème qui revient souvent dans la Bible.

Par exemple, dans la parabole du fils perdu et retrouvé, le fils aîné a critiqué son père de son acte de grâce. « Écoute, il y a tant d'années que je te sers sans avoir jamais désobéi à l'un de tes ordres. Pourtant, tu ne m'as jamais donné même un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis. Mais quand ton fils que voilà revient, lui qui a dépensé entièrement ta fortune avec des prostituées, pour lui tu fais tuer le veau que nous avons engraissé ! » (Luc 15.29s) A sa place, vous et moi aurions ressenti la même injustice.

Ou bien considérez la grâce que Dieu a fait au roi Achab, un des plus mauvais personnages de la Bible. Achab s’est donné entièrement à l'idolâtrie et a tué les vrais prophètes de Dieu. Il a fait assassiner Naboth pour lui voler sa vigne et a pris plaisir plus que tout le monde à faire ce qui  déplaît au Seigneur. Mais quand Dieu envoie le prophète Elie à Achab pour annoncer son jugement sur Achab et sa famille, Achab s’humilie devant Dieu et Dieu le laisse en vie. On veut crier à haute voix, «C’est pas juste ! »

De tels événements nous permettent de voir ce qu’est la grâce : amour et miséricorde immérités à cent pour cent. C’est l’amour de Dieu pour les pécheurs, pour ses ennemis ! Ce n’est pas l’amour de Dieu pour les personnes généralement convenable. Ce n’est pas que Dieu ferme les yeux sur nos petits défauts. Aucun de nous, de soi-même, n’est assez bon pour le royaume de Dieu. Nous voyons cela quand nous regardons dans le miroir de la Loi de Dieu. Si tu hais ton frère, tu l’as déjà tué en toi-même, dans ton coeur. Si tu désires une femme ou un homme qui n’est pas ton épouse ou ton époux, tu as déjà fait un adultère. Ce sont de mauvaises pensées pour lesquelles nous devrions subir le jugement de Dieu. Mais par la foi en Christ, ces péchés sont pardonnés. Nous avons reçu la grâce ! 

Jésus termine cette histoire par des mots un peu curieux, Ainsi ceux qui sont les derniers seront les premiers et ceux qui sont les premiers seront les derniers. Il veut nous faire voir les choses d’une autre perspective. Dans ce cas, ceux qui ressemblent aux ouvriers engagés au dernier moment, qui n’ont travaillé qu’une heure, sont bénis. Ils peuvent devenir des grands dans le royaume de Dieu. Ils ont été surpris d’avoir reçu le salaire d’une journée entière. Ils sont entrés dans le Royaume par grâce. Ceux qui critiquent se fabriquent un problème. Ils commencent à se disputer avec Dieu sur ce qui est juste. Vous ne voulez pas y aller ! Si Dieu nous donnait ce que notre comportement mérite, ce ne serait pas joli à voir. Nous ne serions pas que les derniers, nous serions exclus du royaume. Nous ne voulons donc pas ce que nous méritons. Nous voulons la grâce.

Alors critiquer quand les autres reçoivent une grâce, est un réveil qui nous indique que nous risquons d’oublier que nous vivons tous par la grâce seule. Jésus répond à une de ses critiques, Es-tu jaloux parce que je suis bon ? Cette jalousie est un « dépit envieux ressenti à la vue des avantages d'autrui. » Si nous trouvons que nous sommes mécontents parce que Dieu pardonne et reçoit dans son royaume les gens qui n’en sont pas dignes, c’est sans doute une indication que nous ne regardons plus notre propre position devant Dieu uniquement selon la grâce. Nous avons sans doute commencé à considérer notre propre mérite, le fait que nous avons supporté la fatigue d'une journée entière de travail sous un soleil brûlant ! Ce faire, c’est de se faire priver de la grâce et exclure du royaume.

Au lieu de critiquer la grâce nous devons remarquer combien elle est extraordinaire et nous réjouissons avec les autres qui l’ont reçu. La grâce est notre garantie de plaire toujours à Dieu. Elle assure notre place dans le royaume de Dieu et exclu tout doute. Si nous pensons à notre comportement et ce que nous méritons, il y aura toujours des moments où nous ne serons pas sûrs d’être dignes de la vie éternelle. Mais si nous regardons la vie uniquement de la perspective de la grâce, de l’assurance que Jésus nous a rendu acceptable à Dieu sans aucun mérite de notre part, c’est alors que tout doute et toute peur disparaissent. Car tout dépend de Jésus et rien de vous et moi. C’est l’Evangile ça !

Et c’est bien cette Evangile, c’est grâce qui transformera notre vie et comportement. Grâce veut dire que nous ne travaillons plus pour un salaire ou pour garder notre place dans le royaume de Dieu. Au contraire, nous travaillons de gratitude parce que nous sommes déjà dans le royaume.

Il y avait une femme dont le mari ne l’aimait pas vraiment. Cet homme était très exigeant et avait préparé à sa femme une liste de règles à suivre. Elle devait relire la liste chaque jour et y obéir strictement. Entre autres, ces règles prescrivaient des détails tels que l’heure à laquelle elle devait se lever le matin, l’heure de lui servir son petit déjeuner, et comment faire le ménage. Après de longes années le mari est mort. Plus tard la femme a trouvé un autre homme qui l’aimait sincèrement et ils se sont mariés. Cet homme faisait tout son possible pour rendre heureuse sa femme, la comblant toujours des expressions de sa reconnaissance. Un jour en faisant le ménage, la femme a trouvé l’ancienne liste de règles. En la regardant elle s’est rendu compte que, bien que le nouveau mari ne lui ai jamais fait une telle liste, elle faisait quand même tout ce que le premier mari avait exigé.  Elle était si dévouée à cet homme qu’elle voulait lui plaire par amour et non pas par obligation. Voilà ce que la grâce fait dans notre vie à nous.

La grâce est donc un concept très simple : quelque chose pour rien ! Donc, quand vous voulez critiquer parce qu’un autre aurait reçu quelque chose pour rien, rappelez-vous que vous aussi vous avez reçu la grâce. Par grâce Jésus a vécu, est mort et ressuscité pour vous. Par grâce vous avez reçu le salaire  d’une journée entière pour une heure de travail.

 

Pasteur David Maffett

 

 

Sermon du dimanche 26 Août 2012

 

12ème dimanche après la trinité

 

Marc 7. 31à38

Jésus quitta ensuite le territoire de Tyr, passa par Sidon et revint vers le lac de Galilée à travers le territoire des Dix Villes. 32On lui amena un homme qui était sourd et avait de la peine à parler, et on le supplia de poser la main sur lui. 33Alors Jésus l'emmena seul avec lui, loin de la foule ; il mit ses doigts dans les oreilles de l'homme et lui toucha la langue avec sa propre salive. 34Puis il leva les yeux vers le ciel, soupira et dit à l'homme : « Effata !  » — ce qui signifie « Ouvre-toi ! » — 35Aussitôt, les oreilles de l'homme s'ouvrirent, sa langue fut libérée et il se mit à parler normalement.36Jésus recommanda à tous de n'en parler à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils répandaient la nouvelle. 37Et les gens étaient impressionnés au plus haut point ; ils disaient : « Tout ce qu'il fait est vraiment bien ! Il fait même entendre les sourds et parler les muets ! » BFC

 

Moi Aussi Seigneur !

 

Marc nous raconte un grand nombre des miracles de Jésus. En voici un, qui, comme ceux qui le précèdent, nous oblige à répondre en quelque façon à Jésus. La foule qui a témoigné cette guérison a été ébahie, « impressionnés au plus haut point ». Ne voyant personne ici bouche bée je suppose que nous, nous ne sommes pas « impressionnés au plus haut point ». C’est normal ; nous n’avons pas vu ce miracle de nos yeux.

 

Cependant, j’espère que nous sommes assez impressionnés ou intéressés pour répondre à Jésus de deux façons. D’abord, j’espère que nous sommes si impressionnés de la puissance et l’autorité de Jésus que nous croyions qu’il est le Fils de Dieu, le Sauveur promis. Puis, j’espère que nous pouvons reconnaitre que nous souffrons d’une sorte de surdi-mutité spirituelle pour que nous nous tournions vers Jésus et disions, « Moi aussi Seigneur, ouvre-moi les oreilles et délie-moi la langue » comme David l’exprime dans le Psaume 51, « Seigneur, ouvre mes lèvres, pour que je puisse te louer » (Ps 51.17).

 

En premier, alors, j’espère que nous sommes si impressionnés de la puissance et l’autorité de Jésus que nous croyions qu’il est le Fils de Dieu, le Sauveur promis. Cette guérison a été stupéfiante, un miracle. Puisque l’homme ne parlait guère, c’est probable qu’il a été sourd étant très jeune, voir à sa naissance. Jésus met ses doigts dans ses oreilles, crache, et touche sa langue, puis il regarde au ciel et dit « Ouvre-toi ! » Sur-le-champ, l’homme est guéri !

 

Nos médecins aujourd’hui peuvent faire d’étonnante chirurgie ; ils peuvent dans certains cas corriger des problèmes semblables à cela, même des conditions congénitales. Mais je ne crois pas qu’il y ait un médecin qui guérit des gens en regardant au ciel et disant, « Ouvre-toi ! » Si donc ce que Marc nous raconte est exact, Jésus est sans égal, un fait qui ne saurait pas nous laisser sans réaction.

 

Est-il donc vrai, ce récit ? Je m’attends à ce que nous croyions que c’est vrai, que Jésus à opéré ce miracle. C’est normal que les chrétiens, ceux qui ont mis leur confiance en Jésus et l'appellent « Seigneur » acceptent ses miracles. Mais n’ayant jamais vu de nos yeux un tel miracle, c’est souvent une croyance intellectuelle, disons théorique. Ce n’est pas une pleine conviction de coeur qui se manifeste dans notre vie quotidienne. Et la conséquence en est que nous n’attendons vraiment pas de miracles en réponse à nos propres prières. Certes, Dieu ne veut pas répondre à toute prière par un miracle. Mais il est aussi vrai que parfois « vous n’avez pas ce que vous voulez, parce que vous ne savez pas le demander à Dieu. » (Jacq 4.2)

 

Beaucoup de monde ne croit tout simplement pas aux miracles. Si même ils en voyaient un, ils le renieraient. Ils pourraient admettre que ce soit un phénomène extraordinaire, mais rejetant de principe l'existence d’un dieu ou esprit quelconque, ce ne peut être un miracle.

 

Cela me parait imprudent et peu scientifique. Le fait que nous ne voyons pas ou ne comprenons pas quelque chose ne veut pas dire qu’elle n’existe pas ou n’est pas possible. Avant le microscope on ne croyait pas aux bactéries et virus, sans rien dire aujourd’hui des molécules, atomes, hadrons et quarks. Je suppose néanmoins que nous admettons tous l’existence de ces choses. Si donc nous sommes un peu plus prudents, nous devons du moins considérer la possibilité que Jésus a opéré ces miracles par une science que nous ignorons nous.

 

Mais là une autre difficulté s’impose : si Jésus a opéré des miracles, on ne peut pas ignorer son enseignement. C’est ridicule d’admettre qu’il a guéri des sourds-muets et des aveugles-nés, qu’il a chassé des démons, maitrisé les forces de la nature et ressuscité les morts, et en revanche dire qu’il ne peut pas être venu de Dieu. Beaucoup de Juifs au temps de Jésus l’ont dit. Ils ont accueilli les miracles, mais ont voulu le lapider parce qu’il prétendait être le Fils de Dieu !

 

Comme beaucoup de monde, ne pouvons-nous pas éprouver ce même malaise au sujet de Jésus ? Il n’est pas trop difficile d’admettre des miracles il y a 2000 ans. Ce qui peut nous troubler c’est de les expliquer, dire comment il les a fait, par quelle autorité. Cela peut impliquer que nous avons affaire avec Dieu, justement ce que les autorités juives ont renié. Afin d’éviter cela, ces autorités ont proposé que Jésus faisait des miracles par l’autorité de Satan. Aujourd’hui certains préféreraient sans doute dire que Jésus était un extraterrestre qui naturellement savait faire des choses que nous ignorons.

 

Mais ce ne sont que des efforts pour s’évader de ce qui est évident. La seule explication des miracles de Jésus est ce qu’il en dit lui-même : qu’il est venu d’auprès de Dieu pour exercer la puissance de Dieu. Et cette explication nous prive de la possibilité d’indifférence, c’est à dire, de l'appeler Seigneur et ne pas faire ce qu’il dit. Nous ne pouvons pas fermer le livre et dire « formidable ! » et puis poursuivre notre vie comme si rien ne s’est passé. Non ! Nous devons regarder Jésus et dire « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20.28), et puis mettre sa parole en pratique. Si nous faisons cela nous serons bénis ; sinon, nous serons condamnés, non pas parce que nous n’avons pas fait assez de ceci ou de cela, mais parce que nous avons reconnu Jésus et lui avons tourné le dos.

 

Lui tourner le dos ne donne pas de sens à la lumière d’un détail de cette guérison. Jésus a regardé vers le ciel et soupiré. Il n’a pas soupiré parce qu’il était fatigué ou mécontent. Mais plutôt parce que Jésus a toujours eu pitié de tous ceux qui souffraient des conséquences du péché.

 

Contrairement à ce que certains croient, Dieu n’a pas d'apathie envers nous. Le Dieu que nous présente la Bible est le Dieu qui fait preuve d’une sympathie profonde envers l'humanité.  L’éternel Parole de Dieu a pris chair et a vécu parmi nous, non pas par apathie mais par sympathie. Un des plus grands mystères révélés dans la Bible est que Dieu est troublé par notre péché. Il n’est pas content de notre souffrance conséquente à son jugement sur notre péché. Ca lui importe ! C’est pour cela qu’il a partagé notre souffrance lorsqu’il s’est chargé du péché du monde entier et est mort. C’est pour cela qu’il nous a comblé d’invitations de « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute circonstance demandez à Dieu dans la prière ce dont vous avez besoin. » (Ph 4.6).

 

Face à cela, pourrions-nous être apathiques, indifférents à ce que Jésus a fait pour nous ? Pourrions-nous dédaigner la parole et la volonté de celui qui est mort pour nous et suivre la volonté du monde, un monde qui ne cherche qu’à profiter de notre existence ? Ne devons-nous pas nous laisser impressionner au plus haut point par la puissance et l’amour de Jésus ? J’espère que nous en sommes vraiment impressionnés au plus haut point. Car Jésus est Seigneur ; il est la vie ; il est la résurrection !

 

Et j’espère encore une autre chose : que nous pouvons comprendre que nous sommes d’une façon spirituelle sourds et muets pour que nous nous tournions vers Jésus et lui disions, « Moi aussi Seigneur, ouvre-moi les oreilles et délie-moi la langue. »

 

A part la guérison physique, il y a ici un sens spirituel qui se voit dans le texte du prophète Esaïe que nous avons lu tout à l’heure. « Ce jour-là, les sourds entendront ce qui est dit dans le livre et; sortant de l’obscurité, les aveugles se mettront à voir… Quand eux ou leurs enfants verront en effet ce que je ferai parmi eux, ils reconnaîtront qui je suis, moi, l’unique vrai Dieu, le Dieu de Jacob, ils redouteront de me déplaire, moi, le Dieu d’Israël. Eux qui avaient perdu tout bon sens, ils commenceront à me comprendre ; eux qui protestaient toujours, ils se laisseront instruire. » (Es 29.18, 23-24).

 

Dans le contexte, Esaïe prononçait un message qu’il répétait sans cesse : qu’Israël s'était rendu insensible à Dieu et sa parole au point où Dieu devait les détruire en tant que nation et puis reconstruire un nouveau peuple. Sans doute qu’Esaïe prévoyait des guérisons physique littérales, mais le contexte et tout le livre est plein de langage figuratif adressé à un peuple spirituellement aveugle et muet. «Soyez stupéfaits et restez sans voix, soyez aveuglés et restez sans voir, ivres, mais non de vin, titubants, mais sans avoir bu. Car le Seigneur vous a plongés dans un profond abrutissement ; il vous a bouché les yeux--c’est une allusion aux prophètes--, il a mis un voile sur vos têtes--c’est une allusion aux voyants--. » (Es 29.9-10).

 

Les prophètes appelaient souvent aveugles et muets des gens qui voyaient et parlaient physiquement. Ces gens écoutaient la parole de Dieu sans en tenir compte. D’autres l’ignoraient tout simplement. Ils faisaient preuve d’un aveuglement et d’une surdité spirituels, une désaffection à l’égard de Dieu. En effet, le monde séparé de Dieu reste dans les ténèbres en étant aveugle, sourd et muet. La grande promesse et espérance qu’offraient sans cesse Esaïe et les autres prophètes, c’était que Dieu avait un jour où il réconcilierait l’humanité avec lui et guérirait nos sens spirituels. Le premier pas a été l’envoi du Messie, le Serviteur du Seigneur. Ce Messie est Jésus qui est venu nous libérer des conséquences du péché. Il nous a ouvert les yeux et les oreilles ; il nous a libéré la langue, littéralement pour quelques uns, spirituellement pour nous tous.

 

Sans Christ donc, nous restons sourds et muets, ou comme Paul l’a dit, spirituellement morts. Par nature nous ne connaissons ni n’embrassons la parole de Dieu. Nous n’accueillons pas les vérités communiquées par l’Esprit de Dieu. Nous sommes hostiles à Dieu et le craignons ; nous ne pouvons ni le connaître tel qu’il est ni l’adorer.

 

C’est le Seigneur Jésus par son Saint-Esprit qui nous ouvre les oreilles pour écouter l’Evangile, la bonne nouvelle que nous sommes pardonnés et réconciliés avec Dieu à cause du Christ. C’est encore ce qu’a annoncé Esaïe, « Ce jour-là, les sourds entendront ce qui est dit dans le livre et; sortant de l’obscurité, les aveugles se mettront à voir. » Qui plus est, ce même Sauveur nous guidera dans la vie comme Esaïe l’a dit : « Et je vais guider les aveugles sur un chemin, sur des sentiers qu’ils n’avaient jamais suivis. Pour eux, je changerai l’obscurité en lumière et les obstacles en terrain plat. C’est cela mon projet, je n’y renoncerai pas, je le réaliserai. » (Es 42.16)

 

Pouvons-nous jamais être satisfaits d’une condition quelconque d’insensibilité spirituelle ? Ne voulons-nous pas vivre comme Dieu l’a voulu, voir, écouter et parler avec Dieu ? Dans ce cas, adressez votre prière à Jésus : « Moi aussi Seigneur, ouvre-moi les oreilles et délie-moi la langue. » Alors vous entendrez et comprendrez sa parole. Alors vous réaliserez ce que Jacques dit : « Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. » (Jacq 4.8)

 

Chers frères et soeurs en Christ, soyez impressionnés de la puissance de Jésus et faites lui appel. « Seigneur, ouvre mes lèvres, pour que je puisse te louer. »

 

 Pasteur David Maffett

 

Sermons du 1er janvier jusqu'au 1er juillet 2012

Sermon du Dimanche 1 Juillet 2012

 

4ème Dimanche après la Trinité

Gn 50.15-21

                                              

Chants proposés :

Tout pénétrés de ta grandeur immense            LlS    18:1-5

Je chanterai, Seigneur, sans cesse ta bonté      LlS    22:1-4

Dieu de paix, Dieu de charité,                             LlS 268: 1-6

Jésus-Christ, dans sa grâce,                                  LlS 164:1-13

 

 

15   « Quand les frères de Joseph virent que leur père était mort, ils se dirent : "Si Joseph nous prenait en haine et nous rendait tout le mal que nous lui avons fait !"

16    Et ils firent dire à Joseph : "Ton père a donné l’ordre suivant, avant de mourir :

17    ‘Voici ce que vous direz à Joseph : Oh ! Pardonne le crime de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal !’ Pardonne maintenant le crime des serviteurs du Dieu de ton père !’" Joseph pleura à l’écoute de leur message.

18    Ses frères vinrent eux-mêmes se jeter à ses pieds et dirent : "Nous sommes tes serviteurs !"

19    Joseph leur dit : "N’ayez pas peur ! Suis-je en effet à la place de Dieu ?

20    Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.

21   Désormais, n’ayez donc plus peur : je pourvoirai à vos besoins et à ceux de vos enfants." C’est ainsi qu’il les réconforta en parlant à leur cœur. »

 

Chers frères et sœurs en Christ, notre Seigneur !

Les prédications portent souvent sur l’attitude de Dieu envers nous, sur son abaissement vers nous, sa sollicitude envers nous. Nous parlons aussi souvent de la Parole de Dieu et de son rôle sanctificateur dans l’activité de Dieu parmi nous.

Le texte d’aujourd’hui parle de la façon dont nous vivons ensemble, dont nous nous comportons les uns avec les autres.

Dans nos chants, nous parlons souvent des aspects merveilleux de l’Eglise de Dieu, de sa mise à part dans le monde, des riches promesses que Dieu lui fait et de l’espérance de la vie éternelle où notre gloire sera parfaite. Alors l’Eglise sera une Eglise victorieuse et triomphante.

Force est cependant de reconnaître que nous vivons encore dans une Eglise, dont les paroisses présentent encore bien des côtés humains, des aspects bien trop humains. Sur terre et sous la croix, nous sommes une Eglise militante, qui doit non seulement se battre vers l’extérieur, mais souvent aussi se démener avec des problèmes internes, qu’ils soient financiers ou relationnels.

Dans cette perspective, l’histoire de Joseph et de ses frères, bien que remontant à quelque 3 700 ans, est tout sauf anachronique : elle pourrait se dérouler aujourd’hui.

Bien sûr, concrètement, prioritairement, elle parle de Joseph et de ses frères, mais son actualité s’étend jusqu’à nous. Avec cette histoire, Dieu tend ses mains vers nous.

L’histoire de Joseph s’étend sur 13 chapitres du livre de la Genèse : les chapitres 37, puis 39 à 50. Il ne peut donc être question de la résumer ici. D’ailleurs la trame qui la traverse est mentionnée dans notre texte.

X X X  1  X X X

Son cadre est la famille nombreuse. Il y a le père, le chef de famille. Face à lui douze fils et des filles qui lui étaient soumis. Par contre, les rapports entre les fils ne vont pas de soi, loin s’en faut.

Joseph est l’avant-dernier des douze frères : il devrait donc être conscient de sa place dans la fratrie, vis-à-vis de ses aînés. Il n’en est rien : Joseph a des rêves de grandeur, de suprématie même, où ses frères doivent s’incliner devant lui. Pensez-vous que cela facilite leurs relations ?

En plus, le père a une méthode d’éducation qui ne peut que mener à la catastrophe : il a une préférence pour Joseph, c’est son favori, et le père ne le cache pas. Il l’habille plus richement que les autres. Là, c’en est trop pour ses frères. « Ils se mirent à le détester. Ils étaient incapables de lui parler sans agressivité. » (Gn 37.4) Et voilà que de sombres nuages montent à l’horizon, les nuages de la jalousie et de la haine, viennent les recouvrir.

Et ces noires pensées vont bientôt se transformer en noires actions. Les frères décident de se débarrasser de ce crâneur de frère. Oh, ils abandonnent vite le projet de le tuer : ils « se contentent » de l’expédier au loin.

Cette façon douloureuse de se débarrasser de personnes indésirables a toujours cours aujourd’hui. Elle est même particulièrement prisée et pratiquée par certains régimes politiques.

L’histoire sainte pullule de ce genre de déplacements de personnes. Depuis la destruction de Samarie par les Assyriens, le peuple d’Israël a été souvent déplacé : en Assyrie, à Babylone, plus tard à travers tout l’Empire romain. Et même là, on apprend dans le Nouveau Testament, qu’ils ont dû, comme Aquilas et Priscille, quitter Rome où on n’en voulait plus un certain temps.

Le déplacement de personnes indésirables se fait souvent sous le couvert de la justice, d’un prétendu intérêt général : ce peut être une mutation imposée au travail, l’exil de responsables politiques d’opposition, etc.

X X X  2  X X X

C’est au moment où les frères de Joseph veulent se débarrasser de lui que l’histoire de Joseph démarre vraiment. A partir de cette décision des frères, l’histoire de Joseph change souvent brusquement d’orientation du tout au tout.

Lui, le favori d’un père immensément riche, se retrouve esclave. D’esclave, il devient intendant du riche Potiphar. De cette position en vue il se retrouve en prison pour quelques années. Et de prisonnier il se retrouve premier ministre de Pharaon !

Il devient vraiment un Grand, comme il en avait rêvé, un Grand devant qui les autres doivent s’incliner.

Remarquez cependant : il ne devient pas un Grand pour dominer sur eux, mais pour leur venir en aide dans leurs grands besoins. Il devient Seigneur et Aide en même temps. Seigneur et Sauveur pour les Egyptiens : il leur permet de surmonter une terrible période de famine. Seigneur et Sauveur aussi pour la famille de son père, y compris pour les familles de ses frères : il les fait même tous venir en Egypte pour qu’ils puissent profiter de la prévoyance de son gouvernement.

Ce n’est pas là une situation facile pour les frères ; la paix ne tient qu’à un fil. Et un jour, ce fil rompt : Jacob, le patriarche, meurt.

Panique à bord ! La vieille culpabilité remonte à la surface. Les frères craignent l’application de la loi du talion, l’application de la vengeance, qui exige réparation pour des actes mauvais. Ils savent que le jour vient où les actes rattrapent leurs auteurs et exigent qu’on rende des comptes. Ils craignent d’être entraînés dans le cercle infernal du méfait et de la vengeance. « Si Joseph nous prenait en haine et nous rendait tout le mal que nous lui avons fait ! » (v. 15)

X X X  3  X X X

Ils sont tellement pris de panique, qu’au début ils n’osent même pas paraître devant Joseph en personne. Non ils lui envoient des émissaires qui doivent implorer sa grâce et son pardon ! Peut-être que, jusque-là, les frères n’ont toujours pas vraiment regretté leur crime d’antan.

Maintenant il y va de leur vie. Il faut qu’ils s’en sortent, même s’il leur faut passer par une humiliante demande de pardon, une façon de capituler.

Ils avancent un argument de taille : ils rappellent leur foi commune au« Dieu de leur père » (v. 17). Ils essayent ainsi de lier Joseph à eux par des liens plus forts encore que les liens du sang : les liens de leur foi commune, bref, leurs liens communs avec Dieu. L’humain ne leur semble plus suffire dans leur situation : ils font appel au divin.

La réaction de Joseph est vive : la démarche de ses frères le fait pleurer. « Joseph pleura à l’écoute de leur message. » (v. 17)

Il indique par là son état d’esprit : il a pardonné. Cela encourage ses frères. Ils viennent en personne se présenter devant lui. Ils sont prêts, maintenant à porter les conséquences du pardon, aussi les conséquences négatives. « Ses frères vinrent […] se jeter à ses pieds et dirent : "Nous sommes tes serviteurs !" » (v. 18), à l’époque, cela voulait dire : tes esclaves !

Leur crime les retient d’en appeler à ses sentiments de frère : N’ont-ils pas eux-mêmes brisés ces liens fraternels autrefois ? Aussi s’adressent-ils au Grand d’Egypte et non à leur frère. Ils ont atteint le fond du chemin du pardon et de la réparation.

Et là vient le dernier grand tournant de l’histoire, aussi le plus important.

X X X  4  X X X

Joseph répond avec une salutation qui introduit généralement une bonne nouvelle, même une nouvelle salutaire, libératoire : « N’ayez pas peur ! » (v. 19)

Et il continue avec cette parole surprenante, mais une parole qui pourrait servir d’exemple pour n’importe quelle réconciliation au sein d’une fratrie ou entre partenaires de quelque nature que ce soit :« Suis-je en effet à la place de Dieu ? » (v. 19)

Voilà comment parle celui qui détient tous les pouvoirs, qui pourrait leur dicter n’importe quelles conditions. Il est en position de force et pourrait obtenir n’importe quel dédommagement.

Mais il ne le fait pas. Il s’approche d’eux les bras ouverts. Malgré leur crime, il leur tend la main de la réconciliation, le seul chemin d’une véritable réparation.

Joseph va même plus loin. Plus tard, Jésus nous apprendra à dire à la fin du Notre Père : « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire ! » (Mt 6.13) Joseph reconnaît que, dans sa vie, cela a été le cas, aussi chaotique et douloureuse qu’elle ait pu être à certaines occasions.

Joseph se place en retrait derrière Dieu qui n’a pas cessé de tenir les rênes de son existence. Il dit à ses frères : « Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien ». – Dans quel but ? – Cela aussi, Joseph l’explique : « Pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. » (v. 20)

C’est dans cette perspective qu’il faut voir et comprendre toute l’histoire de Joseph : dans la perspective de la volonté de Dieu de sauveur, de ce Dieu qui poursuit aussi le bien dans les mauvaises passes.

A travers ce seul, à travers ce Joseph rejeté, « sacrifié », Dieu a pu venir en aide à beaucoup de gens ; c’est ainsi qu’il a pu « sauver la vie à un peuple nombreux. »

Ce n’est, là, rien d’autre que la bonne nouvelle de la grâce de Dieu et de sa volonté de nous venir en aide.

Dieu ne s’est pas seulement occupé de Joseph que l’on a traité de façon criminelle, Dieu s’est même occupé des auteurs de cet acte criminel. Alors « qu’ils étaient encore dans le péché », Dieu a déjà pris des initiatives pour amener leur salut.

C’est ainsi qu’il est, notre Dieu. C’est lui qui se tient au centre de l’histoire de Joseph et de ses frères. Oh ! il n’est pas à l’origine du mal commis par les frères ; il ne les a pas poussés à commettre ce crime. Il ne justifie pas leur péché. Mais il intervient pour « changer en bien »ce que les hommes ont bien mal enclenché.

X X X  5  X X X

Dieu est là, présent, dans nos vies. Il agit derrière les agissements des humains.

Certes, ses chemins pour nous mener au salut sont souvent cachés sous le mal et l’injustice dans ce monde. Mais par-delà ce mal, et en dépit de ce mal, il veut nous faire bénéficier de son pardon et de son service.

Aujourd’hui, c’est nous, les frères de Joseph. Je veux dire que l’histoire de Joseph nous exhorte à aller à la rencontre les uns des autres pour pardonner, nous réconcilier et nous aimer. C’est ainsi qu’est brisé le pouvoir du péché ; c’est ainsi que le Royaume de grâce se réalise.

« Vous savez, » a dit Jésus un jour dans un contexte où certains avaient semé la zizanie par orgueil, par l’envoie d’occuper une place supérieure à celles des autres, « vous savez que les chefs des nations dominent sur elles et que les grands les tiennent sous leur pouvoir. Ce ne sera pas le cas au milieu de vous, mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur ; et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Mt 20.25-28)

N’oublions jamais : nous sommes frères et sœurs parce que Jésus nous a sauvés et a fait de nous des enfants de Dieu … par pure grâce.

Nous avons été « baptisés en Jésus-Christ, en sa mort » (Rm 6.3), nous avons été intimement unis à son expiation de nos péchés. Il s’agit maintenant de « vivre avec lui », de « mener une vie nouvelle » (Rm 6.8+4) ; nous sommes maintenant invités à le suivre dans une vie de service.

Nous ne sommes pas seulement frères et sœurs, nous sommes aussi serviteurs. Ce n’est que comme serviteurs, en nous assistant, conseillant et aidant à vivre, que nous montrons que nous sommes de vrais frères et sœurs !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig   

Sermon du Dimanche 17 Juin 2012

 

2ème Dimanche après la Trinité

1 Co 14.1-3+20-25

                                                           

Chants proposés :

Dans ton temple, ô mon Sauveur,                   LlS      2 : 1-3

Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute LlS 148 : 1-4

Préserve ta Parole, Seigneur, à tes enfants   LlS 178 : 1-3

+ 6-7

 

 

1    « Recherchez l’amour. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à la prophétie.

2    En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des paroles mystérieuses.

3       Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte.

4       Celui qui parle en langue s’édifie lui-même, alors que celui qui prophétise édifie l’Eglise.

20    Frères et sœurs, ne raisonnez pas comme des enfants. Au contraire, pour le mal, soyez des bébés, mais par rapport au raisonnement, soyez des adultes.

21    Il est écrit dans la Loi : "C’est par les hommes d’une autre langue et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple, et même ainsi, ils ne m’écouteront pas" dit le Seigneur.

22    Par conséquent, les langues sont un signe non pour les croyants, mais pour les non-croyants ; la prophétie, quant à elle, est un signe non pour les non croyants, mais pour les croyants.

23    Si donc, alors que l’Eglise entière est rassemblées, tous parlent en langues et qu’il entre de simples auditeurs ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous ?

24    En revanche, si tous prophétisent et qu’un non croyant ou un simple auditeur entre, il est convaincu de péché pat tous, il est jugé par tous.

25    Ainsi, les secrets de son cœur sont dévoilés, et il tombera alors le visage contre terre pour adorer Dieu en déclarant que Dieu est réellement au milieu de vous. »

 

Chers frères et sœurs en Christ,

On pense parfois que l’Eglise du temps des apôtres était une Eglise idyllique où tout se passait dans un « amour » et une concorde parfaites sous la conduite d’apôtres directement inspirés par le Saint-Esprit. Il n’en est rien.

Luther a dit un jour que là où Dieu construit une Eglise le diable dresse une chapelle à côté. Et si quelque chose a mis Satan en rage, c’est de voir les apôtres semer l’Evangile pour arracher des âmes à l’enfer. Il s’est donc pas mal acharné sur les premières communautés chrétiennes.

Le livre des Actes des Apôtres parle surtout des hostilités et oppositions rencontrées à l’extérieur de l’Eglise. Les lettres de l’apôtre Paul, quant à elles, montrent quels ont été les dommages que Satan a causés au sein des communautés locales, dommages que l’apôtre essaye de guérir avec les lettres qu’il leur adresse.

Et s’il est une Eglise où, à côté de grandes bénédictions et richesses spirituelles (1 Co 1.4-7), il régnait le souk, c’était bien celle du port grec de Corinthe. Une véritable situation multi-conflictuelle !

Il y a des partis dans la paroisse, certains entrant même en conflit avec l’apôtre lui-même. Des clivages se forment entre riches et pauvres. Certains font des procès à d’autres devant les tribunaux. On n’est pas clair sur la façon de se comporter au sein de la société idolâtre. Même la morale sexuelle est mise à mal. La célébration de la Cène dégénère. Il y en a qui s’estiment plus forts et méprisent les faibles.

Et pour couronner le tout, certains ont des « dons spirituels » (v. 1) et en tirent prétexte pour mépriser ceux qui ne les possèdent pas.

Quand je disais que c’était le souk … Un vrai bazar ! Le diable s’y donnait à cœur joie et se délectait de la zizanie qu’il avait réussi à semer.

Aussi l’apôtre remet-il les pendules à l’heure. Son mot d’ordre, ce par quoi commence notre texte, c’est : « Recherchez l’amour ! » (v. 1) D’ailleurs, tout le chapitre 13 précédent ne traite que de « l’amour ». Il est le pivot des trois chapitres 12 à 14 où il parle des « dons spirituels »miraculeux, particulièrement du fameux « parler en langue » (v. 2).

Cette question a déjà dû vous turlupiner. Certaines églises et sectes en font grand cas. Que faut-il en penser ?

X X X  1  X X X

Qu’est-ce que c’était que ce

« parler en langues » ?

Remarquez que Paul ne met pas en doute l’existence de tels dons exceptionnels accordés par le Saint-Esprit pour fortifier les premiers chrétiens. Cela pouvait être un don authentique du Saint-Esprit.

L’apôtre avait lui-même ce don (v. 18), mais il n’en fait pas grand cas. D’ailleurs, il n’existe aucun récit dans le Nouveau Testament où Paul s’adresserait à ses Eglises dans des langues incompréhensibles.

Il faut voir que, dans notre texte, il ne l’encourage pas, au contraire, durant tout ce chapitre il met en garde contre un usage détourné de ce don exceptionnel des premiers temps.

Que cela ait été un don des premiers temps et non quelque chose que le Saint-Esprit voulait provoquer dans toute la chrétienté dans tous les temps, cela se voit au fait que l’apôtre n’en parle jamais dans ses autres lettres. Pourtant il lui arrive d’y énumérer les dons du Saint-Esprit.

Mais que trouve-t-on dans ces listes ? « L’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi » (Ga 5.22). Aucun don sensationnel !

Le « parler en langue » était un langage inintelligible, un langage incompréhensible. En effet, Paul constate : « Celui qui parle en langue […]personne ne le comprend, […] il dit des paroles mystérieuses. » (v. 2). La personne elle-même est affermie dans sa foi, mais pas les autres. Ceux-ci n’en sont pas édifiés. Au contraire, dit Paul, quelqu’un qui n’y comprend rien peut même prendre pour des « fous » (v. 23) les chrétien qui parlent en langues incompréhensibles.

Pour Paul, ce qui est important, c’est que les gens soient « édifiés »dans la connaissance et la foi en Jésus-Christ. « Puisque vous aspirez aux dons spirituels, » écrit-il encore, « cherchez à posséder avec abondance ceux qui édifient l’Eglise ! » « Que tout se fasse pour l’édification ! » (1 Co 14.12+26)

« Le parler en langue » pouvait être bénéfique pour celui à qui le Saint-Esprit avait donné ce don, mais il n’apportait rien aux autres. Aussi Paul préfère-t-il pousser ses auditeurs à « aspirer […] surtout au don spirituel de la prophétie »(v. 1).

Pourquoi ? – Parce que « celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte. […] Celui qui prophétise édifie l’Eglise. »(v. 3-4)

Voyons donc

X X X  2  X X X

Qu’est-ce que ce

« don de prophétie » ?

Προφητεύειν – le verbe « prophétiser » en grec – signifie tout d’abord transmettre le message de Dieu, annoncer sa volonté, sa Parole. Quand on lit les prophètes de l’Ancien Testament, on se rend compte qu’ils appelaient surtout le peuple à la repentance et à la foi.

Bien entendu, leur annonce de la Parole de Dieu comportait aussi l’annonce des grands faits de Dieu à venir, avant tout la venue du Messie sauveur. Προφητεύειν  « prophétiser » – en est donc aussi venu à signifier : annoncer à l’avance des événements à venir. Mais ce n’est ni son seul sens, ni même son sens premier.

Le « don » de « prophétie » comprend donc avant tout la faculté communiquée par Dieu d’interpréter l’Ecriture correctement, d’appliquer la Loi et l’Evangile aux besoins des gens. C’est le don de dire ce qu’est la volonté de Dieu dans une situation donnée.

Annoncer l’Evangile du salut, voilà l’outil que le Saint-Esprit utilise pour « édifier l’Eglise » par la foi sur le seul fondement, Jésus-Christ. Voilà pourquoi Paul insiste toujours sur l’annonce de l’Evangile. C’est le seul moyen d’édifier les gens dans la connaissance salutaire.

A un point tel que l’apôtre fait de « l’édification » dans la foi le thème de notre chapitre. Cela revient une demi-douzaine de fois (vv. 3-5+12+17+26). C’est ça, l’important, pas le sensationnel. Pour Paul le critère ultime pour juger d’un don spirituel est celui-ci : « Cela édifie-t-il l’Eglise ? »

Paul leur fait comprendre : Quand les gens vous entendent« prophétiser », quand un incroyant vous entend annoncer la Parole de Dieu et la « comprennent » (v. 2), quand il vous entend témoigner de votre foi en Jésus-Christ, il est possible qu’il se rende compte de son péché et de son incrédulité.

Le résultat pourrait bien être qu’un tel se repente et adore Dieu, reconnaissant ainsi publiquement « que Dieu est réellement présent au milieu de vous » (v. 25).

Ainsi, « prophétiser », annoncer la Parole salutaire de Dieu, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, cela peut avoir pour résultat de gagner des personnes à Christ, d’ajouter des pierres à l’édifice spirituel de l’Eglise de Jésus-Christ, « d’édifier l’Eglise ».

Il devient donc clair :

X X X  3  X X X

Les critères

de notre attitude dans l’Eglise, ce sont

« l’amour » et

« l’édification de l’Eglise ».

Bien des gens recherchent autre chose dans l’Eglise. Ils y viennent. Ils ne trouvent pas ce qu’ils espéraient y trouver. Et ils repartent plus ou moins vite.

Bien entendu qu’on peut désirer que l’Eglise soit active, qu’il y ait de la vie. Mais cela ne peut être que le témoignage de l’envie « d’édifier l’Eglise », de s’édifier soi-même et d’édifier les autres.

C’est « l’amour » pour Dieu et « l’amour » pour son institution,« l’Eglise », « l’amour » pour les autres paroissiens, pour les contacts et les sympathisants qui nous poussent à participer au culte, aux études bibliques, aux repas paroissiaux, ou à toute autre activité paroissiale.

Aussi vais-je me poser la question :

Mon attitude contribue-t-elle à édifier l’autre ou est-ce que je le conforte dans un sentiment d’abandon en ne venant pas me joindre au culte ?

Mon attitude contribue-t-elle à « édifier l’autre » (v. 17) ou est-ce que je le laisse se dépatouiller seul en étude biblique, lui donnant à penser que son affermissement dans la foi m’est indifférent ?

Mon implication dans la paroisse montre-t-elle que je désire, comme l’écrit Paul, « que tous soient instruits et que tous soient encouragés » ? (1 Co 14.31)

Mon attitude dans la paroisse témoigne-t-elle de mon amour du prochain ou ne suis-je préoccupé que de moi-même ?

A Corinthe régnait une carence flagrante d’amour du prochain. Les uns étaient sinon fiers du moins satisfaits de savoir plus que les autres qu’ils évitaient.

D’autres étaient fiers de leurs dons exceptionnels, mais ne s’en servaient que pour leur propre édification, pas pour celle des autres. Enfin, il y avait ceux qui se permettaient de prendre des libertés éhontées avec la volonté de Dieu sur le plan de la vie conjugale ou paroissiale.

Le manque d’amour du prochain en était arrivé à faire éclater la paroisse en différents clans, ce qui a complètement désarticulé la paroisse. Aussi l’apôtre a dû leur écrire, quelques versets après notre texte : « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. […] Que tout se fasse convenablement et avec ordre ! » (1 Co 14.32+40)

Chers amis, il serait facile, à la fin de ce sermon, de se dire : « Quelle paroisse pitoyable que celle de Corinthe ! » Ce ne serait pas seulement facile, ce serait ne rien comprendre à la volonté de Dieu. Car « tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction »(Rm 15.4).

En chacun de nous, la Parole de Dieu veut « dévoiler les secrets de son cœur », pour que nous nous en repentions et « tombions aussi le visage contre terre pour louer Dieu en déclarant que Dieu est réellement au milieu de nous » (v. 24-25), au milieu de nos cultes avec sa Loi mais aussi sa grâce et son pardon, au milieu de nos études bibliques à la lumière de sa Parole et à travers les échanges fraternels, au milieu aussi de nos séances d’instruction.

Fasse Dieu que « l’amour » de Dieu et du prochain, en particulier« l’édification de l’Eglise »« édifier les autres, les encourager et les réconforter » (v. 4), deviennent de plus en plus le critère, le mobile et le but de notre engagement paroissial à chacun de nous !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, Pasteur

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JEUDI 14 JUIN 2012

Sermon du Dimanche 10 Juin 2012

 

1er Dimanche après la Trinité     Jn 8.12

Ps 119.105                                                           

Chants proposés :

                   Prélude

Seigneur, par la clarté de ton amour                 AL 44-17

                   Liturgie

Reflet de l’éternité, Premier-né venu du Père            AL 49-12

                   Prédication

                   Interlude

                   Prière Générale

Dans ta Parole, ô Dieu, je puise force et vie     AL 22-05

                   Offrandes (Interlude)

                   Prière d’Offrandes

                   Sainte Cène

Oh ! viens, Seigneur, demeure parmi nous      AL 24-17

                         Liturgie de post-communion

Jn 8.12 :         « Jésus leur parla de nouveau. Il dit : "Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie." »

Ps 119.105 :  « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. »

Chers frères et sœurs en Christ,

« Lumière » … « ténèbres » … C’est là un thème bien connu, pas seulement dans la révélation de Dieu, aussi dans le monde. Qui ne sait ce qu’est « la lumière » et ce que sont « les ténèbres » ?

Mais, … le savons-nous vraiment ? … Nous connaissons les bienfaits de la lumière, aussi les désavantages et les inconvénients des ténèbres. Dans le monde environnant, nous connaissons mêmes quelques problèmes provoqués par la lumière et quelques bienfaits liés aux ténèbres.

Mais lequel d’entre nous peut se lever et expliquer en une phrase simple et claire ce que la lumière et les ténèbres sont réellement par nature ?

Que fait Jésus dans notre texte ? En affirmant : « Je suis la Lumière du monde », son intention n’est pas de faire une affirmation christologique mais sotériologique. Pour le dire plus simplement : Ici il ne veut pas nous expliquer comment il se fait qu’il est « la Lumière du monde » ; non, il veut souligner les bienfaits que retirent ceux qui« marchent » dans sa lumière.

JESUS

1.    est « la Lumière du monde » en personne ;

2.    il vient dans « les ténèbres » de notre « monde »

3.    à travers « la lumière » de sa « Parole » et

4.    nous éclaire, ainsi que notre vie.

X X X  1  X X X

Jésus est « la Lumière du monde »

en personne.

Dans les Saintes Ecritures, Dieu peut dire que « les ténèbres recouvrent la terre » (Es 60.2), mais il en est ainsi parce que – comme il le dit aussi –« autrefois vous étiez ténèbres » (Ep 5.8) et que beaucoup le sont encore. « Les ténèbres recouvrent la terre » parce que les humains qui recouvrent la terre sont eux-mêmes « ténèbres » par nature.

« Les ténèbres » ne peuvent donc disparaître de la terre que si les gens sont changés, « remplis de l’Esprit » et deviennent « lumière dans le Seigneur » (Ep 5.18+8).

« Les ténèbres » existent là où « la lumière » est absente. « Les ténèbres » sont un concept négatif. On broie du noir quand il n’y a pas de lumière, pas de vision, pas de sécurité, pas de sérénité, de confiance et d’optimiste. Dans le noir, même la vie devient impossible.

« Les ténèbres », c’est la situation de ceux qui sont « séparés de Christ » et« sans espoir » (Ep 2.12). Sont plongés dans « les ténèbres » ceux qui, ici-bas sont spirituellement morts, sans foi en Christ, aussi bien que ceux qui se trouvent dans la mort définitive et totale en enfer.

Aussi, quelle nouvelle plus rassurante et réjouissante que d’entendre Jésus déclarer à ce monde perdu : « "Je suis la Lumière du monde." Je suis en mesure d’apporter du sens à vos vies. Je peux vous apporter l’espoir et la confiance. Je peux placer votre vie dans une perspective positive, même une perspective éternelle ! »

Et comment il peut apporter cette « lumière » dans « les ténèbres » de ce monde ! N’est-il pas celui dont il est dit qu’« il habite une lumière inaccessible » ? (1 Tm 6.16) Mais si nous, nous ne pouvons y accéder nous-mêmes, lui peut venir à nous. Et il apporte tout ce qui manque aux « ténèbres » : la grâce de Dieu et son pardon, le salut et la vie éternelle, une vie de communion avec le Père céleste !

X X X  2  X X X

Jésus vient dans  « les ténèbres »

de notre « monde ».

Laissez-moi vous raconter une parabole !

Il y avait une caverne. Et comme c’est le cas pour les cavernes, elle se trouvait sous terre. La caverne avait passé sa vie dans « les ténèbres ».

Un jour, la caverne s’entend appeler : « Viens ! Sors à la lumière ! » C’était le soleil. – La caverne répondit : « Je ne comprends pas. C’est quoi la lumière ? Il n’y a rien d’autre que "les ténèbres" ! » – Le soleil répondit : « C’est quoi, "les ténèbres" ? » – La caverne répondit : « Viens et vois ! » Le soleil accepta l’invitation. Il s’engouffra dans la caverne et demanda : « Elles sont où "les ténèbres" ? » Elles avaient disparu. « La lumière » chasse « les ténèbres ».

C’est l’effet qu’a Jésus, « la Lumière du monde » : il chasse « les ténèbres » de ce « monde ».

Par nature, les gens pensent comme cette cave. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est « la Lumière du monde ». Ils ne peuvent même pas l’imaginer ! Jésus, « la Lumière du monde », fait partie de « ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu et qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Co 2.9 / Es 64.4).

« Le monde », les gens qui ne se confient pas en Jésus-Christ, qui ne sont pas liés à lui avec foi, ne peuvent pas savoir que le genre de« Lumière » qu’est Jésus existe vraiment. Ne sachant pas qu’elle existe, ni qui elle est et où la trouver, il n’y a aucune chance pour qu’ils le trouvent et se tournent eux-mêmes vers lui. « La lumière du monde » doit venir à eux.

Jésus ne demande qu’à chasser les ténèbres. Il sait : là où il paraît, lui,« la Lumière du monde », le monde sort des ténèbres. Là où lui paraît, la culpabilité disparaît, la peur d’être damné disparaît, l’espérance entre dans les cœurs, la certitude d’être sauvé pour l’éternité illumine les cœurs, un mode de vie positif se met en place.

Mais comment et où Jésus, « la Lumière du monde », vient-il ?

X X X  3  X X X

Jésus vient

à travers « la lumière » de sa « Parole ».

Pour faire la lumière la nuit, vous avez besoin de différentes choses ; il vous faut par exemple une lampe. Pour faire briller « la Lumière du monde » dans ce monde, pour en illuminer quelqu’un, il vous faut la lampe de la Parole de Dieu, la lampe de l’Ecriture Sainte, particulièrement la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Le psalmiste s’adressait déjà à Dieu pour confesser : « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » (Ps 119.105)

Eteignez la « lampe », et vous allez trébucher « sur votre chemin ».

Il est terrible de constater combien rapidement les gens qui, pourtant, précédemment, avaient « sondé les Ecritures » (Jn 5.39), mais ont cessé de le faire, ont cessé d’être au contact de l’Evangile, avec quelle rapidité ils ont dévié de la foi en Christ, « la Lumière du monde » : sans« la lumière » de « la Parole » de Dieu, ils n’ont plus vu que Jésus seul était « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14.6).

Eteignez « la lampe » de « la Parole » de Dieu, et, rapidement,  vous ne serez plus éclairés par Jésus, « la Lumière du monde ». Pour nous – et pour le monde – Jésus et son Evangile sont indissociables, Jésus et« l’Evangile, puissance de Dieu pour le salut », pour sauver les pécheurs (Rm 1.16).

C’est quand l’Evangile nous montre comment Jésus nous a sauvés que Jésus illumine nos vies. Là il nous attire dans sa lumière : « le chemin »devient clair, il nous illumine de sa présence bienveillante, et nous faisons tout pour rester au contact de « la lampe » de sa « Parole ». Ainsi nous demeurons dans sa proximité, dans sa communion de vie, car

X X X  4  X X X

Jésus nous éclaire, ainsi que notre vie.

Luthériens confessionnels, nous sommes habitués à dire avec Martin Luther, dans son Petit Catéchisme, que c’est « le Saint-Esprit » qui,« par l’Evangile, nous a appelés, éclairés de ses dons, sanctifié et maintenus dans la vraie foi ».

Le Saint-Esprit accomplit ces choses grandioses dans nos vies parce que, comme Jésus le précise, « il rend témoignage de moi » (Jn 15.26). On peut le dire ainsi :

Le Saint-Esprit fait briller « la Lumière du monde » dans ce monde, et cette lumière ne demeure pas « sans effet » (Es 55.11).

La lumière a deux effets principaux : elle éclaire et elle réchauffe. Eh bien, voyez-vous : Jésus a les mêmes effets dans nos vies !

En premier lieu, il éclaire notre « sentier ». Il nous montre le seul« chemin » sur lequel on ne s’égare pas. Il nous tranquillise et nous rend certains : comme Jésus nous a réconciliés avec son Père au prix de sa vie, nous pouvons traverser cette vie sans crainte.

Il nous montre aussi clairement le but de notre vie : « la Lumière du monde » éclaire notre avenir jusque dans l’éternité ! Là-bas, une place attend tous ceux qui ont vécu dans la foi en Christ, tous ceux qui ont fait confiance à sa lumière.

Cela a ensuite un second effet.

Quand vous faites une terrible expérience, vous dites que ça vous glace le sang. Mais quand vous vivez quelque chose de beau, de merveilleux, vous dites que ça vous fait chaud au cœur.

Y a-t-il quelque chose de plus merveilleux et de plus réjouissant que ce que « la Lumière du monde » vous a apporté ? – Bien sûr que non ! Les merveilleuses bénédictions que Jésus met en lumière devant vous sont telles qu’elles vous émeuvent, vous touchent, vous transfigurent ; elles vous donnent la certitude d’être aimé, d’être protégé, guidé et béni.

Et cette certitude, la certitude de ceux dont l’existence est éclairée par Jésus, par son amour sauveur et sa grâce, cette certitude est un don merveilleux pour nous aider à mener le combat de la foi.

Que la « lumière » du Christ, qui vient de « la lampe » de la « Parole »de Dieu, vous aide à rester sur le seul « sentier » maintenant en vie jusqu’à ce que vous parveniez finalement dans la vie éternelle, dans une paix et une joie sans fin !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, Pasteur

Sermon du Dimanche 27 Mai 2012

 

Fête de Pentecôte  et   Confirmation             1 Co 2.12-16

Chants proposés :

Viens, ô Saint-Esprit du Seigneur                         AL 35-05

                   Liturgie d’entrée

                   Comme Credo et 2ème chant :

Je crois en Dieu, le Créateur,                                AL 61-81

                   Confession de foi du confirmand

O Saint-Esprit, Esprit d’amour,                              AL 35-08

                   Prédication

Mon vrai trésor sur terre et mon seul bien           AL 47-06

                   Liturgie de confirmation

                   Cène

Seigneur, tu nous partages ton corps et ton sang   

                                                                                     AL 24-12

 

12 « Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin de connaître les bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce.

13    Et nous en parlons, non avec les paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit saint. Ainsi nous employons un langage spirituel pour exprimer ce qui est spirituel.

14  Mais l’homme naturel n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge.

15  L'homme dirigé par l’Esprit, au contraire, juge de tout et n’est lui-même jugé par personne.

16  En effet, qui a connu la pensée du Seigneur et pourrait l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée de Christ. »

 

Chers frères et sœurs en fête,

et tout particulièrement, cher Mathieu !

Te dire que je suis particulièrement ému en ce jour – et je ne suis sans doute pas le seul – ne te surprendra pas. Il y a quelques mois, je n’espérais plus vivre cet instant avant mon départ à la retraite. « Homme de peu de foi ! Pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14.31) me dit aujourd’hui mon Seigneur. Le Seigneur sait encore exaucer des prières ; il sait déplacer des montagnes aujourd’hui comme hier.

Il y a deux semaines, il t’a reçu dans son alliance de grâce du Baptême. Aujourd’hui il t’invite à sa Table. Tu franchis ainsi une nouvelle étape de ta vie. Mais il te reste encore pas mal de chemin à parcourir. Si l’entrée dans la félicité éternelle t’est déjà acquise, tu n’y es pas encore.

Dans ta vie, tu as déjà connu des situations pas simples. Nous en connaissons tous à un moment ou à un autre. Il est donc important, capital même, de ne pas faire ce chemin seul.

Mais n’aie crainte, le texte proposé par le Plan de Lecture Biblique pour aujourd’hui, pour la Fête de Pentecôte, cet extrait de la 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens, t’assure d’un fidèle compagnon de route, d’un assistant et conseiller sans pareil.

Un conseil : Ne néglige pas

LE SAINT-ESPRIT DANS TA VIE

1.  Il te réjouit avec les bienfaits de la grâce de Dieu en Jésus-Christ.

2.  Il te le fait connaître dans la Parole divinement inspirée.

3.  Il te donne la bonne compréhension de la vie.

4.  Il te conduit à travers les embuches de la vie.

X  X  X 1 X  X  X

Le Saint-Esprit te réjouit avec

les bienfaits

de la grâce de Dieu en Jésus-Christ

Si, depuis des années, tu viens au culte et à l’instruction, si, avec Clément, tu as demandé le Baptême il y a deux semaines, si, aujourd’hui, tu tiens à être admis au Repas du Seigneur, c’est que le Saint-Esprit t’a fait « connaître les bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce » (v. 12), c’est parce que tu sais qu’on n’en a jamais assez de se l’entendre dire.

Tout tourne, dans l’Eglise, mais aussi dans la vie de chaque croyant, autour des« bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce ».

Ce qui nous attire à lui, c’est que nous vivons un vrai miracle : Dieu devrait être en colère contre les pécheurs que nous sommes, il devrait nous damner pour l’éternité parce que nous ne correspondons pas aux exigences de sa sainte Loi.

Et qu’avons-nous appris ? Il nous fait « grâce », il agit avec nous contrairement à ce que nous méritons, il nous pardonne et nous dit qu’il est réconcilié avec nous, qu’il nous aime et se tient à nos côtés pour nous protéger, nous guider et nous bénir !

Tu sais à qui nous devons ce revirement complet de l’attitude de Dieu envers nous. Tu l’as dit tout à l’heure. D’ailleurs, quelques versets avant notre extrait, l’apôtre Paul donne le nom de ce Bienfaiteur à qui nous devons « la grâce » de Dieu : « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Co 2.2) Plus haut encore, il avait écrit : « Jésus-Christ est […] la source de notre sainteté et notre libérateur » (1 Co 1.30)

Cela, le Saint-Esprit nous l’a fait savoir. Jésus avait déjà prédit : « Le Défenseur[ou : Consolateur] que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jn 15.26)

Où nous fait-il connaître « les bienfaits » que nous devons à Jésus ?

X  X  X 2 X  X  X

Ces bienfaits,

le Saint-Esprit te les fait connaître

dans la Parole divinement inspirée

La joie que suscitent en toi les bienfaits de la grâce de Dieu, la joie d’avoir, de façon tout à fait inattendue, un Dieu compatissant et aimant au lieu d’un Dieu sévère et qui condamne, cette joie, tu ne la connaîtras pas seulement à partir d’aujourd’hui, et tu ne la connaissais pas seulement depuis le jour merveilleux de ton Baptême il y a deux semaines.

Cette joie, tu la connais depuis que l’Evangile de Jésus-Christ t’a été raconté et que le Saint-Esprit t’a amené à placer ta foi en ce merveilleux Jésus.

Cette intervention inespérée de Jésus en notre faveur, ce revirement surprenant de Dieu à notre égard, ces « bienfaits » à la place du châtiment, il a bien fallu que le Saint-Esprit nous l’apprenne. « C’est une sagesse qui n’est pas de ce temps. » Une chose aussi extraordinaire, qui aurait pu l’imaginer ? – Personne. Aussi « Dieu ‘la révélé par son Esprit » (1 Co 2.6-11). Comment cela ? – En inspirant cette bonne nouvelle aux écrivains sacrés de la Bible.

Paul est l’un d’entre eux. Voilà comment il décrit ici cette inspiration de la Parole divine : « Nous en parlons, » – de cette bonne nouvelle et des bienfaits de la grâce de Dieu – « non avec les paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit saint. Ainsi nous employons un langage spirituel pour exprimer ce qui est spirituel. » (v. 13)

Paul veut dire des auteurs sacrés dont il est : Ce n’est pas notre intelligence humaine qui aurait pu nous faire imaginer l’Evangile de Jésus-Christ ; non, c’est le Saint-Esprit qui nous l’a révélé et nous a dirigés de manière à ce que « nous employions » exactement le « langage spirituel » qui en parle correctement.

Autrement dit, « toute l’Ecriture est inspirée de Dieu » (2 Tm 3.16), comme Paul l’écrit ailleurs. Tu peux t’y fier, c’est la Parole de Dieu et « sa Parole est la vérité » (Jn 17.17) !

C’est un vrai trésor, « une lumière » (Ps 119.105) et un guide inestimable et indispensable. – Pourquoi ? – Déjà parce que

X  X  X 3 X  X  X

Le Saint-Esprit te donne

la bonne compréhension de la vie

Tu dois sans doute parfois être surpris par l’abîme qui peut séparer ce que pensent les incroyants et ce que sont nos positions d’enfants de Dieu. Tu as l’âge où vous vous entretenez certainement entre jeunes de sujets de société ou de thèmes qui touchent à la morale.

La sexualité est un de ces thèmes favoris, mais aussi l’attitude face à la vie, face à la mort. Notre environnement incroyant pense que tout ce qui plait est permis tout de suite.

La fidélité dans le mariage ? – Balivernes ! La vie commune hors mariage ? – Ça ne regarde que nous deux ! L’homosexualité ? – Ben, si on s’aime ! …

L’avortement ? – Mais je suis maître de mon corps ! – Et bien non, pas aux yeux de Dieu, et encore moins maître du corps de ce petit qui commence à vivre.

Et on nous traite d’attardés, de personnes sans amour pour les autres. On ne nous comprend pas. Notre attitude fait « scandale » ou passe au moins pour« insensée ». Tranquillise-toi, ça ne date pas d’aujourd’hui. Il y a deux millénaires Paul en faisait déjà la constatation (1 Co 1.23)

« L’homme naturel, » celui qui n’a pas été saisi et converti à Jésus-Christ par l’Evangile, « n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (v. 14)

Comment veux-tu que quelqu’un qui ne croit pas en Dieu se soucie de ce que Dieu dit et veut ? Comment veux-tu que quelqu’un qui n’aime pas notre Seigneur pour ce qu’il nous a apporté veuille lui faire plaisir et honneur par sa façon de vivre ?

Pour le monde, se fier à quelqu’un qui, pour eux, n’existe pas, c’est de la« folie ». Ils ne peuvent pas comprendre.

 « L'homme dirigé par l’Esprit, au contraire, juge de tout et n’est lui-même jugé par personne. » (v. 16) Cela ne veut pas dire que nous savons tout, mais, à l’aide de la Parole de Dieu, le Saint-Esprit nous aide à avoir la bonne compréhension du monde, la bonne compréhension de la vie, même la bonne compréhension de l’éternité.

Bien sûr, parfois tu ne sauras pas quoi penser d’une situation donnée ni quoi faire dans un contexte précis. Mais le Saint-Esprit t’a offert les bons verres de lunette pour lire la vie, pour chercher les solutions. Et si tu t’en tiens à sa révélation dans la Bible, Dieu ne donne à personne le droit de te « juger ».

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Le Saint-Esprit te conduit

à travers les embuches de la vie

« En effet, qui a connu la pensée du Seigneur et pourrait l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée de Christ. » (v. 16)

Il est vrai que même nous, Occidentaux du début du 3ème millénaire, nous trouvons dans « la pensée de Christ » des choses que nous n’aurions, de nous-mêmes, sans doute pas décidé ainsi. Par exemple le fait que le ministère pastoral soit réservé aux hommes.

Il nous faut continuellement nous mettre à l’écoute et sous l’influence du Saint-Esprit dans la Bible pour ne pas nous laisser entraîner sur des chemins de traverses. Demandons-nous alors, comme Paul ici : « Qui a connu la pensée du Seigneur et pourrait l’instruire ? »

Restons humbles face à notre Créateur. Ce qui paraît être « folie » de la part« de Dieu est » certainement « plus sage que les hommes » (1 Co 1.25). Il suffit de comparer la création du monde à ce que nous sommes capables de créer. Il suffit surtout de comparer la solution magistrale que Dieu a trouvée pour nous sauver, à ce que disent toutes les autres religions, toutes imaginées par des hommes : elles cherchent en vain à se sauver par leurs mérites.

Cher Mathieu, rappelle-toi la signification de ton nom : « Don de Dieu ». Toi, tu es un don de Dieu pour les autres, puisqu’il t’a créé, mais des dons, Dieu t’en a aussi faits, et des grandioses ! et il veut continuer à te combler. Ce sont tous« les bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce » ! Apprécie-les hautement. Sers-t-en copieusement. Ne les néglige pas, car si Dieu te les a destinés, c’est qu’il savait qu’ils allaient te faire du bien.

Réjouis-toi quotidiennement de ces « bienfaits » dans sa Parole, puise-les régulièrement dans l’alliance de ton Baptême, et viens-les chercher dorénavant aussi dans les promesses de la Cène !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

Sermon du Dimanche 20 Mai 2012

Eglise Evangélique Luthérienne – Synode de France

Assemblée Générale Synodale

CULTE SYNODAL                     Ep 3.14-21

 

14    « Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ,

15        de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom.

16     Je prie qu’il vous donne, conformément à la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur,

17     de sorte que le Christ habite dans votre cœur par la foi. Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour

18     pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ,

19        et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.

20     A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons,

21     à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! »

 

Seigneur, Dieu éternel,

C’est par pure grâce que tu préserves ton Eglise.

Nous te remercions d’avoir accompagné la nôtre jusqu’à présent.

Demeure aussi à l’avenir parmi nous avec ta Parole et tes sacrements.

Bénis en particulier ta Parole que nous allons méditer maintenant.

Par Jésus-Christ. Amen.

Chers frères et sœur en Christ,

et tout particulièrement, chers délégués synodaux de nos paroisses, pasteurs et laïcs !

Il nous arrive à tous, à certains moments de notre vie, de devoir tourner une page. Nous sommes 
« étrangers et voyageurs sur la terre » (Hé 11.13) Nous ne faisons que passer, mais, grâce à Dieu, nous avons un but merveilleux devant nous, comme nous l’avons amplement entendu ces derniers jours avec le thème de notre Assemblée Générale Synodale : « Tenez vos lampes allumées ! »

Nous ne faisons que passer, mais le Seigneur attend de nous qu’à tout moment de notre traversée de la vie nous accomplissions notre tâche, nous exercions nos responsabilités.

Celles-ci changent continuellement. D’enfants nous devenons adultes, puis vieillards. La plupart passent aussi de l’état d’enfant célibataire à celui de parents mariés, puis de grands-parents, voire de veufs. D’écoliers et étudiants ou apprentis nous devenons actifs puis retraités.

Et à chaque étape correspondent des devoirs spécifiques. Même la personne âgée, le retraité, a encore des responsabilités, même si elles sont nécessairement différentes de celles d’avant.

Après 36 années ininterrompues dans le Conseil Synodal, dont douze comme président synodal, je passe le relais. Cela va me faire tout drôle, c’est sûr, mais je ne me désintéresserai pas pour autant de mon Eglise et de l’avancement du Règne de Dieu dans les cœurs.

Je vais, avant tout, faire ce que chacun de vous et chaque croyant peut faire, ce en quoi l’apôtre Paul nous donne ici un exemple : Prier !

PRIER

1.  pour remercier le Seigneur pour la grande famille de son Eglise

2.  pour lui demander pour notre Eglise

a.  qu’elle comprenne l’immensité de l’amour de Christ

b.  qu’elle soit fortifiée par son Esprit et

c.  qu’elle œuvre en toute confiance en l’accompagnement de Dieu.

X  X  X 1 X  X  X

Comme Paul, prions

POUR REMERCIER LE SEIGNEUR

POUR LA GRANDE FAMILLE DE SON EGLISE

Est-ce parce que nous avons le syndrome de Thomas et avons du mal à croire ce que nous ne pouvons voir, ou est-ce parce que nous avons l’œil si près de l’arbre que celui-ci nous cache la forêt, mais nous avons parfois du mal à être conscients de la grande « famille » qu’est l’Eglise (v. 15).

Nous voyons nos petites paroisses. Quand nous ne voyons qu’elles, rien d’étonnant que cela puisse nous décourager à l’occasion. Mais voyez Paul ! Lui aussi, au début, ne se trouvait qu’en présence d’églises de maisons, de communautés si petites qu’elles pouvaient se réunir chez des particuliers. Pourtant cela ne l’empêche pas de voir toute la grande, la nombreuse, l’immense « famille » de l’Eglise.

« Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom. » (v. 14-15)

Je prie pareillement que nos paroisses, quand elles prennent des décisions, ne raisonnent pas de façon étroite, en ne tenant compte que d’elles-mêmes, comme si le peuple de Dieu se résumait à elle. Non, il faut raisonner en regardant par-delà les murs de la paroisse ; il faut prendre des informations et voir ce que d’autres font dans une situation analogue.

Représentez-vous toujours cette merveilleuse réalité : en plaçant notre foi en Jésus et en son salut, nous nous trouvons au milieu de la nombreuse « famille »de « tous les saints » (v. 18), de tous ceux qui ont été « revêtus de Christ » (Ga 3.27) et de sa sainteté.

La « famille » de Dieu ne se résume pas à une paroisse ni à notre Eglise ; elle se trouve partout « sur la terre » « où l’Evangile est prêché purement et les saints sacrements administrés conformément à l’Evangile ». (C.A., Art. VII)

Une grande partie de la « famille » de l’Eglise se trouve même déjà « dans le ciel ».

C’est d’ailleurs vers là que nous sommes tous en mouvement. Nous ne sommes pas destinés à rester Eglise « sur la terre », mais à devenir « Eglise dans le ciel ».

Voyez toujours votre Eglise, même votre paroisse ou votre petit poste missionnaire, comme intégrés, fermement insérés dans la « famille qui tient son nom de Jésus-Christ, » l’Eglise chrétienne, la communauté de tous les croyants« sur la terre » et « dans le ciel » !

C’est là la grandiose destinée que nous devons au Seigneur de l’Eglise, à notre Sauveur mort et ressuscité pour nous. C’est à lui que nous devons d’être cette innombrable « famille » de Dieu qui n’a « d’autre fondement que celui qui a été posé, à savoir Jésus-Christ » (1 Co 3.11).

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Comme Paul, prions le Seigneur

POUR QUE NOTRE EGLISE COMPRENNE

L’IMMENSITE DE L’AMOUR DE CHRIST

Peut-être que la vie d’Eglise se déroulerait de façon plus sereine et plus épanouie si chacun se représentait la vie de l’Eglise comme baignant dans la lumière de l’amour du Christ.

Certes, l’Eglise – ni aucune de nos paroisses – n’est parfaite en amour et exempte de critiques. Les paroisses fondées par l’apôtre Paul ne l’étaient pas davantage. Ce qu’il prie pour elle, n’oublions pas non plus de le demander pour nos paroisses et leur vie : « Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour. » (v. 17)

Je sais, l’amour a bon dos. Moi aussi, une certaine façon de parler de l’amour m’exaspère. Surtout quand il s’agit de faire avaler des couleuvres au nom d’un prétendu amour.

Mais ici il ne s’agit pas de l’un de ces nombreux travestissements de l’amour.« L’amour » dans lequel nous prions Dieu de nous « enraciner », c’est « l’amour de Christ », « l’amour » qui tend à « accomplir la Loi » de Dieu (Rm 13.10), un« amour » qui se « fonde » sur la vérité de Dieu et qui s’oriente à cette vérité révélée dans la Bible ; c’est « l’amour » dont notre Seigneur est la sublime personnification.

« Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » (v. 17b-19)

Les dimensions – « la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur », pour parler comme Paul – « de l’amour de Christ » devraient complètement nous irradier. Certes, « cet amour surpasse toute connaissance » : plus nous la méditons et y plongeons nos regards, et plus nous en sommes subjugués par son insondable profondeur et sa vertigineuse grandeur.

Justement, que cet amour sauveur de notre Seigneur soit le moteur et le mobile de notre vie d’Eglise et de paroisse ! Que cet amour sauveur oriente et canalise les activités de notre Eglise ! Qu’il nous porte et nous pousse, nous les uns vers les autres, et tous ensemble vers les autres !

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Comme Paul, prions le Seigneur

POUR QUE NOTRE EGLISE

SOIT FORTIFIEE PAR SON ESPRIT

Là aussi, ne faisons pas n’importe quoi pour obtenir l’Esprit de Dieu. Jésus nous a clairement indiqué que nous le rencontrons dans l’Evangile. C’est là que l’Esprit œuvre.

Notre Eglise veut être « fortifiée par son Esprit » ? Il faut pour cela que chacun d’entre nous soit « fortifié par [cet] Esprit ».

Il faut donc que chacun de nous aille se placer sous son influence. Où ça ? Là où « il rend témoignage de Jésus » (Jn 15.26), là où nous sommes au contact de l’Evangile : dans notre méditation personnelle de la Bible, dans nos cultes de famille, dans nos cultes, études bibliques et réunions de jeunes.

C’est là que le Saint-Esprit fait « habiter Christ dans votre cœur par la foi » ! Cessez la lecture personnelle de la Bible, négligez les études bibliques, évitez les cultes, ou les cultes de famille, et vous espérez en vain que le Saint-Esprit fasse « habiter le Christ dans votre cœur par la foi ».

Négligez tout cela, et vos réunions de conseil presbytéral et vos assemblées paroissiales ne serviront à rien, même les décisions en Assemblée Générale Synodale. Le Saint-Esprit ne se laisse pas forcer la main. Il nous donne rendez-vous dans l’Evangile, rien que dans l’Evangile de Jésus-Christ : c’est là qu’il veut nous « fortifier », nous « fonder », nous épanouir dans la foi, c’est là qu’il veut resserrer les liens entre nous et notre Sauveur.

Certes, nos réunions, assemblées et décisions ont leur raison d’être : elles doivent favoriser nos rencontres avec le Saint-Esprit dans l’Evangile, ou favoriser l’évangélisation, nous aider à amener des gens au contact du salutaire Evangile (Rm 1.16). Toute décision qui freine ou empêche cela est inutile, voire nuisible à notre salut.

Aussi, écrit Paul, « je prie qu’il vous donne, conformément à la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur, de sorte que le Christ habite dans votre cœur par la foi. » (v. 16-17a)

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Comme Paul, prions le Seigneur

POUR QUE NOTRE EGLISE

ŒUVRE EN TOUTE CONFIANCE EN

L’ACCOMPAGNEMENT DE DIEU

Quand nous voyons la masse des incroyants et indifférents autour de nous, et le petit nombre d’adorateurs dans les églises, le vieil homme en nous voudrait nous pousser à abandonner : « A quoi bon tous nos efforts ? Tout le monde s’en fout ! »

Céder à ces tentations du Mauvais – car c’est là le propre de Satan : essayer de nous décourager ! – ce serait un manque de confiance en notre Seigneur. Lui, a-t-il abandonné, a-t-il renoncé à se sacrifier « pour le monde entier » (1 Jn 2.2) quand il a vu tout le monde se liguer contre lui, quand il a vu que bien peu de ceux pour qui il mourrait allaient en profiter ?

Non ! Et il n’abandonne pas non plus aujourd’hui. Il ne retire pas les promesses qu’il a faites, malgré l’ingratitude et le rejet que lui oppose la grande majorité des gens.

Au contraire, il nous encourage, il nous exhorte et, surtout, il nous accompagne de ses promesses.

Nous nous trouvons si peu nombreux ? Si impuissants ? Certes, si nous étions confrontés seuls à la tâche de l’Eglise, il y aurait de quoi se décourager. Mais nous ne le sommes pas. Notre Seigneur, nous dit Paul ici, « peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (v. 20) !

Recourons à « la puissance qui agit en nous », vivons de « l’Evangile, puissance de salut pour quiconque croit » (Rm 1.16), fortifions-nous à cette source d’eau vive, et notre Eglise en sera vivifiée et fortifiée.

Ne nous laissons pas décourager par l’immensité de la tâche, mais ayons confiance en ses promesses. Si nous nous branchons sur son Evangile de grâce et de vie, notre Seigneur « peut faire […] infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons ». Ne l’a-t-il pas déjà prouvé dans la vie de chacun d’entre nous, dans la vie aussi de chacune de nos paroisses, dans la vie aussi de notre Eglise ?

Et soyez-en certains, un jour il nous le prouvera de façon bien plus magistrale encore, comme les exposés de cette Assemblée Générale Synodale nous l’ont rappelé : alors nous serons « remplis de la plénitude de Dieu » (v. 19) !

En attendant – et dans la confiance en ses promesses et sa puissance – dirigeons-nous ensemble vers ce but, mais en nous laissant fortifier par l’amour de notre Seigneur et en faisant bénéficier nos paroisses et notre Eglise de la foi dont il nous remplit.

« A lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (v. 21)

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

Chants proposés :

                   Prélude

C’est un rempart que notre Dieu                        AL 37-03

                   Liturgie

Je crois en Dieu le Créateur                               AL 61-81

                   Prédication

                   Interlude

                   Prière Générale

Jésus, ton règne sans pareil                               AL 36-14

                   Installation des Conseillers Synodaux

                   Sainte Cène

Seigneur, tu nous partages ton corps et ton sang     

                                                                                  AL 24-12

Oh ! viens, Seigneur, demeure parmi nous     AL 24-17

Enfants de la lumière                                           AL 36-16

                   Liturgie de post-communion

 

 

Sermon du Jeudi 17 Mai 2012

 

Fête de l’ASCENSION             Dn 7.13-14

 

Chants

Auprès du Père il est monté, alléluia !        AL 34-28

Seigneur Jésus qui es venu Habiter             AL 34-30

Jésus entre dans son règne                           AL 34-31

 

 

13 Pendant que je regardais dans mes visions nocturnes, quelqu’un qui ressemblait à un fils de l’homme est venu avec les nuées du ciel. Il s’est avancé vers l’Ancien des jours et on l’a fait approcher de lui.

14   On lui a donné la domination, la gloire et le règne, et tous les peuples, les nations et les hommes de toute langue l’ont servi. Sa domination est une domination éternelle qui ne cessera pas et son royaume ne sera jamais détruit. »

 

 

Seigneur Jésus,

tu sièges à la droite du Père

et y règnes sur tout ce qui se trouve dans le ciel et sur la terre.

Nous te prions :

Protège ton Eglise sur terre !

Par ta puissance, préserve-là

jusqu’à ce que tous tes ennemis t’aient été soumis.

Fais-nous participer à ta victoire finale.

Bénis en ce sens la méditation de ta Parole !

Amen.

 

 

Chers frères et sœurs de notre grand Frère monté au ciel !

Il y a des moments dans la vie, où il est bon de se savoir impliqué dans le message de l’Ascension. La vie nous bouscule parfois tellement que nous avons alors grandement besoin de quelqu’un à qui pouvoir faire confiance en toute occasion, quelqu’un à qui pouvoir s’accrocher quand notre chaloupe tangue un peu beaucoup.

Ici, il faut être persévérant pour arriver à surmonter les obstacles pour résoudre un problème relationnel; là, il faut serrer les dents pour ne pas perdre pied quand la maladie ou les symptômes de l’âge se sont nichés dans notre existence. Ailleurs encore, les problèmes posés à l’Eglise – nous aurons à en traiter quelques-uns en Assemblée Générale Synodale – ne semblent pas simples à régler.

En fait, à la racine de nos maux, à l’origine première de nos problèmes, on se trouve face à rien de moindre que le péché qui s’est insinué partout, et face à celui qui a introduit cet état de fait dans la création divine : Satan.

Or lui, il est plus futé et plus puissant que nous. Aussi sommes-nous soulagés de savoir que nous appartenons à quelqu’un qui a gagné la bataille contre le péché, la mort et Satan.

Notre victoire sur tous les inconvénients nous est acquise, notre victoire sur toutes les situations pénibles nous est assurée si nous cherchons refuge avec foi auprès de notre Seigneur monté au ciel.

Dans la vision de notre texte, le prophète Daniel voit

« QUELQU’UN QUI RESSEMBLAIT À

UN FILS DE L’HOMME »

ET QUI A REÇU DE

« L’ANCIEN DES JOURS »

1.    un pouvoir universel et éternel,

2.    un Royaume universel et éternel.

X X X  1  X X X

Voyons d’abord qui est ce

« QUELQU’UN QUI RESSEMBLAIT À

UN FILS DE L’HOMME » ?

« Le fils de l’homme » est un des titres que Jésus s’est appliqué à lui-même quelque 45 fois dans les Evangiles. C’est aussi ainsi qu’il apparaît à Jean dans l’Apocalypse : « Je me retournait pour savoir quelle était la voix qui me parlait.[…] je vis […] quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme » (Ap 1.13).

C’est ainsi qu’est soulignée la nature humaine de celui dont il est question ici. Il est homme comme nous, et pourtant il apparaît dans l’Apocalypse dans la gloire de sa sainteté. Pareil à nous selon sa nature humaine, mais totalement différent de nous autres humains car sans péché et totalement parfait.

Dans l’Ancien Testament, le terme « fils de l’homme » ne se rencontre que deux fois, les deux fois dans le livre du prophète Daniel – entre autre, dans notre texte – et chaque fois ce titre est donné au Messie Sauveur.

Un détail nous frappe dans notre texte : Celui « qui ressemblait à un fils de l’homme est venu avec les nuées du ciel » (v. 13). « Venir avec les nuées du ciel », c’est le propre de Dieu, c’est ainsi que Dieu est décrit aussi bien dans les Psaumes (104.3) que par le prophète Esaïe (19.1).

Ainsi les visions aussi bien chez Daniel que, plus tard, dans l’Apocalypse indiquent que « le fils de l’homme » est à la fois vrai Dieu et vrai homme.

Les deux fois où Daniel utilise le titre « fils de l’homme », il est clairement question du Messie tout-puissant et vainqueur. Cela est tellement clair que, quand Jésus se donnait le titre prophétique de « fils de l’homme », les chefs juifs se mettaient en colère parce qu’ils n’admettaient pas que Jésus se présente comme le divin Messie.

X X X  2  X X X

Voyons maintenant qui est

« L’ANCIEN DES JOURS » ?

Daniel voit le Messie « s’avancer vers l’Ancien des jours » (v. 13).

« L’ancien », c’est ce qui précède, ce qui vient avant. « L’Ancien des jours », c’est celui qui a précédé les jours, celui qui était dès le commencement. Dans Esaïe, Dieu se présente ainsi : « C’est moi qui suis Dieu. Je le suis depuis le début » (Es 43.12-13).

En effet, s’il est dit : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1.1), c’est qu’il était là avant de les créer. Il mérite vraiment le titre d’« Ancien des jours ». Il s’agit bien là de Dieu.

D’ailleurs, quelques versets plus haut il est dit de lui : « Son vêtement était aussi blanc que la neige et ses cheveux pareils à de la laine pure. Son trône était de flammes et ses roues étaient de feu dévorant. […] Des milliers le servaient et des centaines de millions se tenaient debout devant lui. » (Dn 7.9-10)

La « blancheur » de ses cheveux et de ses vêtements souligne sa sainteté parfaite.

Les « flammes » et le « feu dévorant » de son trône indiquent que rien ne peut le retenir de juger ses ennemis, mais rien ne peut pas non plus le retenir de sanctifier son peuple, de l’accompagner à travers les vicissitudes de la vie et de le conduire dans la félicité éternelle.

Il utilise pour arriver à ses fins « des milliers […] et des centaines de millions », bref « la multitude de l’armée céleste » des anges (Lc 2.13) qui « le servent ».

Chers amis, le prophète Daniel voit ici, des siècles à l’avance, comment le Fils de Dieu devenu homme a vaincu le péché, la mort et le diable, comment ce Fils de Dieu est amené, selon sa nature humaine, devant le Dieu très saint, éternel et tout-puissant.

Daniel ne voit pas les détails de cet événement. Souvent, Dieu n’a fait aux prophètes de l’Ancien Testament que des révélations globales de l’œuvre du Messie.

Ainsi, Daniel voit ici l’Ascension du Fils incarné de Dieu et son retour pour le Jugement en une seule scène située dans le futur.

Dieu, « l’Ancien des jours », remet à Jésus monté au ciel « la domination, la gloire et le règne » (v. 14).

On peut se poser la question : Comment le Père peut-il remettre « la domination, la gloire et le règne » à son Fils ? En tant que Dieu, en tant que deuxième personne de la Trinité, cela ne lui appartient-il pas de toute éternité ?

Bien entendu. Mais durant son abaissement, pendant qu’il menait une vie sainte dans les mêmes conditions de vie que nous, il a renoncé à ce que sa nature humaine profite de ces pouvoirs divins. Mais maintenant qu’il a accompli à la perfection sa mission – nous sauver en prenant notre place – il n’a plus aucune raison de continuer à mener une existence dans l’abaissement.

« C’est aussi pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2.5-11).

Lors du Jugement Dernier, cette remise du pouvoir atteindra son apogée. Alors les scènes décrites dans ce chapitre 7 du livre de Daniel trouveront leur accomplissement final.

Ce qui est particulièrement réconfortant, c’est de voir que

X X X  3  X X X

Notre frère glorifié a reçu de

« l’Ancien des jours »

UN POUVOIR UNIVERSEL ET ÉTERNEL

Il lui fut « donné » une « domination » qui « est éternelle » (v. 14). Les pouvoirs de ce monde ne durent qu’un temps. Rois, empereurs, même dictateurs, mais aussi partis, gouvernements et présidents démocratiquement élus, n’exercent le pouvoir que pour un temps, la passation des pouvoirs, cette semaine, en France, en est de nouveau une illustration.

Daniel en sait aussi quelque chose. Il a assisté à la chute du Royaume de Juda. Puis Dieu l’a chargé d’annoncer au roi Belshatsar que l’empire babylonien allait sous peu faire place à l’empire perse. Et l’empire perse, où se trouve-t-il aujourd’hui, après deux millénaires et demi ?

« Comble de l’inconstance, tout n’est que fumée ! » avait déjà constaté Salomon (Ec 1.2). Passage mieux connu ainsi : « Vanité des vanités. Tout n’est que vanité ! »

Tout ? Non. Car de notre Sauveur monté au ciel il est dit : « Sa domination est une domination éternelle. » Rien ni personne ne mettra fin à son règne de puissance sur le monde entier. Qu’ils le veuillent ou non, toutes les créatures humaines sont soumises à ses lois.

Il est le Maître de l’Histoire. Oh ! certes, Satan se démène encore pour semer la zizanie, des hostilités et des incompréhensions, même des affrontements à tous les niveaux. Il essaye de répandre guerres et génocides sur terre. Mais il sait ses jours comptés. C’est d’ailleurs pour cela qu’il se démène ainsi. C’est son chant du signe.

Mais il sait que le Christ monté au ciel règne et aura le dernier mot contre lui et les forces du mal. Les deux versets de notre texte constituent d’ailleurs la fin ou l’apogée de la victoire finale du Messie contre les forces du mal sur terre.

Bien sûr, le péché nous pourrit encore la vie, le mal assombrit nos existences, que ce soit l’immoralité dans le monde ou le mal dans notre corps, les infirmités et les maladies.

Mais là aussi nous savons qu’il ne peut nous arriver de pénible que ce que notre Seigneur victorieux tolère parce qu’il sait que cela« concourt à notre bien » (Rm 8.28).

Quel soulagement, au fond de l’épreuve, que de savoir que notre frère en humanité Jésus-Christ veille ! Qu’il règle avec toute-puissance le cours de notre vie de manière à ce que « rien ne puisse nous séparer de l’amour de Dieu », pourvu que nous soyons conscients de cette grâce et que nous ne lui retirions pas notre foi, notre confiance (Rm 8.39).

X X X  4  X X X

Notre frère glorifié a reçu de

« l’Ancien des jours »

UN ROYAUME UNIVERSEL ET ÉTERNEL

« Tous les peuples, les nations et les hommes de toute langue l’ont servi. Sa domination est une domination éternelle qui ne cessera pas et son royaume ne sera jamais détruit. » (v. 14)

Voilà ce que Daniel a la grâce de découvrir des siècles à l’avance.

Bien entendu, il s’agit ici d’autre chose que d’un royaume ou Etat comme ceux qui font l’histoire politique de ce monde. D’aucun chef d’Etat on peut dire : « Tous les peuples l’ont servi. » Et d’aucun Etat : « Il ne sera jamais détruit. »

Non, Daniel voit ici comment le Christ qui siège à la droite du Père étend son règne de grâce dans les cœurs des « hommes de toute langue ». Daniel voit en vision l’Evangile de Jésus-Christ se répandre dans le monde entier et susciter dans toutes les nations des adorateurs de Jésus-Christ, des sujets de son royaume de grâce.

Et voyez-vous, malgré l’hostilité du monde à l’Evangile, la Bible est le livre le plus répandu au monde, aussi le plus traduit. A ce jour, la Bible a été traduite, entièrement ou partiellement, dans environ plus de 2264 langues ou dialectes. Et il y a encore actuellement beaucoup de projets de traduction.

C’est là encore un signe que notre Seigneur a les choses bien en main. C’est qu’il veut toucher les cœurs des gens dans toutes les nations, sans discrimination. Son Royaume, l’Eglise chrétienne, est universel.

Et ceux qui, de partout, ont ainsi été touchés par sa grâce, convertis et attirés dans son Royaume, comme nous, ceux-là ne demandent qu’à l’adorer et le servir par gratitude pour avoir été si miraculeusement sauvés de la mort éternelle et intégrés dans son Royaume éternel.

Car si le premier attribut de son royaume est d’être universel, son second est d’être « éternel ». Rien ne peut mettre fin à son Royaume de grâce, rien ne peut détruire son Eglise universelle. « Les portes de l’enfer, » les pouvoirs de la mort, « ne l’emporteront pas sur elle. » (Mt 16.18)

Oh ! certes, nous, ses sujets, ici-bas nous devons mener le combat de la foi contre les insinuations de Satan, contre les assauts qu’il lance contre l’Eglise et notre foi. Cette lutte, par moments et par endroits, peut atteindre une intensité quasi insoutenable. Daniel qui la voit se dérouler sous ses yeux, reconnaît : « Moi, Daniel, j’ai été si terrifié par mes pensées que j’en ai changé de couleur ! » (Dn 7.28)

Mais Jésus règne. Et il a le dernier mot.

Cela, son Ascension nous le rappelle puissamment. Certes, nous ne le voyons plus. Nous ne le reverrons qu’à son retour triomphant et glorieux au Dernier jour.

Mais inlassablement il nous fait annoncer sa Parole de grâce, pour que nous soyons entraînés dans une vie de repentance et de foi, une vie qui inéluctablement nous mènera dans le Royaume de gloire, dans la félicité éternelle.

Il reviendra bientôt – Que sont pour lui mille ans ? – Pas plus qu’une journée ! – Bientôt celui qui est monté au ciel en triomphateur,« reviendra de la même manière » (Ac 1.11).

En fait, il n’a fait que nous précéder et nous préparer une place. Il l’a souvent rappelé aux siens.

Unis à lui, nous savons qu’ici-bas il nous fait bénéficier de sa victoire et que le jour viendra aussi où il nous fera aussi partager son éternité dans un bonheur inexprimable.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

Sermon du Dimanche 13 Mai 2012

Dimanche Rogate                    Ac 8.26 – 40

Prédication pour 2 Baptêmes d'adolescents

Chants proposés :

Seigneur, nous arrivons des quatre coins    AL 21-19

                   Comme Credo et 2ème chant :

Je crois en Dieu, le Créateur,                          AL 61-81

                   Prédication

Nos cœurs plein de reconnaissance             AL 23-10

                   Baptême

Je t’appartiens par le Baptême                       AL 23-08

                   Cène

Seigneur, tu nous partages ton corps et ton sang   

                                                                               AL 24-12

 

26    « Un ange du Seigneur s’adressa à Philippe : "Lève-toi et va en direction du sud, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, celui qui est désert."

27        Il se leva et partit. Or un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire de Candace, la reine d’Ethiopie, et administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer.

28     Il repartait, assis sur son char, et lisait le prophète Esaïe.

29     L'Esprit dit à Philippe : "Avance et approche-toi de ce char."

30     Philippe accourut et entendit l'Ethiopien lire le prophète Esaïe. Il lui dit : "Comprends-tu ce que tu lis ?"

31        L’homme répondit : "Comment le pourrais-je, si personne ne me l’explique ?" et il invita Philippe à monter et s'asseoir avec lui.

32     Le passage de l'Ecriture qu'il lisait était celui-ci :

         "Il a été conduit comme une brebis à l'abattoir

         et, pareil à un agneau muet devant celui qui le tond, il n'ouvre pas la bouche.

33        Dans son humiliation, la justice lui a refusée.

         Et sa génération, qui en parlera ?

         En effet, sa vie est supprimée de la terre."

34     L'eunuque dit à Philippe : "Je t’en prie, à propos de qui le prophète dit-il cela ? Est-ce à propos de lui-même ou de quelqu'un d'autre ?"

35     Alors Philippe prit la parole et, en partant de ce texte de l’Ecriture, il lui annonça la bonne nouvelle de Jésus.

36     Comme ils continuaient leur chemin, ils arrivèrent à un point d'eau. L'eunuque dit : "Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ?"

37     Philippe dit : "Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible." L’eunuque répondit : "Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu."

38     Il fit arrêter le char. Philippe et l’eunuque descendirent tous les deux dans l'eau et Philippe baptisa l'eunuque.

39     Quand ils furent sortis de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe et l'eunuque ne le vit plus. Il poursuivait sa route tout joyeux.

40     Philippe se retrouva dans Azoth, puis il alla jusqu’à Césarée en évangélisant toutes les villes par lesquelles il passait.

 

Chers frères et sœur en fête,

et tout particulièrement vous, Mathieu et Clément, ainsi que votre maman !

Un Baptême est toujours un événement hors du commun, véritablement extra-ordinaire car hors de l’ordinaire, une fête qui remplit le cœur de joie.

Souvent c’est la joie de parents pouvant y confier un nourrisson au Sauveur. Mais ce peut aussi être la joie de ceux qui accompagnent quelqu’un au Baptême qui n’a pas eu le bonheur d’y être amené comme nourrisson.

J’ai choisi l’histoire de l’eunuque éthiopien à l’occasion de votre Baptême, Mathieu et Clément, pour nous éclairer sur la question du

BAPTÊME D’ADULTES

1. Comment y arrive-t-on ?

2. Pourquoi le demander

alors que, par la foi en Jésus,

vous êtes déjà sauvés ?

3. Quelle est la joie qui en résulte.

X  X  X 1 X  X  X

Comment arrive-t-on au

Baptême d’adulte ?

a)  C’EST DIEU QUI Y CONDUIT !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chemins de Dieu sont souvent inattendus. Ils peuvent nous étonner par leur caractère surprenant ; ils peuvent aussi demander de notre part beaucoup de patience pour arriver au but.

« Que ses jugements sont insondables, et ses voies impénétrables ! » (Rm 11.33)

Tenez ! Comment se fait-il que le ministre des finances de la reine d’Ethiopie soit « venu à Jérusalem pour adorer » (v. 27) ? Faire 3 000 kms sur un chariot sur des routes chaotiques, ce n’était pas rien.

Fallait-il que la foi de l’eunuque d’Ethiopie soit forte pour faire ce voyage ! Il lui a fallu obtenir de sa reine la permission d’aller à l’étranger et de laisser les finances du royaume entre d’autres mains durant pratiquement 6 mois ! Rien que le voyage aller a dû prendre entre 2 et 3 mois. Et pareil pour le retour. Il avait le temps de « lire » non seulement « le » livre du « prophète Esaïe » (v. 30-33), mais même tout l’Ancien Testament plusieurs fois !

Et comment s’est-il fait que le ministre des finances de la lointaine Ethiopie ait été amené à la foi en Dieu ? Nous ne le savons pas. Il est vrai qu’il y a des Juifs africains en Ethiopie. Etait-ce déjà le cas à l’époque ? En faisait-il partie ?

Il lisait l’Ancien Testament. Directement en hébreu ou dans sa traduction grecque ? Peu importe ! L’important c’est de voir que notre Dieu ne manque pas de moyens pour amener quelqu’un à le rencontrer.

Dans notre histoire, Dieu recourt même à un miracle : il dépose le diacre Philippe sur la route de Gaza pour « annoncer la bonne nouvelle de Jésus » (v. 35) à l’eunuque ! Et cela va déboucher sur le Baptême de ce « haut fonctionnaire de la reine Candace d’Ethiopie » (v. 27).

Oui, la main de Dieu est puissante. Il sait arranger les choses, n’est-ce pas, Mathieu et Clément ? Cela devrait nous encourager à lui adresser nos demandes quand nous avons un problème.

Votre chemin à vous deux jusqu’au Baptême a aussi été long, plus long que celui de l’eunuque, car vous avez dû attendre plus de six mois, vous en avez été empêchés pendant plusieurs années.

Mais d’un autre côté, votre chemin jusqu’au Baptême a été moins long que celui de l’eunuque, car vous n’avez pas eu à attendre d’avoir atteint l’âge mûr comme lui.

Sans doute y a-t-il aussi eu des heurts sur votre chemin vers le Baptême, un peu comme sur les routes chaotiques empruntées par l’eunuque. Mais finalement, à force de persévérance, le Seigneur vous a conduits à bon port.

Mais ce n’est là qu’une réponse partielle à la question :

X  X  X 2 X  X  X

Comment arrive-t-on au

Baptême d’adulte ?

Une autre partie de la réponse, c’est

b)  DIEU Y PREPARE PAR SON EVANGILE !

Dieu merci – et c’est ici vraiment le cas de le remercier ! – Dieu merci, il s’est arrangé pour vous rencontrer avant le Baptême déjà. Comme cela a été le cas de l’eunuque.

Celui-ci « adorait » Dieu trouvé dans l’Ancien Testament, mais il n’avait pas encore compris que le Messie promis, le Messie qu’il attendait, était déjà venu en la personne de Jésus de Nazareth.

Sa Bible, l’eunuque ne la laissait pas s’empoussiérer sur une étagère. Elle l’accompagnait même dans ses voyages. Il la « lisait » et la méditait en route.« La parole » de Dieu « n’est pas retournée à lui sans effet, sans avoir exécuté sa volonté » (Es 55.11) : convertir l’eunuque. Il était enfant de Dieu avant d’avoir été baptisé, avant même de savoir que le Baptême existait, car il n’en est pas question dans l’Ancien Testament.

Vous aussi, Mathieu et Clément, « la parole de Dieu a agit en vous qui croyez »(1 Th 2.13), et ce avant que vous ayez pu être baptisés. « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » (Ga 3.26) Heureusement pour vous !

Votre maman vous a fait rencontrer votre Seigneur et Sauveur dans les histoires saintes. Comme cela a été le cas pour l’eunuque, Dieu vous a aussi amenés à la foi en Jésus par « la Bonne Nouvelle de Jésus » qui vous a été « annoncée » (v. 35) à l’école du dimanche, au catéchisme et au culte.

C’est ainsi que Dieu vous a fait comprendre qu’il vous attendait au Baptême pour vous bénir.

Dès que l’eunuque eut entendu et saisi l’Evangile du Baptême, il n’a pas voulu attendre plus longtemps pour le recevoir. « Ils arrivèrent à un point d'eau. L'eunuque dit : "Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ?"

Philippe dit : "Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible." L’eunuque répondit : "Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu."

Il fit arrêter le char. Philippe et l’eunuque descendirent tous les deux dans l'eau et Philippe baptisa l'eunuque. » (v. 36-38)

Pareillement, Dieu vous a amenés par l’Evangile à « croire que Jésus-Christ est le Fils de Dieu » venu vous sauver. Il vous a fait reconnaître en Jésus« l’Agneau » dont parle le prophète Esaïe, « l’Agneau » qui a connu« l’humiliation » et qui s’est sacrifié pour expier vos péchés. (v. 32-33 ; Es 53.7-8)

Comme les obstacles qui s’étaient mis en travers de votre chemin n’existent plus, vous êtes donc en situation de recevoir le Baptême.

X  X  X 3 X  X  X

Mais pourquoi demander le Baptême,

alors que, par la foi en Jésus,

vous êtes déjà sauvés ?

PARCE QUE LE SAINT-ESPRIT VEUT

Y AGIR POUR VOTRE BIEN

Il est évident que Philippe a insisté sur les bienfaits du Baptême, quand il a« annoncé la bonne nouvelle de Jésus » à l’eunuque. Autrement, celui-ci n’aurait pas été si pressé de recevoir le Baptême.

Vous êtes pressés de voir ou de vivre ou de manger quelque chose qui est bon. Les choses qui vous ennuient, que vous n’aimez pas, vous avez tendance à vouloir les repousser ou les éviter. Mais le Baptême ne fait pas partie des choses à éviter.

Quel drame que celui des gens qui méprisent le Baptême et qui le dénigrent parce qu’ils ne croient pas en ses bienfaits, ils ne croient pas en ce que Dieu nous y apporte par son Saint-Esprit.

L’eunuque l’a compris, et lorsqu’il n’y a plus eu d’empêchement, il a immédiatement demandé le Baptême. Il ne voulait pas être privé plus longtemps de ses bénédictions.

Alors, certes, nous aimerions connaître les mots avec lesquels Philippe a parlé du Baptême. Notre texte ne les cite pas. Mais vous connaissez d’autres textes de la Bible où Dieu en parle. Je ne vais en mentionner que quelques-uns (nous en avons déjà parlé).

Aux Galates, Paul écrit : « Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu Christ, » (Ga 3.27) : dans le Baptême votre péché a été recouvert par la sainteté de Jésus. Il vous y a offert sa sainteté ! Dieu vous agrée ainsi. C’est ainsi que Pierre, de son côté, peut écrire que « le Baptême vous sauve » (1 P 3.21).

Enfin, pour n’en citer qu’un autre, voici ce que Paul écrit à son collaborateur Tite : « Il nous a sauvés. Il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. » (Tt 3.5-7)

Vous avez raison, Mathieu et Clément, de ne pas vouloir vous priver de cette action du Saint-Esprit en votre faveur. Vous avez raison de vouloir bénéficier, comme l’eunuque, de ce « renouvellement du Saint-Esprit » « à travers le bain de la nouvelle naissance » !

Oh, ça ne se passera pas comme dans les contes de fées : vous ne serez pas transfigurés comme par un coup de baguette magique. Mais vous pourrez avoir la certitude que ce que Dieu promet, le Saint-Esprit l’accomplit effectivement en vous dans le Baptême.

Vous pourrez vous référer aux promesses que Dieu a liées à ce sacrement, vous pourrez en retirer la certitude que Dieu vous aime et que par ce bain il vous a liés à lui pour ce temps et pour l’éternité.

Avoir la certitude que Dieu est votre Allié, qu’il vous a pris dans son alliance de grâce et de vie, c’est quelque chose !

Aussi n’est-ce pas étonnant de parler de

X  X  X 4 X  X  X

LA JOIE QUI EN RESULTE

Après son Baptême, « l'eunuque poursuivit sa route tout joyeux. » (v. 39) Il avait la certitude que Dieu l’aimait. Il se savait lié à son Sauveur de façon solide et merveilleuse.

Vous aussi, sachez que vous allez entrer dans cette alliance. Une alliance divine qui fait qu’il n’y a pas de plus grande fête sur terre. Elle ne sera surpassée que par la joie inégalée qui sera la notre à notre entrée dans la félicité éternelle.

Mais dès maintenant, nous, les baptisés, nous chantons (LlS 157:1+4+6) :

« Par la puissance du Baptême,

Ô Père, Fils et Saint-Esprit,

Je suis à toi, bonheur suprême !

Tu me reçois en Jésus-Christ ;

Je suis compté parmi les tiens

Et comblé de célestes biens.

Tu es fidèle, ô de vie

A l’alliance dans cette eau.

Mais si jamais je la renie,

N’efface pas ton divin sceau !

Regarde-moi en Jésus-Christ !

Ta grâce seule me suffit.

Dieu trois fois saint, par ta puissance

Durant mon séjour ici-bas,

Garde-moi dans ton alliance

Jusqu’au moment de mon trépas,

Pour que, dans la vie et la mort,

Je trouve en toi mon réconfort. »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

Sermon du Dimanche 6 Mai 2012

 

Dimanche Cantate.     Ac 16 23-34

                                              

Chants proposés :

Célébrez Dieu hautement                                       LlS     7:1-5

Entonnons en ce jour un cantique nouveau        LlS 103:1-3+6  

A ta céleste volonté Je me soumets sans peine  LlS 229:1-3

 

 

23   « Après les avoir roués de coups, ils les ont jetés en prison en recommandant au gardien de la prison de les surveiller de près.

24   Face à une telle consigne, le gardien les a jetés dans la prison intérieure et a emprisonné leurs pieds dans des entraves.

25   Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les écoutaient.

26   Tout à coup, il y eut un tremblement de terre si violent que les fondations de la prison ont été ébranlées. Toutes les portes se sont immédiatement ouvertes et les liens de tous les prisonniers ont été détachés.

27   Lorsque le gardien de la prison s’est réveillé et a vu les portes de la prison ouvertes, il a tiré son épée, prêt à se tuer car il croyait que les prisonniers s’étaient enfuis.

28   Mais Paul a crié d’une voix forte : "Ne te fais pas de mal, car nous sommes tous ici !"

29   Alors le gardien a demandé de la lumière, est entré précipitamment et s’est jeté tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas.

30   Il les a fait sortir et a dit : "Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ?"

31   Paul et Silas ont répondu : "Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille."

32   Et ils lui ont annoncé la Parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison.

33   A cette heure-là de la nuit, le gardien les a emmenés pour laver leurs plaies. Il a immédiatement été baptisé, lui et tous les siens.

18    Après les avoir conduits chez lui, il leur a servi à manger. Il se réjouissait avec toute sa famille d’avoir cru en Dieu. »

 

Chers frères et sœurs venus au culte

pour faire monter vos chants vers notre Dieu !

Il y a des chants de joie et des chants de lamentation, des solos, des duos et des chœurs, des chants de témoignage et des chants de prière. Bref, le chant se prête à l’expression de tous nos sentiments. Il suffit de songer aux psaumes, ces chants grandioses des croyants de la Bible repris par les Eglises du monde entier dans les langues les plus diverses et des adaptations plus riches les unes que les autres !

Il n’empêche que pour le dimanche « Cantate » – impératif du verbe chanter, donc une invitation à chanter – on s’attend à un autre texte que celui de Paul et de Silas en prison. Il suffit de songer au Psaume 66, le psaume d’introït qui a donné son nom à ce dimanche et qui commence ainsi : « Poussez vers Dieu des cris de joie, vous tous, habitants de la terre ! Chantez (Cantate !) la gloire de son nom, célébrez sa gloire par vos louanges ! » (Ps 66.1-2)

C’est généralement le ton qu’on donne à ce dimanche, par exemple avec des chants comme « Entonnons en ce jour » (LlS 103 », « Entonnons de nouveaux cantiques » (LlS 140), « Entonnons un nouveau cantique » (LlS 30), « Entonnons un saint cantique » (LlS 73), « Faisons éclater par nos chants » (LlS 214),« Célébrons par nos chants » (LlS 87), « Célébrons tous par nos louanges » (LlS 121).

Or comment commence notre texte ? – Voyez plutôt : « Après les avoir roués de coups, ils les ont jetés en prison ! » (v. 23).

Que vient faire cette histoire un dimanche « Cantate » consacré au chant ? C’est que

LE CHRETIEN CHANTE EN TOUTE OCCASION

1.  En temps habituel il chante des confessions et des louanges.

2.  Quand cela va mal il chante des plaintes et la fidélité de Dieu.

3.  En présence des hauts faits de Dieu il chante sa joie avec gratitude.

X X X 1 X X X

En temps habituel

le chrétien chante

DES CONFESSIONS ET DES LOUANGES

On dit généralement de l’Eglise luthérienne qu’elle est l’Eglise de la Loi et de l’Evangile. On dit aussi qu’elle est l’Eglise qui chante. Il y a des milliers de cantiques luthériens qui ont été écrits et composés, les meilleurs d’entre eux s’étant gardés par-delà les siècles et ayant été traduits dans toutes les langues.

Luther a tout de suite compris l’importance du chant d’église. Il a donné l’exemple en composant les premiers chants protestants et a demandé à d’autres de suivre son exemple. C’est ainsi que sont nés nos cantiques.

Voici un facsimilé de son premier recueil de cantiques.

 

 

Une merveille pour l’époque. Un témoignage émouvant de la foi chrétienne.

Luther ne pouvait pas concevoir la foi sans chant ni musique. Il a chanté sa vie durant. Il a accompagné le chant sur instrument de musique. Il a même composé des chants à une et à deux voix.

Ce que Luther avait dit – « Dieu annonce l’Evangile aussi par la musique » – s’est révélé exact : les chorals luthériens ont été, avec la traduction de la Bible dans la langue du peuple, ce qui a permis à la réformation luthérienne de s’étendre rapidement.

Mais le chant d’Eglise luthérien n’est pas superficiel, il prêche l’Evangile dans tous ses détails et il formule sous forme de prières toutes les émotions du croyant.

Les deux volets du message biblique sont la Loi et l’Evangile : d’un côté, comment nous devons être et ce que nous devons faire, de l’autre ce que Dieu a fait pour nous par Jésus et continue de faire.

Pareillement, ce que nous exprimons dans nos chants, c’est à la fois la plainte sur nos péchés, la confession de nos péchés et de ce que nous méritons, et la joie de nous savoir acceptés, graciés, sauvés par Jésus-Christ.

Ce sont les deux mouvements du chant chrétien, un peu comme l’inspiration et l’expiration : la confession des péchés et la joie de l’absolution.

Cela peut se conjuguer sous toutes les formes, se chanter de différentes manières, dans des styles différents aussi, mais tout chrétien chante à la fois la tristesse et l’aveu de son péché et la joie et la reconnaissance en raison du salut procuré par Jésus-Christ.

X X X 2 X X X

Quand cela va mal

Le chrétien chante

DES PLAINTES ET LA FIDELITE DE DIEU

Oui, mais avons-nous toujours envie de chanter ? Quand nous nous débattons dans une difficulté, quand nous souffrons d’une injustice, avons-nous le cœur à chanter ?

C’est là que Paul et Silas nous impressionnent. On les a jetés injustement en prison, on les maltraite, … et que font-ils ? « Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu. » (v. 25) Quelle foi inébranlable que celle de ces deux hommes !

Nous n’avons pas la prétention d’avoir une foi aussi forte. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas l’impossible. Dans le malheur, les croyants de l’Ancien Testament ont aussi chanté des psaumes de pleurs et de plaintes, de cris au secours, comme au Psaume 143 : « Eternel, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications, réponds-moi dans ta fidélité, dans ta justice ! […] Réponds-moi vite, car mon esprit s’épuise.[…] Délivre-moi ! » (Ps 143.1+7+9)

Paul et Silas, comme les croyants d’origine juive de leur temps, connaissaient la plupart des psaumes par cœur. Certainement que, dans leurs prières chantées dans la prison de la ville macédonienne de Philippes, ils ont aussi chanté des psaumes de complainte et d’appel à l’aide.

Mais ils ne l’ont pas fait sans foi ni confiance. Ils ont appelé à l’aide tout en « chantant les louanges de Dieu ». Plus tard, Paul écrira aux chrétiens de cette même ville : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, accompagnées de prières de reconnaissance ! » (Ph 4.6)

Oui, même dans des situations difficiles et pénibles, n’oublions pas de« chanter les louanges de Dieu » ! Dieu est fidèle ! Jésus nous a réconciliés avec lui. Nous pouvons compter sur lui. Nous pouvons lui dire notre confiance et le chanter dans nos cantiques avant même qu’il ne nous soit venu en aide, tellement nous sommes sûrs qu’il s’occupe de nous avec bonté.

Chantons-lui, disons-lui notre certitude qu’il nous est fidèle. Jésus a fait le nécessaire pour que nous puissions être sûrs de la fidélité et de la bonté de Dieu envers nous. Cette certitude nous remplit de joie y compris dans le malheur.

La certitude que Dieu nous est fidèle remplit notre cœur de chant, même si nous ne devions pas l’exprimer par nos cordes vocales. Tout le monde n’est pas chanteur, mais le cœur de tout croyant est rempli de chant et de louange quand il pense à tout ce que Dieu est pour lui, à tout ce que Dieu fait pour lui, tout particulièrement dans les moments difficiles.

Mais n’oublions pas non plus de chanter des cantiques de joie et de gratitude quand Dieu nous fait vivre des moments réjouissants et gratifiants.

Nous avons trop tendance, un peu comme 9 des 10 lépreux, de connaître l’adresse de Dieu quand nous avons besoin de son aide, mais de l’oublier une fois qu’il nous a délivré d’une épreuve.

X X X 4 X X X

En présence de hauts faits de Dieu

le chrétien chante

SA JOIE AVEC GRATITUDE

Le Seigneur est bel et bien intervenu en faveur de Paul et de Silas. Notre histoire nous montre d’ailleurs que Dieu a toujours quelque chose en vue quand il agit, même quand il impose une épreuve à ses enfants. Ce n’est pas toujours facile à découvrir. Parfois en ne s’en rend compte que bien plus tard.

Dans la ville de Philippes il voulait amener le chef de la prison et les siens dans l’Eglise, dans la communion des graciés et des sauvés. La façon extraordinaire dont Dieu est intervenu a fortement bouleversé cet homme ! Imaginez : les fers qui retenaient les prisonniers « ont été détachés » ! Encore, que les portes s’ouvrent lors d’un tremblement de terre, ça se comprend, mais que « les liens de tous les prisonniers aient été détachés » (26), et sans qu’aucun ne soit blessé, c’est tout bonnement un miracle.

Mais ce qui désarçonne encore plus le chef de la prison, c’est le comportement inhabituel, digne et honnête de Paul et de Silas. D’ailleurs, leurs chants devaient aussi avoir fortement impressionné les autres prisonniers, car aucun d’eux ne s’est enfui.

Cela me rappelle une anecdote. Du temps du rideau de fer, je me faisais un devoir d’aller aussi souvent que possible rendre visite, parfois avec ma femme ou mes enfants, à nos frères et sœurs d’Allemagne de l’Est. En face de notre Eglise à Chemnitz – qui s’appelait à l’époque Karl-Marx-Stadt – se trouvait la prison ou l’on enfermait les prisonniers politiques.

Un jour, le pasteur a reçu une lettre de remerciements d’un tel prisonnier : incarcéré, il pouvait entendre les cantiques joués régulièrement par l’ensemble de cuivres paroissial ; cela le soutenait dans son malheur, surtout aux environs de Noël. Les paroles de ces chants lui revenaient, ce qui l’aidait à tenir dans sa terrible épreuve.

Mais revenons au chef de la prison d Philippes. Lui aussi avait sans doute entendu les chants de louange de Paul et de Silas. Leur attitude complètement inattendue, alors qu’ils auraient pu se sauver, l’amène à vouloir en savoir plus. Comment peut-on faire partie de ces sauvés qui n’ont peur de rien, qui arrivent même à chanter en prison ?

« Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (v. 30) La réponse le prend au dépourvu : « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » (v. 31) Aie tout simplement confiance en Jésus : il s’occupe de tout. « Et ils lui ont annoncé la Parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. » (v. 32)

Là aussi, on peut dire, comme dans le cas de Zachée : « Le salut est entré dans cette maison. » (Lc 19.9) « A cette heure-là de la nuit, le gardien les a emmenés pour laver leurs plaies. Il a immédiatement été baptisé, lui et tous les siens. » (v. 33)

Curieusement, il n’est pas dit qu’ils ont chanté dans ce moment de joie. Simplement, que le chef de la prison « se réjouissait avec toute sa famille d’avoir cru en Dieu. » (v. 34)

Mais si Paul et Silas ont chanté les louanges de Dieu alors que tout allait mal, ils ont certainement chanté ses louanges non pas seulement, ni tellement, de les avoir libérés de la prison, mais d’avoir libéré le chef de la prison et les siens des liens de la damnation et de la mort éternelle.

Il fallait souligner qu’un chrétien peut chanter dans le malheur ; il est pratiquement superflu de rappeler qu’il le fait dans le bonheur.

Si vous ouvrez votre recueil de cantiques, vous trouverez ce que des auteurs et compositeurs ont chanté dans des moments de joie, mais aussi dans des moments d’épreuves.

Vous trouverez des cantiques qu’ils ont chantés pour demander pardon, et d’autres pour chanter leur joie d’être pardonnés et sauvés.

Vous trouverez des prières chantées pour demander l’intervention de Dieu par la Parole, par le Baptême ou la Cène, vous en trouverez aussi pour le remercier de ce qu’il fait de grandiose en nous par ces moyens de grâce.

Tenez, une autre anecdote pour finir : Albert, Duc de Prusse était inconsolable à la mort de sa jeune épouse Dorothée. Il reprit pied en composant le chant « Was mein Gott will, das g’scheh allzeit » (1529), rendu ainsi en français :

« A ta céleste volonté

Je me soumets sans peine,

J’adore avec humilité

Ta bonté souveraine.

Que ta grâce accorde à ma foi

Sa divine assistance !

Ô mon Dieu, j’ai fondé sur toi

Ma plus douce espérance. » (LlS 229:1)»

En raison de sa profondeur évangélique et de sa grande charge d’espoir et de consolation, ce chant se chante depuis dans le monde entier sur une mélodie – tenez-vous bien – d’une danse de Claudin de Sermizy, musicien de la Cour de François 1er !

Des compositeurs luthériens comme Heinrich Schütz, Michael Praetorius, Jean Sébastien Bach, mais aussi, plus près de nous, Max Reger, pour n’en citer que quelques-uns, en ont composé des harmonisations pour chant et instruments, tant son contenu est profond.

Oui, le chant et la musique font partie intégrante de la foi chrétienne. Depuis le livre de la Genèse, en passant par les psalmistes – David entre autre – mais aussi Marie, Zacharie ou Siméon, les apôtres et les Réformateurs, depuis toujours, les croyants ont formulé leurs états d’âme avec les paroles de psaumes et de cantiques.

Il est donc normal qu’un dimanche de l’année soit consacré au chant sacré et à son rôle dans la foi personnelle et la vie de l’Eglise.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 29 Avril 2012

 

Dimanche Jubilate.     1 Co 4.16-18

                                              

Chants proposés :

A toi la gloire, ô Ressuscité ! A toi la victoire       LlS 100:1-3

(chaque fois une strophe après l’AT, l’Ep et l’Evangile)

Christ est ressuscité ! c’est le cri de victoire       LlS 102:1+4+5

Seigneur, dirige tous mes pas vers le ciel,           LlS 305:1-3

Entonnons en ce jour un cantique novueau        LlS 103:1-6

Venez, enfants de Dieu, venez, peuple fidèle,    LlS 170:1-6

 

 

16   « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour.

17   En effet, nos légères difficultés du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire.

18    Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. »

 

Chers frères et sœurs renouvelés de jour en jour

pour une destinée éternelle !

« Voilà pourquoi ! » (v. 16) C’est ainsi que commence notre texte. Ces petits mots de transition passent souvent inaperçus. On remarque et souligne plutôt les affirmations centrales, fondamentales, et on a raison. C’est le morceau de rôti qui est important. Mais que serait-il sans les quelques grains de sel ou de poivre ?

Pareillement, n’oubliez pas, en lisant la Bible, de vous arrêter sur de petits mots, de petites expressions comme : « voilà pourquoi ! » (v. 16) « en effet » (v. 17), « ainsi » (v. 18) « car » (v. 18), « donc » (Rm 5.11), « puisque » (Rm 6.1). L’apôtre Paul les utilise à foison.

C’est que, dans l’Evangile, tout se tient. La Parole de Dieu n’est pas un amas de pièces éparses sans lien entre elles, c’est une Bonne Nouvelle structurée où tout s’emboîte, où chaque chose a sa place, où il ne faut pas négliger les contextes, les causes, les raisons, les mobiles et les buts.

En faisant commencer notre texte par « voilà pourquoi », le Saint-Esprit nous place dans le contexte. Lequel ? Nous le verrons plus loin.

Il est vrai que quand on perd ses repères, quand on ne voit pas le pourquoi des choses, on peut être déboussolé, on a du mal à trouver du sens à ce qui se passe.

Cela peut concerner notre vie personnelle, notre vie familiale ou professionnelle, l’avenir de la paroisse ou de l’Eglise en général dans ce monde, voire l’avenir de notre pays et la situation mondiale en cette période que tout le monde qualifie de crise.

Dans ce contexte, notre texte de l’apôtre Paul vient à propos. Mais quelle parole d’Evangile ne vient pas à propos dans notre vie ?

Il nous fait comprendre :

AUCUNE RAISON DE PERDRE COURAGE !

                     Il est vrai :

1.  Tout, ici-bas, est éphémère ;

                     mais

2.  Jésus est ressuscité !

3.  c’est une destinée glorieuse et éternelle que la nôtre !

4.  notre être intérieur se renouvelle dans ce but.

X X X 1 X X X

Aucune raison de perdre courage :

même si

ICI-BAS TOUT EST EPHEMERE !

Quand nous regardons autour de nous, nous ne trouvons rien d’éternel. La maison la plus neuve demande rapidement des travaux non seulement d’entretien, mais aussi des réparations.

La voiture la plus neuve devra un jour être réparée, des parties remplacées, avant qu’elle ne soit remplacée en entier par une autre voiture qui, elle aussi, ne restera neuve qu’un temps.

Quand on vous vend de l’électroménager ou n’importe quel appareil, on vous propose de prendre une garantie car le jour viendra où il faudra faire faire de réparation.

Si l’on parle de « la force de l’âge », c’est qu’elle est suivie par des années où cette force décline et où des problèmes de santé se multiplient, signes avant-coureurs de notre mort. Paul dit ici : « Notre être extérieur se détruit » (v. 16).

Même les nations, y compris les grandes puissances d’aujourd’hui, sont éphémères. Où est l’éclatante Egypte de l’Antiquité ? Où ont passé les empires des Assyriens, des Babyloniens, des Hittites, d’Alexandre le Grand, ou de Rome ? Ils ont été éphémères comme l’a été l’ancien régime ou l’empire napoléonien. Et ne nous berçons surtout pas d’illusion : un jour les gens auront besoin d’une carte pour découvrir où se trouvait la République Française à un moment donné de l’Histoire.

Il n’y a pas que les hommes politiques qui passent : avec les siècles, les pays et les frontières, même les langues laissent place à d’autres.

« Les réalités visibles » – toutes « les réalités visibles »  « sont passagères » (v. 18). Tout ce qui nous entoure – nous y compris – ne fait que passer. Un autre apôtre – Pierre – le dit ainsi : « étrangers et passagers sur la terre » (1 P 2.11).

Ce caractère éphémère de toute chose, nous le savons, vient de notre mortalité, conséquence de notre état pécheur. Et tout notre environnement a été « maudit » (Gn 3.17) à cause de nous et est atteint par ce même mal : le caractère passager, le caractère mortel.

Nous pourrions avoir deux sortes de réactions malencontreuses : mépriser « les choses visibles », ou déprimer, « perdre courage » (v. 16).

Tout ce que Dieu nous dit dans la Bible, nous rappelle que Dieu ne veut pas que nous nous désintéressions de ce monde qui passe. Il prône l’engagement responsable dans le pays, comme citoyen, comme travailleur, comme parent, comme paroissien, comme gérants et administrateurs de ce monde bien qu’éphémère.

Il ne nous dit pas : Ne vous occupez pas de votre santé ; de toute façon vous allez mourir quoi que vous fassiez. Au contraire, il veut même que nous le priions de nous faire guérir.

Mais ici, il ne parle pas de cela, mais de quelque chose qui est plus important. Quand il écrit : « Nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles » (v. 18), il veut nous insuffler du courage devant « les difficultés » (v. 17) que nous rencontrons, dans les combats de la vie. Il ne dit pas : « Baissez les bras ; de toute façon ce que vous faites n’est que pour un temps ! »

Non il dit : « Dans vos "difficultés", tenez bon, ne désertez pas vos responsabilités, ne perdez pas l’intérêt pour le cadre de vie dans lequel Dieu vous a placés, mais, pour tenir, pour vous engager, n’oubliez pas que vous êtes en route vers autre chose. Cela devrait vous aider. »

Et pour que nous ne perdions pas courage dans l’accomplissement de nos tâches parmi « les choses visibles » ici-bas, il nous dit :

X X X 2 X X X

Aucune raison de perdre courage !

N’oubliez pas :

JESUS EST RESSUSCITE !

Il est vrai, dans notre texte Paul ne parle pas de la résurrection de Jésus. Pourtant elle y est présente. Elle y est présente à travers ce fameux « voilà pourquoi ! » dont j’ai parlé en introduction.

Avant notre texte, Paul a écrit : « Nous savons, en effet, que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi par Jésus et nous fera paraître […] en sa présence. » (2 Co 4.14)

« Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. » N’oubliez pas : nous nous trouvons dans le temps de Pâques. C’est la foi et la joie de Pâques qui traversent notre texte. C’est pour cela qu’il a été choisi comme un des textes de ce dimanche « Jubilate », « Réjouissez-vous ! »

Jésus est ressuscité – et il nous fera ressusciter ! Nous partageons son devenir, nous sommes participants de sa victoire sur tout ce qui est éphémère. Par lui et grâce à lui nous avons été arrachés au caractère éphémère et passager des choses.

Par lui et grâce à lui, le caractère « passager » des « réalités visibles »(v. 18) ne nous déprime plus : quand je vois que ma santé se détériore, je sais que ce n’est que « passager », mais que le Christ ressuscité m’a libéré pour m’arracher à cette tendance « destructrice » (v. 14) et pour me faire connaître une existence éternelle.

X X X 3 X X X

Aucune raison de perdre courage !

N’oubliez pas : C’est

UNE DESTINATION GLORIEUSE ET ÉTERNELLE

QUE LA NÔTRE !

« Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. » (v. 18)

Encore une fois, il ne faut pas mal comprendre l’apôtre. Il ne veut pas que nous nous détournions des affaires de ce monde, de « ce qui est visible ».

Rappelez-vous comment il a « remonté les bretelles » aux Thessaloniciens (excusez cet anachronisme : à l’époque les bretelles n’existaient pas), rappelez-vous donc comment il les a vertement secoués parce qu’ils ne faisaient plus rien, mais se cantonnaient à attendre de façon oisive et désintéressée le retour du Seigneur pour le Jugement dernier. Dans deux lettres successives Paul les a exhortés à s’investir dans la vie active, à s’engager dans la vie de la cité.

Mais nous avons quelque chose de plus, quelque chose de plus grand, qui nous porte, qui nous anime, qui nous transcende, ce sont « les réalités invisibles » qui « sont éternelles », qui ne passent pas comme tout ce dont nous nous occupons ici-bas.

Le caractère éphémère des choses dont nous nous occupons ici-bas peut nous décourager : à peine a-t-on fait le ménage qu’il faut recommencer ; à peine croit-on avoir réparé la voiture qu’elle lâche ailleurs ; à peine a-t-on fait une réfection à la maison, qu’il faut appeler le plombier pour autre chose. A peine est-on guéri d’une maladie – ou a-t-on au moins trouvé un traitement permettant de vivre avec – qu’un autre organe se met à flancher.

Mais ce ne sont là que de « légères difficultés du moment présent »comparées au « poids éternel de gloire » que nous devons à notre divin Ressuscité (v. 17). Comparée à « la gloire à venir » «  les souffrances du moment présent » pèsent peu (Rm 8.18).

De savoir cela, nous rend forts et confiants, confiants dans le divin Ressuscité, son règne et son accompagnement. Et cela rend « les difficultés du moment présent » plus « légères », même quand elles nous obligent à serrer les dents et nous font mal. Elles pèsent moins comparées au « poids éternel de gloire » que la résurrection de Jésus nous garantit.

C’est pour cela que, dans la difficulté, « nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. »

Ce sont elles qui nous donnent la force de gérer nos affaires ici-bas quand celles-ci nous pèsent. « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage », « voilà pourquoi » nous pouvons vivre dans la foi, la joie et l’espérance « même si notre être extérieur se détruit ».

X X X 4 X X X

Aucune raison de perdre courage !

N’oubliez pas : C’est

NOTRE ETRE INTERIEUR SE RENOUVELLE

DANS CE BUT !

Paul écrit : « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour. »

Chers amis, nous savons que ce « renouvellement » n’a rien à voir avec une génération spontanée. « Le renouvellement intérieur », nous le devons à l’action « du Saint-Esprit » (Tt 3.5-7).

Comme Jésus l’avait promis, une fois ressuscité et monté au ciel il nous a « envoyé de la part du Père l’Esprit de vérité » pour que celui-ci« rende témoignage de lui » (Jn 15.20).

C’est au contact de « la Parole vivante et permanente de Dieu », au contact de la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité pour nous, que« nous avons été régénérés » par le Saint-Esprit (1 P 1.23) et que nous sommes « renouvelés de jour en jour ».

C’est pour que ce renouvellement ne s’arrête pas en si bon chemin que nous nous plaçons toujours à nouveau sous l’influence du Saint-Esprit, que nous lisons, écoutons et méditons l’Evangile, seuls, en famille ou en groupe biblique, que nous participons aux cultes, que nous répondons à l’invitation à la Cène.

Là, le Saint-Esprit nous « renouvelle de jour en jour » dans une vie de repentance et de foi ; là il entretient et développe notre certitude du salut, notre foi en la bonté et la fidélité de Dieu ; là il nous remplit de joie dans l’espérance de la « gloire éternelle » où Jésus nous attend ; là il nous remplit de force pour affronter « les choses visibles » en attendant « les invisibles » dans la gloire céleste.

C’est ainsi – et ainsi seulement : au contact de l’Evangile – que « nos légères difficultés du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. »

« Voilà » ce que nous devons à notre Seigneur mort et ressuscité pour nous. « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. »

Le Seigneur ressuscité en soit loué ! Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 8 Avril 2012

.PÂQUES. Lc 24.13-35

Chants proposés :

Entrée :

Au matin, dans la clarté, Jésus est ressuscité AeC 476

Après AT, après Ep. et après Ev. :

Jésus-Christ est Seigneur. Il est sorti du tombeau AeC 183

Après Credo :

Le Sauveur est ressuscité, Alléluia, Alléluia ! AeC 480

Après Prière Générale :

Le Sauveur est ressuscité AeC 473

Durant distribution de la Cène :

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586

13 « Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, éloigné de Jérusalem d’une douzaine de kilomètres.

14 Ils discutaient ensemble de tout ce qui s’était passé.

15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux,

16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

17 Il leur dit : "De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l’air si triste ?"

18 L’un d’eux, un dénommé Cléopas, lui répondit : "Es-tu le seul en séjour à Jérusalem qui ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ?"

19 "Quoi ?" leur dit-il. Ils lui répondirent : "Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

20 et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l’ont fait arrêter pour qu’il soit condamné à mort et l’ont crucifié.

21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour que ces événements se sont produits

22 Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Elles se sont rendues de grand matin au tombeau

23 et n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant.

24 Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avait dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu."

25 Alors Jésus leur dit : "Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffre ces choses et qu’il entre dans sa gloire ?"

27 Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

28 Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.

29 mais ils le retinrent avec insistance en disant : "Reste avec nous car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin." Alors il entra pour rester avec eux.

30 Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna.

31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.

32 Ils se dirent l’un à l’autre : "Notre cœur ne brûlait-il pas en nous lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ?"

33 Ils se levèrent à ce moment-même et retournèrent à Jérusalem, où ils trouvèrent les onze et les autres qui étaient rassemblés

34 et qui leur dirent : "Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon."

35 Alors les deux disciples racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompait le pain.

Chers frères et sœurs du divin Ressuscité !

« Le Seigneur est ressuscité ! Il est réellement ressuscité ! » (Lc 24.6+34) C’est ainsi qu’a retenti l’introït de tout à l’heure. C’est là la nouvelle de Pâques qui nous réunit ce matin dans l’adoration et la louange.

Les deux disciples d’Emmaüs, une fois qu’ils eurent vraiment « pigé » ce qui s’était passé, n’ont eu de cesse de partager cette nouvelle renversante avec les autres disciples à Jérusalem. Ils ont donc immédiatement refait la « douzaine de kilomètres » dans l’autre sens.

Nous aussi, ce matin, nous nous sommes déplacés – certains même plus de douze kilomètres – pour nous réconforter et nous réjouir mutuellement avec la nouvelle de Pâques et pour nous joindre à ce cri de joie : « Le Seigneur est ressuscité ! Il est réellement ressuscité ! »

Christ vivant, pourquoi m’affliger ? /

Plus que lui il m’a aimé. / Alléluia ! Alléluia ! /

Et si le monde entier m’est pris, /

Jésus près de moi suffit. / Alléluia ! Alléluia !

« Jésus », le vainqueur de la mort et de l’enfer « près de moi suffit » … Est-ce vraiment toujours le cas ? Ne ressemblons-nous pas parfois aux disciples d’Emmaüs au début du récit ?

Nous permettons à des événements de nous ébranler, nous nous laissons entraîner par les impulsions de notre nature pécheresse à être de mauvaise humeur, voir à être découragés.

Cela viendrait-il alors par hasard, comme chez les disciples d’Emmaüs, du fait que nous aurions oublié que notre Seigneur ressuscité se tient près de nous ?

Serait-ce dû au fait que nous ne puisons pas dans le puissant miracle de Pâques toute la plénitude de consolation, de force, de sérénité et de joie qu’il contient ?

Dans sa joie de Pâques, le poète s’écrit : « Jésus près de moi me suffit. » Quand notre foi connaît une baisse de régime, nous aimerions remarquer un peu davantage que le Ressuscité se tient près de nous.

Dans ces moments, nous oublions, comme les disciples d’Emmaüs, que Jésus est en train de s’occuper de nous. Comme il l’a voulu pour eux, Jésus veut aussi nous rendre heureux et sûrs par le message de Pâques.

Il est vrai qu’il s’y prend de façon curieuse. Voyons donc

LA SINGULIERE ATTITUDE DE JESUS

AVEC LES SIENS

1. Il veut se révéler à eux

– mais se cache !

2. Il veut les consoler

– mais les réprimande !

3. Il veut rester avec eux

– mais les quitte !

X X X 1 X X X

La singulière attitude de Jésus

avec les siens :

IL VEUT SE REVELER A EUX

– MAIS SE CACHE !

L’étonnant, c’est que les disciples d’Emmaüs le voient mais ne le reconnaissent pas. « Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. »(v. 16) Pourquoi ? Nous ne le savons pas ; cela reste un mystère. Quand il est apparu aux autres disciples « le soir de ce même dimanche », ils l’ont reconnu : son corps transfiguré portait les marques des clous dans ses mains et ses pieds et de la lance dans son côté. (Lc 24.36-49)

En ressuscitant, il n’avait pas échangé son corps avec un autre. C’était le même corps, mais avec d’autres caractéristiques. Son corps ressuscité n’était plus soumis aux lois de la nature : il pouvait apparaître et disparaître, en pleine rue comme dans un local fermé.

Avec sa mort en croix il avait « accompli » (Jn 19.30) tout ce que la Loi de Dieu exigeait pour notre salut. Maintenant il n’a plus besoin de vivre dans l’abaissement dans les mêmes circonstances que nous : les lois de la nature n’ont plus d’emprise sur lui, la mort non plus. Le corps qui avait pendu à la croix, qui avait reposé dans la tombe, ce corps est ressuscité !

C’est avec ce corps ressuscité que « Jésus s’approcha » des disciples sur la route d’Emmaüs « et fit route avec eux. » (v. 15) Mais ce n’est qu’une fois gagnés à la foi de Pâques que « leurs yeux s’ouvrirent et[qu’]ils le reconnurent. » (v. 31)

L’Evangile de l’Ancien Testament devait d’abord les convertir à la foi pascale. Pour eux aussi « la foi » devait « venir de la Parole de Dieu »(Rm 10.17) et non d’apparitions surnaturelles ou d’arguments rationnels.

Aussi, « en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, » Jésus « leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. » (v. 27) Ils devaient connaître la joie et l’espérance de la foi même sans voir quoi que ce soit du Ressuscité.

Et c’est ainsi que le divin Ressuscité agit encore aujourd’hui. Quand quelque chose nous affecte particulièrement, il ne nous laisse parfois rien remarquer de sa présence. Dans notre cas aussi il ne veut pas que notre foi se fonde sur des choses vécues mais sur sa Parole et ses promesses, même si nous n’en voyons pas les effets.

Ainsi, dans ce culte, le divin Ressuscité se manifeste puissamment à nous à travers le message de Pâques et la Cène, sans que nous le voyions de nos yeux.

Jésus veut se révéler à nous. Mais comme dans le cas des disciples d’Emmaüs, il veut d’abord le faire à travers l’Evangile de grâce. Le jour viendra où il nous laissera voir ce que nous avons cru : partiellement, cela peut déjà être le cas dans notre vécu ici-bas, quand nous voyons des prières exaucées, mais ce sera surtout le cas dans la félicité éternelle.

Pour l’instant, c’est surtout son message de Pâques qu’il utilise pour se révéler à nous et nous remplir de joie, de paix et d’espérance, même si, concrètement, il nous prive encore de sa présence visible.

X X X 2 X X X

La singulière attitude de Jésus

avec les siens :

IL VEUT LES CONSOLER

– MAIS LES REPRIMANDE !

Notre Seigneur ressuscité a rejoint ces deux disciples parce qu’il les voit désemparés et tristes et qu’il veut leur venir en aide. « Il leur dit : "De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l’air si triste ?" » (v. 17) Il montre son intérêt pour eux. Il veut les amener à vider leur sac. Et ils lui disent effectivement ce qui les bouleverse et les attriste.

Ils avaient placé leur espérance en « Jésus de Nazareth qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple » (v. 19). Mais on l’a exécuté il y a trois jours et, ce matin, son corps a disparu. Si seulement on était sûr que les femmes n’ont pas rêvé quand elles disent que des anges leur ont déclaré que Jésus était ressuscité.

C’est ainsi qu’ils épanchent leur cœur devant cet étranger qui montre tant d’intérêt.

Aujourd’hui aussi le divin Ressuscité veut enlever de nos épaules ce qui nous pèse, ce qui veut empêcher son message libérateur de Pâques de nous apporter consolation, paix et joie.

Ecoutez : « Il est réellement ressuscité ! » Dieu a accepté son expiation de nos fautes. Il nous a réellement délivrés des menaces extrêmes qui pesaient sur nous : la damnation éternelle. « Il est réellement ressuscité, » celui qui a dit : « Je vivrai et vous vivrez aussi ! » (Jn 14.19) Vous vivrez déjà ici-bas à mon contact de Ressuscité !

Mais par quoi commence-t-il pour les consoler ? – Il commence par les gronder : « "Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !" (v. 25) Votre tristesse vient de ce que vous ne voyez pas le sens clair des Ecritures. Vous vous êtes fabriqué un faux Messie à l’image des hommes, vous vous êtes fait de fausses espérances. Ainsi vous n’avez pas vu ce que l’Ecriture disait réellement. Vous attendiez de lui une aide humaine ; cela vous a empêché de voir son secours divin. Vous le devez à vous-mêmes, à votre aveuglement, à vos désirs humains, d’être si tristes et insatisfaits, et de ne pas voir les choses étonnantes et merveilleuses que le Messie vous procure par ses souffrances, sa mort et sa résurrection ! »

Aujourd’hui, le divin Ressuscité n’agit toujours pas autrement. Il y en a qui pensent que le Sauveur bien-aimé ne critique et ne condamne plus rien, que les prédicateurs doivent se cantonner à annoncer l’Evangile et à taire la Loi.

Ici Jésus nous apprend le contraire. Si la consolation et la paix de Pâques doivent réellement éclairer notre cœur, il faut savoir pourquoi sa mort et sa résurrection ont été nécessaires. Tant qu’on ne comprend pas bien les raisons de la résurrection de Jésus on reste prisonnier de la tristesse et le message de Pâques n’arrive pas réellement à nous réjouir.

Il faut qu’on mette le miracle de Pâques en relation avec notre péché. Il faut découvrir les dégâts pour avoir envie de la solution. D’abord il faut nommer le mal par son nom pour pouvoir saisir toute l’ampleur du message de Pâques :

Jésus a surmonté ton mal ; tu n’as plus besoin de subir les conséquences de ton péché ; Dieu est apaisé envers toi ; le Vainqueur du péché, de Satan et de la mort te prend sous son aile. Tu vis dans la communion du divin Ressuscité ! Et il va marcher à tes côtés comme il l’a fait avec ces deux disciples sur le chemin du village d’Emmaüs.

X X X 3 X X X

La singulière attitude de Jésus

avec les siens :

IL VEUT RESTER AVEC EUX

– MAIS LES QUITTE !

« Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, » ils l’invitèrent : «"Reste avec nous car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin." Alors il entra pour rester avec eux. » Mais quand ils finirent par le reconnaître, « il disparut de devant eux. » (v. 28-31)

Le temps était passé où ils pouvaient l’avoir de façon visible en leur milieu. Le temps de son abaissement a fait place à celui de son élévation, de sa glorification. Et pourtant, par de nombreuses apparitions avant l’Ascension, il leur a montré qu’il était quand même parmi eux, même s’ils ne le voyaient pas.

Il est aussi avec nous, le Vainqueur de Pâques. Nous sentons sa proximité dans la prédication, dans sa Parole, comme les disciples d’Emmaüs constatèrent : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ? » (v. 32) Sa Parole de grâce et de pardon, de salut et de paix nous place dans sa proximité, nous fait sentir son amour et son intérêt pour nous.

« Ils le reconnurent » « pendant qu’il était à table avec eux, [qu’]il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, [qu’]il le rompit et le leur donna. » Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. » (v. 30-31)

Nous faisons l’expérience de sa proximité toute particulière quand, dans la Cène, il nous donne son vrai corps et son vrai sang sous les espèces du pain et du vin, pour nous pardonner nos péchés et pour nous assurer des liens solides qui nous lient à lui, le Vainqueur de Pâques.

Il priva les disciples d’Emmaüs de sa présence visible. Ils furent quand même dans la joie, car ils savaient qu’il se préoccupait d’eux, même s’ils ne le voyaient pas. Il veut nous assurer de la même chose quand il nous dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux », ou : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 18.20 + 28.20)

Pourquoi le Vainqueur de Pâques n’est-il présent parmi nous que de façon invisible ? – Parce que nous ne devons pas placer notre foi sur des sentiments liés à des expériences surnaturelles – réalités bien fluctuantes et tout sauf sûres – mais sur les promesses et les assurances du Ressuscité dans sa Parole et ses sacrements.

C’est là, dans ses promesses et ses assurances qu’il veut nous être proche. Et c’est en nous fondant sur elles que nous pourrons progresser sur notre chemin de l’Emmaüs terrestre à la Jérusalem céleste.

Là-bas nous ne rencontrerons pas que « les onze et les [quelques]autres qui étaient rassemblés » à Jérusalem, mais tous les rachetés, tous ceux qui ont trouvé dans la mort et la résurrection du Seigneur la certitude de leur salut, tous ceux qui, de leur vivant, ont rendu un culte au divin Ressuscité par une vie de repentance et de foi de tous les jours.

« Ô jour de joie, de vrai bonheur !

Ô Pâques sainte du Seigneur,

Par toi nous sommes tous vainqueurs.

Alléluia ! » (AeC 491:6)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Prédication du Vendredi Saint - 6 Avril 2012 -

.Vendredi saint. Mc 15.33-39

Chants proposés :

Pour quel péché, Jésus ! pour quelle offense, LlS 80

Prosterné, je te révère (une str. après chaque lecture) LlS 81

Rédempteur adorable, Sur la croix attaché LlS 95

Célébrons par nos chants le Rédempteur du monde LlS 87

33 « A midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à trois heures de l’après-midi.

34 Et à trois heures de l’après-midi, Jésus s’écria d’une voix forte : "Eloï, Eloï, lama sabachthani ?" – ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?"

35 Quelques-uns de ceux qui étaient là, après l’avoir entendu, disaient : "Voici qu’il appelle Elie."

36 Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre ; il la fixa à un roseau et lui donna à boire en disant : "Laissez donc, voyons si Elie viendra le descendre de là."

37 Cependant, Jésus poussa un grand cri et expira.

38 Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas

39 Quand l’officier romain qui se tenait en face de Jésus entendit son cri et le vit expirer de cette manière, il dit : "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu !" »

Chère … voyons, … dois-je dire : assemblée en deuil ?

Voyez-vous, nous commémorons aujourd’hui un événement éminemment tragique, un fait historique qui ne nous grandit pas, c’est le moins qu’on puisse dire : nous avons poussé Jésus-Christ en croix !

Le Fils éternel de Dieu, celui « qui a toute l’approbation » du Père (Mt 3.17), n’a pas eu d’autre choix, dans son amour pour nous, que de se sacrifier pour nous. C’était la seule issue pour que nous échappions à la colère de Dieu.

C’est là une indication quant à la gravité de notre état pécheur, quant à l’énormité de notre culpabilité. Et cela nous rend profondément honteux et tristes. Nous ne sommes vraiment pas réunis aujourd’hui pour rigoler. Il plane sur le culte que nous célébrons en ce moment un pesant sentiment de culpabilité, de tristesse, de deuil.

Mais pas seulement, car d’un autre côté, comme nous le verrons encore, ce jour a été « accompli » (Jn 19.30) – et « accompli » de façon magistrale – ce dont nous avions le plus besoin, ce qui libère notre existence de sa chape de plomb, ce qui transforme notre vie et l’éclaire dès ici-bas et même pour l’éternité.

Ce qui s’est passé là-bas sur le mont du calvaire, sur le Mont Golgotha, cela nous soulage aussi au plus haut point. Si notre culte est empreint de honte et de tristesse, il est tout autant un culte de reconnaissance et de louange.

Voyons donc comment

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

a été

1. énorme,

2. volontaire,

3. bénéfique.

X X X 1 X X X

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

A ÉTÉ ENORME

Cela se remarque déjà à un fait troublant : « A midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à trois heures de l’après-midi. » (v. 33) Ce n’était pas une éclipse du soleil. Cela se passait lors de la fête juive de Pâque. A cette date, les positions respectives du soleil, de la terre et de la lune rendent une éclipse impossible.

Par ailleurs, une éclipse ne dure jamais trois heures comme cela a été le cas. Non, le soleil n’a pas été caché par la lune, mais, comme le précise Luc dans son Evangile, « le soleil s’obscurcit » (Lc 23.45), il cessa d’éclairer. Le Créateur était intervenu pour changer le fonctionnement normal de sa création, pour empêcher le soleil d’éclairer.

Cela s’était déjà passé une fois, avant l’Exode, quand Dieu a empêché le soleil d’éclairer les Egyptiens durant trois jours (Ex 10.21-23). Et cela se passera une nouvelle fois, tout juste avant le Jugement Dernier (Jo 2.10 ; 3.4). Dans les deux cas, Dieu exprime ainsi sa colère : dans l’Exode, contre Pharaon qui opprimait Israël ; avant le Jugement Dernier, contre ce monde incroyant qui se complait dans le péché.

Dans notre texte c’est encore la colère de Dieu qui se déverse, cette fois-ci sur « l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde » (Jn 1.29). « Le soleil » qui « s’obscurcit » donne une idée de la violence de la colère de Dieu contre notre péché.

Mais cela nous indique aussi combien Jésus doit nous aimer pour avoir été prêt à encaisser les coups de la colère divine aussi violente qu’implacable contre notre péché. C’est qu’il voulait ainsi nous éviter de connaître les ténèbres éternelles de l’enfer.

L’énormité du sacrifice de Jésus s’entend carrément à ce cri lancé du haut de la croix « à trois heures de l’après-midi » : « "Eloï, Eloï, lama sabachthani ?" – ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" » (v. 34)

Au cours des trois heures d’obscurité, Jésus s’était débattu sous la colère de Dieu, avait encaissé la malédiction divine qui aurait dû nous frapper, essuyé d’effroyables tentations du diable qui ne voulait pas qu’il réussisse et « accomplisse » (Jn 19.30) notre salut, enduré les souffrances indescriptibles de l’enfer.

Il ne pouvait même pas s’accrocher à l’idée que le Père le soutenait. Non, Dieu l’avait « abandonné », il se tenait seul devant le tribunal de Dieu, avec l’énorme poids du péché et de la culpabilité du monde entier sur ses épaules.

C’est proprement incompréhensible. Pourtant, dans les prophéties messianiques, nous l’entendons souffrir de sa « détresse » (Ps 69.18), car le Père l’a « rejeté » et « se cache » (Ps 88.15). Le Fils appelle à l’aide, mais le Père est aux abonnés absents. C’est là que Jésus touche le fond de l’horreur. C’est là qu’il crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Etait-ce là le signe d’un manque de confiance en Dieu ? Non, car Dieu l’avait réellement « abandonné », ce qu’il ne fait jamais avec nous, les croyants. Sur nos lèvres, ce serait un péché, car « Dieu est fidèle et ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces, mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Co 10.13) Et ça, nous le devons à notre Seigneur qui s’est laissé « abandonner » à notre place pour que ça ne nous arrive jamais.

Ce qui laisse pantois, c’est que, même « abandonné » par le Père, Jésus ne le renie pas. Même là, nous l’entendrons dire : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » (Lc 23.46). D’ailleurs, dans notre texte, même au fond de l’abîme, il ne le renie pas et l’appelle « mon Dieu, mon Dieu ! »

Il a été « abandonné » par Dieu, il l’a aussi été par ses frères, les humains. A l’heure de la mort, au moment où la sympathie pour son sacrifice lui aurait été de quelque réconfort, on s’est encore moqué de lui.

Essayons de nous mettre à sa place : Jésus, du haut de la croix, voit la foule pour laquelle il endure la colère implacable de Dieu et les souffrances de l’enfer. Il voit ceux pour lesquels il trinque pour qu’ils échappent à cette terrible malédiction, et il les voit mépriser son sacrifice, comme il sait que, jusqu’à la fin du monde, il y aura d’innombrables personnes pour lesquelles il aura enduré tout cela pour rien. Ce n’était pas pour l’encourager à persévérer.

Et pourtant il l’a fait. Quel Sauveur admirable au fond de l’énormité de ses souffrances !

X X X 2 X X X

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

A ÉTÉ VOLONTAIRE

Il n’a pas apporté ce sacrifice contraint et forcé, ce qui lui aurait enlevé tout caractère de perfection et de sainteté. Tout dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, tout indique que c’est son amour pour nous qui l’a poussé à prendre notre place dans le Jugement de Dieu.

Un jour, il avait déclaré : « Je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l’enlève, mais je la donne de moi-même. » (Jn 10.17-18) Qu’il a« repris sa vie », cela nous le verrons dimanche, lors du culte de Pâques. Mais qu’il l’a « donnée de lui-même », cela ressort à la force du cri avec lequel il s’adresse à Dieu. « Il s’écria d’une voix forte » (v. 34).

Ce qui frappe, c’est de voir l’évangéliste souligner à deux reprises que Jésus reste aux commandes, bien que subissant le châtiment de la colère de Dieu contre le monde entier. Il a suffisamment de ressources pour « s’écrier d’une voix forte : "Eloï, Eloï, lama sabachthani ?" – ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" » et c’est encore « en poussant un grand cri » qu’il « expira » (v. 37).

Il reste à la manœuvre jusqu’au bout. C’est sa décision de passer par là. Il avait annoncé : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu » (Ps 40.9). Rien, même les souffrances infernales n’ont pu le détourner de cette décision. « Ayant aimé ceux qui lui appartenaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’extrême. » (Jn 13.11)

C’est encore volontairement et consciemment qu’il « s’écria d’une voix forte : "Père, je remets mon esprit entre tes mains !" » puis « expira » (Lc 23.46).

« Béni sois-tu pour ta grâce éternelle,

Agneau divin, mon Rédempteur fidèle,

Toi qui conduis à la paix glorieuse

Mon âme heureuse. » (LlS 92:4)

Car le sacrifice de notre Seigneur en croix n’a pas seulement été énorme et volontaire,

X X X 3 X X X

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

A ÉTÉ BENEFIQUE

Un détail de notre récit a plus d’importance qu’il n’y paraît : au moment où « Jésus poussa un grand cri et expira », « le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas » (v. 37-38). De son côté, Matthieu souligne cette chose stupéfiante en commençant par : « Et voici que … » ! (Mt 27.51). Pourtant ce voile ou plutôt rideau était épais et se trouvait à un endroit où personne n’y touchait. Etrange aussi qu’il « se déchira […] du haut en bas » comme si une main invisible l’avait fait.

L’explication se trouve dans le fait que cela s’est produit au moment où « Jésus poussa un grand cri et expira ». Dieu avait fait mettre ce rideau pour que personne ne puisse entrer ni même voir dans « le saint des saint », ce « lieu très saint » (Ex 26.33) du Temple où se trouvait l’arche de l’alliance. Seul le souverain sacrificateur pouvait y entrer une fois par an pour asperger le couvercle de l’arche, le propitiatoire, et encore devait-il s’y rendre à reculons pour ne pas voir la gloire de Dieu.

Et voilà qu’avec la mort expiatoire de Jésus Dieu déchire ce rideau et permet de voir dans « le lieu très saint ». Ainsi Dieu donnait à comprendre qu’en payant pour nos péchés Jésus nous a réconciliés avec le Dieu trois fois saint, qu’on « vient au Père par Jésus » (Jn 14.6).

« Le sang » répandu pour nous sur la croix par « Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jn 1.7) et nous ouvre le cœur de Dieu.

« Quand l’officier romain qui se tenait en face de Jésus entendit son cri et le vit expirer de cette manière, il dit : "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu !" »(v. 39)

Cet homme avait été le témoin, et en partie l’acteur, de l’arrestation, du jugement, des tortures et de la crucifixion de Jésus. Il avait vu l’attitude de la foule et, par contraste, celle de Jésus.

Il avait entendu les sept paroles que Jésus a prononcées en croix, sa demande au Père de pardonner à ses assassins (Lc 23.34), ou son bref dialogue avec le larron repentant (Lc 23.42-43).

Il avait surtout entendu comme Jésus, au moment de rendre l’âme, avait encore appelé Dieu son « Père ». Tout ce spectacle, cette puissante annonce de la Loi et de l’Evangile, a poussé l’officier à confesser : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu ! »

Nous aussi, nous voulons répéter la confession de foi de ce nouveau converti. Jésus-Christ, à la fois vrai Dieu et vrai homme, a parcouru le chemin de la croix de plein gré, pour notre salut.

Dieu n’avait rien à reprocher au saint qu’il était. Jamais Jésus n’aurait été frappé par la colère de Dieu s’il ne s’était pas présenté à notre place devant le tribunal de Dieu, s’il n’avait pas endossé nos péchés et notre culpabilité.

C’est ainsi qu’« il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent [avec foi] l’auteur d’un salut éternel » (Hé 5.9).

Jamais nous ne pourrons assez lui dire et lui montrer notre gratitude pour son sacrifice, pour tout ce que cela a changé pour nous, pour toutes les bénédictions que cela nous a procurées : Dieu est maintenant apaisé envers les pécheurs que nous sommes, il nous a même adoptés comme ses enfants, il nous accompagne, nous protège et nous bénit dans cette vie et nous a donné le ciel en héritage.

Tout cela, nous le devons au fait que Jésus ait apporté ce sacrifice énorme, volontaire, mais ô combien bénéfique pour nous !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 1er Avril 2012

1er AVRIL 1 Co 4.10a

Chants proposés :

Hosanna ! Hosanna ! la foule LlS 84 : 1-4

Ô mon Dieu, Père tout-puissant, LlS 134 : 5-9+11

Mon cœur joyeux, plein d’espérance, LlS 249 : 1-5

« Nous sommes fous à cause de Christ,

mais vous, vous êtes sages en Christ. »

Bien chère bande de fous

– comme beaucoup le pensent –

mais en fait,

chers amis bénis de la plus haute sagesse qui soit !

Il est permis de rire dans l’Eglise. Il faut même espérer que nous, les chrétiens, en raison de notre communion avec Dieu, nous savons mieux rire que les autres. Ce n’est pas notre « sagesse à salut » (Rm 1.16) qui doit nous en empêcher, bien au contraire !

Alors, profitons de ce que le 1er avril tombe cette année un dimanche pour commencer par rire un peu.

Pourquoi le 1er avril ?

Dans le royaume de France, jusqu'en 1564, l'année commençait le 1eravril. Cette année là, le roi Charles IX décida de modifier le calendrier pour faire commencer l'année le 1er janvier, comme l’empereur Charles-Quint l’avait fait dans ses territoires quelques décennies plus tôt.

Donc, le 1er janvier 1565 tout le monde, en France, se souhaita "bonne année", se fit des cadeaux, se donna des étrennes, tout comme à un début d'année.

Mais beaucoup de gens eurent du mal à s'habituer à ce nouveau calendrier et certains n'étaient même pas au courant que la date de la nouvelle année avait changé ! Ils continuèrent donc à s'offrir des cadeaux et des étrennes le 1er avril.

Pour se moquer d'eux, quelques petits malins ont eu l'idée de leur offrir des faux cadeaux, des cadeaux pour rire, bref des blagues !

À partir de ce jour là, raconte-t-on, chaque année, au 1er avril, tout le monde, grands et petits, prit l'habitude de se faire des blagues et des farces.

Et pourquoi un poisson ?

Voici une des explications. Le 1er avril tombe dans le temps du carême. A l’époque, et jusqu’à récemment, on s’interdisait de manger de la viande durant ces semaines avant Pâques. Durant ce temps on s’offrait du poisson. La blague consistait à offrir de faux poissons, des reproductions de poisson.

Pas de quoi faire un sermon ! me direz-vous. Voire.

Le poisson d’avril devrait surtout nous rappeler, à nous chrétiens, quele poisson était l’emblème des premiers chrétiens. Pourquoi ? – Rappelez-vous : A l’époque on parlait grec. Dans cette langue poisson se dit et s’écrit χθύς (ichtus). Ces 5 lettres prises séparément commencent les mots suivants :

Jésus-Christ, de Dieu le Fils, Sauveur.

 (iota) ησοῦς (Ièsous), Jésus

Χ (chi) χριστὸς (Christos), Christ

Θ (thèta) θεοῦ (théou), de Dieu

Υ (upsilon) : υἱὸς (uios), le Fils,

Σ (sigma) : σωτήρ (sooter), Sauveur

 

 

 

Avec le symbole du poisson, ils confessaient que « Jésus-Christ » était« le Fils de Dieu, » leur « Sauveur ». C’est encore aujourd’hui notre confession de foi réduite à sa plus simple expression.

Question :

SOMMES-NOUS « FOUS » OU SOMMES-NOUS « SAGES »

 

DE CONFESSER :

 

 

 

 

« JÉSUS-CHRIST, DE DIEU LE FILS, SAUVEUR » ?

X X X 1 X X X

Nous confessons que

ησος χριστς θεο υἱὸς

(Ièsous Christos Théou Uios)

« Jésus-Christ est LE FILS DE DIEU » !

Tenez, nous allons faire une partie de ce sermon ensemble. Vous vous rappelez de cette question du catéchisme : « Pourquoi crois-tu que Jésus-Christ est vrai Dieu ? » La réponse dit : « Parce que l’Ecriture lui attribue

1°) des noms divins,

2°) des qualités, des œuvres et la gloire divine. »

(Essayer de trouver ces passages avant de consulter les réponses en fin de prédication)

Pouvez-vous citer un passage où Jésus est appelé Dieu ? – Jn 20.28 et 1 Jn 5.20

Des passages qui attribuent à Jésus des qualités que seul Dieu possède :

ð l’éternité : Hé 13.8

ð l’omniprésence : Mt 28.20

ð l’omniscience : Jn 21.17

ð la toute-puissance : Mt 28.18

Des passages qui lui attribuent des œuvres que seul Dieu peut accomplir :

ð la création du monde : Col 1.16

ð la conservation du monde : Hé 1.3

ð le pouvoir de pardonner : Mt 9.5

ð le jugement dernier : Rm 14.10

Un passage qui lui attribue les honneurs réservés à Dieu : Jn 5.23

C’est en nous basant sur de telles paroles de l’Ecriture que nous confessons queἸησοῦς χριστὸς θεοῦ υἱὸς (Ièsous Christos Théou Uios) Jésus-Christ est le Fils de Dieu !

X X X 2 X X X

Nous confessons que

ησος Χριστς Σωτήρ

(Ièsous Christos Sooter)

« Jésus-Christ est NOTRE SAUVEUR » !

Il n’y a guère moyen de résumer davantage notre foi en Jésus-Christ. Mais si vous parlez à quelqu’un qui ne connaît pas l’Evangile, la Bonne Nouvelle, de Jésus-Christ, ça ne lui dira rien que d’entendre que Jésus-Christ est « Sauveur ».« Sauveur » de quoi ? « Sauveur » de qui ? « Sauveur » comment ?

Nous, quand nous confessons avec le symbole du poisson que « Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est Sauveur », nous pensons à tout cela, et c’est un grand soulagement pour nous que de le savoir.

Coller un poisson sur sa voiture, c’est bien, mais ça ne parle qu’aux chrétiens qui connaissent l’Evangile. Tout au plus cela peut-il provoquer le dialogue avec des non croyants, mais le poisson sur la voiture doit être accompagné du témoignage en paroles, sinon les gens risquent de faire fausse route.

Tenez, nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte qui débouche sur la merveilleuse Fête de Pâques. Mais malgré le miracle de la résurrection du Christ, les disciples d’Emmaüs n’étaient pas soulagés et heureux. Au contraire, ils étaient déçus : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ! » (Lc 24.21) Ils avaient effectivement vu en Jésus un « sauveur », mais un « libérateur » politique et guerrier. Il a fallu que le divin Ressuscité leur explique le vrai sens du mot « Sauveur » quand il s’agit de lui.

Combien ne se trompent pas, aujourd’hui encore, sur la véritable nature de notre Sauveur, sur le péril dont il sauve, sur le genre de perdus qu’il sauve, sur la façon dont il sauve. Combien ne voient en lui qu’un donneur de leçons, un moralisateur supérieur, qui essaye tout au plus de sauver quelque peu la morale en déroute.

Non, « Jésus-Christ, le Fils de Dieu » est notre « Sauveur » de façon beaucoup plus radicale, beaucoup plus fondamentale, beaucoup plus géniale, énorme et phénoménale.

Il nous a sauvés des conséquences éternelles de notre péché ; il nous a sauvés de la colère de Dieu et de la damnation éternelle. Il nous a mis en sécurité auprès d’un Dieu réconcilié, prévenant, aimant, fidèle, puissant.

Et il nous a sauvés au prix de sa vie. Nous aurons l’occasion d’en parler plus longuement lors du culte du Vendredi Saint.

Résumons simplement notre foi en Jésus-Christ par cette parole bien connue qu’il a dite lui-même : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3.16)

Alors,

X X X 3 X X X

En confessant que

« Jésus-Christ, le Fils de Dieu, »

est notre « Sauveur, »

SOMMES-NOUS « FOUS »

OU EMINEMMENT « SAGES » ?

« Être fou », c’est avoir perdu la raison, avoir perdu le contact avec la réalité. Nous n’avons pas perdu la raison, mais nous lui demandons de donner la priorité à la révélation divine là où la raison n’arrive plus à suivre.

« Etre fou », c’est être stupide. Est-ce si stupide que de faire confiance au Dieu d’amour et de grâce ?

Il est vrai que « le message de la croix est une folie pour ceux qui périssent »dans leur incrédulité (1 Co 1.18). Que Dieu se sacrifie lui-même pour ses créatures qui se sont rebellées contre lui en préférant le péché à la sainteté, c’est tout bonnement insensé pour celui qui n’a pas été éclairé par le Saint-Esprit. C’est pour cela que Paul écrit ici : « Nous sommes fous à cause de Christ, » on nous prend pour des fous parce que nous plaçons notre foi dans un crucifié, parce que nous menons une vie de repentance et de foi de tous les jours, parce que le Christ est le centre, le pivot, le fondement et la lumière de notre vie.

Mais nous savons, avec l’apôtre Paul, que « celui qui croit en lui » – celui qui s’en remet à Jésus et à son salut – « ne sera pas couvert de honte » (Rm 9.33), n’aura pas à le regretter.

Au contraire, si vous placez votre foi en Jésus-Christ, « vous êtes sages en Christ ». En plaçant votre foi en Christ vous êtes sur la fréquence de« la sagesse de Dieu » (1 Co 2.7), « sagesse » révélée dans « les saintes Ecritures ». Ce sont elles qui nous ont « rendu sages en vue du salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Tm 3.15).

« Nous sommes fous à cause de Christ, » nous dit Paul ; tous ceux qui croient en Jésus sont considérés comme fous par les incroyants, « mais[en fait] vous, vous êtes sages en Christ. », la folie se trouve du côté de ceux qui refusent que Jésus soit leur Sauveur. Ne nous en faisons pas, si on se moque de nous. C’est toujours ainsi : les fous traitent les sensés de fous. Ils n’ont pas raison pour autant.

Quant à nous, nous pouvons avoir l’esprit tranquille, même, nous pouvons nous amuser dans cette vie, car le grand danger qui nous menaçait a été détourné par Jésus-Christ. Oui, « réjouissons-nous toujours dans le Seigneur »(Ph 4.4) et ne craignons pas de faire quelques blagues en ce 1er avril.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

 

Passages bibliques du point 1 :

Pouvez-vous citer un passage où Jésus est appelé Dieu ?

« Thomas lui répondit : "Mon Seigneur et mon Dieu !" » (Jn 20.28)

« C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle. » (1 Jn 5.20)

Des passages qui attribuent à Jésus des qualités que seul Dieu possède :

ð l’éternité : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. » (Hé 13.8)

ð l’omniprésence : « Moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28.20)

ð l’omniscience : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’amour pour toi ! » (Jn 21.17)

ð la toute-puissance : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Mt 28.18)

Des passages qui lui attribuent des œuvres que seul Dieu peut accomplir :

ð la création du monde : « Tout a été créé par lui et pour lui. » (Col 1.16)

ð la conservation du monde : « Le Fils soutient tout par sa parole puissante. » (Hé 1.3)

ð le pouvoir de pardonner : « Le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés. » (Mt 9.5)

ð le jugement dernier : « Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Christ. » (Rm 14.10)

Un passage qui lui attribue les honneurs réservés à Dieu : « Que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. » (Jn 5.23)

 

 

Sermon du Dimanche 25 Mars 2012

Dimanche Judica Es 50.4-9

Chants proposés :

Entonnons un saint cantique, LlS 73 : 1-3

L’Agneau de Dieu va de bon coeur, LlS 77 : 1-4

Dans ce profond abîme, LlS 71 : 1-5

Jésus, dans sa grâce, racheté les pécheurs LlS 164 : 1-13

« Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir celui qui est abattu. Il réveille, oui, matin après matin il réveille mon oreille pour que j’écoute comme le font des disciples.

Le Seigneur, l’Eternel, m’a ouvert l’oreille, et moi je ne me suis pas rebellé, je n’ai pas reculé.

J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats.

Cependant, le Seigneur, l’Eternel est venu à mon aide. Voilà pourquoi je ne me suis pas laissé atteindre par les insultes, voilà pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme une pierre, et je sais que je ne serai pas couvert de honte.

Celui qui me déclare juste est proche : qui veut m’accuser ? Comparaissons ensemble ! Qui s’oppose à mon droit ? Qu’il s’avance vers moi !

C’est le Seigneur, l’Eternel, qui viendra à mon aide : qui me condamnera ? Ils tomberont tous en lambeaux comme un habit, dévorés par la teigne. »

Chers amis,

qui bénéficiez des prestations du

GRAND SERVITEUR DE L’ETERNEL ?

« Comprends-tu ce que tu lis ? » Un eunuque éthiopien est en train de lire le chapitre 53 du livre du prophète Esaïe. Cela se trouve trois chapitres plus loin que le texte à la base de notre sermon. Envoyé par Dieu à sa rencontre, le diacre Philippe lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? » (Ac 8.26-30)

« Et vous, avez-vous compris le texte que je vous ai lu ? » Ma question est justifiée, à la suite de celle de Philippe, car notre texte parle du même contenu ; il traite du même thème.

Dans le livre du prophète Esaïe, nous trouvons ce qu’on appelle les chants du יְהוָה עֶבֶד (èbed yahweh), les « chants du Serviteur de l’Eternel », pas de serviteurs comme nous le sommes tous, mais du« Serviteur » avec un grand S, de celui qui allait rendre à Dieu un service exceptionnel, celui de nous racheter et de nous conduire. Il s’agit de chants du Messie Sauveur.

Ces « chants du Serviteur de l’Eternel » sont au nombre de quatre et se trouvent dans les chapitres 42 (1 à 9), 49 (1 à 13), 50 (4 à 11) – d’où est tiré notre texte, et du chapitre 52 (13) à 53 (12).

C’est ainsi que le diacre Philippe, « en partant du texte » du « chant du Serviteur de l’Eternel » au chapitre 53, « annonça [à l’eunuque] la Bonne Nouvelle de Jésus. » (Ac 8.35)

« En partant du texte » d’Esaïe 50, versets 4 à 9, nous entendrons aussi, à notre tour, « la Bonne Nouvelle de Jésus ».

Qu’allons-nous y apprendre de particulier sur le compte du

SERVITEUR DE L’ETERNEL ?

1) En quoi son service a consisté.

2) Ce qu’en a pensé l’Eternel.

3) En quoi c’est là une bonne nouvelle pour nous.

 

X X X 1 X X X

EN QUOI A CONSISTÉ LE SERVICE

DU « SERVITEUR DE L’ETERNEL » ?

Laissons-lui la parole. Il est le mieux placé pour en parler. Voilà ce qu’il dit dans notre texte : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats. » (v. 6)

Quelle précision dans cette prophétie ! « Le Serviteur de l’Eternel », le Messie promis, décrit 750 ans avant les faits ce qui lui est exactement arrivé. Pensez aux récits de la Passion du Christ dans les quatre Evangiles.

Ce n’est pas pour rien qu’on appelle le prophète Esaïe le 5èmeEvangéliste. La grâce lui a été faite par Dieu de pouvoir prédire exactement ce que le Sauveur du monde allait endurer plus tard, et ceci avec une précision étonnante.

Matthieu racontera plus tard les faits ainsi : Dans le palais du souverain sacrificateur, « ils lui crachèrent au visage et le frappèrent à coups de poing ; certains lui donnaient des gifles en disant : "Christ, prophétise-nous qui t’a frappé !" » (Mt 26.67-68)

Quelques heures plus tard, après avoir comparu devant Ponce Pilate, « ils lui enlevèrent ses vêtements et lui mirent un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d’épines qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans sa main droite ; puis, s’agenouillant devant lui, ils se moquaient de lui en disant : "Salut, roi des Juifs !" Ils crachaient sur lui, prenaient le roseau et frappaient sur sa tête. Après s’être ainsi moqués de lui […] » et ainsi de suite… (Mt 27.28-31)

Cela, le Saint-Esprit l’a inspiré à Esaïe pour qu’il le prophétise. C’est vraiment un texte sur la Passion du Christ, sur le traitement indigne infligé à Jésus.

Cela nous apparaît d’autant plus indigne que ce traitement est infligé à quelqu’un à qui on n’avait rien à reprocher.

Et cela est encore plus inoui quand on sait que Jésus de Nazareth est « vrai Dieu, né du Père de toute éternité » ! (Martin Luther, Petit Catéchisme) Ce traitement est infligé par de faibles créatures au Créateur et Maître de l’univers !

Bien entendu, cela n’a été possible que parce que Jésus le voulait bien. Cela n’a pu se faire que parce que le Fils tout-puissant de Dieu a laissé faire, s’est laissé faire. Il avait choisit de passer par là.

« Je ne me suis pas rebellé, je n’ai pas reculé. » (v. 5) « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats. »

Il dit d’ailleurs clairement ici : « Je me suis laissé atteindre » (v. 7), je me suis laissé faire, j’ai choisi de passer par là.

Il ne s’est pas défendu, malgré l’horreur de ce qui s’abattait sur lui. D’ailleurs, ces coups allaient trouver leur prolongement dans l’exécution ignoble de la crucifixion, où l’on laissait mourir le condamné à petit feu, dans d’atroces souffrances, jusqu’à ce que la soif et l’asphyxie aient eu raison de lui.

Pourtant, ce n’est là aussi que la moindre de ses souffrances. Derrière ses souffrances visibles il endurait les souffrances invisibles de l’enfer pour nous, le poids de nos péchés l’écrasait, notre culpabilité l’arrachait à l’amour de Dieu et lui faisait vivre l’abandon, la colère et la damnation de Dieu … à notre place.

Combien notre Seigneur doit nous aimer pour s’être engagé dans cette voie pour nous éviter ce même sort !

Le Saint-Esprit fera écrire plus tard à Paul : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant malédiction pour nous. » (Ga 3.13) Jésus s’est fait maudire pour nos péchés à notre place, pour que cette malédiction nous soit évitée, pour que Dieu renonce à nous maudire pour l’éternité.

La question se pose alors : A-t-il réussi ? Dieu a-t-il été satisfait de cette substitution ? Ou pour le dire autrement :

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QU’A PENSÉ L’ETERNEL

DU SERVICE DE « SON SERVITEUR » ?

Dans le premier des « chants du Serviteur de l’Eternel », Dieu déclare : « Voici mon Serviteur, celui que je soutiendrai, celui que j’ai choisi et qui a toute mon approbation. » (Es 42. 1)

Dieu se range totalement, entièrement, derrière « son Serviteur » et le service qu’il est en train de nous rendre.

Et le Seigneur Jésus, malgré l’horreur de ce qu’il est en train d’endurer, et bien qu’il soit poussé à l’extrême limite de ce qu’il peut supporter, le Seigneur Jésus sait que Dieu approuve sa démarche.

Il sait, qu’à cause du poids de notre culpabilité, Dieu doit « l’abandonner » (Mt 27.46), « l’abaisser pour un peu de temps » (Hé 2.7+9) dans les souffrances de l’enfer. Mais il ne doute pas de Dieu pour autant. Il sait que s’il tient bon jusqu’au bout, « l’Eternel viendra » finalement « à son aide » (v. 9), le ressuscitera des morts « et le couronnera de gloire et d’honneur » (Hé 2.9), une fois son service pleinement achevé.

Il vous est certainement déjà arrivé de rendre un service désagréable à quelqu’un que vous aimez, car vous saviez que vous lui faisiez ainsi plaisir. Cela aide à ne pas jeter le manche après la cognée ; cela donne la force de tenir bon et de ne pas perdre courage ; cela aide à persévérer dans la difficulté et de ne pas abandonner la partie.

C’est aussi ce qui a aidé Jésus à serrer les dents dans l’horreur qu’il a traversée pour nous. Il savait – et il le dit dans notre texte – que Dieu le « déclare juste »dans ce qu’il fait et endure. Il savait que Dieu suivait ses amères souffrances avec la plus grande attention, le plus grand intérêt. Jésus sentait et savait que « l’Eternel était proche » (v. 8) et suivait avec attention et satisfaction l’éminent et difficile service qu’il était en train de rendre en expiant nos péchés dans les souffrances de l’enfer.

Savoir que Dieu agréait pleinement son service, savoir qu’il « ne sera pas couvert de honte » (v. 7), que Dieu l’approuve dans ce service qu’il nous rend, « voilà pourquoi » – dit-il – « je ne me suis pas laissé atteindre par les insultes, voilà pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme une pierre, » nous dirions : voilà pourquoi j’ai serré les dents (v. 7).

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EN QUOI LE SERVICE RENDU

PAR « LE SERVITEUR DE L’ETERNEL »

EST-CE

DE LA BONNE NOUVELLE POUR NOUS ?

Une bonne nouvelle, c’est quelque chose qui vous fait plaisir, quelque chose qui résout un de vos problèmes, quelque chose qui vous facilite ou embellit votre vie ou celle d’un proche.

Rappelez-vous le diacre Philippe ! « En partant du texte » du « chant du Serviteur de l’Eternel » au chapitre 53, « il annonça [à l’eunuque] la Bonne Nouvelle de Jésus, » mot-à-mot : « il lui annonça l’Evangile de Jésus » (Ac 8.35)

C’est que parler de Jésus, de ce qu’il a fait pour nous, de son expiation de nos péchés couronnée par sa résurrection, son ascension et sa session à la droite du Père, de ce qu’il continue de faire pour nous chaque jour, c’est vraiment de « l’Evangile », une « bonne nouvelle » pour nous !

Ce n’est pas une bonne nouvelle comme on peut en trouver dans les livres ou dans les journaux (il est vrai, on a parfois du mal à en trouver …), des nouvelles qui n’affectent pas notre vie.

Non, que Jésus ait expié nos péchés à notre place et pour notre compte, c’est vraiment une « bonne nouvelle » pour nous, cela nous concerne au plus haut point et place notre vie dans une toute autre lumière, dans une toute autre perspective.

Comme Dieu a accepté le sacrifice de Jésus, comme il a considéré l’expiation faite par Jésus comme suffisante pour se réconcilier avec nous, ce que Jésus nous dit dans l’Ecriture, c’est comme du baume sur une blessure, c’est comme de la chaleur qui se répand dans notre cœur.

Que dit-il ? « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir celui qui est abattu. » (v. 4)

Dieu l’ayant déclaré « juste » et ayant approuvé le service que Jésus nous a rendu avec son expiation de nos péchés, Jésus a maintenant les arguments pour nous rassurer quand nous sommes anxieux, nous réconforter quand nous sommes découragés, nous consoler quand nous sommes abattus.

Il nous dit ici : « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir celui qui est abattu. » (v. 4) Il a vraiment le don de nous toucher. Son « langage », ce qu’il nous dit et la façon dont il le dit va à l’essentiel, cela correspond à ce que nous, ses « disciples », avons besoin d’entendre.

C’est un langage tellement particulier – « qui n’est monté au cœur d’aucun être humain » (1 Co 2.9), car il vient directement de Dieu – qu’il est seul « puissance de salut » (Rm 3.16) et de réelle « consolation ».

Entendre Jésus nous dire que Dieu est désormais avec nous, qu’il nous entoure de son affection et de sa bénédiction, cela aide puissamment à affronter la vie et à la maîtriser, à s’y épanouir et y connaître le bonheur, même à affronter la mort. Car « le Serviteur de l’Eternel » nous parle de pardon, de réconciliation, d’amour et de fidélité de Dieu envers nous sur terre, de vie et de salut aussi pour l’au-delà.

C’est comme s’il nous disait :

« Ne t’en fais pas. Bien des choses te gênent encore dans la vie, certaines te posent vraiment problème, certaines te pèsent et te font souffrir, mais ce n’est pas le signe que Dieu est en colère contre toi ; sa colère, je l’ai détournée sur moi.

« Grâce à moi, il te pardonne, est en paix avec toi, même, grâce à moi il veille avec fidélité et amour sur toi. Tu es tenté de douter de son amour et de sa fidélité ? Regarde ma croix sur le calvaire : elle est la preuve que Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit t’aime, sinon jamais le Père n’aurait admit que moi, son Fils, je me sacrifie ainsi pour toi. Et si Dieu ne t’aimait pas, je ne me serais jamais prêté à ce terrible échange où je me suis porté coupable à ta place pour que tu puisses connaître la paix, la joie et l’espérance. »

« Et maintenant, je t’accompagne, je te parle dans ma Parole, je te conseille et te console, je te guide et te réjouis avec tout ce que je t’accorde de bonheur déjà sur terre, maintenant, et un jour dans la félicité éternelle. »

Voilà « le langage » avec lequel Jésus, « le Serviteur de l’Eternel », « soutient celui qui est abattu ».

Pour nous tous, des moments d’abattement alterneront encore avec des moments de bonheur et de joie. Mais « la bonne nouvelle de Jésus », l’Evangile du gigantesque service qu’il nous a rendu par son sacrifice et qu’il continue à nous rendre par sa Parole, cet Evangile nous apprend que Dieu est maintenant notre Père, qu’il est en paix avec nous pour l’amour de son Fils, et que nous pouvons compter sur lui déjà pour nous épanouir dans cette vie, en attendant de le faire bien davantage encore dans l’éternité.

Merci, Jésus, d’avoir bien voulu être « le Serviteur de l’Eternel » pour notre bonheur, pour notre salut !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 11 Mars 2012

Dimanche Oculi 1 R 19.1-8

Chants proposés :

A toi, mon Dieu, mon cœur monte, AeC 25 : 1-5

Ô Seigneur ! ta voix m’appelle, AeC 416 : 1-5

Ecoute, entends la voix de Dieu, AeC 239 : 1-4

Seigneur, tu es notre joie, notre vie, AeC 592 : 1-2

« Achab rapporta à Jézabel tout ce qu’avait fait Elie et la manière dont il avait tué par l’épée tous les prophètes.

Jézabel envoya alors un messager à Elie pour lui dire : "Que les dieux me traitent avec la plus grande sévérité si demain, à la même heure, je ne te fais pas ce que tu leur as fait !"

Voyant cela, Elie se leva et partit pour sauver sa vie. Il arriva à Beer-Shéba, une ville qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur.

Quant à lui, il marcha toute une journée dans le désert, puis il s’assit sous un genêt et demanda la mort en disant : "C’est assez ! Maintenant, Eternel, prends-moi la vie, car je ne suis pas meilleur que mes ancêtres."

Il se coucha et s’endormit sous un genêt. Et voici qu’un ange le toucha et lui dit : "Lève-toi et mange !"

Elie regarda, et il vit à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées ainsi qu’une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha.

L’ange de l’Eternel vint une deuxième fois, le toucha et dit : "Lève-toi et mange, car le chemin est trop long pour toi."

Il se leva, mangea et but. Puis avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha 40 jours et 40 nuits jusqu’à la montagne de Dieu, jusqu’à Horeb. »

 

Chers amis, dont la vie connaît

des moments d’enthousiasme

comme des moments de déception,

« Après la pluie le beau temps. » Qui ne connaît cette devise ? Mais la réalité nous rattrape souvent et voudrait nous faire croire qu’il faudrait dire cette devise à l’envers : « Après le beau temps, la pluie ! »

Notre expérience n’est-elle pas parfois : Tantôt transporté d’allégresse, tantôt totalement déprimé ? Plus les hauts étaient vertigineux, et plus noires ont été les profondeurs qui ont suivi ? Après le succès, le flop ? Après l’enthousiasme, la déception ?

C’est ce qu’a connu le prophète Elie, le grand prophète Elie. Nous sommes plus habitués à le voir triomphant sur le mont Carmel, ou radieux à côté du Seigneur sur le Mont de la Transfiguration. Ben non, aujourd’hui, nous le voyons « plus-piteux-tu-meurs » ; d’ailleurs, il souhaite mourir.

Réfléchissons un peu à ce phénomène :

APRES L’ENTHOUSIASME

LA DECEPTION

1. POURQUOI ?

2. COMMENT L’EVITER ?

3. COMMENT S’EN SORTIR ?

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POURQUOI L’ENTHOUSIASME

FAIT-IL PARFOIS PLACE A

LA DECEPTION ?

Comment « Elie, le Tishbite » (1 R 17.1), grand prophète devant l’Eternel, s’il en fut, peut-il connaître un tel coup de blues ? Comment le type même du prophète à qui Dieu parlait directement peut-il se retrouver dans un tel état de perdition et de dérive ?

Récemment, j’ai écrit à un de nos pasteurs quelque peu découragé par une série d’expériences peu enthousiasmantes : « Un de mes grands étonnements sera toujours le fait que Dieu ait confié aussi bien le sacerdoce universel que le ministère pastoral à des pécheurs, alors que cela aurait été, dans l'abstrait (mais dans l'abstrait des myopes que nous sommes), tellement facile de confier tout cela à ses saints anges. Mais voilà, il voulait sans doute nous former, nous apprendre à être humbles et charitables les uns envers les autres et nous apprendre à nous occuper les uns des autres durant notre traversée de ce monde (Hé 11.13). »

Cela nous étonne aussi pareillement de voir que les hommes de foi qui nous sont donnés en exemples dans la Bible sont loin d’être parfaits :

Abraham, « le père de tous les croyants » (voir Ga 3.7+29) ! pris de trouille en Egypte, a préféré sacrifier sa femme, de peur d’être tué. Heureusement que, grâce à Dieu, tout s’est bien passé pour sa femme et pour lui !

David, le grand chantre et psalmiste de l’Ancien Testament, le poète et compositeur des cultes du Temple, le roi unificateur du Royaume d’Israël, s’est laissé entraîner, par convoitise, dans l’adultère et le meurtre. Mais il s’est profondément repenti et a trouvé grâce auprès de Dieu et se retrouve ancêtre de notre Seigneur !

Un Moïse ou un Jérémie ont tout essayé, un Jonas aussi, pour ne pas avoir à être prophètes et porte-parole de Dieu dans des environnements hostiles et dangereux. Dieu a finalement fait de grandes choses par eux.

Pourquoi Dieu ne nous donne-t-il pas des personnes parfaites en exemple ? D’abord, parce qu’il n’y en a pas (Ec 7.20). Ensuite, parce que ça ne nous servirait à rien. Les pécheurs, les imparfaits que nous sommes, nous avons besoin d’exemples comme nous, nous avons besoin de voir comment l’œuvre de Dieu s’accomplit dans des pécheurs comme nous, des faibles comme nous, des tentés comme nous.

Que nous serviraient des exemples qui ne jouent pas dans la même catégorie que nous ? Ce serait comme vouloir faire combatte en judo un super-léger (moins de 60 kg) contre un lourd (plus de 100 kg) ou en football des biberons (5-6 ans) contre des seniors (20-34 ans). Ce serait couru d’avance, et en ce qui nous concerne, nous serions tout de suite découragés et abandonnerions la partie.

« Ces faits sont arrivés, » écrit l’apôtre Paul, « pour nous servir d’exemples » (1 Co 10.6). Comment l’exemple d’Elie peut-il nous être utile ? D’abord en voyant ce qui l’a fait culbuter de l’enthousiasme dans la déprime.

Son zèle au service de Dieu l’a amené à sortir, seul, vainqueur d’un face à face avec « 450 prophètes de Baal et 400 prophètes d’Astarté […]sur le mont Carmel » (1 R 18.19-46). Enfin, seul, non, car « la main de l’Eternel reposa sur Elie » (1 R 18.46).

On peut comprendre qu’un tel triomphe l’ait quelque peu grisé, que cela lui soit un peu monté à la tête. Il était humain, après tout. En plus, auparavant, Dieu l’avait miraculeusement nourri par des corbeaux (1 R 17.2-7), lui avait même permis de réveiller de la mort le fils de la veuve de Sarepta (1 R 17.8-24). Elie devait se sentir sur un petit nuage … Et cela a dû quelque peu lui faire perdre le sens des réalités.

Il rêvait d’une suite merveilleuse à sa victoire sur les prophètes idolâtres. Il voyait déjà le culte de l’Eternel rétabli partout, et l’idolâtrie vaincue à tout jamais.

Au lieu de cela, celle-ci redresse sa tête, comme l’hydre de Lerne dont les têtes repoussaient au fur et à mesure qu’on les coupait. Il est recherché par l’idolâtre reine Jézabel pour être exécuté (v. 1-2).

« Voyant cela, Elie se leva et partit pour sauver sa vie. » Il s’enfuit du Royaume d’Israël au nord pour se réfugier plus loin que « Beer-Shéba », dans l’extrême sud du Royaume de Juda au sud. (v. 3)

Voyant que la réalité ne correspondait pas à ses rêves et projets, il sombre dans la mélancolie.

Le Seigneur nous permet aussi de faire de grandes choses dans la vie, de relever des défis avec succès, de mener à bout des projets difficiles, de connaître des moments enthousiasmants, surtout si, en plus, ils sont vécus à plusieurs, dans une espèce de liesse collective.

Et nous oublions alors que le monde reste le monde, que l’euphorie d’un moment ne peut pas supprimer comme par magie les besoins du quotidien. Nous oublions que d’autres ne partagent peut-être pas notre enthousiasme et ne nous suivent pas, et quand nous le découvrons, nous avons du mal à gérer cette découverte.

Et c’est l’incompréhension, le découragement, peut-être même une sourde révolte à peine contenue.

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COMMENT EVITER

QUE LA DECEPTION CHASSE

L’ENTHOUSIASME ?

Tout d’abord, comme nous l’avons vu, en ne prenant pas les vessies pour des lanternes, ni nos rêves pour la réalité. Pas non plus en prenant pour acquis que tout le monde partage, dans le détail, les mêmes rêves et projets que nous.

Ensuite, en prenant à cœur ce qu’Elie dit à Dieu : « Je ne suis pas meilleur que mes ancêtres ! » (v. 4). Dans le succès, dans l’enthousiasme, voire l’enthousiasme collectif, il n’est pas facile de dire : « Je ne suis pas meilleur que … » les autres.

Quand tout va bien, quand nous sommes entraînés par le mouvement, nous avons du mal à ne pas croire que notre façon de voir, notre façon de faire, notre façon de projeter et de planifier serait la « meilleure » ; nous avons alors du mal à croire que d’autres pourraient être d’un autre avis ; nous avons du mal à consulter l’avis des autres avant de prendre une décision qui engage tout le monde.

Elie s’était-il laissé aller à penser s’y être pris « mieux que » les générations avant lui qui avaient échoué ; s’être dépensé pour la cause de l’Eternel plus et « mieux que » ses prédécesseurs ? Pensait-il avoir réussi à venir à bout de l’idolâtrie « mieux que » qu’eux ? Pensait-il avoir trouvé, « mieux que » les générations avant lui, comment réformer la vie cultuelle du peuple ?

Au bout du compte, il lui faut bien redescendre sur terre et admettre : « Je ne suis pas meilleur qu’eux. »

Chers amis, prenons garde de penser que notre façon de voir et de pratiquer serait « meilleure que » celle des autres ; que nous pourrions décider sans consulter, vu que les autres ne peuvent qu’être du même avis, puisque le nôtre est le « meilleur ».

La leçon a été amère pour Elie. Méditons son exemple pour nous éviter autant que possible des déconvenues analogues.

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COMMENT SE SORTIR DE LA DECEPTION

POUR RETROUVER L’ENTHOUSIASME ?

« Elie avait de la chance, » pourrait-on être tenté de s’exclamer, « Dieu lui a envoyé un ange pour lui procurer la nourriture et les encouragements dont il avait besoin. A nous, cela ne nous arrive jamais qu’un ange vienne nous dire :"Lève-toi et mange, car le chemin est trop long pour toi !" (v. 5-7) »

Ah ! bon ? Cela m’étonnerait, car le Seigneur sait que pour nous aussi « le chemin est trop long » s’il ne nous aide à y avancer. Le Seigneur ne se désintéresse pas plus de nous qu’il ne l’a fait des croyants des temps bibliques ou, ici particulièrement d’Elie.

Dieu sait que si « sa puissance [ne] s’accomplit [pas] dans [notre] faiblesse » (2 Co 12.9), nous sommes mal barrés, nous ne tiendrons pas la distance, nous ne parviendrons pas au but.

Et ce n’est pas « la force que donne une nourriture » terrestre comme « un gâteau cuit » et « une cruche d’eau » (v. 6-8) qui vont nous permettre de demeurer sur « le chemin », dans « la vérité et la vie » (Jn 14.6). Ces aliments n’ont permis à Elie que de poursuivre le chemin vers « la montagne de Dieu, l’Horeb » ou Mont Sinaï (v. 8).

Notre Seigneur nous invite régulièrement sur cette merveilleuse « montagne », ce haut lieu qu’est le culte où il n’envoie pas un ange à sa place. Au culte il vient lui-même à nous. Et les mets succulents qu’il nous y sert, ce sont sa Parole édifiante et ses sacrements vivifiants.

Nous nous retrouvons régulièrement ici, parce qu’il nous y nourrit de « l’Evangile, puissance de Dieu pour notre salut » (Rm 1.16).

Cet Evangile, il nous le dispense dans sa Parole, dans le Baptême et dans la Cène.

Et dans la Cène, il nous dit mieux que : « Mange un gâteau cuit ! » et : « Bois une cruche d’eau. » Là il nous dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps qui est donné pour vous ! » « Buvez-en tous, cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous » « en rémission de vos péchés » !

Dans nos cultes, le servant, ce n’est pas une créature, et serait-elle un ange, non, dans nos cultes, le servant, c’est le Créateur et Sauveur lui-même ! Et les mets ne sont pas des mets de ce monde, mais des mets célestes et divins, « le véritable corps » et « le véritable sang » de notre Sauveur, avec lesquels il nous a délivrés du péché, de la mort et de la puissance du diable, aussi de la puissance de nos déceptions.

Oui, dans la Cène, il veut aussi nous relever de nos déceptions et nous instiller le seul véritable enthousiasme, celui d’être pardonné et enfant de Dieu, le véritable enthousiasme aussi, parce que le seul qui surmonte les déceptions et nous aide à avancer avec confiance, bien plus loin que le mont Sinaï au-delà du désert, jusqu’à la « Montagne Sainte » dans la félicité éternelle après bien des passages désertiques et rocailleux ici-bas.

Seigneur, pardonne nos chutes de foi et remplis-nous d’enthousiasme pour toi et pour nos prochains !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du Dimanche 4 Mars 2012

Dimanche Reminiscere

Rm 8.31-34

Je crie à toi, Seigneur Jésus, LlS 208:1-3

Faisons éclater dans nos chants LlS 214:1-2+6-8

Le Dieu fort est mon Père LlS 247:1-6

31 « Que dirons-nous donc de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

32 Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui ?

33 Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? C’est Dieu qui les déclare justes !

34 Qui les condamnera ? Jésus-Christ est mort, bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! »

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

mort, ressuscité et régnant à la droite de Dieu !

Des questions, nous nous en posons, dans la vie. La vie sur terre est si compliquée et désarticulée par le péché de l’homme et ses conséquences que nous cherchons des réponses dans tous les domaines : familial, écologique, médical, sociétal, politiques, etc., même dans le domaine des activités de l’Eglise.

Même nous, chrétiens, nous sommes parfois pris de doute sur des points que Dieu a pourtant à la fois résolus pour nous et clairement annoncés comme tels dans la Bible.

Je sais, nous sommes ainsi faits – je veux dire marqués par le péché – que le doute veut parfois s’insinuer en nous. Cela, il le peut d’autant plus facilement que nous avons oublié quelque peu les réponses données par Dieu. Cela peut aussi être le cas dans une jeune paroisse missionnaire comme celle de Rome à laquelle l’apôtre Paul s’adresse ici.

Avec notre texte, il leur donne – ainsi qu’à nous en même temps –

LES REPONSES APAISANTES A

3 QUESTIONS ESSENTIELLES :

1. « Qui sera contre nous ? »

2. « Qui nous accusera ? »

3. « Qui nous condamnera ? »

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« Qui sera contre nous ? »

Paul connaît-il le monde ? … est-on tenté de se demander. Pourtant, il en a bavé, de ce monde hostile. Il a du fuir les persécutions, a été jeté en prison, a été lapidé, a connu l’hostilité non seulement des Juifs mais aussi des païens.

Pourquoi les Juifs étaient-ils contre lui ? Parce qu’il dérangeait leur système de pensée et leurs opinions erronées.

Pourquoi les orfèvres païens d’Ephèse ont-ils fomenté une révolte contre Paul ? Parce que l’Evangile mettait en péril leur industrie de statuettes de la Diane d’Ephèse.

Pourquoi notre monde d’aujourd’hui est-il « contre nous » ? contre le message et la morale bibliques ? Mais parce que nous gênons le monde incroyant. Le fait d’être honnête au travail est une condamnation de fait de ceux qui ne le sont pas. Le fait de ne pas tricher comme élève ou étudiant est une condamnation de fait de la tricherie.

Le fait d’être fidèle à son conjoint est une mise en cause de l’infidélité courante. Le fait de venir aussi régulièrement que possible rencontrer son Dieu Sauveur au culte, aux études bibliques, à l’instruction catéchétique, etc., peut gêner nos amis qui voudraient organiser quelque chose avec nous le dimanche matin, peut sourdement irriter un conjoint qui, lui, n’est pas croyant.

Le fait d’afficher qu’on est pour la défense de la vie, à quelque stade qu’elle soit (avant la naissance, après, voire à la fin de la vie), qu’on est aussi pour la vie dans quelque situation qu’elle se trouve (les pauvres, les incultes, les persécutés, etc.), tout cela gêne ceux qui veulent passer par-dessus les faibles.

Oui, nous le savons bien : nous gênons bien du monde avec notre foi en Dieu et en ses dispositions. Aussi y en a-t-il pas mal qui sont « contre nous ».

D’ailleurs, Paul le sait très bien, il lui arrive même de le dire dans ses épîtres, et notre Seigneur Jésus-Christ nous a prévenus qu’il en sera ainsi.

Mais « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous » ? Si le Maître de l’Univers s’est rangé de notre côté, en quoi les agissements de ceux qui sont « contre nous » peuvent-ils bien réussir ?

Certes, les gens peuvent nous faire souffrir. Dieu n’a jamais indiqué qu’en devenant chrétien tout s’arrangeait comme par un coup de baguette magique.

Mais quelques versets après notre texte, il nous certifie que « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 8.39). « L’amour de Dieu » que Jésus nous a obtenu est un amour indéfectible, un amour sans faille.

Et dans son amour, Dieu veille sur les siens. « Dieu est fidèle et il ne permet pas que vous soyez tentés » – malmenés – « au-delà de vos forces, mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Co 10.13)

Et trois versets avant notre texte, il nous rassure : « Tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rm 8.28)

Cela ne transforme pas nos souffrances en moments de joie, nos déceptions en satisfactions, ou nos épreuves en parties de plaisir, mais cela nous donne la force de tenir dans la foi en celui qui nous a donné les preuves de son amour et de sa fidélité, comme nous le verrons un peu plus loin.

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« Qui nous accusera ? »

« Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? C’est Dieu qui les déclare justes ! » (v. 33)

Curieuse affirmation, au premier abord. Que Dieu nous ait « choisis »n’a jamais empêché personne de nous « accuser ». Les accusations envers les chrétiens n’ont jamais manqué au cours de l’histoire. Certaines accusations relèvent du procès d’intention et de la calomnie pure.

Ainsi, quand, sous l’empire romain, on accusait les chrétiens de suivre des rites criminels quand ils se retiraient pour célébrer la Cène en communion close, entre eux seuls.

Plus récemment – cela fait quand même maintenant un siècle et demi – le grand-père du maire de Châtenay-Malabry Jean Longuet, un certain Karl Marx – voyez comment le monde est petit ! – a accusé : « La religion est l’opium du peuple ». Le marxisme économique a fait faillite, mais le levain de l’hostilité à la foi chrétienne continue son œuvre de façon plus ou moins avouée.

D’autres accusations reposent sur des faits réels, mais mal interprétés, avec bonne ou mauvaise foi : On nous accuse de manquer d’amour du prochain (ce qui est faux) parce que nous condamnons l’homosexualité (ce qui est vrai).

On nous accuse d’être contre l’épanouissement de la femme (ce qui est faux) parce que nous sommes contre le droit à l’avortement non thérapeutique (ce qui est vrai).

On pourrait continuer ainsi sans fin. Bien entendu que ces accusations, Dieu ne les admet pas : il sait qu’elles sont fausses et qu’on s’en prend ainsi en fait aux dispositions qu’io a prises, lui, pour l’épanouissement de la personne et de la société.

Mais il y a pire. Satan, « l’accusateur » par excellence, n’a de cesse de faire valoir devant le tribunal de Dieu que nous sommes pécheurs et que nous méritons d’être rejetés dans la damnation éternelle.

Cette accusation n’est pas fausse. Oui, c’est ce que nous méritons, nous ne pouvons pas le nier.

Pourtant, nous apprenons dans la Bible : « Il a été jeté dehors, l’accusateur de nos frères et sœurs, celui qui les accusait jour et nuit devant Dieu ! » (Ap 12.10)

Comment se fait-il que notre « accusateur » – dont les accusations étaient fondées ! – ait été renvoyé, même catégoriquement rejeté par Dieu ? – Parce que cette accusation a été contrée « grâce au sang de l’Agneau. » (Ap 12.11)

Dans son amour, Dieu a trouvé la parade pour nous épargner les suites de cette accusation. Le péché est une réalité. Le juste juge ne pouvait pas le nier, il est saint. Aussi a-t-il procédé à un transfert. Il a déplacé le péché sur son Fils. « Il n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a donné pour nous tous. » (v. 32)

Et quand Satan veut nous accuser devant Dieu pour nous faire rejeter et nous entraîner avec lui dans la damnation, son accusation tombe à plat : devant la justice divine, nous, les croyants, nous n’avons plus de péché : « L’Agneau de Dieu, » Jésus-Christ, « a ôté » nos péchés (Jn 1.29). Satan vient accuser des personnes que « Dieu a déclaré justes » (v. 33).

Si ce n’est pas une Bonne Nouvelle, de l’Evangile pur ?

X X X 3 X X X

« Qui nous condamnera ? »

Là encore, il faut bien faire la différence entre la justice humaine et la justice divine. Lequel d’entre nous, croyants, voudrait nier que nous nous rendons encore coupables de comportements condamnables ?

Tenez : Qui d’entre nous n’a pas encore été condamné, ne serait-ce que par le code de la route ? Ou par son professeur ? Ou par je ne sais quelle autorité ?

Et même si nous devions avoir réussi à ne pas nous faire attraper, nous savons tous que nous aurions, ici dû être puni par le professeur, là écoper d’une amende, etc.

Et qui n’a jamais rencontré un regard réprobateur d’un collègue, d’un proche, d’un ami, d’un véritable ami qui a le courage de ne pas dire « blanc » quand c’est « noir » ?

« Qui nous condamnera ? » – Peut-être plus de gens autour de nous que nous ne le pensons.

Nous le savons : bien des choses sont moralement condamnables dans notre comportement. C’est pour cela que nous confessons dans la 5ème Demande du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses ! » C’est pour cela aussi que nous commençons, au culte, par nous approcher de notre Dieu Sauveur bien humblement dans la confession des péchés.

C’est d’ailleurs de cela que Paul parle ici, de la justice divine, de la condamnation prononcée par le Juge divin. Qui prononcera la condamnation sur ceux qui placent leur foi dans le sacrifice expiatoire du Christ ? – Personne !

Personne, car celui qui sera assis à la place du Juge, au Jugement Dernier, c’est le même que celui qui « est mort » pour nous, « bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! » (v. 34)

Déjà maintenant le futur grand Juge « intercède pour nous ». Actuellement, il agit comme « notre avocat » de la défense. Il fait valoir « devant le Père » (1 Jn 2.1) qu’il a expié nos péchés, qu’il s’est fait condamner à notre place.

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Rm 8.1), pour ceux qui se réfugient dans la foi auprès de leur Sauveur. Auprès de lui, aucun danger : il ne prononcera pas de condamnation sur ceux qui ont cru en son sacrifice.

« Qui nous condamnera ? » – Personne. Car Jésus a fait le nécessaire pour ne pas avoir à nous condamner.

Trop simple, voire simpliste ? Oui et non. Oui, car nous n’avons pas à mériter notre salut. Non, car si c’était si simple, comment se fait-il qu’il y a infiniment plus de gens en dehors de l’Eglise que dedans ? C’est que, comme Paul l’a déjà indiqué, cela semble « folie » pour la plupart.

Et pourtant, cette « folie » de Dieu indique le seul chemin de salut pour nous : « Jésus-Christ est mort, bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! »

« Que dirons-nous donc de plus ? » (v. 31) demande Paul. – Ben … il n’y a rien à dire de plus. Il n’y a qu’à tomber à genoux devant un Juge qui s’est d’abord fait Sauveur. Il n’y a qu’à l’en remercier du fond du cœur et à le laisser être le Seigneur de notre vie pour que ce soit une vie de repentance et de foi de tous les jours.

Grâce à lui, les réponses sont toutes négatives à ces trois questions :

1. « Qui sera contre nous ? » – Personne !

2. « Qui nous accusera ? » – Personne !

3. « Qui nous condamnera ? » – Personne !

Seigneur, sois en remercié !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du Dimanche 19 Février 2012

Dimanche Quinquagésime

Am 5.21-24

Chants proposés :

Seigneur, tu nous appelles, AeC 212:1-3

Seigneur, rassemble-nous AeC 220:1-3+5-6

Louez Dieu dans son sanctuaire AeC 166:1

21 « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées.

22 Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir, et les veaux engraissés que vous offrez en sacrifice de communion, je ne les regarde pas.

23 Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths.

24 Mais que le droit jaillisse comme un cours d’eau, et la justice comme un torrent qui n’arrête jamais de couler ! »

Chers amis,

peut-être anxieux, après la lecture de ce texte,

de savoir si Dieu agrée notre culte !

Avouez que Dieu ne fait pas dans la dentelle quand il déclare : « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées.Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir, […] Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths. »

Quand pouvons-nous être certains que Dieu agrée notre culte ? Et qu’est-ce qui pourrait faire qu’il s’en détourne ?

La question n’est pas anodine. Car si Dieu se détourne d’un culte, il se détourne aussi de ceux qui rendent ce culte. Le prophète Amos doit annoncer le jugement, un jugement terrible, contre ceux qui rendent ces cultes rejetés par Dieu.

En fait, on pourrait résumer ainsi la pensée de Dieu : « Même si vos cultes sont les plus flamboyants et entraînants possible, même s’ils sont musicalement rehaussés par tout un orchestre, cela ne m’impressionne pas s’il ne s’y trouve pas ce qui doit être central et fondamental dans un culte qu’on me rend. »

Dieu veut nous faire comprendre deux choses par ces paroles :

1. Le rôle secondaire de la forme du culte

2. Le rôle fondamental du contenu du culte

X X X 1 X X X

Le rôle secondaire

de la FORME du culte

Je n’ai pas dis que la forme n’a pas d’importance, elle est importante, comme nous le verrons, mais la forme du culte est secondaire par rapport à son contenu.

Voyez-vous, ici Dieu dit : « Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths », alors qu’ailleurs il est dit : « Entonnez un chant, faites résonner le tambourin, la harpe mélodieuse et le luth ! Sonnez de la trompette ! » (Ps 81.3-4)

Pourquoi, dans un cas, Dieu refuse-t-il les chants et la musique d’accompagnement, alors que, dans l’autre, il y invite et les encourage ?

Comment se fait-il que la même chose, dans des situations différentes, n’est pas appréciée de la même façon ? Qu’une fois cela est agréable à Dieu, une autre fois rejeté par lui ?

Dieu n’est pas versatile. La raison de ce changement ne peut donc pas lui être imputée.

Quant on pense que sous David, il y avait jusqu’à 4000 choristes et instrumentistes pour accompagner les cultes ! (1 Ch 23.5) Et Dieu approuvait cela ; il acceptait ces cultes qu’on lui rendait ainsi.

Avec Amos, nous nous trouvons environ 200 ans plus tard dans le royaume du Nord, le Royaume d’Israël. Il y avait moins de choristes et d’instrumentistes, mais leur nombre devait quand même être important puisque c’était la religion d’Etat, le culte financé par le régime.

La qualité ou le style de l’encadrement musical n’est pas le problème. L’accompagnement musical de ces cultes était fait par des professionnels.

Pourtant, Dieu dit : « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées. Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir, […] Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths. »

Dieu ne se laisse pas impressionner par le décorum ou la musique. Il regarde à quoi cela correspond. Il accepte aussi bien un culte majestueusement musical qu’un culte où on ne chante pratiquement pas. Sans doute n’est-ce pas là le culte normal, habituel, car nous aimons exprimer nos sentiments – tous nos sentiments, tous nos états d’âme – par des chants.

Rien n’est trop beau pour rendre un culte à Dieu, mais chaque paroisse a ses possibilités, sa façon d’exprimer ce que ses membres ressentent et comment ils veulent l’exprimer.

Tenez, la semaine dernière, quelqu’un m’a dit qu’il lui arrivait de s’arrêter de chanter au culte, parce que la mélodie et le rythme de certains chants ne lui permettaient pas d’intérioriser les paroles, l’empêchaient de faire monter vers Dieu les paroles avec recueillement. La musique peut donc aussi être une barrière.

Tout ceci pour dire que, aussi souhaitable et normal qu’il soit que nous honorions notre Seigneur et Sauveur en rendant à nos cultes la plus belle forme possible, il n’en demeure pas moins que la forme est secondaire, même si la forme est majestueuse comme lors des cultes du temps d’Amos.

La même chose est vraie aussi de nos dons, car rendre culte à Dieu cela signifie aussi lui apporter des offrandes. « Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir. »

Pourtant, Dieu a inspiré à Moïse des chapitres entiers pour lui dire comment on devait lui apporter des offrandes, y compris des « holocaustes ». Les « holocaustes » étaient des offrandes qui étaient entièrement brûlées sur l’autel, à la fois en expiation des péchés qu’en l’honneur de Dieu.

Il faudrait savoir : « Les offrandes » que nous présentons à Dieu dans nos cultes, « les offrandes » sous forme de cotisations paroissiales pour l’avancement du règne de Dieu dans les cœurs, Dieu les attend-t-il ou les « déteste »-t-il ?

Jusque-là nous étions plutôt habitués à des passages bibliques parlant des offrandes de façon positive. Ainsi, Jésus parle de « présenter notre offrande à l’autel » (Mt 5.23). Et Paul, inspiré par le Saint-Esprit, dit qu’avec nos offrandes nous rendons « un culte agréable à Dieu » (Rm 12.1).

Agréable ou détestable ? Là encore, tout dépend. Bien entendu que le Seigneur attend que nous soutenions par nos dons le travail dans sa Vigne autant que nous le pouvons. Aucune somme – pas non plus « les deux petites pièces » de « la pauvre veuve » (Lc 21.1-2) – n’est superflue dans l’Eglise du Seigneur.

D’ailleurs, cet exemple nous montre que l’appréciation d’une offrande de la part de Dieu n’est pas liée au montant brut sans tenir compte du contexte.

Donc, aussi bien ce que Dieu dit de la dimension musicale du culte que ce qu’il dit de notre offrande en argent, montre que la forme ou apparence extérieure du culte, aussi important que cela puisse être, n’est que secondaire. Cela peut même contredire le but et contenu du culte.

Ce qui nous amène à réfléchir au

X X X 2 X X X

rôle primordial

du CONTENU du culte

Pourquoi, à l’époque d’Amos, Dieu « déteste » et « méprise »-t-il le chant, la musique et les offrandes des cultes du peuple d’Israël ?

Faisons un peu d’histoire. « Amos », contrairement à son contemporain Osée, est un habitant du royaume du sud, du royaume de Juda, avec Jérusalem comme capitale.

« Amos » était éleveur-agriculteur à « Tekoa » (Am 1.1), à quelque dix kilomètres au sud de Bethléhem.

Amos se présente lui-même ainsi : « Je suis berger et je cultive des sycomores[une sorte de figuier]. L’Eternel m’a pris derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : "Va prophétiser à mon peuple, Israël," » là-bas, dans le royaume du Nord avec Samarie comme capitale. (Am 7.14-15)

Le royaume du Nord était tombé bien bas. Les riches devenaient de plus en plus riches, les pauvres, exploités de façon éhontée, devenaient de plus en plus pauvres. L’argent, l’enrichissement à outrance, occupait les classes dirigeantes, et le clergé était complice des grands.

Tenez, voici un exemple des accusations d’Amos, une dizaine de versets avant notre texte : « Vos crimes sont nombreux, vos péchés sont multipliés. Vous opprimez le juste, vous recevez des pots-de-vin et vous violez le droit des pauvres. […] Ces temps sont mauvais. » ( Am 5.12-13)

Ou encore : « Ils changent le droit en absinthe et jettent la justice par terre. »(Am 5.7) « Ils violent le droit des malheureux. » « Ils ont vendu le pauvre pour une paire de sandales ». Sans parler des dérèglements sexuels au sein des familles (Am 2.7).

Bref, c’était la décadence morale de la société. Pourtant, au culte, ils faisaient comme s’ils étaient en règle avec Dieu. Au lieu de répondre aux appels à la repentance d’Amos, bientôt secondé par Osée, Esaïe et Michée, ils ont interdit aux prophètes de prophétiser (Am 2.12).

Tous ces méfaits, ils ne pouvaient pas les cacher à Dieu en les couvrant de cultes magnifiques et de riches offrandes. Dieu ne se laisse pas duper. « Les paroles de la bouche », les actes aussi, le comportement, doivent correspondre« aux sentiments du cœur » (Ps 19.15), sinon Dieu ne s’en laisse pas conter. Il ne se laisse pas berner par la splendeur de cultes hypocrites.

« Au contraire, » leur dit Dieu, « que le droit jaillisse comme un cours d’eau, et la justice comme un torrent qui n’arrête jamais de couler ! » (v. 24).

Bien entendu, Amos leur demande de changer de comportement, d’avoir un comportement en accord avec la justice civile, mais il ne se cantonne pas à leur comportement extérieur.

« Le droit et la justice », cela ne vous rappelle rien ? Bien sûr que si ! Le prophète Esaïe, contemporain du prophète Amos, en annonçant la venue du Messie, du « Prince de la paix, » indique que son royaume sera un royaume où régneront « le droit et la justice, dès maintenant et pour toujours » (Es 9.5-6).

C’est « le droit » du Messie Sauveur qui doit « jaillir comme un cours d’eau » dans nos cultes ! C’est « la justice » de Jésus-Christ qui doit « jaillir comme un torrent qui n’arrête jamais de couler » de sa Parole et de ses sacrements !

Bref, nos cultes doivent exprimer notre repentance et notre foi, ils doivent correspondre à notre repentance et à notre foi : notre repentance, parce que nous ne correspondons pas aux exigences de la sainte Loi de Dieu ; notre foi en Jésus-Christ, à qui nous devons d’être ce que nous sommes, des pécheurs graciés et sauvés, des enfants de Dieu et des héritiers de la vie éternelle.

Repentance et foi dans « le droit et la justice » du Messie-Sauveur, voilà ce qui manquait aux cultes des Israélites de l’époque. Voilà aussi pourquoi leurs cultes étaient en horreur à Dieu malgré leur somptuosité ; voilà aussi pourquoi Dieu « méprisait » leurs « offrandes » aussi grandes qu’elles aient été.

En fait, leurs cultes n’étaient que de grandioses mises-en-scène sans contenu spirituel. Voilà pourquoi Dieu leur a dit : « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées. »

Ils avaient considéré la forme suffisante ; ils avaient oublié le contenu, l’essentiel.

Chers amis, n’oublions jamais ce qui est central. La croix placée devant nos yeux doit nous le rappeler.

Dieu merci ! – pour parler avec l’apôtre Paul – « nous rendons un culte à Dieu par l’Esprit de Dieu ; » « nous plaçons notre fierté en Jésus-Christ et ne mettons pas notre confiance dans notre condition ! » (Ph 3.3)

Que le Seigneur nous maintienne dans cet état d’esprit de repentance et de foi de tous les jours ! Alors il prendra toujours plaisir à nos cultes, y compris à nos chants et à nos offrandes.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 12 Février 2012

Dimanche Sexagésime

Ps 119.89-91+105+114+116+123

Chants

Ô Seigneur, dans mon cœur je t’écoute AeC 150 : 1-5

Ecoutez, les amis, le semeur est sorti AeC 775 : 1-4l

Sur les chemins du monde AeC 605 : 1-2+4-5

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586 : 1-5

89 « Ta Parole, Eternel, est pour toujours établie dans le ciel.

90 Ta fidélité dure de génération en génération ; tu as fondé la terre, et elle subsiste,

91 C’est d’après tes lois que tout subsiste aujourd’hui, car tout l’univers est à ton service.

105 Ta Parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier.

114 Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse.

116 Soutiens-moi conformément à ta promesse, afin que je vive, et ne me déçois pas dans mon espérance.

123 Mes yeux se fatiguent à attendre ton salut et la promesse de ta justice. »

Chers amis

venus pour laisser éclairer votre sentier

par la Parole de Dieu !

Le texte que nous méditerons aujourd’hui est l’Introït – le psaume d’entrée – de notre dimanche, le Dimanche Sexagésime. Il y a fort longtemps, quand on parlait encore le latin, Sexagésime était placé le 60ème jour avant Pâques, toujours un mercredi.

« Sexagésime » est un mot latin qui signifie « soixantième ». En fait, pour plus de commodité, on le fête depuis longtemps le 8èmedimanche avant Pâques, ce qui fait 56 jours avant Pâques.

L’important, c’est le regard tourné vers la fête de la résurrection de notre Sauveur, pas le nombre exact, car chaque dimanche est en quelque sorte une petite fête de Pâques. Chaque dimanche, nous nous plaçons sous la lumière de notre Seigneur triomphant.

Notre texte est tiré du livre le plus long de la Bible – 150 chapitres, 150 psaumes – et, à l’intérieur du psautier, du psaume le plus long, le Psaume 119, qui comporte pas moins de 176 versets. Il est donc évident que notre prédication ne peut porter que sur un choix de versets, sinon rien que la lecture du psaume prendrait un bon quart d’heure.

Le thème de ce psaume le plus long de la Bible, c’est la Parole de Dieu. Le Psaume 119 en traite sous différents aspects, mais toujours dans sa relation avec le croyant : ce que le croyant trouve dans la Parole de Dieu, ce qu’il retire de l’écoute de son Dieu vivant.

Avec le psalmiste nous confessons avec foi :

« TA PAROLE, ETERNEL, »

ta Parole de puissance

comme celle de ta grâce,

« EST POUR TOUJOURS ETABLIE

DANS LE CIEL »

X X X 1 X X X

« ETERNEL,

TA PAROLE » DE PUISSSANCE

EST POUR TOUJOURS ETABLIE

DANS LE CIEL »

Rappelons nous, lors de la création du monde, « Dieu dit [par exemple]: "Qu’il y ait de la lumière ! " – et il y eut de la lumière » ou – autre exemple – : « "Que la terre produise de la verdure !" – et cela se passa ainsi : la terre produisit de la verdure. » (Gn 1.3+11-12)

C’est là l’effet de sa Parole toute-puissante. C’est ainsi que Dieu a créé notre univers : à partir de rien, rien que par l’effet de sa parole toute-puissante.

Quand nous, nous voulons qu’il y ait quelque chose, nous ne pouvons pas le faire à partir de rien. Pour fabriquer les bancs de notre église, il a fallu faire des planches à partir d’arbres qui ont été abattus. Pour les scier, il a fallu des scies, donc l’industrie métallurgique qui a fabriqué des scies à partir de minerai cherché dans le sol.

Pour manger, il ne suffit pas de claquer des doigts pour que les plats se mettent tous prêts sur la table. Il faut faire la cuisine et, auparavant, soit avoir son propre potager et son propre élevage soit acheter les denrées qui nous viennent de l’épicier, du boucher et du boulanger qui eux aussi se sont fait livrer par des éleveurs, des cultivateurs ou des maraîchers.

Pour faire de la lumière, il faut de l’énergie produite par des centrales, des lignes électriques pour l’acheminer et des lampes pour éclairer. Nous ne faisons rien à partir de rien. Nous ne faisons que transformer ce que Dieu, lui, a créé à partir de rien.

Et nous nous tournons toujours vers Dieu – même ceux qui ne le reconnaissent pas comme celui qui a créé le monde et qui le maintient vie. Tout le monde scrute la météo, tout le monde surveille sa santé, la grande majorité des personnes a peur de la mort.

En fin de compte, nous avons peu d’influence sur l’univers qui tourne, sur la vie qui passe. Cela fonctionne selon « la Parole de l’Eternel établie pour toujours dans le ciel ».

Et c’est bien ainsi. Quels cataclysmes ne provoquerions-nous pas si nous avions le pouvoir de diriger l’univers ! Les tensions et luttes que nous trouvons sur terre entre personnes, groupes ou nations, nous les retrouverions au niveau du fonctionnement de l’univers. Bonjour, les dégâts !

Alors, quel soulagement, de pouvoir dire avec le psalmiste : « C’est d’après tes lois que tout subsiste aujourd’hui, car tout l’univers est à ton service. » (v. 91) L’univers obéit à la parole toute-puissante de Dieu. Certes, le monde a été marqué par le péché, et son fonctionnement s’en ressent, mais ce n’est pas parce qu’il échappe au contrôle de Dieu, mais parce que cela se passe comme Dieu l’avait annoncé, au cas où l’humanité se révolterait contre lui.

Mais, comme le diraient les jeunes aujourd’hui, Dieu « masterise tout ». « Tu as fondé la terre, et elle subsiste, » elle est entre tes mains et « ta fidélité dure de génération en génération » (v. 90).

Nous pouvons lui faire confiance. Il la conduira à son terme. Le cours des choses ne lui échappera pas, à lui, le « Maître de l’univers » (Es 1.9). La fin du monde, ce sera lui qui en fixera le moment et qui en dirigera le déroulement par sa Parole toute-puissante.

Pas besoin de s’affoler par les temps qui courent où l’on entend parler d’une fin du monde pour le 21 décembre 2012, fin prétendument prédite par un calendrier maya.

Pas non plus besoin de s’affoler pour notre propre vie … ou notre propre mort. Nous savons que nous sommes « étrangers et voyageurs sur la terre » (Hé 11.13) et que ce voyage prendra fin un jour pour déboucher sur l’arrivée dans la félicité éternelle car, grâce à Jésus, « notre citoyenneté est dans les cieux » ! (Ph 3.20)

Mais nous savons aussi que dans tout cela – aussi bien dans la conduite de l’univers que dans celle de nos vies – Dieu reste au gouvernail, un Dieu de puissance, mais aussi un Dieu de grâce, car c’est aussi en tant que tel qu’il se présente dans sa Parole, et plus particulièrement dans notre texte.

X X X X X X

« ETERNEL,

TA PAROLE » DE GRÂCE

EST POUR TOUJOURS ETABLIE

DANS LE CIEL »

Que ça fait du bien, ce « pour toujours » ! C’est là une promesse qui vaut son pesant d’or. Jusqu’à la fin des temps Dieu fait annoncer sa parole de grâce. Nos péchés et l’hostilité ouverte de notre monde à Dieu ne l’amèneront jamais à dire : « Maintenant, c’est fini ! J’en ai marre de leur pardonner les péchés. Je ne les gracierai plus. »

Nous n’avons pas besoin de craindre une telle réaction de la part de Dieu. Sa « Parole est établie pour toujours dans le ciel », aussi sa parole de grâce et de pardon.

Le psalmiste rappelle cette « promesse » à Dieu, et il y trouve un grand réconfort : « Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse. » (v. 114)

Cette « promesse » de gracier et de pardonner s’applique à toute personne qui reconnaît et confesse ses péchés, même à ceux qui, après s’être détournés de Dieu, reviennent à lui tout penauds.

Tenez ! Dimanche dernier, nous avons commencé l’étude biblique du livre du prophète Osée. Il y a de quoi rester baba en lisant les trois premiers chapitres (ils sont très courts).

Le peuple d’Israël était devenu infidèle à Dieu et avait couru après les idoles. Dieu, pour lui faire comprendre qu’il lui reste fidèle s’il revient à lui, a demandé à Osée d’épouser … une prostituée, puis, lorsqu’elle s’est de nouveau vendue à d’autres, de la racheter, de la reprendre et de continuer à l’aimer. Cela devait mettre en scène l’amour fidèle de Dieu à son peuple par-delà ses infidélités, s’il revenait à lui avec repentance et foi.

L’énormité du sacrifice que Dieu demande à Osée donne une idée de la profondeur et de la solidité de l’amour de Dieu pour nous, pécheurs.

A un Dieu qui nous aime à ce point nous pouvons dire avec le psalmiste : « Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse. »

Sa grande promesse, sa promesse fondamentale, c’est qu’il nous « a tant aimé qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3.16)

Mais de cette « promesse » découlent bien d’autres promesses. Si, grâce à Jésus, Dieu nous a pardonnés, il n’est plus contre nous mais avec et pour nous, il est notre Allié. Et quel Allié : le « Créateur » et « Maître de l’univers » ! Un Dieu qui ne renie pas ses promesses de pardon au croyant.

Cela nous rassure déjà de savoir que notre sort ne dépend pas des hommes mais de la toute-puissance de Dieu, mais cela nous soulage encore davantage de savoir qu’il est aussi fidèle en amour, en compassion et en assistance.

Dans la difficulté, dans l’épreuve, dans le malheur, nous pouvons lui dire avec confiance : « Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse. Soutiens-moi conformément à ta promesse, afin que je vive, et ne me déçois pas dans mon espérance. »

Et quand nous voyons se rapprocher la fin de notre pèlerinage ici-bas – ou tout simplement en y songeant, même si la mort semble lointaine – nous pouvons dire avec assurance : « Mes yeux se fatiguent à attendre ton salut et la promesse de ta justice. » (v. 123)

Pas la promesse de notre justice, mais de la sienne, cette « justice »renversante déjà annoncée par des prophètes comme Esaïe (Es 9.5-6), la justice du Messie-Sauveur, une justice qui nous permet de subsister devant Dieu, une justice que le Christ nous a procurée.

Cette justice du Christ qui nous apporte le pardon contient aussi la promesse de la félicité éternelle. C’est là « l’espérance » ferme du psalmiste. C’est là aussi notre certitude fondée sur l’œuvre de Jésus-Christ.

Voilà ce que Dieu, fidèle avec puissance et avec grâce, nous promet en Jésus-Christ. Voilà la lumière que la Parole de Dieu jette sur nos existences.

Voilà aussi pourquoi nous confessons avec le psalmiste : « Ta Parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » (v. 105)

« Ta Parole, Eternel, » ta Parole de puissance comme ta Parole de grâce, « est pour toujours établie dans le ciel, » mais elle brille jusque sur terre et illumine nos vies. Ne nous la retire jamais ! Loué sois-tu !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

 

Sermon du Dimanche 5 Février 2012

Dimanche SEPTUAGESIME

1 Co 9.22-23

Chants proposés :

Gloire à ton nom, ô Dieu de paix LlS 9:1-3

Par grâce, ô Dieu, par ta clémence, LlS 223:1-5

Eternel, Roi des cieux, Eternel, notre Père LlS 188: 1-3

22 « J’ai été faible avec les faibles afin de gagner les faibles.

Je me suis fait tout à tous afin d’en sauver de toute manière quelques-uns,

23 Et je fais cela à cause de l’Evangile, afin d’avoir part à ses bénédictions. »

Chers frères et sœurs

qui « avez part aux bénédictions de l’Evangile » !

Nous sortons tout juste du Temps de l’Epiphanie. Nous venons de célébrer la Fête de la Transfiguration. Nous aimerions bien, comme Pierre, nous trouver et demeurer loin du pullulement des foules, du stress de la vie quotidienne, seul avec notre Seigneur dans une espèce de septième ciel.

Mais non, ce n’est pas là ce que notre Seigneur attend de nous. Il a fait redescendre Pierre, Jacques et Jean de la montagne de la Transfiguration ; il les a ramenés au milieu du monde : c’est là qu’est la place des siens, c’est là qu’il veut qu’ils vivent au contact des autres (Mt 17.1-9).

Sans doute nous conseille-t-il de nous retirer dans un endroit tranquille, « notre chambre » par exemple, pour nous entretenir avec lui dans la prière (Mt 6.6) …

Mais ensuite il veut que nous en ressortions, de notre chambre, pour être « sel de la terre » et « lumière du monde » (Mt 5.13-14).

Sans doute attend-t-il de nous que nous nous retrouvions en paroisse autour de sa Parole et de ses sacrements, que nous venions l’y louer et adorer dans la communion des frères et sœurs dans la foi (Hé 10.25) …

Mais ensuite il veut que nous nous dispersions de nouveau dans le monde pour y « annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2.9).

Que notre Seigneur nous ait obtenu le pardon et le salut par pure grâce, sans que nous l’ayons mérité, sans que nous y soyons pour quelque chose, rien que parce qu’il a tout arrangé lui-même au prix de sa vie, cela nous remplit de joie, de foi et d’espérance, cela fait déborder notre cœur de gratitude, cela ne peut rester secret, il faut que nous le fassions savoir autour de nous.

N’empêche que la façon dont Paul en parle ici, ça nous surprend peut-être. « Je fais cela » – essayer « d’en sauver quelques-uns »  « à cause de l’Evangile, afin d’avoir part à ses bénédictions. » (v. 23).

Ah ! bon ? Je fais cela pour être béni ? Je témoigne de ma foi pour être récompensé ? Je fais de l’évangélisation pour être sauvé ?

Cela ne signifie-t-il pas que mon salut dépend de mes mérites ? Paul ne se contredit-il pas avec ce qu’il ne cesse de répéter ailleurs ? Son leitmotiv, le message qui revient partout dans ses épîtres – comme dans le reste de l’Ecriture – n’est-il pas : « En effet, c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter » ? (Ep 2.8-9)

Comment comprendre alors ce qu’il dit ici :

X X X 1 X X X

«Je fais cela »

– essayer « d’en sauver quelques-uns » 

« à cause de l’Evangile,

afin d’avoir part à ses bénédictions » ?

Ce qu’est « l’Evangile », nous le savons, c’est la Bonne Nouvelle que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3.16)

« L’Evangile », c’est la Bonne Nouvelle de ce que Jésus a entrepris, au prix de sa vie, pour nous arracher à notre sort de pécheurs coupables et rejetés par Dieu, pour nous réconcilier avec Dieu et nous obtenir son pardon, la vie et le salut.

En rappelant ainsi ce qu’est « l’Evangile », nous avons aussi évoqué « ses bénédictions », ses bienfaits. Il n’y a que du bon dans « l’Evangile », c’est de la Bonne Nouvelle par excellence. Nous y apprenons que, sans que nous l’ayons mérité, rien qu’à cause de l’intervention massive de Jésus, Dieu a changé sa colère en bonté, sa malédiction en bénédiction, son hostilité en amour paternel.

Nous étions rejetés à cause de notre état pécheur, nous voilà, grâce à Jésus, adoptés par Dieu comme ses enfants. Nous devrions craindre sa colère, et voilà que nous pouvons nous appuyer sur son affection et sa fidélité. Au lieu de nous fermer le ciel, celui-ci nous est maintenant grandement ouvert, même une place nous y est déjà réservée !

Nous portons des noms tels que « enfants de Dieu » (Rm 8.14), « enfants de la promesse » (Ga 4.28), « enfants de lumière » (Jn 12.36), « les bénis du Père »(Mt 25.34), « cohéritiers de Christ » et « héritiers de Dieu » (Rm 8.17), même « prêtres royaux » (1 P 2.9) ! Et ce ne sont là que quelques-uns de nos titres glorieux.

Par Jésus-Christ nous avons été bénis, comblés au plus haut point. De « morts »spirituels (Ep 2.1+5) il a fait de nous des « pierres vivantes » à l’édifice de son Royaume (1 P 2.5).

Et cette « vie spirituelle à laquelle nous sommes nés » (Ga 6.1), nous la cacherions ? Nous ferions les morts … que nous ne sommes plus … et que nous ne voulons plus redevenir ? Ce serait un peu – pour parler comme Jésus lui-même – ce serait comme cacher le talent que Dieu nous a confié pour le faire fructifier (Mt 25.14-30).

Dieu ne nous a pas seulement bénis pour nous-mêmes, il nous a aussi bénis pour que nous soyons en bénédiction pour les autres. Oublier cela, c’est un peu oublier que « Dieu veut que tous les hommes » – pas seulement toi et moi – « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2.4).

« Les bénédictions de l’Evangile » nous ont été accordées par pure grâce, sans que nous y soyons pour quelque chose. Par contre, elles peuvent se perdre par notre propre faute.

Par exemple, le pardon de nos péchés nous a été obtenu par Jésus par pure grâce, mais nous pouvons le perdre « si nous ne pardonnons pas non plus aux autres leurs offenses » (Mc 11.26).

« Le talent » de la parabole – le trésor des bénédictions divines – nous a été remis par pure grâce, mais il peut nous être repris si nous le gardons égoïstement pour nous tous seuls.

C’est ce que Paul veut dire quand il écrit ici : « Je fais cela » – essayer « d’en sauver quelques-uns »  « à cause de l’Evangile, afin d’avoir part à ses bénédictions. » (v. 23). Paul ne veut pas se mériter le salut par l’exercice de son apostolat, mais il ne voudrait pas perdre son salut par désobéissance ou paresse.

Nous n’avons pas été appelés à l’apostolat comme Paul, Pierre, Jean et d’autres. Dieu n’attend pas de nous la même chose que d’eux. Mais il nous a « appelés des ténèbres à son admirable lumière » pour que nous en « témoignions », pour que cela se voie et se sache.

Comment cela ? Paul nous dit comment il s’y prend. Et chacun de nous, là où Dieu l’a placé dans la vie, peut l’imiter. Que fait-il ?

X X X 2 X X X

« Je me suis fait tout à tous

afin d’en sauver de toute manière

quelques-uns. »

« Quelques-uns » … N’« en sauver » que « quelques-uns » ! Cela le rend déjà heureux. Paul sait que la tâche est dure. Nous le comprenons très bien. On a l’impression qu’il parle de notre pays, de notre situation en ce début de 3ème millénaire. « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil »dirait le roi Salomon (Ec 1.9).

Cela signifie aussi que, nous, les « sauvés », nous ne sommes que « quelques-uns » dans la masse. Qu’étaient les quelques chrétiens après l’Ascension du Seigneur dans le vaste empire romain, pour ne parler que de l’empire et même pas de tout le reste du monde ? – « Quelques-uns ! »

« Quelques-uns ! » Mais pas « quelques » résignés, pas « quelques »hésitants, pas « quelques » recroquevillés sur eux-mêmes, mais « quelques » enthousiastes remplis du feu de la Pentecôte, du feu de l’Esprit Saint.

Non, ils n’étaient pas nombreux, mais ils savaient qu’ils étaient appelés à se multiplier. Ils se savaient privilégiés – privilégiés par la grâce de Dieu, privilégiés par rapport à ceux qui demeuraient encore perdus, car sans Christ – et ils savaient que ce privilège divin et éternel, le Seigneur leur demandait de le partager, du moins d’essayer de le partager.

Et c’est encore ce à quoi nous sommes appelés aujourd’hui : faire le nécessaire « pour en sauver de toute manière quelques-uns ».

Au Moyen-âge, à une époque où bien peu de gens savaient lire, l’image, les vitraux et la sculpture ont dû remplacer la parole. « En sauver de toute manière quelques-uns » était représenté par les croyants sur le bateau de l’Eglise, en train de se pencher par-dessus bord pour hisser dans le bateau les personnes perdues qui se débattaient dans l’eau.

Le détail qui nous intéresse ici, c’est qu’il faut se pencher par-dessus bord pour essayer d’« en sauver quelques-uns ». C’est une image. Question : Comment se penche-t-on vers ceux qui sont en train de se noyer, en train d’être perdus pour l’éternité ?

Paul nous donne un tuyau. Il nous dit comment lui s’y prend : « J’ai été faible avec les faibles afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous. »

Juste avant notre texte, il donne encore d’autres exemples de son adaptation à ceux qu’il veut sauver : « Avec les Juifs, j’ai été comme un Juif […] ; avec ceux qui sont sous la loi de Moïse, comme si j’étais sous la loi […] ; avec ceux qui sont sans la loi, comme si j’étais sans la loi[…]. »

Chaque fois il répète pourquoi il le fait : « afin de sauver le plus grand nombre » de la séparation d’avec Dieu et de la damnation éternelle et de les « gagner » pour une vie dans la foi suivie de la vie éternelle (1 Co 9. 19-22). Il le répète 6 fois en 5 versets.

« Parce que j’ai clairement et constamment ce but en vue, » indique-t-il, « je me suis fait tout à tous ». Cela ne veut pas dire que Paul est devenu une girouette, changeant de position selon ses auditeurs. Il ne parle pas du fond, du message. Là il pouvait être dur pour ceux qui s’écartaient de l’Evangile de Jésus-Christ.

Non, il parle de méthode, d’attitudes. Il s’est adapté à ses différents auditoires, il a présenté l’Evangile de façon à ce qu’ici un Juif le comprenne, mais que là un païen puisse aussi suivre sa présentation de la vérité salutaire.

Il s’est aussi adapté à leurs cultures respectives, se comportant différemment à Jérusalem qu’en Grèce, par exemple. Si on choque les gens d’emblée, comment voulez-vous qu’ils prennent votre main si vous la leur tendez ?

Nous devons avoir le cœur assez gros, l’esprit assez large pour laisser nos principes culturels derrière nous quand ils érigent des barrières inutiles entre nous et les incroyants.

Il faut s’opposer à ce que Dieu défend, mais on peut le faire en faisant sentir à ceux qui sont dans l’erreur qu’on les aime, qu’on veut leur bien et qu’on fait tout pour trouver un terrain de rencontre.

Un exemple tout bête : Si vous invitez un musulman et que vous avez un chien dans la maison, vous le choquez. Bien sûr que vous avez le droit d’avoir un chien, mais il faut savoir ce qu’on veut.

Ou si vous invitez un Juif et que vous servez du porc, vous faites le contraire de ce que Paul a fait.

Bref, si nous voulons « en sauver quelques-uns », apprenons à connaître le mode de vie et l’état d’esprit de ceux que nous voulons « gagner » à Jésus-Christ pour construire des passerelles en leur direction.

Que notre Seigneur nous pardonne nos inflexibilités là où elles ne sont pas requises et nous remplisse de beaucoup d’amour et d’une grande faculté d’adaptation à ceux qui ont besoin de nous pour ne pas se perdre éternellement !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 15 Janvier 2012

2ème Dimanche après l’Epiphanie

Mt 11.12-15

Chants proposés :

Célébrons son œuvre étonnante ! AeC 105:1-4

Béni soit le Seigneur (Cant. de Zacharie) AeC 177:1-3

Il est pour le fidèle, au-delà du tombeau AeC 640:1-4

12 « Depuis l’époque de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est assailli avec force, et des violents s’en emparent.

13 "En effet, tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean.

14 Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Elie qui devait venir.

15 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

Chers frères et sœurs en Christ,

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (v. 15)

Êtes-vous des êtres uniques ou des êtres réincarnés ? La question vous surprend ? Je comprends. Je vous propose d’y réfléchir, parce que certains, s’appuyant sur notre texte, affirment que Jean-Baptiste serait le prophète Elie réincarné.

Normalement, il aurait dû être question de Jean-Baptiste dimanche dernier. Mais comme l’Epiphanie (le 6 janvier) tombait cette année un vendredi, nous l’avons fêtée le dimanche d’après, le 1er dimanche après l’Epiphanie.

Je me permets donc de faire un retour en arrière, car la théorie de la réincarnation hante pas mal les esprits de nos contemporains ; ils se croient pourtant si éclairés. Il y en a qui pensent même trouver la réincarnation enseignée dans la Bible. Il faut donc que nous en ayons le cœur net.

Posons-nous les deux questions :

1. ELIE S’EST-IL REINCARNE

EN JEAN-BAPTISTE ?

2. ET NOUS,

SOMMES-NOUS DES REINCARNATIONS

DE PERSONNES DU PASSE ?

X X X 1 X X X

ELIE S’EST-IL REINCARNE

EN JEAN-BAPTISTE ?

Avouez ! En lisant de façon superficielle, si on ne prend pas la peine de se rappeler tout ce que Dieu nous dit par ailleurs dans sa Parole, cette phrase de Jésus peut étonner : « Si vous voulez bien l’accepter, [Jean-Baptiste,] c’est lui l’Elie qui devait venir. » (v. 14)

Que des personnes sans connaissance biblique se mettent à songer à la réincarnation, on peut le comprendre. N’étant pas portées par la foi au salut et en la résurrection corporelle, elles peuvent être emportées par n’importe quelle utopie.

Comment faut-il comprendre cette affirmation de Jésus ? Que signifie : « Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Elie qui devait venir » ?

Il faudrait peut-être déjà écouter ce que Jésus dit exactement. Il ne dit pas : « Jean-Baptiste est Elie le Tischbite ». Il ne dit pas : « Jean-Baptiste est cet Elie qui a vécu autrefois.

Non, il utilise une façon de parler très courante. Ainsi, il nous arrive de dire d’un bon stratège ou général : « C’est un Napoléon », ou d’un tyran sanguinaire : « C’est un Hitler » ou : « C’est un Staline » ; ou d’un bon cuisinier : « C’est un vrai Bocuse ! »

Personne ne comprend par là que les personnes dont nous parlons seraient la réincarnation de Napoléon, de Hitler, de Staline ou de Bocuse. Nous voulons dire par là qu’elles sont du même genre, qu’elles sont de la même espèce, que leurs actes rappellent celles des personnages que nous avons cités.

Donc, Jésus ne dit pas ici : « Jean-Baptiste est Elie », mais : « Jean-Baptiste est cet Elie qui devait venir. »

Il est le prophète qui a lui-même été annoncé par un prophète. C’est le prophète Esaïe qui l’a annoncé en premier. Dans son chapitre 40, il prédit : « Une voix crie dans le désert : "Préparez le chemin de l’Eternel, faites une route bien droite pour notre Dieu dans les endroits arides !" Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline abaissée. Ce qui est tortueux sera redressé et les endroits rocailleux aplanis. Alors la gloire de l’Eternel sera révélée. » (Es 40.3-5)

Jésus ne dit pas : « Jean-Baptiste est Elie », mais : « Jean-Baptiste est cet Elie qui devait venir, » ce fameux précurseur du Messie annoncé par Esaïe (Es 40.3) et qui rappelle le grand Elie (Mal 3.23 ; 4.5).

Jésus veut souligner les traits communs de ces deux hommes exceptionnels dans l’histoire du peuple de Dieu.

1er point de ressemblance : Tous deux étaient des prophètes consumés par le zèle de Dieu.

Elie a été, au 9ème siècle avant J.-C., appelé à s’opposer, pratiquement seul, à l’introduction du culte idolâtre de Baal par le roi Achab et la reine Jézabel.

Jean-Baptiste, quant à lui, avait été chargé, en marge de la structure de l’Eglise de son temps, de préparer les cœurs à recevoir le Messie en la personne de Jésus-Christ.

2ème point de ressemblance : Tous deux menaient une vie austère.

Elie portait un vêtement de peau ou fait d’une étoffe grossière de poils de chameau, sorte de pagne retenu sur ses reins par une ceinture de cuir (2 R 1.8 ; 19.13).

Quant à Jean-Baptiste, son costume rustique – « un vêtement en poils de chameau » avec « une ceinture de cuir autour de la taille » (Mc 1.6) – son costume, donc, rappelait effectivement le prophète Elie. En fait, leur costume austère devait souligner l’appel à la repentance qu’ils ont, tous les deux à leurs époques respectives, fait retentir en Israël.

3ème point de ressemblance : Tous deux ont critiqué le comportement impie de leurs rois respectifs.

Elie s’en est pris au roi Achab, l’un des rois d’Israël les plus impies et cruels qu’ait connu le royaume du nord, roi qui entraîna aussi son peuple dans l’idolâtrie du dieu païen Baal.

Jean-Baptiste, quant à lui, s’en est pris à la débauche d’Hérode le tétrarque qui vivait dans l’adultère avec Hérodiade, la femme de son frère Philippe.

Enfin, 4ème point de ressemblance : Tous deux furent haïs par les reines qui ont cherché à les assassiner.

La reine païenne Jézabel, voulait généraliser le culte de Baal en Israël. Voyant son plan contrecarré par Elie, elle a juré de le faire mourir, mais Dieu ne l’a pas permis, même, Elie n’est jamais mort : Dieu l’a fait monter au ciel sans qu’il ne passe par la mort.

Quant à Jean-Baptiste, lui, il fut en butte à Hérodiade. Celle-ci, vexée de voir un prédicateur du désert critiquer sa vie adultère, fit décapiter le gênant Jean-Baptiste (Mt 14.3-12). Dieu avait trouvé que sa mission était accomplie et que pour lui, le moment était venu de « gagner » au change en passant de cette vie au paradis (Ph 1.21).

Elie et Jean-Baptiste avaient donc bien des points communs. Le dernier rappelait le premier. C’est dans ce sens que Jésus a dit : « Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Elie qui devait venir. »Ressemblance n’est pas identité.

D’ailleurs, Jean-Baptiste dit clairement : « Je ne le suis pas, Elie. » (Jn 1.19-28). Je ne fais que lui ressembler par mon apparence, par mon ministère et par l’hostilité des grands que cela provoque.

Et puis, rappelons-nous ce que « la voix du ciel dit à [l’apôtre] Jean : "Heureux dès à présent ceux qui meurent dans le Seigneur ! Ils se reposent …" » (Ap 14.13)

Les croyants au ciel « se reposent … » On ne peut vraiment pas considérer la vie de Jean-Baptiste (capturé, emprisonné, décapité) comme un « repos », ou, pour reprendre une parole de Paul, comme une existence « de beaucoup meilleure » (Ph 1.23) pour Elie, si Jean-Baptiste devait être la réincarnation d’Elie. Cela ne tient tous simplement pas.

Non, ni ce que Jésus dit de Jean-Baptiste ni ce que Dieu nous dit ailleurs dans l’Ecriture Sainte ne permet de voir en Jean-Baptiste la réincarnation du prophète Elie.

Bon, d’accord, mais …

X X X 2 X X X

SOMMES-NOUS DES REINCARNATIONS

DE PERSONNES DU PASSE ?

Ceux qui, dans notre monde occidental, parlent ou rêvent de réincarnation, se laissent en fait entraîner dans des rêveries qui n’ont rien à voir avec la théorie de la réincarnation. Celle-ci est une chose horrible. Voyez vous-mêmes !

Qu’est-ce que la théorie de la réincarnation ?

Selon cette théorie, l’âme immortelle, le véritable moi intérieur d’essence divine (comme si le corps n’était pas aussi créé par Dieu), passerait d’un corps matériel à un autre par une série d’existences réincarnées en raison de la loi du karma.

On ne peut dissocier la théorie de la réincarnation de celle du karma.

Qu’est-ce que la loi du karma ?

Selon cette théorie, une personne doit passer par une succession de vies terrestres pour rétablir l’équilibre d’une vie parfaite par ses propres efforts et pour expier sa dette karmique (le poids des actes des vies antérieures).

La théorie de la réincarnation et du karma

est-elle compatible avec le message biblique ?

Nous verrons que non. La théorie de la réincarnation et du karma est contraire à la Parole de Dieu, et ceci au moins sur les 6 points suivants que j’ai trouvés :

a) Cette théorie prône le salut par les œuvres,

ce qui est en contradiction flagrante avec le message central de l’Evangile. Là, Dieu nous dit que son Fils nous a pleinement sauvés des conséquences de notre péché. Nous n’avons qu’à lui faire confiance. Nous n’avons pas besoin de chercher à nous sauver nous-mêmes par nos efforts, ou à expier nos fautes. Jésus l’a fait par pure grâce, sans aucun mérite de notre part.

Rappelez-vous … et réjouissez-vous en : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter. » (Ep 2.8-9)

Nous n’avons, fort heureusement, pas à passer notre vie à essayer de nous débarrasser de la colère et de la damnation de Dieu. « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, étant devenu malédiction pour nous, » lui, dans son amour insondable, s’étant fait damner à notre place. (Ga 3.13)

« Jésus-Christ le Juste est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Jn 2.2)

b) La théorie de la réincarnation et du karma s’oppose ensuite à l’amour du prochain.

Selon cette théorie, on ne doit pas venir en aide aux souffrants et aux nécessiteux, sinon on les empêcherait d’expier les fautes de leurs vies antérieures. C’est là le grand problème de fond de la misère en Inde : si vous venez en aide aux nécessiteux, il leur faudra une réincarnation de plus pour s’en sortir, car vous les empêchez de payer pour leurs fautes.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles les Hindous haïssent les chrétiens et s’en prennent à leurs missionnaires et à leurs familles : pour eux, les chrétiens, en exerçant l’amour du prochain, dérangent le cycle du karma et des réincarnations.

C’est vraiment tout à l’opposé des exhortations apostoliques : « Portez les fardeaux les uns des autres » (Ga 6.2) ou : « N’oubliez pas de faire le bien et de vous entraider, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir. » (Hé 13.16)

c) En troisième lieu, la théorie de la réincarnation et du karma méprise le corps humain.

Or, comme notre âme, notre corps aussi a été créé par Dieu, racheté par son Fils et sanctifié par le Saint-Esprit en vue de la félicité éternelle ;

« Le Seigneur Jésus-Christ transformera le corps de notre humiliation pour le rendre conforme à son corps glorieux par le pouvoir qu’il a de tout soumettre à son autorité. » (Ph 3.21)

Et nous attendons cette résurrection de nos corps avec joie.

d) En quatrième lieu, la théorie de la réincarnation et du karma sème le doute.

C’est là tout à fait à l’opposé de la rassurante certitude du salut procurée par l’Evangile. Avec Paul, nous disons avec sérénité et certitude :

« Je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder le dépôt qu’il m’a confié jusqu'à ce jour-là. » (2 Tm 1.12)

D’ailleurs, Jésus nous dit : « Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres. » (Jn 8.36) – pas … peut-être, pas après de multiples tentatives au cours de x réincarnations.

e) La théorie de la réincarnation et du karma nie que le verdict de chacun est arrêté au moment de son décès.

En fait, la Bible nous dit que plus rien ne change à notre destinée éternelle entre notre décès et le retour du Christ pour le jugement Dernier :

Celui qui est mort dans la foi en Jésus-Christ, est mort acquitté et entendra au Dernier Jour Jésus annoncer publiquement cet acquittement.

Quant à celui qui est mort dans l’incrédulité, il est mort damné et entendra au Dernier Jour Jésus annoncer publiquement sa damnation.

« Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois [ils ne vivent donc aussi qu’une seule fois !], après quoi vient le jugement, » (Hé 9.27) sans que notre sort change entre notre mort et le jugement.

f) Finalement, la théorie de la réincarnation et du karma nie le salut et le bonheur parfaits des croyants dès leur décès.

Nous y avons déjà fait allusion quand nous avons parlé d’Elie et de Jean-Baptiste. L’Evangile de Jésus-Christ a, là, des paroles réconfortantes à opposer à la terrible théorie de la réincarnation. Avec Paul, nous pouvons dire au moment où le Seigneur nous rappellera :

« J'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur. » (Ph 1.23)

Jésus n’a-t-il pas promis au larron repentant sur la croix : « Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23.43) ? A« l’aujourd’hui » de notre mort nous nous retrouverons directement au paradis.

Aussi notre liturgie des funérailles annonce-t-elle face à la tombe : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, et ce dès maintenant ! Oui, dit l'Esprit, ainsi ils se reposent de leurs travaux, mais leurs œuvres les suivent. » (Ap 14.13)

Non, vraiment, ceux qui se détournent de l’Evangile vers la théorie de la réincarnation et du karma n’ont rien compris ou bien à l’Evangile, ou bien à la théorie de la réincarnation, sans doute qu’ils n’ont compris aucun des deux.

Quant à nous, remercions le Seigneur pour son Evangile de grâce et de salut en Jésus-Christ !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

Sermon du Dimanche 8 Janvier 2012

.EPIPHANIE. Ep 3.1-6

Chants proposés :

Ô Jésus, Fils du Père, Jésus, humble Sauveur LlS 67:1+4-6

Voici venir les mages LlS 68:1-4

L’étoile brille en Occident, LlS 66: 6-11

Jérusalem, laisse passer le Roi, LlS 162:1-3

« Moi, Paul, je suis le prisonnier de Jésus-Christ pour vous, les non-Juif,

si du moins vous avez appris comment je fais part de la grâce de Dieu qui m’a été confiée pour vous.

C’est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère tel que je l’ai déjà décrit en quelques mots.

En les lisant, vous pouvez vous rendre compte de la compréhension que j’ai du mystère de Christ.

Il n’a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme il a maintenant été révélé par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes.

Ce mystère, c’est que les non-Juifs sont cohéritiers des Juifs, qu’ils forment un corps avec eux et participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l’Evangile. »

Chers amis issus de peuples « païens »,

qui « participez à la promesse de Dieu

en Jésus-Christ » !

« Réflexions d’un "Juif" à des "non-Juifs" » suis-je tenté d’intituler ce sermon, par analogie à cette brochure de L’Heure Luthérienne intitulée : « Réflexions d’un détenu à ses codétenus ».

« Réflexions d’un "Juif" à des "non-Juifs" », cela est complètement dans l’esprit de Paul dans ce texte. Cela correspond aussi tout à fait au thème de l’Epiphanie.

« Epiphanie » est un mot grec qui signifie : « apparition ». La fête de l’Epiphanie parle de l’apparition du Sauveur du monde aux « non-Juifs ».

C’est la raison pour laquelle l’histoire « des mages venus d’Orient » est généralement lue comme texte d’Evangile en ce jour. « Les mages » – combien étaient-ils ? – Ce n’est pas dit. En tout cas ce n’était pas des rois, mais des érudits, des savants de l’époque, des savants issus du monde païen – « les mages », disais-je, ont été les premiers « non-Juifs » à avoir « adoré » Jésus comme leur Sauveur et Roi (Mt 2.1-12).

Depuis lors, bien des générations de « non-Juifs » ont suivi leur exemple. Ainsi, assez au début, les « non-Juifs » de la ville grecque d’Ephèse, à qui Paul écrit ce texte. (Ep 1.1)

Mais il s’adresse aussi aux « non-Juifs » que nous sommes sans doute tous. Encore que … allez savoir quels croisements ont pu avoir lieu dans notre arbre généalogique au cours des millénaires passés ! On a même trouvé, sans pouvoir expliquer leur origine, des peuples Juifs noirs non seulement en Ethiopie (les Falashas), mais aussi en Ouganda, au Nigeria, en Afrique du Sud, au Zimbabwe et au Congo.

En fait, être « Juif » ou « non-Juif » n’a aucune espèce d’importance. C’est ce que Paul nous dit ici. Lui s’est toujours présenté comme un « Juif ». Il n’a jamais caché ni renié ses origines. Les autres apôtres et les premiers chrétiens de Jérusalem l’étaient aussi, comme d’ailleurs, ne l’oublions jamais, notre Seigneur lui-même l’a été.

Mais rapidement, le Seigneur a envoyé les apôtres, les évangélistes et tous les chrétiens de la première génération vers les « non-Juifs ». Vous pouvez relire cela dans les premiers chapitres du livre des Actes des Apôtres.

« Le mystère du Christ » (v. 4), « le mystère » du salut de l’humanité, « le mystère » des « promesses de Dieu en Jésus-Christ » (v. 6), ne devait pas rester connu des seuls « Juifs », mais devait et doit toujours être aussi porté à la connaissance du vaste monde des « non-Juifs ».

Il est vrai que « le mystère du Christ » nous a été apporté, à nous, les « non-Juifs », par des « Juifs » comme Paul et les autres apôtres. Posons-nous, aujourd’hui, les deux questions suivantes :

1. EN QUOI CONSISTE

« LE MYSTERE DU CHRIST » ?

2. QUELLES EN SONT

LES ETAPES DE LA REVELATION

A L’EPIPHANIE ?

X X X 1 X X X

En quoi consiste

« LE MYSTERE DE CHRIST » ?

Paul nous donne quelques clés pour trouver la réponse. Il parle de « promesse ». Ça, c’est un langage que nous comprenons, un langage que nous apprécions fortement. Que serait une vie sans promesses ? Nous ne saurions avancer sereinement si nous ne pouvions nous appuyer sur des promesses.

Comme gamins, nous nous faisons des promesses d’amis, des promesses d’ailleurs pas toujours avouables, par exemple de ne pas dénoncer l’autre quand il a fait quelque chose de répréhensible.

Dans le monde du travail, cela s’appelle contrat. Là, c’est surtout, en France, le CDI – contrat à durée indéterminée, donc non limité dans le temps – qui est une promesse rassurante.

Dans la vie de couple, ce sont les promesses d’amour, d’estime, de fidélité et d’entraide faites lors des engagements mutuels au cours de la cérémonie du mariage.

Dans l’Eglise, ce sont les vœux du Baptême, les engagements lors de la confirmation, de l’admission comme membre, ou lors de l’ordination et l’installation d’un pasteur ou la consécration d’un diacre.

Retirez ces promesses de votre vie, et vous avancez à l’aveuglette, comme à travers un brouillard. Vous ne savez où cela va vous mener.

Eh bien ! Dieu n’est pas un Dieu brumeux et évasif ; il n’est pas un Dieu du doute. Il est le Dieu des « promesses » et des certitudes. Ailleurs il est question d’« alliance », ce qui n’est rien d’autre qu’une promesse solennelle de fidélité. On parle de l’alliance du Baptême, de « la nouvelle alliance en son sang » dans la Cène (Lc 22.20).

Partout nous entendons Dieu nous rappeler sa « promesse » de « l’Evangile », de cette Bonne Nouvelle qui est centrée sur « Jésus-Christ ». C’est lui qui a poussé Dieu à nous faire toutes ces « promesses ». Sans « Jésus-Christ » – s’il ne nous avait pas réconciliés avec Dieu – ce serait la guerre entre Dieu et nous et non pas l’alliance et ses « promesses ». « Il y a un seul Médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ ! » (1 Tm 2.5)

Cet « Evangile » ou Bonne Nouvelle est destiné à tous les hommes, aux « Juifs »comme aux « non-Juifs ». Cette Bonne Nouvelle « c’est que les non-Juifs sont cohéritiers des Juifs, qu’ils forment un corps avec eux et participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l’Evangile. » (v. 6)

C’est dans son conseil éternel que Dieu a décidé de cette solution, solution « qui n’est pas montée au cœur de l’homme. » Mais « Dieu, avant tous les temps, l’avait préparée d’avance pour notre gloire » (1 Co 2.9).

Par nature, cet « Evangile », cette Bonne Nouvelle, est un « mystère » pour nous. Nous ne l’aurions pas trouvé tout seuls. Aussi Dieu, qui n’est pas un Dieu du doute et du désespoir, mais un Dieu de bonté, de promesses et de certitudes, a pris ses dispositions pour que ce « mystère » ne reste pas « mystère », pour que cette « Bonne Nouvelle » soit « proclamée à toute la création dans le monde entier » (Mc 16.15).

Voyons donc comment cette proclamation est venue jusqu’à nous, comment cet« Evangile » a fait son apparition, son « Epiphanie » parmi nous !

X X X 2 X X X

Quelles sont

LES ETAPES

DE LA REVELATION

JUSQU’À L’EPIPHANIE ?

les étapes par lesquelles « le mystère du Christ » a fait son « Epiphanie » parmi nous, par lesquelles il nous est apparu ?

& 1ère Etape &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

« A ÉTÉ RÉVÉLÉ PAR L’ESPRIT

AUX APÔTRES »

« C’est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère » (v. 3)

Dans une autre épître, sa 1ère aux Corinthiens, Paul écrit : « Nous, » les apôtres, « nous annonçons la sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, celle que Dieu, avant tous les temps, avait préparée d’avance pour notre gloire. […] C’est à nous que Dieu l’a révélé par son Esprit, car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » (1 Co 2.7+10)

Dans les deux épîtres, Paul utilise le mot grec ἀποκάλυψις  « apocalypse » – qui est aussi le premier mot et le titre du dernier livre de la Bible et qui signifie : « lever le voile », « montrer ce qui se cachait derrière », « révéler » ce qui était « caché ».

Effectivement, Dieu ne se rencontre pas au coin de la rue. Dieu ne se comprend pas dans sa Trinité. Quant à l’incarnation du Fils de Dieu et son expiation de nos péchés, à notre salut dû au seul Jésus-Christ par pure grâce, à l’alliance de Dieu avec nous scellée par des promesses fermes, tout cela est tellement contraire à tout raisonnement humain que cela nous serait resté « caché » pour toujours, si « l’Esprit » qui « sonde tout, même les profondeurs de Dieu, » ne l’avait pas « révélé »aux apôtres.

Ce « mystère » a été « révélé » progressivement avec de plus en plus de détails. Cela a commencé dès la chute d’Adam et d’Eve dans le péché. Au cours « des générations » de l’Ancien Testament, les prophéties du Messie se sont progressivement précisées. Ces « générations passées » connaissaient le salut par la foi, mais pas avec les mêmes détails qu’une fois Jésus venu au monde. « Ce mystère » « n’a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme il a maintenant été révélé par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes. » (v. 5) écrit Paul, les « apôtres » étant ici aussi appelés « prophètes », car ils proclament « le mystère » de Dieu.

Mais, précise l’apôtre Paul, « ce mystère » « m’a été confié pour vous »(v. 2), pour nous aussi. Et pour qu’il nous atteigne, pour que « ce mystère » libérateur atteigne le monde entier, le Saint-Esprit a fait plus que seulement le « révéler aux apôtres », il les a aussi inspirés dans leur travail de mise par écrit de cette révélation.

& & 2ème Etape & &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

A ÉTÉ INSPIRE PAR L’ESPRIT

AUX APÖTRES POUR LEURS ECRITS

« C’est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère tel que je l’ai décrit en quelques mots » (v. 3)

Ce que l’apôtre Paul – comme les autres auteurs sacrés de la Bible – a « décrit en quelques mots », ce qu’il a mis par écrit, cela correspond exactement à ce que le Saint-Esprit lui a « révélé ». C’est « tel quel »dit-il. Dieu a veillé à cela. Dans sa 1ère Epître aux Corinthiens, il indique : « Nous en parlons […] avec la sagesse qu’enseigne l’Esprit saint » (1 Co 2. 13).

L’apôtre Pierre le dira ainsi : « C’est poussé par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1.21). Nous pouvons être tranquilles : « Toute l’Ecriture est inspiré de Dieu » (2 Tm 3.16).

Elle « m’a été confiée pour vous » (v. 2) dit Paul. Cela s’adresse à nous, car le « mystère » du salut en Jésus-Christ concerne tout le monde. Cela s’est adressé auparavant, en particulier aux Ephésiens. Mais les écrits des apôtres devaient être recopiés et lus dans toutes les communautés.

Mais d’abord

& & & 3ème Etape & & &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

A ÉTÉ PORTE A LA CONNAISSANCE DES

« JUIFS »

Il est vrai, comme l’écrit Paul, « le mystère du Christ n’a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme … maintenant » (v. 5), n’empêche qu’il a été porté à la connaissance d’Abraham et de ses descendants à travers toute une série de prophéties messianiques. Certes, ils n’en connaissaient pas les détails « comme … maintenant », depuis la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

Les apôtres, par contre, ont prêché et répandu la réalité des faits dans leurs écrits. Les faits ayant eu lieu, leur prédication est plus claire, plus précise, plus détaillée. N’empêche qu’il y a un fil conducteur qui traverse tout l’Ancien Testament, depuis les livres de Moïse jusqu’au prophète Malachie, un collier de perles messianiques qui ont alimenté la foi des croyants de l’Ancienne Alliance. Songez au cantique de Marie (Lc 1.46-55), à celui de Zacharie (Lc 1.68-79), à celui de Siméon (Lc 2.29-32).

Ensuite, Jésus a sillonné la Palestine, parce qu’il était essentiellement et prioritairement « envoyé aux brebis perdues de la communauté d’Israël » (Mt 15.24). Nous ne connaissons qu’une brève incursion de Jésus en Phénicie (Mt 15.21-28), sinon il n’a annoncé « le mystère du royaume des cieux » (Mt 13.11) qu’au peuple d’Israël.

Les apôtres étaient tous des « Juifs », nom qu’on donnait à tous les Israélites depuis le retour de la captivité babylonienne. Et, juste avant son Ascension, Jésus les a chargés d’être ses « témoins » d’abord « à Jérusalem » et « en Judée », avant de se tourner vers « les extrémités de la terre » (Ac 1.8).

Paul, lors de ses voyages missionnaires, commençait toujours par entrer dans les synagogues des villes où il arrivait, pour annoncer « le mystère du Christ » d’abord à ses frères de sang.

Ce sont eux qui ont ensuite pris le relais, eux « les Juifs », emmenés par les apôtres juifs et leurs collaborateurs pratiquement tous juifs, pour passer à la dernière étape :

& & & & 4ème Etape & & & &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

A ÉTÉ PORTE A LA CONNAISSANCE DES

« NON-JUIFS »

P

Sermon du Dimanche 1 Juillet 2012

 

4ème Dimanche après la Trinité

Gn 50.15-21

                                              

Chants proposés :

Tout pénétrés de ta grandeur immense            LlS    18:1-5

Je chanterai, Seigneur, sans cesse ta bonté      LlS    22:1-4

Dieu de paix, Dieu de charité,                             LlS 268: 1-6

Jésus-Christ, dans sa grâce,                                  LlS 164:1-13

 

 

15   « Quand les frères de Joseph virent que leur père était mort, ils se dirent : "Si Joseph nous prenait en haine et nous rendait tout le mal que nous lui avons fait !"

16    Et ils firent dire à Joseph : "Ton père a donné l’ordre suivant, avant de mourir :

17    ‘Voici ce que vous direz à Joseph : Oh ! Pardonne le crime de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal !’ Pardonne maintenant le crime des serviteurs du Dieu de ton père !’" Joseph pleura à l’écoute de leur message.

18    Ses frères vinrent eux-mêmes se jeter à ses pieds et dirent : "Nous sommes tes serviteurs !"

19    Joseph leur dit : "N’ayez pas peur ! Suis-je en effet à la place de Dieu ?

20    Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.

21   Désormais, n’ayez donc plus peur : je pourvoirai à vos besoins et à ceux de vos enfants." C’est ainsi qu’il les réconforta en parlant à leur cœur. »

 

Chers frères et sœurs en Christ, notre Seigneur !

Les prédications portent souvent sur l’attitude de Dieu envers nous, sur son abaissement vers nous, sa sollicitude envers nous. Nous parlons aussi souvent de la Parole de Dieu et de son rôle sanctificateur dans l’activité de Dieu parmi nous.

Le texte d’aujourd’hui parle de la façon dont nous vivons ensemble, dont nous nous comportons les uns avec les autres.

Dans nos chants, nous parlons souvent des aspects merveilleux de l’Eglise de Dieu, de sa mise à part dans le monde, des riches promesses que Dieu lui fait et de l’espérance de la vie éternelle où notre gloire sera parfaite. Alors l’Eglise sera une Eglise victorieuse et triomphante.

Force est cependant de reconnaître que nous vivons encore dans une Eglise, dont les paroisses présentent encore bien des côtés humains, des aspects bien trop humains. Sur terre et sous la croix, nous sommes une Eglise militante, qui doit non seulement se battre vers l’extérieur, mais souvent aussi se démener avec des problèmes internes, qu’ils soient financiers ou relationnels.

Dans cette perspective, l’histoire de Joseph et de ses frères, bien que remontant à quelque 3 700 ans, est tout sauf anachronique : elle pourrait se dérouler aujourd’hui.

Bien sûr, concrètement, prioritairement, elle parle de Joseph et de ses frères, mais son actualité s’étend jusqu’à nous. Avec cette histoire, Dieu tend ses mains vers nous.

L’histoire de Joseph s’étend sur 13 chapitres du livre de la Genèse : les chapitres 37, puis 39 à 50. Il ne peut donc être question de la résumer ici. D’ailleurs la trame qui la traverse est mentionnée dans notre texte.

X X X  1  X X X

Son cadre est la famille nombreuse. Il y a le père, le chef de famille. Face à lui douze fils et des filles qui lui étaient soumis. Par contre, les rapports entre les fils ne vont pas de soi, loin s’en faut.

Joseph est l’avant-dernier des douze frères : il devrait donc être conscient de sa place dans la fratrie, vis-à-vis de ses aînés. Il n’en est rien : Joseph a des rêves de grandeur, de suprématie même, où ses frères doivent s’incliner devant lui. Pensez-vous que cela facilite leurs relations ?

En plus, le père a une méthode d’éducation qui ne peut que mener à la catastrophe : il a une préférence pour Joseph, c’est son favori, et le père ne le cache pas. Il l’habille plus richement que les autres. Là, c’en est trop pour ses frères. « Ils se mirent à le détester. Ils étaient incapables de lui parler sans agressivité. » (Gn 37.4) Et voilà que de sombres nuages montent à l’horizon, les nuages de la jalousie et de la haine, viennent les recouvrir.

Et ces noires pensées vont bientôt se transformer en noires actions. Les frères décident de se débarrasser de ce crâneur de frère. Oh, ils abandonnent vite le projet de le tuer : ils « se contentent » de l’expédier au loin.

Cette façon douloureuse de se débarrasser de personnes indésirables a toujours cours aujourd’hui. Elle est même particulièrement prisée et pratiquée par certains régimes politiques.

L’histoire sainte pullule de ce genre de déplacements de personnes. Depuis la destruction de Samarie par les Assyriens, le peuple d’Israël a été souvent déplacé : en Assyrie, à Babylone, plus tard à travers tout l’Empire romain. Et même là, on apprend dans le Nouveau Testament, qu’ils ont dû, comme Aquilas et Priscille, quitter Rome où on n’en voulait plus un certain temps.

Le déplacement de personnes indésirables se fait souvent sous le couvert de la justice, d’un prétendu intérêt général : ce peut être une mutation imposée au travail, l’exil de responsables politiques d’opposition, etc.

X X X  2  X X X

C’est au moment où les frères de Joseph veulent se débarrasser de lui que l’histoire de Joseph démarre vraiment. A partir de cette décision des frères, l’histoire de Joseph change souvent brusquement d’orientation du tout au tout.

Lui, le favori d’un père immensément riche, se retrouve esclave. D’esclave, il devient intendant du riche Potiphar. De cette position en vue il se retrouve en prison pour quelques années. Et de prisonnier il se retrouve premier ministre de Pharaon !

Il devient vraiment un Grand, comme il en avait rêvé, un Grand devant qui les autres doivent s’incliner.

Remarquez cependant : il ne devient pas un Grand pour dominer sur eux, mais pour leur venir en aide dans leurs grands besoins. Il devient Seigneur et Aide en même temps. Seigneur et Sauveur pour les Egyptiens : il leur permet de surmonter une terrible période de famine. Seigneur et Sauveur aussi pour la famille de son père, y compris pour les familles de ses frères : il les fait même tous venir en Egypte pour qu’ils puissent profiter de la prévoyance de son gouvernement.

Ce n’est pas là une situation facile pour les frères ; la paix ne tient qu’à un fil. Et un jour, ce fil rompt : Jacob, le patriarche, meurt.

Panique à bord ! La vieille culpabilité remonte à la surface. Les frères craignent l’application de la loi du talion, l’application de la vengeance, qui exige réparation pour des actes mauvais. Ils savent que le jour vient où les actes rattrapent leurs auteurs et exigent qu’on rende des comptes. Ils craignent d’être entraînés dans le cercle infernal du méfait et de la vengeance. « Si Joseph nous prenait en haine et nous rendait tout le mal que nous lui avons fait ! » (v. 15)

X X X  3  X X X

Ils sont tellement pris de panique, qu’au début ils n’osent même pas paraître devant Joseph en personne. Non ils lui envoient des émissaires qui doivent implorer sa grâce et son pardon ! Peut-être que, jusque-là, les frères n’ont toujours pas vraiment regretté leur crime d’antan.

Maintenant il y va de leur vie. Il faut qu’ils s’en sortent, même s’il leur faut passer par une humiliante demande de pardon, une façon de capituler.

Ils avancent un argument de taille : ils rappellent leur foi commune au« Dieu de leur père » (v. 17). Ils essayent ainsi de lier Joseph à eux par des liens plus forts encore que les liens du sang : les liens de leur foi commune, bref, leurs liens communs avec Dieu. L’humain ne leur semble plus suffire dans leur situation : ils font appel au divin.

La réaction de Joseph est vive : la démarche de ses frères le fait pleurer. « Joseph pleura à l’écoute de leur message. » (v. 17)

Il indique par là son état d’esprit : il a pardonné. Cela encourage ses frères. Ils viennent en personne se présenter devant lui. Ils sont prêts, maintenant à porter les conséquences du pardon, aussi les conséquences négatives. « Ses frères vinrent […] se jeter à ses pieds et dirent : "Nous sommes tes serviteurs !" » (v. 18), à l’époque, cela voulait dire : tes esclaves !

Leur crime les retient d’en appeler à ses sentiments de frère : N’ont-ils pas eux-mêmes brisés ces liens fraternels autrefois ? Aussi s’adressent-ils au Grand d’Egypte et non à leur frère. Ils ont atteint le fond du chemin du pardon et de la réparation.

Et là vient le dernier grand tournant de l’histoire, aussi le plus important.

X X X  4  X X X

Joseph répond avec une salutation qui introduit généralement une bonne nouvelle, même une nouvelle salutaire, libératoire : « N’ayez pas peur ! » (v. 19)

Et il continue avec cette parole surprenante, mais une parole qui pourrait servir d’exemple pour n’importe quelle réconciliation au sein d’une fratrie ou entre partenaires de quelque nature que ce soit :« Suis-je en effet à la place de Dieu ? » (v. 19)

Voilà comment parle celui qui détient tous les pouvoirs, qui pourrait leur dicter n’importe quelles conditions. Il est en position de force et pourrait obtenir n’importe quel dédommagement.

Mais il ne le fait pas. Il s’approche d’eux les bras ouverts. Malgré leur crime, il leur tend la main de la réconciliation, le seul chemin d’une véritable réparation.

Joseph va même plus loin. Plus tard, Jésus nous apprendra à dire à la fin du Notre Père : « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire ! » (Mt 6.13) Joseph reconnaît que, dans sa vie, cela a été le cas, aussi chaotique et douloureuse qu’elle ait pu être à certaines occasions.

Joseph se place en retrait derrière Dieu qui n’a pas cessé de tenir les rênes de son existence. Il dit à ses frères : « Vous aviez projeté de me faire du mal, Dieu l’a changé en bien ». – Dans quel but ? – Cela aussi, Joseph l’explique : « Pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. » (v. 20)

C’est dans cette perspective qu’il faut voir et comprendre toute l’histoire de Joseph : dans la perspective de la volonté de Dieu de sauveur, de ce Dieu qui poursuit aussi le bien dans les mauvaises passes.

A travers ce seul, à travers ce Joseph rejeté, « sacrifié », Dieu a pu venir en aide à beaucoup de gens ; c’est ainsi qu’il a pu « sauver la vie à un peuple nombreux. »

Ce n’est, là, rien d’autre que la bonne nouvelle de la grâce de Dieu et de sa volonté de nous venir en aide.

Dieu ne s’est pas seulement occupé de Joseph que l’on a traité de façon criminelle, Dieu s’est même occupé des auteurs de cet acte criminel. Alors « qu’ils étaient encore dans le péché », Dieu a déjà pris des initiatives pour amener leur salut.

C’est ainsi qu’il est, notre Dieu. C’est lui qui se tient au centre de l’histoire de Joseph et de ses frères. Oh ! il n’est pas à l’origine du mal commis par les frères ; il ne les a pas poussés à commettre ce crime. Il ne justifie pas leur péché. Mais il intervient pour « changer en bien »ce que les hommes ont bien mal enclenché.

X X X  5  X X X

Dieu est là, présent, dans nos vies. Il agit derrière les agissements des humains.

Certes, ses chemins pour nous mener au salut sont souvent cachés sous le mal et l’injustice dans ce monde. Mais par-delà ce mal, et en dépit de ce mal, il veut nous faire bénéficier de son pardon et de son service.

Aujourd’hui, c’est nous, les frères de Joseph. Je veux dire que l’histoire de Joseph nous exhorte à aller à la rencontre les uns des autres pour pardonner, nous réconcilier et nous aimer. C’est ainsi qu’est brisé le pouvoir du péché ; c’est ainsi que le Royaume de grâce se réalise.

« Vous savez, » a dit Jésus un jour dans un contexte où certains avaient semé la zizanie par orgueil, par l’envoie d’occuper une place supérieure à celles des autres, « vous savez que les chefs des nations dominent sur elles et que les grands les tiennent sous leur pouvoir. Ce ne sera pas le cas au milieu de vous, mais si quelqu’un veut être grand parmi vous, il sera votre serviteur ; et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Mt 20.25-28)

N’oublions jamais : nous sommes frères et sœurs parce que Jésus nous a sauvés et a fait de nous des enfants de Dieu … par pure grâce.

Nous avons été « baptisés en Jésus-Christ, en sa mort » (Rm 6.3), nous avons été intimement unis à son expiation de nos péchés. Il s’agit maintenant de « vivre avec lui », de « mener une vie nouvelle » (Rm 6.8+4) ; nous sommes maintenant invités à le suivre dans une vie de service.

Nous ne sommes pas seulement frères et sœurs, nous sommes aussi serviteurs. Ce n’est que comme serviteurs, en nous assistant, conseillant et aidant à vivre, que nous montrons que nous sommes de vrais frères et sœurs !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig   

Sermon du Dimanche 17 Juin 2012

 

2ème Dimanche après la Trinité

1 Co 14.1-3+20-25

                                                           

Chants proposés :

Dans ton temple, ô mon Sauveur,                   LlS      2 : 1-3

Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute LlS 148 : 1-4

Préserve ta Parole, Seigneur, à tes enfants   LlS 178 : 1-3

+ 6-7

 

 

1    « Recherchez l’amour. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à la prophétie.

2    En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des paroles mystérieuses.

3       Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte.

4       Celui qui parle en langue s’édifie lui-même, alors que celui qui prophétise édifie l’Eglise.

20    Frères et sœurs, ne raisonnez pas comme des enfants. Au contraire, pour le mal, soyez des bébés, mais par rapport au raisonnement, soyez des adultes.

21    Il est écrit dans la Loi : "C’est par les hommes d’une autre langue et par des lèvres étrangères que je parlerai à ce peuple, et même ainsi, ils ne m’écouteront pas" dit le Seigneur.

22    Par conséquent, les langues sont un signe non pour les croyants, mais pour les non-croyants ; la prophétie, quant à elle, est un signe non pour les non croyants, mais pour les croyants.

23    Si donc, alors que l’Eglise entière est rassemblées, tous parlent en langues et qu’il entre de simples auditeurs ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous ?

24    En revanche, si tous prophétisent et qu’un non croyant ou un simple auditeur entre, il est convaincu de péché pat tous, il est jugé par tous.

25    Ainsi, les secrets de son cœur sont dévoilés, et il tombera alors le visage contre terre pour adorer Dieu en déclarant que Dieu est réellement au milieu de vous. »

 

Chers frères et sœurs en Christ,

On pense parfois que l’Eglise du temps des apôtres était une Eglise idyllique où tout se passait dans un « amour » et une concorde parfaites sous la conduite d’apôtres directement inspirés par le Saint-Esprit. Il n’en est rien.

Luther a dit un jour que là où Dieu construit une Eglise le diable dresse une chapelle à côté. Et si quelque chose a mis Satan en rage, c’est de voir les apôtres semer l’Evangile pour arracher des âmes à l’enfer. Il s’est donc pas mal acharné sur les premières communautés chrétiennes.

Le livre des Actes des Apôtres parle surtout des hostilités et oppositions rencontrées à l’extérieur de l’Eglise. Les lettres de l’apôtre Paul, quant à elles, montrent quels ont été les dommages que Satan a causés au sein des communautés locales, dommages que l’apôtre essaye de guérir avec les lettres qu’il leur adresse.

Et s’il est une Eglise où, à côté de grandes bénédictions et richesses spirituelles (1 Co 1.4-7), il régnait le souk, c’était bien celle du port grec de Corinthe. Une véritable situation multi-conflictuelle !

Il y a des partis dans la paroisse, certains entrant même en conflit avec l’apôtre lui-même. Des clivages se forment entre riches et pauvres. Certains font des procès à d’autres devant les tribunaux. On n’est pas clair sur la façon de se comporter au sein de la société idolâtre. Même la morale sexuelle est mise à mal. La célébration de la Cène dégénère. Il y en a qui s’estiment plus forts et méprisent les faibles.

Et pour couronner le tout, certains ont des « dons spirituels » (v. 1) et en tirent prétexte pour mépriser ceux qui ne les possèdent pas.

Quand je disais que c’était le souk … Un vrai bazar ! Le diable s’y donnait à cœur joie et se délectait de la zizanie qu’il avait réussi à semer.

Aussi l’apôtre remet-il les pendules à l’heure. Son mot d’ordre, ce par quoi commence notre texte, c’est : « Recherchez l’amour ! » (v. 1) D’ailleurs, tout le chapitre 13 précédent ne traite que de « l’amour ». Il est le pivot des trois chapitres 12 à 14 où il parle des « dons spirituels »miraculeux, particulièrement du fameux « parler en langue » (v. 2).

Cette question a déjà dû vous turlupiner. Certaines églises et sectes en font grand cas. Que faut-il en penser ?

X X X  1  X X X

Qu’est-ce que c’était que ce

« parler en langues » ?

Remarquez que Paul ne met pas en doute l’existence de tels dons exceptionnels accordés par le Saint-Esprit pour fortifier les premiers chrétiens. Cela pouvait être un don authentique du Saint-Esprit.

L’apôtre avait lui-même ce don (v. 18), mais il n’en fait pas grand cas. D’ailleurs, il n’existe aucun récit dans le Nouveau Testament où Paul s’adresserait à ses Eglises dans des langues incompréhensibles.

Il faut voir que, dans notre texte, il ne l’encourage pas, au contraire, durant tout ce chapitre il met en garde contre un usage détourné de ce don exceptionnel des premiers temps.

Que cela ait été un don des premiers temps et non quelque chose que le Saint-Esprit voulait provoquer dans toute la chrétienté dans tous les temps, cela se voit au fait que l’apôtre n’en parle jamais dans ses autres lettres. Pourtant il lui arrive d’y énumérer les dons du Saint-Esprit.

Mais que trouve-t-on dans ces listes ? « L’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi » (Ga 5.22). Aucun don sensationnel !

Le « parler en langue » était un langage inintelligible, un langage incompréhensible. En effet, Paul constate : « Celui qui parle en langue […]personne ne le comprend, […] il dit des paroles mystérieuses. » (v. 2). La personne elle-même est affermie dans sa foi, mais pas les autres. Ceux-ci n’en sont pas édifiés. Au contraire, dit Paul, quelqu’un qui n’y comprend rien peut même prendre pour des « fous » (v. 23) les chrétien qui parlent en langues incompréhensibles.

Pour Paul, ce qui est important, c’est que les gens soient « édifiés »dans la connaissance et la foi en Jésus-Christ. « Puisque vous aspirez aux dons spirituels, » écrit-il encore, « cherchez à posséder avec abondance ceux qui édifient l’Eglise ! » « Que tout se fasse pour l’édification ! » (1 Co 14.12+26)

« Le parler en langue » pouvait être bénéfique pour celui à qui le Saint-Esprit avait donné ce don, mais il n’apportait rien aux autres. Aussi Paul préfère-t-il pousser ses auditeurs à « aspirer […] surtout au don spirituel de la prophétie »(v. 1).

Pourquoi ? – Parce que « celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les encourage, les réconforte. […] Celui qui prophétise édifie l’Eglise. »(v. 3-4)

Voyons donc

X X X  2  X X X

Qu’est-ce que ce

« don de prophétie » ?

Προφητεύειν – le verbe « prophétiser » en grec – signifie tout d’abord transmettre le message de Dieu, annoncer sa volonté, sa Parole. Quand on lit les prophètes de l’Ancien Testament, on se rend compte qu’ils appelaient surtout le peuple à la repentance et à la foi.

Bien entendu, leur annonce de la Parole de Dieu comportait aussi l’annonce des grands faits de Dieu à venir, avant tout la venue du Messie sauveur. Προφητεύειν  « prophétiser » – en est donc aussi venu à signifier : annoncer à l’avance des événements à venir. Mais ce n’est ni son seul sens, ni même son sens premier.

Le « don » de « prophétie » comprend donc avant tout la faculté communiquée par Dieu d’interpréter l’Ecriture correctement, d’appliquer la Loi et l’Evangile aux besoins des gens. C’est le don de dire ce qu’est la volonté de Dieu dans une situation donnée.

Annoncer l’Evangile du salut, voilà l’outil que le Saint-Esprit utilise pour « édifier l’Eglise » par la foi sur le seul fondement, Jésus-Christ. Voilà pourquoi Paul insiste toujours sur l’annonce de l’Evangile. C’est le seul moyen d’édifier les gens dans la connaissance salutaire.

A un point tel que l’apôtre fait de « l’édification » dans la foi le thème de notre chapitre. Cela revient une demi-douzaine de fois (vv. 3-5+12+17+26). C’est ça, l’important, pas le sensationnel. Pour Paul le critère ultime pour juger d’un don spirituel est celui-ci : « Cela édifie-t-il l’Eglise ? »

Paul leur fait comprendre : Quand les gens vous entendent« prophétiser », quand un incroyant vous entend annoncer la Parole de Dieu et la « comprennent » (v. 2), quand il vous entend témoigner de votre foi en Jésus-Christ, il est possible qu’il se rende compte de son péché et de son incrédulité.

Le résultat pourrait bien être qu’un tel se repente et adore Dieu, reconnaissant ainsi publiquement « que Dieu est réellement présent au milieu de vous » (v. 25).

Ainsi, « prophétiser », annoncer la Parole salutaire de Dieu, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, cela peut avoir pour résultat de gagner des personnes à Christ, d’ajouter des pierres à l’édifice spirituel de l’Eglise de Jésus-Christ, « d’édifier l’Eglise ».

Il devient donc clair :

X X X  3  X X X

Les critères

de notre attitude dans l’Eglise, ce sont

« l’amour » et

« l’édification de l’Eglise ».

Bien des gens recherchent autre chose dans l’Eglise. Ils y viennent. Ils ne trouvent pas ce qu’ils espéraient y trouver. Et ils repartent plus ou moins vite.

Bien entendu qu’on peut désirer que l’Eglise soit active, qu’il y ait de la vie. Mais cela ne peut être que le témoignage de l’envie « d’édifier l’Eglise », de s’édifier soi-même et d’édifier les autres.

C’est « l’amour » pour Dieu et « l’amour » pour son institution,« l’Eglise », « l’amour » pour les autres paroissiens, pour les contacts et les sympathisants qui nous poussent à participer au culte, aux études bibliques, aux repas paroissiaux, ou à toute autre activité paroissiale.

Aussi vais-je me poser la question :

Mon attitude contribue-t-elle à édifier l’autre ou est-ce que je le conforte dans un sentiment d’abandon en ne venant pas me joindre au culte ?

Mon attitude contribue-t-elle à « édifier l’autre » (v. 17) ou est-ce que je le laisse se dépatouiller seul en étude biblique, lui donnant à penser que son affermissement dans la foi m’est indifférent ?

Mon implication dans la paroisse montre-t-elle que je désire, comme l’écrit Paul, « que tous soient instruits et que tous soient encouragés » ? (1 Co 14.31)

Mon attitude dans la paroisse témoigne-t-elle de mon amour du prochain ou ne suis-je préoccupé que de moi-même ?

A Corinthe régnait une carence flagrante d’amour du prochain. Les uns étaient sinon fiers du moins satisfaits de savoir plus que les autres qu’ils évitaient.

D’autres étaient fiers de leurs dons exceptionnels, mais ne s’en servaient que pour leur propre édification, pas pour celle des autres. Enfin, il y avait ceux qui se permettaient de prendre des libertés éhontées avec la volonté de Dieu sur le plan de la vie conjugale ou paroissiale.

Le manque d’amour du prochain en était arrivé à faire éclater la paroisse en différents clans, ce qui a complètement désarticulé la paroisse. Aussi l’apôtre a dû leur écrire, quelques versets après notre texte : « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. […] Que tout se fasse convenablement et avec ordre ! » (1 Co 14.32+40)

Chers amis, il serait facile, à la fin de ce sermon, de se dire : « Quelle paroisse pitoyable que celle de Corinthe ! » Ce ne serait pas seulement facile, ce serait ne rien comprendre à la volonté de Dieu. Car « tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction »(Rm 15.4).

En chacun de nous, la Parole de Dieu veut « dévoiler les secrets de son cœur », pour que nous nous en repentions et « tombions aussi le visage contre terre pour louer Dieu en déclarant que Dieu est réellement au milieu de nous » (v. 24-25), au milieu de nos cultes avec sa Loi mais aussi sa grâce et son pardon, au milieu de nos études bibliques à la lumière de sa Parole et à travers les échanges fraternels, au milieu aussi de nos séances d’instruction.

Fasse Dieu que « l’amour » de Dieu et du prochain, en particulier« l’édification de l’Eglise »« édifier les autres, les encourager et les réconforter » (v. 4), deviennent de plus en plus le critère, le mobile et le but de notre engagement paroissial à chacun de nous !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, Pasteur

Publié par Eglise évangélique luthérienneà 12:13Aucun commentaire:  

JEUDI 14 JUIN 2012

Sermon du Dimanche 10 Juin 2012

 

1er Dimanche après la Trinité     Jn 8.12

Ps 119.105                                                           

Chants proposés :

                   Prélude

Seigneur, par la clarté de ton amour                 AL 44-17

                   Liturgie

Reflet de l’éternité, Premier-né venu du Père            AL 49-12

                   Prédication

                   Interlude

                   Prière Générale

Dans ta Parole, ô Dieu, je puise force et vie     AL 22-05

                   Offrandes (Interlude)

                   Prière d’Offrandes

                   Sainte Cène

Oh ! viens, Seigneur, demeure parmi nous      AL 24-17

                         Liturgie de post-communion

Jn 8.12 :         « Jésus leur parla de nouveau. Il dit : "Je suis la Lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie." »

Ps 119.105 :  « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. »

Chers frères et sœurs en Christ,

« Lumière » … « ténèbres » … C’est là un thème bien connu, pas seulement dans la révélation de Dieu, aussi dans le monde. Qui ne sait ce qu’est « la lumière » et ce que sont « les ténèbres » ?

Mais, … le savons-nous vraiment ? … Nous connaissons les bienfaits de la lumière, aussi les désavantages et les inconvénients des ténèbres. Dans le monde environnant, nous connaissons mêmes quelques problèmes provoqués par la lumière et quelques bienfaits liés aux ténèbres.

Mais lequel d’entre nous peut se lever et expliquer en une phrase simple et claire ce que la lumière et les ténèbres sont réellement par nature ?

Que fait Jésus dans notre texte ? En affirmant : « Je suis la Lumière du monde », son intention n’est pas de faire une affirmation christologique mais sotériologique. Pour le dire plus simplement : Ici il ne veut pas nous expliquer comment il se fait qu’il est « la Lumière du monde » ; non, il veut souligner les bienfaits que retirent ceux qui« marchent » dans sa lumière.

JESUS

1.    est « la Lumière du monde » en personne ;

2.    il vient dans « les ténèbres » de notre « monde »

3.    à travers « la lumière » de sa « Parole » et

4.    nous éclaire, ainsi que notre vie.

X X X  1  X X X

Jésus est « la Lumière du monde »

en personne.

Dans les Saintes Ecritures, Dieu peut dire que « les ténèbres recouvrent la terre » (Es 60.2), mais il en est ainsi parce que – comme il le dit aussi –« autrefois vous étiez ténèbres » (Ep 5.8) et que beaucoup le sont encore. « Les ténèbres recouvrent la terre » parce que les humains qui recouvrent la terre sont eux-mêmes « ténèbres » par nature.

« Les ténèbres » ne peuvent donc disparaître de la terre que si les gens sont changés, « remplis de l’Esprit » et deviennent « lumière dans le Seigneur » (Ep 5.18+8).

« Les ténèbres » existent là où « la lumière » est absente. « Les ténèbres » sont un concept négatif. On broie du noir quand il n’y a pas de lumière, pas de vision, pas de sécurité, pas de sérénité, de confiance et d’optimiste. Dans le noir, même la vie devient impossible.

« Les ténèbres », c’est la situation de ceux qui sont « séparés de Christ » et« sans espoir » (Ep 2.12). Sont plongés dans « les ténèbres » ceux qui, ici-bas sont spirituellement morts, sans foi en Christ, aussi bien que ceux qui se trouvent dans la mort définitive et totale en enfer.

Aussi, quelle nouvelle plus rassurante et réjouissante que d’entendre Jésus déclarer à ce monde perdu : « "Je suis la Lumière du monde." Je suis en mesure d’apporter du sens à vos vies. Je peux vous apporter l’espoir et la confiance. Je peux placer votre vie dans une perspective positive, même une perspective éternelle ! »

Et comment il peut apporter cette « lumière » dans « les ténèbres » de ce monde ! N’est-il pas celui dont il est dit qu’« il habite une lumière inaccessible » ? (1 Tm 6.16) Mais si nous, nous ne pouvons y accéder nous-mêmes, lui peut venir à nous. Et il apporte tout ce qui manque aux « ténèbres » : la grâce de Dieu et son pardon, le salut et la vie éternelle, une vie de communion avec le Père céleste !

X X X  2  X X X

Jésus vient dans  « les ténèbres »

de notre « monde ».

Laissez-moi vous raconter une parabole !

Il y avait une caverne. Et comme c’est le cas pour les cavernes, elle se trouvait sous terre. La caverne avait passé sa vie dans « les ténèbres ».

Un jour, la caverne s’entend appeler : « Viens ! Sors à la lumière ! » C’était le soleil. – La caverne répondit : « Je ne comprends pas. C’est quoi la lumière ? Il n’y a rien d’autre que "les ténèbres" ! » – Le soleil répondit : « C’est quoi, "les ténèbres" ? » – La caverne répondit : « Viens et vois ! » Le soleil accepta l’invitation. Il s’engouffra dans la caverne et demanda : « Elles sont où "les ténèbres" ? » Elles avaient disparu. « La lumière » chasse « les ténèbres ».

C’est l’effet qu’a Jésus, « la Lumière du monde » : il chasse « les ténèbres » de ce « monde ».

Par nature, les gens pensent comme cette cave. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est « la Lumière du monde ». Ils ne peuvent même pas l’imaginer ! Jésus, « la Lumière du monde », fait partie de « ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu et qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Co 2.9 / Es 64.4).

« Le monde », les gens qui ne se confient pas en Jésus-Christ, qui ne sont pas liés à lui avec foi, ne peuvent pas savoir que le genre de« Lumière » qu’est Jésus existe vraiment. Ne sachant pas qu’elle existe, ni qui elle est et où la trouver, il n’y a aucune chance pour qu’ils le trouvent et se tournent eux-mêmes vers lui. « La lumière du monde » doit venir à eux.

Jésus ne demande qu’à chasser les ténèbres. Il sait : là où il paraît, lui,« la Lumière du monde », le monde sort des ténèbres. Là où lui paraît, la culpabilité disparaît, la peur d’être damné disparaît, l’espérance entre dans les cœurs, la certitude d’être sauvé pour l’éternité illumine les cœurs, un mode de vie positif se met en place.

Mais comment et où Jésus, « la Lumière du monde », vient-il ?

X X X  3  X X X

Jésus vient

à travers « la lumière » de sa « Parole ».

Pour faire la lumière la nuit, vous avez besoin de différentes choses ; il vous faut par exemple une lampe. Pour faire briller « la Lumière du monde » dans ce monde, pour en illuminer quelqu’un, il vous faut la lampe de la Parole de Dieu, la lampe de l’Ecriture Sainte, particulièrement la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

Le psalmiste s’adressait déjà à Dieu pour confesser : « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » (Ps 119.105)

Eteignez la « lampe », et vous allez trébucher « sur votre chemin ».

Il est terrible de constater combien rapidement les gens qui, pourtant, précédemment, avaient « sondé les Ecritures » (Jn 5.39), mais ont cessé de le faire, ont cessé d’être au contact de l’Evangile, avec quelle rapidité ils ont dévié de la foi en Christ, « la Lumière du monde » : sans« la lumière » de « la Parole » de Dieu, ils n’ont plus vu que Jésus seul était « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14.6).

Eteignez « la lampe » de « la Parole » de Dieu, et, rapidement,  vous ne serez plus éclairés par Jésus, « la Lumière du monde ». Pour nous – et pour le monde – Jésus et son Evangile sont indissociables, Jésus et« l’Evangile, puissance de Dieu pour le salut », pour sauver les pécheurs (Rm 1.16).

C’est quand l’Evangile nous montre comment Jésus nous a sauvés que Jésus illumine nos vies. Là il nous attire dans sa lumière : « le chemin »devient clair, il nous illumine de sa présence bienveillante, et nous faisons tout pour rester au contact de « la lampe » de sa « Parole ». Ainsi nous demeurons dans sa proximité, dans sa communion de vie, car

X X X  4  X X X

Jésus nous éclaire, ainsi que notre vie.

Luthériens confessionnels, nous sommes habitués à dire avec Martin Luther, dans son Petit Catéchisme, que c’est « le Saint-Esprit » qui,« par l’Evangile, nous a appelés, éclairés de ses dons, sanctifié et maintenus dans la vraie foi ».

Le Saint-Esprit accomplit ces choses grandioses dans nos vies parce que, comme Jésus le précise, « il rend témoignage de moi » (Jn 15.26). On peut le dire ainsi :

Le Saint-Esprit fait briller « la Lumière du monde » dans ce monde, et cette lumière ne demeure pas « sans effet » (Es 55.11).

La lumière a deux effets principaux : elle éclaire et elle réchauffe. Eh bien, voyez-vous : Jésus a les mêmes effets dans nos vies !

En premier lieu, il éclaire notre « sentier ». Il nous montre le seul« chemin » sur lequel on ne s’égare pas. Il nous tranquillise et nous rend certains : comme Jésus nous a réconciliés avec son Père au prix de sa vie, nous pouvons traverser cette vie sans crainte.

Il nous montre aussi clairement le but de notre vie : « la Lumière du monde » éclaire notre avenir jusque dans l’éternité ! Là-bas, une place attend tous ceux qui ont vécu dans la foi en Christ, tous ceux qui ont fait confiance à sa lumière.

Cela a ensuite un second effet.

Quand vous faites une terrible expérience, vous dites que ça vous glace le sang. Mais quand vous vivez quelque chose de beau, de merveilleux, vous dites que ça vous fait chaud au cœur.

Y a-t-il quelque chose de plus merveilleux et de plus réjouissant que ce que « la Lumière du monde » vous a apporté ? – Bien sûr que non ! Les merveilleuses bénédictions que Jésus met en lumière devant vous sont telles qu’elles vous émeuvent, vous touchent, vous transfigurent ; elles vous donnent la certitude d’être aimé, d’être protégé, guidé et béni.

Et cette certitude, la certitude de ceux dont l’existence est éclairée par Jésus, par son amour sauveur et sa grâce, cette certitude est un don merveilleux pour nous aider à mener le combat de la foi.

Que la « lumière » du Christ, qui vient de « la lampe » de la « Parole »de Dieu, vous aide à rester sur le seul « sentier » maintenant en vie jusqu’à ce que vous parveniez finalement dans la vie éternelle, dans une paix et une joie sans fin !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, Pasteur

Sermon du Dimanche 27 Mai 2012

 

Fête de Pentecôte  et   Confirmation             1 Co 2.12-16

Chants proposés :

Viens, ô Saint-Esprit du Seigneur                         AL 35-05

                   Liturgie d’entrée

                   Comme Credo et 2ème chant :

Je crois en Dieu, le Créateur,                                AL 61-81

                   Confession de foi du confirmand

O Saint-Esprit, Esprit d’amour,                              AL 35-08

                   Prédication

Mon vrai trésor sur terre et mon seul bien           AL 47-06

                   Liturgie de confirmation

                   Cène

Seigneur, tu nous partages ton corps et ton sang   

                                                                                     AL 24-12

 

12 « Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin de connaître les bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce.

13    Et nous en parlons, non avec les paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit saint. Ainsi nous employons un langage spirituel pour exprimer ce qui est spirituel.

14  Mais l’homme naturel n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge.

15  L'homme dirigé par l’Esprit, au contraire, juge de tout et n’est lui-même jugé par personne.

16  En effet, qui a connu la pensée du Seigneur et pourrait l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée de Christ. »

 

Chers frères et sœurs en fête,

et tout particulièrement, cher Mathieu !

Te dire que je suis particulièrement ému en ce jour – et je ne suis sans doute pas le seul – ne te surprendra pas. Il y a quelques mois, je n’espérais plus vivre cet instant avant mon départ à la retraite. « Homme de peu de foi ! Pourquoi as-tu douté ? » (Mt 14.31) me dit aujourd’hui mon Seigneur. Le Seigneur sait encore exaucer des prières ; il sait déplacer des montagnes aujourd’hui comme hier.

Il y a deux semaines, il t’a reçu dans son alliance de grâce du Baptême. Aujourd’hui il t’invite à sa Table. Tu franchis ainsi une nouvelle étape de ta vie. Mais il te reste encore pas mal de chemin à parcourir. Si l’entrée dans la félicité éternelle t’est déjà acquise, tu n’y es pas encore.

Dans ta vie, tu as déjà connu des situations pas simples. Nous en connaissons tous à un moment ou à un autre. Il est donc important, capital même, de ne pas faire ce chemin seul.

Mais n’aie crainte, le texte proposé par le Plan de Lecture Biblique pour aujourd’hui, pour la Fête de Pentecôte, cet extrait de la 1ère Lettre de Paul aux Corinthiens, t’assure d’un fidèle compagnon de route, d’un assistant et conseiller sans pareil.

Un conseil : Ne néglige pas

LE SAINT-ESPRIT DANS TA VIE

1.  Il te réjouit avec les bienfaits de la grâce de Dieu en Jésus-Christ.

2.  Il te le fait connaître dans la Parole divinement inspirée.

3.  Il te donne la bonne compréhension de la vie.

4.  Il te conduit à travers les embuches de la vie.

X  X  X 1 X  X  X

Le Saint-Esprit te réjouit avec

les bienfaits

de la grâce de Dieu en Jésus-Christ

Si, depuis des années, tu viens au culte et à l’instruction, si, avec Clément, tu as demandé le Baptême il y a deux semaines, si, aujourd’hui, tu tiens à être admis au Repas du Seigneur, c’est que le Saint-Esprit t’a fait « connaître les bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce » (v. 12), c’est parce que tu sais qu’on n’en a jamais assez de se l’entendre dire.

Tout tourne, dans l’Eglise, mais aussi dans la vie de chaque croyant, autour des« bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce ».

Ce qui nous attire à lui, c’est que nous vivons un vrai miracle : Dieu devrait être en colère contre les pécheurs que nous sommes, il devrait nous damner pour l’éternité parce que nous ne correspondons pas aux exigences de sa sainte Loi.

Et qu’avons-nous appris ? Il nous fait « grâce », il agit avec nous contrairement à ce que nous méritons, il nous pardonne et nous dit qu’il est réconcilié avec nous, qu’il nous aime et se tient à nos côtés pour nous protéger, nous guider et nous bénir !

Tu sais à qui nous devons ce revirement complet de l’attitude de Dieu envers nous. Tu l’as dit tout à l’heure. D’ailleurs, quelques versets avant notre extrait, l’apôtre Paul donne le nom de ce Bienfaiteur à qui nous devons « la grâce » de Dieu : « Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Co 2.2) Plus haut encore, il avait écrit : « Jésus-Christ est […] la source de notre sainteté et notre libérateur » (1 Co 1.30)

Cela, le Saint-Esprit nous l’a fait savoir. Jésus avait déjà prédit : « Le Défenseur[ou : Consolateur] que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jn 15.26)

Où nous fait-il connaître « les bienfaits » que nous devons à Jésus ?

X  X  X 2 X  X  X

Ces bienfaits,

le Saint-Esprit te les fait connaître

dans la Parole divinement inspirée

La joie que suscitent en toi les bienfaits de la grâce de Dieu, la joie d’avoir, de façon tout à fait inattendue, un Dieu compatissant et aimant au lieu d’un Dieu sévère et qui condamne, cette joie, tu ne la connaîtras pas seulement à partir d’aujourd’hui, et tu ne la connaissais pas seulement depuis le jour merveilleux de ton Baptême il y a deux semaines.

Cette joie, tu la connais depuis que l’Evangile de Jésus-Christ t’a été raconté et que le Saint-Esprit t’a amené à placer ta foi en ce merveilleux Jésus.

Cette intervention inespérée de Jésus en notre faveur, ce revirement surprenant de Dieu à notre égard, ces « bienfaits » à la place du châtiment, il a bien fallu que le Saint-Esprit nous l’apprenne. « C’est une sagesse qui n’est pas de ce temps. » Une chose aussi extraordinaire, qui aurait pu l’imaginer ? – Personne. Aussi « Dieu ‘la révélé par son Esprit » (1 Co 2.6-11). Comment cela ? – En inspirant cette bonne nouvelle aux écrivains sacrés de la Bible.

Paul est l’un d’entre eux. Voilà comment il décrit ici cette inspiration de la Parole divine : « Nous en parlons, » – de cette bonne nouvelle et des bienfaits de la grâce de Dieu – « non avec les paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit saint. Ainsi nous employons un langage spirituel pour exprimer ce qui est spirituel. » (v. 13)

Paul veut dire des auteurs sacrés dont il est : Ce n’est pas notre intelligence humaine qui aurait pu nous faire imaginer l’Evangile de Jésus-Christ ; non, c’est le Saint-Esprit qui nous l’a révélé et nous a dirigés de manière à ce que « nous employions » exactement le « langage spirituel » qui en parle correctement.

Autrement dit, « toute l’Ecriture est inspirée de Dieu » (2 Tm 3.16), comme Paul l’écrit ailleurs. Tu peux t’y fier, c’est la Parole de Dieu et « sa Parole est la vérité » (Jn 17.17) !

C’est un vrai trésor, « une lumière » (Ps 119.105) et un guide inestimable et indispensable. – Pourquoi ? – Déjà parce que

X  X  X 3 X  X  X

Le Saint-Esprit te donne

la bonne compréhension de la vie

Tu dois sans doute parfois être surpris par l’abîme qui peut séparer ce que pensent les incroyants et ce que sont nos positions d’enfants de Dieu. Tu as l’âge où vous vous entretenez certainement entre jeunes de sujets de société ou de thèmes qui touchent à la morale.

La sexualité est un de ces thèmes favoris, mais aussi l’attitude face à la vie, face à la mort. Notre environnement incroyant pense que tout ce qui plait est permis tout de suite.

La fidélité dans le mariage ? – Balivernes ! La vie commune hors mariage ? – Ça ne regarde que nous deux ! L’homosexualité ? – Ben, si on s’aime ! …

L’avortement ? – Mais je suis maître de mon corps ! – Et bien non, pas aux yeux de Dieu, et encore moins maître du corps de ce petit qui commence à vivre.

Et on nous traite d’attardés, de personnes sans amour pour les autres. On ne nous comprend pas. Notre attitude fait « scandale » ou passe au moins pour« insensée ». Tranquillise-toi, ça ne date pas d’aujourd’hui. Il y a deux millénaires Paul en faisait déjà la constatation (1 Co 1.23)

« L’homme naturel, » celui qui n’a pas été saisi et converti à Jésus-Christ par l’Evangile, « n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » (v. 14)

Comment veux-tu que quelqu’un qui ne croit pas en Dieu se soucie de ce que Dieu dit et veut ? Comment veux-tu que quelqu’un qui n’aime pas notre Seigneur pour ce qu’il nous a apporté veuille lui faire plaisir et honneur par sa façon de vivre ?

Pour le monde, se fier à quelqu’un qui, pour eux, n’existe pas, c’est de la« folie ». Ils ne peuvent pas comprendre.

 « L'homme dirigé par l’Esprit, au contraire, juge de tout et n’est lui-même jugé par personne. » (v. 16) Cela ne veut pas dire que nous savons tout, mais, à l’aide de la Parole de Dieu, le Saint-Esprit nous aide à avoir la bonne compréhension du monde, la bonne compréhension de la vie, même la bonne compréhension de l’éternité.

Bien sûr, parfois tu ne sauras pas quoi penser d’une situation donnée ni quoi faire dans un contexte précis. Mais le Saint-Esprit t’a offert les bons verres de lunette pour lire la vie, pour chercher les solutions. Et si tu t’en tiens à sa révélation dans la Bible, Dieu ne donne à personne le droit de te « juger ».

X  X  X 4 X  X  X

Le Saint-Esprit te conduit

à travers les embuches de la vie

« En effet, qui a connu la pensée du Seigneur et pourrait l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée de Christ. » (v. 16)

Il est vrai que même nous, Occidentaux du début du 3ème millénaire, nous trouvons dans « la pensée de Christ » des choses que nous n’aurions, de nous-mêmes, sans doute pas décidé ainsi. Par exemple le fait que le ministère pastoral soit réservé aux hommes.

Il nous faut continuellement nous mettre à l’écoute et sous l’influence du Saint-Esprit dans la Bible pour ne pas nous laisser entraîner sur des chemins de traverses. Demandons-nous alors, comme Paul ici : « Qui a connu la pensée du Seigneur et pourrait l’instruire ? »

Restons humbles face à notre Créateur. Ce qui paraît être « folie » de la part« de Dieu est » certainement « plus sage que les hommes » (1 Co 1.25). Il suffit de comparer la création du monde à ce que nous sommes capables de créer. Il suffit surtout de comparer la solution magistrale que Dieu a trouvée pour nous sauver, à ce que disent toutes les autres religions, toutes imaginées par des hommes : elles cherchent en vain à se sauver par leurs mérites.

Cher Mathieu, rappelle-toi la signification de ton nom : « Don de Dieu ». Toi, tu es un don de Dieu pour les autres, puisqu’il t’a créé, mais des dons, Dieu t’en a aussi faits, et des grandioses ! et il veut continuer à te combler. Ce sont tous« les bienfaits que Dieu nous a donnés par sa grâce » ! Apprécie-les hautement. Sers-t-en copieusement. Ne les néglige pas, car si Dieu te les a destinés, c’est qu’il savait qu’ils allaient te faire du bien.

Réjouis-toi quotidiennement de ces « bienfaits » dans sa Parole, puise-les régulièrement dans l’alliance de ton Baptême, et viens-les chercher dorénavant aussi dans les promesses de la Cène !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

Sermon du Dimanche 20 Mai 2012

Eglise Evangélique Luthérienne – Synode de France

Assemblée Générale Synodale

CULTE SYNODAL                     Ep 3.14-21

 

14    « Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ,

15        de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom.

16     Je prie qu’il vous donne, conformément à la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur,

17     de sorte que le Christ habite dans votre cœur par la foi. Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour

18     pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ,

19        et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.

20     A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons,

21     à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! »

 

Seigneur, Dieu éternel,

C’est par pure grâce que tu préserves ton Eglise.

Nous te remercions d’avoir accompagné la nôtre jusqu’à présent.

Demeure aussi à l’avenir parmi nous avec ta Parole et tes sacrements.

Bénis en particulier ta Parole que nous allons méditer maintenant.

Par Jésus-Christ. Amen.

Chers frères et sœur en Christ,

et tout particulièrement, chers délégués synodaux de nos paroisses, pasteurs et laïcs !

Il nous arrive à tous, à certains moments de notre vie, de devoir tourner une page. Nous sommes 
« étrangers et voyageurs sur la terre » (Hé 11.13) Nous ne faisons que passer, mais, grâce à Dieu, nous avons un but merveilleux devant nous, comme nous l’avons amplement entendu ces derniers jours avec le thème de notre Assemblée Générale Synodale : « Tenez vos lampes allumées ! »

Nous ne faisons que passer, mais le Seigneur attend de nous qu’à tout moment de notre traversée de la vie nous accomplissions notre tâche, nous exercions nos responsabilités.

Celles-ci changent continuellement. D’enfants nous devenons adultes, puis vieillards. La plupart passent aussi de l’état d’enfant célibataire à celui de parents mariés, puis de grands-parents, voire de veufs. D’écoliers et étudiants ou apprentis nous devenons actifs puis retraités.

Et à chaque étape correspondent des devoirs spécifiques. Même la personne âgée, le retraité, a encore des responsabilités, même si elles sont nécessairement différentes de celles d’avant.

Après 36 années ininterrompues dans le Conseil Synodal, dont douze comme président synodal, je passe le relais. Cela va me faire tout drôle, c’est sûr, mais je ne me désintéresserai pas pour autant de mon Eglise et de l’avancement du Règne de Dieu dans les cœurs.

Je vais, avant tout, faire ce que chacun de vous et chaque croyant peut faire, ce en quoi l’apôtre Paul nous donne ici un exemple : Prier !

PRIER

1.  pour remercier le Seigneur pour la grande famille de son Eglise

2.  pour lui demander pour notre Eglise

a.  qu’elle comprenne l’immensité de l’amour de Christ

b.  qu’elle soit fortifiée par son Esprit et

c.  qu’elle œuvre en toute confiance en l’accompagnement de Dieu.

X  X  X 1 X  X  X

Comme Paul, prions

POUR REMERCIER LE SEIGNEUR

POUR LA GRANDE FAMILLE DE SON EGLISE

Est-ce parce que nous avons le syndrome de Thomas et avons du mal à croire ce que nous ne pouvons voir, ou est-ce parce que nous avons l’œil si près de l’arbre que celui-ci nous cache la forêt, mais nous avons parfois du mal à être conscients de la grande « famille » qu’est l’Eglise (v. 15).

Nous voyons nos petites paroisses. Quand nous ne voyons qu’elles, rien d’étonnant que cela puisse nous décourager à l’occasion. Mais voyez Paul ! Lui aussi, au début, ne se trouvait qu’en présence d’églises de maisons, de communautés si petites qu’elles pouvaient se réunir chez des particuliers. Pourtant cela ne l’empêche pas de voir toute la grande, la nombreuse, l’immense « famille » de l’Eglise.

« Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom. » (v. 14-15)

Je prie pareillement que nos paroisses, quand elles prennent des décisions, ne raisonnent pas de façon étroite, en ne tenant compte que d’elles-mêmes, comme si le peuple de Dieu se résumait à elle. Non, il faut raisonner en regardant par-delà les murs de la paroisse ; il faut prendre des informations et voir ce que d’autres font dans une situation analogue.

Représentez-vous toujours cette merveilleuse réalité : en plaçant notre foi en Jésus et en son salut, nous nous trouvons au milieu de la nombreuse « famille »de « tous les saints » (v. 18), de tous ceux qui ont été « revêtus de Christ » (Ga 3.27) et de sa sainteté.

La « famille » de Dieu ne se résume pas à une paroisse ni à notre Eglise ; elle se trouve partout « sur la terre » « où l’Evangile est prêché purement et les saints sacrements administrés conformément à l’Evangile ». (C.A., Art. VII)

Une grande partie de la « famille » de l’Eglise se trouve même déjà « dans le ciel ».

C’est d’ailleurs vers là que nous sommes tous en mouvement. Nous ne sommes pas destinés à rester Eglise « sur la terre », mais à devenir « Eglise dans le ciel ».

Voyez toujours votre Eglise, même votre paroisse ou votre petit poste missionnaire, comme intégrés, fermement insérés dans la « famille qui tient son nom de Jésus-Christ, » l’Eglise chrétienne, la communauté de tous les croyants« sur la terre » et « dans le ciel » !

C’est là la grandiose destinée que nous devons au Seigneur de l’Eglise, à notre Sauveur mort et ressuscité pour nous. C’est à lui que nous devons d’être cette innombrable « famille » de Dieu qui n’a « d’autre fondement que celui qui a été posé, à savoir Jésus-Christ » (1 Co 3.11).

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Comme Paul, prions le Seigneur

POUR QUE NOTRE EGLISE COMPRENNE

L’IMMENSITE DE L’AMOUR DE CHRIST

Peut-être que la vie d’Eglise se déroulerait de façon plus sereine et plus épanouie si chacun se représentait la vie de l’Eglise comme baignant dans la lumière de l’amour du Christ.

Certes, l’Eglise – ni aucune de nos paroisses – n’est parfaite en amour et exempte de critiques. Les paroisses fondées par l’apôtre Paul ne l’étaient pas davantage. Ce qu’il prie pour elle, n’oublions pas non plus de le demander pour nos paroisses et leur vie : « Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour. » (v. 17)

Je sais, l’amour a bon dos. Moi aussi, une certaine façon de parler de l’amour m’exaspère. Surtout quand il s’agit de faire avaler des couleuvres au nom d’un prétendu amour.

Mais ici il ne s’agit pas de l’un de ces nombreux travestissements de l’amour.« L’amour » dans lequel nous prions Dieu de nous « enraciner », c’est « l’amour de Christ », « l’amour » qui tend à « accomplir la Loi » de Dieu (Rm 13.10), un« amour » qui se « fonde » sur la vérité de Dieu et qui s’oriente à cette vérité révélée dans la Bible ; c’est « l’amour » dont notre Seigneur est la sublime personnification.

« Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l’amour pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » (v. 17b-19)

Les dimensions – « la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur », pour parler comme Paul – « de l’amour de Christ » devraient complètement nous irradier. Certes, « cet amour surpasse toute connaissance » : plus nous la méditons et y plongeons nos regards, et plus nous en sommes subjugués par son insondable profondeur et sa vertigineuse grandeur.

Justement, que cet amour sauveur de notre Seigneur soit le moteur et le mobile de notre vie d’Eglise et de paroisse ! Que cet amour sauveur oriente et canalise les activités de notre Eglise ! Qu’il nous porte et nous pousse, nous les uns vers les autres, et tous ensemble vers les autres !

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Comme Paul, prions le Seigneur

POUR QUE NOTRE EGLISE

SOIT FORTIFIEE PAR SON ESPRIT

Là aussi, ne faisons pas n’importe quoi pour obtenir l’Esprit de Dieu. Jésus nous a clairement indiqué que nous le rencontrons dans l’Evangile. C’est là que l’Esprit œuvre.

Notre Eglise veut être « fortifiée par son Esprit » ? Il faut pour cela que chacun d’entre nous soit « fortifié par [cet] Esprit ».

Il faut donc que chacun de nous aille se placer sous son influence. Où ça ? Là où « il rend témoignage de Jésus » (Jn 15.26), là où nous sommes au contact de l’Evangile : dans notre méditation personnelle de la Bible, dans nos cultes de famille, dans nos cultes, études bibliques et réunions de jeunes.

C’est là que le Saint-Esprit fait « habiter Christ dans votre cœur par la foi » ! Cessez la lecture personnelle de la Bible, négligez les études bibliques, évitez les cultes, ou les cultes de famille, et vous espérez en vain que le Saint-Esprit fasse « habiter le Christ dans votre cœur par la foi ».

Négligez tout cela, et vos réunions de conseil presbytéral et vos assemblées paroissiales ne serviront à rien, même les décisions en Assemblée Générale Synodale. Le Saint-Esprit ne se laisse pas forcer la main. Il nous donne rendez-vous dans l’Evangile, rien que dans l’Evangile de Jésus-Christ : c’est là qu’il veut nous « fortifier », nous « fonder », nous épanouir dans la foi, c’est là qu’il veut resserrer les liens entre nous et notre Sauveur.

Certes, nos réunions, assemblées et décisions ont leur raison d’être : elles doivent favoriser nos rencontres avec le Saint-Esprit dans l’Evangile, ou favoriser l’évangélisation, nous aider à amener des gens au contact du salutaire Evangile (Rm 1.16). Toute décision qui freine ou empêche cela est inutile, voire nuisible à notre salut.

Aussi, écrit Paul, « je prie qu’il vous donne, conformément à la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur, de sorte que le Christ habite dans votre cœur par la foi. » (v. 16-17a)

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Comme Paul, prions le Seigneur

POUR QUE NOTRE EGLISE

ŒUVRE EN TOUTE CONFIANCE EN

L’ACCOMPAGNEMENT DE DIEU

Quand nous voyons la masse des incroyants et indifférents autour de nous, et le petit nombre d’adorateurs dans les églises, le vieil homme en nous voudrait nous pousser à abandonner : « A quoi bon tous nos efforts ? Tout le monde s’en fout ! »

Céder à ces tentations du Mauvais – car c’est là le propre de Satan : essayer de nous décourager ! – ce serait un manque de confiance en notre Seigneur. Lui, a-t-il abandonné, a-t-il renoncé à se sacrifier « pour le monde entier » (1 Jn 2.2) quand il a vu tout le monde se liguer contre lui, quand il a vu que bien peu de ceux pour qui il mourrait allaient en profiter ?

Non ! Et il n’abandonne pas non plus aujourd’hui. Il ne retire pas les promesses qu’il a faites, malgré l’ingratitude et le rejet que lui oppose la grande majorité des gens.

Au contraire, il nous encourage, il nous exhorte et, surtout, il nous accompagne de ses promesses.

Nous nous trouvons si peu nombreux ? Si impuissants ? Certes, si nous étions confrontés seuls à la tâche de l’Eglise, il y aurait de quoi se décourager. Mais nous ne le sommes pas. Notre Seigneur, nous dit Paul ici, « peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons » (v. 20) !

Recourons à « la puissance qui agit en nous », vivons de « l’Evangile, puissance de salut pour quiconque croit » (Rm 1.16), fortifions-nous à cette source d’eau vive, et notre Eglise en sera vivifiée et fortifiée.

Ne nous laissons pas décourager par l’immensité de la tâche, mais ayons confiance en ses promesses. Si nous nous branchons sur son Evangile de grâce et de vie, notre Seigneur « peut faire […] infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons ». Ne l’a-t-il pas déjà prouvé dans la vie de chacun d’entre nous, dans la vie aussi de chacune de nos paroisses, dans la vie aussi de notre Eglise ?

Et soyez-en certains, un jour il nous le prouvera de façon bien plus magistrale encore, comme les exposés de cette Assemblée Générale Synodale nous l’ont rappelé : alors nous serons « remplis de la plénitude de Dieu » (v. 19) !

En attendant – et dans la confiance en ses promesses et sa puissance – dirigeons-nous ensemble vers ce but, mais en nous laissant fortifier par l’amour de notre Seigneur et en faisant bénéficier nos paroisses et notre Eglise de la foi dont il nous remplit.

« A lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! » (v. 21)

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

Chants proposés :

                   Prélude

C’est un rempart que notre Dieu                        AL 37-03

                   Liturgie

Je crois en Dieu le Créateur                               AL 61-81

                   Prédication

                   Interlude

                   Prière Générale

Jésus, ton règne sans pareil                               AL 36-14

                   Installation des Conseillers Synodaux

                   Sainte Cène

Seigneur, tu nous partages ton corps et ton sang     

                                                                                  AL 24-12

Oh ! viens, Seigneur, demeure parmi nous     AL 24-17

Enfants de la lumière                                           AL 36-16

                   Liturgie de post-communion

 

 

Sermon du Jeudi 17 Mai 2012

 

Fête de l’ASCENSION             Dn 7.13-14

 

Chants

Auprès du Père il est monté, alléluia !        AL 34-28

Seigneur Jésus qui es venu Habiter             AL 34-30

Jésus entre dans son règne                           AL 34-31

 

 

13 Pendant que je regardais dans mes visions nocturnes, quelqu’un qui ressemblait à un fils de l’homme est venu avec les nuées du ciel. Il s’est avancé vers l’Ancien des jours et on l’a fait approcher de lui.

14   On lui a donné la domination, la gloire et le règne, et tous les peuples, les nations et les hommes de toute langue l’ont servi. Sa domination est une domination éternelle qui ne cessera pas et son royaume ne sera jamais détruit. »

 

 

Seigneur Jésus,

tu sièges à la droite du Père

et y règnes sur tout ce qui se trouve dans le ciel et sur la terre.

Nous te prions :

Protège ton Eglise sur terre !

Par ta puissance, préserve-là

jusqu’à ce que tous tes ennemis t’aient été soumis.

Fais-nous participer à ta victoire finale.

Bénis en ce sens la méditation de ta Parole !

Amen.

 

 

Chers frères et sœurs de notre grand Frère monté au ciel !

Il y a des moments dans la vie, où il est bon de se savoir impliqué dans le message de l’Ascension. La vie nous bouscule parfois tellement que nous avons alors grandement besoin de quelqu’un à qui pouvoir faire confiance en toute occasion, quelqu’un à qui pouvoir s’accrocher quand notre chaloupe tangue un peu beaucoup.

Ici, il faut être persévérant pour arriver à surmonter les obstacles pour résoudre un problème relationnel; là, il faut serrer les dents pour ne pas perdre pied quand la maladie ou les symptômes de l’âge se sont nichés dans notre existence. Ailleurs encore, les problèmes posés à l’Eglise – nous aurons à en traiter quelques-uns en Assemblée Générale Synodale – ne semblent pas simples à régler.

En fait, à la racine de nos maux, à l’origine première de nos problèmes, on se trouve face à rien de moindre que le péché qui s’est insinué partout, et face à celui qui a introduit cet état de fait dans la création divine : Satan.

Or lui, il est plus futé et plus puissant que nous. Aussi sommes-nous soulagés de savoir que nous appartenons à quelqu’un qui a gagné la bataille contre le péché, la mort et Satan.

Notre victoire sur tous les inconvénients nous est acquise, notre victoire sur toutes les situations pénibles nous est assurée si nous cherchons refuge avec foi auprès de notre Seigneur monté au ciel.

Dans la vision de notre texte, le prophète Daniel voit

« QUELQU’UN QUI RESSEMBLAIT À

UN FILS DE L’HOMME »

ET QUI A REÇU DE

« L’ANCIEN DES JOURS »

1.    un pouvoir universel et éternel,

2.    un Royaume universel et éternel.

X X X  1  X X X

Voyons d’abord qui est ce

« QUELQU’UN QUI RESSEMBLAIT À

UN FILS DE L’HOMME » ?

« Le fils de l’homme » est un des titres que Jésus s’est appliqué à lui-même quelque 45 fois dans les Evangiles. C’est aussi ainsi qu’il apparaît à Jean dans l’Apocalypse : « Je me retournait pour savoir quelle était la voix qui me parlait.[…] je vis […] quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme » (Ap 1.13).

C’est ainsi qu’est soulignée la nature humaine de celui dont il est question ici. Il est homme comme nous, et pourtant il apparaît dans l’Apocalypse dans la gloire de sa sainteté. Pareil à nous selon sa nature humaine, mais totalement différent de nous autres humains car sans péché et totalement parfait.

Dans l’Ancien Testament, le terme « fils de l’homme » ne se rencontre que deux fois, les deux fois dans le livre du prophète Daniel – entre autre, dans notre texte – et chaque fois ce titre est donné au Messie Sauveur.

Un détail nous frappe dans notre texte : Celui « qui ressemblait à un fils de l’homme est venu avec les nuées du ciel » (v. 13). « Venir avec les nuées du ciel », c’est le propre de Dieu, c’est ainsi que Dieu est décrit aussi bien dans les Psaumes (104.3) que par le prophète Esaïe (19.1).

Ainsi les visions aussi bien chez Daniel que, plus tard, dans l’Apocalypse indiquent que « le fils de l’homme » est à la fois vrai Dieu et vrai homme.

Les deux fois où Daniel utilise le titre « fils de l’homme », il est clairement question du Messie tout-puissant et vainqueur. Cela est tellement clair que, quand Jésus se donnait le titre prophétique de « fils de l’homme », les chefs juifs se mettaient en colère parce qu’ils n’admettaient pas que Jésus se présente comme le divin Messie.

X X X  2  X X X

Voyons maintenant qui est

« L’ANCIEN DES JOURS » ?

Daniel voit le Messie « s’avancer vers l’Ancien des jours » (v. 13).

« L’ancien », c’est ce qui précède, ce qui vient avant. « L’Ancien des jours », c’est celui qui a précédé les jours, celui qui était dès le commencement. Dans Esaïe, Dieu se présente ainsi : « C’est moi qui suis Dieu. Je le suis depuis le début » (Es 43.12-13).

En effet, s’il est dit : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1.1), c’est qu’il était là avant de les créer. Il mérite vraiment le titre d’« Ancien des jours ». Il s’agit bien là de Dieu.

D’ailleurs, quelques versets plus haut il est dit de lui : « Son vêtement était aussi blanc que la neige et ses cheveux pareils à de la laine pure. Son trône était de flammes et ses roues étaient de feu dévorant. […] Des milliers le servaient et des centaines de millions se tenaient debout devant lui. » (Dn 7.9-10)

La « blancheur » de ses cheveux et de ses vêtements souligne sa sainteté parfaite.

Les « flammes » et le « feu dévorant » de son trône indiquent que rien ne peut le retenir de juger ses ennemis, mais rien ne peut pas non plus le retenir de sanctifier son peuple, de l’accompagner à travers les vicissitudes de la vie et de le conduire dans la félicité éternelle.

Il utilise pour arriver à ses fins « des milliers […] et des centaines de millions », bref « la multitude de l’armée céleste » des anges (Lc 2.13) qui « le servent ».

Chers amis, le prophète Daniel voit ici, des siècles à l’avance, comment le Fils de Dieu devenu homme a vaincu le péché, la mort et le diable, comment ce Fils de Dieu est amené, selon sa nature humaine, devant le Dieu très saint, éternel et tout-puissant.

Daniel ne voit pas les détails de cet événement. Souvent, Dieu n’a fait aux prophètes de l’Ancien Testament que des révélations globales de l’œuvre du Messie.

Ainsi, Daniel voit ici l’Ascension du Fils incarné de Dieu et son retour pour le Jugement en une seule scène située dans le futur.

Dieu, « l’Ancien des jours », remet à Jésus monté au ciel « la domination, la gloire et le règne » (v. 14).

On peut se poser la question : Comment le Père peut-il remettre « la domination, la gloire et le règne » à son Fils ? En tant que Dieu, en tant que deuxième personne de la Trinité, cela ne lui appartient-il pas de toute éternité ?

Bien entendu. Mais durant son abaissement, pendant qu’il menait une vie sainte dans les mêmes conditions de vie que nous, il a renoncé à ce que sa nature humaine profite de ces pouvoirs divins. Mais maintenant qu’il a accompli à la perfection sa mission – nous sauver en prenant notre place – il n’a plus aucune raison de continuer à mener une existence dans l’abaissement.

« C’est aussi pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2.5-11).

Lors du Jugement Dernier, cette remise du pouvoir atteindra son apogée. Alors les scènes décrites dans ce chapitre 7 du livre de Daniel trouveront leur accomplissement final.

Ce qui est particulièrement réconfortant, c’est de voir que

X X X  3  X X X

Notre frère glorifié a reçu de

« l’Ancien des jours »

UN POUVOIR UNIVERSEL ET ÉTERNEL

Il lui fut « donné » une « domination » qui « est éternelle » (v. 14). Les pouvoirs de ce monde ne durent qu’un temps. Rois, empereurs, même dictateurs, mais aussi partis, gouvernements et présidents démocratiquement élus, n’exercent le pouvoir que pour un temps, la passation des pouvoirs, cette semaine, en France, en est de nouveau une illustration.

Daniel en sait aussi quelque chose. Il a assisté à la chute du Royaume de Juda. Puis Dieu l’a chargé d’annoncer au roi Belshatsar que l’empire babylonien allait sous peu faire place à l’empire perse. Et l’empire perse, où se trouve-t-il aujourd’hui, après deux millénaires et demi ?

« Comble de l’inconstance, tout n’est que fumée ! » avait déjà constaté Salomon (Ec 1.2). Passage mieux connu ainsi : « Vanité des vanités. Tout n’est que vanité ! »

Tout ? Non. Car de notre Sauveur monté au ciel il est dit : « Sa domination est une domination éternelle. » Rien ni personne ne mettra fin à son règne de puissance sur le monde entier. Qu’ils le veuillent ou non, toutes les créatures humaines sont soumises à ses lois.

Il est le Maître de l’Histoire. Oh ! certes, Satan se démène encore pour semer la zizanie, des hostilités et des incompréhensions, même des affrontements à tous les niveaux. Il essaye de répandre guerres et génocides sur terre. Mais il sait ses jours comptés. C’est d’ailleurs pour cela qu’il se démène ainsi. C’est son chant du signe.

Mais il sait que le Christ monté au ciel règne et aura le dernier mot contre lui et les forces du mal. Les deux versets de notre texte constituent d’ailleurs la fin ou l’apogée de la victoire finale du Messie contre les forces du mal sur terre.

Bien sûr, le péché nous pourrit encore la vie, le mal assombrit nos existences, que ce soit l’immoralité dans le monde ou le mal dans notre corps, les infirmités et les maladies.

Mais là aussi nous savons qu’il ne peut nous arriver de pénible que ce que notre Seigneur victorieux tolère parce qu’il sait que cela« concourt à notre bien » (Rm 8.28).

Quel soulagement, au fond de l’épreuve, que de savoir que notre frère en humanité Jésus-Christ veille ! Qu’il règle avec toute-puissance le cours de notre vie de manière à ce que « rien ne puisse nous séparer de l’amour de Dieu », pourvu que nous soyons conscients de cette grâce et que nous ne lui retirions pas notre foi, notre confiance (Rm 8.39).

X X X  4  X X X

Notre frère glorifié a reçu de

« l’Ancien des jours »

UN ROYAUME UNIVERSEL ET ÉTERNEL

« Tous les peuples, les nations et les hommes de toute langue l’ont servi. Sa domination est une domination éternelle qui ne cessera pas et son royaume ne sera jamais détruit. » (v. 14)

Voilà ce que Daniel a la grâce de découvrir des siècles à l’avance.

Bien entendu, il s’agit ici d’autre chose que d’un royaume ou Etat comme ceux qui font l’histoire politique de ce monde. D’aucun chef d’Etat on peut dire : « Tous les peuples l’ont servi. » Et d’aucun Etat : « Il ne sera jamais détruit. »

Non, Daniel voit ici comment le Christ qui siège à la droite du Père étend son règne de grâce dans les cœurs des « hommes de toute langue ». Daniel voit en vision l’Evangile de Jésus-Christ se répandre dans le monde entier et susciter dans toutes les nations des adorateurs de Jésus-Christ, des sujets de son royaume de grâce.

Et voyez-vous, malgré l’hostilité du monde à l’Evangile, la Bible est le livre le plus répandu au monde, aussi le plus traduit. A ce jour, la Bible a été traduite, entièrement ou partiellement, dans environ plus de 2264 langues ou dialectes. Et il y a encore actuellement beaucoup de projets de traduction.

C’est là encore un signe que notre Seigneur a les choses bien en main. C’est qu’il veut toucher les cœurs des gens dans toutes les nations, sans discrimination. Son Royaume, l’Eglise chrétienne, est universel.

Et ceux qui, de partout, ont ainsi été touchés par sa grâce, convertis et attirés dans son Royaume, comme nous, ceux-là ne demandent qu’à l’adorer et le servir par gratitude pour avoir été si miraculeusement sauvés de la mort éternelle et intégrés dans son Royaume éternel.

Car si le premier attribut de son royaume est d’être universel, son second est d’être « éternel ». Rien ne peut mettre fin à son Royaume de grâce, rien ne peut détruire son Eglise universelle. « Les portes de l’enfer, » les pouvoirs de la mort, « ne l’emporteront pas sur elle. » (Mt 16.18)

Oh ! certes, nous, ses sujets, ici-bas nous devons mener le combat de la foi contre les insinuations de Satan, contre les assauts qu’il lance contre l’Eglise et notre foi. Cette lutte, par moments et par endroits, peut atteindre une intensité quasi insoutenable. Daniel qui la voit se dérouler sous ses yeux, reconnaît : « Moi, Daniel, j’ai été si terrifié par mes pensées que j’en ai changé de couleur ! » (Dn 7.28)

Mais Jésus règne. Et il a le dernier mot.

Cela, son Ascension nous le rappelle puissamment. Certes, nous ne le voyons plus. Nous ne le reverrons qu’à son retour triomphant et glorieux au Dernier jour.

Mais inlassablement il nous fait annoncer sa Parole de grâce, pour que nous soyons entraînés dans une vie de repentance et de foi, une vie qui inéluctablement nous mènera dans le Royaume de gloire, dans la félicité éternelle.

Il reviendra bientôt – Que sont pour lui mille ans ? – Pas plus qu’une journée ! – Bientôt celui qui est monté au ciel en triomphateur,« reviendra de la même manière » (Ac 1.11).

En fait, il n’a fait que nous précéder et nous préparer une place. Il l’a souvent rappelé aux siens.

Unis à lui, nous savons qu’ici-bas il nous fait bénéficier de sa victoire et que le jour viendra aussi où il nous fera aussi partager son éternité dans un bonheur inexprimable.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

Sermon du Dimanche 13 Mai 2012

Dimanche Rogate                    Ac 8.26 – 40

Prédication pour 2 Baptêmes d'adolescents

Chants proposés :

Seigneur, nous arrivons des quatre coins    AL 21-19

                   Comme Credo et 2ème chant :

Je crois en Dieu, le Créateur,                          AL 61-81

                   Prédication

Nos cœurs plein de reconnaissance             AL 23-10

                   Baptême

Je t’appartiens par le Baptême                       AL 23-08

                   Cène

Seigneur, tu nous partages ton corps et ton sang   

                                                                               AL 24-12

 

26    « Un ange du Seigneur s’adressa à Philippe : "Lève-toi et va en direction du sud, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, celui qui est désert."

27        Il se leva et partit. Or un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire de Candace, la reine d’Ethiopie, et administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer.

28     Il repartait, assis sur son char, et lisait le prophète Esaïe.

29     L'Esprit dit à Philippe : "Avance et approche-toi de ce char."

30     Philippe accourut et entendit l'Ethiopien lire le prophète Esaïe. Il lui dit : "Comprends-tu ce que tu lis ?"

31        L’homme répondit : "Comment le pourrais-je, si personne ne me l’explique ?" et il invita Philippe à monter et s'asseoir avec lui.

32     Le passage de l'Ecriture qu'il lisait était celui-ci :

         "Il a été conduit comme une brebis à l'abattoir

         et, pareil à un agneau muet devant celui qui le tond, il n'ouvre pas la bouche.

33        Dans son humiliation, la justice lui a refusée.

         Et sa génération, qui en parlera ?

         En effet, sa vie est supprimée de la terre."

34     L'eunuque dit à Philippe : "Je t’en prie, à propos de qui le prophète dit-il cela ? Est-ce à propos de lui-même ou de quelqu'un d'autre ?"

35     Alors Philippe prit la parole et, en partant de ce texte de l’Ecriture, il lui annonça la bonne nouvelle de Jésus.

36     Comme ils continuaient leur chemin, ils arrivèrent à un point d'eau. L'eunuque dit : "Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ?"

37     Philippe dit : "Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible." L’eunuque répondit : "Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu."

38     Il fit arrêter le char. Philippe et l’eunuque descendirent tous les deux dans l'eau et Philippe baptisa l'eunuque.

39     Quand ils furent sortis de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe et l'eunuque ne le vit plus. Il poursuivait sa route tout joyeux.

40     Philippe se retrouva dans Azoth, puis il alla jusqu’à Césarée en évangélisant toutes les villes par lesquelles il passait.

 

Chers frères et sœur en fête,

et tout particulièrement vous, Mathieu et Clément, ainsi que votre maman !

Un Baptême est toujours un événement hors du commun, véritablement extra-ordinaire car hors de l’ordinaire, une fête qui remplit le cœur de joie.

Souvent c’est la joie de parents pouvant y confier un nourrisson au Sauveur. Mais ce peut aussi être la joie de ceux qui accompagnent quelqu’un au Baptême qui n’a pas eu le bonheur d’y être amené comme nourrisson.

J’ai choisi l’histoire de l’eunuque éthiopien à l’occasion de votre Baptême, Mathieu et Clément, pour nous éclairer sur la question du

BAPTÊME D’ADULTES

1. Comment y arrive-t-on ?

2. Pourquoi le demander

alors que, par la foi en Jésus,

vous êtes déjà sauvés ?

3. Quelle est la joie qui en résulte.

X  X  X 1 X  X  X

Comment arrive-t-on au

Baptême d’adulte ?

a)  C’EST DIEU QUI Y CONDUIT !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chemins de Dieu sont souvent inattendus. Ils peuvent nous étonner par leur caractère surprenant ; ils peuvent aussi demander de notre part beaucoup de patience pour arriver au but.

« Que ses jugements sont insondables, et ses voies impénétrables ! » (Rm 11.33)

Tenez ! Comment se fait-il que le ministre des finances de la reine d’Ethiopie soit « venu à Jérusalem pour adorer » (v. 27) ? Faire 3 000 kms sur un chariot sur des routes chaotiques, ce n’était pas rien.

Fallait-il que la foi de l’eunuque d’Ethiopie soit forte pour faire ce voyage ! Il lui a fallu obtenir de sa reine la permission d’aller à l’étranger et de laisser les finances du royaume entre d’autres mains durant pratiquement 6 mois ! Rien que le voyage aller a dû prendre entre 2 et 3 mois. Et pareil pour le retour. Il avait le temps de « lire » non seulement « le » livre du « prophète Esaïe » (v. 30-33), mais même tout l’Ancien Testament plusieurs fois !

Et comment s’est-il fait que le ministre des finances de la lointaine Ethiopie ait été amené à la foi en Dieu ? Nous ne le savons pas. Il est vrai qu’il y a des Juifs africains en Ethiopie. Etait-ce déjà le cas à l’époque ? En faisait-il partie ?

Il lisait l’Ancien Testament. Directement en hébreu ou dans sa traduction grecque ? Peu importe ! L’important c’est de voir que notre Dieu ne manque pas de moyens pour amener quelqu’un à le rencontrer.

Dans notre histoire, Dieu recourt même à un miracle : il dépose le diacre Philippe sur la route de Gaza pour « annoncer la bonne nouvelle de Jésus » (v. 35) à l’eunuque ! Et cela va déboucher sur le Baptême de ce « haut fonctionnaire de la reine Candace d’Ethiopie » (v. 27).

Oui, la main de Dieu est puissante. Il sait arranger les choses, n’est-ce pas, Mathieu et Clément ? Cela devrait nous encourager à lui adresser nos demandes quand nous avons un problème.

Votre chemin à vous deux jusqu’au Baptême a aussi été long, plus long que celui de l’eunuque, car vous avez dû attendre plus de six mois, vous en avez été empêchés pendant plusieurs années.

Mais d’un autre côté, votre chemin jusqu’au Baptême a été moins long que celui de l’eunuque, car vous n’avez pas eu à attendre d’avoir atteint l’âge mûr comme lui.

Sans doute y a-t-il aussi eu des heurts sur votre chemin vers le Baptême, un peu comme sur les routes chaotiques empruntées par l’eunuque. Mais finalement, à force de persévérance, le Seigneur vous a conduits à bon port.

Mais ce n’est là qu’une réponse partielle à la question :

X  X  X 2 X  X  X

Comment arrive-t-on au

Baptême d’adulte ?

Une autre partie de la réponse, c’est

b)  DIEU Y PREPARE PAR SON EVANGILE !

Dieu merci – et c’est ici vraiment le cas de le remercier ! – Dieu merci, il s’est arrangé pour vous rencontrer avant le Baptême déjà. Comme cela a été le cas de l’eunuque.

Celui-ci « adorait » Dieu trouvé dans l’Ancien Testament, mais il n’avait pas encore compris que le Messie promis, le Messie qu’il attendait, était déjà venu en la personne de Jésus de Nazareth.

Sa Bible, l’eunuque ne la laissait pas s’empoussiérer sur une étagère. Elle l’accompagnait même dans ses voyages. Il la « lisait » et la méditait en route.« La parole » de Dieu « n’est pas retournée à lui sans effet, sans avoir exécuté sa volonté » (Es 55.11) : convertir l’eunuque. Il était enfant de Dieu avant d’avoir été baptisé, avant même de savoir que le Baptême existait, car il n’en est pas question dans l’Ancien Testament.

Vous aussi, Mathieu et Clément, « la parole de Dieu a agit en vous qui croyez »(1 Th 2.13), et ce avant que vous ayez pu être baptisés. « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » (Ga 3.26) Heureusement pour vous !

Votre maman vous a fait rencontrer votre Seigneur et Sauveur dans les histoires saintes. Comme cela a été le cas pour l’eunuque, Dieu vous a aussi amenés à la foi en Jésus par « la Bonne Nouvelle de Jésus » qui vous a été « annoncée » (v. 35) à l’école du dimanche, au catéchisme et au culte.

C’est ainsi que Dieu vous a fait comprendre qu’il vous attendait au Baptême pour vous bénir.

Dès que l’eunuque eut entendu et saisi l’Evangile du Baptême, il n’a pas voulu attendre plus longtemps pour le recevoir. « Ils arrivèrent à un point d'eau. L'eunuque dit : "Voici de l'eau. Qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ?"

Philippe dit : "Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible." L’eunuque répondit : "Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu."

Il fit arrêter le char. Philippe et l’eunuque descendirent tous les deux dans l'eau et Philippe baptisa l'eunuque. » (v. 36-38)

Pareillement, Dieu vous a amenés par l’Evangile à « croire que Jésus-Christ est le Fils de Dieu » venu vous sauver. Il vous a fait reconnaître en Jésus« l’Agneau » dont parle le prophète Esaïe, « l’Agneau » qui a connu« l’humiliation » et qui s’est sacrifié pour expier vos péchés. (v. 32-33 ; Es 53.7-8)

Comme les obstacles qui s’étaient mis en travers de votre chemin n’existent plus, vous êtes donc en situation de recevoir le Baptême.

X  X  X 3 X  X  X

Mais pourquoi demander le Baptême,

alors que, par la foi en Jésus,

vous êtes déjà sauvés ?

PARCE QUE LE SAINT-ESPRIT VEUT

Y AGIR POUR VOTRE BIEN

Il est évident que Philippe a insisté sur les bienfaits du Baptême, quand il a« annoncé la bonne nouvelle de Jésus » à l’eunuque. Autrement, celui-ci n’aurait pas été si pressé de recevoir le Baptême.

Vous êtes pressés de voir ou de vivre ou de manger quelque chose qui est bon. Les choses qui vous ennuient, que vous n’aimez pas, vous avez tendance à vouloir les repousser ou les éviter. Mais le Baptême ne fait pas partie des choses à éviter.

Quel drame que celui des gens qui méprisent le Baptême et qui le dénigrent parce qu’ils ne croient pas en ses bienfaits, ils ne croient pas en ce que Dieu nous y apporte par son Saint-Esprit.

L’eunuque l’a compris, et lorsqu’il n’y a plus eu d’empêchement, il a immédiatement demandé le Baptême. Il ne voulait pas être privé plus longtemps de ses bénédictions.

Alors, certes, nous aimerions connaître les mots avec lesquels Philippe a parlé du Baptême. Notre texte ne les cite pas. Mais vous connaissez d’autres textes de la Bible où Dieu en parle. Je ne vais en mentionner que quelques-uns (nous en avons déjà parlé).

Aux Galates, Paul écrit : « Vous tous qui avez été baptisés, vous avez revêtu Christ, » (Ga 3.27) : dans le Baptême votre péché a été recouvert par la sainteté de Jésus. Il vous y a offert sa sainteté ! Dieu vous agrée ainsi. C’est ainsi que Pierre, de son côté, peut écrire que « le Baptême vous sauve » (1 P 3.21).

Enfin, pour n’en citer qu’un autre, voici ce que Paul écrit à son collaborateur Tite : « Il nous a sauvés. Il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. » (Tt 3.5-7)

Vous avez raison, Mathieu et Clément, de ne pas vouloir vous priver de cette action du Saint-Esprit en votre faveur. Vous avez raison de vouloir bénéficier, comme l’eunuque, de ce « renouvellement du Saint-Esprit » « à travers le bain de la nouvelle naissance » !

Oh, ça ne se passera pas comme dans les contes de fées : vous ne serez pas transfigurés comme par un coup de baguette magique. Mais vous pourrez avoir la certitude que ce que Dieu promet, le Saint-Esprit l’accomplit effectivement en vous dans le Baptême.

Vous pourrez vous référer aux promesses que Dieu a liées à ce sacrement, vous pourrez en retirer la certitude que Dieu vous aime et que par ce bain il vous a liés à lui pour ce temps et pour l’éternité.

Avoir la certitude que Dieu est votre Allié, qu’il vous a pris dans son alliance de grâce et de vie, c’est quelque chose !

Aussi n’est-ce pas étonnant de parler de

X  X  X 4 X  X  X

LA JOIE QUI EN RESULTE

Après son Baptême, « l'eunuque poursuivit sa route tout joyeux. » (v. 39) Il avait la certitude que Dieu l’aimait. Il se savait lié à son Sauveur de façon solide et merveilleuse.

Vous aussi, sachez que vous allez entrer dans cette alliance. Une alliance divine qui fait qu’il n’y a pas de plus grande fête sur terre. Elle ne sera surpassée que par la joie inégalée qui sera la notre à notre entrée dans la félicité éternelle.

Mais dès maintenant, nous, les baptisés, nous chantons (LlS 157:1+4+6) :

« Par la puissance du Baptême,

Ô Père, Fils et Saint-Esprit,

Je suis à toi, bonheur suprême !

Tu me reçois en Jésus-Christ ;

Je suis compté parmi les tiens

Et comblé de célestes biens.

Tu es fidèle, ô de vie

A l’alliance dans cette eau.

Mais si jamais je la renie,

N’efface pas ton divin sceau !

Regarde-moi en Jésus-Christ !

Ta grâce seule me suffit.

Dieu trois fois saint, par ta puissance

Durant mon séjour ici-bas,

Garde-moi dans ton alliance

Jusqu’au moment de mon trépas,

Pour que, dans la vie et la mort,

Je trouve en toi mon réconfort. »

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

Sermon du Dimanche 6 Mai 2012

 

Dimanche Cantate.     Ac 16 23-34

                                              

Chants proposés :

Célébrez Dieu hautement                                       LlS     7:1-5

Entonnons en ce jour un cantique nouveau        LlS 103:1-3+6  

A ta céleste volonté Je me soumets sans peine  LlS 229:1-3

 

 

23   « Après les avoir roués de coups, ils les ont jetés en prison en recommandant au gardien de la prison de les surveiller de près.

24   Face à une telle consigne, le gardien les a jetés dans la prison intérieure et a emprisonné leurs pieds dans des entraves.

25   Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les écoutaient.

26   Tout à coup, il y eut un tremblement de terre si violent que les fondations de la prison ont été ébranlées. Toutes les portes se sont immédiatement ouvertes et les liens de tous les prisonniers ont été détachés.

27   Lorsque le gardien de la prison s’est réveillé et a vu les portes de la prison ouvertes, il a tiré son épée, prêt à se tuer car il croyait que les prisonniers s’étaient enfuis.

28   Mais Paul a crié d’une voix forte : "Ne te fais pas de mal, car nous sommes tous ici !"

29   Alors le gardien a demandé de la lumière, est entré précipitamment et s’est jeté tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas.

30   Il les a fait sortir et a dit : "Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ?"

31   Paul et Silas ont répondu : "Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille."

32   Et ils lui ont annoncé la Parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison.

33   A cette heure-là de la nuit, le gardien les a emmenés pour laver leurs plaies. Il a immédiatement été baptisé, lui et tous les siens.

18    Après les avoir conduits chez lui, il leur a servi à manger. Il se réjouissait avec toute sa famille d’avoir cru en Dieu. »

 

Chers frères et sœurs venus au culte

pour faire monter vos chants vers notre Dieu !

Il y a des chants de joie et des chants de lamentation, des solos, des duos et des chœurs, des chants de témoignage et des chants de prière. Bref, le chant se prête à l’expression de tous nos sentiments. Il suffit de songer aux psaumes, ces chants grandioses des croyants de la Bible repris par les Eglises du monde entier dans les langues les plus diverses et des adaptations plus riches les unes que les autres !

Il n’empêche que pour le dimanche « Cantate » – impératif du verbe chanter, donc une invitation à chanter – on s’attend à un autre texte que celui de Paul et de Silas en prison. Il suffit de songer au Psaume 66, le psaume d’introït qui a donné son nom à ce dimanche et qui commence ainsi : « Poussez vers Dieu des cris de joie, vous tous, habitants de la terre ! Chantez (Cantate !) la gloire de son nom, célébrez sa gloire par vos louanges ! » (Ps 66.1-2)

C’est généralement le ton qu’on donne à ce dimanche, par exemple avec des chants comme « Entonnons en ce jour » (LlS 103 », « Entonnons de nouveaux cantiques » (LlS 140), « Entonnons un nouveau cantique » (LlS 30), « Entonnons un saint cantique » (LlS 73), « Faisons éclater par nos chants » (LlS 214),« Célébrons par nos chants » (LlS 87), « Célébrons tous par nos louanges » (LlS 121).

Or comment commence notre texte ? – Voyez plutôt : « Après les avoir roués de coups, ils les ont jetés en prison ! » (v. 23).

Que vient faire cette histoire un dimanche « Cantate » consacré au chant ? C’est que

LE CHRETIEN CHANTE EN TOUTE OCCASION

1.  En temps habituel il chante des confessions et des louanges.

2.  Quand cela va mal il chante des plaintes et la fidélité de Dieu.

3.  En présence des hauts faits de Dieu il chante sa joie avec gratitude.

X X X 1 X X X

En temps habituel

le chrétien chante

DES CONFESSIONS ET DES LOUANGES

On dit généralement de l’Eglise luthérienne qu’elle est l’Eglise de la Loi et de l’Evangile. On dit aussi qu’elle est l’Eglise qui chante. Il y a des milliers de cantiques luthériens qui ont été écrits et composés, les meilleurs d’entre eux s’étant gardés par-delà les siècles et ayant été traduits dans toutes les langues.

Luther a tout de suite compris l’importance du chant d’église. Il a donné l’exemple en composant les premiers chants protestants et a demandé à d’autres de suivre son exemple. C’est ainsi que sont nés nos cantiques.

Voici un facsimilé de son premier recueil de cantiques.

 

 

Une merveille pour l’époque. Un témoignage émouvant de la foi chrétienne.

Luther ne pouvait pas concevoir la foi sans chant ni musique. Il a chanté sa vie durant. Il a accompagné le chant sur instrument de musique. Il a même composé des chants à une et à deux voix.

Ce que Luther avait dit – « Dieu annonce l’Evangile aussi par la musique » – s’est révélé exact : les chorals luthériens ont été, avec la traduction de la Bible dans la langue du peuple, ce qui a permis à la réformation luthérienne de s’étendre rapidement.

Mais le chant d’Eglise luthérien n’est pas superficiel, il prêche l’Evangile dans tous ses détails et il formule sous forme de prières toutes les émotions du croyant.

Les deux volets du message biblique sont la Loi et l’Evangile : d’un côté, comment nous devons être et ce que nous devons faire, de l’autre ce que Dieu a fait pour nous par Jésus et continue de faire.

Pareillement, ce que nous exprimons dans nos chants, c’est à la fois la plainte sur nos péchés, la confession de nos péchés et de ce que nous méritons, et la joie de nous savoir acceptés, graciés, sauvés par Jésus-Christ.

Ce sont les deux mouvements du chant chrétien, un peu comme l’inspiration et l’expiration : la confession des péchés et la joie de l’absolution.

Cela peut se conjuguer sous toutes les formes, se chanter de différentes manières, dans des styles différents aussi, mais tout chrétien chante à la fois la tristesse et l’aveu de son péché et la joie et la reconnaissance en raison du salut procuré par Jésus-Christ.

X X X 2 X X X

Quand cela va mal

Le chrétien chante

DES PLAINTES ET LA FIDELITE DE DIEU

Oui, mais avons-nous toujours envie de chanter ? Quand nous nous débattons dans une difficulté, quand nous souffrons d’une injustice, avons-nous le cœur à chanter ?

C’est là que Paul et Silas nous impressionnent. On les a jetés injustement en prison, on les maltraite, … et que font-ils ? « Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu. » (v. 25) Quelle foi inébranlable que celle de ces deux hommes !

Nous n’avons pas la prétention d’avoir une foi aussi forte. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas l’impossible. Dans le malheur, les croyants de l’Ancien Testament ont aussi chanté des psaumes de pleurs et de plaintes, de cris au secours, comme au Psaume 143 : « Eternel, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications, réponds-moi dans ta fidélité, dans ta justice ! […] Réponds-moi vite, car mon esprit s’épuise.[…] Délivre-moi ! » (Ps 143.1+7+9)

Paul et Silas, comme les croyants d’origine juive de leur temps, connaissaient la plupart des psaumes par cœur. Certainement que, dans leurs prières chantées dans la prison de la ville macédonienne de Philippes, ils ont aussi chanté des psaumes de complainte et d’appel à l’aide.

Mais ils ne l’ont pas fait sans foi ni confiance. Ils ont appelé à l’aide tout en « chantant les louanges de Dieu ». Plus tard, Paul écrira aux chrétiens de cette même ville : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, accompagnées de prières de reconnaissance ! » (Ph 4.6)

Oui, même dans des situations difficiles et pénibles, n’oublions pas de« chanter les louanges de Dieu » ! Dieu est fidèle ! Jésus nous a réconciliés avec lui. Nous pouvons compter sur lui. Nous pouvons lui dire notre confiance et le chanter dans nos cantiques avant même qu’il ne nous soit venu en aide, tellement nous sommes sûrs qu’il s’occupe de nous avec bonté.

Chantons-lui, disons-lui notre certitude qu’il nous est fidèle. Jésus a fait le nécessaire pour que nous puissions être sûrs de la fidélité et de la bonté de Dieu envers nous. Cette certitude nous remplit de joie y compris dans le malheur.

La certitude que Dieu nous est fidèle remplit notre cœur de chant, même si nous ne devions pas l’exprimer par nos cordes vocales. Tout le monde n’est pas chanteur, mais le cœur de tout croyant est rempli de chant et de louange quand il pense à tout ce que Dieu est pour lui, à tout ce que Dieu fait pour lui, tout particulièrement dans les moments difficiles.

Mais n’oublions pas non plus de chanter des cantiques de joie et de gratitude quand Dieu nous fait vivre des moments réjouissants et gratifiants.

Nous avons trop tendance, un peu comme 9 des 10 lépreux, de connaître l’adresse de Dieu quand nous avons besoin de son aide, mais de l’oublier une fois qu’il nous a délivré d’une épreuve.

X X X 4 X X X

En présence de hauts faits de Dieu

le chrétien chante

SA JOIE AVEC GRATITUDE

Le Seigneur est bel et bien intervenu en faveur de Paul et de Silas. Notre histoire nous montre d’ailleurs que Dieu a toujours quelque chose en vue quand il agit, même quand il impose une épreuve à ses enfants. Ce n’est pas toujours facile à découvrir. Parfois en ne s’en rend compte que bien plus tard.

Dans la ville de Philippes il voulait amener le chef de la prison et les siens dans l’Eglise, dans la communion des graciés et des sauvés. La façon extraordinaire dont Dieu est intervenu a fortement bouleversé cet homme ! Imaginez : les fers qui retenaient les prisonniers « ont été détachés » ! Encore, que les portes s’ouvrent lors d’un tremblement de terre, ça se comprend, mais que « les liens de tous les prisonniers aient été détachés » (26), et sans qu’aucun ne soit blessé, c’est tout bonnement un miracle.

Mais ce qui désarçonne encore plus le chef de la prison, c’est le comportement inhabituel, digne et honnête de Paul et de Silas. D’ailleurs, leurs chants devaient aussi avoir fortement impressionné les autres prisonniers, car aucun d’eux ne s’est enfui.

Cela me rappelle une anecdote. Du temps du rideau de fer, je me faisais un devoir d’aller aussi souvent que possible rendre visite, parfois avec ma femme ou mes enfants, à nos frères et sœurs d’Allemagne de l’Est. En face de notre Eglise à Chemnitz – qui s’appelait à l’époque Karl-Marx-Stadt – se trouvait la prison ou l’on enfermait les prisonniers politiques.

Un jour, le pasteur a reçu une lettre de remerciements d’un tel prisonnier : incarcéré, il pouvait entendre les cantiques joués régulièrement par l’ensemble de cuivres paroissial ; cela le soutenait dans son malheur, surtout aux environs de Noël. Les paroles de ces chants lui revenaient, ce qui l’aidait à tenir dans sa terrible épreuve.

Mais revenons au chef de la prison d Philippes. Lui aussi avait sans doute entendu les chants de louange de Paul et de Silas. Leur attitude complètement inattendue, alors qu’ils auraient pu se sauver, l’amène à vouloir en savoir plus. Comment peut-on faire partie de ces sauvés qui n’ont peur de rien, qui arrivent même à chanter en prison ?

« Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? » (v. 30) La réponse le prend au dépourvu : « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » (v. 31) Aie tout simplement confiance en Jésus : il s’occupe de tout. « Et ils lui ont annoncé la Parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. » (v. 32)

Là aussi, on peut dire, comme dans le cas de Zachée : « Le salut est entré dans cette maison. » (Lc 19.9) « A cette heure-là de la nuit, le gardien les a emmenés pour laver leurs plaies. Il a immédiatement été baptisé, lui et tous les siens. » (v. 33)

Curieusement, il n’est pas dit qu’ils ont chanté dans ce moment de joie. Simplement, que le chef de la prison « se réjouissait avec toute sa famille d’avoir cru en Dieu. » (v. 34)

Mais si Paul et Silas ont chanté les louanges de Dieu alors que tout allait mal, ils ont certainement chanté ses louanges non pas seulement, ni tellement, de les avoir libérés de la prison, mais d’avoir libéré le chef de la prison et les siens des liens de la damnation et de la mort éternelle.

Il fallait souligner qu’un chrétien peut chanter dans le malheur ; il est pratiquement superflu de rappeler qu’il le fait dans le bonheur.

Si vous ouvrez votre recueil de cantiques, vous trouverez ce que des auteurs et compositeurs ont chanté dans des moments de joie, mais aussi dans des moments d’épreuves.

Vous trouverez des cantiques qu’ils ont chantés pour demander pardon, et d’autres pour chanter leur joie d’être pardonnés et sauvés.

Vous trouverez des prières chantées pour demander l’intervention de Dieu par la Parole, par le Baptême ou la Cène, vous en trouverez aussi pour le remercier de ce qu’il fait de grandiose en nous par ces moyens de grâce.

Tenez, une autre anecdote pour finir : Albert, Duc de Prusse était inconsolable à la mort de sa jeune épouse Dorothée. Il reprit pied en composant le chant « Was mein Gott will, das g’scheh allzeit » (1529), rendu ainsi en français :

« A ta céleste volonté

Je me soumets sans peine,

J’adore avec humilité

Ta bonté souveraine.

Que ta grâce accorde à ma foi

Sa divine assistance !

Ô mon Dieu, j’ai fondé sur toi

Ma plus douce espérance. » (LlS 229:1)»

En raison de sa profondeur évangélique et de sa grande charge d’espoir et de consolation, ce chant se chante depuis dans le monde entier sur une mélodie – tenez-vous bien – d’une danse de Claudin de Sermizy, musicien de la Cour de François 1er !

Des compositeurs luthériens comme Heinrich Schütz, Michael Praetorius, Jean Sébastien Bach, mais aussi, plus près de nous, Max Reger, pour n’en citer que quelques-uns, en ont composé des harmonisations pour chant et instruments, tant son contenu est profond.

Oui, le chant et la musique font partie intégrante de la foi chrétienne. Depuis le livre de la Genèse, en passant par les psalmistes – David entre autre – mais aussi Marie, Zacharie ou Siméon, les apôtres et les Réformateurs, depuis toujours, les croyants ont formulé leurs états d’âme avec les paroles de psaumes et de cantiques.

Il est donc normal qu’un dimanche de l’année soit consacré au chant sacré et à son rôle dans la foi personnelle et la vie de l’Eglise.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 29 Avril 2012

 

Dimanche Jubilate.     1 Co 4.16-18

                                              

Chants proposés :

A toi la gloire, ô Ressuscité ! A toi la victoire       LlS 100:1-3

(chaque fois une strophe après l’AT, l’Ep et l’Evangile)

Christ est ressuscité ! c’est le cri de victoire       LlS 102:1+4+5

Seigneur, dirige tous mes pas vers le ciel,           LlS 305:1-3

Entonnons en ce jour un cantique novueau        LlS 103:1-6

Venez, enfants de Dieu, venez, peuple fidèle,    LlS 170:1-6

 

 

16   « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour.

17   En effet, nos légères difficultés du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire.

18    Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. »

 

Chers frères et sœurs renouvelés de jour en jour

pour une destinée éternelle !

« Voilà pourquoi ! » (v. 16) C’est ainsi que commence notre texte. Ces petits mots de transition passent souvent inaperçus. On remarque et souligne plutôt les affirmations centrales, fondamentales, et on a raison. C’est le morceau de rôti qui est important. Mais que serait-il sans les quelques grains de sel ou de poivre ?

Pareillement, n’oubliez pas, en lisant la Bible, de vous arrêter sur de petits mots, de petites expressions comme : « voilà pourquoi ! » (v. 16) « en effet » (v. 17), « ainsi » (v. 18) « car » (v. 18), « donc » (Rm 5.11), « puisque » (Rm 6.1). L’apôtre Paul les utilise à foison.

C’est que, dans l’Evangile, tout se tient. La Parole de Dieu n’est pas un amas de pièces éparses sans lien entre elles, c’est une Bonne Nouvelle structurée où tout s’emboîte, où chaque chose a sa place, où il ne faut pas négliger les contextes, les causes, les raisons, les mobiles et les buts.

En faisant commencer notre texte par « voilà pourquoi », le Saint-Esprit nous place dans le contexte. Lequel ? Nous le verrons plus loin.

Il est vrai que quand on perd ses repères, quand on ne voit pas le pourquoi des choses, on peut être déboussolé, on a du mal à trouver du sens à ce qui se passe.

Cela peut concerner notre vie personnelle, notre vie familiale ou professionnelle, l’avenir de la paroisse ou de l’Eglise en général dans ce monde, voire l’avenir de notre pays et la situation mondiale en cette période que tout le monde qualifie de crise.

Dans ce contexte, notre texte de l’apôtre Paul vient à propos. Mais quelle parole d’Evangile ne vient pas à propos dans notre vie ?

Il nous fait comprendre :

AUCUNE RAISON DE PERDRE COURAGE !

                     Il est vrai :

1.  Tout, ici-bas, est éphémère ;

                     mais

2.  Jésus est ressuscité !

3.  c’est une destinée glorieuse et éternelle que la nôtre !

4.  notre être intérieur se renouvelle dans ce but.

X X X 1 X X X

Aucune raison de perdre courage :

même si

ICI-BAS TOUT EST EPHEMERE !

Quand nous regardons autour de nous, nous ne trouvons rien d’éternel. La maison la plus neuve demande rapidement des travaux non seulement d’entretien, mais aussi des réparations.

La voiture la plus neuve devra un jour être réparée, des parties remplacées, avant qu’elle ne soit remplacée en entier par une autre voiture qui, elle aussi, ne restera neuve qu’un temps.

Quand on vous vend de l’électroménager ou n’importe quel appareil, on vous propose de prendre une garantie car le jour viendra où il faudra faire faire de réparation.

Si l’on parle de « la force de l’âge », c’est qu’elle est suivie par des années où cette force décline et où des problèmes de santé se multiplient, signes avant-coureurs de notre mort. Paul dit ici : « Notre être extérieur se détruit » (v. 16).

Même les nations, y compris les grandes puissances d’aujourd’hui, sont éphémères. Où est l’éclatante Egypte de l’Antiquité ? Où ont passé les empires des Assyriens, des Babyloniens, des Hittites, d’Alexandre le Grand, ou de Rome ? Ils ont été éphémères comme l’a été l’ancien régime ou l’empire napoléonien. Et ne nous berçons surtout pas d’illusion : un jour les gens auront besoin d’une carte pour découvrir où se trouvait la République Française à un moment donné de l’Histoire.

Il n’y a pas que les hommes politiques qui passent : avec les siècles, les pays et les frontières, même les langues laissent place à d’autres.

« Les réalités visibles » – toutes « les réalités visibles »  « sont passagères » (v. 18). Tout ce qui nous entoure – nous y compris – ne fait que passer. Un autre apôtre – Pierre – le dit ainsi : « étrangers et passagers sur la terre » (1 P 2.11).

Ce caractère éphémère de toute chose, nous le savons, vient de notre mortalité, conséquence de notre état pécheur. Et tout notre environnement a été « maudit » (Gn 3.17) à cause de nous et est atteint par ce même mal : le caractère passager, le caractère mortel.

Nous pourrions avoir deux sortes de réactions malencontreuses : mépriser « les choses visibles », ou déprimer, « perdre courage » (v. 16).

Tout ce que Dieu nous dit dans la Bible, nous rappelle que Dieu ne veut pas que nous nous désintéressions de ce monde qui passe. Il prône l’engagement responsable dans le pays, comme citoyen, comme travailleur, comme parent, comme paroissien, comme gérants et administrateurs de ce monde bien qu’éphémère.

Il ne nous dit pas : Ne vous occupez pas de votre santé ; de toute façon vous allez mourir quoi que vous fassiez. Au contraire, il veut même que nous le priions de nous faire guérir.

Mais ici, il ne parle pas de cela, mais de quelque chose qui est plus important. Quand il écrit : « Nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles » (v. 18), il veut nous insuffler du courage devant « les difficultés » (v. 17) que nous rencontrons, dans les combats de la vie. Il ne dit pas : « Baissez les bras ; de toute façon ce que vous faites n’est que pour un temps ! »

Non il dit : « Dans vos "difficultés", tenez bon, ne désertez pas vos responsabilités, ne perdez pas l’intérêt pour le cadre de vie dans lequel Dieu vous a placés, mais, pour tenir, pour vous engager, n’oubliez pas que vous êtes en route vers autre chose. Cela devrait vous aider. »

Et pour que nous ne perdions pas courage dans l’accomplissement de nos tâches parmi « les choses visibles » ici-bas, il nous dit :

X X X 2 X X X

Aucune raison de perdre courage !

N’oubliez pas :

JESUS EST RESSUSCITE !

Il est vrai, dans notre texte Paul ne parle pas de la résurrection de Jésus. Pourtant elle y est présente. Elle y est présente à travers ce fameux « voilà pourquoi ! » dont j’ai parlé en introduction.

Avant notre texte, Paul a écrit : « Nous savons, en effet, que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi par Jésus et nous fera paraître […] en sa présence. » (2 Co 4.14)

« Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. » N’oubliez pas : nous nous trouvons dans le temps de Pâques. C’est la foi et la joie de Pâques qui traversent notre texte. C’est pour cela qu’il a été choisi comme un des textes de ce dimanche « Jubilate », « Réjouissez-vous ! »

Jésus est ressuscité – et il nous fera ressusciter ! Nous partageons son devenir, nous sommes participants de sa victoire sur tout ce qui est éphémère. Par lui et grâce à lui nous avons été arrachés au caractère éphémère et passager des choses.

Par lui et grâce à lui, le caractère « passager » des « réalités visibles »(v. 18) ne nous déprime plus : quand je vois que ma santé se détériore, je sais que ce n’est que « passager », mais que le Christ ressuscité m’a libéré pour m’arracher à cette tendance « destructrice » (v. 14) et pour me faire connaître une existence éternelle.

X X X 3 X X X

Aucune raison de perdre courage !

N’oubliez pas : C’est

UNE DESTINATION GLORIEUSE ET ÉTERNELLE

QUE LA NÔTRE !

« Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. » (v. 18)

Encore une fois, il ne faut pas mal comprendre l’apôtre. Il ne veut pas que nous nous détournions des affaires de ce monde, de « ce qui est visible ».

Rappelez-vous comment il a « remonté les bretelles » aux Thessaloniciens (excusez cet anachronisme : à l’époque les bretelles n’existaient pas), rappelez-vous donc comment il les a vertement secoués parce qu’ils ne faisaient plus rien, mais se cantonnaient à attendre de façon oisive et désintéressée le retour du Seigneur pour le Jugement dernier. Dans deux lettres successives Paul les a exhortés à s’investir dans la vie active, à s’engager dans la vie de la cité.

Mais nous avons quelque chose de plus, quelque chose de plus grand, qui nous porte, qui nous anime, qui nous transcende, ce sont « les réalités invisibles » qui « sont éternelles », qui ne passent pas comme tout ce dont nous nous occupons ici-bas.

Le caractère éphémère des choses dont nous nous occupons ici-bas peut nous décourager : à peine a-t-on fait le ménage qu’il faut recommencer ; à peine croit-on avoir réparé la voiture qu’elle lâche ailleurs ; à peine a-t-on fait une réfection à la maison, qu’il faut appeler le plombier pour autre chose. A peine est-on guéri d’une maladie – ou a-t-on au moins trouvé un traitement permettant de vivre avec – qu’un autre organe se met à flancher.

Mais ce ne sont là que de « légères difficultés du moment présent »comparées au « poids éternel de gloire » que nous devons à notre divin Ressuscité (v. 17). Comparée à « la gloire à venir » «  les souffrances du moment présent » pèsent peu (Rm 8.18).

De savoir cela, nous rend forts et confiants, confiants dans le divin Ressuscité, son règne et son accompagnement. Et cela rend « les difficultés du moment présent » plus « légères », même quand elles nous obligent à serrer les dents et nous font mal. Elles pèsent moins comparées au « poids éternel de gloire » que la résurrection de Jésus nous garantit.

C’est pour cela que, dans la difficulté, « nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. »

Ce sont elles qui nous donnent la force de gérer nos affaires ici-bas quand celles-ci nous pèsent. « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage », « voilà pourquoi » nous pouvons vivre dans la foi, la joie et l’espérance « même si notre être extérieur se détruit ».

X X X 4 X X X

Aucune raison de perdre courage !

N’oubliez pas : C’est

NOTRE ETRE INTERIEUR SE RENOUVELLE

DANS CE BUT !

Paul écrit : « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour. »

Chers amis, nous savons que ce « renouvellement » n’a rien à voir avec une génération spontanée. « Le renouvellement intérieur », nous le devons à l’action « du Saint-Esprit » (Tt 3.5-7).

Comme Jésus l’avait promis, une fois ressuscité et monté au ciel il nous a « envoyé de la part du Père l’Esprit de vérité » pour que celui-ci« rende témoignage de lui » (Jn 15.20).

C’est au contact de « la Parole vivante et permanente de Dieu », au contact de la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité pour nous, que« nous avons été régénérés » par le Saint-Esprit (1 P 1.23) et que nous sommes « renouvelés de jour en jour ».

C’est pour que ce renouvellement ne s’arrête pas en si bon chemin que nous nous plaçons toujours à nouveau sous l’influence du Saint-Esprit, que nous lisons, écoutons et méditons l’Evangile, seuls, en famille ou en groupe biblique, que nous participons aux cultes, que nous répondons à l’invitation à la Cène.

Là, le Saint-Esprit nous « renouvelle de jour en jour » dans une vie de repentance et de foi ; là il entretient et développe notre certitude du salut, notre foi en la bonté et la fidélité de Dieu ; là il nous remplit de joie dans l’espérance de la « gloire éternelle » où Jésus nous attend ; là il nous remplit de force pour affronter « les choses visibles » en attendant « les invisibles » dans la gloire céleste.

C’est ainsi – et ainsi seulement : au contact de l’Evangile – que « nos légères difficultés du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. »

« Voilà » ce que nous devons à notre Seigneur mort et ressuscité pour nous. « Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. »

Le Seigneur ressuscité en soit loué ! Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 8 Avril 2012

.PÂQUES. Lc 24.13-35

Chants proposés :

Entrée :

Au matin, dans la clarté, Jésus est ressuscité AeC 476

Après AT, après Ep. et après Ev. :

Jésus-Christ est Seigneur. Il est sorti du tombeau AeC 183

Après Credo :

Le Sauveur est ressuscité, Alléluia, Alléluia ! AeC 480

Après Prière Générale :

Le Sauveur est ressuscité AeC 473

Durant distribution de la Cène :

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586

13 « Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, éloigné de Jérusalem d’une douzaine de kilomètres.

14 Ils discutaient ensemble de tout ce qui s’était passé.

15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux,

16 mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

17 Il leur dit : "De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l’air si triste ?"

18 L’un d’eux, un dénommé Cléopas, lui répondit : "Es-tu le seul en séjour à Jérusalem qui ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci ?"

19 "Quoi ?" leur dit-il. Ils lui répondirent : "Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple,

20 et comment les chefs des prêtres et nos magistrats l’ont fait arrêter pour qu’il soit condamné à mort et l’ont crucifié.

21 Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour que ces événements se sont produits

22 Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Elles se sont rendues de grand matin au tombeau

23 et n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant.

24 Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avait dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu."

25 Alors Jésus leur dit : "Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !

26 Ne fallait-il pas que le Christ souffre ces choses et qu’il entre dans sa gloire ?"

27 Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

28 Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin.

29 mais ils le retinrent avec insistance en disant : "Reste avec nous car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin." Alors il entra pour rester avec eux.

30 Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna.

31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.

32 Ils se dirent l’un à l’autre : "Notre cœur ne brûlait-il pas en nous lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ?"

33 Ils se levèrent à ce moment-même et retournèrent à Jérusalem, où ils trouvèrent les onze et les autres qui étaient rassemblés

34 et qui leur dirent : "Le Seigneur est réellement ressuscité et il est apparu à Simon."

35 Alors les deux disciples racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompait le pain.

Chers frères et sœurs du divin Ressuscité !

« Le Seigneur est ressuscité ! Il est réellement ressuscité ! » (Lc 24.6+34) C’est ainsi qu’a retenti l’introït de tout à l’heure. C’est là la nouvelle de Pâques qui nous réunit ce matin dans l’adoration et la louange.

Les deux disciples d’Emmaüs, une fois qu’ils eurent vraiment « pigé » ce qui s’était passé, n’ont eu de cesse de partager cette nouvelle renversante avec les autres disciples à Jérusalem. Ils ont donc immédiatement refait la « douzaine de kilomètres » dans l’autre sens.

Nous aussi, ce matin, nous nous sommes déplacés – certains même plus de douze kilomètres – pour nous réconforter et nous réjouir mutuellement avec la nouvelle de Pâques et pour nous joindre à ce cri de joie : « Le Seigneur est ressuscité ! Il est réellement ressuscité ! »

Christ vivant, pourquoi m’affliger ? /

Plus que lui il m’a aimé. / Alléluia ! Alléluia ! /

Et si le monde entier m’est pris, /

Jésus près de moi suffit. / Alléluia ! Alléluia !

« Jésus », le vainqueur de la mort et de l’enfer « près de moi suffit » … Est-ce vraiment toujours le cas ? Ne ressemblons-nous pas parfois aux disciples d’Emmaüs au début du récit ?

Nous permettons à des événements de nous ébranler, nous nous laissons entraîner par les impulsions de notre nature pécheresse à être de mauvaise humeur, voir à être découragés.

Cela viendrait-il alors par hasard, comme chez les disciples d’Emmaüs, du fait que nous aurions oublié que notre Seigneur ressuscité se tient près de nous ?

Serait-ce dû au fait que nous ne puisons pas dans le puissant miracle de Pâques toute la plénitude de consolation, de force, de sérénité et de joie qu’il contient ?

Dans sa joie de Pâques, le poète s’écrit : « Jésus près de moi me suffit. » Quand notre foi connaît une baisse de régime, nous aimerions remarquer un peu davantage que le Ressuscité se tient près de nous.

Dans ces moments, nous oublions, comme les disciples d’Emmaüs, que Jésus est en train de s’occuper de nous. Comme il l’a voulu pour eux, Jésus veut aussi nous rendre heureux et sûrs par le message de Pâques.

Il est vrai qu’il s’y prend de façon curieuse. Voyons donc

LA SINGULIERE ATTITUDE DE JESUS

AVEC LES SIENS

1. Il veut se révéler à eux

– mais se cache !

2. Il veut les consoler

– mais les réprimande !

3. Il veut rester avec eux

– mais les quitte !

X X X 1 X X X

La singulière attitude de Jésus

avec les siens :

IL VEUT SE REVELER A EUX

– MAIS SE CACHE !

L’étonnant, c’est que les disciples d’Emmaüs le voient mais ne le reconnaissent pas. « Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. »(v. 16) Pourquoi ? Nous ne le savons pas ; cela reste un mystère. Quand il est apparu aux autres disciples « le soir de ce même dimanche », ils l’ont reconnu : son corps transfiguré portait les marques des clous dans ses mains et ses pieds et de la lance dans son côté. (Lc 24.36-49)

En ressuscitant, il n’avait pas échangé son corps avec un autre. C’était le même corps, mais avec d’autres caractéristiques. Son corps ressuscité n’était plus soumis aux lois de la nature : il pouvait apparaître et disparaître, en pleine rue comme dans un local fermé.

Avec sa mort en croix il avait « accompli » (Jn 19.30) tout ce que la Loi de Dieu exigeait pour notre salut. Maintenant il n’a plus besoin de vivre dans l’abaissement dans les mêmes circonstances que nous : les lois de la nature n’ont plus d’emprise sur lui, la mort non plus. Le corps qui avait pendu à la croix, qui avait reposé dans la tombe, ce corps est ressuscité !

C’est avec ce corps ressuscité que « Jésus s’approcha » des disciples sur la route d’Emmaüs « et fit route avec eux. » (v. 15) Mais ce n’est qu’une fois gagnés à la foi de Pâques que « leurs yeux s’ouvrirent et[qu’]ils le reconnurent. » (v. 31)

L’Evangile de l’Ancien Testament devait d’abord les convertir à la foi pascale. Pour eux aussi « la foi » devait « venir de la Parole de Dieu »(Rm 10.17) et non d’apparitions surnaturelles ou d’arguments rationnels.

Aussi, « en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, » Jésus « leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. » (v. 27) Ils devaient connaître la joie et l’espérance de la foi même sans voir quoi que ce soit du Ressuscité.

Et c’est ainsi que le divin Ressuscité agit encore aujourd’hui. Quand quelque chose nous affecte particulièrement, il ne nous laisse parfois rien remarquer de sa présence. Dans notre cas aussi il ne veut pas que notre foi se fonde sur des choses vécues mais sur sa Parole et ses promesses, même si nous n’en voyons pas les effets.

Ainsi, dans ce culte, le divin Ressuscité se manifeste puissamment à nous à travers le message de Pâques et la Cène, sans que nous le voyions de nos yeux.

Jésus veut se révéler à nous. Mais comme dans le cas des disciples d’Emmaüs, il veut d’abord le faire à travers l’Evangile de grâce. Le jour viendra où il nous laissera voir ce que nous avons cru : partiellement, cela peut déjà être le cas dans notre vécu ici-bas, quand nous voyons des prières exaucées, mais ce sera surtout le cas dans la félicité éternelle.

Pour l’instant, c’est surtout son message de Pâques qu’il utilise pour se révéler à nous et nous remplir de joie, de paix et d’espérance, même si, concrètement, il nous prive encore de sa présence visible.

X X X 2 X X X

La singulière attitude de Jésus

avec les siens :

IL VEUT LES CONSOLER

– MAIS LES REPRIMANDE !

Notre Seigneur ressuscité a rejoint ces deux disciples parce qu’il les voit désemparés et tristes et qu’il veut leur venir en aide. « Il leur dit : "De quoi parlez-vous en marchant, pour avoir l’air si triste ?" » (v. 17) Il montre son intérêt pour eux. Il veut les amener à vider leur sac. Et ils lui disent effectivement ce qui les bouleverse et les attriste.

Ils avaient placé leur espérance en « Jésus de Nazareth qui était un prophète puissant en actes et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple » (v. 19). Mais on l’a exécuté il y a trois jours et, ce matin, son corps a disparu. Si seulement on était sûr que les femmes n’ont pas rêvé quand elles disent que des anges leur ont déclaré que Jésus était ressuscité.

C’est ainsi qu’ils épanchent leur cœur devant cet étranger qui montre tant d’intérêt.

Aujourd’hui aussi le divin Ressuscité veut enlever de nos épaules ce qui nous pèse, ce qui veut empêcher son message libérateur de Pâques de nous apporter consolation, paix et joie.

Ecoutez : « Il est réellement ressuscité ! » Dieu a accepté son expiation de nos fautes. Il nous a réellement délivrés des menaces extrêmes qui pesaient sur nous : la damnation éternelle. « Il est réellement ressuscité, » celui qui a dit : « Je vivrai et vous vivrez aussi ! » (Jn 14.19) Vous vivrez déjà ici-bas à mon contact de Ressuscité !

Mais par quoi commence-t-il pour les consoler ? – Il commence par les gronder : « "Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes !" (v. 25) Votre tristesse vient de ce que vous ne voyez pas le sens clair des Ecritures. Vous vous êtes fabriqué un faux Messie à l’image des hommes, vous vous êtes fait de fausses espérances. Ainsi vous n’avez pas vu ce que l’Ecriture disait réellement. Vous attendiez de lui une aide humaine ; cela vous a empêché de voir son secours divin. Vous le devez à vous-mêmes, à votre aveuglement, à vos désirs humains, d’être si tristes et insatisfaits, et de ne pas voir les choses étonnantes et merveilleuses que le Messie vous procure par ses souffrances, sa mort et sa résurrection ! »

Aujourd’hui, le divin Ressuscité n’agit toujours pas autrement. Il y en a qui pensent que le Sauveur bien-aimé ne critique et ne condamne plus rien, que les prédicateurs doivent se cantonner à annoncer l’Evangile et à taire la Loi.

Ici Jésus nous apprend le contraire. Si la consolation et la paix de Pâques doivent réellement éclairer notre cœur, il faut savoir pourquoi sa mort et sa résurrection ont été nécessaires. Tant qu’on ne comprend pas bien les raisons de la résurrection de Jésus on reste prisonnier de la tristesse et le message de Pâques n’arrive pas réellement à nous réjouir.

Il faut qu’on mette le miracle de Pâques en relation avec notre péché. Il faut découvrir les dégâts pour avoir envie de la solution. D’abord il faut nommer le mal par son nom pour pouvoir saisir toute l’ampleur du message de Pâques :

Jésus a surmonté ton mal ; tu n’as plus besoin de subir les conséquences de ton péché ; Dieu est apaisé envers toi ; le Vainqueur du péché, de Satan et de la mort te prend sous son aile. Tu vis dans la communion du divin Ressuscité ! Et il va marcher à tes côtés comme il l’a fait avec ces deux disciples sur le chemin du village d’Emmaüs.

X X X 3 X X X

La singulière attitude de Jésus

avec les siens :

IL VEUT RESTER AVEC EUX

– MAIS LES QUITTE !

« Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, » ils l’invitèrent : «"Reste avec nous car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin." Alors il entra pour rester avec eux. » Mais quand ils finirent par le reconnaître, « il disparut de devant eux. » (v. 28-31)

Le temps était passé où ils pouvaient l’avoir de façon visible en leur milieu. Le temps de son abaissement a fait place à celui de son élévation, de sa glorification. Et pourtant, par de nombreuses apparitions avant l’Ascension, il leur a montré qu’il était quand même parmi eux, même s’ils ne le voyaient pas.

Il est aussi avec nous, le Vainqueur de Pâques. Nous sentons sa proximité dans la prédication, dans sa Parole, comme les disciples d’Emmaüs constatèrent : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Ecritures ? » (v. 32) Sa Parole de grâce et de pardon, de salut et de paix nous place dans sa proximité, nous fait sentir son amour et son intérêt pour nous.

« Ils le reconnurent » « pendant qu’il était à table avec eux, [qu’]il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, [qu’]il le rompit et le leur donna. » Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. » (v. 30-31)

Nous faisons l’expérience de sa proximité toute particulière quand, dans la Cène, il nous donne son vrai corps et son vrai sang sous les espèces du pain et du vin, pour nous pardonner nos péchés et pour nous assurer des liens solides qui nous lient à lui, le Vainqueur de Pâques.

Il priva les disciples d’Emmaüs de sa présence visible. Ils furent quand même dans la joie, car ils savaient qu’il se préoccupait d’eux, même s’ils ne le voyaient pas. Il veut nous assurer de la même chose quand il nous dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux », ou : « Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 18.20 + 28.20)

Pourquoi le Vainqueur de Pâques n’est-il présent parmi nous que de façon invisible ? – Parce que nous ne devons pas placer notre foi sur des sentiments liés à des expériences surnaturelles – réalités bien fluctuantes et tout sauf sûres – mais sur les promesses et les assurances du Ressuscité dans sa Parole et ses sacrements.

C’est là, dans ses promesses et ses assurances qu’il veut nous être proche. Et c’est en nous fondant sur elles que nous pourrons progresser sur notre chemin de l’Emmaüs terrestre à la Jérusalem céleste.

Là-bas nous ne rencontrerons pas que « les onze et les [quelques]autres qui étaient rassemblés » à Jérusalem, mais tous les rachetés, tous ceux qui ont trouvé dans la mort et la résurrection du Seigneur la certitude de leur salut, tous ceux qui, de leur vivant, ont rendu un culte au divin Ressuscité par une vie de repentance et de foi de tous les jours.

« Ô jour de joie, de vrai bonheur !

Ô Pâques sainte du Seigneur,

Par toi nous sommes tous vainqueurs.

Alléluia ! » (AeC 491:6)

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Prédication du Vendredi Saint - 6 Avril 2012 -

.Vendredi saint. Mc 15.33-39

Chants proposés :

Pour quel péché, Jésus ! pour quelle offense, LlS 80

Prosterné, je te révère (une str. après chaque lecture) LlS 81

Rédempteur adorable, Sur la croix attaché LlS 95

Célébrons par nos chants le Rédempteur du monde LlS 87

33 « A midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à trois heures de l’après-midi.

34 Et à trois heures de l’après-midi, Jésus s’écria d’une voix forte : "Eloï, Eloï, lama sabachthani ?" – ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?"

35 Quelques-uns de ceux qui étaient là, après l’avoir entendu, disaient : "Voici qu’il appelle Elie."

36 Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre ; il la fixa à un roseau et lui donna à boire en disant : "Laissez donc, voyons si Elie viendra le descendre de là."

37 Cependant, Jésus poussa un grand cri et expira.

38 Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas

39 Quand l’officier romain qui se tenait en face de Jésus entendit son cri et le vit expirer de cette manière, il dit : "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu !" »

Chère … voyons, … dois-je dire : assemblée en deuil ?

Voyez-vous, nous commémorons aujourd’hui un événement éminemment tragique, un fait historique qui ne nous grandit pas, c’est le moins qu’on puisse dire : nous avons poussé Jésus-Christ en croix !

Le Fils éternel de Dieu, celui « qui a toute l’approbation » du Père (Mt 3.17), n’a pas eu d’autre choix, dans son amour pour nous, que de se sacrifier pour nous. C’était la seule issue pour que nous échappions à la colère de Dieu.

C’est là une indication quant à la gravité de notre état pécheur, quant à l’énormité de notre culpabilité. Et cela nous rend profondément honteux et tristes. Nous ne sommes vraiment pas réunis aujourd’hui pour rigoler. Il plane sur le culte que nous célébrons en ce moment un pesant sentiment de culpabilité, de tristesse, de deuil.

Mais pas seulement, car d’un autre côté, comme nous le verrons encore, ce jour a été « accompli » (Jn 19.30) – et « accompli » de façon magistrale – ce dont nous avions le plus besoin, ce qui libère notre existence de sa chape de plomb, ce qui transforme notre vie et l’éclaire dès ici-bas et même pour l’éternité.

Ce qui s’est passé là-bas sur le mont du calvaire, sur le Mont Golgotha, cela nous soulage aussi au plus haut point. Si notre culte est empreint de honte et de tristesse, il est tout autant un culte de reconnaissance et de louange.

Voyons donc comment

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

a été

1. énorme,

2. volontaire,

3. bénéfique.

X X X 1 X X X

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

A ÉTÉ ENORME

Cela se remarque déjà à un fait troublant : « A midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à trois heures de l’après-midi. » (v. 33) Ce n’était pas une éclipse du soleil. Cela se passait lors de la fête juive de Pâque. A cette date, les positions respectives du soleil, de la terre et de la lune rendent une éclipse impossible.

Par ailleurs, une éclipse ne dure jamais trois heures comme cela a été le cas. Non, le soleil n’a pas été caché par la lune, mais, comme le précise Luc dans son Evangile, « le soleil s’obscurcit » (Lc 23.45), il cessa d’éclairer. Le Créateur était intervenu pour changer le fonctionnement normal de sa création, pour empêcher le soleil d’éclairer.

Cela s’était déjà passé une fois, avant l’Exode, quand Dieu a empêché le soleil d’éclairer les Egyptiens durant trois jours (Ex 10.21-23). Et cela se passera une nouvelle fois, tout juste avant le Jugement Dernier (Jo 2.10 ; 3.4). Dans les deux cas, Dieu exprime ainsi sa colère : dans l’Exode, contre Pharaon qui opprimait Israël ; avant le Jugement Dernier, contre ce monde incroyant qui se complait dans le péché.

Dans notre texte c’est encore la colère de Dieu qui se déverse, cette fois-ci sur « l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde » (Jn 1.29). « Le soleil » qui « s’obscurcit » donne une idée de la violence de la colère de Dieu contre notre péché.

Mais cela nous indique aussi combien Jésus doit nous aimer pour avoir été prêt à encaisser les coups de la colère divine aussi violente qu’implacable contre notre péché. C’est qu’il voulait ainsi nous éviter de connaître les ténèbres éternelles de l’enfer.

L’énormité du sacrifice de Jésus s’entend carrément à ce cri lancé du haut de la croix « à trois heures de l’après-midi » : « "Eloï, Eloï, lama sabachthani ?" – ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" » (v. 34)

Au cours des trois heures d’obscurité, Jésus s’était débattu sous la colère de Dieu, avait encaissé la malédiction divine qui aurait dû nous frapper, essuyé d’effroyables tentations du diable qui ne voulait pas qu’il réussisse et « accomplisse » (Jn 19.30) notre salut, enduré les souffrances indescriptibles de l’enfer.

Il ne pouvait même pas s’accrocher à l’idée que le Père le soutenait. Non, Dieu l’avait « abandonné », il se tenait seul devant le tribunal de Dieu, avec l’énorme poids du péché et de la culpabilité du monde entier sur ses épaules.

C’est proprement incompréhensible. Pourtant, dans les prophéties messianiques, nous l’entendons souffrir de sa « détresse » (Ps 69.18), car le Père l’a « rejeté » et « se cache » (Ps 88.15). Le Fils appelle à l’aide, mais le Père est aux abonnés absents. C’est là que Jésus touche le fond de l’horreur. C’est là qu’il crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Etait-ce là le signe d’un manque de confiance en Dieu ? Non, car Dieu l’avait réellement « abandonné », ce qu’il ne fait jamais avec nous, les croyants. Sur nos lèvres, ce serait un péché, car « Dieu est fidèle et ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces, mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Co 10.13) Et ça, nous le devons à notre Seigneur qui s’est laissé « abandonner » à notre place pour que ça ne nous arrive jamais.

Ce qui laisse pantois, c’est que, même « abandonné » par le Père, Jésus ne le renie pas. Même là, nous l’entendrons dire : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » (Lc 23.46). D’ailleurs, dans notre texte, même au fond de l’abîme, il ne le renie pas et l’appelle « mon Dieu, mon Dieu ! »

Il a été « abandonné » par Dieu, il l’a aussi été par ses frères, les humains. A l’heure de la mort, au moment où la sympathie pour son sacrifice lui aurait été de quelque réconfort, on s’est encore moqué de lui.

Essayons de nous mettre à sa place : Jésus, du haut de la croix, voit la foule pour laquelle il endure la colère implacable de Dieu et les souffrances de l’enfer. Il voit ceux pour lesquels il trinque pour qu’ils échappent à cette terrible malédiction, et il les voit mépriser son sacrifice, comme il sait que, jusqu’à la fin du monde, il y aura d’innombrables personnes pour lesquelles il aura enduré tout cela pour rien. Ce n’était pas pour l’encourager à persévérer.

Et pourtant il l’a fait. Quel Sauveur admirable au fond de l’énormité de ses souffrances !

X X X 2 X X X

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

A ÉTÉ VOLONTAIRE

Il n’a pas apporté ce sacrifice contraint et forcé, ce qui lui aurait enlevé tout caractère de perfection et de sainteté. Tout dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, tout indique que c’est son amour pour nous qui l’a poussé à prendre notre place dans le Jugement de Dieu.

Un jour, il avait déclaré : « Je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l’enlève, mais je la donne de moi-même. » (Jn 10.17-18) Qu’il a« repris sa vie », cela nous le verrons dimanche, lors du culte de Pâques. Mais qu’il l’a « donnée de lui-même », cela ressort à la force du cri avec lequel il s’adresse à Dieu. « Il s’écria d’une voix forte » (v. 34).

Ce qui frappe, c’est de voir l’évangéliste souligner à deux reprises que Jésus reste aux commandes, bien que subissant le châtiment de la colère de Dieu contre le monde entier. Il a suffisamment de ressources pour « s’écrier d’une voix forte : "Eloï, Eloï, lama sabachthani ?" – ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" » et c’est encore « en poussant un grand cri » qu’il « expira » (v. 37).

Il reste à la manœuvre jusqu’au bout. C’est sa décision de passer par là. Il avait annoncé : « Je veux faire ta volonté, mon Dieu » (Ps 40.9). Rien, même les souffrances infernales n’ont pu le détourner de cette décision. « Ayant aimé ceux qui lui appartenaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’extrême. » (Jn 13.11)

C’est encore volontairement et consciemment qu’il « s’écria d’une voix forte : "Père, je remets mon esprit entre tes mains !" » puis « expira » (Lc 23.46).

« Béni sois-tu pour ta grâce éternelle,

Agneau divin, mon Rédempteur fidèle,

Toi qui conduis à la paix glorieuse

Mon âme heureuse. » (LlS 92:4)

Car le sacrifice de notre Seigneur en croix n’a pas seulement été énorme et volontaire,

X X X 3 X X X

LE SACRIFICE DE JESUS EN CROIX

A ÉTÉ BENEFIQUE

Un détail de notre récit a plus d’importance qu’il n’y paraît : au moment où « Jésus poussa un grand cri et expira », « le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas » (v. 37-38). De son côté, Matthieu souligne cette chose stupéfiante en commençant par : « Et voici que … » ! (Mt 27.51). Pourtant ce voile ou plutôt rideau était épais et se trouvait à un endroit où personne n’y touchait. Etrange aussi qu’il « se déchira […] du haut en bas » comme si une main invisible l’avait fait.

L’explication se trouve dans le fait que cela s’est produit au moment où « Jésus poussa un grand cri et expira ». Dieu avait fait mettre ce rideau pour que personne ne puisse entrer ni même voir dans « le saint des saint », ce « lieu très saint » (Ex 26.33) du Temple où se trouvait l’arche de l’alliance. Seul le souverain sacrificateur pouvait y entrer une fois par an pour asperger le couvercle de l’arche, le propitiatoire, et encore devait-il s’y rendre à reculons pour ne pas voir la gloire de Dieu.

Et voilà qu’avec la mort expiatoire de Jésus Dieu déchire ce rideau et permet de voir dans « le lieu très saint ». Ainsi Dieu donnait à comprendre qu’en payant pour nos péchés Jésus nous a réconciliés avec le Dieu trois fois saint, qu’on « vient au Père par Jésus » (Jn 14.6).

« Le sang » répandu pour nous sur la croix par « Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jn 1.7) et nous ouvre le cœur de Dieu.

« Quand l’officier romain qui se tenait en face de Jésus entendit son cri et le vit expirer de cette manière, il dit : "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu !" »(v. 39)

Cet homme avait été le témoin, et en partie l’acteur, de l’arrestation, du jugement, des tortures et de la crucifixion de Jésus. Il avait vu l’attitude de la foule et, par contraste, celle de Jésus.

Il avait entendu les sept paroles que Jésus a prononcées en croix, sa demande au Père de pardonner à ses assassins (Lc 23.34), ou son bref dialogue avec le larron repentant (Lc 23.42-43).

Il avait surtout entendu comme Jésus, au moment de rendre l’âme, avait encore appelé Dieu son « Père ». Tout ce spectacle, cette puissante annonce de la Loi et de l’Evangile, a poussé l’officier à confesser : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu ! »

Nous aussi, nous voulons répéter la confession de foi de ce nouveau converti. Jésus-Christ, à la fois vrai Dieu et vrai homme, a parcouru le chemin de la croix de plein gré, pour notre salut.

Dieu n’avait rien à reprocher au saint qu’il était. Jamais Jésus n’aurait été frappé par la colère de Dieu s’il ne s’était pas présenté à notre place devant le tribunal de Dieu, s’il n’avait pas endossé nos péchés et notre culpabilité.

C’est ainsi qu’« il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent [avec foi] l’auteur d’un salut éternel » (Hé 5.9).

Jamais nous ne pourrons assez lui dire et lui montrer notre gratitude pour son sacrifice, pour tout ce que cela a changé pour nous, pour toutes les bénédictions que cela nous a procurées : Dieu est maintenant apaisé envers les pécheurs que nous sommes, il nous a même adoptés comme ses enfants, il nous accompagne, nous protège et nous bénit dans cette vie et nous a donné le ciel en héritage.

Tout cela, nous le devons au fait que Jésus ait apporté ce sacrifice énorme, volontaire, mais ô combien bénéfique pour nous !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 1er Avril 2012

1er AVRIL 1 Co 4.10a

Chants proposés :

Hosanna ! Hosanna ! la foule LlS 84 : 1-4

Ô mon Dieu, Père tout-puissant, LlS 134 : 5-9+11

Mon cœur joyeux, plein d’espérance, LlS 249 : 1-5

« Nous sommes fous à cause de Christ,

mais vous, vous êtes sages en Christ. »

Bien chère bande de fous

– comme beaucoup le pensent –

mais en fait,

chers amis bénis de la plus haute sagesse qui soit !

Il est permis de rire dans l’Eglise. Il faut même espérer que nous, les chrétiens, en raison de notre communion avec Dieu, nous savons mieux rire que les autres. Ce n’est pas notre « sagesse à salut » (Rm 1.16) qui doit nous en empêcher, bien au contraire !

Alors, profitons de ce que le 1er avril tombe cette année un dimanche pour commencer par rire un peu.

Pourquoi le 1er avril ?

Dans le royaume de France, jusqu'en 1564, l'année commençait le 1eravril. Cette année là, le roi Charles IX décida de modifier le calendrier pour faire commencer l'année le 1er janvier, comme l’empereur Charles-Quint l’avait fait dans ses territoires quelques décennies plus tôt.

Donc, le 1er janvier 1565 tout le monde, en France, se souhaita "bonne année", se fit des cadeaux, se donna des étrennes, tout comme à un début d'année.

Mais beaucoup de gens eurent du mal à s'habituer à ce nouveau calendrier et certains n'étaient même pas au courant que la date de la nouvelle année avait changé ! Ils continuèrent donc à s'offrir des cadeaux et des étrennes le 1er avril.

Pour se moquer d'eux, quelques petits malins ont eu l'idée de leur offrir des faux cadeaux, des cadeaux pour rire, bref des blagues !

À partir de ce jour là, raconte-t-on, chaque année, au 1er avril, tout le monde, grands et petits, prit l'habitude de se faire des blagues et des farces.

Et pourquoi un poisson ?

Voici une des explications. Le 1er avril tombe dans le temps du carême. A l’époque, et jusqu’à récemment, on s’interdisait de manger de la viande durant ces semaines avant Pâques. Durant ce temps on s’offrait du poisson. La blague consistait à offrir de faux poissons, des reproductions de poisson.

Pas de quoi faire un sermon ! me direz-vous. Voire.

Le poisson d’avril devrait surtout nous rappeler, à nous chrétiens, quele poisson était l’emblème des premiers chrétiens. Pourquoi ? – Rappelez-vous : A l’époque on parlait grec. Dans cette langue poisson se dit et s’écrit χθύς (ichtus). Ces 5 lettres prises séparément commencent les mots suivants :

Jésus-Christ, de Dieu le Fils, Sauveur.

 (iota) ησοῦς (Ièsous), Jésus

Χ (chi) χριστὸς (Christos), Christ

Θ (thèta) θεοῦ (théou), de Dieu

Υ (upsilon) : υἱὸς (uios), le Fils,

Σ (sigma) : σωτήρ (sooter), Sauveur

 

 

 

Avec le symbole du poisson, ils confessaient que « Jésus-Christ » était« le Fils de Dieu, » leur « Sauveur ». C’est encore aujourd’hui notre confession de foi réduite à sa plus simple expression.

Question :

SOMMES-NOUS « FOUS » OU SOMMES-NOUS « SAGES »

 

DE CONFESSER :

 

 

 

 

« JÉSUS-CHRIST, DE DIEU LE FILS, SAUVEUR » ?

X X X 1 X X X

Nous confessons que

ησος χριστς θεο υἱὸς

(Ièsous Christos Théou Uios)

« Jésus-Christ est LE FILS DE DIEU » !

Tenez, nous allons faire une partie de ce sermon ensemble. Vous vous rappelez de cette question du catéchisme : « Pourquoi crois-tu que Jésus-Christ est vrai Dieu ? » La réponse dit : « Parce que l’Ecriture lui attribue

1°) des noms divins,

2°) des qualités, des œuvres et la gloire divine. »

(Essayer de trouver ces passages avant de consulter les réponses en fin de prédication)

Pouvez-vous citer un passage où Jésus est appelé Dieu ? – Jn 20.28 et 1 Jn 5.20

Des passages qui attribuent à Jésus des qualités que seul Dieu possède :

ð l’éternité : Hé 13.8

ð l’omniprésence : Mt 28.20

ð l’omniscience : Jn 21.17

ð la toute-puissance : Mt 28.18

Des passages qui lui attribuent des œuvres que seul Dieu peut accomplir :

ð la création du monde : Col 1.16

ð la conservation du monde : Hé 1.3

ð le pouvoir de pardonner : Mt 9.5

ð le jugement dernier : Rm 14.10

Un passage qui lui attribue les honneurs réservés à Dieu : Jn 5.23

C’est en nous basant sur de telles paroles de l’Ecriture que nous confessons queἸησοῦς χριστὸς θεοῦ υἱὸς (Ièsous Christos Théou Uios) Jésus-Christ est le Fils de Dieu !

X X X 2 X X X

Nous confessons que

ησος Χριστς Σωτήρ

(Ièsous Christos Sooter)

« Jésus-Christ est NOTRE SAUVEUR » !

Il n’y a guère moyen de résumer davantage notre foi en Jésus-Christ. Mais si vous parlez à quelqu’un qui ne connaît pas l’Evangile, la Bonne Nouvelle, de Jésus-Christ, ça ne lui dira rien que d’entendre que Jésus-Christ est « Sauveur ».« Sauveur » de quoi ? « Sauveur » de qui ? « Sauveur » comment ?

Nous, quand nous confessons avec le symbole du poisson que « Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est Sauveur », nous pensons à tout cela, et c’est un grand soulagement pour nous que de le savoir.

Coller un poisson sur sa voiture, c’est bien, mais ça ne parle qu’aux chrétiens qui connaissent l’Evangile. Tout au plus cela peut-il provoquer le dialogue avec des non croyants, mais le poisson sur la voiture doit être accompagné du témoignage en paroles, sinon les gens risquent de faire fausse route.

Tenez, nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte qui débouche sur la merveilleuse Fête de Pâques. Mais malgré le miracle de la résurrection du Christ, les disciples d’Emmaüs n’étaient pas soulagés et heureux. Au contraire, ils étaient déçus : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ! » (Lc 24.21) Ils avaient effectivement vu en Jésus un « sauveur », mais un « libérateur » politique et guerrier. Il a fallu que le divin Ressuscité leur explique le vrai sens du mot « Sauveur » quand il s’agit de lui.

Combien ne se trompent pas, aujourd’hui encore, sur la véritable nature de notre Sauveur, sur le péril dont il sauve, sur le genre de perdus qu’il sauve, sur la façon dont il sauve. Combien ne voient en lui qu’un donneur de leçons, un moralisateur supérieur, qui essaye tout au plus de sauver quelque peu la morale en déroute.

Non, « Jésus-Christ, le Fils de Dieu » est notre « Sauveur » de façon beaucoup plus radicale, beaucoup plus fondamentale, beaucoup plus géniale, énorme et phénoménale.

Il nous a sauvés des conséquences éternelles de notre péché ; il nous a sauvés de la colère de Dieu et de la damnation éternelle. Il nous a mis en sécurité auprès d’un Dieu réconcilié, prévenant, aimant, fidèle, puissant.

Et il nous a sauvés au prix de sa vie. Nous aurons l’occasion d’en parler plus longuement lors du culte du Vendredi Saint.

Résumons simplement notre foi en Jésus-Christ par cette parole bien connue qu’il a dite lui-même : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3.16)

Alors,

X X X 3 X X X

En confessant que

« Jésus-Christ, le Fils de Dieu, »

est notre « Sauveur, »

SOMMES-NOUS « FOUS »

OU EMINEMMENT « SAGES » ?

« Être fou », c’est avoir perdu la raison, avoir perdu le contact avec la réalité. Nous n’avons pas perdu la raison, mais nous lui demandons de donner la priorité à la révélation divine là où la raison n’arrive plus à suivre.

« Etre fou », c’est être stupide. Est-ce si stupide que de faire confiance au Dieu d’amour et de grâce ?

Il est vrai que « le message de la croix est une folie pour ceux qui périssent »dans leur incrédulité (1 Co 1.18). Que Dieu se sacrifie lui-même pour ses créatures qui se sont rebellées contre lui en préférant le péché à la sainteté, c’est tout bonnement insensé pour celui qui n’a pas été éclairé par le Saint-Esprit. C’est pour cela que Paul écrit ici : « Nous sommes fous à cause de Christ, » on nous prend pour des fous parce que nous plaçons notre foi dans un crucifié, parce que nous menons une vie de repentance et de foi de tous les jours, parce que le Christ est le centre, le pivot, le fondement et la lumière de notre vie.

Mais nous savons, avec l’apôtre Paul, que « celui qui croit en lui » – celui qui s’en remet à Jésus et à son salut – « ne sera pas couvert de honte » (Rm 9.33), n’aura pas à le regretter.

Au contraire, si vous placez votre foi en Jésus-Christ, « vous êtes sages en Christ ». En plaçant votre foi en Christ vous êtes sur la fréquence de« la sagesse de Dieu » (1 Co 2.7), « sagesse » révélée dans « les saintes Ecritures ». Ce sont elles qui nous ont « rendu sages en vue du salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Tm 3.15).

« Nous sommes fous à cause de Christ, » nous dit Paul ; tous ceux qui croient en Jésus sont considérés comme fous par les incroyants, « mais[en fait] vous, vous êtes sages en Christ. », la folie se trouve du côté de ceux qui refusent que Jésus soit leur Sauveur. Ne nous en faisons pas, si on se moque de nous. C’est toujours ainsi : les fous traitent les sensés de fous. Ils n’ont pas raison pour autant.

Quant à nous, nous pouvons avoir l’esprit tranquille, même, nous pouvons nous amuser dans cette vie, car le grand danger qui nous menaçait a été détourné par Jésus-Christ. Oui, « réjouissons-nous toujours dans le Seigneur »(Ph 4.4) et ne craignons pas de faire quelques blagues en ce 1er avril.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

 

Passages bibliques du point 1 :

Pouvez-vous citer un passage où Jésus est appelé Dieu ?

« Thomas lui répondit : "Mon Seigneur et mon Dieu !" » (Jn 20.28)

« C’est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle. » (1 Jn 5.20)

Des passages qui attribuent à Jésus des qualités que seul Dieu possède :

ð l’éternité : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. » (Hé 13.8)

ð l’omniprésence : « Moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28.20)

ð l’omniscience : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’amour pour toi ! » (Jn 21.17)

ð la toute-puissance : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Mt 28.18)

Des passages qui lui attribuent des œuvres que seul Dieu peut accomplir :

ð la création du monde : « Tout a été créé par lui et pour lui. » (Col 1.16)

ð la conservation du monde : « Le Fils soutient tout par sa parole puissante. » (Hé 1.3)

ð le pouvoir de pardonner : « Le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés. » (Mt 9.5)

ð le jugement dernier : « Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Christ. » (Rm 14.10)

Un passage qui lui attribue les honneurs réservés à Dieu : « Que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé. » (Jn 5.23)

 

 

Sermon du Dimanche 25 Mars 2012

Dimanche Judica Es 50.4-9

Chants proposés :

Entonnons un saint cantique, LlS 73 : 1-3

L’Agneau de Dieu va de bon coeur, LlS 77 : 1-4

Dans ce profond abîme, LlS 71 : 1-5

Jésus, dans sa grâce, racheté les pécheurs LlS 164 : 1-13

« Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir celui qui est abattu. Il réveille, oui, matin après matin il réveille mon oreille pour que j’écoute comme le font des disciples.

Le Seigneur, l’Eternel, m’a ouvert l’oreille, et moi je ne me suis pas rebellé, je n’ai pas reculé.

J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats.

Cependant, le Seigneur, l’Eternel est venu à mon aide. Voilà pourquoi je ne me suis pas laissé atteindre par les insultes, voilà pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme une pierre, et je sais que je ne serai pas couvert de honte.

Celui qui me déclare juste est proche : qui veut m’accuser ? Comparaissons ensemble ! Qui s’oppose à mon droit ? Qu’il s’avance vers moi !

C’est le Seigneur, l’Eternel, qui viendra à mon aide : qui me condamnera ? Ils tomberont tous en lambeaux comme un habit, dévorés par la teigne. »

Chers amis,

qui bénéficiez des prestations du

GRAND SERVITEUR DE L’ETERNEL ?

« Comprends-tu ce que tu lis ? » Un eunuque éthiopien est en train de lire le chapitre 53 du livre du prophète Esaïe. Cela se trouve trois chapitres plus loin que le texte à la base de notre sermon. Envoyé par Dieu à sa rencontre, le diacre Philippe lui demande : « Comprends-tu ce que tu lis ? » (Ac 8.26-30)

« Et vous, avez-vous compris le texte que je vous ai lu ? » Ma question est justifiée, à la suite de celle de Philippe, car notre texte parle du même contenu ; il traite du même thème.

Dans le livre du prophète Esaïe, nous trouvons ce qu’on appelle les chants du יְהוָה עֶבֶד (èbed yahweh), les « chants du Serviteur de l’Eternel », pas de serviteurs comme nous le sommes tous, mais du« Serviteur » avec un grand S, de celui qui allait rendre à Dieu un service exceptionnel, celui de nous racheter et de nous conduire. Il s’agit de chants du Messie Sauveur.

Ces « chants du Serviteur de l’Eternel » sont au nombre de quatre et se trouvent dans les chapitres 42 (1 à 9), 49 (1 à 13), 50 (4 à 11) – d’où est tiré notre texte, et du chapitre 52 (13) à 53 (12).

C’est ainsi que le diacre Philippe, « en partant du texte » du « chant du Serviteur de l’Eternel » au chapitre 53, « annonça [à l’eunuque] la Bonne Nouvelle de Jésus. » (Ac 8.35)

« En partant du texte » d’Esaïe 50, versets 4 à 9, nous entendrons aussi, à notre tour, « la Bonne Nouvelle de Jésus ».

Qu’allons-nous y apprendre de particulier sur le compte du

SERVITEUR DE L’ETERNEL ?

1) En quoi son service a consisté.

2) Ce qu’en a pensé l’Eternel.

3) En quoi c’est là une bonne nouvelle pour nous.

 

X X X 1 X X X

EN QUOI A CONSISTÉ LE SERVICE

DU « SERVITEUR DE L’ETERNEL » ?

Laissons-lui la parole. Il est le mieux placé pour en parler. Voilà ce qu’il dit dans notre texte : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats. » (v. 6)

Quelle précision dans cette prophétie ! « Le Serviteur de l’Eternel », le Messie promis, décrit 750 ans avant les faits ce qui lui est exactement arrivé. Pensez aux récits de la Passion du Christ dans les quatre Evangiles.

Ce n’est pas pour rien qu’on appelle le prophète Esaïe le 5èmeEvangéliste. La grâce lui a été faite par Dieu de pouvoir prédire exactement ce que le Sauveur du monde allait endurer plus tard, et ceci avec une précision étonnante.

Matthieu racontera plus tard les faits ainsi : Dans le palais du souverain sacrificateur, « ils lui crachèrent au visage et le frappèrent à coups de poing ; certains lui donnaient des gifles en disant : "Christ, prophétise-nous qui t’a frappé !" » (Mt 26.67-68)

Quelques heures plus tard, après avoir comparu devant Ponce Pilate, « ils lui enlevèrent ses vêtements et lui mirent un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d’épines qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans sa main droite ; puis, s’agenouillant devant lui, ils se moquaient de lui en disant : "Salut, roi des Juifs !" Ils crachaient sur lui, prenaient le roseau et frappaient sur sa tête. Après s’être ainsi moqués de lui […] » et ainsi de suite… (Mt 27.28-31)

Cela, le Saint-Esprit l’a inspiré à Esaïe pour qu’il le prophétise. C’est vraiment un texte sur la Passion du Christ, sur le traitement indigne infligé à Jésus.

Cela nous apparaît d’autant plus indigne que ce traitement est infligé à quelqu’un à qui on n’avait rien à reprocher.

Et cela est encore plus inoui quand on sait que Jésus de Nazareth est « vrai Dieu, né du Père de toute éternité » ! (Martin Luther, Petit Catéchisme) Ce traitement est infligé par de faibles créatures au Créateur et Maître de l’univers !

Bien entendu, cela n’a été possible que parce que Jésus le voulait bien. Cela n’a pu se faire que parce que le Fils tout-puissant de Dieu a laissé faire, s’est laissé faire. Il avait choisit de passer par là.

« Je ne me suis pas rebellé, je n’ai pas reculé. » (v. 5) « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ; je n’ai pas caché mon visage aux insultes et aux crachats. »

Il dit d’ailleurs clairement ici : « Je me suis laissé atteindre » (v. 7), je me suis laissé faire, j’ai choisi de passer par là.

Il ne s’est pas défendu, malgré l’horreur de ce qui s’abattait sur lui. D’ailleurs, ces coups allaient trouver leur prolongement dans l’exécution ignoble de la crucifixion, où l’on laissait mourir le condamné à petit feu, dans d’atroces souffrances, jusqu’à ce que la soif et l’asphyxie aient eu raison de lui.

Pourtant, ce n’est là aussi que la moindre de ses souffrances. Derrière ses souffrances visibles il endurait les souffrances invisibles de l’enfer pour nous, le poids de nos péchés l’écrasait, notre culpabilité l’arrachait à l’amour de Dieu et lui faisait vivre l’abandon, la colère et la damnation de Dieu … à notre place.

Combien notre Seigneur doit nous aimer pour s’être engagé dans cette voie pour nous éviter ce même sort !

Le Saint-Esprit fera écrire plus tard à Paul : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant malédiction pour nous. » (Ga 3.13) Jésus s’est fait maudire pour nos péchés à notre place, pour que cette malédiction nous soit évitée, pour que Dieu renonce à nous maudire pour l’éternité.

La question se pose alors : A-t-il réussi ? Dieu a-t-il été satisfait de cette substitution ? Ou pour le dire autrement :

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QU’A PENSÉ L’ETERNEL

DU SERVICE DE « SON SERVITEUR » ?

Dans le premier des « chants du Serviteur de l’Eternel », Dieu déclare : « Voici mon Serviteur, celui que je soutiendrai, celui que j’ai choisi et qui a toute mon approbation. » (Es 42. 1)

Dieu se range totalement, entièrement, derrière « son Serviteur » et le service qu’il est en train de nous rendre.

Et le Seigneur Jésus, malgré l’horreur de ce qu’il est en train d’endurer, et bien qu’il soit poussé à l’extrême limite de ce qu’il peut supporter, le Seigneur Jésus sait que Dieu approuve sa démarche.

Il sait, qu’à cause du poids de notre culpabilité, Dieu doit « l’abandonner » (Mt 27.46), « l’abaisser pour un peu de temps » (Hé 2.7+9) dans les souffrances de l’enfer. Mais il ne doute pas de Dieu pour autant. Il sait que s’il tient bon jusqu’au bout, « l’Eternel viendra » finalement « à son aide » (v. 9), le ressuscitera des morts « et le couronnera de gloire et d’honneur » (Hé 2.9), une fois son service pleinement achevé.

Il vous est certainement déjà arrivé de rendre un service désagréable à quelqu’un que vous aimez, car vous saviez que vous lui faisiez ainsi plaisir. Cela aide à ne pas jeter le manche après la cognée ; cela donne la force de tenir bon et de ne pas perdre courage ; cela aide à persévérer dans la difficulté et de ne pas abandonner la partie.

C’est aussi ce qui a aidé Jésus à serrer les dents dans l’horreur qu’il a traversée pour nous. Il savait – et il le dit dans notre texte – que Dieu le « déclare juste »dans ce qu’il fait et endure. Il savait que Dieu suivait ses amères souffrances avec la plus grande attention, le plus grand intérêt. Jésus sentait et savait que « l’Eternel était proche » (v. 8) et suivait avec attention et satisfaction l’éminent et difficile service qu’il était en train de rendre en expiant nos péchés dans les souffrances de l’enfer.

Savoir que Dieu agréait pleinement son service, savoir qu’il « ne sera pas couvert de honte » (v. 7), que Dieu l’approuve dans ce service qu’il nous rend, « voilà pourquoi » – dit-il – « je ne me suis pas laissé atteindre par les insultes, voilà pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme une pierre, » nous dirions : voilà pourquoi j’ai serré les dents (v. 7).

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EN QUOI LE SERVICE RENDU

PAR « LE SERVITEUR DE L’ETERNEL »

EST-CE

DE LA BONNE NOUVELLE POUR NOUS ?

Une bonne nouvelle, c’est quelque chose qui vous fait plaisir, quelque chose qui résout un de vos problèmes, quelque chose qui vous facilite ou embellit votre vie ou celle d’un proche.

Rappelez-vous le diacre Philippe ! « En partant du texte » du « chant du Serviteur de l’Eternel » au chapitre 53, « il annonça [à l’eunuque] la Bonne Nouvelle de Jésus, » mot-à-mot : « il lui annonça l’Evangile de Jésus » (Ac 8.35)

C’est que parler de Jésus, de ce qu’il a fait pour nous, de son expiation de nos péchés couronnée par sa résurrection, son ascension et sa session à la droite du Père, de ce qu’il continue de faire pour nous chaque jour, c’est vraiment de « l’Evangile », une « bonne nouvelle » pour nous !

Ce n’est pas une bonne nouvelle comme on peut en trouver dans les livres ou dans les journaux (il est vrai, on a parfois du mal à en trouver …), des nouvelles qui n’affectent pas notre vie.

Non, que Jésus ait expié nos péchés à notre place et pour notre compte, c’est vraiment une « bonne nouvelle » pour nous, cela nous concerne au plus haut point et place notre vie dans une toute autre lumière, dans une toute autre perspective.

Comme Dieu a accepté le sacrifice de Jésus, comme il a considéré l’expiation faite par Jésus comme suffisante pour se réconcilier avec nous, ce que Jésus nous dit dans l’Ecriture, c’est comme du baume sur une blessure, c’est comme de la chaleur qui se répand dans notre cœur.

Que dit-il ? « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir celui qui est abattu. » (v. 4)

Dieu l’ayant déclaré « juste » et ayant approuvé le service que Jésus nous a rendu avec son expiation de nos péchés, Jésus a maintenant les arguments pour nous rassurer quand nous sommes anxieux, nous réconforter quand nous sommes découragés, nous consoler quand nous sommes abattus.

Il nous dit ici : « Le Seigneur, l’Eternel, m’a donné le langage des disciples pour que je sache soutenir celui qui est abattu. » (v. 4) Il a vraiment le don de nous toucher. Son « langage », ce qu’il nous dit et la façon dont il le dit va à l’essentiel, cela correspond à ce que nous, ses « disciples », avons besoin d’entendre.

C’est un langage tellement particulier – « qui n’est monté au cœur d’aucun être humain » (1 Co 2.9), car il vient directement de Dieu – qu’il est seul « puissance de salut » (Rm 3.16) et de réelle « consolation ».

Entendre Jésus nous dire que Dieu est désormais avec nous, qu’il nous entoure de son affection et de sa bénédiction, cela aide puissamment à affronter la vie et à la maîtriser, à s’y épanouir et y connaître le bonheur, même à affronter la mort. Car « le Serviteur de l’Eternel » nous parle de pardon, de réconciliation, d’amour et de fidélité de Dieu envers nous sur terre, de vie et de salut aussi pour l’au-delà.

C’est comme s’il nous disait :

« Ne t’en fais pas. Bien des choses te gênent encore dans la vie, certaines te posent vraiment problème, certaines te pèsent et te font souffrir, mais ce n’est pas le signe que Dieu est en colère contre toi ; sa colère, je l’ai détournée sur moi.

« Grâce à moi, il te pardonne, est en paix avec toi, même, grâce à moi il veille avec fidélité et amour sur toi. Tu es tenté de douter de son amour et de sa fidélité ? Regarde ma croix sur le calvaire : elle est la preuve que Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit t’aime, sinon jamais le Père n’aurait admit que moi, son Fils, je me sacrifie ainsi pour toi. Et si Dieu ne t’aimait pas, je ne me serais jamais prêté à ce terrible échange où je me suis porté coupable à ta place pour que tu puisses connaître la paix, la joie et l’espérance. »

« Et maintenant, je t’accompagne, je te parle dans ma Parole, je te conseille et te console, je te guide et te réjouis avec tout ce que je t’accorde de bonheur déjà sur terre, maintenant, et un jour dans la félicité éternelle. »

Voilà « le langage » avec lequel Jésus, « le Serviteur de l’Eternel », « soutient celui qui est abattu ».

Pour nous tous, des moments d’abattement alterneront encore avec des moments de bonheur et de joie. Mais « la bonne nouvelle de Jésus », l’Evangile du gigantesque service qu’il nous a rendu par son sacrifice et qu’il continue à nous rendre par sa Parole, cet Evangile nous apprend que Dieu est maintenant notre Père, qu’il est en paix avec nous pour l’amour de son Fils, et que nous pouvons compter sur lui déjà pour nous épanouir dans cette vie, en attendant de le faire bien davantage encore dans l’éternité.

Merci, Jésus, d’avoir bien voulu être « le Serviteur de l’Eternel » pour notre bonheur, pour notre salut !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 11 Mars 2012

Dimanche Oculi 1 R 19.1-8

Chants proposés :

A toi, mon Dieu, mon cœur monte, AeC 25 : 1-5

Ô Seigneur ! ta voix m’appelle, AeC 416 : 1-5

Ecoute, entends la voix de Dieu, AeC 239 : 1-4

Seigneur, tu es notre joie, notre vie, AeC 592 : 1-2

« Achab rapporta à Jézabel tout ce qu’avait fait Elie et la manière dont il avait tué par l’épée tous les prophètes.

Jézabel envoya alors un messager à Elie pour lui dire : "Que les dieux me traitent avec la plus grande sévérité si demain, à la même heure, je ne te fais pas ce que tu leur as fait !"

Voyant cela, Elie se leva et partit pour sauver sa vie. Il arriva à Beer-Shéba, une ville qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur.

Quant à lui, il marcha toute une journée dans le désert, puis il s’assit sous un genêt et demanda la mort en disant : "C’est assez ! Maintenant, Eternel, prends-moi la vie, car je ne suis pas meilleur que mes ancêtres."

Il se coucha et s’endormit sous un genêt. Et voici qu’un ange le toucha et lui dit : "Lève-toi et mange !"

Elie regarda, et il vit à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées ainsi qu’une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha.

L’ange de l’Eternel vint une deuxième fois, le toucha et dit : "Lève-toi et mange, car le chemin est trop long pour toi."

Il se leva, mangea et but. Puis avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha 40 jours et 40 nuits jusqu’à la montagne de Dieu, jusqu’à Horeb. »

 

Chers amis, dont la vie connaît

des moments d’enthousiasme

comme des moments de déception,

« Après la pluie le beau temps. » Qui ne connaît cette devise ? Mais la réalité nous rattrape souvent et voudrait nous faire croire qu’il faudrait dire cette devise à l’envers : « Après le beau temps, la pluie ! »

Notre expérience n’est-elle pas parfois : Tantôt transporté d’allégresse, tantôt totalement déprimé ? Plus les hauts étaient vertigineux, et plus noires ont été les profondeurs qui ont suivi ? Après le succès, le flop ? Après l’enthousiasme, la déception ?

C’est ce qu’a connu le prophète Elie, le grand prophète Elie. Nous sommes plus habitués à le voir triomphant sur le mont Carmel, ou radieux à côté du Seigneur sur le Mont de la Transfiguration. Ben non, aujourd’hui, nous le voyons « plus-piteux-tu-meurs » ; d’ailleurs, il souhaite mourir.

Réfléchissons un peu à ce phénomène :

APRES L’ENTHOUSIASME

LA DECEPTION

1. POURQUOI ?

2. COMMENT L’EVITER ?

3. COMMENT S’EN SORTIR ?

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POURQUOI L’ENTHOUSIASME

FAIT-IL PARFOIS PLACE A

LA DECEPTION ?

Comment « Elie, le Tishbite » (1 R 17.1), grand prophète devant l’Eternel, s’il en fut, peut-il connaître un tel coup de blues ? Comment le type même du prophète à qui Dieu parlait directement peut-il se retrouver dans un tel état de perdition et de dérive ?

Récemment, j’ai écrit à un de nos pasteurs quelque peu découragé par une série d’expériences peu enthousiasmantes : « Un de mes grands étonnements sera toujours le fait que Dieu ait confié aussi bien le sacerdoce universel que le ministère pastoral à des pécheurs, alors que cela aurait été, dans l'abstrait (mais dans l'abstrait des myopes que nous sommes), tellement facile de confier tout cela à ses saints anges. Mais voilà, il voulait sans doute nous former, nous apprendre à être humbles et charitables les uns envers les autres et nous apprendre à nous occuper les uns des autres durant notre traversée de ce monde (Hé 11.13). »

Cela nous étonne aussi pareillement de voir que les hommes de foi qui nous sont donnés en exemples dans la Bible sont loin d’être parfaits :

Abraham, « le père de tous les croyants » (voir Ga 3.7+29) ! pris de trouille en Egypte, a préféré sacrifier sa femme, de peur d’être tué. Heureusement que, grâce à Dieu, tout s’est bien passé pour sa femme et pour lui !

David, le grand chantre et psalmiste de l’Ancien Testament, le poète et compositeur des cultes du Temple, le roi unificateur du Royaume d’Israël, s’est laissé entraîner, par convoitise, dans l’adultère et le meurtre. Mais il s’est profondément repenti et a trouvé grâce auprès de Dieu et se retrouve ancêtre de notre Seigneur !

Un Moïse ou un Jérémie ont tout essayé, un Jonas aussi, pour ne pas avoir à être prophètes et porte-parole de Dieu dans des environnements hostiles et dangereux. Dieu a finalement fait de grandes choses par eux.

Pourquoi Dieu ne nous donne-t-il pas des personnes parfaites en exemple ? D’abord, parce qu’il n’y en a pas (Ec 7.20). Ensuite, parce que ça ne nous servirait à rien. Les pécheurs, les imparfaits que nous sommes, nous avons besoin d’exemples comme nous, nous avons besoin de voir comment l’œuvre de Dieu s’accomplit dans des pécheurs comme nous, des faibles comme nous, des tentés comme nous.

Que nous serviraient des exemples qui ne jouent pas dans la même catégorie que nous ? Ce serait comme vouloir faire combatte en judo un super-léger (moins de 60 kg) contre un lourd (plus de 100 kg) ou en football des biberons (5-6 ans) contre des seniors (20-34 ans). Ce serait couru d’avance, et en ce qui nous concerne, nous serions tout de suite découragés et abandonnerions la partie.

« Ces faits sont arrivés, » écrit l’apôtre Paul, « pour nous servir d’exemples » (1 Co 10.6). Comment l’exemple d’Elie peut-il nous être utile ? D’abord en voyant ce qui l’a fait culbuter de l’enthousiasme dans la déprime.

Son zèle au service de Dieu l’a amené à sortir, seul, vainqueur d’un face à face avec « 450 prophètes de Baal et 400 prophètes d’Astarté […]sur le mont Carmel » (1 R 18.19-46). Enfin, seul, non, car « la main de l’Eternel reposa sur Elie » (1 R 18.46).

On peut comprendre qu’un tel triomphe l’ait quelque peu grisé, que cela lui soit un peu monté à la tête. Il était humain, après tout. En plus, auparavant, Dieu l’avait miraculeusement nourri par des corbeaux (1 R 17.2-7), lui avait même permis de réveiller de la mort le fils de la veuve de Sarepta (1 R 17.8-24). Elie devait se sentir sur un petit nuage … Et cela a dû quelque peu lui faire perdre le sens des réalités.

Il rêvait d’une suite merveilleuse à sa victoire sur les prophètes idolâtres. Il voyait déjà le culte de l’Eternel rétabli partout, et l’idolâtrie vaincue à tout jamais.

Au lieu de cela, celle-ci redresse sa tête, comme l’hydre de Lerne dont les têtes repoussaient au fur et à mesure qu’on les coupait. Il est recherché par l’idolâtre reine Jézabel pour être exécuté (v. 1-2).

« Voyant cela, Elie se leva et partit pour sauver sa vie. » Il s’enfuit du Royaume d’Israël au nord pour se réfugier plus loin que « Beer-Shéba », dans l’extrême sud du Royaume de Juda au sud. (v. 3)

Voyant que la réalité ne correspondait pas à ses rêves et projets, il sombre dans la mélancolie.

Le Seigneur nous permet aussi de faire de grandes choses dans la vie, de relever des défis avec succès, de mener à bout des projets difficiles, de connaître des moments enthousiasmants, surtout si, en plus, ils sont vécus à plusieurs, dans une espèce de liesse collective.

Et nous oublions alors que le monde reste le monde, que l’euphorie d’un moment ne peut pas supprimer comme par magie les besoins du quotidien. Nous oublions que d’autres ne partagent peut-être pas notre enthousiasme et ne nous suivent pas, et quand nous le découvrons, nous avons du mal à gérer cette découverte.

Et c’est l’incompréhension, le découragement, peut-être même une sourde révolte à peine contenue.

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COMMENT EVITER

QUE LA DECEPTION CHASSE

L’ENTHOUSIASME ?

Tout d’abord, comme nous l’avons vu, en ne prenant pas les vessies pour des lanternes, ni nos rêves pour la réalité. Pas non plus en prenant pour acquis que tout le monde partage, dans le détail, les mêmes rêves et projets que nous.

Ensuite, en prenant à cœur ce qu’Elie dit à Dieu : « Je ne suis pas meilleur que mes ancêtres ! » (v. 4). Dans le succès, dans l’enthousiasme, voire l’enthousiasme collectif, il n’est pas facile de dire : « Je ne suis pas meilleur que … » les autres.

Quand tout va bien, quand nous sommes entraînés par le mouvement, nous avons du mal à ne pas croire que notre façon de voir, notre façon de faire, notre façon de projeter et de planifier serait la « meilleure » ; nous avons alors du mal à croire que d’autres pourraient être d’un autre avis ; nous avons du mal à consulter l’avis des autres avant de prendre une décision qui engage tout le monde.

Elie s’était-il laissé aller à penser s’y être pris « mieux que » les générations avant lui qui avaient échoué ; s’être dépensé pour la cause de l’Eternel plus et « mieux que » ses prédécesseurs ? Pensait-il avoir réussi à venir à bout de l’idolâtrie « mieux que » qu’eux ? Pensait-il avoir trouvé, « mieux que » les générations avant lui, comment réformer la vie cultuelle du peuple ?

Au bout du compte, il lui faut bien redescendre sur terre et admettre : « Je ne suis pas meilleur qu’eux. »

Chers amis, prenons garde de penser que notre façon de voir et de pratiquer serait « meilleure que » celle des autres ; que nous pourrions décider sans consulter, vu que les autres ne peuvent qu’être du même avis, puisque le nôtre est le « meilleur ».

La leçon a été amère pour Elie. Méditons son exemple pour nous éviter autant que possible des déconvenues analogues.

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COMMENT SE SORTIR DE LA DECEPTION

POUR RETROUVER L’ENTHOUSIASME ?

« Elie avait de la chance, » pourrait-on être tenté de s’exclamer, « Dieu lui a envoyé un ange pour lui procurer la nourriture et les encouragements dont il avait besoin. A nous, cela ne nous arrive jamais qu’un ange vienne nous dire :"Lève-toi et mange, car le chemin est trop long pour toi !" (v. 5-7) »

Ah ! bon ? Cela m’étonnerait, car le Seigneur sait que pour nous aussi « le chemin est trop long » s’il ne nous aide à y avancer. Le Seigneur ne se désintéresse pas plus de nous qu’il ne l’a fait des croyants des temps bibliques ou, ici particulièrement d’Elie.

Dieu sait que si « sa puissance [ne] s’accomplit [pas] dans [notre] faiblesse » (2 Co 12.9), nous sommes mal barrés, nous ne tiendrons pas la distance, nous ne parviendrons pas au but.

Et ce n’est pas « la force que donne une nourriture » terrestre comme « un gâteau cuit » et « une cruche d’eau » (v. 6-8) qui vont nous permettre de demeurer sur « le chemin », dans « la vérité et la vie » (Jn 14.6). Ces aliments n’ont permis à Elie que de poursuivre le chemin vers « la montagne de Dieu, l’Horeb » ou Mont Sinaï (v. 8).

Notre Seigneur nous invite régulièrement sur cette merveilleuse « montagne », ce haut lieu qu’est le culte où il n’envoie pas un ange à sa place. Au culte il vient lui-même à nous. Et les mets succulents qu’il nous y sert, ce sont sa Parole édifiante et ses sacrements vivifiants.

Nous nous retrouvons régulièrement ici, parce qu’il nous y nourrit de « l’Evangile, puissance de Dieu pour notre salut » (Rm 1.16).

Cet Evangile, il nous le dispense dans sa Parole, dans le Baptême et dans la Cène.

Et dans la Cène, il nous dit mieux que : « Mange un gâteau cuit ! » et : « Bois une cruche d’eau. » Là il nous dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps qui est donné pour vous ! » « Buvez-en tous, cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang qui est répandu pour vous » « en rémission de vos péchés » !

Dans nos cultes, le servant, ce n’est pas une créature, et serait-elle un ange, non, dans nos cultes, le servant, c’est le Créateur et Sauveur lui-même ! Et les mets ne sont pas des mets de ce monde, mais des mets célestes et divins, « le véritable corps » et « le véritable sang » de notre Sauveur, avec lesquels il nous a délivrés du péché, de la mort et de la puissance du diable, aussi de la puissance de nos déceptions.

Oui, dans la Cène, il veut aussi nous relever de nos déceptions et nous instiller le seul véritable enthousiasme, celui d’être pardonné et enfant de Dieu, le véritable enthousiasme aussi, parce que le seul qui surmonte les déceptions et nous aide à avancer avec confiance, bien plus loin que le mont Sinaï au-delà du désert, jusqu’à la « Montagne Sainte » dans la félicité éternelle après bien des passages désertiques et rocailleux ici-bas.

Seigneur, pardonne nos chutes de foi et remplis-nous d’enthousiasme pour toi et pour nos prochains !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du Dimanche 4 Mars 2012

Dimanche Reminiscere

Rm 8.31-34

Je crie à toi, Seigneur Jésus, LlS 208:1-3

Faisons éclater dans nos chants LlS 214:1-2+6-8

Le Dieu fort est mon Père LlS 247:1-6

31 « Que dirons-nous donc de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

32 Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a donné pour nous tous, comment ne nous accorderait-il pas aussi tout avec lui ?

33 Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? C’est Dieu qui les déclare justes !

34 Qui les condamnera ? Jésus-Christ est mort, bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! »

Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

mort, ressuscité et régnant à la droite de Dieu !

Des questions, nous nous en posons, dans la vie. La vie sur terre est si compliquée et désarticulée par le péché de l’homme et ses conséquences que nous cherchons des réponses dans tous les domaines : familial, écologique, médical, sociétal, politiques, etc., même dans le domaine des activités de l’Eglise.

Même nous, chrétiens, nous sommes parfois pris de doute sur des points que Dieu a pourtant à la fois résolus pour nous et clairement annoncés comme tels dans la Bible.

Je sais, nous sommes ainsi faits – je veux dire marqués par le péché – que le doute veut parfois s’insinuer en nous. Cela, il le peut d’autant plus facilement que nous avons oublié quelque peu les réponses données par Dieu. Cela peut aussi être le cas dans une jeune paroisse missionnaire comme celle de Rome à laquelle l’apôtre Paul s’adresse ici.

Avec notre texte, il leur donne – ainsi qu’à nous en même temps –

LES REPONSES APAISANTES A

3 QUESTIONS ESSENTIELLES :

1. « Qui sera contre nous ? »

2. « Qui nous accusera ? »

3. « Qui nous condamnera ? »

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« Qui sera contre nous ? »

Paul connaît-il le monde ? … est-on tenté de se demander. Pourtant, il en a bavé, de ce monde hostile. Il a du fuir les persécutions, a été jeté en prison, a été lapidé, a connu l’hostilité non seulement des Juifs mais aussi des païens.

Pourquoi les Juifs étaient-ils contre lui ? Parce qu’il dérangeait leur système de pensée et leurs opinions erronées.

Pourquoi les orfèvres païens d’Ephèse ont-ils fomenté une révolte contre Paul ? Parce que l’Evangile mettait en péril leur industrie de statuettes de la Diane d’Ephèse.

Pourquoi notre monde d’aujourd’hui est-il « contre nous » ? contre le message et la morale bibliques ? Mais parce que nous gênons le monde incroyant. Le fait d’être honnête au travail est une condamnation de fait de ceux qui ne le sont pas. Le fait de ne pas tricher comme élève ou étudiant est une condamnation de fait de la tricherie.

Le fait d’être fidèle à son conjoint est une mise en cause de l’infidélité courante. Le fait de venir aussi régulièrement que possible rencontrer son Dieu Sauveur au culte, aux études bibliques, à l’instruction catéchétique, etc., peut gêner nos amis qui voudraient organiser quelque chose avec nous le dimanche matin, peut sourdement irriter un conjoint qui, lui, n’est pas croyant.

Le fait d’afficher qu’on est pour la défense de la vie, à quelque stade qu’elle soit (avant la naissance, après, voire à la fin de la vie), qu’on est aussi pour la vie dans quelque situation qu’elle se trouve (les pauvres, les incultes, les persécutés, etc.), tout cela gêne ceux qui veulent passer par-dessus les faibles.

Oui, nous le savons bien : nous gênons bien du monde avec notre foi en Dieu et en ses dispositions. Aussi y en a-t-il pas mal qui sont « contre nous ».

D’ailleurs, Paul le sait très bien, il lui arrive même de le dire dans ses épîtres, et notre Seigneur Jésus-Christ nous a prévenus qu’il en sera ainsi.

Mais « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous » ? Si le Maître de l’Univers s’est rangé de notre côté, en quoi les agissements de ceux qui sont « contre nous » peuvent-ils bien réussir ?

Certes, les gens peuvent nous faire souffrir. Dieu n’a jamais indiqué qu’en devenant chrétien tout s’arrangeait comme par un coup de baguette magique.

Mais quelques versets après notre texte, il nous certifie que « rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 8.39). « L’amour de Dieu » que Jésus nous a obtenu est un amour indéfectible, un amour sans faille.

Et dans son amour, Dieu veille sur les siens. « Dieu est fidèle et il ne permet pas que vous soyez tentés » – malmenés – « au-delà de vos forces, mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Co 10.13)

Et trois versets avant notre texte, il nous rassure : « Tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rm 8.28)

Cela ne transforme pas nos souffrances en moments de joie, nos déceptions en satisfactions, ou nos épreuves en parties de plaisir, mais cela nous donne la force de tenir dans la foi en celui qui nous a donné les preuves de son amour et de sa fidélité, comme nous le verrons un peu plus loin.

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« Qui nous accusera ? »

« Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? C’est Dieu qui les déclare justes ! » (v. 33)

Curieuse affirmation, au premier abord. Que Dieu nous ait « choisis »n’a jamais empêché personne de nous « accuser ». Les accusations envers les chrétiens n’ont jamais manqué au cours de l’histoire. Certaines accusations relèvent du procès d’intention et de la calomnie pure.

Ainsi, quand, sous l’empire romain, on accusait les chrétiens de suivre des rites criminels quand ils se retiraient pour célébrer la Cène en communion close, entre eux seuls.

Plus récemment – cela fait quand même maintenant un siècle et demi – le grand-père du maire de Châtenay-Malabry Jean Longuet, un certain Karl Marx – voyez comment le monde est petit ! – a accusé : « La religion est l’opium du peuple ». Le marxisme économique a fait faillite, mais le levain de l’hostilité à la foi chrétienne continue son œuvre de façon plus ou moins avouée.

D’autres accusations reposent sur des faits réels, mais mal interprétés, avec bonne ou mauvaise foi : On nous accuse de manquer d’amour du prochain (ce qui est faux) parce que nous condamnons l’homosexualité (ce qui est vrai).

On nous accuse d’être contre l’épanouissement de la femme (ce qui est faux) parce que nous sommes contre le droit à l’avortement non thérapeutique (ce qui est vrai).

On pourrait continuer ainsi sans fin. Bien entendu que ces accusations, Dieu ne les admet pas : il sait qu’elles sont fausses et qu’on s’en prend ainsi en fait aux dispositions qu’io a prises, lui, pour l’épanouissement de la personne et de la société.

Mais il y a pire. Satan, « l’accusateur » par excellence, n’a de cesse de faire valoir devant le tribunal de Dieu que nous sommes pécheurs et que nous méritons d’être rejetés dans la damnation éternelle.

Cette accusation n’est pas fausse. Oui, c’est ce que nous méritons, nous ne pouvons pas le nier.

Pourtant, nous apprenons dans la Bible : « Il a été jeté dehors, l’accusateur de nos frères et sœurs, celui qui les accusait jour et nuit devant Dieu ! » (Ap 12.10)

Comment se fait-il que notre « accusateur » – dont les accusations étaient fondées ! – ait été renvoyé, même catégoriquement rejeté par Dieu ? – Parce que cette accusation a été contrée « grâce au sang de l’Agneau. » (Ap 12.11)

Dans son amour, Dieu a trouvé la parade pour nous épargner les suites de cette accusation. Le péché est une réalité. Le juste juge ne pouvait pas le nier, il est saint. Aussi a-t-il procédé à un transfert. Il a déplacé le péché sur son Fils. « Il n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a donné pour nous tous. » (v. 32)

Et quand Satan veut nous accuser devant Dieu pour nous faire rejeter et nous entraîner avec lui dans la damnation, son accusation tombe à plat : devant la justice divine, nous, les croyants, nous n’avons plus de péché : « L’Agneau de Dieu, » Jésus-Christ, « a ôté » nos péchés (Jn 1.29). Satan vient accuser des personnes que « Dieu a déclaré justes » (v. 33).

Si ce n’est pas une Bonne Nouvelle, de l’Evangile pur ?

X X X 3 X X X

« Qui nous condamnera ? »

Là encore, il faut bien faire la différence entre la justice humaine et la justice divine. Lequel d’entre nous, croyants, voudrait nier que nous nous rendons encore coupables de comportements condamnables ?

Tenez : Qui d’entre nous n’a pas encore été condamné, ne serait-ce que par le code de la route ? Ou par son professeur ? Ou par je ne sais quelle autorité ?

Et même si nous devions avoir réussi à ne pas nous faire attraper, nous savons tous que nous aurions, ici dû être puni par le professeur, là écoper d’une amende, etc.

Et qui n’a jamais rencontré un regard réprobateur d’un collègue, d’un proche, d’un ami, d’un véritable ami qui a le courage de ne pas dire « blanc » quand c’est « noir » ?

« Qui nous condamnera ? » – Peut-être plus de gens autour de nous que nous ne le pensons.

Nous le savons : bien des choses sont moralement condamnables dans notre comportement. C’est pour cela que nous confessons dans la 5ème Demande du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses ! » C’est pour cela aussi que nous commençons, au culte, par nous approcher de notre Dieu Sauveur bien humblement dans la confession des péchés.

C’est d’ailleurs de cela que Paul parle ici, de la justice divine, de la condamnation prononcée par le Juge divin. Qui prononcera la condamnation sur ceux qui placent leur foi dans le sacrifice expiatoire du Christ ? – Personne !

Personne, car celui qui sera assis à la place du Juge, au Jugement Dernier, c’est le même que celui qui « est mort » pour nous, « bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! » (v. 34)

Déjà maintenant le futur grand Juge « intercède pour nous ». Actuellement, il agit comme « notre avocat » de la défense. Il fait valoir « devant le Père » (1 Jn 2.1) qu’il a expié nos péchés, qu’il s’est fait condamner à notre place.

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Rm 8.1), pour ceux qui se réfugient dans la foi auprès de leur Sauveur. Auprès de lui, aucun danger : il ne prononcera pas de condamnation sur ceux qui ont cru en son sacrifice.

« Qui nous condamnera ? » – Personne. Car Jésus a fait le nécessaire pour ne pas avoir à nous condamner.

Trop simple, voire simpliste ? Oui et non. Oui, car nous n’avons pas à mériter notre salut. Non, car si c’était si simple, comment se fait-il qu’il y a infiniment plus de gens en dehors de l’Eglise que dedans ? C’est que, comme Paul l’a déjà indiqué, cela semble « folie » pour la plupart.

Et pourtant, cette « folie » de Dieu indique le seul chemin de salut pour nous : « Jésus-Christ est mort, bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous ! »

« Que dirons-nous donc de plus ? » (v. 31) demande Paul. – Ben … il n’y a rien à dire de plus. Il n’y a qu’à tomber à genoux devant un Juge qui s’est d’abord fait Sauveur. Il n’y a qu’à l’en remercier du fond du cœur et à le laisser être le Seigneur de notre vie pour que ce soit une vie de repentance et de foi de tous les jours.

Grâce à lui, les réponses sont toutes négatives à ces trois questions :

1. « Qui sera contre nous ? » – Personne !

2. « Qui nous accusera ? » – Personne !

3. « Qui nous condamnera ? » – Personne !

Seigneur, sois en remercié !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

Sermon du Dimanche 19 Février 2012

Dimanche Quinquagésime

Am 5.21-24

Chants proposés :

Seigneur, tu nous appelles, AeC 212:1-3

Seigneur, rassemble-nous AeC 220:1-3+5-6

Louez Dieu dans son sanctuaire AeC 166:1

21 « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées.

22 Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir, et les veaux engraissés que vous offrez en sacrifice de communion, je ne les regarde pas.

23 Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths.

24 Mais que le droit jaillisse comme un cours d’eau, et la justice comme un torrent qui n’arrête jamais de couler ! »

Chers amis,

peut-être anxieux, après la lecture de ce texte,

de savoir si Dieu agrée notre culte !

Avouez que Dieu ne fait pas dans la dentelle quand il déclare : « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées.Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir, […] Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths. »

Quand pouvons-nous être certains que Dieu agrée notre culte ? Et qu’est-ce qui pourrait faire qu’il s’en détourne ?

La question n’est pas anodine. Car si Dieu se détourne d’un culte, il se détourne aussi de ceux qui rendent ce culte. Le prophète Amos doit annoncer le jugement, un jugement terrible, contre ceux qui rendent ces cultes rejetés par Dieu.

En fait, on pourrait résumer ainsi la pensée de Dieu : « Même si vos cultes sont les plus flamboyants et entraînants possible, même s’ils sont musicalement rehaussés par tout un orchestre, cela ne m’impressionne pas s’il ne s’y trouve pas ce qui doit être central et fondamental dans un culte qu’on me rend. »

Dieu veut nous faire comprendre deux choses par ces paroles :

1. Le rôle secondaire de la forme du culte

2. Le rôle fondamental du contenu du culte

X X X 1 X X X

Le rôle secondaire

de la FORME du culte

Je n’ai pas dis que la forme n’a pas d’importance, elle est importante, comme nous le verrons, mais la forme du culte est secondaire par rapport à son contenu.

Voyez-vous, ici Dieu dit : « Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths », alors qu’ailleurs il est dit : « Entonnez un chant, faites résonner le tambourin, la harpe mélodieuse et le luth ! Sonnez de la trompette ! » (Ps 81.3-4)

Pourquoi, dans un cas, Dieu refuse-t-il les chants et la musique d’accompagnement, alors que, dans l’autre, il y invite et les encourage ?

Comment se fait-il que la même chose, dans des situations différentes, n’est pas appréciée de la même façon ? Qu’une fois cela est agréable à Dieu, une autre fois rejeté par lui ?

Dieu n’est pas versatile. La raison de ce changement ne peut donc pas lui être imputée.

Quant on pense que sous David, il y avait jusqu’à 4000 choristes et instrumentistes pour accompagner les cultes ! (1 Ch 23.5) Et Dieu approuvait cela ; il acceptait ces cultes qu’on lui rendait ainsi.

Avec Amos, nous nous trouvons environ 200 ans plus tard dans le royaume du Nord, le Royaume d’Israël. Il y avait moins de choristes et d’instrumentistes, mais leur nombre devait quand même être important puisque c’était la religion d’Etat, le culte financé par le régime.

La qualité ou le style de l’encadrement musical n’est pas le problème. L’accompagnement musical de ces cultes était fait par des professionnels.

Pourtant, Dieu dit : « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées. Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir, […] Eloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes luths. »

Dieu ne se laisse pas impressionner par le décorum ou la musique. Il regarde à quoi cela correspond. Il accepte aussi bien un culte majestueusement musical qu’un culte où on ne chante pratiquement pas. Sans doute n’est-ce pas là le culte normal, habituel, car nous aimons exprimer nos sentiments – tous nos sentiments, tous nos états d’âme – par des chants.

Rien n’est trop beau pour rendre un culte à Dieu, mais chaque paroisse a ses possibilités, sa façon d’exprimer ce que ses membres ressentent et comment ils veulent l’exprimer.

Tenez, la semaine dernière, quelqu’un m’a dit qu’il lui arrivait de s’arrêter de chanter au culte, parce que la mélodie et le rythme de certains chants ne lui permettaient pas d’intérioriser les paroles, l’empêchaient de faire monter vers Dieu les paroles avec recueillement. La musique peut donc aussi être une barrière.

Tout ceci pour dire que, aussi souhaitable et normal qu’il soit que nous honorions notre Seigneur et Sauveur en rendant à nos cultes la plus belle forme possible, il n’en demeure pas moins que la forme est secondaire, même si la forme est majestueuse comme lors des cultes du temps d’Amos.

La même chose est vraie aussi de nos dons, car rendre culte à Dieu cela signifie aussi lui apporter des offrandes. « Quand vous me présentez vos holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir. »

Pourtant, Dieu a inspiré à Moïse des chapitres entiers pour lui dire comment on devait lui apporter des offrandes, y compris des « holocaustes ». Les « holocaustes » étaient des offrandes qui étaient entièrement brûlées sur l’autel, à la fois en expiation des péchés qu’en l’honneur de Dieu.

Il faudrait savoir : « Les offrandes » que nous présentons à Dieu dans nos cultes, « les offrandes » sous forme de cotisations paroissiales pour l’avancement du règne de Dieu dans les cœurs, Dieu les attend-t-il ou les « déteste »-t-il ?

Jusque-là nous étions plutôt habitués à des passages bibliques parlant des offrandes de façon positive. Ainsi, Jésus parle de « présenter notre offrande à l’autel » (Mt 5.23). Et Paul, inspiré par le Saint-Esprit, dit qu’avec nos offrandes nous rendons « un culte agréable à Dieu » (Rm 12.1).

Agréable ou détestable ? Là encore, tout dépend. Bien entendu que le Seigneur attend que nous soutenions par nos dons le travail dans sa Vigne autant que nous le pouvons. Aucune somme – pas non plus « les deux petites pièces » de « la pauvre veuve » (Lc 21.1-2) – n’est superflue dans l’Eglise du Seigneur.

D’ailleurs, cet exemple nous montre que l’appréciation d’une offrande de la part de Dieu n’est pas liée au montant brut sans tenir compte du contexte.

Donc, aussi bien ce que Dieu dit de la dimension musicale du culte que ce qu’il dit de notre offrande en argent, montre que la forme ou apparence extérieure du culte, aussi important que cela puisse être, n’est que secondaire. Cela peut même contredire le but et contenu du culte.

Ce qui nous amène à réfléchir au

X X X 2 X X X

rôle primordial

du CONTENU du culte

Pourquoi, à l’époque d’Amos, Dieu « déteste » et « méprise »-t-il le chant, la musique et les offrandes des cultes du peuple d’Israël ?

Faisons un peu d’histoire. « Amos », contrairement à son contemporain Osée, est un habitant du royaume du sud, du royaume de Juda, avec Jérusalem comme capitale.

« Amos » était éleveur-agriculteur à « Tekoa » (Am 1.1), à quelque dix kilomètres au sud de Bethléhem.

Amos se présente lui-même ainsi : « Je suis berger et je cultive des sycomores[une sorte de figuier]. L’Eternel m’a pris derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : "Va prophétiser à mon peuple, Israël," » là-bas, dans le royaume du Nord avec Samarie comme capitale. (Am 7.14-15)

Le royaume du Nord était tombé bien bas. Les riches devenaient de plus en plus riches, les pauvres, exploités de façon éhontée, devenaient de plus en plus pauvres. L’argent, l’enrichissement à outrance, occupait les classes dirigeantes, et le clergé était complice des grands.

Tenez, voici un exemple des accusations d’Amos, une dizaine de versets avant notre texte : « Vos crimes sont nombreux, vos péchés sont multipliés. Vous opprimez le juste, vous recevez des pots-de-vin et vous violez le droit des pauvres. […] Ces temps sont mauvais. » ( Am 5.12-13)

Ou encore : « Ils changent le droit en absinthe et jettent la justice par terre. »(Am 5.7) « Ils violent le droit des malheureux. » « Ils ont vendu le pauvre pour une paire de sandales ». Sans parler des dérèglements sexuels au sein des familles (Am 2.7).

Bref, c’était la décadence morale de la société. Pourtant, au culte, ils faisaient comme s’ils étaient en règle avec Dieu. Au lieu de répondre aux appels à la repentance d’Amos, bientôt secondé par Osée, Esaïe et Michée, ils ont interdit aux prophètes de prophétiser (Am 2.12).

Tous ces méfaits, ils ne pouvaient pas les cacher à Dieu en les couvrant de cultes magnifiques et de riches offrandes. Dieu ne se laisse pas duper. « Les paroles de la bouche », les actes aussi, le comportement, doivent correspondre« aux sentiments du cœur » (Ps 19.15), sinon Dieu ne s’en laisse pas conter. Il ne se laisse pas berner par la splendeur de cultes hypocrites.

« Au contraire, » leur dit Dieu, « que le droit jaillisse comme un cours d’eau, et la justice comme un torrent qui n’arrête jamais de couler ! » (v. 24).

Bien entendu, Amos leur demande de changer de comportement, d’avoir un comportement en accord avec la justice civile, mais il ne se cantonne pas à leur comportement extérieur.

« Le droit et la justice », cela ne vous rappelle rien ? Bien sûr que si ! Le prophète Esaïe, contemporain du prophète Amos, en annonçant la venue du Messie, du « Prince de la paix, » indique que son royaume sera un royaume où régneront « le droit et la justice, dès maintenant et pour toujours » (Es 9.5-6).

C’est « le droit » du Messie Sauveur qui doit « jaillir comme un cours d’eau » dans nos cultes ! C’est « la justice » de Jésus-Christ qui doit « jaillir comme un torrent qui n’arrête jamais de couler » de sa Parole et de ses sacrements !

Bref, nos cultes doivent exprimer notre repentance et notre foi, ils doivent correspondre à notre repentance et à notre foi : notre repentance, parce que nous ne correspondons pas aux exigences de la sainte Loi de Dieu ; notre foi en Jésus-Christ, à qui nous devons d’être ce que nous sommes, des pécheurs graciés et sauvés, des enfants de Dieu et des héritiers de la vie éternelle.

Repentance et foi dans « le droit et la justice » du Messie-Sauveur, voilà ce qui manquait aux cultes des Israélites de l’époque. Voilà aussi pourquoi leurs cultes étaient en horreur à Dieu malgré leur somptuosité ; voilà aussi pourquoi Dieu « méprisait » leurs « offrandes » aussi grandes qu’elles aient été.

En fait, leurs cultes n’étaient que de grandioses mises-en-scène sans contenu spirituel. Voilà pourquoi Dieu leur a dit : « Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées. »

Ils avaient considéré la forme suffisante ; ils avaient oublié le contenu, l’essentiel.

Chers amis, n’oublions jamais ce qui est central. La croix placée devant nos yeux doit nous le rappeler.

Dieu merci ! – pour parler avec l’apôtre Paul – « nous rendons un culte à Dieu par l’Esprit de Dieu ; » « nous plaçons notre fierté en Jésus-Christ et ne mettons pas notre confiance dans notre condition ! » (Ph 3.3)

Que le Seigneur nous maintienne dans cet état d’esprit de repentance et de foi de tous les jours ! Alors il prendra toujours plaisir à nos cultes, y compris à nos chants et à nos offrandes.

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 12 Février 2012

Dimanche Sexagésime

Ps 119.89-91+105+114+116+123

Chants

Ô Seigneur, dans mon cœur je t’écoute AeC 150 : 1-5

Ecoutez, les amis, le semeur est sorti AeC 775 : 1-4l

Sur les chemins du monde AeC 605 : 1-2+4-5

Quand vint le jour d’étendre les bras AeC 586 : 1-5

89 « Ta Parole, Eternel, est pour toujours établie dans le ciel.

90 Ta fidélité dure de génération en génération ; tu as fondé la terre, et elle subsiste,

91 C’est d’après tes lois que tout subsiste aujourd’hui, car tout l’univers est à ton service.

105 Ta Parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier.

114 Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse.

116 Soutiens-moi conformément à ta promesse, afin que je vive, et ne me déçois pas dans mon espérance.

123 Mes yeux se fatiguent à attendre ton salut et la promesse de ta justice. »

Chers amis

venus pour laisser éclairer votre sentier

par la Parole de Dieu !

Le texte que nous méditerons aujourd’hui est l’Introït – le psaume d’entrée – de notre dimanche, le Dimanche Sexagésime. Il y a fort longtemps, quand on parlait encore le latin, Sexagésime était placé le 60ème jour avant Pâques, toujours un mercredi.

« Sexagésime » est un mot latin qui signifie « soixantième ». En fait, pour plus de commodité, on le fête depuis longtemps le 8èmedimanche avant Pâques, ce qui fait 56 jours avant Pâques.

L’important, c’est le regard tourné vers la fête de la résurrection de notre Sauveur, pas le nombre exact, car chaque dimanche est en quelque sorte une petite fête de Pâques. Chaque dimanche, nous nous plaçons sous la lumière de notre Seigneur triomphant.

Notre texte est tiré du livre le plus long de la Bible – 150 chapitres, 150 psaumes – et, à l’intérieur du psautier, du psaume le plus long, le Psaume 119, qui comporte pas moins de 176 versets. Il est donc évident que notre prédication ne peut porter que sur un choix de versets, sinon rien que la lecture du psaume prendrait un bon quart d’heure.

Le thème de ce psaume le plus long de la Bible, c’est la Parole de Dieu. Le Psaume 119 en traite sous différents aspects, mais toujours dans sa relation avec le croyant : ce que le croyant trouve dans la Parole de Dieu, ce qu’il retire de l’écoute de son Dieu vivant.

Avec le psalmiste nous confessons avec foi :

« TA PAROLE, ETERNEL, »

ta Parole de puissance

comme celle de ta grâce,

« EST POUR TOUJOURS ETABLIE

DANS LE CIEL »

X X X 1 X X X

« ETERNEL,

TA PAROLE » DE PUISSSANCE

EST POUR TOUJOURS ETABLIE

DANS LE CIEL »

Rappelons nous, lors de la création du monde, « Dieu dit [par exemple]: "Qu’il y ait de la lumière ! " – et il y eut de la lumière » ou – autre exemple – : « "Que la terre produise de la verdure !" – et cela se passa ainsi : la terre produisit de la verdure. » (Gn 1.3+11-12)

C’est là l’effet de sa Parole toute-puissante. C’est ainsi que Dieu a créé notre univers : à partir de rien, rien que par l’effet de sa parole toute-puissante.

Quand nous, nous voulons qu’il y ait quelque chose, nous ne pouvons pas le faire à partir de rien. Pour fabriquer les bancs de notre église, il a fallu faire des planches à partir d’arbres qui ont été abattus. Pour les scier, il a fallu des scies, donc l’industrie métallurgique qui a fabriqué des scies à partir de minerai cherché dans le sol.

Pour manger, il ne suffit pas de claquer des doigts pour que les plats se mettent tous prêts sur la table. Il faut faire la cuisine et, auparavant, soit avoir son propre potager et son propre élevage soit acheter les denrées qui nous viennent de l’épicier, du boucher et du boulanger qui eux aussi se sont fait livrer par des éleveurs, des cultivateurs ou des maraîchers.

Pour faire de la lumière, il faut de l’énergie produite par des centrales, des lignes électriques pour l’acheminer et des lampes pour éclairer. Nous ne faisons rien à partir de rien. Nous ne faisons que transformer ce que Dieu, lui, a créé à partir de rien.

Et nous nous tournons toujours vers Dieu – même ceux qui ne le reconnaissent pas comme celui qui a créé le monde et qui le maintient vie. Tout le monde scrute la météo, tout le monde surveille sa santé, la grande majorité des personnes a peur de la mort.

En fin de compte, nous avons peu d’influence sur l’univers qui tourne, sur la vie qui passe. Cela fonctionne selon « la Parole de l’Eternel établie pour toujours dans le ciel ».

Et c’est bien ainsi. Quels cataclysmes ne provoquerions-nous pas si nous avions le pouvoir de diriger l’univers ! Les tensions et luttes que nous trouvons sur terre entre personnes, groupes ou nations, nous les retrouverions au niveau du fonctionnement de l’univers. Bonjour, les dégâts !

Alors, quel soulagement, de pouvoir dire avec le psalmiste : « C’est d’après tes lois que tout subsiste aujourd’hui, car tout l’univers est à ton service. » (v. 91) L’univers obéit à la parole toute-puissante de Dieu. Certes, le monde a été marqué par le péché, et son fonctionnement s’en ressent, mais ce n’est pas parce qu’il échappe au contrôle de Dieu, mais parce que cela se passe comme Dieu l’avait annoncé, au cas où l’humanité se révolterait contre lui.

Mais, comme le diraient les jeunes aujourd’hui, Dieu « masterise tout ». « Tu as fondé la terre, et elle subsiste, » elle est entre tes mains et « ta fidélité dure de génération en génération » (v. 90).

Nous pouvons lui faire confiance. Il la conduira à son terme. Le cours des choses ne lui échappera pas, à lui, le « Maître de l’univers » (Es 1.9). La fin du monde, ce sera lui qui en fixera le moment et qui en dirigera le déroulement par sa Parole toute-puissante.

Pas besoin de s’affoler par les temps qui courent où l’on entend parler d’une fin du monde pour le 21 décembre 2012, fin prétendument prédite par un calendrier maya.

Pas non plus besoin de s’affoler pour notre propre vie … ou notre propre mort. Nous savons que nous sommes « étrangers et voyageurs sur la terre » (Hé 11.13) et que ce voyage prendra fin un jour pour déboucher sur l’arrivée dans la félicité éternelle car, grâce à Jésus, « notre citoyenneté est dans les cieux » ! (Ph 3.20)

Mais nous savons aussi que dans tout cela – aussi bien dans la conduite de l’univers que dans celle de nos vies – Dieu reste au gouvernail, un Dieu de puissance, mais aussi un Dieu de grâce, car c’est aussi en tant que tel qu’il se présente dans sa Parole, et plus particulièrement dans notre texte.

X X X X X X

« ETERNEL,

TA PAROLE » DE GRÂCE

EST POUR TOUJOURS ETABLIE

DANS LE CIEL »

Que ça fait du bien, ce « pour toujours » ! C’est là une promesse qui vaut son pesant d’or. Jusqu’à la fin des temps Dieu fait annoncer sa parole de grâce. Nos péchés et l’hostilité ouverte de notre monde à Dieu ne l’amèneront jamais à dire : « Maintenant, c’est fini ! J’en ai marre de leur pardonner les péchés. Je ne les gracierai plus. »

Nous n’avons pas besoin de craindre une telle réaction de la part de Dieu. Sa « Parole est établie pour toujours dans le ciel », aussi sa parole de grâce et de pardon.

Le psalmiste rappelle cette « promesse » à Dieu, et il y trouve un grand réconfort : « Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse. » (v. 114)

Cette « promesse » de gracier et de pardonner s’applique à toute personne qui reconnaît et confesse ses péchés, même à ceux qui, après s’être détournés de Dieu, reviennent à lui tout penauds.

Tenez ! Dimanche dernier, nous avons commencé l’étude biblique du livre du prophète Osée. Il y a de quoi rester baba en lisant les trois premiers chapitres (ils sont très courts).

Le peuple d’Israël était devenu infidèle à Dieu et avait couru après les idoles. Dieu, pour lui faire comprendre qu’il lui reste fidèle s’il revient à lui, a demandé à Osée d’épouser … une prostituée, puis, lorsqu’elle s’est de nouveau vendue à d’autres, de la racheter, de la reprendre et de continuer à l’aimer. Cela devait mettre en scène l’amour fidèle de Dieu à son peuple par-delà ses infidélités, s’il revenait à lui avec repentance et foi.

L’énormité du sacrifice que Dieu demande à Osée donne une idée de la profondeur et de la solidité de l’amour de Dieu pour nous, pécheurs.

A un Dieu qui nous aime à ce point nous pouvons dire avec le psalmiste : « Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse. »

Sa grande promesse, sa promesse fondamentale, c’est qu’il nous « a tant aimé qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3.16)

Mais de cette « promesse » découlent bien d’autres promesses. Si, grâce à Jésus, Dieu nous a pardonnés, il n’est plus contre nous mais avec et pour nous, il est notre Allié. Et quel Allié : le « Créateur » et « Maître de l’univers » ! Un Dieu qui ne renie pas ses promesses de pardon au croyant.

Cela nous rassure déjà de savoir que notre sort ne dépend pas des hommes mais de la toute-puissance de Dieu, mais cela nous soulage encore davantage de savoir qu’il est aussi fidèle en amour, en compassion et en assistance.

Dans la difficulté, dans l’épreuve, dans le malheur, nous pouvons lui dire avec confiance : « Mon refuge et mon bouclier, c’est toi ; j’espère en ta promesse. Soutiens-moi conformément à ta promesse, afin que je vive, et ne me déçois pas dans mon espérance. »

Et quand nous voyons se rapprocher la fin de notre pèlerinage ici-bas – ou tout simplement en y songeant, même si la mort semble lointaine – nous pouvons dire avec assurance : « Mes yeux se fatiguent à attendre ton salut et la promesse de ta justice. » (v. 123)

Pas la promesse de notre justice, mais de la sienne, cette « justice »renversante déjà annoncée par des prophètes comme Esaïe (Es 9.5-6), la justice du Messie-Sauveur, une justice qui nous permet de subsister devant Dieu, une justice que le Christ nous a procurée.

Cette justice du Christ qui nous apporte le pardon contient aussi la promesse de la félicité éternelle. C’est là « l’espérance » ferme du psalmiste. C’est là aussi notre certitude fondée sur l’œuvre de Jésus-Christ.

Voilà ce que Dieu, fidèle avec puissance et avec grâce, nous promet en Jésus-Christ. Voilà la lumière que la Parole de Dieu jette sur nos existences.

Voilà aussi pourquoi nous confessons avec le psalmiste : « Ta Parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » (v. 105)

« Ta Parole, Eternel, » ta Parole de puissance comme ta Parole de grâce, « est pour toujours établie dans le ciel, » mais elle brille jusque sur terre et illumine nos vies. Ne nous la retire jamais ! Loué sois-tu !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig, pasteur

 

 

 

Sermon du Dimanche 5 Février 2012

Dimanche SEPTUAGESIME

1 Co 9.22-23

Chants proposés :

Gloire à ton nom, ô Dieu de paix LlS 9:1-3

Par grâce, ô Dieu, par ta clémence, LlS 223:1-5

Eternel, Roi des cieux, Eternel, notre Père LlS 188: 1-3

22 « J’ai été faible avec les faibles afin de gagner les faibles.

Je me suis fait tout à tous afin d’en sauver de toute manière quelques-uns,

23 Et je fais cela à cause de l’Evangile, afin d’avoir part à ses bénédictions. »

Chers frères et sœurs

qui « avez part aux bénédictions de l’Evangile » !

Nous sortons tout juste du Temps de l’Epiphanie. Nous venons de célébrer la Fête de la Transfiguration. Nous aimerions bien, comme Pierre, nous trouver et demeurer loin du pullulement des foules, du stress de la vie quotidienne, seul avec notre Seigneur dans une espèce de septième ciel.

Mais non, ce n’est pas là ce que notre Seigneur attend de nous. Il a fait redescendre Pierre, Jacques et Jean de la montagne de la Transfiguration ; il les a ramenés au milieu du monde : c’est là qu’est la place des siens, c’est là qu’il veut qu’ils vivent au contact des autres (Mt 17.1-9).

Sans doute nous conseille-t-il de nous retirer dans un endroit tranquille, « notre chambre » par exemple, pour nous entretenir avec lui dans la prière (Mt 6.6) …

Mais ensuite il veut que nous en ressortions, de notre chambre, pour être « sel de la terre » et « lumière du monde » (Mt 5.13-14).

Sans doute attend-t-il de nous que nous nous retrouvions en paroisse autour de sa Parole et de ses sacrements, que nous venions l’y louer et adorer dans la communion des frères et sœurs dans la foi (Hé 10.25) …

Mais ensuite il veut que nous nous dispersions de nouveau dans le monde pour y « annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2.9).

Que notre Seigneur nous ait obtenu le pardon et le salut par pure grâce, sans que nous l’ayons mérité, sans que nous y soyons pour quelque chose, rien que parce qu’il a tout arrangé lui-même au prix de sa vie, cela nous remplit de joie, de foi et d’espérance, cela fait déborder notre cœur de gratitude, cela ne peut rester secret, il faut que nous le fassions savoir autour de nous.

N’empêche que la façon dont Paul en parle ici, ça nous surprend peut-être. « Je fais cela » – essayer « d’en sauver quelques-uns »  « à cause de l’Evangile, afin d’avoir part à ses bénédictions. » (v. 23).

Ah ! bon ? Je fais cela pour être béni ? Je témoigne de ma foi pour être récompensé ? Je fais de l’évangélisation pour être sauvé ?

Cela ne signifie-t-il pas que mon salut dépend de mes mérites ? Paul ne se contredit-il pas avec ce qu’il ne cesse de répéter ailleurs ? Son leitmotiv, le message qui revient partout dans ses épîtres – comme dans le reste de l’Ecriture – n’est-il pas : « En effet, c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter » ? (Ep 2.8-9)

Comment comprendre alors ce qu’il dit ici :

X X X 1 X X X

«Je fais cela »

– essayer « d’en sauver quelques-uns » 

« à cause de l’Evangile,

afin d’avoir part à ses bénédictions » ?

Ce qu’est « l’Evangile », nous le savons, c’est la Bonne Nouvelle que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3.16)

« L’Evangile », c’est la Bonne Nouvelle de ce que Jésus a entrepris, au prix de sa vie, pour nous arracher à notre sort de pécheurs coupables et rejetés par Dieu, pour nous réconcilier avec Dieu et nous obtenir son pardon, la vie et le salut.

En rappelant ainsi ce qu’est « l’Evangile », nous avons aussi évoqué « ses bénédictions », ses bienfaits. Il n’y a que du bon dans « l’Evangile », c’est de la Bonne Nouvelle par excellence. Nous y apprenons que, sans que nous l’ayons mérité, rien qu’à cause de l’intervention massive de Jésus, Dieu a changé sa colère en bonté, sa malédiction en bénédiction, son hostilité en amour paternel.

Nous étions rejetés à cause de notre état pécheur, nous voilà, grâce à Jésus, adoptés par Dieu comme ses enfants. Nous devrions craindre sa colère, et voilà que nous pouvons nous appuyer sur son affection et sa fidélité. Au lieu de nous fermer le ciel, celui-ci nous est maintenant grandement ouvert, même une place nous y est déjà réservée !

Nous portons des noms tels que « enfants de Dieu » (Rm 8.14), « enfants de la promesse » (Ga 4.28), « enfants de lumière » (Jn 12.36), « les bénis du Père »(Mt 25.34), « cohéritiers de Christ » et « héritiers de Dieu » (Rm 8.17), même « prêtres royaux » (1 P 2.9) ! Et ce ne sont là que quelques-uns de nos titres glorieux.

Par Jésus-Christ nous avons été bénis, comblés au plus haut point. De « morts »spirituels (Ep 2.1+5) il a fait de nous des « pierres vivantes » à l’édifice de son Royaume (1 P 2.5).

Et cette « vie spirituelle à laquelle nous sommes nés » (Ga 6.1), nous la cacherions ? Nous ferions les morts … que nous ne sommes plus … et que nous ne voulons plus redevenir ? Ce serait un peu – pour parler comme Jésus lui-même – ce serait comme cacher le talent que Dieu nous a confié pour le faire fructifier (Mt 25.14-30).

Dieu ne nous a pas seulement bénis pour nous-mêmes, il nous a aussi bénis pour que nous soyons en bénédiction pour les autres. Oublier cela, c’est un peu oublier que « Dieu veut que tous les hommes » – pas seulement toi et moi – « que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2.4).

« Les bénédictions de l’Evangile » nous ont été accordées par pure grâce, sans que nous y soyons pour quelque chose. Par contre, elles peuvent se perdre par notre propre faute.

Par exemple, le pardon de nos péchés nous a été obtenu par Jésus par pure grâce, mais nous pouvons le perdre « si nous ne pardonnons pas non plus aux autres leurs offenses » (Mc 11.26).

« Le talent » de la parabole – le trésor des bénédictions divines – nous a été remis par pure grâce, mais il peut nous être repris si nous le gardons égoïstement pour nous tous seuls.

C’est ce que Paul veut dire quand il écrit ici : « Je fais cela » – essayer « d’en sauver quelques-uns »  « à cause de l’Evangile, afin d’avoir part à ses bénédictions. » (v. 23). Paul ne veut pas se mériter le salut par l’exercice de son apostolat, mais il ne voudrait pas perdre son salut par désobéissance ou paresse.

Nous n’avons pas été appelés à l’apostolat comme Paul, Pierre, Jean et d’autres. Dieu n’attend pas de nous la même chose que d’eux. Mais il nous a « appelés des ténèbres à son admirable lumière » pour que nous en « témoignions », pour que cela se voie et se sache.

Comment cela ? Paul nous dit comment il s’y prend. Et chacun de nous, là où Dieu l’a placé dans la vie, peut l’imiter. Que fait-il ?

X X X 2 X X X

« Je me suis fait tout à tous

afin d’en sauver de toute manière

quelques-uns. »

« Quelques-uns » … N’« en sauver » que « quelques-uns » ! Cela le rend déjà heureux. Paul sait que la tâche est dure. Nous le comprenons très bien. On a l’impression qu’il parle de notre pays, de notre situation en ce début de 3ème millénaire. « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil »dirait le roi Salomon (Ec 1.9).

Cela signifie aussi que, nous, les « sauvés », nous ne sommes que « quelques-uns » dans la masse. Qu’étaient les quelques chrétiens après l’Ascension du Seigneur dans le vaste empire romain, pour ne parler que de l’empire et même pas de tout le reste du monde ? – « Quelques-uns ! »

« Quelques-uns ! » Mais pas « quelques » résignés, pas « quelques »hésitants, pas « quelques » recroquevillés sur eux-mêmes, mais « quelques » enthousiastes remplis du feu de la Pentecôte, du feu de l’Esprit Saint.

Non, ils n’étaient pas nombreux, mais ils savaient qu’ils étaient appelés à se multiplier. Ils se savaient privilégiés – privilégiés par la grâce de Dieu, privilégiés par rapport à ceux qui demeuraient encore perdus, car sans Christ – et ils savaient que ce privilège divin et éternel, le Seigneur leur demandait de le partager, du moins d’essayer de le partager.

Et c’est encore ce à quoi nous sommes appelés aujourd’hui : faire le nécessaire « pour en sauver de toute manière quelques-uns ».

Au Moyen-âge, à une époque où bien peu de gens savaient lire, l’image, les vitraux et la sculpture ont dû remplacer la parole. « En sauver de toute manière quelques-uns » était représenté par les croyants sur le bateau de l’Eglise, en train de se pencher par-dessus bord pour hisser dans le bateau les personnes perdues qui se débattaient dans l’eau.

Le détail qui nous intéresse ici, c’est qu’il faut se pencher par-dessus bord pour essayer d’« en sauver quelques-uns ». C’est une image. Question : Comment se penche-t-on vers ceux qui sont en train de se noyer, en train d’être perdus pour l’éternité ?

Paul nous donne un tuyau. Il nous dit comment lui s’y prend : « J’ai été faible avec les faibles afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous. »

Juste avant notre texte, il donne encore d’autres exemples de son adaptation à ceux qu’il veut sauver : « Avec les Juifs, j’ai été comme un Juif […] ; avec ceux qui sont sous la loi de Moïse, comme si j’étais sous la loi […] ; avec ceux qui sont sans la loi, comme si j’étais sans la loi[…]. »

Chaque fois il répète pourquoi il le fait : « afin de sauver le plus grand nombre » de la séparation d’avec Dieu et de la damnation éternelle et de les « gagner » pour une vie dans la foi suivie de la vie éternelle (1 Co 9. 19-22). Il le répète 6 fois en 5 versets.

« Parce que j’ai clairement et constamment ce but en vue, » indique-t-il, « je me suis fait tout à tous ». Cela ne veut pas dire que Paul est devenu une girouette, changeant de position selon ses auditeurs. Il ne parle pas du fond, du message. Là il pouvait être dur pour ceux qui s’écartaient de l’Evangile de Jésus-Christ.

Non, il parle de méthode, d’attitudes. Il s’est adapté à ses différents auditoires, il a présenté l’Evangile de façon à ce qu’ici un Juif le comprenne, mais que là un païen puisse aussi suivre sa présentation de la vérité salutaire.

Il s’est aussi adapté à leurs cultures respectives, se comportant différemment à Jérusalem qu’en Grèce, par exemple. Si on choque les gens d’emblée, comment voulez-vous qu’ils prennent votre main si vous la leur tendez ?

Nous devons avoir le cœur assez gros, l’esprit assez large pour laisser nos principes culturels derrière nous quand ils érigent des barrières inutiles entre nous et les incroyants.

Il faut s’opposer à ce que Dieu défend, mais on peut le faire en faisant sentir à ceux qui sont dans l’erreur qu’on les aime, qu’on veut leur bien et qu’on fait tout pour trouver un terrain de rencontre.

Un exemple tout bête : Si vous invitez un musulman et que vous avez un chien dans la maison, vous le choquez. Bien sûr que vous avez le droit d’avoir un chien, mais il faut savoir ce qu’on veut.

Ou si vous invitez un Juif et que vous servez du porc, vous faites le contraire de ce que Paul a fait.

Bref, si nous voulons « en sauver quelques-uns », apprenons à connaître le mode de vie et l’état d’esprit de ceux que nous voulons « gagner » à Jésus-Christ pour construire des passerelles en leur direction.

Que notre Seigneur nous pardonne nos inflexibilités là où elles ne sont pas requises et nous remplisse de beaucoup d’amour et d’une grande faculté d’adaptation à ceux qui ont besoin de nous pour ne pas se perdre éternellement !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

 

Sermon du Dimanche 15 Janvier 2012

2ème Dimanche après l’Epiphanie

Mt 11.12-15

Chants proposés :

Célébrons son œuvre étonnante ! AeC 105:1-4

Béni soit le Seigneur (Cant. de Zacharie) AeC 177:1-3

Il est pour le fidèle, au-delà du tombeau AeC 640:1-4

12 « Depuis l’époque de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est assailli avec force, et des violents s’en emparent.

13 "En effet, tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean.

14 Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Elie qui devait venir.

15 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »

Chers frères et sœurs en Christ,

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (v. 15)

Êtes-vous des êtres uniques ou des êtres réincarnés ? La question vous surprend ? Je comprends. Je vous propose d’y réfléchir, parce que certains, s’appuyant sur notre texte, affirment que Jean-Baptiste serait le prophète Elie réincarné.

Normalement, il aurait dû être question de Jean-Baptiste dimanche dernier. Mais comme l’Epiphanie (le 6 janvier) tombait cette année un vendredi, nous l’avons fêtée le dimanche d’après, le 1er dimanche après l’Epiphanie.

Je me permets donc de faire un retour en arrière, car la théorie de la réincarnation hante pas mal les esprits de nos contemporains ; ils se croient pourtant si éclairés. Il y en a qui pensent même trouver la réincarnation enseignée dans la Bible. Il faut donc que nous en ayons le cœur net.

Posons-nous les deux questions :

1. ELIE S’EST-IL REINCARNE

EN JEAN-BAPTISTE ?

2. ET NOUS,

SOMMES-NOUS DES REINCARNATIONS

DE PERSONNES DU PASSE ?

X X X 1 X X X

ELIE S’EST-IL REINCARNE

EN JEAN-BAPTISTE ?

Avouez ! En lisant de façon superficielle, si on ne prend pas la peine de se rappeler tout ce que Dieu nous dit par ailleurs dans sa Parole, cette phrase de Jésus peut étonner : « Si vous voulez bien l’accepter, [Jean-Baptiste,] c’est lui l’Elie qui devait venir. » (v. 14)

Que des personnes sans connaissance biblique se mettent à songer à la réincarnation, on peut le comprendre. N’étant pas portées par la foi au salut et en la résurrection corporelle, elles peuvent être emportées par n’importe quelle utopie.

Comment faut-il comprendre cette affirmation de Jésus ? Que signifie : « Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Elie qui devait venir » ?

Il faudrait peut-être déjà écouter ce que Jésus dit exactement. Il ne dit pas : « Jean-Baptiste est Elie le Tischbite ». Il ne dit pas : « Jean-Baptiste est cet Elie qui a vécu autrefois.

Non, il utilise une façon de parler très courante. Ainsi, il nous arrive de dire d’un bon stratège ou général : « C’est un Napoléon », ou d’un tyran sanguinaire : « C’est un Hitler » ou : « C’est un Staline » ; ou d’un bon cuisinier : « C’est un vrai Bocuse ! »

Personne ne comprend par là que les personnes dont nous parlons seraient la réincarnation de Napoléon, de Hitler, de Staline ou de Bocuse. Nous voulons dire par là qu’elles sont du même genre, qu’elles sont de la même espèce, que leurs actes rappellent celles des personnages que nous avons cités.

Donc, Jésus ne dit pas ici : « Jean-Baptiste est Elie », mais : « Jean-Baptiste est cet Elie qui devait venir. »

Il est le prophète qui a lui-même été annoncé par un prophète. C’est le prophète Esaïe qui l’a annoncé en premier. Dans son chapitre 40, il prédit : « Une voix crie dans le désert : "Préparez le chemin de l’Eternel, faites une route bien droite pour notre Dieu dans les endroits arides !" Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline abaissée. Ce qui est tortueux sera redressé et les endroits rocailleux aplanis. Alors la gloire de l’Eternel sera révélée. » (Es 40.3-5)

Jésus ne dit pas : « Jean-Baptiste est Elie », mais : « Jean-Baptiste est cet Elie qui devait venir, » ce fameux précurseur du Messie annoncé par Esaïe (Es 40.3) et qui rappelle le grand Elie (Mal 3.23 ; 4.5).

Jésus veut souligner les traits communs de ces deux hommes exceptionnels dans l’histoire du peuple de Dieu.

1er point de ressemblance : Tous deux étaient des prophètes consumés par le zèle de Dieu.

Elie a été, au 9ème siècle avant J.-C., appelé à s’opposer, pratiquement seul, à l’introduction du culte idolâtre de Baal par le roi Achab et la reine Jézabel.

Jean-Baptiste, quant à lui, avait été chargé, en marge de la structure de l’Eglise de son temps, de préparer les cœurs à recevoir le Messie en la personne de Jésus-Christ.

2ème point de ressemblance : Tous deux menaient une vie austère.

Elie portait un vêtement de peau ou fait d’une étoffe grossière de poils de chameau, sorte de pagne retenu sur ses reins par une ceinture de cuir (2 R 1.8 ; 19.13).

Quant à Jean-Baptiste, son costume rustique – « un vêtement en poils de chameau » avec « une ceinture de cuir autour de la taille » (Mc 1.6) – son costume, donc, rappelait effectivement le prophète Elie. En fait, leur costume austère devait souligner l’appel à la repentance qu’ils ont, tous les deux à leurs époques respectives, fait retentir en Israël.

3ème point de ressemblance : Tous deux ont critiqué le comportement impie de leurs rois respectifs.

Elie s’en est pris au roi Achab, l’un des rois d’Israël les plus impies et cruels qu’ait connu le royaume du nord, roi qui entraîna aussi son peuple dans l’idolâtrie du dieu païen Baal.

Jean-Baptiste, quant à lui, s’en est pris à la débauche d’Hérode le tétrarque qui vivait dans l’adultère avec Hérodiade, la femme de son frère Philippe.

Enfin, 4ème point de ressemblance : Tous deux furent haïs par les reines qui ont cherché à les assassiner.

La reine païenne Jézabel, voulait généraliser le culte de Baal en Israël. Voyant son plan contrecarré par Elie, elle a juré de le faire mourir, mais Dieu ne l’a pas permis, même, Elie n’est jamais mort : Dieu l’a fait monter au ciel sans qu’il ne passe par la mort.

Quant à Jean-Baptiste, lui, il fut en butte à Hérodiade. Celle-ci, vexée de voir un prédicateur du désert critiquer sa vie adultère, fit décapiter le gênant Jean-Baptiste (Mt 14.3-12). Dieu avait trouvé que sa mission était accomplie et que pour lui, le moment était venu de « gagner » au change en passant de cette vie au paradis (Ph 1.21).

Elie et Jean-Baptiste avaient donc bien des points communs. Le dernier rappelait le premier. C’est dans ce sens que Jésus a dit : « Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Elie qui devait venir. »Ressemblance n’est pas identité.

D’ailleurs, Jean-Baptiste dit clairement : « Je ne le suis pas, Elie. » (Jn 1.19-28). Je ne fais que lui ressembler par mon apparence, par mon ministère et par l’hostilité des grands que cela provoque.

Et puis, rappelons-nous ce que « la voix du ciel dit à [l’apôtre] Jean : "Heureux dès à présent ceux qui meurent dans le Seigneur ! Ils se reposent …" » (Ap 14.13)

Les croyants au ciel « se reposent … » On ne peut vraiment pas considérer la vie de Jean-Baptiste (capturé, emprisonné, décapité) comme un « repos », ou, pour reprendre une parole de Paul, comme une existence « de beaucoup meilleure » (Ph 1.23) pour Elie, si Jean-Baptiste devait être la réincarnation d’Elie. Cela ne tient tous simplement pas.

Non, ni ce que Jésus dit de Jean-Baptiste ni ce que Dieu nous dit ailleurs dans l’Ecriture Sainte ne permet de voir en Jean-Baptiste la réincarnation du prophète Elie.

Bon, d’accord, mais …

X X X 2 X X X

SOMMES-NOUS DES REINCARNATIONS

DE PERSONNES DU PASSE ?

Ceux qui, dans notre monde occidental, parlent ou rêvent de réincarnation, se laissent en fait entraîner dans des rêveries qui n’ont rien à voir avec la théorie de la réincarnation. Celle-ci est une chose horrible. Voyez vous-mêmes !

Qu’est-ce que la théorie de la réincarnation ?

Selon cette théorie, l’âme immortelle, le véritable moi intérieur d’essence divine (comme si le corps n’était pas aussi créé par Dieu), passerait d’un corps matériel à un autre par une série d’existences réincarnées en raison de la loi du karma.

On ne peut dissocier la théorie de la réincarnation de celle du karma.

Qu’est-ce que la loi du karma ?

Selon cette théorie, une personne doit passer par une succession de vies terrestres pour rétablir l’équilibre d’une vie parfaite par ses propres efforts et pour expier sa dette karmique (le poids des actes des vies antérieures).

La théorie de la réincarnation et du karma

est-elle compatible avec le message biblique ?

Nous verrons que non. La théorie de la réincarnation et du karma est contraire à la Parole de Dieu, et ceci au moins sur les 6 points suivants que j’ai trouvés :

a) Cette théorie prône le salut par les œuvres,

ce qui est en contradiction flagrante avec le message central de l’Evangile. Là, Dieu nous dit que son Fils nous a pleinement sauvés des conséquences de notre péché. Nous n’avons qu’à lui faire confiance. Nous n’avons pas besoin de chercher à nous sauver nous-mêmes par nos efforts, ou à expier nos fautes. Jésus l’a fait par pure grâce, sans aucun mérite de notre part.

Rappelez-vous … et réjouissez-vous en : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter. » (Ep 2.8-9)

Nous n’avons, fort heureusement, pas à passer notre vie à essayer de nous débarrasser de la colère et de la damnation de Dieu. « Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, étant devenu malédiction pour nous, » lui, dans son amour insondable, s’étant fait damner à notre place. (Ga 3.13)

« Jésus-Christ le Juste est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Jn 2.2)

b) La théorie de la réincarnation et du karma s’oppose ensuite à l’amour du prochain.

Selon cette théorie, on ne doit pas venir en aide aux souffrants et aux nécessiteux, sinon on les empêcherait d’expier les fautes de leurs vies antérieures. C’est là le grand problème de fond de la misère en Inde : si vous venez en aide aux nécessiteux, il leur faudra une réincarnation de plus pour s’en sortir, car vous les empêchez de payer pour leurs fautes.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles les Hindous haïssent les chrétiens et s’en prennent à leurs missionnaires et à leurs familles : pour eux, les chrétiens, en exerçant l’amour du prochain, dérangent le cycle du karma et des réincarnations.

C’est vraiment tout à l’opposé des exhortations apostoliques : « Portez les fardeaux les uns des autres » (Ga 6.2) ou : « N’oubliez pas de faire le bien et de vous entraider, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir. » (Hé 13.16)

c) En troisième lieu, la théorie de la réincarnation et du karma méprise le corps humain.

Or, comme notre âme, notre corps aussi a été créé par Dieu, racheté par son Fils et sanctifié par le Saint-Esprit en vue de la félicité éternelle ;

« Le Seigneur Jésus-Christ transformera le corps de notre humiliation pour le rendre conforme à son corps glorieux par le pouvoir qu’il a de tout soumettre à son autorité. » (Ph 3.21)

Et nous attendons cette résurrection de nos corps avec joie.

d) En quatrième lieu, la théorie de la réincarnation et du karma sème le doute.

C’est là tout à fait à l’opposé de la rassurante certitude du salut procurée par l’Evangile. Avec Paul, nous disons avec sérénité et certitude :

« Je sais en qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder le dépôt qu’il m’a confié jusqu'à ce jour-là. » (2 Tm 1.12)

D’ailleurs, Jésus nous dit : « Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres. » (Jn 8.36) – pas … peut-être, pas après de multiples tentatives au cours de x réincarnations.

e) La théorie de la réincarnation et du karma nie que le verdict de chacun est arrêté au moment de son décès.

En fait, la Bible nous dit que plus rien ne change à notre destinée éternelle entre notre décès et le retour du Christ pour le jugement Dernier :

Celui qui est mort dans la foi en Jésus-Christ, est mort acquitté et entendra au Dernier Jour Jésus annoncer publiquement cet acquittement.

Quant à celui qui est mort dans l’incrédulité, il est mort damné et entendra au Dernier Jour Jésus annoncer publiquement sa damnation.

« Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois [ils ne vivent donc aussi qu’une seule fois !], après quoi vient le jugement, » (Hé 9.27) sans que notre sort change entre notre mort et le jugement.

f) Finalement, la théorie de la réincarnation et du karma nie le salut et le bonheur parfaits des croyants dès leur décès.

Nous y avons déjà fait allusion quand nous avons parlé d’Elie et de Jean-Baptiste. L’Evangile de Jésus-Christ a, là, des paroles réconfortantes à opposer à la terrible théorie de la réincarnation. Avec Paul, nous pouvons dire au moment où le Seigneur nous rappellera :

« J'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur. » (Ph 1.23)

Jésus n’a-t-il pas promis au larron repentant sur la croix : « Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23.43) ? A« l’aujourd’hui » de notre mort nous nous retrouverons directement au paradis.

Aussi notre liturgie des funérailles annonce-t-elle face à la tombe : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, et ce dès maintenant ! Oui, dit l'Esprit, ainsi ils se reposent de leurs travaux, mais leurs œuvres les suivent. » (Ap 14.13)

Non, vraiment, ceux qui se détournent de l’Evangile vers la théorie de la réincarnation et du karma n’ont rien compris ou bien à l’Evangile, ou bien à la théorie de la réincarnation, sans doute qu’ils n’ont compris aucun des deux.

Quant à nous, remercions le Seigneur pour son Evangile de grâce et de salut en Jésus-Christ !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

 

Sermon du Dimanche 8 Janvier 2012

.EPIPHANIE. Ep 3.1-6

Chants proposés :

Ô Jésus, Fils du Père, Jésus, humble Sauveur LlS 67:1+4-6

Voici venir les mages LlS 68:1-4

L’étoile brille en Occident, LlS 66: 6-11

Jérusalem, laisse passer le Roi, LlS 162:1-3

« Moi, Paul, je suis le prisonnier de Jésus-Christ pour vous, les non-Juif,

si du moins vous avez appris comment je fais part de la grâce de Dieu qui m’a été confiée pour vous.

C’est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère tel que je l’ai déjà décrit en quelques mots.

En les lisant, vous pouvez vous rendre compte de la compréhension que j’ai du mystère de Christ.

Il n’a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme il a maintenant été révélé par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes.

Ce mystère, c’est que les non-Juifs sont cohéritiers des Juifs, qu’ils forment un corps avec eux et participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l’Evangile. »

Chers amis issus de peuples « païens »,

qui « participez à la promesse de Dieu

en Jésus-Christ » !

« Réflexions d’un "Juif" à des "non-Juifs" » suis-je tenté d’intituler ce sermon, par analogie à cette brochure de L’Heure Luthérienne intitulée : « Réflexions d’un détenu à ses codétenus ».

« Réflexions d’un "Juif" à des "non-Juifs" », cela est complètement dans l’esprit de Paul dans ce texte. Cela correspond aussi tout à fait au thème de l’Epiphanie.

« Epiphanie » est un mot grec qui signifie : « apparition ». La fête de l’Epiphanie parle de l’apparition du Sauveur du monde aux « non-Juifs ».

C’est la raison pour laquelle l’histoire « des mages venus d’Orient » est généralement lue comme texte d’Evangile en ce jour. « Les mages » – combien étaient-ils ? – Ce n’est pas dit. En tout cas ce n’était pas des rois, mais des érudits, des savants de l’époque, des savants issus du monde païen – « les mages », disais-je, ont été les premiers « non-Juifs » à avoir « adoré » Jésus comme leur Sauveur et Roi (Mt 2.1-12).

Depuis lors, bien des générations de « non-Juifs » ont suivi leur exemple. Ainsi, assez au début, les « non-Juifs » de la ville grecque d’Ephèse, à qui Paul écrit ce texte. (Ep 1.1)

Mais il s’adresse aussi aux « non-Juifs » que nous sommes sans doute tous. Encore que … allez savoir quels croisements ont pu avoir lieu dans notre arbre généalogique au cours des millénaires passés ! On a même trouvé, sans pouvoir expliquer leur origine, des peuples Juifs noirs non seulement en Ethiopie (les Falashas), mais aussi en Ouganda, au Nigeria, en Afrique du Sud, au Zimbabwe et au Congo.

En fait, être « Juif » ou « non-Juif » n’a aucune espèce d’importance. C’est ce que Paul nous dit ici. Lui s’est toujours présenté comme un « Juif ». Il n’a jamais caché ni renié ses origines. Les autres apôtres et les premiers chrétiens de Jérusalem l’étaient aussi, comme d’ailleurs, ne l’oublions jamais, notre Seigneur lui-même l’a été.

Mais rapidement, le Seigneur a envoyé les apôtres, les évangélistes et tous les chrétiens de la première génération vers les « non-Juifs ». Vous pouvez relire cela dans les premiers chapitres du livre des Actes des Apôtres.

« Le mystère du Christ » (v. 4), « le mystère » du salut de l’humanité, « le mystère » des « promesses de Dieu en Jésus-Christ » (v. 6), ne devait pas rester connu des seuls « Juifs », mais devait et doit toujours être aussi porté à la connaissance du vaste monde des « non-Juifs ».

Il est vrai que « le mystère du Christ » nous a été apporté, à nous, les « non-Juifs », par des « Juifs » comme Paul et les autres apôtres. Posons-nous, aujourd’hui, les deux questions suivantes :

1. EN QUOI CONSISTE

« LE MYSTERE DU CHRIST » ?

2. QUELLES EN SONT

LES ETAPES DE LA REVELATION

A L’EPIPHANIE ?

X X X 1 X X X

En quoi consiste

« LE MYSTERE DE CHRIST » ?

Paul nous donne quelques clés pour trouver la réponse. Il parle de « promesse ». Ça, c’est un langage que nous comprenons, un langage que nous apprécions fortement. Que serait une vie sans promesses ? Nous ne saurions avancer sereinement si nous ne pouvions nous appuyer sur des promesses.

Comme gamins, nous nous faisons des promesses d’amis, des promesses d’ailleurs pas toujours avouables, par exemple de ne pas dénoncer l’autre quand il a fait quelque chose de répréhensible.

Dans le monde du travail, cela s’appelle contrat. Là, c’est surtout, en France, le CDI – contrat à durée indéterminée, donc non limité dans le temps – qui est une promesse rassurante.

Dans la vie de couple, ce sont les promesses d’amour, d’estime, de fidélité et d’entraide faites lors des engagements mutuels au cours de la cérémonie du mariage.

Dans l’Eglise, ce sont les vœux du Baptême, les engagements lors de la confirmation, de l’admission comme membre, ou lors de l’ordination et l’installation d’un pasteur ou la consécration d’un diacre.

Retirez ces promesses de votre vie, et vous avancez à l’aveuglette, comme à travers un brouillard. Vous ne savez où cela va vous mener.

Eh bien ! Dieu n’est pas un Dieu brumeux et évasif ; il n’est pas un Dieu du doute. Il est le Dieu des « promesses » et des certitudes. Ailleurs il est question d’« alliance », ce qui n’est rien d’autre qu’une promesse solennelle de fidélité. On parle de l’alliance du Baptême, de « la nouvelle alliance en son sang » dans la Cène (Lc 22.20).

Partout nous entendons Dieu nous rappeler sa « promesse » de « l’Evangile », de cette Bonne Nouvelle qui est centrée sur « Jésus-Christ ». C’est lui qui a poussé Dieu à nous faire toutes ces « promesses ». Sans « Jésus-Christ » – s’il ne nous avait pas réconciliés avec Dieu – ce serait la guerre entre Dieu et nous et non pas l’alliance et ses « promesses ». « Il y a un seul Médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ ! » (1 Tm 2.5)

Cet « Evangile » ou Bonne Nouvelle est destiné à tous les hommes, aux « Juifs »comme aux « non-Juifs ». Cette Bonne Nouvelle « c’est que les non-Juifs sont cohéritiers des Juifs, qu’ils forment un corps avec eux et participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l’Evangile. » (v. 6)

C’est dans son conseil éternel que Dieu a décidé de cette solution, solution « qui n’est pas montée au cœur de l’homme. » Mais « Dieu, avant tous les temps, l’avait préparée d’avance pour notre gloire » (1 Co 2.9).

Par nature, cet « Evangile », cette Bonne Nouvelle, est un « mystère » pour nous. Nous ne l’aurions pas trouvé tout seuls. Aussi Dieu, qui n’est pas un Dieu du doute et du désespoir, mais un Dieu de bonté, de promesses et de certitudes, a pris ses dispositions pour que ce « mystère » ne reste pas « mystère », pour que cette « Bonne Nouvelle » soit « proclamée à toute la création dans le monde entier » (Mc 16.15).

Voyons donc comment cette proclamation est venue jusqu’à nous, comment cet« Evangile » a fait son apparition, son « Epiphanie » parmi nous !

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Quelles sont

LES ETAPES

DE LA REVELATION

JUSQU’À L’EPIPHANIE ?

les étapes par lesquelles « le mystère du Christ » a fait son « Epiphanie » parmi nous, par lesquelles il nous est apparu ?

& 1ère Etape &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

« A ÉTÉ RÉVÉLÉ PAR L’ESPRIT

AUX APÔTRES »

« C’est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère » (v. 3)

Dans une autre épître, sa 1ère aux Corinthiens, Paul écrit : « Nous, » les apôtres, « nous annonçons la sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, celle que Dieu, avant tous les temps, avait préparée d’avance pour notre gloire. […] C’est à nous que Dieu l’a révélé par son Esprit, car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » (1 Co 2.7+10)

Dans les deux épîtres, Paul utilise le mot grec ἀποκάλυψις  « apocalypse » – qui est aussi le premier mot et le titre du dernier livre de la Bible et qui signifie : « lever le voile », « montrer ce qui se cachait derrière », « révéler » ce qui était « caché ».

Effectivement, Dieu ne se rencontre pas au coin de la rue. Dieu ne se comprend pas dans sa Trinité. Quant à l’incarnation du Fils de Dieu et son expiation de nos péchés, à notre salut dû au seul Jésus-Christ par pure grâce, à l’alliance de Dieu avec nous scellée par des promesses fermes, tout cela est tellement contraire à tout raisonnement humain que cela nous serait resté « caché » pour toujours, si « l’Esprit » qui « sonde tout, même les profondeurs de Dieu, » ne l’avait pas « révélé »aux apôtres.

Ce « mystère » a été « révélé » progressivement avec de plus en plus de détails. Cela a commencé dès la chute d’Adam et d’Eve dans le péché. Au cours « des générations » de l’Ancien Testament, les prophéties du Messie se sont progressivement précisées. Ces « générations passées » connaissaient le salut par la foi, mais pas avec les mêmes détails qu’une fois Jésus venu au monde. « Ce mystère » « n’a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme il a maintenant été révélé par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes. » (v. 5) écrit Paul, les « apôtres » étant ici aussi appelés « prophètes », car ils proclament « le mystère » de Dieu.

Mais, précise l’apôtre Paul, « ce mystère » « m’a été confié pour vous »(v. 2), pour nous aussi. Et pour qu’il nous atteigne, pour que « ce mystère » libérateur atteigne le monde entier, le Saint-Esprit a fait plus que seulement le « révéler aux apôtres », il les a aussi inspirés dans leur travail de mise par écrit de cette révélation.

& & 2ème Etape & &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

A ÉTÉ INSPIRE PAR L’ESPRIT

AUX APÖTRES POUR LEURS ECRITS

« C’est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère tel que je l’ai décrit en quelques mots » (v. 3)

Ce que l’apôtre Paul – comme les autres auteurs sacrés de la Bible – a « décrit en quelques mots », ce qu’il a mis par écrit, cela correspond exactement à ce que le Saint-Esprit lui a « révélé ». C’est « tel quel »dit-il. Dieu a veillé à cela. Dans sa 1ère Epître aux Corinthiens, il indique : « Nous en parlons […] avec la sagesse qu’enseigne l’Esprit saint » (1 Co 2. 13).

L’apôtre Pierre le dira ainsi : « C’est poussé par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1.21). Nous pouvons être tranquilles : « Toute l’Ecriture est inspiré de Dieu » (2 Tm 3.16).

Elle « m’a été confiée pour vous » (v. 2) dit Paul. Cela s’adresse à nous, car le « mystère » du salut en Jésus-Christ concerne tout le monde. Cela s’est adressé auparavant, en particulier aux Ephésiens. Mais les écrits des apôtres devaient être recopiés et lus dans toutes les communautés.

Mais d’abord

& & & 3ème Etape & & &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

A ÉTÉ PORTE A LA CONNAISSANCE DES

« JUIFS »

Il est vrai, comme l’écrit Paul, « le mystère du Christ n’a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme … maintenant » (v. 5), n’empêche qu’il a été porté à la connaissance d’Abraham et de ses descendants à travers toute une série de prophéties messianiques. Certes, ils n’en connaissaient pas les détails « comme … maintenant », depuis la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

Les apôtres, par contre, ont prêché et répandu la réalité des faits dans leurs écrits. Les faits ayant eu lieu, leur prédication est plus claire, plus précise, plus détaillée. N’empêche qu’il y a un fil conducteur qui traverse tout l’Ancien Testament, depuis les livres de Moïse jusqu’au prophète Malachie, un collier de perles messianiques qui ont alimenté la foi des croyants de l’Ancienne Alliance. Songez au cantique de Marie (Lc 1.46-55), à celui de Zacharie (Lc 1.68-79), à celui de Siméon (Lc 2.29-32).

Ensuite, Jésus a sillonné la Palestine, parce qu’il était essentiellement et prioritairement « envoyé aux brebis perdues de la communauté d’Israël » (Mt 15.24). Nous ne connaissons qu’une brève incursion de Jésus en Phénicie (Mt 15.21-28), sinon il n’a annoncé « le mystère du royaume des cieux » (Mt 13.11) qu’au peuple d’Israël.

Les apôtres étaient tous des « Juifs », nom qu’on donnait à tous les Israélites depuis le retour de la captivité babylonienne. Et, juste avant son Ascension, Jésus les a chargés d’être ses « témoins » d’abord « à Jérusalem » et « en Judée », avant de se tourner vers « les extrémités de la terre » (Ac 1.8).

Paul, lors de ses voyages missionnaires, commençait toujours par entrer dans les synagogues des villes où il arrivait, pour annoncer « le mystère du Christ » d’abord à ses frères de sang.

Ce sont eux qui ont ensuite pris le relais, eux « les Juifs », emmenés par les apôtres juifs et leurs collaborateurs pratiquement tous juifs, pour passer à la dernière étape :

& & & & 4ème Etape & & & &

« LE MYSTÈRE DU CHRIST »

A ÉTÉ PORTE A LA CONNAISSANCE DES

« NON-JUIFS »

Paul nous écrit : « Le mystère du Christ »« la grâce de Dieu », tout cela« m’a été confié pour vous » (v. 2), pas pour que je le garde pour moi, pas non plus pour que je le garde pour les seuls « Juifs », mais pour que je vous l’annonce aussi à « vous », les « non-Juifs ».

Paul et les apôtres ont prêché à leurs contemporains « Juifs » et « non-Juifs » que le Messie est venu pour sauver tous les pécheurs, de quelque origine ou appartenance qu’ils soient, que « les promesses de Dieu en Jésus-Christ » de faire « grâce » à quiconque place sa foi en Jésus, eh bien, ces promesses s’adressent à tous sans distinction. « L’Evangile », cette Bonne Nouvelle que Jésus est venu régler le problème de notre péché et de notre damnation, eh bien, cet « Evangile » doit être annoncé au monde entier.

Les apôtres et leurs collaborateurs, les évangélistes, ont mis par écrit ces « promesses » pour que les générations futures, comme la nôtre, puissent aussi en prendre connaissance. « En les lisant, » nous écrit Paul, « en lisant » la Parole inspirée de Dieu, « vous pouvez vous rendre compte … du mystère de Christ » (v. 4).

Et c’est ainsi que nous fêtons « l’Epiphanie » aujourd’hui, le fait que Jésus soit apparu dans nos vies avec sa « grâce », son pardon, son salut et sa vie.

Nous fêtons « l’Epiphanie » aujourd’hui, l’apparition de notre Sauveur dans nos vies, parce que nous, « les non-Juifs, [nous] sommes cohéritiers des Juifs, que [nous] formons un corps avec eux et participons à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l’Evangile. »

Que le Seigneur, par son « Evangile » du « mystère du Christ », amène encore beaucoup de « Juifs » et de « non-Juifs » à venir nous rejoindre dans la famille des croyants, « cohéritiers du Christ » (Rm 8.17) !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig

aul nous écrit : « Le mystère du Christ »« la grâce de Dieu », tout cela« m’a été confié pour vous » (v. 2), pas pour que je le garde pour moi, pas non plus pour que je le garde pour les seuls « Juifs », mais pour que je vous l’annonce aussi à « vous », les « non-Juifs ».

Paul et les apôtres ont prêché à leurs contemporains « Juifs » et « non-Juifs » que le Messie est venu pour sauver tous les pécheurs, de quelque origine ou appartenance qu’ils soient, que « les promesses de Dieu en Jésus-Christ » de faire « grâce » à quiconque place sa foi en Jésus, eh bien, ces promesses s’adressent à tous sans distinction. « L’Evangile », cette Bonne Nouvelle que Jésus est venu régler le problème de notre péché et de notre damnation, eh bien, cet « Evangile » doit être annoncé au monde entier.

Les apôtres et leurs collaborateurs, les évangélistes, ont mis par écrit ces « promesses » pour que les générations futures, comme la nôtre, puissent aussi en prendre connaissance. « En les lisant, » nous écrit Paul, « en lisant » la Parole inspirée de Dieu, « vous pouvez vous rendre compte … du mystère de Christ » (v. 4).

Et c’est ainsi que nous fêtons « l’Epiphanie » aujourd’hui, le fait que Jésus soit apparu dans nos vies avec sa « grâce », son pardon, son salut et sa vie.

Nous fêtons « l’Epiphanie » aujourd’hui, l’apparition de notre Sauveur dans nos vies, parce que nous, « les non-Juifs, [nous] sommes cohéritiers des Juifs, que [nous] formons un corps avec eux et participons à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l’Evangile. »

Que le Seigneur, par son « Evangile » du « mystère du Christ », amène encore beaucoup de « Juifs » et de « non-Juifs » à venir nous rejoindre dans la famille des croyants, « cohéritiers du Christ » (Rm 8.17) !

Amen.

Jean Thiébaut Haessig